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Full text of "Le jardin de plaisance et fleur de rethorique"

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D Li — * * bé po. 2. Le 


— 











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in 2010 with funding from 
University of Ottawa 


htip://www.archive.org/details/lejardindeplaisa00vera 


SOCIÉTÉ 


DES 


ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 


LE 


ET 


FLEUR DE RETHORIQUE 








MACON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS 


Clichés de Fernique fils, à Paris. 








À — 


A Cor 


PE 


DARDINV DE PLAISANCE 


1230 


REURIDE), RETHORIQUE 


REPRODUCTION EN FAC-SIMILÉ 
DE L' ÉDITION PUBLIÉE 


PAR ANTOINE VÉRARD VERS I50O1I 





PARIS 


LIBRAIRIE DE FIRMIN-DIDOT ET Cie 
RUE JACOB, 56 


MDCCCCX 


Publication proposée à la Société le 3 février 1909. 
Approuvée par le Conseil dans sa séance du 28 avril 1909, sur le rapport d’une commission 


composée de MM. Longnon, Picot et Raynaud. 








| Jay xpluſcuer 


Et fleur de Rethoꝛicque nouuellement Impꝛime 
aparis. 


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Auft protecteur Sou 
 / foir treſinagnanime 
> Rop. ſouuerain domi 


23 
LR nateut terreſtre 
— 


Je quite vop ft noble 
Ce don te donne de ſens puſilanime 








en fa tette eſtre 


Ta grãt pꝛudẽce mõ vouſoit exanime 
dpour ſeruit ne demãde autre maiſtre 
Ga cteut 








— 










== 


—— 
— 
A 






> 












¶ Pꝛeſens huic operi fif gracia pneu 
matis almi. 


La grace du ſaint eſperit ſoit pꝛeſent 
acéftup oeuure. 
a 


€ ſcience rethoꝛicale 
Vngpꝛeambule ſienſuit 






Ÿ 





Selon ce propos fentrefuit 
à ¶ Svordium 
Pour fa illuſtree inffence 

De palo de noble ſophie 

Par verbigena a ce 

Auoir:qui noʒ ſens clarifie 
Œtauifesreigfes ampfifie . 

Be fa dame rethoꝛicque en ce | 


Que fes coufeure nous darifie 
Enſuiuir fauft fon efoquence 


Affin que finfpiracion 

Donc de ſeconde rethoꝛique 

Et la reuerberacion 

De linfluence coloꝛique 

De fon regard ſcientifique 

Bonne fa dereBifior) 

Au cueurs nubifeuy / et fappfique- 
Pꝛendre on en doit impꝛeſſion 


our ce linfoꝛtune requis 
—— ficenciez en) loix 
De plus ample engin et exquis 
Que fup. Neantmoins toufeffois 
Souuent faduient a fa foie 
Que fes aucune fi ont acquis 
de que pfufieure fouuenteffois 
Aontefludiene parquis 


Sans entreprendre de innouer 
Arrogamment aucune choſe 
Du daucuns vers inuentiuer 
Dont cepetif luuret pꝛopoſe 
Linfoꝛtune: qui tel lexpoſe 
Non ingerant de ſoubʒtiuet 
—— ne pꝛoſe 


aie pour ſon engin auiuer 


ꝛopoſant non vouloirt contendꝛe 
EE peu deaue porter er) met 
Du fart de ret hoꝛicque entendre 
Du feu grandement enflammer 
Du aucun frefoi deffermer 

Du kes fueilles aux bois extendꝛe 
Ou les Bien expers informer 


St exoꝛde par foꝛme equale 


En ceftart:non point ny veult entendre 
Aduertir pꝛetend ſeulement 

Aucuns qui ne le es encore 

Du treſpꝛecieux veſtement 

Se rethoꝛicque queffe a oꝛe 

ZBont ceſt vne mondainegfore 

DSe le veoir pꝛeſentement 

dat francoys cõme eſt peremptoꝛe 

Lup aoꝛnant plaiſantement 


¶ Titulus. 


S traictie ſe nomme inſtructif 
Beta ſeconde rethoꝛicqu 

Dar linfoꝛtune conſtructif 
Lequel foꝛtune mal applicque 


¶ Tractus 


Q Our facile introduction 

DA Quon ne pꝛocede en ignorance 
Auoir conuient diſcucion 

Semblablement fa congnoiſſance 

Scauoir par adnimaduertance 

Que ceſt en diffinicion 

Be rethoꝛicque:dont fufance 

Senſuit par fa difcrecion 


¶ Siffinicion. 
Pꝛimũ capituſum 








D 

1 
A 

\ 


—— 


Sthoꝛicque eff ſcience exquiſe 
Enſeignant a bien pꝛoceder 
En beaulv termes qui eſt requiſe 
Epꝛudemmient pour perſuader 
Du auſſi pour diſſuader 
Qui pour bien parler eſt acquiſe 
Sont grant honneur peuft ſucceder 
Quant notablement eſt permiſe 


¶ DSiffinicio perſuadendi 


\ Srſuader eſt doulcement 

Admonneſter et aduertir 

En touchant honnenr grandement 
PS7 Du prouffit quon peult aſſoꝛtit 

ais diſſuader diuertir 

Fait par parole rudement 

Aucun pꝛopos ſubuertir 





Quant on laduertiſt notamment 








¶ Sic diffinitur rethoꝛica et fic 


terminatur. 


Gthoꝛicque eſt vne raiſon 
qui ẽſeigne a biẽ dire en droit 

ẽ pe ÉcfetnotabfeGfafon 
octrinanta propofer dꝛoit 
Zu gene reſoluꝰbien a droit 

Qui par fa decoracion 
necceſſaire eſt en maint ẽdꝛoit 

Dour noble colocucion 


¶ Se deriuacione rethorire. ii.caßm 


Ethoꝛicque cõmencement 
Œtdirinoifona des greʒ 
Armagoꝛa premierement 
en trouua fee nobleꝰ degreʒ 
Se la ſcience: et les ſecretʒ 
Ariſtote conſequemment 
St armagoꝛa ſes decretʒ 

p miſt auſſi ſemblablement 


Tulles fe poete notable 
Ettrefefegant oꝛateur 

Fiſt tranſlacion honnoꝛable 
Ses autres grant imitateur 
SEt elegant augmentateur 
Quipar diſcrecion mirable 
Fut treſexcellent trãſtateur 
En beau ſtile treſacceptable 





¶ De ſpecificacione quod in me 
tro et pꝛoſa ſit rethoꝛica. 


Tercium capitulum. 
SEthoꝛicale oꝛnacio 
Se fait p 2 pyfe 
— Pluſieurs notificacion 
En ont: ainſi q̃ ie ſuppoſe 
El V auût p Beau pfet on diſpoſe 
ER h En belle coltocucion 
RXethoꝛiquãmẽt fon cõpoſe 
En belle demonſtracion 





Troys membꝛes oꝛes decfarrez 
ceſt oeuure noble honnorable 
oient les chapitres narres 
Au ſeurplus de ceſt art notable 
Le noter nous ſoit acceptable 





J reftent pꝛincipaulx chapitres 
ont vng chaſcun eftniouft Vallable 
St plus pourvete que pour epiſtres 


Ses vices conſequentement 
Ses figures apres auſſi 
Benres des vices ſextement 
En generalite quafr 
Deptiefmement ſont icy 
Aucune notables se 

Ses quantites des Verg: ainfi 
Lomme apres font deterimnez 


Octauement cy eftfufance, 
Seclairee pour habonder 

Gn termes a grande puiſſance 
Neufieſmement pout pꝛoteder 
Narrer/ noter ef recorder 
Seront les chapitres des rimes 
Tomment on oꝛra ſucceder 
Par declaracions optimes 


Sivieſmement pour finet 
Saucuns notables ef di 
Je pꝛopoſe determiner 
Dour faire des moꝛaliteʒ 


Du nüſteres Bien limites 


Ou romans ou aueune hiſtoire 
Qui par langaiges bien traicteʒ 
Soient pour aiſee memoire 


La ſuffiſance oꝛe congnene 

Des chapitres ifconuient dire 
2e chafcune coufeut tenue 
RetHoricafe:et en defcrire 

aie premiers des vices produire 
£a condicion ef maniere 
Ainficomment on les doit fuire 
Enchafcune matiere 


¶ De viciis. iiii.capituſum 


Nreur neſt pas vices ſcan oir 
Mais eſt erreur qui de vice Vſe 
Si fait bon congnoiſſance auoit 
De vice:affin quon nen abuſe 
St que derriere lon le ruſe 
Quon ne fe puiſſe deceuoir 
Le fcauoir doncnufnereffufe 
Chaſcun defire conceuoit 4 
a 


¶ Siuiſio vicioꝛum. 


* 





Le quart: reiteracion 


SS fequintrcorupcis de fermes 


Du auffi diminucion 
Zeb ditsne font pas par art fermes 


Jéen dequiuocques contraine 

DSe termines pour fete vice 

Itz font faute quant if font abſtrains 
dela neft point en fart propice 

Item auffi:ceftSice nice 

Que ſinalimphe perturber 

Ln vers na pas belle pofice 

Lors quefon fa fait deſtourber 


Le pꝛemier Bice depꝛime 

Teſt quant des vers trop fonde om cours 
Eſt lung contre lautre rime 

Œuiter conuient tel decours 

Mais a tous conuient egal cours 

Te neſt en facon daucuns fais 
Autrement les vers ſont trop lours 

65 ſont nial conſonans et fais 


Le ſecond vice a extirper 

Eſt comme cy peuftappatoir 

Teſt quant fault bonne conſonance 

Se vers: et nont continence 

Ce vice cp fon doit fuir 

Sans nullement lentreſuir 

ee vers demonſtrent pareufo meſmes 
Quilʒ nont pas termes commeo 


Pour ce dit lon en mainte route 
Telle rime eſt de bonte chouque 
Teſte foꝛme eſt donc concoꝛdant 
Acelle de goꝛet:pourtant 
Quant elle eſt de rime de goꝛet 


Ou des vere conſonansꝛee neft 
Verſificature ne dit 

Niens vaillans:ſi er) fais acquict 
Ceſt pour les ruraulvg loindoie 
Qui riment feues contre pois 
Pour ce donc ce dice on euite 


= EptBicee ſont en ſuffiſance 
Pꝛemier: faulſe pꝛopoꝛcion 

Secõd: impropre cõſonance 

Tiers: impropre locucion 


dContenu en ceſtuy articke 


Ze tiers vice: incongruite 

Sſt en termes ou ens en ſtile 

Ou ceſt vne impꝛopꝛiete 

Se locucion inutile 
Indigeſte / agreſte / imbecile 

Du de mectre lectre pour lectre 
En foꝛme inepte et puerile 
Ænmaintfeusauffien maint eſtre 


Doubs ceſtuy Bice eſt a noter 
doupfet en fentence confuje 
Du — a denoter 
Quant elle neſt deuement diffuſe 
Tar en celle mains homs ſabuſe 
Pource donc auctentiquement 
Ceſtuy Bice cp lon recuſe 
Sentendement ſoubtiuement 


Le quart vice eſt fait de redite 
Ne ſoit donc en cinquante vers 
Tar en quarante aumoins redite 
Ænautrement dit a reuers 
ait note:pourtant tous ſoient counuers 
euiter ce vice: et trouuer 
Termes en leurs rimes diuets 
Se en ceſt art fe veulent pꝛouuer 


Ace pꝛopos lon peult noter 
Que reffrain redite neſt pas 
Aunſi que fon le peult coter 
En ceſt endꝛoit et en ce pas 
Dur ceſt article et ce tre ſpas 
Son eft ce pas de paſmode 
Que lon appeffe er pateif cas 
Vng reffrain en vulgaire mode 


Quiné vice eſt dinnouacion 

Be tete trop fort latinans 

Ou quant lon fait corruption 
Saucuns termes mal confoname 
Trop contrains ou mafrefonane 
Du fur Le latin eſcum 

Ainſi ilz font mouft Le ape 
Indignes defirerefumes 


Su ice de ce prefent dif 


… Œncft Bien ſouuent maint blaſme 


Swxemple dung quidem qui dif 








Icelluy neftpae bien ame 
Qui eff de fes amoure hame 
ame pour eſtre pꝛins a (Bain 
Sſt trop fort fatin efcume 

Que ne fer meſta maiſtre alain 


Lon fe peuft aider touteffois 
Betermes latine entre clers 
Decferca dec fouuenteffois 
ais encoꝛes fauft f plus clere 
Termes: auſſi plus apere 
Autrement ne fedoiuent mettre 
Bifencftentre gene expers 

Ne en pꝛopos ne auſſi en mettre 


Le ſixte vice ſe commect 

En faulſe equiuocation 

Comme quant aucun vng mot mect 
Equiuocque en condicion 

Aucune note et variacion 

A en ce mot et differance 

Ainſi quen tel locution 

TCe ſens neſt pas differantce 


Autre exemple ie puis aduire 

Se ceſt equiuocque de moné 

Pas neſt equiuocque de dire 

Paris ou auignon vault mont 

Ne pource monde dire mond 
one met maiſtre iehan de meuty 
ZTet langaige contraint fe font y 
Dointne vault langaige commun 


Notons pour ſeptieſme vice 
Que ſinalimphe coꝛrompue 
Eſt ainſi faicte ſimple et nice 
Quaut fa voielle neſt rompue 
Se. G. feninine tenue 
Rencontree dedans le vers 
Dautre voielle ſuruenue 
Qui nen vſe fait a reuers 


¶ Gvemple enſuit moult ſacheuſe 
En ceſte coupple et maniere 
Quant.e. eſt longue ennuieufe 
Eſt la facon de fa matiere 

Si dedans ke vers eſt entiere 

G. en voielle feminine 

Mak congrue eſt / pou eſt chere 

De colaudation indigne. 


¶ Ze figuris. quintũ capitutũ 


Ss vices narreʒ et traicteʒ 
Apres fauft traicter dec figure 
Dar ordre belle denotez 
Comme cp apꝛes ie figures 
SDicelles kes propres natures 
Leſquelles ſeruent a parer 
— Et excuſer pluſieure faictures 
Ou auſſi pour fes decoꝛer. 


¶ De diffinitione figure. 


Figure eftimpropriete 

> Lienciee et approuuee 
Dar Se ou pat auctoꝛite 
Et ſemblablemẽt afouee 
dec docteur epperSgfouee 
Ou pour aucune Stifite 
Dour omation cõpꝛouuee 

Cauſant belle ſonoꝛite 








Dour beaulo termes ef conſonans 
Auoir:qui ſoient aggreables 
Armonseufy etrefonane 

Saucunes figures notables 

Nous conuient vſer en 1105 tables 
Comme nous feront vecitez 

Dont fiy noue font mouftprouffifabfes 
En aoꝛnant les Beaufp dictez 


¶ De diuiſione figurarũ 


Inalimphe pꝛemier icy 
Efitraicteetet ſecondement 
Ze fa ſincope apꝛeꝰ auſſi 
St dapocope tiercement 





Biffinitio ſinalimphe. Pꝛimo 


Inalimphe en telle oeuure aſſiſe 
Sſt comment en ces vers et forme 
K Quant ſe pert/detrenche .e.ou bꝛiſe 
En, fin de quelque mot conforme 
Et vng au tre apres loꝛs fe ſuiue 
Pꝛes apꝛes coniunctiuentent ne 
CUS 


Gn la ligne ainfi.e. ſe pꝛiue 
En ſinalimphant proprement 
Pourueu que feminifee 

Soit fa diction que.e.petÉ 
ar point fa mafcufinifee 
G.nepert a bon eppert 


¶ .Notabile 


Ss grameriens 

Qui ſont bien ſciens 

Dient que ſincope 

Chaſcun voyelcope 
ESe vng autre le ſuit 

Du diptongue np duit 

2Mais fa feux faufues 

Brace ef preferuee 

Aon fait que. €. ſeulement 

Quant il eſt pꝛomptement 

Dautre voy “| up 

Sinalimphe eft ainſi 

Gn francois cõmiſe 

Dlue propre ef permiſe. 


¶ Cauſa vtilitatie 


S Tnalimphe eſt inuentiue 
Pour cauſe quon puiſſe cõpꝛẽdꝛe 
En peu grant ſubſtance aoꝛner 
St pour ſonorite entendꝛe 
Zantmieufo armonieuſe ef prendre 
Plus grande defectacion 
Œn fa permettantqua contendꝛe 
2Len faire dilation 


ŒAiffinitio fincope. Secundo 


Incope ain ſi fe determine 
BPꝛodomiment pour pꝛodomiement 

Souef pour ſonefßʒ ainſi ſe mine 
Couſtumemẽt pour couſtumieremẽt 

Œn fa rethoꝛique feconde 

Sincope autrement point neſt faicte 

af dit qui autrement fe fonde 

Quant pour ceftart de quop ie fraicée 

De fa ſillabe du mifieus 

Depertou que fe mot fabrege 

Ainſi fe fait fincopeau fieu 

Gtnonautrement fe hebꝛege 


NN 
À 
— 





¶ Aliud notabile 
à Dur caufetelfe et pour ſemblable 
AIN Ze fa fincope traicte et vſe 
DU Que ſinalimphe eſt notable 
Ja traicte affin quon excuſe 
La diction longue et diffufe 
Abꝛegee oportunement 
Dane que fentence foit confufe 
Ainſi fe fait oꝛdonnement 








¶ Se apocopa Tercio 


À fincope en aucune vocables 
Du ſinalimphe a laduanture 
Aſſignent aucun’ par notables 

[e ais ceftapocopa figure 
Cõmẽt eft ſupply pour fupple 
] J) ou ſẽblablemẽt onc pour oncqe 
—— pour peur paour g pꝛy po prie 
St pareillement donc pour doncques 





¶ auſa vtilitatis apocope 


A cauſe de ceſte figure 

Sſt pour recouurer achoiſon 
Se ſentence & de rimepure 
Plus aifee terminaifor 
Du plus abondante foifors 
Detrimes/carquinp cnteuue 
Dur Bngmot er Bne facon 

Par lautre on en peut faire eſpꝛeuue 


¶ De ſinonimis. 


Inſi ſe font foꝛment pꝛoduiſẽt 
Permettẽt cõmettẽt cõduiſent 
Synonimes par dictions 
Aians ſignifications 
Vnies pareilles ſoꝛtables 
ŒEquiuafentes ou ſemblables 
Éômeap dit côe inſtructeur 

Maiſtre regent recteur docteur 

Su prudent diſcret fapient 

Ingenieux faige et fciené 


G ¶ Notabite 
Dur terminatione frouuer GE 
St pour cauſe de oꝛnations * 


quarto 


Rethoriquement recouurer 
Plus acoup fans difations 
Dour beffes decoꝛations 
Les finonimes font propices 
Et de grandes inſtructions 

Zont fan peuft euitter maine vices 


¶ De diffinitione equinorationie. 8. 


Quiuocatioñ fe foꝛme 
En ceſte maniere et exemple 
Commient eſt de ceſte la foꝛme 
Qui de bon regard ſes yeulx emple 
Lee vers cp le pꝛennent pat eulx 
fl eſt ren cler aparceuoit 
Dar vers ſemblables ou par eulv 
cheſmemient apert ce Soir 


¶ Alia diffinitio 


Quiuocqs ainſi ſõt faits 
Quãt ſur vng mot a double ſens 
Commie contre fais pefant fais 
Duy dautre tieulx comme ie fene 
Du dung mot diuife en deux 
Lomme feroit contre puiffance 
Shonneurs dire ainſi quaſi de eufo 
Bien viure au monde ne puis fans ce 


¶ LotaBife 


Equiuocques pluſieurs facone 

Sont les vngs en oꝛthographie 
Et voio et fes autres en fonc 
Seulement comme ſignifi 

Par terminaiſons en bon ſens 

Cp peuft bien apparoiſtre et fr 

Gn autres lieuvplus de cinq cens 

Quen ces quatre lignettes cy 


¶ Exemplum 


Vtre exemple par excellence 
Dur les clers et fur Le cofinmuy 
Leftat de nobleſſe excelle en ce 
quefle defféd chaſcũ côme vng 
Sont apꝛeuilege dhonneur 
Et dieu par ſes nobles arrois 
Ryſi luy maitiegne pour don heur 
Tant a princes comme a roys 






re 





¶ DSe cquiuocatione in fenfis 


Pre forme de equiuocquet 
Eſt p fens et non pas ptermes 
) Dour gens embureliquoquer 
Quideluocquer ne ſõt fermes 
dômedne hõme foit daouſt ne 
Qui ne ſoit de lart de rethoꝛiq 
TE ſemble quon die dampne 
Quant a prononcer fonfappficque 


Aliud exemplũ in fatino per 
verſus retrogradarios 


Dos duo prepoſiti poſſitis tempoꝛe longuo 
Viuerenec pereat nobilitas pꝛopꝛia 


¶ Pꝛoſecutio 





Pꝛopos de conſecucion 
TComme ie ſcay inſinuer 

Ainſi fe fait. Quoy dyalogue 
Comment ainſi faignant deux eſtre 
Teſt donc autrement que pꝛologue 
Voire qui lenſeigne maint maiſire 
Eſpeciaulment en maint eſtre 

Et lien:maiſtre alain chatretier 

Eſt il voir?oyrſen fut lenceſtre 

fFut il pꝛemier non / mais entier 
Brant maiſtre ſut:en quel ſcience 
En rethoꝛicque que fon pꝛiſe 
Pourquoy pour fon experieuce 

Je men doubtes:a taut ſouffiſe 


€ Aotabifia 


ES 
—* 























MAuoir côuiét GG ſot pluſeurꝰ 

8 Autres figures si 

= = Autremẽt nõmees coufeure 
IC Auctentiques rethoꝛicales 

S VIA. Déblablemét grâmaticafes 

S Applicables a lart francois 

Mais fis fontfee plus pꝛincipales 

Æontifeftefttraicée par francois 


Be fiv aucune fouffifance 

Quant a propos fon peuft deduire 
dar plus fouuent font en vſance 
pour apfcquet ct pour produire 
Que fes autres quon peuft induire 
item apfufeure mecaniques 
AacHeup feroit de feur aduire 
Telles figures auctentiques 


Item ceftart compꝛehenſif 
Se ſeroit pas en ſi buefʒ iouts 
Ne ſeroit pas oſtenſif 

Dane fane annuables ſeiours 
Car trop ſeroit pꝛolix fe cours 
Zen conferet oſtencion 

Veu que pour facile decoure 
Lacteur fait introdurion 


Bradacion (oit appfiquee 
Dar fee clers et tranffafio 
Selon forme rethoꝛiquee 
En propre nomination 
Du conuenant pꝛeciſion 
Du coufeur de ſimilitude 
Du auffi conformation 
Selon conuenable aptitude 


¶ Pꝛoſecutio 


7. Ana chapitres oꝛes narreʒ 
de ceſt oeuure:il cõuiẽt traicter 
Zu fiviefine comme oꝛreʒ 
Qu ch diuiſion notez 
De gerres determinaifons 
Qui font en generafite 
PDeuv p conuenabfes raifone 

Comme bꝛief fera recite. 


¶ Ze ſuffiſencia diuiſionis 
rithmoꝛum in generali 
¶ Septimum capituſum 


Srre de rime maſculine 
Sſt premier en diuiſion 
Rautre de gerre feminine 
chais par muftipfication 
maſculine a ĩnumerables 
Œfpeces de ſoy pꝛocrees 
Itẽ et pꝛeſq ineſtimables 
GSerres:ſubalternes crees 





¶ Notabile de terminationibꝰ. 


S terminaiſons maſculines 

à Surtoutee lettres ſans nombꝛe. a 
Et ficrop comme de termines 

—V 





¶ Aliud notabife 


# ous vers toufiours fe ma ſculinẽt 

«| Silz ne fe terminent en. E. 

AI Duenes:ouentinetersminent 
LA Etque le mot fort femine 

Mais fa differance aduuſeʒ 

De congnorftre fes maſculins 

Et maſculins feminifez 

Par termes fuffifans encfine. 





Aliud notabife. 


Eminine mafculinifez fort 
TCeulv qui ont leurs terminaifons 
Ln.e.et en es. auſſi font 
Comme sen puis dire raiſons 
Evemple en.c.Dunufite 
En.es. dire pfurafitez 
Baucuns termes en.e.fimite 
En toutes fingufaritez, 


¶ DSe maſculinis fenuinifatie 


A apres fee maſculins vers 
Feminiſez fe font ainfs 
Tomme Vous pourrez ot Pers 
Évenple quafeguerap cp 
es vers font conmerrfs fe difent 
@afcufine feminiſeʒ | 
Leufy quifes voient ne fes liſent 


N Œbrofecuño 


D fecon d gerreen gener af 

Lequel feminin ſe denomme 
Cõuuent veoir en ſẽs moꝛal 
Du inſtructif de lupꝛet cõome 









Gt auſſi quantes peuft produire 
De terminaiſons qui ſont ternes 
ais ſoubʒ elles peuent induire 
Pluſeurs des gerres ſubalternes 


¶ DSiffuicio 


Ime fenunine pluliere 
Se termine en.es.et en. e. 
A feminine ſinguliere 

Zel terme luy eſt aſſene 
Mais ie excepte pꝛoſperite 
Acompaigne habandonne 
Et tout autre peril dicte 


Ou .e. eſt fi fort refonne 


¶ Pꝛoſecutio 


vchapitres font decfatez 
ſeptieſme conuient dire 
Et des poins en luy inſereʒ 
Qui eſt des notables effire 
T Dec quâtitez de mafcufines 
Rimec/et auſſi dautre part 
D Dec quãtiteʒ des feminines 
Et des ſecretz de ceflup art 





¶ Sequitur de notabilibꝰ 
Dequantitate metrorum 
¶ Septimum capitulum 


Ouſtumeement de. ix. ſillabes 
Sont ſouuẽt feminines lignes 
Ou tetʒ be ſoiẽt foꝛs ou foibles 
Cõme p ces quatre ienfeignes 
Lee maſculines font de huit 
Auſſi le plus communement 
Leur côfonancentiento ſi duit 

Se me ſemble plus pꝛopꝛement 


¶ Aliud notabile 


Aſculines tecminaifoue 
Sont de huit couſtumierement 
Comment iay alegue raiſons 
ais pourtant ſingulierement 
SEvxcepter dois des fais fa forme 
Qui ontfes maſculins de fept 
Et feminine de huit fon forme 
Lon peuft congnoiftre cõme ceft 


aie aucune ne tiennent fa noꝛme 
¶ Aliud notabife 


Ss vers maſculinꝰ ſoient per 
Bꝛief que ſept ſillabes paſſent 
Et feminins ſoient non per 

Ou riens ou bien petit ſollaſſent 


¶ SEvxceptio per modũ notabile. 


On evcepte auſſi 
foꝛmie de dirlaiz 
Comme font ceulv cp 
Soit pour clers ou laiʒ 
Vers de.pr.et de. v. 
SEt. vi. et treiʒe 


Eccepter les dictʒ 


Auſſi il vous plaiſe 
¶ Aliud notabile 


ime feminine on doit mettre 
Be deup ſillabes terminees 
Auv vers ou if ſe peult commettre 
Par tout ne ſont pas aſſignees 
ais fa ou eff grant habondance 
Be rimes on les p doit faire 
Du point neft Bonne concordance 
Evquife quant a ceft afaire 


¶ Pꝛoſecutio 


Ept chapitres ia exploicteʒ 
5 Denfuit — me chapitre 
ou pfuſeutꝰ pois ſõt denoteʒ 
qui grãt ẽſeignenit miniſtre 
ceſt pouꝛ pꝛõptemẽt habõder 

En termes bien leonineʒ 
ODu pour victemẽt cõcoꝛder 

En bons termes bien termineʒ 


¶ Octauum capitulum: 


Our habonder ligierement 
À En termes lon doit compofer 
y Dar de dif.o0. fu6 proprement 
DEt par. re. auſſi difpofer 
Qui equiuocquer peuft nueulſov fait 
Qui na equiuocaque ou compos 





Loꝛdꝛe de A. B. C. en effect 
Lon doit ſuuir a ce pꝛopos 


€ .Notabile 


vſſi pour auoir pꝛomptitude 
Lon ſoit aduerti de muer 
Par ſoing cure et ſolicitude 
Le lieu du mot quõ veult rimer 
À Bifefétrop fort a aſſoꝛtir 
Comme fi vng mot difficile 
Wiét en fa fin de vers: aduertit 
£on fedoit:quen fieu plus facife 
Doit mic en Bas où an milien 
Comme fe clerc Benoit en place 
Du drap:fon leur change leur licu 
Gt en autre endroit on les paffe 


¶ .Notabile 


Oteʒ auſſi que for ne peult 
Lomme donner touſiours 
Atoute rime comme on veult 


A ſouſſiſt de y faire ſecours 
Dar vne Bonne confonance 
Ainſi que feroit contre roc 
if fouffiroit de concordance 
Faire dung croc auſſi dung froc 


¶ Aliud notabile 


Tem poſſibe eſt maintenir 

Que bonne ſoit terminaiſon 

En leonite ſoub ſtenir 
Seſtranges lettres en vng for 

Comme rime en nombꝛe de. v. 

Due ceſtuy terme renon 

Beonitez contre beaulv ditz 

Bonne eſt et encontre mignon 

Du encontre dyaphanum 

Dofe oꝛes que difformite 

Aient de fettres de Boiv non 

Pont ſauuee eſt leonite 


¶ Aliud notabile 





Sredicte on fe doit garder 
Que ne ſoit en cinquante vers 
Fu moine fe doit contregarder 
Qui plus pꝛes fa met a teueꝛe 


le produit fes vers et conpofe 
Doit en romans ou en miſteres 
af fait qui autrement difpofe 
En dits de quefsconques matieree 


¶ Aliud nofabife 


Innouations lon ſe abſtiengne 
Auſſi de langaige force 
Qui vouldꝛa quen bien on cõuiẽgne 
Sans faulv langaige renuerſe 
Ce fout vices qnon doit fuir 


Dont il eſt notammeut traicte 
Auf ne doit telle op ſuir 
Tar tel Bice eſt ineptete 
¶ Aliud notabile 
Fa =" chaſcum fe doit gatder 
De toute diptongue picarde 
En terminaiſon concorder 
Ne fe doit: mais p preigne on garde 


Hinfique fcroit contre duite 

Du comme fevoit contre lieux 
Rime ne Sauft quietes de are 
Ne contre lieux lo; gracieux 


¶ Aliud notabile 


Tem le ſens ſoit obſerue 

Plus que la leonine exquiſe 

Dur tout doit eſtre pꝛeſerue 

Sens ſubſtancieux quoy quon diſe 


¶ Aliud notabile 


Tem fe garde on de templage 
De nommer ſens extrauagant 
SEt daliener fon langage 


Par pꝛopos meſſe de ſouffragant 
¶ Pꝛoſecutio 


Vit chapitres determineʒ 
donuient Seoir conſequentement 
Des poins fefquefs font definez 
Du neufiefme fignanment 

Duquef traicte des differances 

Ses rimes qui font en nombre 

doufeurs en diuerfes fentences 





Comme confequemment denombre 


¶ De fufficiencia coloꝛum 
feu ſpecierum rethoꝛicalium. 
Nonum capitulum. 


Juiſion en ſuffiſance 
Eſt telle en generalite 







Vingt font er muneralite 


Balicanes rethoꝛicales 
Comme ilʒ ſont coincidentales 
La plus commune eſt leonine 
Lautre apꝛes ef rime croiſee 
Puis de rondeau foꝛme on aſſignee 
ais retrograde eſt plus prifee 
Apꝛes chappellet / bergerette 
Pour le dicte commedieux 
Nomme daucuns comme decrete 
fratras ioyeux melodieux 

Quon nomme rethoꝛicquamment 
Spiloge ou epilogue 

Palmode apꝛes ſignamment 
Senſuit ainſi que ie epilogue 
Puis de balade enſuit la foꝛme 
De chacon:puis de champ royal 
Se refrain volant oultre apres 
Setermine ſans interual 

Be ſeruãtois:puis par expꝛes 
Bu beau ſeruãtois damoureuſe 
Duftre de laiz et virlaiʒ 

Qui font de * gracieuſe 
Sont les ve ſi ne ſont pas fais 


Apꝛes traictie des annexeʒ 
Beaulv vbers apꝛes dec enchaineʒ 
TConſequamment dentrelaceʒ 
Puis en apres des coutonneʒ 
Auſſi de ceſt art les ſecretz 

Sont parmy diffimicione 

En pluſieurs lieux cpinferes 

Par notables diſcuſſions 


Poſe quil en ſoit ia traicte 
Au ſeptieſme et huitieſme 
Chapitre: ifen eſt denote 
Conſequamment au diviefme 


Par cõuenable demonſtrãce 
Œfpeces et couleurs de rime 


Pꝛemier des pᷣmierꝰ expꝛime 


¶ De diffinicione leonine 
pꝛo pꝛima ſpecie. 


Inſi fe fait et fe termine 

£a rime qui eſt leonine 
Ceſte rime eſt la plus cõmune 
Etpfucaifeeque nefBne 
Elle eff a ce la: congnoiſſable 
Que vng ver eff a autre ſem⸗ 
blable 

Sans intermediacion 

De bers dinterpoſicion 

Et ſans que figne ſinterpoſe 

Conme font ceufo cp que ie pꝛopoſe 
SDeſquelʒ meſmes ie ſpeciffie 

£a facon et fa notifie 


€ Potabite 


E feonine efta nofet 

Et auffi de feoninee 

Dour difference denofer 
Lune de fautre definee 

Se leonine ia dit e 

Quant p vng.e. eſt expellee 


¶ Alia diffinicio 


ATX ſi dy de rechief que ceſt 
fl A Quant ligne a autre eff acoupfee 
WT Deuv a deuv foufiouts pꝛocedans 
LR Les Pere ſans riens interpoſer 
Dies a pꝛes deux aine fuccedans 
Elle eſt commune a compofer 


¶ Leoninate diffinicio 


Ais leoninee ſappelle 
Quant la ſillabe derreniere 
Et penultime voyelle 


Gſt de rime Bonne et entiere 
2 tout fe moine aux feminines 
Sictions:mais il peult fuffite 
Dune ſillabe aux maſculines 
Si trop commun terme ny vire 
St tant en balades quen vers fais 
Eſt la leonine rime 
Soit en rondcaufp ou en Bitfais 
Et par tout comme rap expꝛime 









fi 


¶ De fecunda fpecie gafficane 
rethoꝛice 


SNoyſee comme cp on fait 
Contre fa tierce a premiere 
Aifee eft en dit et en fait 
Ceſte rime croifee eff fegiere 
A aucuns en pfaift fa fcience 
£cfquefs fa tiennét aggreabfe 
Plus que de feonine effence 
Si foit doncnote ce notable 


¶ Motabile 


S croyſee fiv differences 
Div eſpeces ou fiv facons 
5t Sôt:pourtât quen maintes fenfécee 
365 peuent Bien croifer leurs fone 

Juſques a fa ligne fiviefine 
En pfufieurs vers interpofané 
Zant que quaſi au feptiefme 
Quen virlaiz cen eſt plaiſant 


¶ SExemplum de rithmo cruciato 
fuper quartam lineam. 


vemple de rime croiſee 

Dur fe quatrieſme des vers 

Quiconques fif ip cnuere 

LA, A p trouue fevempfe aifee 

£on en peuft tant continuer 
Que fa forme auffi en peuft pfaire 
Doit de cent ou de mille en faire 
Du augmenter ou minuer 


¶ Aliomodo exempfum de 
rithmo cruciato ſuper quar 
tam lineam. 


Eſte foꝛme eſt bonne 
Laquelle ie donne 
Aquefque perfonne 
Qui Seuft troys croifes 
En virlay oꝛdonne 
Termes et raiſonne 
Ainſi qu e ie ſonne 

Si auctoꝛiſer 

Et faire pꝛiſer 

Veuſt fon deuifer 

Dar trois deuiſer 


So ifrime mignonne 


¶ Evemplum de rithmo 
cuciato fupet quintam 
fineam 


vemple pfaifante 
Croiſant cinq 


Belles les decrectes 
En foꝛme duifante 
(haie que fa croiſante 

Apres reduifante 

Soit: etrafiante 

£ee lignes doufcectes 


¶ Evempfum de tithmo 
cruciato fuper ſextam fi 
neam. 





Autre foꝛme aſſiſe 
Diviefme en croix 
Ainſi que ie crois 
De fait par tefs dꝛoiʒ 
Du en tefs endꝛoiʒ 
Et par tes arroiʒ 

= += Dane faireendefroiz 
Cy eſt interciſe 

Croiſee deſmiſe 

Notamment commiſe 

Pꝛopꝛement parmiſe 

Dar ceſte enttepꝛinſe 

Qui eſt icy miſe 

Dour en faire octrois 





¶ De rondellis. detercia fpecie. 


Iv eſpeces font differentes 
ÆBerondeaufo :fee vngs pour coupfet 
Diont deu lignes concedentee 
Dour fe premier couplet complet 

Kes autres troie vers: autres quatre 

Le autres cinq vers:autres fip 

Êes autres ſept poureufv efbatre 

pont comme en vvng fap affie 


Ainſi fe font commmunerondeaufo 
Neplus ne moine que ceflup cy 








Tant de ront de vins que de ront de eaux 
Ainſi fe font communs rondeaulv 
Pluſieurs gentifs ef maine bourdeaux 
Faiklent / ſit ne fontpar tel cp 

Ainfi fe font commune rondeaufo 
Neplus ne moine que ceftup cp 


Dar ef pat mais dboncquee/cat quant 
Ne fe doit rondeau commencer 
Qui ne fcet fon fait difpenfer 
tien concfurte et contpaffer 
Du de plait faufdra ou de cant 
Pluſieurs ſabuſent en penfant 
Que tondeau foif Bo pour rentrer 
aie non chaſcun couplet porter 
Boit ſens parfait et fufpencer 
oz et ouuert non ſuſpencant 
Dar et par mais ec. 


Dee coure rõdeaulo fonf/ fi font ilz de Longs 
Dune fiffabe:et au plus long de treize 

Ainſi comment aproposif font Bons 

Se cours rondeaufo font: fifontifs de fonde 
Éommepouons et comme nous Soufone 
De quantite: mais que a forme en plaiſe 
De coure tondeaufo font: ſi fonfifs de fonge 
Bune fiffabe et au plus fong de treize 


Vng couplet de rondeau peuff eftre 
De fept lignes : comme appatefire 
St congnoiſtre 

Se peut cp: quant il eſt laye 

Du quant ifeft virlaye 
Pꝛononcie 

Autrement ne ſe doit commectre 
De ce rondeau fa foꝛme et leſtre 
Donna le trefnocable enceſtre 

St bon maiſtre 

Alain qui tel la noncie 

Vng couplet de rondeau ce 


Rondeau plus fond re fe doit croiſtre 
Mais Bien pꝛopꝛement fe peuft mectre 
Œtparmectre 

A cinq lignes Bercifie 

Lomme eff de ceufo Berifie 

Notifie 

Qui ſen ſont voulu entremectre 

Vng couplet de rondeau ce 


£a moitie du couplet pꝛemier 

2e doit en fous rondeaufy reprendre 
Soit pour reigfe ef pour art ſommier 
£a mottie du couplet premier 

Dar ceft art auffi couftumier 
Sentence patfaicte doit prendre 

£a moitie du couplet premier 

De doit en tous rondeaulo reprendre 


Ceſte forme prefente 
Eſt de fept et de fiv 

A veue fe prefente 
Teſte forme prefente 
De fa mode en eff gente 
Rondeau p fort affie 
Ceſte forme prefente 
Eſt de fept et de fiv 


Ze cinq et quatre 
Lesrondeaufy font 
Pour cueur efbatre 
Se cinq ef quatre 
Dane point debatre 
Ainſi fe font 

De cinq et quatre 
Ces rondeaufy font 


¶ Rondellus quatuor ſillabarli 
et quinq;ʒ ſiſlabarum. 


Rop regne enuie 
En haulte court 
Qui peuft enuie 
Trop regne enuie 
Dans pais en vie 
Faulv blaſon couté 
Trop regne enuie 
En haulte court 


¶ Idem quatuor ſillabarum 





Secours auſſi 





Ce. 
Ardeʒ les grifʒ 
Zu faufp liepart 
Notez les gris 
Sardez les grifs 
jDar fecrets gris 
— ‘3 fpe et part 
—Bardeʒ les grifʒ 
Du faulð liepart 
¶ Mondellus duarum ſilla⸗ 
barum. 
¶ Idem. 
Honneur Confoꝛt 
Auoir Seigneur 
Bon heur Suppoꝛt 
Honneur Confoꝛt 
En cueur Vꝛay port 
Scauoir Shonneur 
Honneur Conſoꝛt 
Auoir Seigneur 
¶ Nondelli monoſſilabi. 


#op dueur Zempe Hault 
Soꝛt ant Pete Bruit 
Sens Vault 
fop Cueur Temps Hault 
Rop Heur Bens Sault 
Fort Faint Clers Fuit 

Fop Cueur Tempe Haulſt 
Soꝛt Vaint Pete Bꝛuit 


Ce rondeau eſt de quatre vers 
Pour vng couplet tant ſeulement 
Pluſieurs en font ſemblablement 
Selon leurs appetis dtuers 


De dꝛoit facon ſans reuers 

Œt ſelon bon entendement 

Ce rondeau eſt de quatre vers 
Pour vng couplet tant ſeulement 
Apꝛentiz ſi ſoient couuers 

Sainſi faite ſoꝛtablement 

Que ceſte foꝛme egalement 

Soit de temps deſte ou diuers 
Ce rondeau eſt de quatre vere 


Pour vng couplet tant ſeulement 


Rondeaulv partis  Retrogradez 
£onnote ainfi . Doient fongs ou couts 
¶y eſpartiz fer entendez 

Dans grant {ouffp Pour gens decoure 
Bien impartiʒ Zꝛoit concoꝛdeʒ 
Plaiſans faitiʒ Contregardeʒ 
Dourcueurtranfp Par ſubtilʒ tours 
otes tractiʒ Poins accoꝛdeʒ 


Rondeaulv partiz ec. Retrogradez ec. 
Beaulv ditz gentilʒ Vous recoꝛdeʒ 
Dictes par cp De beaufy recours 
Joyeus faictis 2 droit gardez 
as par tel ſy Bit par teb toute 
Dour aprenti Bien aboꝛdeʒ 
Rondeaufy partie ge Xetrogradeʒ ec 


¶ Rondellus cuis quodfis 
Bet vocabulum confhtuitux 
ex quinq; ſillabis. 

Ariacion 

Befacouftumons 

Separacion 

Vvariacion 

Conſolacion 

Reabilitons 

Variacion 

Seſacouſtumons 

¶ Alius rondeſſus ex quolibet 


BocaBufo conſtituens fep ſil⸗ 
labas. 


Iſſimulacion 
ARNO Lntremondanife 
N Communicacion 
ʒiſſimulacion 
Pꝛenoſticacion 
Neparalogiſe 
= Siſſumulacion 
Sntremondaniſe 











¶ De rondellis in terminis 
equiuocatis 


Dndeaufs equiuocques a cp 
TComment a Bon fens ifappert 
Dane doubter pat quefque ſi 








Rondeaufy equiuocques a p 
Aggreables itʒ font et fi 
ZBengin fe font prompt c appert 
Rondeaulx equiuocques a cp 
domment a bon ſens ifapperé 


¶ Idem. 


Ente de coꝛps et de maintien 
Zreſgracieuſe entre cinq cens 
Belle ſur toutes vous maintien 
Bente de coꝛps et de maintien 
Quant voʒ tetins de ma main tien 
Rauy en ioye ie me ſens 






Bente de coꝛps et de maintien 
Treſgracieuſe entre cinq cens 
Oſtre confoꝛt ma chiere danse 
Honſtreʒ fe maimeʒ ou haieʒ 
Je vous requiers de coupe et dame 
Si oncques eufles mercy de ame 
Mercy de mop pꝛeſent aieʒ 
Voſtre confoꝛt ma chiere dame 


¶ Idem. 
à) : 
Voſtre confort ma chiere dame 
Monſtreʒ ſe maimeʒ ou haieʒ 


¶ De quarta ſpecie feu coloꝛe 

de retrogradaris omni modo. 
Faicte eſt ainſi Retrogradee 
Fforme plaiſant Speculatiue 
Retraicteeft cp dontregardee 
Noꝛnie duifant donfofatiue 
SDentendement Belle eſt coufeur 
Treſgente ſoꝛte Eecon treſduicte 
Pꝛudentement ZTelle a valeur 
Entente forte facon reduicte 

¶ De quinta fpece 


Happelletz font rondeaufo doubles 
Ainſi comme ee maiſtres difent 
Arienꝰ ne font mieulv reſſembleʒ 
Chappelletʒ font rõdeaulvx doubleʒ 
Rondeaufyp deu fope bien redoubleʒ 

Dar tefle foꝛme fe conduiſent 


Chappelletʒ @c. 
SDictes de vins / fruictz ou de bledʒ 






Ü 


Du damours ainſi ſe pꝛoduiſent 
Cbappelleʒ c · 

Plaiſans motez Bien aſſembleʒ 
Thappelietz çc. 

Alopeuv ou de ſouſſy combleʒ 
Ainſi repꝛins que cp fe duiſent 
Chappelletʒ ec. 


ŒRe fevta ſpecie 


Scegerecte fetiffe et propre 

Eſt a aucune curiaup et genfif; 
Qui p prennent feur appetis 

Se Gien fait eft:neftpac impropre 


SElle eſt comme vng rondeau ferme 
Foꝛs que du milieu fe couplet 
Dune autre rime couple eſt 
TCoinme la pꝛeſente noꝛme 
Bergerette @c. 


Le milieu auſſi fans obpꝛobꝛe 

Des dicteʒ bergeretzʒ faictiz 

Neſt pas comme des rondeaulo traictiz 
Zel differance a reſte et ſobꝛe 
Bergerette gc. 


cs de gente bergerecte 
Affin quif foit plus aggreable 
Selicta 9 

Eſt lye pour eſtre amiable 
Plus notable 

Lomme en celle foꝛme decrete 


Ba facon ainſ iplus aggree 
Aaucune:et eſt plus plaifante 
Et duiſante 

TCar par ainſi eſt conuenante 
Mieulvx fonnante 

Et a plus grant doulceur dentree 
Ledit cc. 


Quant ce dit icy bien lon frete 

Œt de doulce rime eſt traictable 
Conuenable 

TE fait vng cueur eſtre piteable 
Hiniſtrable 

TCourtoiſie et grant doulceur pꝛeſte 
£cditec. 


Pur 
3 


¶ De ſeptimo cofore. de foꝛma 







palmodie. 
Recicufe fleur virginale 
Vas Zreffeable 
HA Vierge à dieu facregdedie 
ZA Qui a deeffe imperiale 
Tr  Darcafe 
de tout d8 de gare gainie 
A Duincte barbe ee fans 
Treſgarnie (cieulx ſcandie 
De la vertu celeſtiale 
Tu apres la vierge marie 


Es cherie jui 
Ses Vierges fa plus principale 


Be moit ſubite et infernale 
Vile et fafe 

Seffens mop que ie neperie 
Et de tempefte acadentafe 
Occidentale 

Treſhumblement dame ten pꝛie 


Pꝛe cieuſe fleur virginale 
ZTieffeale 

Vierge que dieu ſacre et dedie 
Qui a deeſſe imperiale ec. 


Treſnotable dame et reafe 
Spectafe 

Ffille au roy de nicomedie 
Quu a deeffe imperiale 
Daraafe 

Se tout don de grace Garnie 


Fay que ma fin point ne deſuie 

De ma Vie 

Hans confeſſion integrale 

Saincte barbe ec ſains cieulx feandie 
Treſgarnie 

Be fa Sertu celeſtiale 


Pꝛexogatiue et feigueurie 

As merie 

Œt grande grace generale 

Zu apres fa Vierge marie 

e cherie 

Dec Bierges fa plus pꝛincipale 


2e mon ame fopes feruie 


Œtraue 
Doit auec top er fin finale 
Pꝛecieuſe ffeur çc. 


¶ De octaua ſpecie. ſcilicet de 
epilogo. 


Pilogue fatras nomme 
Se fait ainſi que cp ſenſuit 
Epilogue fatras nomme 
Eſt ainſi quaſi renomme 
Lonime en ceſte foꝛme entreſuit 
Tant dhomme vif que daſſomme 
De melencolie a pſomme 
Du ſoit en ſens ou en deduit 


Ainſi eſt fait par confomme 
En quetque lieu que foit aduit 
Ee dit de fatrae furnonune 


Se fait amfique cp ſenſuit 


La Bierge marie feruir 
Donne paradic defectable 

£a Vierge marie feruir 

Sarde gente humain dafferuir 
Au diable faufv ct deceuabfe 
ar qui grace peuft defferuir 
De fa dame effe fait rauit 
Ceffup en gloire pardurabfe 
Au trofne dun acceptable 
Du chaſcun defire a Venir 
Dar fa grace et moyen notable 
Be fa dame qui ſans fenir 
Bonne paradie defectabfe 


¶ De nona fpecie 


KR Es balades communement 
P Dar tetz foꝛmes font compoſees 
Reprendre on doit pꝛemierement 
Les premuerce lignes croifees 
Au quart et quint fieu appofees 
Troys conpfet; egaufs au renger 
Ainſi doiuent eſtre pofees 
Refrain pareil ſans riens changer 


Auec troys coupletʒ meſmement 
Deſgales lignes pꝛopoſees 
Vng pꝛince p ſoit pareillement 
Be fa moitie des expoſees 








doupfetz qui —— impoſees 
Dans aucun vice p cafanger 

Si non par na auv difpofees 
Reframn pareif ſans triens changer 
Lee couplet; forent fignamment 
Bautant de lignes compaffees 
Comme fe refrain proprement 

A de fiffabes popofees 

Et ces reigſes prefuppofees 

Lon peut fes balades forger 

En forme Bien auctoufees 
Refrain pareil fans tiens changer 


Le puince fort tant feufement 

De la moitie pour abꝛegier 

Bes couplet et non autrement 
Refram pareif fane riens changer 


€ Notabife 


Dppinion ſõt aucũs côe puis entédre 

Que balade ait refrain ettrois cou 

pletz ſemblables 

et le pꝛince ſãs les vers point repꝛẽdꝛe 
Lefqueffes croiſent deſgales lignes ſoꝛtables 


¶ Balada retrograda 


Onſtellation nous pꝛoduit 
Refection dhumain engin 
Jeuneſſe ne quiert que deduit 
chaſcun doit craĩdꝛe mal engin 
Sans coꝛde file ne engin 
Notẽt et pꝛeignẽt fans feuriers 
ces pꝛouerbes fes manouuriers 
Doit de cofericque ou ſanguin 
Dfus font de maiſtres que douutiers 


Arimer maint cueur fe reduit 
Tant furcoefe que fur beguin 

Du fur mot ou fens mieufo fe duit 
Dur clerc fur fourt ou fur Bourdin 


Bouftrecuides femeftent dautres meſtiets 
Puis fois que dit fon dung badin 
Plus font de maifiree que douuriere 


Ra faence fabatatbit 
Be rethoucqne fans latin 
Quant derimer chaſcun er dit 


A pfaifir : ſoit four ou matin 

£on time chien contre matin 

Chaſcun ſen meſle en tous quartiers 
Dieuv que de nouueaulv charpentiers 
De rimer chaſcun tatin 

Plus font de maiſtres que douuriers 


¶ Balada per dyalogum 


A maiſtre afain quoy qui mapelle 
Ceſt moy:tu qui:ceſt linfoꝛtune:las 
Que te fauft i£:fac fon tue a fa pelle 
Rethorique: voire dis tu: helas 
Oy qui fait ce:Aucuns diceulxia las 
Dune fcauent. Eſt il vꝛay tu te gales 
ais en quef lieu ou en feſtes ou en gales 
Eſt il certain:oy benedicite 
Pous perdꝛes bꝛuit pour tefs cimbales 
Boute chouque ſi eſt reſſuſcite 


Teuit il dieux:oy.Quelle Vielle 
Comment:ne ſcay.tais top cu fonges. fa 
auf Softre Sonneur. Non dea quef hirielle 
Mais ou/en galans ſaillans en Bo; las 
Puis en font ilʒ de Bone biens:ceſt ſolas 
Quop nettemét cõme vng autre en Buinbate 
Dis tu. fans voʒ coufeute rethoꝛicales 

Dour eftce tout. Neſt ce pas Bien dicte 

Pour fe conmun:quen tiée tu . quen tregales 
Boute chouque freftreffufate. 


Left vng grant cas:ſi eſt ce grant nouueffe 
Comme rime il: en eaux ternies tous plas 
deft rigole contrepaye eſt telle 

Du fe fait ef.tant fur potʒ que fur plae 

En beau goret.oncques mieufo nacoupfac 
Au moins pieca on nota de cancafes . 
Bonne; feur:quop pout foper deux efcafeg 
Du mafure pour leur habilite 

Sea fans farcer/ pourquop/cat en gringafes 
Boute chouque ſi eſt reſſu ſcite 


ag notez. quop:ce prefent libelle 

e qui de quop de iourdain qui fa belle 
Dour fee deux blans gardez dinerfite 
A quop faire pour caufe teffe quelle 
Boute choque ſi eſt reſſuſcite 


¶ De decima ſpecie 


6 iiii 


A forme de chancon iolye 

Telle maniere peut auoir 

Mais aucune cõme on peult fcauois 
En font commi leur ſens ſupplie 


Je chante par melencolie 
Sane que ien ape nul vouloir 
dar ſouſſy me fait trop douloit 
Quitrop en fa pꝛiſon me lie 


Souuent iap op er ma Die 
Quauec les foupe il fauft huller 
Et quen gale fon doit galler 

Si ay ie de vous complaire enuie 
Je chante.cc. 


Ma ioye eſt trop de moy rauie 
Souſſi me fait en dueil couler 
ZTriſteſſe me vient acouler 
Chaſcun de ſoulas me deſuie 
le chante. c 


¶ 2e vndetimo coloꝛe rethoꝛice galli 
cane fais de campis realibue 


S Ouefue manne de difhfation 
INK Raffafiant ſub ſtancieuſement 
SK Buiffufe par fructification 
De minerue fcentifiquentent 
Eſt ou verger de dame rethoꝛicque 
Enh foucfuc odeur flangrante aromaticque 
Sur pluſeurs fleurs receuans influence 
De froneſis de treſnoble ſcience 
Sſpaniſſant mainte fleur necte et pure 
Mais fur toutes de treſnobe aſſiſtence 
Le champ ropaf eſt de noble faicture 


Promotheus pat confteffation 
Souuent tranfmet delicieuſenent 
Dyaphanon par illuſtracion 

Donc eſclarcir ſubſtancieuſement 
Dungtranfparant rap fufgent g cefique 
D':ocedant fusmaint fuppoft auctentiqne 
Qui au Berger pꝛedict fait refidence 
Ouquel foutent pat noBfe prouidence 
Mainte fleur eft pꝛoduicte cfere «pure 
Entre queffes de pfaifance euidence 
Rechampropafeft de noble faicture 


Dame cho de decoration) 


Qui nous apꝛeut melodieuſement 

Dar fa franche difcreteinftruction 

A Bien traicter tragedieufement 

ous peuft noter que pour fais de cronique 
Du pour autre digne fonte Deroique 

Du doꝛaiſon de bonne conuerance 

dCefte foꝛme a et grant coiucidence 

Pource die 1e que pour ceufp qui ont cure 
Se faire dits qui atent bonne effence 

Le champ vopaf eft de noble faicture 


Bu champ toyal fa compifation 
Œft en ce dit rethoꝛicalement 

Bi eft auſſi fa pofhffation 

Eten tout dit pareif egatement 

Qui ang couplet; a dune forme Brique 
Bien pareiffe ſemblable ç politique 
Zerninaiſon ſelon ce que commence 
La premuere couple fans difference 
Auec auſſi prince de leur figure 

Du a moitie des coupletʒ:ainſi en ce 
Le champ ropaf eft de noble faicture 


Pluſeurs gens font reduplication 

De fa figne croiffant fecondement 
£uyp redoubfant fa termination 

ac if ſouffiſt faire foxtabfement 
Be fa forte de cefle que iapplicque 
item aucuns par forme manificque 
Sont en tefs dut de fcur foune fequence 
Bouble vepraun) pat foune dcfoquence 
item pfufeure en metrificature 
Syalogue font : et en feur fentence 
Le champ ropaf eft de noble facture 


Dance ropaulv retrogradacon 

Belle et noble eft quant bien on fa figure 
Et entefs dits fait decoration) 

Ainſi quu tient teffe proportion 

Le champ ropaf eft de noble faicture 


¶ Alius campue regalis 


Splaſmateur imperateur ſans per 
Delicieux lieu et tre ſpꝛecieux 
Jadis creer voult pour participer 
Don triumphe ſolennel glorieux 

Qui paradis eſt nomme pꝛopꝛement 

La ou crea anges nurablement 

Mais les aucuns par leur pꝛeſumption 





Banniz furent mis en damnation 

Si fut cree autre beau fieu notable 
ZTreſbeau vergier de plaiſant manſion 
Au 6 de dieu paradis delectable 

En ce pourpus ct gracieux Berger 
ZBeup beaulv arbꝛes fonttres dilicieux 
Auec leſquelʒ pour propos abꝛeger 
Dieu pꝛoduit en quatre lieux gracieux 
Pour enroſer fe verger doulcement 
Quatre fleuues ſourdans abondamment 
Apꝛes de adam fiſt dieu creation 

Et deue auffriffiftplafmacion 

Pour recouurer lautre beau pardurable 
Pourpꝛis: qui eſt pour conſolation 

Au fils de dieu paradis delectable 


Lore touteffoiz fans gueres diffeter 
Bedans entra ſathan malicieup 
Œucetadam fifttanioftoffenfer 
Gn les temptant de peche enuieux 
Bont if furent foꝛbanniz iuſtement 
Par fange dieu et ſon commandement 
— le fruict de delectacion 

e vie auſſi luſufruiction | 
ais de puis dteu de grace charitable 
En Bierge a fait autre habitacion 
Au fit de dieu paradis delectable 


Ce virginal lieu fon peut figurer 
Au patadie terreſtre precieup 
Auquef pa fleurs doufces a fleurer 
Serbes arbres et fruiz treſanoureux 
Lomme cedres cipres ſoefuement 
Flagrans ffeutans atomatiquement 
pre fes pafmes pour decoration 

e fleuve delis multiplication 
Et dantres ffeuts a nombꝛe innumerable 
Tout cloʒ de feu dardant dilection 
Au filʒ de dieu paradis delectable 


Par ces arbres et fleurs eſt a noter 
Toutes euures de criſt treſuertueux 

Lt pat larßꝛe de vie denoter 

Puis ieſuchꝛiſt rendant fruict fructueux 
Tant doulo tant bon q̃ verꝛtablement 
TChaſcun de mort peult garder ſauuement 
Qui ke gouſte par grant deuotion 

D les fleuues tigris fiſon gion 

Et eufrates figurent par notable 

Les ſains docteute de pꝛedication 





Au fif de dieu paradis defectaBfe 


Maiſtre du puy le benoiſt fpmeo 
Pꝛecongneut bien que par ones 
Marie fut fe pourpre honnoꝛable 
Derger cloʒ de fanctificacior 

Au filʒ de dieu paradis delectable 


¶ De duodecima ſpecie rethoꝛice 


ESſtcy pꝛoduicte par dꝛoicture 
Dar telle foꝛme p telle maniere 
Saucũs y fõt refrains bꝛalãe 


—— Dautre condicion fegiere 
Ces dits cy ſont refrains Voulan⸗ 


De coupletʒ demie douʒaine 

Lon doit faire de telle forte 

Du Puit en cefte faꝛme pfaine 

Qui de fa demonfiracion porte 

Ainſi comment cp if apperé 

Aucune font de ces dits appellans 
Refrain faiffane/maic dôme expert 
Ces dits cp font refrains Soufane 


Lee coupfets ont founent Suit lignes 
Aucuneffois ner ont que fiv 
Duque quatre commentienfeiqnes 
Ainſi quen ce dit font affie 

Les ere defquebsie fpecifie 

Ces refrains que ſuis cp meſtans 
Œtainfrienotifie 

Ces ditʒ cy fonérefrains Soufane 


Pluſeurs en font en maint pꝛopos 
Commie leur matiere requiert 
Par Bere ſimples ou pat compos 
Ainſi comme au casifaffiert 
ais fa foꝛme neſt tant pꝛiſee 
Que des balades les coupfane 
Sont en tel mode auctorifee 


Les dits cp font refrains voulano 


L£erefraintoufioute egal foit 
Je ny propofe aufre confraincfe 
Ainſi que chaſcun fcet et voit 
Autre foꝛme ny ch empꝛaincte 


TComnient il appert pat effect 

Doit pour gens clers ou pour gafans 
En euure on dit /auffi er fait 

Éce ditz cy font refraine Boufane 


¶ De tredecimo coloꝛe rethoꝛice 
de ſeruantaiſio 


Oubzʒ leſpert de la region baſſe 
SDapolo dieu de trefnoBfe ſophie 
Ainſi que fon influence ius paſſe 
Lomme enſeigne dame philoſophie 
Pruſeurs fuppofiscommeou temps ancien 
Apmagoꝛa / tules / quintilien 
Et autres maints de puis:cõme virgile 
Ou ſenecque pꝛimas noble et habile 
Tommie oꝛaces linfluence ont receue 
Zres notable rethoꝛicale vtile 
Slegamment et entre iceulx conceue 


es oꝛateurs ef poetes par fa grace 
Be mogoꝛgon grant dieu qui fpecifie 
Des nobles biens en difpofee pface 
Œurentiadie comte nous nofifie 
Sapience de rethoꝛical bien 
Linuencion e pꝛincipe auſſi bien 

De fcience de rethoꝛicque vtile 
Laquelle fut / eſt et fera nobile 

Mais diceulx grecz fut pꝛemier aperceue 
De puis auſſi miſe eſt en noble ſtile 
De beau latin noblement maintenue 


Moble tules pꝛudemment fa compaſſe 
Notablenient en traicte g clarifie 

Duide auſſi de puis vng peu deſpace 
heſme boece qui tant bien Berfifie 
Traicte en ont / maint grec/maint chꝛeſtien 
chaint caldeien auſſi / et maint paien 

En maint bon bourg / auſſi en mainte Bifle 
dar fa choſe ne leur eſtoit pas Bife 
Pource eff elle de prefentaduenue] 

En fa langue gaficane ferfife 
Darpfufeure bons clers engins retenue 


Pat maiſtre alain a qui dieu pardon face 
Œeftarticp ſe monſtre et verifie 

St maiſtre arnoul greban bien ſuit fa trace 
Criſtine auſſi noblement metrifie 

cheſmes caſtel quelle eut a fifs pour ſien 
Qui de puis fut grant rethoricien 


Maiſtre pierre de hurion agille 
Imitateur treſſoubtil entre mille 

Be george auſſi lauenturier a creue 

Sſt par Par nouuelfe « fouBtifle 

Et pat Vaiffant auffr entretenue 
Entre dictesqueceftattentreface 
Lee feruantois teffe foꝛme ampfifie 
Chaſcun doncques ce dit ainſi parface 
Que champ ropal fans quon diuerfifie 
Fois feufement conune des maiſtres tien 
Que de refrain if nait point de maintien 
Mais aincois ait fe derrain Pets nobile 
Terminaiſon / car ainſi fe poſtille 

Et partaut eſt difference lenue 

Au champ royal que lon foꝛme et compile 
Sans point faire de refrain de tenue 


Pꝛinces royaulo chaſcun cueur magnifie 
Caliope fa dame de value 

Talophonne auec feux gerarchie 

Et vng chaſcun auffi les remercie 

Lar delles eſt ekoquence Benne 


¶ Se eodem 


Ng pꝛince aiant nobleſſe oꝛiginale 
En bonnes ments doit eſtre lunite 
ar fur vertus nobleſſe coꝛdiale 
Soꝛtit le fait de ſa felicite 
Teſmoing les roys et princes: dont cronique 
Narre les fais /efes vertus explique 
Comment honneur fes voulut decoꝛer 
ais on peut moins fes vertus ignorer 
Du roy de france et de fon excellence 
Dont reaumient peult ſentence inſerer 
La Bien iugeant ma dame experience 


Le roy attaint de fortune anoꝛmale 

Sut pacience en for aduerſite 
Touſiours gardant en ſoy vertu ropafe 
Ceſt clemence ſelon lauctoꝛite 

Be ſenecque philoſophe auctentique 
Le rop de/es.pert leſguillon inique 

Puis quifeft cop qui nous peult figuret 
Perſeuerant en doulceur et clemence 
Humble et piteulv vers fous ſans deſirer 
Effuſion de ſang par violence 


Par cas pareil de vertu cardinale 
Sſt treſoꝛier le roy ia recite 











En poffeffant mainte Sertu morale 
remier il Beuft iuſtice g equite 

Tar ſans iuſtice eſt moꝛt le bien publique 

Son cueur auſſi a fvrgeffe ſapplique 

Ch fe treſoꝛ quun rop doit amaſſer 

Qui de fee gens veult lamour poffeffer 

Dar fe moyen auſſi de difigence 

Qui fes autres vertus fcet amaſſer 

De fonropaufme obtient obcdrence 


Dour eptirper diuiſion fofafe 

Dar difigence if a tant milite 

Quif a de fait proueffe triumphale 
Bont eft reduit fon regne en Bnite 
Qui longtemps fut côme paraltique 
aie fa vaillance a efte fa pHifique 
Solicitant de fa Bien difpofer 
Auecprudence/c de ces deux Bfer 
£a voulu pour fa conuafefcence 
Car proueffe fe pourroit abuſer 
Dane conduite de confeif de prudence 


Se le roy a Bictoire generale 
ffattribue a fa diuinite 

Tonſtituant feftetree principafe 

Dour dieu fouer a perpetuite 

On doit donc Bien diuulguer rethoꝛique 
Les haultains fais du Bon cop catfofique 
Gvyperience en peut Bien decreter 

Que fur tous roys ceffup doit prefider 
Patron dõneur ç de beniuolence 
Regifire Brap pour nobles cueurs fonder 
Et des parfais miroir en exiſtence 


Prince du pup raiſon veult conceder 
Que Joue faictes mouft a recôniander 
Bemencriopeet dire er audience 
Viue ferop ouquef fcet pꝛoceder 
Honneur total de voſtre refidence 


¶ Dequatuoꝛ decima fpacie feu colo⸗ 


ve rethozice gaficane de feruantafio 
amafie 


af amant Bien faite pretendané 
Defon foune de fart de feruantoie 
Damo ureuſe doit eſtre contendant 


Dour aduiſer p ſens meur ccourtoie 


De pꝛopoſer ce mot cueur amoureux 
Du autrement leal amant: ſe heureux 


Se Seuft trouuer pour paruenir au prie 
Puis fon propos maintiengne cõme ay pus 
Sur fa forme des champs royauſv quaſi 
ais ſans refrain ſoit ce dit cp compris 
Ainſi cõment iay produis cchoiſy 


Quif ſoit ainſi lomme en ſens entendant 
Bien eſtre doit vng mot ç faireen chois 
Diaupus veult fon dit eſtre extendant 
Tenant ces motzʒ qu ainſi foit en francois 
Duautrement quant au puy aux lieux 
Quon dit tournap fifne tient termes tieux 
fe peruendra /niais en fera repris 
Didoit donc eſtre ainſi apꝛis 

Se commencer ce fecond couplet cp 

Dar autieulx motz cõme iay entrepris 
Ceſt aſſauoir dire quil ſoit ainſi 


Oꝛ amons donc le vꝛay art ſuccedant 

De nous voulons complaire au picardois 
Poſe otes quen leur art concoꝛdant 

Choſe opiniatre eſt ſouuent mainteffois 
Mainteffois il fault faire cõme eulx 
Quant a ce point qui ne peuft faire mieufo 
En conunencant ce tiere couplet efpris 
Ainſi quil eſt. Dr aimons dont pourprie 
Atefde Brapcommeie fap ſaiſi 

Ae reſte plus que appficquer tels efcrie 
Dans leur changer fe premier not auffi 


Dieft amant de ce dit concedant 

Ceſte forme pour compfaire a feurs foie 
Gn ce premier icp coincident 

Se ceft couplet:ſi eſt lamant tels dꝛois 
Ont ſe diſent tels diteʒ curicufo 

Qui ne ſontpas trop fort melodieux 
Mais neantmoins icy ie fee deſcriz 

Lon note donc leur facon par tel ſi 

Dans en faire ne grans bꝛuiz ne grans cg 
A quiplaua en face (ans fouffi 


Same donneur ces deuv mots foif gardant 
Duquint couplet chaſcun fans nufdefroie 
Teſte regfe tonfioure contregardant 
Aumoins fe on veult faire eo picars arrois 
Poſe queff lart peu artificieug 

Aline eſt quaſi comme fantafieus 
Aeantmoinenufs ie ner vueil faire eſcriz 
Semen preigne on auv ongles ne aux grifÿ 
Ce point doncques faiffe paffertranfr 


Bien peu me chault ne de lance ne de gris 
Je loue tout et en gre part ſaiſi 


Pꝛince de cieulx du frofne gloꝛieux 
Hi oncques iour bien me conduiſi 

Dar voʒ vouloirs puiſſans et vertueux 
It Sous plaiſe quen ſoye reſiouy 

En tout honneur que pieca eſtiſy 


¶ Se eodem coloꝛe 


amoureup cueur à tout a biẽ cõclure 
Soit penſer q̃ moy ſe fiſt fonder 
Tabernacle de treſnoble faicture 
Ouquel larche de ſethin voult poſer 
Comme ou liure de evode efffapâce 
Seſſus p eut couronne depceffence 
Auironnant larche de paction 
Lee quatre aneaulv eurent poſation 
Dedans leſquelʒ pour porter larche digne 
Quatre verrous furent ſans motion 
Sont en bon ſens ce dedicace ſigne 


Quif ſoit ainſi fa doulce nourritute 
Par moyſe peult bien dieu figurer 

Qui tabernacle eut en la vierge pure 
En ce monde lequel voulut creer 

En laquelle remplie dinnocence 
Larche de paix/ ceſt le fifs de dieu en ce 
Voult noſtre chair prendre fanctifiction 
En vng ſuppoſt y euf coniunction 
Shomme et de dieu qui fur chafcur domaine 
Buquef ce cieulv fa dedication 
Efiature eſt en iope qui ne fine 


Dr amons donc en ioyeuſe dLoicfure 
Larche ſaincte:laquelle denoter 

Moyſe Souft par fa ſienne en figure 
Laquelle de ſethin fift compofer 
Quieft vng boys de inrputabfe exiſtence 
Œndenotant quetefue fans femence 
Be homme naſquit et fans corruption 
Seſſus efloit en exultation 
Embraffant larche Bnecouronnefine 
Viue de fop en perfection) 

Dignifiant que legliſe enfumine 


Bi eff lamant pfain de Bonne aduanture 
Qui ceffe arche veult ainfi comparer 
Er laquelle par trefbonne fructure 


Quatre aneaufy doꝛ peut dont puie figures 
Kes euangeliſtes plains de fcience 

Lefquefs donne nous ont intelligence 

Dec far dieu ç de lincarnation 

St les docteure plus ample inſtruction 
Leſquelz treſbien pour leurs verrous deſigne 
Seſquelʒ fes motʒ auront audicion 

Dar fa vertu de leur Borne doctrine 


Dame donneur fur toute creature 
ere de dieu Brerge efloiffe de mer 
Se paradie fa porte et voye feure 
Qui Vo; feruane ne permetteʒ errer 
aus fes aide; par pitie g clemence 
Œnuere iefus pour auoit indufgence 
Se leurs pecheʒ et ſans difation 

Dar So; moiens ont fa fruiction 

De voſtre filʒ a qui eſtes voiſine 
Donc vous requier quen fin fa ſaluation 
Be impetrez qui vous ſupplie indigne 


Pꝛince ſeruons de bonne affection 
Saincte egliſe de nous ſauluer encline 


¶ De quindecima ſpecie 


Ommun lay par telle guiſe 
Et de 
De fait comte ce coupfet 
Qui cefle forme pou prife 
Du meſpꝛiſe 
Ra face autre fi luy plaiſt 

Se vdiü.lignes couplet 

Sſt e vplet 

Et vng lay comme iauiſe 

De vu.fignes ample eſt 

Œt replet 

Auſſi fe met fans faintiſe 


aie que quatre Pers demis 
Dotent nus 

Bien partis et defaiffez 

En chafcun coupfet commis 
Etpermis 

Lee fais font Bien annevez 
Ainſi et entrelaſſeʒ 
Tompaſſeʒ 

Soit de deup coure entremis 
Enſemblement amaſſeʒ 
Ou paſſeʒ 











A6 font bien ainſi remis 


Naure au cueur:pꝛeſque tranſi 
Demy occy 

Suis pirs quainſi 
Larmopant/pfeignant/gemiffant 
En chartre de trefour fouffi 

La ou mon cueur eſt languiſſant 
Sourpꝛins:actaint de defconforé 
Brieſ / aſpꝛe et fort 

A grant effoꝛt 

Aſſailly de courroux ef dire 
Selaiſſe de tout mon confort 
Las ne [cap quepenferne dire 


Autres fouites de lay laiſſee 
Moult diuerfes 

Se vingt fignes et de feise 
Doient de ioyes de lieſſes 

Ou triſteſſes 

Du dautre choſe qui plaiſe 
face fes qui veult a fon aiſe 
Dane mefaife 

Ait aup anciens adꝛeſſes 
Maiſtre afain fur tous conplaife 
Bout fon fe aife 

Atous pꝛopos fane renuerfes 


¶ De decima fepta fpecie 


SIrlais ioyeux 
Bentilʒ gracieux 
Et melodieux 
Tout ainſi fe font 
Commie ces vers tieulv 
En mains diuers lieux 
De gens curieux 

Quant cueur damant font 
En deul ef confont 

Raupy trop parfont 
Duquantiopeup font 
Ditzʒ tieulx fieu propre on£ 





Dar telle maniere 
Joyeuſe et fegicre 
Virlais auſſi 

Se font pour pꝛiere 
Du autre matiere 
De ioye et ſouſſi 
6 ſe font ainſi 


Commie vopeʒ cp 

Et ſi dis arriere 

Plus habonde et ſi 
chieulv vault pat tel fi 
Que foꝛnie ait entiere 


Dec baſtons virlais 
Pour gens clercs ou lais 
Je faiz cy traicte 

Dar ceſtuy dicte 

if peuft apparoiſtre 
Seulv fa foꝛme et leſtre 
Teulv ſont leonines 
Pefquef determines 


De baſtons croiſes 
Virlois remonſtre 

Si en aduiſeʒ 

Dar ces vers fa monſtre 
Selon fe pfaifir 

Et lentendement 

Ou le bon deſir 

Se font rondement 

Be vers certain nombre 
Sont point pour couplet 
Point icy ner nombꝛe 
Avoulente eſt 


chais virlais parfaiz 

Qui les veult parfaire 

Ze douʒe coupletʒ fais 

Se peuent complaire 

Le coupfet eſtant 

De douze lignettes 

Ainſi les mectant 

96 ſont mignonnectes 
¶ 2e decimo ſeptimo coloꝛe 
rethoꝛice. 





Siuerſement mie et repꝛins 

Nepꝛenant la ſillabe entiere 

Gntierement des mots compꝛins 

Compꝛins ta en fa derreniere 

Serrenier mot ou diction 

Dictee en fin changee 

Thangant par variacion 

Variablement enrangee 
c 


¶ De decimo octauo cofote. 


Inſi ſe font enchaineʒ vers 
Bers Les vifʒ engins comme ſens 
Sens ont itieulx agens bienj clers 


Clers et luyſans de ſciens gens 
Sens cpfaifans ainſi que dix 
Dipitienfo font a faire forc 
flore a ceufv qui y font dede 
Deduis grans font itieulx accoꝛs 
Accoꝛs garnis de ſens et plains 
Ptains ſen font et dits de plaiſance 
Plaiſance eft de faire amains 
Mains et foire fefon leur puiffance 


¶ De decimo nono cofore. 


Entrelaſſeʒ vers plaiſans gracieux 
Eulv fe forment en telle foꝛme ainſi 
î Si font plaiſans ou mefencofieug 

Ù ji Lieup ont itefs de ioye ou de fouffp 
Bien traictie comme for peuft congnoiſtre 
Naiſtre if cn peult termes de grant confort 
fort eft Sng peu a ainſi les permectre 
Mectre fe peuft touteffope fane depoꝛt 

Poꝛt a propre pour iopeufe complaincte 
Dfaincte fer fait mouft piteufeet dofenfe 
Lente et fafBe deiope prefque eftaincte 
Taincte en duel noir ct douloꝛeuſe entente 
Tente aient de trifteffe prefente 






¶ De Bicefimo coloꝛe rethoꝛi⸗ 
ce et vᷣſtimo. 


ŒeSere icy ſont es cours couronneʒ 
ou aceuaf font pleurs nome nõme⸗ 
Pource à font par tel oꝛdꝛe oꝛdõne⸗ 
Que fur fa fin par renom renomme⸗ 

£ce fiffabes fane vedite redifez 

Sont de rime comment a part appaite 

Dar fepemple quen ce recit reciteʒ 

"5 fe doiuent par tel extraict eptraire 

Soit pour ſon las ou pour dure durte 

Dour Bauftaine fais cõme pour gene gentilʒ 

Du pour ruraufo plaine de fiere fierte 

Du autres cac fefon fes fai faitiz 


¶ De notabilibus 


Dur vers enchaineʒ compoſer 
Ou couronnes: fon doit ſcauoit 
Ce nota pour fes difpofer 

Teſt que termes conuient auoir 
Dune ou deuy ſillabes pour veoir 
fquefs equiuocacion 

De puiffeaifeement conceuoit 

A grant multiplicacion 





Sune ou deuv ſillabes pour cauſe 
Fault equiuocquer notamment 
Tar fon peult conduite fa clauſe 
Dar bꝛiefʒ termes plus proprement 
Quen plus longstermes autrement 
Et ſi reuient fon toſt au point 

Auſſi plus conuenablement 

Plus facilement et a point 


Item fauft conclure fentence 
Bꝛief et acop fans fa tenir 

En troys Pere nequatre ſuſpence 
Pour plus toſt a pꝛopos venir 
Car qui fa vouldꝛoit maintenit 
Longue fentence ou fort profive 
Lon ne pourtoit pas conuente 

2 point fiaife ne propice 


Item auffiauoit conuient 
Habondance de ſynonines 

Du equiuocacion vient 

Du conuiengne cõnient ie expꝛimes 
Dur fa fin de vers pour les rimes 

A pofte mieufo adꝛoit trouuer 

Et par ainſi conuient que ie impꝛimes 
Lon peult ceſte reigle approuuer 


¶ Pꝛoſecucio 


xpediez ſont neuf chapitres 
if fault du divieſme expoſer 
Et auſſi des derreniers tiltres 
Quon doit a ce pꝛopos poſer 
Et comnie lon doit compoſer 
Moꝛaliteʒ / farces miſteres 
Et dautres romans diſpoſer 
Selon les diuerſes matieres 


¶ DSecimum capitulum po foꝛma 
compilandi moꝛalitates. 





mm Ourfesmoralite; produite 
ES Nonutacion foit Bien faincte 

D 'Aes perfonnages que defduire 
SDS LonSeult par (ubtifite mainte 
Sans fuperffuite actaincte 

En expliquant fort fa matiere 

Qui eſt a ce propos empraincte. 

Par parabofee maniere 





tem on fes doit decorer 

e beſles coffocutions 
Icelles auffi honnoꝛer 
Be belles demonſtracions 
Rethozicquee oꝛnacions 
Gt quiſʒ ſoient auctoꝛiſees 
Par deues diffinicions 

Affin que mieufo ſoient pꝛiſees 


Item que lon blaſme et deſpꝛiſe 
Zes vices fort er) general 
Sans ce quon particulariſe 
Sur aucun ſuppoſt parcial 

En cas infame eſpecial 

Lon doit donc les vertus pꝛiſer 
Et des vices dire fe mal 

Puis les vertus auctoꝛiſer 


Item on doit garder erreur 

En chaſcune moꝛalite 

Enparfant touſiours par honneur 
En grant ſub ſtancialite 

Sans aucune imbecilite 

Et ſans remplaige de langaige 

Qui nait en (op vtilite 

Srande en vng chaſcun perſonnaige 


|) Ceſte iopeufe maticre tiengne 
D Dit Seult Bien a droit poflifer 
Item if doit Bien ſimuler 
Choſe qui foit mefodieufe 
Et pfaifante pour recoler 
Pour matiere comedieufe 


¶ Pꝛo comcdire. 


Dur faite ce nota maintiengne 
Chaſcun qui en veult compifer 






Secondement que fon p mecte 
Tous niof;iopeus fans Bifennie 
Dans nomnter mot fort deſhonneſte 


at oꝛt fandaige toffennupe 
toute honneſte compaignie 
Eſpecialement auv dames 

Si foit fa matiere fournie 

Se motz iopeus et non infames 


Darrondeaufp ou refrains bꝛanlans 
Tiercement [a ſubſtance on note 
Ses propos qui font treſſaillans 
Ace que perfonne on nc denote 
Dour le quart pot auſſi lon cotte 
Que plaiſans font rondeaufv parti 
Dar pluſieurs mots que fon aſſoꝛte 

A maint perfonnaige aſſoꝛtiz 


¶ Pꝛo miſteriis compifandie ons 
cis romanicis et hyſtoꝛiis. 


Dur faire croniques notables 

Du hyſtoires ou beaulx miſteres 
Qui ſoient aux gens delictables 
Apꝛes que fon a des matieres 

Vrayes tranflacions entieres 

Seſon les fai; ſans rime ou profe 

Lon doit par oꝛnees manieres 

En bꝛief traicter vne grant choſe 


Sen perſonnaiges lon veult faire 
Lon doit penſer et minuter 

Quans perſonnaiges if fault traire 
Sans ſuperfluite poꝛter 

Ne diminucion s traicter 

Puis conſiderer quelle foꝛme 
Achaſcun conuient aſſoꝛter 

Selon quel peult eſtre confoꝛne 


Item conſiderer conuient 

Lee fais ct eflats dec ſeigneuts 
ommenta chafcur faduient 

Et fefon quif; font gens dhonneurs 
Leur contribuer ſeruiteurs 

Tant aus dames que dantoifeffes 
Etaup gene ſelon feutre grandeurs 
Duappartient a ceulx où a ceffes 


Notamment lon fe boit garder 
Se faiffer vng iuge ſeulet 

Ou vng pꝛince contregarder 
Lon ſen doit:car il eft trop let 
Se lon ne leur laiſſe vng varlet 


“. 


Du eſcuier ou ſeruiteur 
Autrement:ceften nyuelet 
De batailleur compofiteur 


item de beauty ef piteup Fais 

Bon doit oꝛner regrectz ct plainctes 
Du fouenges de beaufo virlaiz 
Auffien dautree places maintes 
Poſe que tefs formes emprainctes 
En tef lieux plus ſoꝛtables ſoient 
Quen dautres places ou actainctes 
Du plufieurs fes mectre fe eſſoient 


Zouteffoys fon ne doit point faire 
Be laiz ne de virlaiz auſſi 

Quinen veult fournit et parfaire 
Deuv outrope couplet; par ainfr 
Que chaſcun coupfet pat tef fi 

Doit fait:que du moine il compꝛeigne 
Bouszcfignes par ceftart cp 

Ainſi chaſcun a faire apꝛeigne 


Item lon doit donner langaige 
A chafcun ſelon fa perſonne 

De ceſt dc clerge perſonnaige 
Darfer de ckerge on luy donne 
Du de ſapience on oꝛdonne 

Da foquence cn fait de practique 
Du deflude fon atraifonne 

Du de quefque chofe auctentique 


De Les perſonnes font degfife 
Et deftat de perfection 
Hans ppocrifie ou faintife 
comme gens de religion 
Leur dit et Feur locucion 

Doit de vertu dobedience 
Auſſi de contemplacion 

Œt de pꝛeſcher Bonne ſcience 


Se les perfonnages font centifs 
6 doiucnt parfer de proeffe 

Œt defire a honneur actentifs 
Qu dauoit de Bon bruit adꝛeſſe 
Qu quelque office de nobfeffe 
Du parfer dc plaiſans harnois 
De Vaiffance:de gentilleſſe 

De ioufles oupfaifans tournoie 


Se fhomme eft Bourgoye ou marchans 


doit patfer de ſucratiue 
eſtre mainfe terre marchant 
Du que conquefter if ſoubtiue 
DaraucuneBope foubtiue 
Be prouifion ou police 
Dar voulente Bien auctentiue 
21 ceffe fin quil fen richiſſe 


Gn tous eſtatz font deux manieres 
Be gens:ceſt ieunes et vieillars 
Jeunes ont voulenteʒ legieres 

Zes vngs font laiz: autres gaillars 
Les vngs gentz:les autres paillars 
Ainſi des vieillars lon peult dire 
Selon quifs aplicquent leurs ars 
Lon peult de leurs vouloirs deſcrire 


Pour perſonnages de labours 

Du auſſi de gene de meſtiers 

Soit de villes ou de faufo bourgs 
Soient macons ou charpentier 
Du forgerone: ou argentiers 
Parlent de fouer leurs outif; 

Gt leurs meſtiers en tous quartiers 
Selon ce qu feront ſoubtilʒ 


Se mariniers viennent et) ieu 
Pꝛopꝛe eſta leur faire nommer 
Maint pais deaue / auſſi maint lieu 
Et les vents dire de la mer 

Les vtencilles renommer 

Ses bateaulvx / des nefs et des baꝛges 
Comme de lancre ſurnommer 

Tref / maſt / voilles / rames / coꝛdages 


Quant auv heraulx ou pourſuiuans 
£on feur doit noter difigence 

Œt bon fangaige poutfuiuane 

Se pluſieurs fieuv ſcauoir leſſence 
Blaſon darmies et pꝛouidence 

De parler leur ſoit oꝛdonne 

Selon conuenable euidence 

Qui noues ſoit de dieu oꝛdo nne 


Receues fes impꝛeſſions 

Ze cho et de froneſis 
Dames de grane difcrecions 
Se minerua auſſi choifie 
St du dieu appolo ſaiſiz 


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Les derc rai fufgene defoquence 
Dar manipufes grans merciz 


Ntant defpict/côtrouerfe : et fremeut 
tenir Les rengꝰ: ſãs doubte [4 cremeur 
Nobles en ſang: changieʒ deſguiſeʒ 
NW En eufomefmes acharnez : diuiſeʒ 
Voyant fureur:les maſchoites fangfantes 
Mouuoit eſtrifʒ par geſtes conquerantes 
Ja paruenus en bataille inteſtine 
Inciuilſe pſus poignant que aſpꝛe efpine 
Dur pied mues pars et acoꝛt trouues 
Entre les franc /Sraie freres approuues 
Lefqueny a fait megere fer dofoir 
Siſcoꝛde et duciffuggerer et voloit 


¶ Pꝛeface 
Vpꝛes dung creux plus q̃ nuyt Bush 


bꝛageux 
Zreſdeſole:de ſoulas deſpourueu 
Bouche de deuf: felon coultrageux 
Plain de ſouſſy:de langueur trefpourueu 
Due que ennuyeur:tel fe tienge pour veu 
Pꝛes ſitue dec ſalles pfufoniques 


Lon rende a fa diuine eſſence 
¶ Soleance de megere. 
¶ Argument 





Comme agguettant fee ſtatues lubꝛiques 
Ap cũtempfe par trop eſpouentables 
Plus hoꝛribles que ee oeuures dirgiliques 
Ne font painctes laydes et deteſtables 


Frroup enſou a ples murailles fortes 
DuftreBng pou Bis ç tours c antipoꝛtes 
Foꝛs munimens prepare a deffence 
Bours embꝛuineʒ en fa civcunference 
En vng deftroit par mille lieux offence 
Pꝛenoit chenun toꝛtu inextricable 

A pographe⸗il eſt inexplicable 

Le laberinth fait aup filz de paſiphe 

Jar dedalus na fa tiens comparable 
Bec ſens / ſes ars ne font fa que nie biffe 


Tout eſbaffe appliquay loeil la vers 
En vng carefour:ou terrible meignye 
Conſideray: mais megere au trauers 
Qui conuocquoit ſa ſequelle bannye 
Se vꝛay repos:poincte de felonnie 
Telle que nuyt de fon coſte ſeneſtre 


cit 


A engendre de herebus:dont a eſtre 
Afpre/Bideup/diffozme € monſtrueux 
Du a hault cp leur diff er bꝛuit fequeftre 
Opes mon dit rabide et frontueuv 


¶ LEe queux 
Nſe complaint dec — la fureur 
9 Negrignee plus à aſtraincte a dur eux 


Zu baratre Sopant fee officines 
Pꝛeſſurees pfuSdefiroit quen gehynes 
Nemurmurant de quop effe apparceopue 
Renaifire meurs que grant vertu conceoyue 
En fon proces inſtante et defirauce 
Enflambee / deſtreteuſe / aggrauee 
Se pꝛint a dire en langage moꝛdant 
Le conſequent a repos diſcoꝛdant 


¶ Megere 


Sgere ſuis que fremeur acõpaigne 
rec erreur ma trainee pꝛophane 
| En cruaulte nefus onq̃s bꝛehaigne 
Fier / tort / dur / grief / de moy fort 
Cemane 
A pop ne peult ſoꝛtit de mon oꝛgane 
Seſpit felon dont ſuis engurgitee 

pieainfi fans ſoꝛtir pourgitee 

racheron:fouffcirone nous le monde 

Tant viure er paiv ien ſuis ſi deſpitee 
Que ie creueray fe ire ne me defbonde 





Comme caron pꝛendꝛa fa cymbe mouſſe 
Son auiron ira il plus a riue 

De tarira lethes plus / ne gourgouſſe 

Le fier maſtin cerbere plus neſtriue 

En fon glatiue violeuſe oppꝛeſſiue 
Seuant mynos fes cauſes ne argumente 
Le chouant dort:feBouftour me toꝛmente 
Plus fe geſier de tition: eſt moꝛte 

La ferite qui les Pmbꝛes grauante 

A fop cruelle: et armee en fa forte 


Quelle clemence a noʒ meurs coꝛrumpues 
Pourquoy periſt en nous conceue rage 
Que pꝛoufitent noʒ rigueurs abatues 
Se quoy nous fert cõtinuel oultraige 
Fait aux viuans en toꝛture / en dommage 
Aup coꝛps/ aux biens en ruyne pud icque 
En dur affauft en fa loy canonique 


Que nous feruent noʒ bꝛandone enfumez 
Que iupiter de fon ciel contreſtique 
Seront ifpfus auv regnans alume;ʒ 


Neuiendꝛa fon en laage doꝛe 
Retornera en bꝛuit dame concorde 
Qui des bons a fe renom de core 
Tant quont voulu fe tenir a fa coꝛde 
Tendꝛa vertu pied a miſericoꝛde 
Aura fop fieu:pitie regnera effe 

Le cHief enclin comme doufce pucelle 
Nous rendra fon a cahos coniurees 
Dar fentence de toutes pare rebelle 
A nous tenir Bifes Bituperees 


Mais regneront innocence tranfquiffe 
Honneſtete / vergoigne / moderance 
Entendement / raiſon qui ne vacile 
Magnificence/ abſtinence / conſtance 
Reuerence / fiance / tenperance 
Sobꝛiete/ chaſtete/parcite 
Benignite/ ſurte / humanite 

fidelite/ liberte / caution 
Dromdence/contre temerite 

Cueur magnanime eſcript a vnion 


errap ie aller amitie par les champs 
Nigueur tomber:ſe humulier Le rude 
Sevultera pacience en fes chans 
En acquerant grace « beatitude 
— amour cueur et ſolicitude 
entretenir ſoubz fes loix verite 
Baiſera paip Que tant hay equite 
Aura Le bout ma fille aiſnee fraufde 
Se aguet foingneup ou voie pꝛoſperite 
En faction et vulpine g ribaulde 


Que deuiendꝛont:deſdaing: rancaeur malice 
Meſpꝛiz le fier/ iactance oultrecuidee 
Noeſe : felonne et tencon fon complice 
Scuralite et hayne la ridee 
De grant deſpit:detraction guydee 
De fufuree/que deuiendront fallace 
La cauilleuſe aueuglee pertinace 
SEt deſeſpoir qui refuit guariſon 

ege: menfonge qui embꝛace 
Seception / et ſa ſeur traiſon 


¶ Ee queux 


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Ggere plus en doleance natre 

| } l fa paip famour np entreBoiât barre 
f | —9— de geneꝛeux apaiſieꝰ étre eulx freꝛeꝰ 
npus ne evxcites de ſerpẽs ne viperes 
Mais tranſquilles enſemble conuenables 
Vnis fe amant en deſirꝰ ſecourables 

Zont ſapꝛeſtoit tout fecours au royaulme 
Qui ſe appꝛiſoit ſur piropes ſur baulme 
Laquelle choſe aigrement regrettoit 

En vng foꝛt deuf que rage entreiettoit 


Œegerc 


Etonnant op tendre Benignite 
Au grãs magnatz de liſle de luteſſe 
Je doubte moult la grant felicite 
Qui ſenſuiura cp apꝛes:ſe ie ceſſe 

Vous inſtigier a ce point qui me oppꝛeſſe 

Je crop reuoir fa feppe tintatide 

Taſtoꝛ pofuv en fraternite Buide 

De tout diſcoꝛd a charite contoincte 

Fulſis de fop difection fes gupde 

Honneur fes fupt et gfoite Les acoincte 


Quane font huy maintz de deſirs apaiſieʒ 
St retournes a grant tranſquilite 

ont deux meurs vng ſe font entrebaiſes 
Et de plus pꝛes veue fraternite 

Aremirer en leur tealite 

Les rayes rayans du ſoleil que poꝛtoit 

Le iuſte foꝛt qui les bons Eat 

Qui Vif conquiſt nom fref victoꝛieux 

Qui treſpiteux oppꝛeſſes confoꝛtoit 

Leur hault patron en regne gloꝛieux 


Quel fut veu mars ſept iour dedans ſeptẽbꝛe 
Moꝛne / attapi / ſa fulgeur comme eſtainte 
Quant aperceut que chiron Le bimẽbꝛe 

Auoit gette et arc fleſche craincte 

Jamais il neut telle ou ſemblable eſtraincte 
Plus que alchides ſe vit humilie 

Quant yoles ue craint ne ſupplie 

Le fiſt filler attournee fa teſte 

On keuſt iugie de vulcain relie 

Auec venus comme phebus latteſte 


Bellone giſt / ſon dart eſt enerue 

Moꝛt men fourgonne € rent plus quembꝛaſee 
Syane fort a tout fon art nerue 

Zant fe pourſuit quefe rent enuafee 


Poy feft fallu quene £a enafce 

Sont fifong temps a foꝛclu fes deduitz 
Dont luy auoit fes haulx vaſſaulx ſeduitz 
Œteffongniee de fes grandes foꝛetʒ 

Dont ne voit au gibaper reduit; 

Allans limiers faulcons laniers ſoretz 


Concorde chante icp crie et me deulo 
Day ſeſbaudiſt. ie hue et me labite 
Pꝛudence tit quon ſappelſe entred cup 
Foy triumphe par fa iuſte conduite 
Xaiſon cafcufe ou liberte proufite 
Entendement tend a magnificence 
Amitie quiert en amour confrftence 
quite vent droit ou fe Beoit tenue 
Seurte / ioue ou defefpoir me tence 
Verite Va par chemin toute nue 


Je vop bachus le fifs de femefes 

Bault oultre boꝛt chaſſer fouffiset cures 

Je voy ceres fille de cybeles 

21 fon flageot de boys par fes paſtures 
Tripudier beant fes nourriture 

Copie Bop deeſſe dabundance 

Œfpandie done/gratuite/fubftance 

Zzout a pfain cor / plus dône plus eftriche 
Piplee Bop(mufe danour)qui dance 

dônant chapeaufp a fes feure dõt neft chiche 


Auecques grace fes nymphes fes deux ſeurs 
Dentretiennent nues a fa lꝛarolle 

Lee gencreuv a vendu entre eufp feutre 

Par pꝛouidence en qui confefprepole 

Same themis Les trent a fon eſcolle 

Et leur monftre de fa plaſmation 

Lee droits entiers. on np veult fraction 

Mais reuerence & confiance eterneffe 
Enfans les nomme en vꝛaye adoption 

Les dieu en font feſte treſſolenneile 


¶ Ee queux 


Cp megere plus que dolente « triſte 
Semõſtre cõme plus luiſãt 4 amatifte 
Dame pafas a fon bouclier liure 
Et mercute fon glaiue a define 
Dignifians fageffe « eloquence 
Au prudent rop de feut beniuolence 
Le fecourant a faneceffite 
De deup tef done dénant profperite 


2 qui fes garde a fop fans engagi 
Defquefsneftriens pour plus fe auantagier 


¶ chegere 


ue diray ie tritone au grãt monarque 
A mutue ſon bouclier pꝛecieux 
Mais mercure qui beau parler em⸗ 
Deparque 
Luy a baille fon glaiue induſtrieux 
Harpen autant ou plus pꝛeſtancieux 
Qua perſeus quant Bainquit fa belue 
Quant deliura par ſa force et Bafue 
Andꝛomede fille de caliope 
Dudit monſtre dont fane len ſalůe 
Procteteur de cephee et et hyope 


Jamais ie neuv angoiſſeuſe trauerſe 
Que par ces deux tropheeuſes armeures 
La plus de mes officines peruerſe 

fa fceu engin adonner oppreffeures 

Et fceuft cfle prendre autant de figures 
Que pꝛotheus au diue qui fes porte 
Kangueur meftraint dinferneffe rihoꝛte 
Que autre np voy deſtinee pratique 
Theſiphones qui fraufde a en fa forte 
Me dort au fort fecours ou ie mapfique 


Doubter eft quapone affes affaire 

Au tempe futur:du paffe ie men paffe 
es hyſtrions / mes detracteurs Bop taire 
es ſimuleurs affaictes a ma cHaffe 
Sont defcries :prowidence fes caffe ‘ 

Be ſes qaiges et rent vitupereʒ 

Dertu fes Beuft/congneus et auerez 
Fidelite de fon net parchemin 

Les efface comme degenerez 

Tantoſt congnoiſt qui Sa dꝛoit le chemin 


Mes fineſſes de fineſſe affineee 

es latz tendus a toutes tricheries 

Mes faulſeteʒ a mes faufo deſtinees 
ee amoꝛſes fur toutes ſecheries 

es caultz aguets mis fur mes pecheries 
des adꝛeſſes en effects mortiferes 

es ſurpꝛiſes a barat cofateres 

ee paflions de deufpaffionnees 

ches inſtances en pourſuites ameres 
Seront elles ſans occaſions necc. 


¶ Ne queux 


—— D conſequent megere admiratiue 
pꝛofere en cueur ſentẽce expꝛobatiue 
Dont elle Boit fes vices ſtigiaux 
Eſtre bannys dentour fes mũdiaus 

Et trebucheʒ enerueʒ alentis 

Be chaffourrant deſſoubz ces appentiz 

Juſtice en hault dꝛeſſee g eſſeuee 

Qui ia long tempe auoit eſte greuee 

Selle en foulant oꝛdre ę ſerimonie 

Quelie meſpꝛiſe en fa querimonie 


¶ Megere 


eſſoꝛtira au muffle de ſon maiſtre 
Souillie peche Le herault deꝰ abiſmes 

hõneſtenieurꝰ vouldꝛõt elleſrenaiſte 
A deſriuer en acerees limes 

Les bien riue s et affichies les crimes 

Que lennemy daletho a riues 

fauftif doncques quiſʒ ſoient eſtriues 

Quãt ne quierẽt cheueſtre/ frain ne bꝛide 

Rage meftrainct fe ie les Voy pꝛiues 

DSe mon edit qui fout meſchief def vuide 


aie quel fureur ſape rceuõs iuſtice 

Par lair luy fault deſcendꝛe fuir 4 
A triumpher et fubruger le vice 

Que iap nourrp par difcorde et par quete 
Du ap tenu inaint noble cueur en ferre 
Œtdeffafquie de fes defire ropaufo 

le ſublime Les faufv et fee fopaufs 

Ay depꝛime. ceſt ma droicte nature 

Que inferer pleur / detrenchant fes 
boyaulx 

Æt grauanter fa pure creature 


Seront Les doit; des haulvx leaiffateure 
Plus que oppꝛeſſeʒ en chartres tenebꝛeuſes 
Dus euoquice ffagicieuy ffateure 

Nozʒ meneſtriers en actes venereuſes 
Violentes / honteuſes / crimineuſes 
Bemourtonfif fans faueur deboutes 
Qui tant fes ap rendus craingz ę doubteʒ 
Toꝛpirons noue fans fuppoit en ce point 
Gvillees de tout regne:efcoutez 

dCe qua fureur ct quinte point conuient 


Seperir op les ires oꝛdinaires 











Du faufp conuent de loꝛdꝛe ſtigial 

Oꝛ perdons nous les fuppofb tributaites 
Quauons ionchie en keſtat curial 
Entovxiquies du venin ſpurial 

Be mes ydꝛes hydeuſe cheueleure 

“Jap Bien perdu et mis a lauanture 

Des grans cures daflectier nes mignons 
Pourray ie auoit plus qiefue forfaicture 
Que trebuchier les Boir de leurs pignons 


¶ Ee queux 


Dpât ſes ſeurs de ſerpens cheuelues 
De fain/de ſoef / deſcharnees / velues 
Megere fait telle ſuaſion 

Imnpoꝛtune querant occaſion 

Be conũocquier ſes autres chamberieres 
Du fons de oꝛage et eſtroicteʒ barrieres 

La fremiſſans en cry plus q̃ peureux 

Auy ſubiugies delles ct mal heureux 

Son fier deſdaing groingniſſant continue 
Se deſpitant en ſa deſconuenue 


¶ chegere 
rop deſcouurons la veue a pꝛoſerpine 
8 





Que iuuenal appelle vꝛne de moꝛt 
ſouffrons viure fi meiſgnie maligne 
AR Qui ſeulement de Bien fait ſe remoꝛt 

Laiſſons nioꝛdꝛe a La mort quitout mort 
Ne fincopons a nuf qui de nous tiengne 
Regnene temps iuſqua ce quil paruiengne 
Au bas degre de nue iniquite 

Que ſon toꝛt fait tellemẽt le ſoubſtiengne 
Que aborder puiſt ou gift perplexite 


Hurtonꝰ fes Bone francs/fopaufv/cquitabtes 
Dure honneſtes conuenans a raiſon 

Au Bien public ſceans et pꝛouffitable e 
Comme paul coſſe et dꝛuſe en leur ſaiſon 
Qui maintendꝛont en royale maiſon 
Ropales meurs:foꝛce:ſeuerite 

TCueur magnanime en belle grauite 

Son decoꝛe de largeur benefique 
Habandonne a liberalite 


Ditie/ clemence et vouloir magnifique 


Entretenes de bachus fes Haufts ſacres 
Qui font nommes oꝛgies ftiateres 
vyuroins / gloutons / gourmetz / friãs / pouactes 


Qui pour honneur ayment tous vitupetes 

Ne regardane / ſeurs / couſines commeteg 

ches appꝛouues es feſtes bachanattes 

— infectz en leurs meurs beſtialles 
efSergondes plus que epicurien⸗ 

Zant en pꝛiue quen theatres quen ſalles 

Ayans maïs fop que maures furiens 


Remettez moy le gendre delaiſſie 

En bꝛuit ef cours qui iadis de muſique 

Et lung des trois fut du tout abaiſſie 

Zant en eftoit Siffaine fa practique 
Pitagoꝛas fappeffa cromatique 

Que incontinent au doufp fon de bella 

2e fa tybe:dont premier fe meſla 

En opunant les lubꝛes contenances 

Que eneruees en fa fin compella 

Les layrron nous ſãs port fans ſoubuenãces 


Diuent fouiffare en feure penfees ſalles 
Zous temps penfs a Bieuy Sent affuter 
Ses Sapeurs de no;palud; en cueurꝰ palles 
Treſenclius a autre faulte imputer 

Et linnocent mordꝛe et perſecuter 

Zelz nourriſſõs me font plus que aggreables 
es defires en conduicte nocturne 

Ne matouchies: ambicion louables 

Les mie rent plus quaufy fatiens ſaturne 


A mal enhoꝛt liures Sos pufenicres 

Zu bien haultain foꝛcluſes interdictes 
Souiſlardes ſeurs a oꝛchus paultõnieres 
De ſtegeton auolles nauldictes 

Au chien triffauv iapees treſdepites 
Pour obair a pluton arpentees 
Atoꝛmenter et eſtre toꝛmentees 
Pediſſeques de lenoꝛme caterue 

Tires le train des fentes cruentees 
Frendees pluffoꝛt que tygre ne loupſerue 


¶ Ee queux 


Sdacion de la fureur aucune 
En ſon deſpit et amere rancune 
Selle a perdu en la ſalle publique 
vng ſien coquin a fes meurs pur an 
fique 
alrenomnie auerce fa faufte 
Pechie eft tef que dungen autre faufte 
Se confofant en ce que de fa court 


La nonchaillance ainſi quatous acourt 
Be foy damour luy en nourrira daultres 
et conduira pat ventz rames cpeauftres 


Pourtant ſe iay perdu ou efgare 

on popequin que dyone attolloit 

Le chier tenu de fes dotz empare 

Trop enrechy quen fes bꝛas acoffoit 
Zzant que treſmal le humble cop recolloit 
Ingrat vers luy qui chier lauoit tenu 
Qui tel eſtat luy auoit maintenu 

Qua meſpꝛiſie ce qui pꝛudent conſerue 
Tant quit en eſt pour vꝛay fol conuenu 
Beuantpeantet la vierge minerue 


Le tendꝛe enfant qui les enfans naſſault 
upido filʒ de venus herichine 

uft maf agre le pomper du vaſſault 
A mulciber qui le fouldꝛe machine 
habandonna donna fa faifine 
Lequel fur pie lempoygna a fa chappe 
Adonc phebug adiugea fe fatrappe 
Pour conuaincu de conſpire e offenſe 
Dalas a qui nul oultrage neſchappe 
Pꝛoſcript rendu la par iuſte ſentence 


Auquel aduiz trop aueugly me eſtoit 
— offuſque de folle oultrecuidance 
Subuerſion de raiſon le affeſtoit 

Et compaignoit de effrenee inconſtance 
Neſtoꝛ dehoꝛs dedans plain dignorance 
On pꝛactiquoit deuant luy ſa defferre 
Et ne veoit le papelart trechierre 

Le ſatire de fon Bruit terminal 

Darfes vates abeuures ie ne erre 
Au der ruiſſeau delicon dirginal 


Puis que ainſi va que circunſpection 
Qui plus der voit que argus ariſtoꝛide 
Gn fee cent peufv a fait detection 

De lembuſche mal conduite de apde 
TCToulpable nupt ou for Bain ſens refide 
Le me qupde par fentes cauiffeufes 
Juſques aup yſles coniures honteuſes 
Be ſeriphus / gyare/ ou michonoe 

Ou ie le atens en mes mains curieuſes 
Sort Le diray fe de moy le deſnoe 


Je pour ceſtuyrne pour ſes compaignons 
Et fuſſent ifs fiv. fept. Bis. div.on douze 


Dont pop regnc:ne noue en meſheingnõe 

Ra court doꝛcꝰ fa treffongneufe efpoufe 

Qui treſſouuent en no; maret; femboufe 
Sous en nourtifl a gre a plaines hottes 
Sautres affes de dâcer a fes nottes 

Znuct; Bien apꝛis comme fes fcet gaignier 
Quentreuoions tous fes iouts a grãs ffottes 
En tous forfais fr plongier et bangnier 


ais cuides vous que iuuenat ſoit creu 
En declarant fa ſeconde ſatire 

La court le iuge et fe prent et voit creu 
Napꝛouuant vꝛay langoiffe:ire et martire 
En quoy caron fe populaire attire 

Le tranſnageant auec ſon auiron 

Gn ſon coquet quapaine deſuiron 

Ny ne croient fes raines au gourt noires 
Bu ſtigial paludʒ na lenuiron 

Tant de milliers paſſer en ſe s poꝛtoires 


¶ Ee queuy 


A1 ce cõptens fa fureut auernalle | 
Sourſe dardeutet froideur yuernalle | 
Rent fa caterue vniuerſelle feure | 
Luy remonſtrant en petite demeure | 

Que combien que Brape fop fort defire 

Apatuenit au prefufgent empire 

ignons de court: boꝛgnes et aucugles 

Trop plus que bꝛutʒ abetiʒ abeugles 

Je croient point quifait en enfer paines 

Di les inſtige ainfi bꝛanlant fes chaines 


¶ Megere 


Srmes ſoies en voſtre noire fie 
Le cas eſt tefque aueugles anliques 
neſt ferme fop q̃ enfer ſoit nie à bꝛigue 
Dienne de nous ne lanceures nepiâs 
Au difformes iolis de leurs affiques 
Pont le chemin es Voice fartatees 
Sen — tous temps ſe neſtes eſgarees 
Vous fe voyes qui plus eſt vifʒ labourent 
Venir ou more Biendzont quant ſeparees 
Les ſubſtances ſeront quainſi deuourẽt 


Fable leur eſt quil ſoit ame dantnee 
Au poꝛt anerue et raigne ſubterrain 
SEt quaupuant paludzʒ ſoit eſtannee 
Be cochiton ou eff fe‘ vil merrain 


Quay fuade a fon fouier detrain 
dConduit au ioug dangoiffe intolerable 
Di traictie que phineus a fa table 

De leſmentir ſerui dec ſtimphalides 
Bequion voit le peut ineuitable 
Difapparant aux grimaces hoꝛꝛides 


Fureur aueugle inſtige les penſees 

Rage en vꝛay ſang dure continuelle 
Entout eſtat tenez nous offencees 
Meremeftezs nulle acte crimineffe 

Seuant fee peuv/mais demeure eternelle 
Etquetoufioure nouueau pechie reuaiffe 
Dans defpfaific du paffe: nufnabaiffe 
Son courage pour conquerre arniffie 

Que fe puiffant fes entrailleꝰ repaiſſe 

Su depꝛime fans auoir pifie 


Quifme fort dung hault riche Vng chetif 
Etfereboure:et que dame fortune 

De fon feur gourc abꝛeuue Le pretif 

Tant quif (oit tout ydꝛope de rancune 
Niens ne foit a de Pous vne chaſcune 

Du Bo; troubles naient quelque aſſiſtence 
ED LL nait par Sous refiftence 
ais bruit vulgar g bꝛuit par toutes fectes 
Elle nous fert de fa ſalle pꝛeſence 

En fais puans fur toutes fes infectez 


Souſteneʒ mes papefare ypocrites 
ches apofiat;/diffimufeure/fauffaires 
Mes pertinap ſeruans aux contredicteg 


Mec barateurs / mes oultrageux haulſaires 


Mes trechierres / mes pipeurs oꝛdinaites 
Mes delateure/mes oppreffeure iniques 
es incertaine fainctz et pꝛobleumatiqueꝰ 
es detracteure/mes fefone net; a noife 
ec flrupateure/mee enerues patiques 
Mes inconſtans inſtans comme quif Boife 


Œfperfec fes des eauv ſuſphurees 

Bu plus parfont du Baratre euocquece 
TConduiſies fes fes Boiee coniureec 

Lu cheminons quant ſommes cõuocquees 
Des (ot; magnes ou de noʒ demoquees 
Phitoniſſes fa canpde ou fagane 

Qui ont rendu mainte ieuneſſe oꝛphane 
Se fa fante er fangueur damour bleſme 
Zont pout feure fort; deteſtes fes appane 
Au fieu de mort qui pire eſt quelle meſme 


¶ Le queux 


D fartave porche fa ſecte enot te 
Plus afpre à Voir qua ma [chier Sere 
te corme 
Megere efineut g conocque adiſſequ 
Par fon droit nom chafcune pebffes Li 
A fa fureur plus que toft comniouuoir 
Et attenter celn où tend pour voir 
Don frenuffant propos manifefte. 
En lubꝛe cry vomy ef contefte 
Difant ainſi deſtrauee efragee 
Moꝛſe dahan poincée Gadomniagee 


¶ Megere 


Ay entrepꝛis des murailles denfer 
Zoner aſſault tãt aux cicufo quauxs 
eſtoilles 
EJay diſpoſe par engins et en fer 
Derfecuter de neptim fee haulx voilles 
Ja lacheſis nacheuera fes toiffeg 
Dua entrepꝛis en filer curieux 
Violer veulx daſpirer ftigieup 
Auroꝛe et rhee / et thetis deſriuer 
Quant ieſpandꝛay mes venins furieux 
Qui me pourra combatre ou eſtriuet 


Dreudomme neait pfue ne tegnene couts 
Mettes met) pie fout gente de luxure 
Toute mofleffe ait a effe reconre 

Faictes fa querre en naturefle iniure 

Du eff enfance encore en tendre ongfeure 
Nendezʒ fa moy tantoft nee damnee 
Œtque ne fache ou na quop fut renee 
Tenez mop pre a ces Bieifles cariffeg 

Qui vilte ont regente mainte annee 
Maquerelles parfaictes faulſes liſſes 


Aſſoꝛtes moy mes bigos mes follaſtres 
Qui au calice ont beu de babillonne 
Regentes mop mes deceuz ydolatres 

Que ydolatrie ait ſon lieu ma mignonne 
Auec fes deux filles que me apparceonne 
La ventrue dame bachilatrie 

La farſie dauoir nummulatrie 

Qui tant nous font deca dela gaingniet 
Seſquelles fay mon eſpargne cfatrie 
Quatens au ſoir en mes baings a baignier 


Quiffoit donne aux bices liberte 
Plus quoncques mais famine imperieuſe 
Tienge fes rene qui toſt a deferte 

Dame ſeres en fes glebes ſoingneuſe 
Quant le permet iouis cure anpieufe 
Acolant le flerif pis dauarice 

Sa grant mere vaille effoꝛt a la lice 
Loſietrice de bataille diſcoꝛde 

Juge des hurs ne ſoit au tournay nice 

Je ke decrete:ainſi deuffe recoꝛde 


Maladie de ſoy impaciente 

Et a la mort Bieiffeffe trefSoifine 
Aygre euuie en profperite patenté 

Rabit rompn gemir qui pfeur actiue 
£ubricite qui conne coꝛbine 

Auec exces conſumpteur de richeſſe 
Duacompaigne fa chagrine maiſtreſſe 
Gn tous fes faitʒ pourete malheureuſe 
Soꝛteʒ du gouffre auernal ou deſtreſſe 
Sourt:et veillies au pꝛetens oultrageuſe 


Bꝛiefne obmetteʒ voʒ rigueurs couſtumieres 
Qhuien voʒ ires nait mode ne conſtance 
Parmonſtreʒ Bos liſſes treffosengieres 
Acharneeʒ pour inferer greuance 

Du verres foy lardes de deſplaiſance 
Sanglantee:ceulx qui paix vouldꝛont querre 
Animeʒ vous fique chaſcune is 
£a fopaufteque Serres apparoiftre 
Veillies de aquet fur franchife conquerre 
Ne me fouffres honneur vertu congnoiftre 


¶ Ee queux 


Due exenples pꝛetent manifeſter 
Dame megere ou content deteſter 
Tõmẽt aup grãs ſoit nye demourer 
Ep long eſtant / car tẽps à deuourer 

Scet tout et veult par fe droit des parcalles 

Re denye par fes raiſons legalles 

Ain ſi Le dit lucain en fon premier 

A bien natrer fecond ef couflumier 

Les grans magnats de fureur inſtigies 

En Soufant plus que pouoit afffigies 


¶ Megere 


Ndeur dauoir:ef dacârre infoufabfe 
uabandõne fes mortefs Bouelfcaues 


Que thelamonen fes cheuaulyv de fufte 
: Refoufa.eu de appolo le remede 
Afol hardi auenturier robuſte 


Que iay valu de ma cute impoꝛtable | 
A 6anibafentre les efpaucs” 

Infoꝛtunes oppreffes aggraues 

Plus que eſbahy deceu de fon attente 

le fup forgeap laneau a mon entente 

Empoiſonne: dont il mourut laſſe 

Oꝛbe dec peufp en diffidence fente 

Sung getich monſtre emporte tracaſſe 


hp bien monſtre ſubgit a grant enuie 
Haultain vouloir et ſubiugie pꝛoueſſe 
Au peleen alivandꝛe en qui vie 

Je demourane paruint a vieilleſſe 

If ne trouua champ ville ne foꝛtreſſe 
Sont content fuſt:mes toſt luy pꝛeparay 
mes ceraſtes que ſur luy ie haray 

St du Benin confiz fa potion 

Que anthipater luy poꝛta:quemparay 
SExecuteur de ma commotion 


Mais que fis ie de perſes le grãt mede 





Qui entrepꝛiſt doultrecuidier iniuſte 
Nompꝛe athenes comme ſoſtrat fe chante 
fait pont par met en maniere bꝛuy ante 
Du deffafquie du duc athenien 

Pꝛes de nefos fut:manaffre luy fut rente 
Seſeſpoir eult pour fon phiſicien 





Que pꝛouffita a neſtoꝛ pylien 

Plus que ennuye:ſon tant longuemẽt viure 
Tomme on le ſcait par fe neonyen 

Homer narre es fueilleʒ de fon liure 

Je fu moyenne(en fes rancunes pure) 

Bu long filler des deeſſes fatalles 

Ou if vit pat leurs loix toutes feralles 

Par hercules occir ſes onze freres 

Di eult quant par mes iactures finalles 
Dit anthiloc bꝛuler barbe etarteres 


Œuft gueres mieulvx peleus en fon temps 
Filz de tracus es Ambꝛes fe grant iuge 
plourer luy fy ſes longz ans racõptans 
Son achilles fon attente cf refuge 
Dame tethis qui fe futur deluge 

Bu cas troyen auoif en congnoiffance 
Lonime diue de foute fa puiffance 
Curyda virer fa dure deſtinee 


Pour latourner en femelle fembfance 
Paie fa penfce en fut contreminee 


Œncores actend lahertes fils de acrife 

Son vlices / ſon reffuge gracieux 

Zzout applicquie vers troye dedans friſe 
Ou par ka mer nageant flagicieux 

Bont vagabont par temps ft ſpacieux 
Que de Vingt ans en endura fabfence 

Je le menay frete de fa fcience 

Be calipſo a circes lee gens magnes 
Alchynons Fe Bit en poure effence 

Quant fup menap par proceffes et Vagnes 


De tairap ie des larmes pliades 
Se andꝛomache / pollivene et caſſandre 
Et des autres pꝛiamides malades 
Quãt fur eulx to? Pouf ma vieille ire eſpãdꝛe 
Jenracinay fur euſx Bne malandꝛe 
Que entendement np ſceut reniedier 
Que les gregeois nallaſſent deffier 
Le foꝛt hectoꝛ/le puiſſant roy pꝛiame 
* fis iapper de rage et furier 
u grief deſroy heccuba la grant dame. 


Paſſeray ie fa fortune en femme 

on mitridach efpouv de pficratee 

Rop de grant pont / es paueuts que ie fame 
Le douforeus dentrepꝛiſe matee 

Vers les ronimains de put ſang achaptee 
Du ifcupda pour ſonfinal prefage 

Se empoiſonner pour fuir fe ſeruage 

Bee fenateurçc:maie kes poiſons ne peurent 
Luy faire grief: de quop comme Bofaige 

TEfe ouftragea:fes ſiens pouruoir np ſceurẽt 


¶ Se creſus. 


Ommit pꝛiſt il autre riche g puiſſant 
Quant ie ſeu pꝛins en indignacion 
Qui ſeſtimoit le plus reſplendiſſant 
Le plus Éeureup en fa iactacion 

Se tous les neʒ par eſtimacion 

Le grant creſus le roy des hydeux 

Lequef ſolon lung des attheniens 

Dage et pꝛudent de [a fin laduiſa 

Quant £a fiffe du roy dee perfpene 

Œut prinfe « fonge au rebours deuiſa 


¶ De marius et autres. 


€ matins qui conuainquit iugurte 
Qui de ſcilla fut depuis epiffie 
Et dec autres 4 de mes counce Butte 
Œônte ſethegne g fenculqueftriftie 
Jap: et auec cathiline engriffie 
Les memorant fap vng ſubtiuet paffage 
3° me demetz datempter fe barnage 
e pompee Vainqueus les theutoniques 
Triumphant en champaigne eut le partage 
Se aſpꝛes fieures du mains de mes reliques 


¶ De galba gaufres ceſars. 


€ quefs abuʒ moquay ie les ceſars 
Balba / ot hon vitel: pour vng miroer 
Je teurꝰmõſtꝛay leffect de me heſars 
Quãt beſtournay leurs ſẽs a mõ Bis 

Ledit miroer mic ſeruit de attirer (roir 

Quant fee rendi en bataille ciuile 

Jp fu iepas et affuce et aBife 

Apalatus donnap au bꝛas fa force 

Se occir galba dentrepꝛinſe fuBtiffe 

Sont otho eut ledit miroer deſcoꝛce 


¶ De otho et vitel. 


Nfut otho poſſeſſeur longuement 
Je crop que non:petit fe poſſeda 
Afne feut à trope mops tant ſeulemẽt 
LA ſen miver que autre [up ſucceda 
Vitelius fa puiffaceepceda 
Et faffaiffitSere fe champ bebꝛiaque 
Du defconfit fut: et comme ebriaque 
Flfe tua quittant miroer ç armes 
On leuſt iugie plus que demoniaque 
Remedier ny ſceut par ſoꝛtz ne charmes 


¶ Le queux. 


Glz relates en la fame heroique 
Syues nõmes pat leur cuider inique 
De leur haulteſſe et de leur tirannye 
Zoſt treſbuchies laidemẽt qui le nye 

Megere Les demoque et fes depꝛime 

Et demoquant vilement fes compꝛine 

Les diſant telʒ ne deuoir eſtre mis 

Ss annuales:ains racles ç demis 

Œn eſtre:car de eufo nul bon teſmoignage 

IG nont laiſſe pour gloire ne parage 


di 


¶ Megere 


ont ce ſuppoʒ pour narrer es anualles 
OS Du memoer ee hyſtoires romaines 
Dour ſoubſtenir charges imperialles 
Et donner droit es actes fouueraines 
Es vꝛbaines pꝛiuees et foꝛaines 
Du ie ne quiet qui ſemer zizanie 
ef lee veulvx ie dedans mia fetanie 
Combien que ien taie lexeniplier 
Mon rugir plus que ee lyons deircanie 
Wiofent veult ma rage oultre amplier 


Combien de foys a gloire deſiree 

Eujen fa fin telles douleurs et paines 
Puiſſance neſt qui ne ſoit deſchiree 

En pop defpaffe/en fonds et en dommainee 
Tant (oit ionchee en montaignes ou pfaince 
Quant ie p téd3 mes engine falacieux 
Mectant es cueure Boufoir diuoꝛcieux 

Bont en font contamines et verris 

Notes fabap de mes prefumptueu® 

Dar fa fatpre : omnibus in terris 


Brant chofe if dit fepceftent ſatirique 

En ceffe fa dixvie ſme confrontee 

p defpfopant toute ſa rethorꝛicque 

En deteftant fa puiffance effrontee 

Zoſt mife au Bas fans fame racomptee 
Dee prepotene/des diues / des fatrapes 

De ouftrecupdant plus pefer que nu papee 
Se attribuant Baufteffe et deite 

Que chaſcun voit accrochies de mes grapes 
Plus que aueuglis en fauffe dignite 


Peut ifriens dire/ou dit en toutes terres 
Depuis aurore/ggange /iufques aux gades 
Poy ſen treuuent detenus en noz ſerres 
Lentz/ atoꝛpiz / langoꝛeux et malades 

Tous Bicieuv Bere/toutes vertus fades 

Qui lee vꝛays biens aucunemẽt cõgnoiſſent 
Qui p cõgnoiſtre er tout Bien vont et croiſſent 
Plus quevauffes en Bruit eternifies 

Noſtres fes tiene de no; venins fengroiffent 
Œiene adiugies plus que perhemiſies 


Σequeup. 

À Efaiffece lee notes evemplairee 

5 megere eſmeut ento”fesfais côtraires 
Plus à deuãt fe coffiege des noires 





Seſtre prompts a fee dits monitoires | 
Ceſtaſſauoir er) fa fubuerfion 

Ses grans chofec a leur derifion 

Betous coſtes appeffes mafeficeg 

Œt adiures en feurs diuers compfices 

Be fa rage dequop effe apparcoit 

Loꝛdꝛe mie fur qui fe cueur fup percoif 


¶ Idem. 


Ar regardant fa fulgeur eminente 
Radiente de tous les tranſparente 
Au royaulme ſalutaire « propice 

Gn foy /faence et notable epcercice 
Que finerront fee effeu; franc etiuftes 

Au Bien public/ fermes / conſtans / robuſte s 
En ce regard que conquierent Bictoire 

Le freres en prefiantiffime gloire 

En fentreamant de grace mutuelle 

Dont conceuront fame perpctueffe 


¶ Megere 


Etourner fault a mon ppos pꝛemier 
GEvecrables / themeraires / maſtumes 
Seurs/pimaiſes ſelon le couſtumier 
Sacrilegeꝰ/ blaphemeuſes meſchines 
Murmurantes a tout meſchief condignes 

A bꝛuit meſpꝛis et vindicacion 

Vngpoint fpe a ſubſannacion 

Secte en diffame / en inconſ iderance 

A fuggerer depopulacion 

Et mectre a fin ma fureur a ouftrance 








Adiures moy foutes mes ſoꝛtileges 

es deuines ct mes enchanterffe 
Aufpiques queue tien en mes pieges 
DBitoniffes et Baguee charmereſſes 

Be hecates trifformeinuocafieffes 
Archadiques/ perſiques / theſſaliques 
Tant mes thuſques / colchiques à libiques 
Spypſas / mantho / fille de thieeſie 
Cyrces / medee / et lucuſte / nagiques 

A conſummer ma lubꝛe frenefie 


ŒActordteropaf 
Vlul er voy vne religion 


ÿ Au grant hõneur de fordre militaite 
*La diſcipline eſt evuftacion 





Stabilite ct Sigueur fafufaite 
En quoy force ne peuft auoir confraire 
Pꝛincipe et gfoire en fa choſe pubfique 
En fon fain trent fa tutelle auctentique 
Leflat ferain de Bie Bien euree 

Rendu franfquifde cure politique 

A paip benoiſte en loingtaine duree 


¶ DSe faintmichiel archange. 


€ chief de loꝛdꝛe eſt à mafme cõtente 
Le puiffant duc du cefefle evcercice 
Le fufcepteur qui les ames prefente 
Au hault regnãt debeffateut propice 

Ses eſperiʒ mauluais mie au ſupplice 

Tenarien apaine interminelle 

Au ſulphureʒ fac ou ſempiternelle 

Pꝛeſſure Habite en feux confuſion 

ar gouffre pfain doꝛreur perpetueffe 

Nous en faifift a dure oppꝛeſſion 


¶ Du treſchꝛeſtien roy loys 


€ fundateur dudit oꝛdꝛe touchie 
Eftfamouteus de la vieꝛge veſtable 
Le chier frãcois de pꝛudẽce ẽbouchie 
A fufciter de penſee royalle 

En fes menibꝛes dilection fealle 

En ferme amour de iuſtice au couraige 

Hans laquelle non feufement luſaige 

Zu bien public comme ledit pfaton 

Sung petit peupfe ou dungpetit meſnage 

Deuft confifier:maie Ba côme a tafton 


Aduenu eftque au fecond iour doctobꝛe 
Lebit dyue par fee bons meſſa giere 
Nobles / lectres / ſans macule ne obpꝛobꝛe 
Bien renommes / pꝛecieux langagiers 
Des pure hommes et eſleuʒ feagiers 

A enuoie de voulente vnique 

Ledit oꝛdꝛe fonde en theoꝛique 

Son guyennoiz frere de feppe croufche 
fait cheualier en conflance heroique 

Cy point fipoinct mor actinet et bouſche 


ŒHirade 
Ecp ne meſt aggreable ne apofte 
Dur mes doufeurc/doufeur meftop 
preffiue 
dõt voy cõiointz fes frereScofte a coſte 


DuSoufenfiere me infere oppoſitiue 

a rage creut contre moy defpectine 

2 lembracer es premierce approches 
Quant$p titon fee argentees foches 
Donner a tout fe retraict damphitrite 
Quif neftendit (es bꝛas iuſques aup coches 
Queacouflumeauoit en fa pourfiute 


¶ Comment la mer ctfa tune 
ſe conuindꝛent. 





AN Neuſt iugie queuftententesfecôdee 

NI Entre neptim p les Sagues marines 
Ë Diſtribuãt g donnãt doit au vndes 

Son edit fait en erees buſines 

St fa dyue qui les beſtes fermes 

Pourſuit ee foꝛs et vierge et venereſſe 

Pharetree lune en fon ciel expꝛeſſe 

En fon plain cours ou deuoit le floc croiſtre 

Êe retarda gracieuſe arbitreſſe 

Quãt Bit deux cueurs vng vouloir ne dung 

cloiſtre 

Ne ſembleroit il que les elemens 

A droit dire leur donnaſſent faueur 

Tomme treſpꝛomptz / obeyſſans:clemens 

À leur donner amour en tel ſaueur 

Dane quifp euſt ne danger ne faueur 

Que departit dce barques ne cuyderent 

Toꝛritides:ſes npmphes demourerent 

7 coreer fa/ fe fong du riuaige 

Joy vng bruit iopeux dont femparerent 

Lee aſſiſtens de tout fe marefquage 


Σequeus 


= Eu denegereBngcae ſi merueilleux 

NN 2es elemens quen foufait perilleu⸗ 
ji | Fort defiroit au genereuv aus diues 

Aup cuenre remplis de grans vertus 

mais viues 

Et La faueur quen ce lieu leur tendoient 

Duplus q̃ enclins ettranfqiuf; fe rendoient 

Côme Baincue en foune evpꝛobꝛatiue 

SDiſt fon defir auec fequef eſtriue 

Du fe perdit:fe de porte confufe 

Pꝛomectant mal de fa nupfance infufe 












Dr fuft venu Le deluge nomme 

Des tépe de pierre et de dencalion 

Regnant athlas fane refuge affomnie 
d & 


AVng tout feuf de ceffe nacion 

Tant fuft pruffant en generacion 

ais que a cee deu en toufe theſſalie 
Du que ne fut loꝛs ceffup de achaye 
Viuant iacob regnant fe rop ogyge 
Deul men depart / tant men ſuis eſbahie 
Je y pouruoieray:tous mes are y oblige 


¶ Deẽs diuers offices des 
maignes. 


Œ congnois tout ce mathematiqne 
Apeu fcauoir et bouter en auant 
Aufpice/anqure ou genedpatique 
Hoꝛoſcope ſpeculaire fcauent 

Ariofe coniecteur hault grauant 

Phithien vultiuole en ymage 

Dont vitgile en toutes doctrines ſage 

Fait mencion en ſa pharmacentrie 

Pꝛendꝛe men fauft du tout a fauantage 

Du fingufier leuant ma charpentrie 


¶ Du pꝛemier maigne 


Dꝛoaſtres des batrienniens 
Roy que mynus deſcõfit en bataille 
Mon eſcolier es ars magiciens 
Fait par vingt foys cent mille vers en taille 
chetrifique:comme ariſtote baille 
Que demochrit apꝛes amplifia 
Na ſceu que pop combien quil affia 
La doctrine ſoubz a ſubtille aſtuce 
Trop plus en ſcay que ner ediffia 
Don art au mien aufant que dune puce 


Qui a Bien feu on me congnoiftaffes 
fme defpfeut dont ſuis ainfi Bufguæ 
@aron/nafon/cfaudien/trefpaffes 
Œtinuenafme ont affes afequee 

Bec fier courroux ef difcorde baguee 
Dour aduancer inquietacion 

GSt fuppfanter fa benediction 

Que prent Gonte ioincfe a perfeuerance 
Gt mectre auantive/confufion 

Durte de cueur / violence et Bengeance 


A tant me tape tant quif foit temps de mectre 
Dec dits en) fait ou ſeroye autre arengne 
Dumonfirerap ma cautelfe a fa fectre 


Gn cueur fefon et ouftraige ou ie hengne 
on pouoir neſt eſtime dune auengne 
Dour Le prefent afiree perfecute 
Dactime/pute et cafenge et tabute 

Dar dꝛoiz / par loix ma fiffande lauerne 
Qui a peche nuyt nue a fraulde abute 
Pipant le bon ne quiert point de lanterne 


Tandis me fault vng ſinon alaicter 
Filʒ danthiloc qui deceupt toute troye 
Tandis me fault vng ſinon affaicter 
Samarien que vſitee trope 

Tandis me fault affin que ne fouruoye 
Neſuſciter vng paris panthonime 
Tandis me fault bouter en grant eſtime 
Maton / nychim ou criſpin / niliaque 
Pour augmenter le nõbꝛe que compꝛime 
Au lieu hideux caligineux opaque 


¶ Le queux. 


Œgetees de ſon front les couloeures 
Et fin miſe a fee ditz non a ſes 
oeuures 
Dee ẽfers es pſꝰobſcutꝰ voluptables 
Par fes bourbierꝰ puans pluůs froiʒ 4 marbꝛes 
La megere ſen alla enchotoier 
La fi plongeant pour ne ſi neſtoier 
Loꝛs fe motif pourquop cefie fatire 
Je compifap a porte ouuerte die 
Le difpofap ne doubtant defire more 
Dec dense theon quineut en ſes remoꝛs 
Qua fourgonner fe riens poutroit reprendre 
Epcufe foit des Boir difans fe mendꝛe 


¶ Icelluy 


Vant eut fine ſes ditz eſpouentables 
£a megere des fureurs pꝛeſidente 
Elle gecta fee ſerpens toꝛturables 
Seſſus fon colla partie eminente 

Ob nub ilant de iour venin relente 

Que groniguiſſant tous enſemble excita 

Hyans / ſifflans / et puis ſengurgita 

Es fondꝛieres des palud; tapiquies 

Jen cloy loeil qui fi debifita 

onfideres tel monfires pꝛactiquies 


¶ Icelluy. 








Di fenquervoit qui vers la me mena 
St quel motif en fut occafion 
Le cac eſt tel qus tout ſien me affena 
Quebiouts q̃rant gfque occupacion 
A paffer tempe:donner reffection 
Au poure engin depetit ſens frete 
Se top fulcy laſche:conime hebete 
Pourpen ſoie quel propos ie tendꝛoie 
Et ſe des iours croniquer ie ſcauroie 
Par cp paſſes faiſant quelque ephinecre 
Dufidee moys racompter ie pourroie 
Du des longs ans matiere colatere 


Pꝛes de ietter les matieres en oꝛdꝛe 

Gn ce ſuſpens tenant au poing fa plume 
Articulant que ne fen peuft deftordre 

Fait auctentique que entendement pꝛeſume 
Suruint phebus commeif a de couflume 
Voyant mon fect me increpa de ſa lire 

ZToſt entendi ce que pretendoit dite 

Pas ne Vvouloit que par fa mer tirrenne 
Attentaffe mor petit Soiffe mduire 

Dour fe perif des cyrtes et balenne 


Plus que penſif demouray fa muſant 
Siſant en moy quef fine pourras tu pꝛendꝛe 
ais tantoſt vint vers moy en fe ruſant 
Vng philoſophe ainſi quil luy pleut tendꝛe 
Qui fe monſira fe bien Le ſceu entendre 
Lofmographe de art:mais de nacion 

De {on climat et de ſa region 

Hyſtꝛien qui nie diff: Seuls tu merueilles 
onfiderer er fa pzofeffion 

A defecter tes peufo et tes oꝛeilles 


Ace tendis couraige et voulente 

Zoſt me explicqua fee pare de fon ouuraige 
On me trouua rauy: entallente 

Be paroupr leffect de ſon voyage 

St deſtruiant fa maſſe du terraige 
Oꝛbyculer de partie en partie 

La popufee/orBitre/effartie 
Paludeuſe / marme et montueuſe 

En ſe ʒones en quoy eſt departie 

Dar ce compꝛis choſe treſmerueilleuſe 


Tant eſcoutay ſuyuant ſa narratiue 
Quil nie mena iuſque au pape de mute 
Ou eff fa mer:cafpie protenfiue 

Se par oupr feffect de fon voyage 


Du boꝛeas comptent fon ouuerture 

Du fe thaure prent fa fubfimatute 

Non renomme par hyſtoires et geſtes 
Etautree mont; humereus fur feureteftes 
Entre leſquelʒ me monſtra fe baratre 

Sur aleguer et fee fureurs infeftes 

Zu propofe cp deſſus fa debatre 


Et recueillie a poutpos fenarrap 

Tout fativit de fa fureur megere 

Plus queeftonne dont me Sp embarre 
Si pree dee lieux ou tout hoꝛreur adhere 
2LletBicdp:ie tepꝛye ne differe 

Nous recufer de ces lieux ennuyeux 
ZTout ce quap Beu eſt treſdelicieux 
Juſques icy:mais ce pas me detrimente 
La fut pefchie le cas intencieup 

Bu graphignie de fa cHofe patente 


| Remercie ledit grant philoſophe 


Se fon labour et cure et difigence 

Su bon vouloir de largiflue eftoffe 

Que recueillay en grande complucence 
Pour neſtre ingrat et donner recompence 
Ausð merites le Soufo acompaigner 
Juſques au bout pour ſon amour gaigner 
are ifme diſt:il ſuffiſt pour ceſte heure 
Je tay aſſez monſtre pour empꝛaigner 
Ton ſimple engin vaille a dieu et demeure 


¶ Ee queux concfud 


Vant le couraige a repos redigie 
Jeubx:ie conclus a cela obligi⸗ 
Bu deffufdit tout ie meſiouiſſoie 
Côme ceffup à vꝛay amouteuy foie 

Su conuenu a pꝛeſtante concorde 

Dec genereub que reuerence accorde 

Feſte en foit faicte en penfee fomaire 

Aux amateurẽ de fa choſe Bufgaire 

Qui fen deuldꝛa ifape fa defferte 

Se diſcoꝛde que tous Daufy biens deſerte 


¶ Idem. 


op reuins toꝰ ceꝰ points calculans 
en me aſſeurãt:ma trẽbleur anullãt 
Toute fremeur iectant g recullant 
Au contẽple à trop me fut greuable 
Nouuel aduis prenant et confuftant 
d iü 
6 


Et recreance a nioy accumufant 

Sſpoir / confoꝛt / en mes ſens pululant 
Combien que ouy vng arengnier penable 
SEnvng party dautre me fut amiable 
Treſpꝛecieux defir conſolable 

Au bien public conuenant et vallable 
Feſte en ſoit faicte es cieufo/terre La mer 


—— — 


Sr 
D 
— F 


2 





Et le tonnant fe confedere eftabfe 

Tes deffopaufo:et pugniſſe et accable 

Aup vꝛays feaulv doient fame pardurable 
Du de leurs cueurs paiv bannira fa mer 


¶ Ee dônet baille au feurop chartes 
huytieſme de cenom. 


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£ * a — (DDC 2 


Chartes huitieſnie de ce nom 
Ce petit donuet ie prefente 
Pourtant quila mis ſon entente 
A vouloit gramaire ſcauoit 
Selon que les clercs ont de rente 
Le donnet premier doit auoir 


ð v treſchꝛeſtien pat renom 
9 RNoy francoys qui fus tout tegẽte 


Apꝛendꝛe luy fault ce donneſt 
Et les huit parties doꝛaiſon 
Apꝛes ſelon ce que bon eſt 

Iſ donnera fefontaifon 

Deu quil eſt ieune:il eſt ſaiſon 
Quif demonſtre en fais euidens 
£a conduite de fa maiſon 

Et de fon coups fes accidens 


¶ Aomen eftpare oꝛationis ec. 


On nom eftde oꝛaiſon pattie 
Signifiant realement 
Neum cum cafu Bien ipartie 
Gn fon nom coꝛpoꝛellement 
SEt puis accidentellement 
fa en luy treſdien aſſis 
8 Des accidens ſignantement 
Ainſi que fe dõnet met ſix 







¶ Qualitas nominum in quo bis 
pertita eſt 


€ qualite partie en deux 
Lune en beaulte lautre en bonte 
Len eſt autant planteureux 
Que roy qui ſoit ou ait eſte 

Tar bonte a tant a plante 

Que ceſt qualite infinye 

Quant de beaulte ceſt verite 

Que vne fope fera elle finie 


¶ Comparationis gradus quot 
ſunt tres ec. 


£ en a en tout nominatif 
Scompar aiſon degres tt oys 
ais il en eſt le ſuperlatif 
Et chief de tous les autres roys 
TCar il eſt bon doulx et courtoys 
Plain de vertu tant que ceſt rage 


Et repute en kous endꝛois 
TComme doctiſſimus treſſaige 


Benera nominum quot ſunt 
quatuoꝛ @c. 


SE ſon genre entre fes humaine 
Plus noble on ne peult aſſigner 
Puis le pꝛemier roy des germains 
On te veit plus noble regnet 
ZTouteffoyse pour deteminer 
De fon ſeve il eſt maſculin 
Combien quil ſe puiſſe tournet 
Aucuneffoys au feminin 


¶ Et pꝛeterea triũ generũ gr. 


gente commun le bon roy 
Eſt pitoyable et amoutenx 
Voulant ſelon dꝛoit et la loy 
Querir choſe vtile pour eulx 

Ceſt vᷣng ſeul tiltre Jertueux 

Jar quop ainſi que fe fenip 

Il ſe peult direentous lieux 

Bt hic et hec et hoc felix 


¶ Numeri nominũ quot ſunt 
€ ſon nombꝛe il nya quel 
par excellence ſingukier 
N Aonobfiät if np ait celluy 
Ce LAS, Qui fefon feve droicturier 
! JE Îe TE ps fe pſurier 
; \ Doire des ſecõdes perfônes 
UE Specialement vng ouurier 
Qui ſcet bien leſquelles ſont bonnes 







¶ Figure nominũ quot ſunt 


€ fa figure coꝛpoꝛelle 

Vt decée  pofene ſimple eſt 

De compoſicion en efle 

Indecens impotée defpfaift 

* ceſt le roy qui le mieuſvx 
* 







D 


t 
= A toute humaine creatyre 
Parquoy ieconcfu par arzeft 
Quit a doufce et ſimple figure 


¶ Taſus nominũ quot ſunt 
dis 


Ilya fiv cafes de nom 
Darquitoutnomeftdedine 
Etpareiffement le pronom 
Quant feft mis pronomine 
Oꝛ auons nous ia affigne 
Noſtre cauſe nominatiue 
Au roy qui eſt de termine 
De Venir a fa genitiue 


It eſt ieume nominatif 

aie puis quil a fa doulce hermine 
le crop quif fera genitif 

En coxpufence feminine 
ZTouteffois quefque poupine 

Siffe vouloit monſtrer datif 

De peur deiafoufie lafine 

BSarde fop de fa cuſalif 


left affes beau vocatif 

Dour fa dammoiſelle inuiter 
épais garde fop de lablatif 

Qui Seuft argent de bourſe oſter 
Zouteffoie pour p frequenter 
Difeft vng petit refofu 

Duant viendꝛa a ſen deſiſter 
“Allen ſera mis abſolu 


Ainſi comme iay deuant dit 
Sil requiert fcs cs es pſurieres 
Tl£nen fera pas eſcondit 

Auſſi bien que des fingufieree 


Combien que aux perſonnes pꝛemieres 


Qui pourroient dire nego 
Don demande des gibeſſieres 
Qui fournira dictes ego 


¶ Perſonne prime generis omnis 


ego mei vel mis 


Bo eſt pꝛemiere perſonne 
SDu pꝛonom qui parle de ſoy 


La ſeconde eſt a qui on donne 


Oꝛ ou argent tibi a toy 
fe eſt la tierce de quoy 
Des deuv fa parole peult yſtre 
Si ſe fait bon tenir a coy 
Depeut de ille / car il eſt traiſtre 


Quant eſt de fa partie du verbe 
Quieft fans caſe / mais a tempe 


Auec fadiuncetion de aduerbe 

A luy determinerneattene 

mais ſeulement de ſuy entens 

Te que iay dit nom et pronom 

Les autres defcrite pꝛetens 

duc fee fais dung bon compaignon 


Te bon gaffant dont parfer Bieufo 
Quiauoit Bien ioue des fiennes 
Se confeſſa quant if fut vieulv 

Et ne ſe tenoit plus desieunce 
aie de ſes facons anciennes 

A fe confeffer print ainſi 

Be toutes oeuures terriennes 
Sont il requiſt a dieu mercy 


Je fcap Bien diſt ce bon vieillart 
Que fa moꝛt eſt a tous commune 
Gt nya ſi ieune ou vieil art 
Darquien eſchappe Bngou vne 
TCe neſt point dont cas de fortune 
Que mourir puie que neceffaire 
J£efta chaſcun et chaſcune 
Impoſible de autrement faire 


ais iedoubfe fort cepaffage 

Qui eft dangereup a paffer 
Quinefe doute neftpas fage 

ar on paffe fans rapaffer 

Par quoy ie me Beufconfeffee 

Se puis que iay eu congnoiſſance 
Se tous mes maulv ſans rien laiſſer 
dar ien ap bonne repentance 


Jay pieca mon donnetapuine 
aise lay mis en oubliance 
Je dirap feien fuis repꝛins 
Que ceftpar faufte de cheuance 
Seau poutres ne ap peu faire auance 
Dar poutete me evcuferap 
Ainſi ne peuft le roy de france 
De epcufer convie ie ferap 


Je (cap Bien et ne doubte pas 
Que dieu tendꝛa ſon iugement 
Et ſauldꝛa apꝛes ce treſpas 
Comparer perſonnellement 
Oultre plus que pꝛemierement 
Bu donnet me fera ſemondre 
Rendre compte par mon ferment 


A paine fcaurap que reſpondꝛe 


Quant du nom etdesaccidens 
Je fes faiffe au roy feufement 
Tome iay mis icy dedans 
Œtdu pronom pareillement 
Fois que particuferement 
Dour bien me confeffer ie doy 
Icy deſcrire clerement 
Aucuns des accidens de moy 


Pꝛemierement magnalite 

Eſt en vanite infinie 

Dieu doint au roy pat charite 
Que telle qualite nait mie 
ais en ceſte moꝛtelle vie 
Luy doint pꝛoperer tellement 
Que apꝛes la qualite finie 
Diure puiſſe eternellement 


Je laiſſe les compataifone 

ã ceulv qu Sont en accroiſſ ant 
Et men voys aux declinaiſons 
Et endecours appetiſſant 

Je ſuis mon genre congnoiſſant 
Qui eſt maſculin touteffoys 

Je me ſuis trouue foꝛt pẽſant 
Au feminin aucuneffoys 


Et non pas enſinglier nombie 
Mais en plurier:ie men confeſſe 
Souuent p ap trouue encombꝛe 


Maintenant ny faiz plus de pꝛeſſe 


Et ny a ſi belle maiſtreſſe 

Tant poꝛte plaiſante figure 
Simple ou compoſte que ie pꝛeſſe 
TCar tertesieuen ap plus cure 


Nature plus mon coꝛps ne abꝛaſe 


Dour fiqute tant belle ou Bonne 
Soit effe/maie dedans fa cafe 


De iour maintenant ie me donne 


Le tifons du feu ieattifonne 
Seſoꝛmais il en eſt beſoing 
Auſſi fa ſeconde perſonne 

Ne me fait que tendꝛe le groing 


Je ſuis vng poure ſubſtantif 


Qui tout par mop bien me decline 


Je nay que faire de adiectif 


Qui ma ſubſtance determine 
3° fuis en vieilleſſe chagrine 
outeux foible pele deuant 
Tfne me fault que £a chopine 
Plaine de Bin dorenauant 


Je Bp fe temps queftoie verbe 
Les nome et pronoms gouuernoye 
ais fouuent auope vng aduerbe 
Dar qui re me determinoye 
Laduerbe de fieu demiandope 
Vt Bic Bel ibi pour fcauoir 
Du ifp auoit quefque prope 
Affin que ie fa peuffe auoir 


AQnant on me diſoit:ceſt illud 
Defindeie mp en alloye 

Intus Bef fous au defiue 
intro Sel foꝛas fa trouuope 
Adoncques temps fup affignope 
Ho die nunc nuper hery 

Et quant ainſi ie ne pouuoye 
Penſes que ie eſtoye marry 


Quaut ie venoye aliquando 
On mettott laſſignation 
Semper ſero mane modo 
eftoit vne confuſion 
Combien que en la concluſion 
Pa numeri fe capitaine 

en donnoit fa poceſſion 
Semel Sel Bis en fa fepmainne 


Se le faire ter aut quatter 
Difaduenoit Bien a propos 
Ceſtoit affe; pour tout gaſter 
Jen ap prefent fa goute au dog 
Je foufope efîre des fuppos 
Pꝛincipal ę grant champion 
aie maintenant de vuyder pos 
Je ſuys vng maiſtre iehan pion 


Cecy me faiſoit enragier 

Le terme pꝛins comme ie dy 
Qufne nr que abꝛegier 
Œt fore Benoit da negandi 

Et puis da interrogandi 

Par fequefeftoie — 
Juſques a da demonſtrandi 
Que ie difope Bt en ecce 


Je difopepar da oprandi 
Dtinam ic feiffe grant chiere 
Adonc Benoit da oꝛtandi 
deftaffauoir fa chamberiere 
Qu Senoit dire par derriere 
baillies / cuidant auoir multum 
Mais iauoie en ma gibeſſiere 
Parum / minime / minimum 


Vt docte pulcre foꝛtitet 
Tellement quellement parlope 
Bene male ſuauiter 

A mon pouoir nie excuſoye 
Tellement que aſſigne ie ſtoye 
fuſt lundy / mardy / merctedi 
Mais touſiours melencolioye 
Dar fe faulx da dubitandi 


Foꝛſam foꝛtaſſis foꝛtaſſe 

Je menope da vocandi 

Au ſoir que toutefirefconfe 
£ors venoit da reſpondendi 
Qui diſoit da affirmandi 

GSt puis da perſonnalia 
Autrement du ſeparandi 
Netroꝛſum quant argent nya 


Loꝛs pꝛenoye da iurandi 

Vt edepot que appoꝛteroye 

Au pꝛemier da congregandi 
Siniul vna / foꝛce monnoye 
Loꝛs quant da optandi tencoye 
Ba pꝛohibendi me nuyſoit 

Gt puis aupꝛes de moy iauoye 
Da oꝛtandi qui me diſoit 


Gya quere de quibus 

Si auras da elegendi 

Ou autrement ceſt vng abus 
Dar ainſi eſcoutoye eſtourdi 
Touteffois ieſtoie fi hardi 
Et ſi fol que ie me accoꝛdoye 
Daporter da demonſtrandi 
Vt en ecce / loꝛs ie effifope 


Ainfime ſeruoyent fes aduerbes 
Qui pour determination 

ſouuent font adiouſtes aux verbes 
GSt pour ſpecificatioyn 

Mais La grant frequentacion 


Su participe ie hayole 
Pour la communication 
Quif faiſoit fa ou ie hantoye 


Le faut participerifauft 
Voullant toifioure prendre partie 
Bu nom ct du Verbe Sugafjauft 
Me Senoit fiuret par enuie 
Douffant faire par mocquerie 

De richeſſe quelque prefent 

TCar il auoit en ſeigneurie 
Futur / preterit g pꝛeſent 


A mop fe combatoit de fait 

Si fort quifme faifloit deffendte 
Dar force de caufe ou de effect 
Quant fus mop vouloit entreprendre 
Tellement queie fapfoie rendre 
Le nominatif doufy et fouppfe 
Qua gouuerner vouloie entendre 
Bien fouuent par force de coupfe 


Adoncques fa coniunction 
&eftaffauoir copufatiue 

Me donnoit confofation 
Beancoup plus que fa diſiunctiue 
Œuis fa puiffance eppfectiue 
Œquidemennup me donnoié 
Saltem quant cfle eſtoit tardiue 
Didelicet et ne Benoit 


Quant de la puiſſance cauſelle 
Vt ſi et ſi en loꝛaiſon 

Je ne auope ſoncy pꝛes fa belle 
Ac ſi ie fuffe en ma maiſon 

ais ie haioye plus que poueſon 
Sa racionales tenant 

Quon deuoit rendre fa raiſon 
Ainſi quifeftapartenant 


Ain ſi donc ma condicion 

Gſtoit touſiours faire grant chiere 
Mais loꝛs a pꝛopoſition 

Qui trenche deuant et derriere 
Ainſi que couſteau de trtpiere 

Au contre de moy ſe trouuoit 

Qui diſoit que de fa maniere 

A deu caſes effe feruoit 


Trente feruent facufatif 


Seſquelles aucunes heroye 

Et qunze font a lablatif 

De qui ſouuent ie me ſeruoye 
Apud et penes retenoye 
Circum circa pareillement 

Qui ont donne a mon cueur ioye 
ais auſſi ont ilz du toꝛment 


Quant ie alloye apud villam 
Ante edes ie marreſtoye 

Pour ſcauoir ſe verroye illam 
Que ſouuenteffoys ie queroye 
Et en querant bon guet faiſoꝛe 
Voyre aduer ſum inimicos 
Das circa templum ie naloye 
Tant comme circum vicinos 


Infraltectum ne la trouuoye 
Aucuneffope a tous pꝛopos 
Lots par contenancezentrope 
Paſſer temps ergapropinquos 
Aduerſus extra terminos 

Et contra me voulloient chaſſer 
Combien que penes arbitros 
Le fait ne alloye pas anuncer 


Souuenteffois pꝛo pluuia 
Inter naues me tapiſſoye 

Et auſſi intra menia 
Faiſant ſemblant que ie piſſoye 
lupta macellum me muſſoye 
Ob augurium le paillart 

Que ſus tout autre ie craignoye 
Arencontrer en quelque part 


Pone tribunal:iamais non 

Foꝛs a foꝛce ne fuſſe alle 

Pluſtoſt Sfque occeanum 

Secus viam euſſe volle 

Trans ripam / mais tant affolle 
A ceft heure fa en eſtoie 

Que apꝛes que tout eſtoit parle 
Tent foys poſt tergum regardoye 


Painteffoie pꝛope feneſtram 

Au matin ie metrouuoye bien 
Regardant per parietem 

Se auecques effe p auoit rien 

Se moy ſouuent fuyoit fôn chier) 
Pꝛopter diſciplinam a quoy 


Seruoit vng baſton de meſrien 
Que ie poꝛtoye auecques moy 


Maintenaut circiter annos 
Suis veuu !: ie fai ceſſion 

Et me vueil tenir a repos 
Je quite la poceſſion 

Pꝛiant dieu par deuotion 
Que monter auec up me face 
Quant iautap fait confeffion 
Supra celum deuant fa face 


Ainſi fes propofifions 
Befaccufatifme feruoient 
Œnaucunes condicions 

Mais en dautres if me nupfoient 
Daraffement auffi fafoient 

Les feruantes a (a blatif 

Ees vnes me reſiouyſſoient 

Ees autres me faiſoient penſif 


Quant a domo ie de partoye 

Ab homine femineo 

Dane grant Bruit faire mer alloye 
Et ab ſquolibet igneo 

Jauoie Bien en mon mementd 
Que partir coꝛam teſtibus 

Ne debuoie pas de domo 

Ne auſſi clam cuſtodibus 


Quant ce Benoit in exitu 
Bifope tout fecretement 
St non pas cum excercitu 
Que ie peuſſe aucunement 
Et doubtoye terriblement 
En yſſir palam omnibus 
Je craignoie pareiſlement 
SEſtre veu pro clientibus 


Ainſi doncques prefimoze 

Chen affope de eſtre apercen 
ar nofîre cas in honore 
Aeuft peu bonnement eſtre ſceu 
Touteffois eſtoyes ie deceu 
Aucuneffope / mais ie difope 
Que mon argent auoiereceu 
Et que de foꝛo ie venoie 


S iure ep pꝛefectura 
Venir ma fait beaucoup de foys 


Paſſer affa; iniuria 

21 ceft heure ie fe congnoys 

Jar eau me epcufer touteffoye 
Cum fabore meft proBibe 
Difneftficite aucuneffois 

De plus ouurer tenus pube 


In ſub ſubter ſubtus ſuper 

A kung et a lautre ſeruantes 

Fuſt pour entrer ou eſchaper 
Aucuneffoys meſtoient duiſantes 
Lesintericctione pfaifantes 
Éommenteuap mouftme pfaifoient 
ais les douleurs fignifiantes 
Eomme heu me defpfaifotent 


Linferiection du pape 

a fait ſouuent tumber aplat 

De peur que auoie deſtre atrape 
Quant ioyoie bꝛuyre chien ou chat 
Pareillemeut me ont attatat 

Fait grant peur auec leurs ſemblables 
En effect ien ſuis ſi treſmat 

Que ien ap douleurs innombꝛables 


Ainſi ay mis icy dedans 

Dar maniere de poꝛthocolle 

La plus part de mes accidens 
Comme iap apꝛins a fefcofe 
Mais if fauft quete me recoffe 
Deamo amas lequel ie vy 

Du temps que auope fa teſte folle 
Et que ie deſcline amaui 


chainteffois amaui ma fait 
Œfmouuer nopfes et debat 
Dar ce que prenoie de faict 

£a perfonne queautre amabat 
Mes paroles audiebat 
Aucuneffois folles et bonnes 
Tellement quon voioit de plat 
Congꝛegation de perſonnes 


Deconiugafion pꝛemiere 

A fongiap pꝛeſent en vieilleſſe 
Be fa tierce breue rt figiere 
Du de la feconde cr ieuneſſe 
Jen apefte:ie fe confeſſe 

Et me repens ef fait bien mal 
Due par ma folle hardieſſe 


ap cp eſte a fantconiugaf 


A toute coniugation 

ap toufioure eſte ententif 
Jen demande remiſſion 
Deuant fe grant indicati 

Dar celluy ſeul imperati 
Bien ſcay que ien ſeray pugni 
Au iugement infinitif 

Vbi poſſunt hec diſcerni 


¶ Indicatino modo 


Jo iapmefe lit parfont 
Bin mof et parfonde eſcuelle 
Ain ſi que les bonnes gens font 
Qui nont plus force coꝛpoxetile 
Aon ovftantque vne damoyſelle 
Se mon temps amabam iamoye 
Dieu par fa grace ait mercy delle 
St de mop quant ie prap fa voye 


Amauiiapmep Bien defaict 
Zeffement que ceftoit ouftrage 
Mais cefitempe pꝛeterit parfait 
Et plus que parfaict Beumon aage 
Amaueram de bon courage 

ais ce train fa me ſemble dur 
Dour prefent et vueil comme fage 
Zaiſſer amabo Le futur 


Ainfidoncques comme ie mo 

Lee cinq tempe de lindicatif * 
SDamo font en mop paſſes oultre 
Et ne ſuis plus imperatif 

Dour me firer au coniũctif 
Lomme iap fait infiniement 
ais fuie maintenant optati 
Zauoir on Bin tant ſeulement 


Soceo ienfeigne faiffer 

Se bonne heure fe re damonrs 
Socebam ienſeignoye dancer 
Soit a droit on a fareboure 
Zocui a faitemains tours 
Socueram aufliiauoie 
Enſeigne a rire toufioure 

ais docebo vne autre voye 


ego ie lys o mes lunettes 





Affin de trouuer groſſe lettre 
Eegebam lectres contrefaictes 
Legice que ne puis congnoiſtre 
Legeram auſſi bien que Sngmaifire 
Mais ce temps na guereʒ duray 
Seſoꝛmais il men fault demectre 
Dans dire legam te lyray 


Audio maintenant les cloches 
Quant on ſonne a noſtre monſtier 
Audiebam vopꝛe repꝛouches 

Du temps queieflope du meſtier 
Audiui dire deuant hier 

Que de moꝛt fault auoir memore 
Audieram et ce pſaultier 

Audiam ie loyrray encore 


Sans plus dire amoꝛ ie me rens 
aie amabar et ſes ſenblables 
Durantqueftope ſus les tens 

Ont eſte aſſes veritables 

Quant eſt de amaboꝛ ce ſont fables 
St plus ne veul dire anaboꝛ 
Larie ſens ſus moy trop geuables 
Lecefguiffettes de ſaint moꝛ 


Soceoꝛ par mes pꝛopꝛes faitʒ 

Au deuant ie ne keſtoye pas 
Soceboꝛ de tous mes meffai 
Seuant dieu apꝛes mot) il 
Legoꝛ poure homme veu moncas 
Et ne ſen fault point eſbahir 
Audioꝛ de hault et de bas 
Maintenant eraſcher et tou fir 


Socebar par icp deuant 

21 ſaillir vng banc de pfain Bol 
Legebar Sng homme fcauant 
Ætmaintenant ie * feu ſol 
Audiebar comme faint pof 
Eftoup/mais ce tempe quiBient 
Audiar ſe ie nay lit mol 
Plaindꝛe La douleur qui me tient 


Diefent ſuis vng ſimple paſſif 
Dans erreur qui eſtre foufope 
BSouuernant fe nominatif 
Quant force de perfonneauope 
ais en tel actif que ieſtoye 
Retourner meſt impertinent 


Si eſt contraincte que ie ſoye 
Seſoꝛmais verbe deponant 


Aucuneffoys Serbe commun 

Fu er voye actiue et pafffue 
Vopre quant ieſtoye commen 
Ballant qui a puiſſance actiue 
Ea neutre ſignificatiue 
Aucuneffoys auſſi pꝛe noye 

Par Bne force tranſſitiue 

St aup fieuy où neutre ieſtoye 


Ainſi doncques actiuement 

Je ne puis plus riens gouuernet 
Et me fait mal entierement 
Que a lactif ne puis retourner 
Bien Bop quil me fault atourner 
Se fuppinset de gerondis 

En priant dieu que an definer 
Il me donne fon paradis 


St ſus ce point batre ma 
Semandant abſolucion —* 
Vꝛiant a dieu quil me deſculpe 
Et me donne remiſſion 

at iay bonne contriction 
Que tant folement amau⸗ 
Æn diſant par confeſſion 

A mon confeſſeur peccaus 


Æn ec point me confeſſeray 
Des accidens que ip apꝛins 
Sonc ie ſcay Bien que ie ſeray 
PBeuant dieu lourdement repꝛins 
Combien fe ie ne Le ourpꝛins 
e pꝛetens confeſſion faire 
accidens que iay compꝛins 


Seulement er ſimple granimaire 


Pourneant proie en fogique 
Sſtudier quelque argument 

Ou quefque choſe ſophiſtique 
Pour parler ſophiſtiquement 
Quant viendꝛa au grant iugement 
ZSeuant dieu Le ſouũerain fire 

Bien profiteront pourement 

Les yſagoges de prophite 


Ja ne fault a dieu querir grace 
Dar beau parferen retbozique ; 
é 


7 


Ne denant fup iouer en place 
Daucun inſtrument de mufique 
Dipbeus fe doulx armonique 

SEt emphion fon compaignon 

Ne fcauront par quefquepractique 
Rapaifer fire de dieu non 


Que vauldꝛa fart mathematique 
Seuant dieu au magicien 

Gt le belart dariſmetique 

A arque: bien petit ou rien 
GEuclides geometrien 

paurap il quelque ſeigneurie 
Pour ka cauſe quil ſcaura bien 
Vſer de fa geometrie 


Virgile:le autres poetes 

Qui tant ſont reputeʒ ſciens 

Les medecins auec leurs boetes 
Et les lois dec iuſtiſiens 

Les raiſons des phiniciens 

Qui ont naturelle ſcience 
Setontif tant pꝛacticiens 

Quifs aient deuant dieu audience 


Nenny:mais ceufo tant ſeulement 
Qui viendꝛont par contricion 
En gemiſſant piteuſement 







A nr Pr 


pi 












RER 
KA À 





Lup demandet remiffion 


Pat bonne et vꝛaye confeſſion 


Ainſi que feglife commande 
Sur paine de damnation 
Autre choſe dieu ne demande 


ee confeſſe ie me fuis 
euotement:ains que ie meure 
En vieilleſſe quant ie ne puis 
Faure mieulx: Len eſt Bien heure 
Bien ſcay que foꝛce eſt que ie meure 
Ne ſcay quant:doncen ceſte place 
ches meffaits ſouſpire et pleure 
Pꝛiant dieu quil me face grace 


¶ Lacteur 


Inſi fina le penitent 
Ses accidens du tenps paſſe 
Aun ſi quil met en ſe patent 
Par les poins quil a conſeſſe 
Lefquct;re me fe appenſe 
Defcrire en ce liure prefené 
Dour en faite vng petit prefené 


d£e chaſtel de iopeufe 


deſtinee. 


CS 
> 





Pꝛes le tempo de ſevil douloꝛeux 
Du defofe 1adie et fangoureup 
Triſte et penfif:par defir rigoꝛeux 
En fa faifontrefdoufce g gracieuſe 
Du fteuriſſent les ioyeuſes penſees 
S nobles cueurs des humains cõmences 
Dar plaiſance: deſia foꝛt auances 
MHeſt aduenu diſion merueilleuſe 


Je ne ſcay pas ſe ie doꝛmoye loꝛe 
Tomme raupy en eſperit ef hoꝛs 

Se lob ſcurte — et coxpozeffe 
Quefieftope ne vous ſcaurope dire 

Se moymeſmes ne vouloye defdire 

Du bdiſtement £a viſion defcite 

Qui merueilles me fut plaiſante et belle 


St pour certain en ceſte aduiſion 
EX nie trouuay en vne region 
oulce et ſouefue a mon oppinion 
Cent mille foys plus quon ne pourroit dite 
Ee beau ſoleik en tous temps yluyſoit 
St tellement lair cler enluminoit 
Que la clarte iamais ny deffailloit 
Sinon la nuit qui ders tenebꝛes tire 


La veiſſiez vous maintes diuerſes fleute 
Œouft bien painctes de diuerſes couleurs 
Treſodoꝛans de infinies doulceurs 

Qui confoꝛtoit les humains richement 

St tellement que les aucuns diſoient 

Que les haultʒ biens de ſes fleurs ſuffiſoient 
A ſoub ſtenir ceulvx qui la ſeiournoient 

Sont eſbahy fus au commencement 


ais ieuʒ apres ce de fait congnoiffance 
Œuidemment par cfere evperience 

Tar moy eftant en ce fieu de pfaifance 

Neuz onc beſoing de manger ne de Boire 

Et les grans biens qui de ce lieu venoient 
Si noblement tous mes ſens detenoient 
Que a autre riens ſans faulte nentendoient 
Que a les embleret remectre a memoire 


atdien mes yeulv ne auoiẽt pas puiſſance 
regarder fe lieu a ſuffiſance 
ZTant me plaiſoit fa iopeufe ordonnance 
Sela contree ou toute iope eſtoit 
Se fois en autte en terre retardope 


St tellement mon entente y mectoye 
Que bien ſouuent ie my entreoublyoie 
Du grant plaiſir que le fieu me pꝛeſtoit 


La vbeiſſieʒ le hault boys dune part 

ÆBont nulle foys plaiſance ne fe part 

Aſſiz en vng treſgracieux regart 

Qui reſonnoit du chant mefodieus 

Se mains opfeaufo à haultemẽt chantoient 
SEt mains accoꝛs nouuellement trouoient 
Et a peu pꝛes muſique refoꝛgoient 

Tant me ſembloiẽt leurs chãs doulxcioyeux 


ches oꝛeilles ſe effoꝛcoient de embler 
Aucune doulvchãs pour fes mieulv aſſẽbler 
Vne autre foys:et leurs chans raſſembker 
aie par ma fop ie neuſſe peu fuffite 

ar quantiauope aucun temps efcoute 
SZung des couſteʒ quelque nouueltete 
Venant dailleurs quelque nouuellete 

en deſtournoit fans pouoir contredire 


Joſe dire que oncques iour de ma vie 
Nauope oupy fi gente melodie 

Je de doulceur ſirichement fournie 

Que iop loꝛs en cepfaifant bocaige 
Paie opfiffons de leurs gentes gorgetes 
En verblopent faifoient des foffetes 
Tant plaifantes ettantdautres choſetes 
Queen Serite fe ſembloit dꝛoicte rage 


Apres que ieus ſelon fa petifeffe 

Demon engin fout nourry en rudeſſe 
Longnus ce fieu de parfaicte fpeffe 

Tant gracieux / tant gent/tant delictable 
Jeuʒ voulente dentrer en ce bocaige 

Dour mieulo chercher fes boys a fauantaige 
Et ieſtoye pour ceſte heure au paſſaige 

Be fa foꝛeſtde vouloir amiable 


A lentree de ceſt noble pourpꝛis 
* me trouuap de tous les entrepꝛis 

ung noble roy de grant los et hault pris 
Qui gentement cõme ille ſceut bien faire 
Me demanda en gracieux langaige 
Eten termes dung puiſſantpꝛince et ſaige 
Se mon eſtat:mais amop aduantaige 
Luy deſcouury partie de mon affaire 
St apꝛes ce ie obtins par fa franchiſe 

cu 


Don de chercher tout a ma belle quife 

Les merueiffes de fa foꝛeſt requife 

ar fans octrop np entroit nul iamais 
ais quant ie Vie que ieu;pfaine puiffane 
Beftreen ce lieu tant riche de pfaifance 
Denfes que ieu Bien peu de defpfaifance 
Et par ma fop ie nen pouope mais 


ar fa foꝛeſt en tout pfaifir habunde 

Ne ſe appareille en riens/ne fa feconde 
Lhtant que peuft comprendre tout le monde 
Tant fatrouuap garnie de tous biens 

ef fentree de madame riceffe 

Le Drap repos deiopeufeieuneffe 

Et feuffeiour damoureuſe lieſſe 

Si noblement feant quifnp fauftriene 


Je pꝛiſay Bien adonc fe don de grace 

Bu nobfe rop que dieu en) bien parface 
Bout ieus entrec en cefte noble pface 

Qui me donnoit mainte ioye et maint Bier) 
Tar ie veoye adonctrefcferement 

Le que iauoye veu pꝛemierement 
Gtefcoutap pꝛ eſque obſcurement 

Dont encoꝛ me ſouuenoit noult bien 


Se toutes pars ioyeuſetes ſourdoient 





Les haulx arbꝛes doulcement fe arrongoient 
Fleurs et fueilles e fruits le chault couuroient 
Œt tendoient fair de freſche doulceur 

La belle herbe verte menueet gente 

Muſſoit par tout ceſte terre relante 

Et la veſtoit de robbe aſſeʒ plaiſante 

Dour receuoir vng Bien grant empereur 


Cent mille petites fontaines 
Cleres / argentiues et faines 
Touroient es ioyeuſes plaines 
Par maine beaulx petis ruiſſelez 
Du fe bel grauier fe iouoit 

SEt lung contre lautre eſtriuoit 
Et ioyeuſe noiſe trouuoit 
Seſſoubʒ aucuns gentz reinſeletz 


En berite ie dy bien ſe ie dis 

Que ce lieu eft Sngpetit paradie 

Tant eft parfait fe gracieux pourpris 
Sur tous autres ſans nul en epcepter 
Tar nature qui telle edifia 

Dar plaiſance nulfe riens noubſya 
Tant puiſſamment ſa foꝛce y employa 
que cueur humain ne le pourroit penſer 


) 


I! 


III 


= 
Æ 
= —S 
= — 
À = 
E = 
= = 
= = 
= 
= 
= 

A 


MX Si ce Befparadis ferrefire 
| Cheminay longuement a defire 
Pour plus congnoifire de fon eftre 
MR Zant que aduanture me mena 
Dies du ng deftour gracieux 
Du ioys ſoubʒ regrets piteux 
Souſpirer vng ieune amoureux 
Qui long temps grant dueil demena 





Te ieune amant dont iay parle 
Auoit ce deſtour eſpie 

Dour nrieufy fe plaindꝛe a fon pꝛiue 
De fon mal couuert et fectet 
Lefieu fut oc detoutespare 

Be fueilles fargement efpate 

Et ſepare de tous eſgars 

O fin millieu de la foꝛeſt 


Les haulv ſouſpirs de ceſt amant 
Me firent aller plus auant 

St appꝛouchay du deſtour tant 
Que ientendis fa voix dung homme 
Qui ſes foꝛtunes racomptoit 
ŒEtteflement fe toꝛmentoit 

Que raifon maintenir Boufoit 

Que ceftoit doufeur de fantoſme 


Bite Sins au contmencentent 
Se fa côpfainte ou autrement 
Je ne (cap pas bien vꝛayement 
Mais touteffoys a mon aduis 
are pfaignoit mouftfierement 
e fortune en entrerompant 
Don langaige doufp et pfaifant 
Soubzʒ telʒ ou treſſembles dits 


¶ Ee plaintif amoureuvx 


A fortune dure et rebelle 
Befpiteufe/ficre et cruelle 
Bouffre de inhumaine Bengeance 
er de deſplaiſance moꝛtelle 
Faulſe traiſtreſſe:telle quelle 
urtrierc de nion eſperance 
De tu veulx ma mort fi tauance 
Tar ie fuis naute a ouftrance 
Par ta deſloyalle pourfuite 
Et tant batu de deſplaiſance 
Que ie fuie tout Gore de pſaiſance 
Qui ce eff par top ia miſe en fuite 


aie comment ec (u fi Gardie 
De me oſter ma iopeet ma vie 
Sans moy mectre du tout a moꝛt 
Eſſe bien tra hiſon baſtie 
Pourparlee en mauldicte enuie 
ÆBufer de nenfongier rapport 
Dourquop ſuis ie bany a tort 
De ce qui efémon feufconfort 
Faulſe fortune forcence 

Teſt par top et par ton effort 
Plain de fedicieup difcort 
MHauldicte vieille eſceruelee 


Pont Bin ce bien que a mon commencement 
Tu me fus doulce aſſes:et tellement 
Que ie choiſy par vray aſſentement 

Vne dame de tous biens acomplye 

A faqueffe ſoubzmis entierement 
TCoꝛps/cueur et biens habandonneement 
En dellaiſſant mon veu oultreement 
Tout a ſon gre fant que iauroye Vie 
Pourquoy fais tu tant de fa rancherie 
ais cupde tu quo ne congnoiffe mpe 
Tes manieres plaines de tricherie 

A tant me fais 

Etnaufgre top ct haineuſe enuye 

Et fuffe tu ma mortelle ennempe 
Ditiendrap ie lamoureuſe partie 
Atoufioure mai 

¶ Ne es tu pas Bien de maufuaife nature 
Se meffongnet fans quefque forfaicture 
De la treſplus parfaite creature 

Be ce mondc:que tantie dois aimer 

Sy que tu ce rebelle fauffe et dure 
Oultrageuſe mauldicte a deſmeſure 
afencontre dennupeufe aduanture 
Be ma punceffe ainfr a toit blaſmer 
Puis que tu ſceʒ que ie ne pui porter 
on defbonneut pfaife top deſpoꝛter 

Be fauffement fur nous deux rapporter 
Si me ferac vng ſingulier plaiſir 

Du ſi non fans iamais ſuppoꝛter 

Ta maufuaiftiere te feray porter 

L 03 de maufuaie pour top reconfoꝛtet 
Et te feruir dung mes de deſplaiſit 


TZu es bien de mauluais affaire 
Se ainſi faite 
£c contraire 
De tout ce qui me peult plaire 
e iii 


Œntierement 

Dour moy de iope deffaire 

Et retraire 

Et me faire 

Vers ce qui me doit deſplaire 
Oultreement 

Bis moy pourquoy he comment 
Ton toꝛment 

Seulement 

Vient fur ceufp quifopaufment 
Seruent:ſans a nufmeffaire 
Ceſt fait bien eſtrangement 
Vꝛayement 

Drap amant 

Ne deuroie tu nuffertent 

Be fa pfaifance fortraire 


Las fortune abiſme douftrage 
Lac fane fone de ouftrageufe rage 
Faulv fangaige 

But hontaige 

Dedicion hoꝛs de riuage 
Enuieup apport de trifireffe 
Denimeufe iope en domniaige 
pflue en douloꝛeux pafjaige 
rer eflaige 

Be rauage 

Befpfaifant fief et faufuaige 
Haye fin de fpeffe 

Seufe adreffe 

Ze deftreffe 

Œtrudeffe 

Deteſtable dpabfeffe 

Se variabſle vieilleſſe 
Change ta folle maniere 

Qui ſans ceſſe 

Dar deuf bleſſe 

Ma icuneffe 

fais ailleurs ta grant largeſſe 
Que fur mop:cat ceft fimpleffe 
Seſtre ainfigrant aumofniere 


Mon deul eſt fans finement 
Par ton entretiennement 
Teflement 

Que ie ne puis nuſſement 
Zluoir eſiouyſſement 

Pont ie meure piteufement 
Jay pour fout auancement 
Deufenuitonneement 


Dour forment 

Qui me pourſuit afprement 
Juſques au baniſſement 
Se plaiſance oultreement 
eff par ton gouuernement 
Qui me heʒ morteffement 
Dans defferte aucunement 
£ae comment 

fe changes tu autrement 
Ton maufdit raBaiffement 
Qui tant me nuyſt mallement 
Que trefouftrageement 
Me murtriz entierement 
Faulſement 

Mon iopeux commencemet 


A ta charge grandement 


Oꝛ ne ſay ie plus que dite 
Su martire 

Qui mect a confuſion 

Ma dofente Jie et tire 

Gt retire 

Ma iope a deſtruction 
Lac fa deſolacion 

Be ma confofacior 
Aemecontraintpasatite 
ais fuie a perdicon 

Dar trop longue afffiction 
ZBont toufioure mon cueur foufpire 


A vꝛay amour treſhumblenient Sous prie 
Puis que ainſi eſt quil eft fait de ma vie 
Duerffes aumoins faire prier pour lame 
a fortune ma mortelle ennempe 

Tu me conduis a fa mort par ennpe 
TCeſſeʒ aumoine de mefdire de n1a dame 
St fe meift dieu quefque choſe de blaſme 
Que iape mis fur top ne de diffame 

Je fe reuocque: ę te pardonne ma mot 
Et top dangercuv/ouftrageu etinfame 
Je te requier que iamais tu ne me blaſme 
Amans pour riens:car fu auroieʒ tort 


A dieu ma ioye ſouueraine 

A dieu dame de tous biens plaine 
Gt ſeiour de toute nobleſſe 

A dieu fleur de douſceur humaine 
Sur toutes loyale et certaine 

a feufe et parfaicte lyeſſe 
Treſoꝛ de parfaicte richeſſe 


Ma trefgratieufe maiſtreſſe 
Adieu nia ioyeuſe plaiſance 
cp pꝛendꝛa fin fa rudeſſe 
De ma doufoureufe trifieffe 
A dieu fa plus gente de france 


Σacteur 


St apꝛes que cefte eomplainte 
Qui tout ſembloit de ioye attainte 
Fut par faulte de voix eſtaincte 
Jouy ceſt amant ſouſpirer 

De cueur murtry piteuſement 
Nope en pleurs parfondement 
Etfangfout;rompus durement 
Pour ceſt ieune amant martirer 


Ce douloureux qui tant foꝛt ſouſpiroit 
Quea vng chaſcun ſouſpir il me ſembloit 
Que leſperit de fon coꝛps ſeſcuroit 

Betta adonc treſangoiſſeuſement 

Vng long ſouſpir en guiſe de hault cry 
Sont ie cuiday Bien quif fuft fait de luy 
Et que lame fuft departie ainſi 

En ce ſouſpir du coꝛps piteuſement 


Je ſenty loꝛs mon cueur qni froidiſſoit 
Dour fa chaleur qui denuiron yſſoit 
Et que raiſon en moy fe meuriſſoit 
Amerement 


Lamant 


Pour ceſte moꝛt qui tant luy defpfaifoit 
Qua Bien peu pres ma bouche ne difoit 
Brant villenye a dieu qui ce fouffroit 
Iniuſtement 


Zouteffois quelque deſptaiſance 
Que fe cueur euſt /le coꝛps ſauance 
Dar coute ſoudain a fafegence 
Du pacient 

Que ie trouuay mort a d 
ZBefcoufoure fade et froidp 

Trop plus certes que te ne dp 

ZA efaent 


Las fa terre dure et farouche 
Quil touchoit de fa belle Bouche 
£up eſtoit oꝛdonnee a couche 
Lomme homme oultre 

ÆBune moꝛtelle deſplaiſance 
Gvyille de toute eſperance 

Par faulte de ferme creance 

En loyaulte 


Et dieu ſcet quel mal ie ſent 
Quant f fe Sp * 
En ceſt treſangoiſſeux party 
Sans a choiſon 

Ainſi coꝛume ſik fuſt banny 
De ioye / et de tout deul garny 
ais quel raiſon 





2 Inſi dolent comme dieu ſcet 


Je ma pꝛouchay ſans faire arreſt 


De celluy qui ia eſtoit pꝛeſt 
A receuoir 
Re vonloir de dame fortune 
Qui demenoit fa grant rancune 
Et fa grant fierte trop cominune 
Dur ce dofant pour deufauoir 


Ci qui fant fouffroit de douleur 
Auoit a ſouhait Vent de pfeur 
En fa haulte mer de mafeur 

21 pfain tref dc amere trifleffe 

SEt par dieu pour ma patt iauoye 
Tant de mafque pufe ne pouope 
&ndurer cequeie Beope 

Sans fup donner part en lieſſe 


Je me encfinap fur terre au fort 
Œtcongueu; quifneftoit pas mort 
Dont ieuʒ aucun plaifir confort 
GSt taſtay adoncques fon poux 
Au mieulv et au plus doulcement 
Que ie ſceuʒ faire bonnement 
Mais il me ſembloit Brapement 
Quil eſtoit naure douubes coups 


St ie cuiday adoncques dire 
Que courrou recele et ire 
Venans a cauſe de meſdire 
murtriſſoient fe cueur de lamant 
Œtque fon mal plus grief eſtoit 
mille fois quil ne le monſtroit 
Dour ce que a nufneremonftroit 
£e mafquifaffoit recefant 


Helas ie ne ſcauoie que faire 

De lappeller ou de moy faire 
Æant fort craignoie a luy meffaire 
Œta doubter fa maladie 

Raifon fur ce delibera 

Etanutie fr accoꝛda 

Dar pitie qui fe confeiffa 

Que ainfine te fairap ie mie 


Et pour prendre aucune couleur 
Je ine fonday (ur fa douleur 
€n appellant par grant rigueur 
Foꝛtune faulſe et traiſtreſſe 

Be conſentir ainſi fa mort 


Sung innocent naute a fort 
Gt reſoult par faufp rapoit 
Be fon honne ur par grant rudefe 


Ainſi en parfant ie penfope 

A afque tant en mop pfaignope 
St treſſouuent feregardope 
Dour veoir ſil fe leueroit koꝛs 
ais ceſtoit bien paine perdue 
at fa force de couſtume 

£up auoit ia pieca toffue 
Toute fa puiffance du corps 


Se rechiefretournay a fup 


faingnant quifeuftaffes doꝛmy 
En difant o1 fue mon amp 

Leueʒ Sous et ie vous en prie 
Lapmant quitant ot de meſchief 
Apres cee mot; tourna for chief 
De traucre quimouft [up fut grief 
TConme ſil Sint de litargie 


Œt ot fee yeulx gros et enfles 
Seſp eſſes larmes a rouſes 

Et a merueilleʒ eſploures 

Tant que ceſtoit toute pitie 

Sa face eſtoit toute ternye 

Par aſpꝛeſſe de maladie 

Qui ſong temps luy fut ennemie 
Œn delaiſſant toute amitie 


En tel eſtat que ie Sous diz 
Lapmant foubstrefgracieup dis 
En faignant vng fabfefet rie 
Reſpondit gracieufement 


¶ Ee plaintif amoureux 


Rere pour quoy me appelleʒ Sous 
Amiy par voſire acueil tres doulx 
qui ſuis plus maleureux de tous 
Je vous en mercy humblement 


Et touteffoiʒ quefque ſoyeʒ 

Ne que de moy oup aieʒ 

Je vous pꝛy que vous me octroieʒ 
Vne requeſte ſeulement 

deftque fe vous aueʒ ouy 

es plains celeʒ les comme amy 
SEt vous me obligereʒ ainſi 





21 faire voſtre commandement Toutefois pat fon doulx maintien 
Et fon parfer fur toute rien 


Je congneu Bien a ceſt langaige Dans doubte fe recongneu bien 
Quil eſtoit mondainement ſaige Que autreffoys auions eſte freres 
Œt vouloit celer fon courage Œn ieune aage cémouft amie 
Bont a merueilleʒ Fe pꝛiſay TCommie de Drap amour eſpꝛis 
Et commeif Soufut demander Etadoncques fu; mouft ſurpꝛis 
Luy Soufuprontettre et iurer De luy Beoir fouffrir tefmifere 
De iamaiãs fe non decefer 
Aiuſi fa demandeoctroiap Plus ne me peu bers luy couurit 
Aincois me conuint deſcouurit 
SEt comme il parloit doulcement Vers luy et tout mon cueur ouurir 
le fe regarday longuement En le nommant par ſon dꝛoit nom 
Et me ſembloit que aucunement 21 cefte heure euſmes congnoiffance 
Aſſeʒ toſt le recongnoiſtroye Be nofîre ancienne acointance 
Aufreuffeie voirement Et feiſmes nouuelle afiance 
Se neuſt eſte lempeſchement Par vꝛaye et bonne affection 


Be fon trop ennupeu toꝛment 
Qui me metéoit en trouble Bope 





TIM Ÿ ot 


MANN TN 





Zhintes a duãtures côpfafines €ifquifame en deufneen ennup 


d ù l } Et mains de no; fais racôptafmes ſans reconfoꝛt 
St par bien log temps deuiſaſmes Je luy enquie de fa doufeur 
VE Anfiqueampeentretrouues Sont fortune pat ſa rigueut 

Et quant aſſeʒ euſmes parfe Le tourmentoit en fong maleur 
Du temps paſſe et deuiſe A trefgrant tort 
Znofire Bon et noffre gre Et luy qui fant Honneur fcauoit 
Draps amie nous fomniez trouues Bt en qui tous Biene on trouuoit 
Et pour ce que vng parfait amp Et qui pat fue tone don auoit 


Je doit fouffrit iour ne demy De Bien parfer 


Me commenca en doulx langaige 
Adeſtourner comme treſſaige 

Le demourant de fon courage 
Sans riens cefet 


En diſant pour amp vous tien 
Dour ce ne vous cele ie rien 
Aincois ſuis content ct vueil bien 
Que Sous ſachies ma maladie 
Œtgrant pieca que ie congnois 

vVo fopaufte et maintefois 

Lap efprouuec et teffe fois 

Que Joue ne vous en doubtieʒ mie 


Vous auez aſſes congnoiſſance 

Dar euident experience 

Que ieunes gens pꝛennent plaiſance 
Piuerfement 

Les Snge mettent leur eſtudie 

Auv haulv fais de cheualerie 

Eten armes vſent feur Bie 
Honnoꝛeement 


Et kes autres vont a fa chaſſe 
Dar plaiſance qui fee y chaſſe 

Et aucun neſt qui me pourchaſſe 
Que bone oyſeaulx 

Dour Bien voler a fon ſouhait 
St eſtre en ce deduit parfait 

Vng autre mettra tout for) fait 
En Bone cheuaulvx 


Autres vouldꝛont rire chantet 
ŒfBatre iouer et dancet 
Autres fe Boufdront aduancer 
Dar foupfece et c(Batentene 

Et en ce point fesieunes gene 
Dfent diuerſement feur temps 
Œttrefpaffent feurs ieunes ane 
Dar pfaifir dont 1f5 font contens 


Afpa mainte autre maniere 
ais de toutes 1e me deporte 
Dour retourner a fa matiere 
Qui meft trefaifee ct treffoꝛte 
Hardie er crainte 

Be cueur de corps ef de vueil 
Gt ap de touf auoir faifp 

Je me fuis de gre dcffaifp 
En efperant ou ioye on deuf 


Ceſt en brief toute ma compfainte 


Je me ſuis voulu aſſeruir 
Dour ren et lopaulment ſeruit 
Amours et grace deſſeruir 

Gn Bien feruant 

Be cueut entier parfaitement 
Befirant vouloir oultreement 
Dane eſchang aucunement 
Ce que Voy pꝛemierement 


Japy aſſis mon cueur a mon gre 
En vng treſoꝛ de loyaulte 
Ænricfi de toute bonte 

Barny de gracieufete 

Laffeurdce dames 

Par lennoꝛtement depfaifance 

A a ponrſuite deſperance 

Et le pourchas de ſouuenance 

Et la ſauoureuſe oꝛdonnace 

Ses iopes que ont et coꝛps et ames 


Helas mon frere et mon amy 
Je me ſuis ſubʒmis a mercy 
Et ſuis content de viure ainft 
En attendant 
Bueriſon de ma maladie 
ZBoufeur/ou/iope/ou moꝛt / ou vie 
Koctroy de ma dame et amye 
Gn languiſſant 
¶ Lacteur 
Dre fa parole entreronpiʒ 
Dune demande que ie fi 
Touchant fes dangiers et perif 
Bee amoureux 
Doubs tefs motz / on dit quen amoure 
Pour Bneiopea cent doulours 
ous qui ſcaueʒ dancer les toure 
om dou loureug 


Ou trouues vous plus de pfaifance 
Que de deufou de deſplaiſance 
Sictes par voſtre confcience 

De en amours a pfus 1ope que deul 
Et fefon ce que reſpondꝛes 

Du fung ou fautre Boue pourreÿ 
Ouir mon aduié et pꝛendꝛes 

Sur ce pꝛoufitable conſeil 


St par ma fop le ieune amant 





Refponditgracieufement 

21 ma demande et pꝛõptement 
Danse p fongier 

En fon doufo fangaige affermant 
Que dif qui ayme fopaufment 
Aplusiopeinfiniement 

Que deuf/non obſtant tout dangier 


Mais voies comment il pꝛouuoit 
Vne ioye comme il diſoit 

Samours fi treſpuiſſante eſtoit 

Que cent mille maulx effacoit 

En vng cuenr dung fcafamant 
Moult dautres raiſons amenoit 
Sont partie de ſon vueil pꝛouuoit 
Par quoy ſon dit ſe ſoubſtenoit 

Et par dꝛoitʒ et loix confermoit 

Dee dit; conime homme tres ſcauant 


e luy contrediz longuement 
baie finablement 
Je fu par raiſons viuement 
Tonfus er mon oppinion 
Et luy qui eut en moy fiance 
De pꝛomiſt par experience 
Bonnet de ce fait congnoiſſance 
Dour plus grande approbation 


Et adoncques ie fup pꝛomis 
Que ſil pꝛouuoit par faiʒ fes dite 
Que te ferope 

Humble fubiect obeiſſant 

A amour qui tant eſt puiſſant 
Quil efface des douleurs cent 
Pour vne ioye 


Etainfiquenous le pꝛomiſmes 
En vberite noue fe feiſmes 

Et fans plus divenous meifmes 
A Sopagrer 

Parmy Le Bops pour eſtrangier 
dCeffe foꝛeſt / et fane taraier 
Tant feifmes quen vng vergier 
Bien gent entraſmes 


Tandis quenous y ſeiournaſmes 
Touteffois nous np deniouraſmes 
Pas longuement 

Aincois pꝛiſmes haſtiuement 
Noſtre chemin / et tellement 


Que nous vinſmes ſoubdainement 
A Sneporte 

Zune noble maiſon et foꝛte 

Et dune treſioyeuſe ſoꝛte 

Soulv regart ſouuent fe depoꝛte 


A cefie entree 


Et cefle pface eſtoit nommee 

Par nom iopcufe deftinee 

Gt effort adouc gouuernee 

Dar vne dame 
Belle/ bonne / noble ç ſans blaſme 
Hoꝛs de repꝛouche et de diffame 
La treſplus gracieuſe femme 
Que oncques ie veis 


Evcepte celle a qui ſuis 

Œt cefle dame queie dis 

Auoit er fon bapteſme pꝛie 
Nom deſperance 

Et eſtoit natifue de feance 

Et auoit eu des fonenfance 
Se ceſt chaſtel la gouuernance 
Se par amours 

Vers qui la dame auoit recours 
Selle auoit beſoing de ſeconts 


£a place eſtoit forte de tours 

Et de foſſes 

Bien parfons et larges aſſes 

Et de haultʒ murs bien compaſſes 
Treſmenuement guerites 
Deuure treſbelle 

Bracienſe freſche/x nouucfte 


Et fa fundation fut telle 

Que Le gent fleune a lentour delle 
Treffoꝛt couroit 

Et ceſte place enuironnoit 

Si treſplaiſamment que ceſtoit 
Plaiſir a oeil qui fa venoit 

Veoir pour foꝛte 

Soulo regart eſtoit a fa poꝛte 


Veſtu de tres ioyeuſe forte 
Be Bert ou ioye fe depoꝛte 
Bien nobfement 

A compaigne trefrichement 
Sune frefgracieufe gent 

Qui fe maintenoit gentement 


tdoufp regart 
De mift deuant eulx foue apart 
Du nous effione mis a fefquart 


De nofîre Sope 











2 
WE 


Z if doint point ne me gardoye 
Diſt / mes amys dieu vous doint ioye 


* Aiſe et ſante 

dConfoit/ Bien ef pꝛoſperite 
Ze cueur/de coxpe/ de Soufente 
Touſiours viure en topeufete 
Hans finement 
St mon compargnon vꝛaiement 
fuy rendit Bien doufcement 
Don ſalut / ct certainement 
Jauoye grantiope 
Quant leur pfaifant fangaige ouope 
Que tres voule ntiers ieſcoutoye 
Et les veoie 
Se entreacointer 
De nouuel et fe entrebꝛacer 
Gt dec yeulx ſentreregarder 
Denpriané 
Nians du cueur:du coꝛpe pſeurans 
GEn ſigne de parfais amans 
Dieu que ces fais meſtoient plaifane 
Aregarder 


Pour veoir le lieu que tant pꝛiſoye 


Aou regart 


(UNE mt 
C4 


A 


f 


ELNIT(T 
—— 








IXEXXCCzuD 


Mais quant vint quiffaiffut entrer 
Du lieu qui tant fait a aymer 
Eu ne me pouope faoufer 

e veoir lung afautreporfet 
Dar grans doufreure 
des gentes petites honneurs 
Dieu qui auoient grans faueurs 
De reſembler Bien grans fcigneure 
En leur maintien) 
Œt dieu fcet ſil me pfaifoit bien 
Dar dieu Le ne fi oncques vi 
Qui me fift ſemblable Bien 
Ætouftre plus 
Ne dentandes pas ſe ie fus 
Bien recueiffp/ g au furpfue 
Deftope oup:par dieu plus 
Que iour de Bie 
Ne defcruirap/quop quon die 
Dour baufteffe ne ſeigneurie 
Que fortune monennempe 
Me ſceuſt donner 
Jeſtoye honteux de me trouuer 

















En tef; Sonneute:car doulv parfer 
che Senoit dung fes accointer 
Tant pꝛiueement 
Que ien hontoyoie foꝛment 
Tant eſtoye nice rudement 
SEt beau maintien ſemblablement 
Me racomptoit 
Et tant pfaifamnient deuiſoit 
Auec moy que merueille eſtoit 
Apꝛes bel acueil reuenoit 
Qui tant gent coꝛps 
Auoit:que ceſtoit raige loꝛe 
Ze fon parfer/de ſes rapoꝛs 
Et de fes trefooufs reconfore 
Et me fembloit 
Que celluy Bien eureup feroif 
Qui aucc fes gens Bferoit 
Don ieune tempe tant quil viuroit 
Finablement 
Receuz fumesmouft gandement 
Et feſtieʒ bien largement 
Et ſeruis honnoꝛeement 
y abꝛegier 

e tous les Biens ſans efpargner 
Que cueut humain pourroit penfer 
Et en ce point nous fiſt aiſer 
Same efperance 
Se tous biens en toute habondance 


J Lopaufte | 
— 
A 


AXVXXXIäIIX 





Plus largement que a ſuffiſance 
Par treſgracieuſe oꝛdonnance 

Et fur ma foy 

Je cupde et crop 

Quoncques mais neprince ne top 
Ne fut ferup 

chieulvx que mon compaignon et moy 
Ne recueilſy 


Apꝛes ſoupper nous nous leuaſmes 
Et doufp regard remerciaſmes 
Se lhonneur qunous auoit fait 
Et penſeʒ que nous fe trouuafmes 
Tout gracieux etdeuifafnres 
Bien fonguement de noſtre fait 
Comme a nofire amy trefparfait 
Et luy qui nous vit fans meffait 
Nous mena deuers eſperance 

En diſant ainſi. Se dieu plaift 
Nous aurons dee Biens a ſouhait 
Car noftrefait trefBien commence 


Σarteur 
¶ Commẽt doute regart apres &ftes 


eut feflopez fes naine en Sne chambre 
Per dame efperance et fopaufte . 


——* 


V 


—— 
—— 


29— 
D 


— 
_ 


A Sne nobfe chambꝛe enfrafines 
Du dame efperancetrousafmes 
Acompaignee de fopaufte 
Treſhumblemient fes ſaluaſmes 

€ doufcement leur remonſtiaſmes 

Noſtre fait a la verite 

Lee dames plaines de bonte 

De doulceur et de humilite 

Nous receurent bien doulcement 

Dicu ſcet fe gracieuſete 

y auoit point dauctoꝛite 

Au recueil de ce ieune amant 


Apꝛes pluſieurs doulce maniere 
Bont mainte dame eſt couſtumiere 
21 faire entre les gens de bien 
Gſperance par la pꝛiere 

Bec dames parfa la premiere 

En trefgent et pfaifant maintien 
€t ceft honneur {up feoit bien 

dar effe eftoit comme ie tien 

Bien emparlee ſouuerainement 
Hans emprunt de quelque aufre en rien 
Ne effe np mectoit que du fier) 
Tant auoit hault entendement 

Et tel fut fon commencement 
Selon mon poure ſentement 


ŒEfperance 


Di Seuft viure amoureuſement 
Amor adui; 
Dour fop garder de maine perifs 
Œt de defpfaifire infinie 

St dec enuieux ennemie 

It fault auoir 

Diſcretion / ſens et fcauois 

Siſſimuler oup ct veoir 

Gn temps / en lieu/ et deceuoit 

Langue volage 

Hauft vouloir et hardy couraige 

Bien celer/hayr tout oulttaige 

Tranchier du fol a ladnantaige 

Sans felonnie 

Aymer vne ſeule partie 

Atoufioure mais fans departie 

Sans a nulle faire partie 

Dour abeyr 

A fopaufte et de ffernir 


Deftopaufte et [op tenir 
£opaufment pour plus toft merit 
Eſtre nomme 

Œntre fes gene defopaufte 
Qui eft germaine a Verite 

E fre humble en bonnairete 
Ætaup fier fier 

Auoir cueur en honneur entier 
Foꝛt ſouffrant / ſobꝛe langagier 
Barder de ſoy faire oultraiger 
Auy enuieux 


Contre fortune Bertueug 
Secretement et courageux 

Et tout fouffrir fi ceſt le mieulx 
Foꝛs deſhonneur 
Souuerainement garder honneur 
Qui ſcet rompꝛe ire pat douſceur 
Auy rigoreuw poꝛter rigueur 

Dar actrempance 

Daincre fon vouloir par ſouffrance 
Du purer par raifon ou pꝛudence 
Dane Boufoit pat deſoꝛdonnance 
DSe voulente 

Plus faire que de feurele 


ar tout vouloir neftpas reigfe 

Se me ſemble:aſſez en bꝛiefuete 

Dour ſoy garder 

Des dangiers deenuieup parfer 

Et doufiement fe deporter 

En feftat quon veult pfue apmer 
Efperance ceffa foie fon fangaige 

Mais fopaufte fereprint pzomptement 

Et monfira Bien queffc eſtoit noble et faige 


Σopaufte 


Vant elle diſt: foꝛce eſt pꝛemierement 

AVng amant quil ait aſſentement 
Dauoir amour vꝛ ape fans fiction 

DSEn remectant fon veul oultreement 
Soubʒ autruy main ſans excepcion 


Et damour fault que crainte naiſce € viegne 
Qui contraindꝛa lamant a obeir 

Sans contrainte quoy que luy en aduienge 
A ceffe en grace eſt tout for pfaifit 

Crainte fe fpe a Boufoir fe afferuir 


ur deſſeruir en feruant don de grace 
* amours a qui ſeulement veulſt ſeruir 


Œtfon honneur garder en toute place 


haie de ces deux amour ef crainte 


Viengne au cueur dung parfait amant 


Œt fane moy eſt toute amout fainte 
On fe congnoift bien clerement 

Je fais apmer entierement 

En vng ſeul lieu fans inipartir 
Cueur/coꝛps ne veul aucunement 
A touſiours mais fans departir 


Sn faiz/en dis et en penſee 

Seffens ſeconde compaignie 

Ace faire ſuis adonnee 

Dour debouter toute folie 

Et bannir de lactente lye 

Les mauldiz deſtoyaulo traiſtres 
Qui pourchaſſent au iour la Kie 
Soubzʒ fainte daucuns fopaufs tiltres 


ESt quant vng amant eſt ſaiſy 

Se nous troys:loꝛs vient eſperance 
Pour luy adoulcir fon ennuy 

Et le remectre en aſſeruance 
Œnpromectantque par ſouffrance 
On aura de [up congnoiffance 
Tant quif pourra don de pfaifance 
Obtenir par perfeuerance 


Efperance eſt vꝛaye medecine 
Œncontre tous nozennempé 
Gtnourriffement iracine 
Samoure / damyes etdampe 

Dar eſperance font ſe oubzmis 
Mains deſplaiſirs et mains ennuis 
Es cueuts dec amans en deul mis 
Qui fes anoif de iope deftruie 


Apres nous doif effre aftempance 
Qui peufta famant prouffiter 
En maine liens a fa deliurance 
Tar par elle il ſe peut garder 

Du donner trop de voulente 

On ne pourroit affes pꝛiſier 

Sa doulceur ne ſa grant bonte 


Pꝛudence fa reſuit de pꝛes 
Qui iuge de choſe aduenir 


Dar aduie ſaige et diſcres 
Quelle a ſceu moult bien retenit 
Pꝛudence fait lamant tenir 
Saige diſcret et Gien parlant 
Et ſecretenient ſoy tenir 

Eſtre gracieuv ct plaiſant 


Pꝛudence ne cherche que honneur 
En tout temps ef ne fiut que vice 
Prudence hait tout deſhonneur 
Moꝛtellement et faulx malice 

Et ayme raiſon et iuſtice 
Œquite/doufceur/ verite 

Et diligence fa nourriſſe 

Ses vertus plaines de bonte 


Quant le vent de mauluais langaige 
Seſmeut en fa grant mer doultraige 
Dour nous faire foubfiraccion 

De lyeſſe adoncfa treffaige 

De targe contre ceft ozaige 

ÆBune diſſimulacion 

Pour au port de ſaluacion 

Aboꝛder plus legierement 

Et vaincre par dcception 

Tout faulx enuieux parlement 


£a ſeptieſme vertu requiſe 

A vng amant fe peuft nommer 
Foꝛce qui aide en mainte guiſe 

A qui Scuft loyaulment aymer 
Foꝛce fait vng hault cueur garder 
En toutes fortunes commuh 

Pour iopye peu ne pour dueil troubler 
Foꝛce le fait touſiours tout Sng 


Foꝛce fait fes grans fais ſouffrir 
Qne les amans ont a poꝛter 

Force les fait pꝛes ad ce offrit 

A maulbv infinis fupporter 

Force Les apꝛent deporter 

En leurs douleurs ſans — douloir 
Sens par iope fes reconfoꝛter 

Dar trop / foꝛs en commun vouloir 


Veeʒ cp en bꝛiefce quil me ſemble 
Pꝛouffitable a voſtre entrepꝛinſe 
Vous fes aueʒ toutes enſemble 
Sedans Sous par ſcience acquiſe 
ais pour ce qne mauez requiſe 

fu 


De conſeil vſeʒ de ces ſept 
Vertus pris faintife 
Vous aurez des biens a ſouſhait 


¶ Lacteur 


Ncontinant que loyaulte 

Œut parle du tout a fa guiſe 

Prudence cdebonnairete 

Et autre:entre toutes exquiſe 
fous firent pat feur grant franchiſe 
Apporterdeup treſgentz harnois 
Dour conduure noſtre enteprinſe 


Pꝛes le congie gracieux 
Dee gentes dames:doufo regart 
Ce treſplaiſant aduantureux 
Nous refeſtia de ſa part 

Juſqnes a ce quilfut bien tart 

Comme fur lheure de minuyt 

A cefte heure fe dieu me gart 

Nous couchaſmes pour cefle nupt 


Gt quant ceBint au point du iout 
Hault vouloir vint moult gentement 
Arme darmes deBrap amour 

&t bon aduis ſemblablement 

De par les dames doulcement 
ous eſueillier pour noue conduire 
Hoꝛs des dangiers plamierement 


Aleſlit donneur et chois 


Sepuis toutes firent pꝛomeſſe 
fous apder generalement 

Contre dangier et fa rudeffe 

Et feur puiffance plfainement 
Dont nous deuv dungaffentertent 
Aincois que partiffione du fieu 

Les merciafmes humblement 

Et les commandaſmes a dieu 


¶ Icy viennent hault vouloir et bon 
armes a fa porte du chaſteau. 








De tous ceufp qui noue vouloient nuyre 


Et dieu fcet fe ilʒ eſtoient pꝛiſeʒ 

En mon cueur pout feur gent maintien 
de fembloient anges armes 

Tant feutre feoient fes armes bien 
Dncques mais homme chꝛeſtien 

Ne vit plus gacieuſes gens 

Ne plus parfaits en treſtout bien 

Ne mieulv parlans: ne plus pſaiſans 


Aſſeʒ toſt fuſmes appꝛeſteʒ 

Et a layde deulx deux armes 
Des harnoiz que nous ont donneʒ 
Bameprudence 

Gn figne de feure afiance 


ontre dangiet ef fapuiffance 

Et pour reſiſter par fouffrance 
Au enuieux 

Breffopaufv: ct ainſi meiſt dieux 
Que vopaige ne me pleut mieulx 
Dour fa compaignie de ceulx 

Qui nous guidoient 

Œtqui fi bel ſe maintenoient 

Œn leurs armee quifs ſurmontoient 
ZTous ceufy quifes armes poꝛtoient 
Sans nul blaſmer 

Quant tous feuſmes pres a monter 
On ft es cheuaulv appꝛeſter 

Gt tous appꝛeſteʒ amener 


Soulv regard ef fa compaignie 
Nous conuoperent fonguement 
n parfant de fa fprannie 

Se faulv enuieux parfement 
ais quant Bint au departe ment 
Bien ploꝛer nenous couſta gueres 
TCar treſtous comnuneement 
Ploꝛoient:qui rioient na gueres 


Zouteffoys ains quifs ſen allaſſent 
De nous:a treſtous ———— 

Que hunible ment nous recommandaſſent 
A fa bonne grace des dames 

Bt ainſi nous nous en alaſmes 

Noſtre chemin et eulxle feur 

ae cent foys noʒ yeulx retournaſmes 
Sur eulv qui fondoient en pleur 


Nous cheuauchaſnies longuement 
Nous quatre ſans nulle rien dire 
Qui deſtournaſt aucunement 

So; cueure de defpfaifir ne dire 
Dont hault Sonfoir fe print a rite 
Œt cõmenca mouft pfainentent 

21 deuifer pour contredire 

A noſtre ennupeuy penfement 


SEn ce point grant temps cheuauchaſmes 
En parfant darmes et de amours 

Et de dangier et de fes charmes 

Bee enuieuy ef dc feure toute 
Seſperance ct de fon fecoure 

Quant if ſeroit neceffite 

Et finabfement du recours 

Quauoit dcuions a fopanfte 


Tant quen Bneeflrange confree 

Joue trouuaſmes tout ſoubdainement 
Qui eftoit prefque infabitee 

Dar fe mauluais gouuernement 

De fouppecon et de fa gent 

Qui abuſoient par tirannie 

Durtout ce pape quictement 

En lieu de vraye feigneurie 


Ceſte mauldicte region 

Efloit de toutes pars remplye 
Se toute mafediction 

Et de toute douleur fareye 
Auſſi ouftrageufe folie 

Auoit ſe gouuernement loꝛs 

Au lieu de deſpiteuſe enuie 

Qui toute amour deboutoit hoꝛs 


Te pays mafaduantuzeup 
De dieu et du monde mauldit 
Sſtoit aigrement eſpineux 
Et ionchie par tout par deſpit 
Pafpresroncee:çinterdict 
Se toute gracieufete 

A foccafion du meſdit 

Qui y eſtoit par tout plante 


St pour certain ce pays douloꝛeux 
GSſtoit par tout obſcur et tenebꝛeux 
Dfain dune eſpeſſe et puante fumee 
Et cuide Bien quefe Bent rigoꝛeux 
De fof parfer: ct langaige oultrageux 
Rendoit ainſi fa contree enſouffree 
TCar trahyſon demouroit a lentree 
Qui vomiſſoit mainte laide goꝛgee 
Et rendoit fair coꝛrumpu et infait 
Par menconge courant a fa volee 
Qui de tous cas iugoit a fa penſee 
Sans y penfer/ne bien fait ne mal fait 


La veiſſieʒ inceſſamment denter 

Et daſpꝛes vens fair trouble toꝛmenter 

Pluye aſpꝛe / et froideg groſſe a plonc deſcẽdꝛe 

Breſler/neigier/ fouldꝛes fe y pꝛeſenter 

St tonnoirres redoubtez {cp bouter 

Be pouoir faire en ce lieu les cieulx fendꝛe 

Di eſt venu le tempe de noue deffendꝛe 

Et de garder honneur en tous endꝛois 

Contre enuie qui cp noue Beuft ſurpꝛendꝛe 

Dar fouppecon fans autre droit — 
iii 


9 


Que nous ſommes anpais deBandope 


Et dieu mercp affes ſonimes garnie 
Becueur)de coꝛps / de puiſſance / damis 
Et de pꝛudence / foꝛce et loyaulte 

De ſeurs harnoys / et de champs de pꝛis 
Dactrempe / de crainte et dauis 

Be Bien cefer:de forte verite 

Ce fembfe affe; pour toute aduerfite 
Rompre ef caffer/et toute iniquite 
Fouler aup pieds ef er auoir victoire 
Ayons doncques tous vne voulente 
Juſques a la moꝛt de tenir equite 

Et les loyaulx feront de nous memoite 


Et ceſte parolle finee 
Souppecon la vieille damnee 
Qui gardoit ce pꝛemier paſſaige 
Vint vers nous toute eſcheuelee 
Seſbauchee et deffiguree 
Lapde et hydeuſe a laduantaige 








CAD En 
— 


Lamant À HE 
— 





Pour nous dire et faire oultraige 
Alayde de langue volage 

Qui bꝛuiant et faiſant grant noiſe 
La pourſuyuoit a fine rage 
Dour fa garnir pour tout potaige 
Sune grant guyſarme Saufdopfe 
Mais quane cefte vieille rider 
Facemere et efcerueffee 
Zouppecon fe fentit garnie 

De fa grãt guyſarme enrouillee 
Dieu ſcet fe effe eut langue affillee 
AdiretouteBiffennie 

Anoue qui oncques iour de Pie 
Nauons eu de fa Beoir en vie 

Ne dappꝛoucher de fa contrce 

Et en regardant [a folie 

Veu quelle noue congnoiffoif mpe 
Auions de ce fait grant rifee 





¶ Souppecon. 


CES 
ANNE 


Te 
NU ee 


GRO PK & EE 7 AB 


& ie me foie de Roue plaingnant 
A dangier qui eſt mon droit fire 
Œtquitient ce treſnoble empire 
Du vous eſteʒ pour contredire 

A voʒ auolez loſengiers 


mx Zpour nous faire Bien vegnãt 

Eeſte grant vieilſe en rechignant 

Nous commenca ainſi a dire 8 
VA Acertes:et non en feignant 







Le pas me deueriez vous de foire 
ÆBauoir dit choſe denondire 
Atelz fots coquarsefirangiere 


¶ Eacteur 


Dus quatre a rire commencaſmee 
Quãt ainſi chages noꝰ trouuafmes 
Par ſouppecon 
Dane nul achoiſon de telʒ blaſmes 

Qui ſuffiſoient a rendꝛe infames 

Sans rancon 

ZToutes gens de noble facon 

ais ceſte ſalutacion 

SEſtoit manconge faulſe et folle 

Tonfite par detraction 

Œnuieufe et fiction 

Re vſe que de fauffe parofe 


St quant {a Bieiffe nous Bitrire 
SElle efmeue de courage et deire 
Nous commenca Siffainement 
A iniurier ef maufdire 
Œtouftrageufement mefdire 
En telʒ moltʒ ou ſemblablement 


¶ Souppecon 


Eſſe pas bek gouuernement 
Quant il fauft que tout plainement 
Soit gouuerne par tieulv gaſans 
Et que le noble entendement 

Ses anciens ſoit mis au Bent 

Dour auancer ces ieunes gens 


Jeuneſſe eſt de telle nature 

Que iamais pour nuffe aduanture 
Aepourchaffeque deſhonneur 
ar fofie eft fa nouriture 

St oultre cuidance procure 

Ala tenir en ceftetreur 


On ne pourtoit dire lorreur 

Ses maulv que vous en fa futeue 
PBeieuneffe pourries commettre 
2 fencontre de tout honneur 

De dangier fe noble ſeigneur 

Ny faifoit grane remedes mettre 


St vous: que auez vous cp affaire 


3e Dueif ſcauoir pour quefaffaire 
Dous p Benes ainſi ſouuent 
Œtne Bouc vueille ia defpfaire , 
Voſtre facon ne nie peut pfaire 
Pourtant adufes fups deuant 


Je Sous deffens laler auant 

A Sous tous qui en deceuant 
Bonneur vſeʒ de tel fangaige 

Je me voys bien apercenant 

Que Vous eſteʒ dailleurs de Sent 
Pour foubsmettre Bonneur a hontaige 


Dꝛ efcoufes / ie congnois bien 

Avoʒ armes et So maintier 

Que Vous eſtes de fa mefgnie 
ÆPamours/mais vous ne Balles rien 
Ne ne penſes a neſ vng Bien 

Ne ne feres en iour de Vie 


Top que doy a ma dame enuye 

Je neuʒ oncques fi grant enupe 

Se rieno / que iay de voſtre moꝛt 
ar cent fois laues deſſeruye 

Et autre que ne nomme nue 

Pour plus Sous mettre en deſconfoꝛt 


¶ Hault Soufoir 


Ouppecon vous aues grant toꝛẽ 
CLe reſpondit loꝛs Bauft Vouloit 
DSe nous ouftrager ainfi fort 
Et puis de noftre mort Boufoir 
ous Sous en pourriez bien doufoit 
Aincois que noſtre mort aduint 
Et fe femme nefliee pour Soir 
Onc plus grant mal ne vous aduiné 
¶ Souppecon 
Tcomment me menaſſes tu 
Qui ſuis en haulte ſeigneurie 
Truant auofe mafoftru 
Je congnois tu pas ma fignie 
Je te ofterap du coꝛps fa vie 
Incontinent de ma guifarme 
Icy feront leur dcpartie 
Zon faufo coꝛps et ta mauldicte arme 
Et fans plus dire 


Σacteur 


füii 





¶ Icxy appert coment fouppecor) 
prefente a ladicte aſſemblee troie 
Sommes en Les blaiſonnant et 
Situperant Bilfainement 


Gſte vieille que dieu maufdie 
Sen Sint detire 
Ders hault vouloir cõme ennempe 
Et deableſſe renfrongnye 
Qui par grant ire 
Enteſa vng moult merueilleux coup 
Mais hault vouloir ne ſouffrit mie 
Queſle luy meffiſt de beaucoup 


dar ifpreuint pꝛemierement 

Et frappa ſi ligierement 

Hurt fa fauffe vieille enragee 
Quelle ne fup peut aucunement 
Aaire ennup ne encombrement 
ont effe eftoit prefque defuee 
Et crioit a Baufte alfence 
Comme Bne fẽme diffamee 

A a fautfe langue volage 


¶ Souppecon 


D toff a eufo ma bien aymee 
Frappons fur eulx a fa vollee 


¶ Lacteur 


A Ep ouyſſieʒ dire rage 
Teſie vieille crueffe auoit 
Dng arc Baudois queffe entefoit. 


Sur nous de foute fa puiffance 
Dont fi cruellement tiroié 
Que treffouuenteffois nauroit 
Nos cheuaufo ou nous par meſcheance 
ais Bon aduis plain de vaillance 
chiſt fouBdainement reſiſtence 
A fa cruelle voulente 
Et luy detrencha par ſouffrance 
£a corde de larc de nuyſance 
Par ſon ſens et ſubtilite 


Adoncques ouyſſieʒ grant noiſe 
Brant bruit et hoꝛrible tempeſte 
Be fouppecon ceſte Baudoife 
Et fa compaignie deſhonneſte 
Qui crioient a haulte teſte 

Sur nous ſi treſdepercement 
Que ie ne ouys oncques tel feſte 
Me fi hideux conimencement 


ec deux vieilles deſemparerent 
Soubdainement 

A Bon aduis fe champ laiſſerent 
Tout quittement 


ais apres feut departement 
Dontnous ne Bifmes oncque s rien 
Mouse reſourdit hoꝛriblement 
Daour infinie par leur moyen 


Comme grant pluye aſpre froidnte 
Œt dure greffe adefmefure 

Et neige a grant doufeur gfacee 
Qui Benoient par dꝛoict e nature 
Œn ceſte region oBfcute 

Nuyt et iour / ſoir et matinee 

Qui nous firent ceſte nuitee 
Paint ennup tant quelle eut duree 
at fes tormens 

flous donnerent mainte penfee 
Sangoiſſeuſe paine cefee 

Dour certain temps 


Fouldꝛes menuement cheotent 

Et tonnoirres ſe rengregoient 

Si durement que a mon aduis 

Cent mille diables fe aſſembloient 

Sur nous qui nuyre nous cuidoyent 
ais dieu ne lauoit pas permis 

Et en verite ennemys 

Sembloient ilʒ a leurs hideux cris 

Et telʒ eſtoient ilʒ fans faille 

Que enuye pour nous nuire eut tranſmis 
Ne oncques puis que dieu fut en croi mie 
Noupt nul en fair tel bataille 


ec diables couroient par ces nues 
Et nous tenions noʒ eſpes nues 
TChaſcun er regardant fa croix 
Te reſſembloient beſtes mues 
Entragees courans pat les rues 
A loꝛtiblete de leurs Bois 

La ouyſſieʒ maine grans eſcroys 
Betonnoirres et mains effrois 
Et toꝛmens afpres et hideux 
ais ioſe dire touteffois 

Que tout ce na valu deux noix 
Ne a enuie ne aux enuieux 


Car hault Soufoir qui de hault cueur eſtoit 
En cestormens ſi nous reconfoꝛtoit 

Quil neſtoit riens qui nous fiſt nuyſance 
Et bon aduiz qui deuant cheuauchoit 
TComnie fcauant/ce mal temps coniuroit 
Be par les haulx nome de vꝛaye eſperance 


St par ces deux tien ie er ma conſcience 
Que loꝛaige de ce temps plain douftrage 
2e rapaiſa fans quefque autre moyen 
Que de ceVaincre enuie pat fouffrance 
Par le confeif de fa Bonne pꝛudence 
Qui au depart nous confeiffa moult bien 


Le hideux temps et ce mauldit oꝛage 
£a cruaute denuie et fa rage 
— des — aians coꝛps 

Qui en mains lieux vVſent de faulv langaige 
St tendent latz atout —5 —— 
Dour deſtrouſſer par venimeux rappore 
Ceulv qui cuidoient effre fopaufp et hoꝛs 
Ze leurs efcripe mauldis et fois 
En fa frerte de ce commencement 
Etfouftraige des Baineuy diſcoꝛs 
Ees trahiſons des pourparlees more 
Sur nous quatre regnerent longuement 


aie a laide des deux qui nous guiderent 
Tous ces toꝛmens en fin deſemparerent 

Je ne ſcay pas bien a dire comment 

Et en ces maufy touſiours nous confoꝛterẽt 
Et mains aſſaulv maine maufy endurerẽt 
Pour noſtte amour moult vigoureuſement 
Et neuſt eſte lobſcurte ſeulement 

Et la pueur de lair ſemblablement 

fous euſſions peu a peu doccaſion 
Recouurer iope et eſiouyſſement 

Apꝛes ce trefafpre et fefon torment 

Sont nous ſemblions efire a confuſion 


TZouteffoiʒ quant nous nous trouuaſmes 
Quitteʒ de ces pꝛemiers aſſaulx 

Amon aduis nous oubliaſmes 

£a greigneur partie de noʒ maulvx 

St pour adoulcir fes trauaulvx 

Que nous ſentions et les meſaiſes 

Nous deſcendiſmes des cheuaulv 

Pour noſtre bien et pour leurs aiſes 


¶ CTomment lacteur et lamant apꝛes qͥlʒ 
fe font cõbatus a ſouſpecon ef fe font def 
cendue de leurs cheuaufy entrent es ten 
tes et pauillons ou 1f5 foné entretenus et 
feftopes des dames 









VN, BTE VW 


2 — 


Zbon aduis qui ſceut par ſa pꝛudẽce 
Tous les fecret; de vꝛaye nigromẽce 
Soubdainemẽt noꝰ fiſt par fa ſcience 
Seupx pauillons tẽdꝛe bien gentemẽt 
Par ieunes gens de ioyeuſe ſemblance 
Habitueʒ a faguife de france 
2e france ne; par feut recongnoiffance 
Dont eſbay feu merueffeufement 
Tes gẽs francois ſeruoiẽt tant pꝛomptemẽt 
Et dꝛecoient litʒ tant bien g pꝛopꝛemẽt 
Que ce meſtoit grant eſbaiſſement 
Zãt qua peu pꝛes ce me ſenibloit vng ſonge 
Et hault vouloir ſoubʒrioit faintement 
Siſant / cecy neſt que commencement 
Nous verron bien ains le departement 
De on adu nous ſert cp de menconge 


Etpar ce que hault Boufoir dit 
Jeuzʒ affe; du fait congnoiffance 
Et que bon aduis pour acquut 
Auoit ce fast par nigronance 
Dour nous offer de defpfaifance 
Gt noʒ couraiges rapaifer 

Be noſtre amere doleauce 

Et noʒ cheuaulvx vng peu aiſer 


Et ſus dieu et ma conſcience 
Nous fuſmes ſeruis gentement 
Et aſſeʒ a ſuffiſance 

De viures plantureuſement 
Et ie vous iure mon ferment 
Que iauoye fi treſgrant ioye 
Que ie moublioye plainement 
Et ne ſcauoie deſquelz ieſtoie 


¶ Comment lamant ef lacteur ſont 
aſſis a table es tentes et pauillons ſer 
uis et entretenus des dames la ouiſʒ 
fouppent et puis vient vᷣne moꝛiſque 
et dance pour fespfus refioupr. Eta 
pues vient vng meſſagier nõme ſegret 
pencer qui leur apportera g pꝛeſentera 
des lettres 


¶ Ea moꝛiſque 








| 


Abuſie 
4 9 


V millieu de noſtre ſouper 
Viſmes venir vne moriſque 
Laquelle ſans riens deſcamper 
Se monſtra goꝛgiaſe et friſque 

Teſtoit vne choſe auctentique 

Be voir ſeur gracieux deduyt 

Et en mouft belle rethoꝛique 

Alloient diſant ce que ſenſuyt 


Œ£amoureup languiſſant 


Dour Bien aymer las mourrap ie en viuant 
Seray ie vif touſiours en languiſſant 
Languiray ie ou parfond de triſtreſſe 

En fa foſſe dennuy tant deſplaiſant 

En labiſme de ſouffrit tteſcuiſant 

Du parfond puis dangoiſſeuſe triſtreſſe 
Viendꝛes vous point ma ioyeuſe maiſtreſſe 
chonſtreʒ Sous cueur de haultaine nobkleſſe 
Neluyſant Bis treſamoureuſe face 

Joyeuyx regart / amoureuſe richeſſe 

Appoꝛt damour / hault rochier de lieſſe 
Riens plus ne quiers foꝛs amoureuſe grace 


… ŒAmoureufe grace 
Qui eff celluy qui en ce point dancant 
Vient icy 





Σanguiffant 
£amouteus fanguiffant 
¶ Enuieuſe iafoufie 


Quaue; vous cp affaire 
Ce neſtpas fa maniere 
Denfe; de Joue refraire 
Arriere arriere atriere 


Pauſe 
¶ Eſpoir de paruenir 


Je nay arreſt / ie nay en moy repos 

Je vois:ie Viens: ie ſuis a tous propos 
Lung iour iopeup:ef lautre en defpfaifance 
Amours amours que tu ac de ſuppos 

Telʒ que ie ſuis / ie tefcripe iopeuw moe 
Bracieup dif; pour auoir allegeance 

En la conduite de parfaicte efperance 
Pour acquerir amoureuſe alegeance 

Je menhardis venir en ceſte place 

Ou eſteʒ Sous ma doulce eſiouyſſance 
Monſtreʒ voſtre oeil plain de doulce plaiſãce 
Rien plus ne quiers foꝛs amoureuſe grace 


¶ Srace 


Tant plaiſant et iopeup 
Qui Joue fait cp venir 
Qui cft ceſt amoureux 


¶ SGſpoir deparuenir 
Œfpoir de paruenit 


¶ Jalouſie 


Faictes Bng vidimus 

Dos facons font trop faulſee 
La coufiure des cHauffes 
Foꝛis np Senes plus 


¶ ZTout Sabandonne 


Brace amoureuſe me fait tant trauailier 
Que nuyt et iour elle me fait veilier 
Loiel ne fe clot / ne fe cueur ne repoſe 
Œtne me peult rien que grace ale ger 
— ouſſi et moꝛtel danger 

Sſt cueut damant qui er amour fe pofe 
Regret ſouſſi acoup luy conipoſe 

De eut ſecret qui tout plaiſir efface 
fleur de doufceur tres amouveufe rofe 
Voſtre Beaufte foit deffue moy defcfofe 
Riens pfue ne quiets foie amoureuſe grace 


€ŒSrace 
Compaing derenom 
Trop defordonne 
Quefeft Softrenom 
¶ Zout habandonne 
Tout habandonne 


¶ Jalouſie 


vides videe quefpatfement 
Icy naueʒ a faire en rien 

Dides vides legierement 

Vous ne Bene;pae cp pour bien 


¶ Sot penſer 


A ſotoier eſt mon ſot penſement 
Qui deſſus moy aucun mal penſe ment 


Sot penſer ſuis qui en penſant ſotoye 
Tant ſotoart en penſant tant ſotement 
Sot aſſote ſans ſens nentendement 

Dour ſotoier vng chacun ce ſot oye 

Tant fotement en penfant mapenſoye 
Du péd fe fifdefin Ain ou de fope 

Que iap fife penfant a ma fiface 

Le fil damours iap frouue en ma Pope 
Voye mon cueur amoute ef me pouruoie 
Nien plus ne quiers foꝛs amoureuſe grace 


¶ Brace 
Qui eſt ce bon ſot 


A Bien pourpenſer 
Dit a vng bon mot 


¶ Sot 
Je ſuis fotpenfes 

¶ Jalouſie 
Sot alleʒ aillieurs ſotoier 
A ſot ne fault grace donner 


A tetʒ ſotz fauft ſouuent guetier 
Be ſot ſe fait il bon garder 


¶ Sot penſer 
Opes ce cliquet cliquetet 
La fieure Sous puiſt eſpouſer 
Vieille edentee et renfroignye 
Fiere enuieuſe ialouſie 
Sn ton deſpit ie voys danſer 
¶ Languiſſant 
Vous plaiſe nous grace donitet 
¶ Jalouſie 


Quefparfement:tant quaqueter 
Queres aifleure voſtre fofie 


¶ Sot 


Opez ce cliquet cliqueler 
Pa fieure vous piuſt eſpouſer 
Vieille eſdentee renfroignpe 








¶ Sſpoit 
Brace ne veult a nous parler 
Srace 


Hellas ie noſe mot ſonner 
Jalouſie meſt ennemye 


¶ Jalouſie 


Retirez vous ie vous en prie 
Sans a telʒ gens parlementer 


¶ Tout 


pes ce que cliquet cliqueter 
La fieure vous puiffe efpoufer 
Vieille efdentee et reſſongnee 
fauffe fumelle iafoufie 

En ton defpitie voys dancer 


¶ Languiſſant 


Sente de coꝛps dꝛoicte comme vne ſouche 
Dar deſpit faicte du puys denfer venant 
Noire / hideuſe / tres eſguenſlee bouche 
Sonneʒ vng don au poure languiſſant 


€ SEſpoir de patuenit 


Difaigeefqu:face defcouforee 

Corps contrefait par mortel defpfaifir 
Œncontre dieu ct nature formee 
Refiopffez efpoir de parue nit 


¶ Tout 


Hideux regart vieille deſcheuellee 

Gn fier aguet ayant fon cueur donne 
Soubʒ male bouche pieca endoctrince 
Noublies point fe poutre abandonne 


Σefot 


Dieiffe foiffarde de manfuais penfer pfaine 
Songe mafice pour fout contrepenfet 

Sote / bigote / aux dꝛays amans greuaine 
Radotee / noubliez ſot penfer 


¶ Jalouſie 


HKoz amys vous vous abuſeʒ 
Sentendꝛe lamoureuſe grace 
Tar quant ialouſie eſt en place 
Pꝛins p font fee plus fort ruſeʒ 


Dai iffauft que ie Joué contente 
Tenezʒ efpoit de paruenix 

De blant bouquet eff fort atterite 
Poux paruenit aſſeʒ faillir 


Panguiffant apmant fans partie 
Neſt pas damour iopr certain 
Bouquet blanc teneʒ ie Sous pꝛye 
Du eſt eſcript traueif en vain 


Quant aSous tout habandonne 
amour vain aueʒ tendu 

Quop quapez pour amour donne 
Si naurez Vous que temps perdu 


Sofpenfer pour fa recompenfe 
Fault fouuent a fungparuenir 
Moult remant de ce que cef penfe 
Tien:pꝛens fafer pour fe venir 


¶ Ee ſot 


Saint anthoine vous puiſt bꝛuir 
Meſgre ioue:plate perſonne 

Sſſe tout pour nous reſiouyrt 
Jamais np alons:mot or nen ſonne 


¶ Languiſſant 


Et queſſe y mes beaulo amans 
Regardons fe meſchans conqueſtz 
SEntendons les dit; des bouquetʒ 
Liſons quop/a peu de caquetʒ 
Entre nous poutres lanauiffans 
Noues nauous quetrauefen Bain 


¶ Jalouſie 
Pꝛeneʒ en gre.ceſt le refrain 
Qzout 


ae 
en 


aie regardes quor ma donne 
A mop fe tout Habandonne 
Je napicp que temps perdu 


¶ Jalouſie 
Ceſt le loyer en fin rendu 


ŒEfpoir de paruenit 


De paruenir me difigenfe 
Dour fouer nay que fofe atente 
Je ne puis entendre fee die 


¶ Jalouſie 
Sſperance paiſt les chetis 
d£e ſot 


Pour en ſotoye mon temps paſſer 
Moy qui fins nomme fol penſer 
Quap ie:laler pour fe venir 


¶ Jalouſie 


A cefa ne peus tu faillir 

Ainfi fauft que mes ſotz contente 
Drenezen gre ce que prefente 

Et foit Gien cecp entendu 

En fin damouts ceftfofe atente 
Ærauaif en Bain et tenipe perdus 


Σanguiffant 


Sachons mec ſeigneurs ic vous prpe 


Qui eſt ceſte fofe cruelle 
Σefot 


Ceſt enuieuſe ialouſie 
Que mauldite damours ſoit elle 


¶ Languiſſant 


Nuraude / rurale/rebelle 
Nebourſe / rude / rigoꝛeuſe 
Vuideʒ ialouſie moꝛtelle 


one de toute pface amourenfe 


CEfpor 


On fcet aſſeʒ voſtre cautefte 
Huetter amans eſteʒ ſongneuſe 
Nuraude / rurale / rebelſe 
Rebourſe / rude / rigoꝛeuſe 


Σefot 


Quant fon fup donne vng cop de pelle 


Aoire barboullee ct hideuſe 
Slle Bient auant quon lappelle 
Faulſe ialouſie enuieuſe 


¶ Tout 


Kuraude / rurale / rebelle 
Rebourfe/rude/rigoreufe 
Vuideʒ ialouſie moiteffe 

Dors de toute place amoureuſe 


Σanguiffant 


Sailleʒ hoꝛe amoureuſe grace 
Veneʒ cueur damans refiopr 
Jaſouſie auons fait partir 
Jamais ne reuiendꝛa en place 


€ Srace 


Daufe 


Que vouleʒ vous que ie Sous face 
Vous qui vouleʒ de moy ioyr 


¶ SGſpoir de paruenir. 


Saiſleʒ hoꝛs amoureuſe grace 
Veneʒ cueurs damans reſioyr 


¶ Tout 
Venez treſamoureuſe face 
Σanguiffant 
Venez de noſtre eſpoit ioyr 
¶ Sſpoir 


Venez roche de kout plaiſir 
Et doufp coffre ou tout Bien fe amaſſe 


¶ Le ſot 


Sailles hoꝛs amoureuſe grace 
Veneʒ cueurs damans reſioyr 
Jalouſie auons fait pratir 

Jamais ne reuiendra en place 


Regardez la fole grimace 
Zont elle ma voulu ſeruit 
ZBonne ma fa faulſe panaſſe 


¶ Grace 
St quoy 
¶ Ee ſot 
Later pour le ve nir 
¶ Eanguiſſant 


Amop lamoureux languiſſant 
Qui en amours tient tant ka main 
TCeſte ialouſie nupfant 

Ma pꝛeſente traueil en vain 


¶ GSſpoir 


Affin quifpuiffe fourrenie 
Que ma donne ceſte tegente 
A moy efpoir de paruenir 
Sſt oꝛdonnee fole atente 


¶ Zout 


Œtamop tout habandonne 
Pour Le bien ou iay tendu 

£a faulſe liſſe ma donne 

Vng bvert boucquet de temps perdu 


¶ Srace 


Vꝛays amans il Sous eſt bien deu 
A mon aduis plus riche don 
Chaſcun de vous fera pourueu 
Selon fon cas: ſonne bedon 


Œ£e ſot 
Sus tabourin: vne chanſon 
¶ Srace 


Bentil languiſſant doulcement 
Vous fais prefent de ceſte roſe 
Voſtre deſerte p eſt encloſe 

Qui eſt eſpoir dafegement 


¶ Eanguiſſant 


Voſtre mercy des bonnes fon treſpaſſe 
Ieme ſouffit ſeulement deſtre en grace 


ŒLrace. 
AVvous efpoir de paruenir 
Quiaue; ſuiuy nrainte fuite 
Teſte rofe vueille ſaiſir 
Qui eſt gracieuſe poutſuite 
ŒE fpoir de paruenir. 


Voſtre mercp ma terreftre mont iope 
Ffnemen chauft: mais quen grace 1e fope 


¶ Srace. 


Fopeup et tout habandonne 
En qui amour eſt toute ouuerte 
TCe guerdon vous fera donne 
Qui eſt atente de deſerte 


¶ TZout habandonne 


Je bous mercy ma plaiſance terreſtre 
Tout mon deſir au vꝛay eſt en grace eſtre 


¶ Srace 
Sot penſer de bauer na ceſſe 
Sot penſer eſt vᷣng ioyeux ſot 


Dour pꝛendꝛe repos ie fup laiſſe 
Et pour mieulx doꝛmir du piot 


¶ LEe ſot 


gi 


Je vous mercp grace:mais touteffoys 

Que iaye en fin vne ſouppe en Bo; pois 

Le prefent eff gracieuy ct courtois 

Je doꝛmiray iuſqua demain matin 

Jay du pauot: ſus ſus gentifs galoys 

Keueillons nous: ſonne hay tabourin 
Pour le congie 


¶ Languiſſant 


Adieu vous dys grace tres amouteuſe 
Au dcpartir humblement Sous pꝛiant 
Que Sa {oit en grace ioyeuſe 
Par voſtre vueil lamoureux languiſſant 


¶ Srace. 


Vrays amoureuv. penſeʒ amours ſeruir 
Bien fopaufment:car en fa bien ſeruant 
Vous en poureʒ bon loyer acquerir 

Adieu vous dp:ie pꝛens congie a tant 


¶ Gſpoir. 


Ceſte grace dueil touſiours pourſuiuir 
De paruenir ie ſuis foꝛt eſperant 
Adieu amans:adieu au departir 

Adieu vous dp:ie pꝛens congie a fant 


¶ Zout Habandonne 


Deuque grace ce bien pꝛeſent me donne 
Jꝰma fouffert: et deffe ſuis confant 

Le cueur/fc cope a amours abandonne 
Adieu Sous dp:ic prens congie a tant 


€Œ£efot 


Oꝛ auons nous fois banny iafoufie 
St tant chaſſee que grace parucnit 
Amis deHors £a foiffarde rotie 
Jamais ne puiffe en amours reuenit 


Pꝛince damous 1fnen fauft point mentir 
En grace ſuis plus que nufaufre amant 
Jay du ppotietie men voys doꝛmir 
Adieu vous dp: ie pꝛens congie a fant 


Chaſcun denous fut deufp contané 


Dour er parfer en bꝛief langaige 
Lors vis venir cheuaulx batant 
Derenoue vng gracieux meſſaige 
Ceſtoit ſecret pencer fe ſaige 

Qui de par ma dame eſperance 
Pour nous garentir de dommaige 
Apoꝛtoit lectres de creance 

Nous le receuſmes liement 

Zu mieulx que noue fe ſceumes faire 
En luy demandant doufcement 
Ses nouuelles:et de affaire 

Dec dames. Et pour nous complaire 
Iſ ouurit gracieuſe mené 

Les lectres ſans yriens foꝛfaire 
Sont tef fut fe commencement 


¶ Lectres 


Refchiereampe.pourfe grant bien 
de vous 
Jay enuope faint ſemblant eſpier 
Le conuiue de dangier fe ialoux 
Qui par tout fait ialouſiaux aſſembler 
Dour auy loyaulxt:le pas damours garder 
Et leur foꝛfaire a toute fa puiffance 
Oꝛ eft beſoing de fop contreguectier 
Ses enuieup ct de keur afiance 
Œar foufpecon eft Senu.a Rate 
De complaindte de vous et de Vos fais 
É£angue Bofaige:et parfer mencongier 
Luy ont de vous ditinfinis meffais 
Zen plus parer pour heure ie me tais 
on meffaigeBoue endira aſſeʒ 
Mais touteffoys ne defaiffes ia mais 
Lamoureuſe queſte que enipꝛiſe aueʒ 
Et au ſurplus:croyeʒ ſecret penſer 
Se cequifBous vouldꝛa de par nous dire 
Ie vous dira pour Boue acouragier 
Aucun ſecret qui neſt pas a efcrite 
Autre choſe nauons a vous deſcrire 
Dour fes perilʒ qui ſuruiennent en voye 
Et cefttreftoutrquineBouforoifredire 
Treſchiers amps a dieuquif vous doiét iope 
Et fauft Soufoir qui les lectres fifoif 
Incontine nt demanda fa creance 
Au meffaigier qui enuope eſtoit 
Lequefnous diff fans fairedemoutance 


¶ Secret penfer 


es chier freres fa treſnoble efperäce 
Et fopaufte et fa doufce prudence 
@ontenuope pour dôner afegence 
Aucunement de Sofîre defpfafance 
Lee dames ont cnuope faint fembfant 
Dour efpiet le fait de faulx dangier 
Conmmi vous vont fee lectres demõſtrant 
Lequel dangier fe cupde bien Vangier 
Dee vrays amane : pour leut faire oultraige 
Dar facquemens inhumains çinaufuais 
Mais ne doutez quif vous puiſſe eſtrangier 
De vꝛay amour:ne par dif ne par fais 


Æaufyv dangier: onftrageufe enuie 
Haine mefdit ct fole ialouſie 

Font des mauldiz vaudoys grant aſſemblee 
Dour deſtruire par grande fefonnie 

La graaeufe et amoureufe Sie 

Ses vꝛays amans par traBifon cefee 
Mais touteffope ilʒ ont fofe penfee 
ar fopaulfte cefle dame honnoꝛee 
Mande fee gens ct de pres et de loing 
Pꝛudence auſſi fera a fa iournee 

A grant pouoir de fa gent aſſeuree | 
Aclne fauldꝛoit pour riens a ce beſoing 


Et eſperance daufre paré 

Refait generalinandement 

Et fembfablement doufp regarf 
Dar trefeftroit commandement 
Deez cp fe fait entierement 

Et fe fecret de ma creance 

aie ne Joue doubte; nuffem ent 
Be dangier: ne de fa puiffance 


Vous aurez ce nobfe ſecouts 

Tontre tous ceulx qui fontnupfance 
Aus Bons loyaulx ſubiectz damours 
Je vous en apporte affeurance 

Au furpfus ma dame efperance 
ous fait vne feufe requefte 

Ceſt que demain fans demourance 
Entrez en lamoureuſe quefte 


Et pour entendꝛe fa raiſon 
Se (on ymaginacion 
ain aura cours et ſaiſon 
Joyeuſe conſtellacion 
Pource a elle deuocion 
Que demain vous lentrepreignies 


Et ſelon fon entencion 
Que a ioyeuſe fin en viengnies 


Ævop Bien aurez de grans heurs a paffe t 
Dar fe pourchas de danger et fee gene 
aie a fa fin il fe deura faffer 

ar apres ce quif aura en fon temps 
Lieſſe aura fes banieres auy cham ps 
Adonc feront fee loyaulx reſiouys 

Et fes hais:faulx fopaufp mefdifane 
Lois ne feront deuant raifon oups 

Et Bon aduis parfa mouft faigenient 


¶ Bon aduis 


S Scret penſer mon frere ef mon amp 
y ous deude Bien mercie; hublement 
Efperance et les dames auffi 
St Sous apres : cat feur Bonne mercp 
75 ont mande pour nous tout feu effort 
Contre dangier no mortefennemp 
Quine noue Det que de Fa Belle mort 
ais touteffope de riens nauons doubtance 
Ne de dangier ne de fon afiance 
Æantque fopons en fa garde des dames 
ac fe pouoir/fa force et fa puiffance 
Seſperance / lopaulte et prudence 
Surmontẽt to? faulx g mãcongiers blaſnes 
Ees enuieuy ſen tiendront pourinfames 
Œar en fa fin ilʒ perdꝛont coꝛps et ames 
A ceſte fope ſelon ce quif me ſemble 
216 en prennent ne par ſoꝛs ne pat charmes 
A noue charger daucuns vilains diffames 
Leurs malices:ef eulx periront enfemble 


St par dieu qui men vouldꝛa croire 
Noſtre quefte fe acheuera 

Si Bien quif en fera memoire 

Tant queBie nous durera 

St demain on comniencera 

Bien matin fa quefte amoureuſe 
Puis quefperance mande a 

£a confteflacion iopeufe 


¶ Eacteur 


Dis hault vouloir à tant eut hault 

couraige 

Etfeplaintif amant / et fe meffaige 

ESt moy auffi tin ſmes foppinion 
qui 


De bon aduie pour Bien dicfe:ef poux faige 
En defirant fennup et fe dômaige 

Be noʒ nuyſans et feur confufion 

Eten ce foir/pufmes concluſion 
Aſſembleement tous dune affection 

Be nousmectre en famoureufe queſte 
Œt facheuer par grant deuocion 

En reuerence et vraye intencion 
Maulgre danger et [a gent deſhonneſte 


Gtainfitoue cinq fe iurafmes 
Dour acompfir noſtre promeffe 

GSt treſdeſirans nous trouuafmes 
De faire ennup grief et rudeffe 

A enuie cefte traifireffe 

Qui noue blecoit par fauffete 
Mais en fin actendions fieffe 

Dar fe fecoute de fopaufte 


Nous nenafmes ce foir grantiope 

Dour feflier fecret pencer 

Et dieu fcet quef plaifiriauope 

A ouyr chafcun Bien parer 

St courageuſement vouer 

Haulv veuv tous a lhonneut des dames 
Ceſtoit plaiſir a eſcouter 

Ce que pout fheurenous Souafines 
Apꝛes mouft deſtranges propos 
Bontnoue parlaſmes longuement 


MTL 
Pen 


| 


ES 
= 
=| 


= 


FUIT 
Qt 
EI 


— 
AU 
on 


— 


Zreſtous alaſmes pour repoe 
Auv litʒ tendue bien gentement 
Que nous trouuaſmes richement 
fais/et parez de toutee choſes 
€t charges trefefpeffement 

Be ffeure odoꝛans et de rofee 


€efte nuit affezrepofafmes 
Comme iuſques a faube du iour 
Et a cefte heure nous feuafmes 
€omimeennupezdefong ſeiout 
Et chaſcun fe arma a fon tour 
Legierement a qui mieufo mieuſx 
Bec armee de fopafamonr 

Dour fop garder des enuieux 


Aſſeʒ toſt fuſmes appreftee 

Montez et armes richement 
Seſirans et entalentes 

Sacomp lir fouuerainement 

£a queſte que ainoureufement 
Auions fe foir deuant emprinfe 
Pont de puis euſmes maint toꝛment 
Dar trahiſon et par faintife 


¶ Icy fen Sont a Bngchafleau enuiron 
ne defpinee ct de roncee/et trouuent dans 


gier ç autres qui fe combatent cõtte eulx 








at ceufp quifes noue apporterent 


D3deuv pauillons fer allerent 
LES ainfiquiG eftoient Senue 
Au rappoiter furent tenus 
Bon aduis fcauoit mieulx que nus 
Qui fuffent er Ca compaignie 
Que ilʒ eſtoient deuenus 
ar ce eſtoit par fa maiſtrie 


Gt fans en faire fongue enquefte 
Aous nous miſmes fongneufement 
En fa noſtre amoureufe quefte 
Tous dung commun affentement 
Moitie par fe conimandement 

Se fa gracieufe efperance 

Et moitie par vng mandement 

De defit ardant en plaiſance 


St ainſi nous nous er) afafmes 
Dar my ce pays tenebꝛeux 

Et Bien fonguement deuifafmes 
Ses armeures auantureup 
Ses amans et des oultrageux 
Faitz de dangier le ſaulx villain 
Et dec langaiges dommageux 
De mauldicte langue ſans frain 


Tandiz que les autres parloient 

Be maintes choſes ie penfope 

Aup tenebres qui noué couuroient 
Sont gramment ie mefbaiffope 

Ainſi en penfant remirope 

Lee maufp quont fee vꝛais amoureup 
Ætme ſemble que ie difope 

Quifs eftoient trop doufoureup 


TCeſte penfee dura tant 

Que nous vinſmes pres dune tour 
Dur Bne haulte roche eſtant 

En lieu gaſtz et hideux deſtour 
Clous deſpines tout a lentour 

Se tonces et darbꝛes poingnans 
Et £a eſtoit fe dꝛoit ſeiout 
Saucuns deſloyaulx ſacquemens 


Er apꝛouchant de ce lieu tant eſtrange 
Lous oupfmes vng mouft doufoureug «y 
Entrerompu de foupire/de reuenge 
Olungie en pleure couuers comme a demp 
Settant fangfouy poux trais de hay np 


Dar fa rigueut de dame e xtoꝛcion 
Moꝛt / vien amoy ie languis trop icy 
Ainſi pꝛenoit ce cry concéufion 


Hous cinq par long temps eſcoutaſmes 
Et pour tout opt arreſtaſmes 

De Le cry ſen effoꝛceroit 

Pluſieurs dieulo ſentiers reuerfafmes 
ant quen fin fe chemin trouuaſmes 
Qui affoit ou Fe crp efloit 

Et cefloit Sng chemin eftroit 

Dng pas dangereus / vng de ſtroit 

De foꝛte entree 

Du dangier fee tirans tenoit 

Dour tormenter af quifqueroit 

Hope defirce 


Zantofique nous fufniezentreé 

En ce fier chemin efpineux 

Aſſaillieʒ fufmes a deuy fee 

Dee mauldis Baudois enuieuy 

Qui ainfique tous furieup 

Bettoient groffez pierres de faie 

Dour nous donimaiger en touc lieux 
Ou pour nous ſuppꝛendꝛe aux abbais 


A6 gettoient a dextre et ſeneſtre 
Pur nous tous ſi menuement 
Que ceſtoit grant pitie dy eſtre 

A nous qui nauions nuflement 
Pouoir deulx faire encombrement 
Dour fa dure roche entaillee 

Qui ne nous fouffroit nullement 
Auoir ces gene en no Baiffee 


TCar ilʒ efloient au deffus 

Et nous eftione en fa vallee 
Œtmaintenoient leurs argus 
Dur nous comme gent fozcenee 
St nous courione de randonnee 
Tant que cheuaufp pouotent affer 
A refne tout Sabandonnee 

Dour feure mafices eſchiuet 


Sn ce lieu deffroit fufmes toue 
Aaurec malicieufement 

Dar groffes pierres dourbes coupe 
Qui tomboient fur noue fierement 
aie tant feifines finabfenient 
Que nous Binfmes iufqua fa plaine 


Et noʒ nuiſans ſen Sont fuiant Zous enſemble nous deſcendiſmes 


Dieu kes mette en male ſepmaine Dour veoir Le piteux atour 

Su lieu dont trefgrant froit fentifmes 
Nous ne fuiſmes pas apꝛes Gt aſſez clerement opfmes 
Trop longuement Le «xp dont fe coꝛps ſouuent pafme 
ar tes Bois eftoient au plus pres Su queftous dung accord difines 
Certainement Que ceftoit cp de homme ou de femme 
Qui fes tranfgfoutit franchement 
St les dcliura de no; maine Œ'£ommentapies quifs ont chace dan⸗ 
Dont nous tournaſmes viſtement giet ilz trouuent au chaſteau vVng amou⸗ 
Vers fe crp des donlouteux plains reuv en pꝛiſon enferre et enferme Bien eſ⸗ 

troictement. 


Quant noue vdinſmes deuers fa tour 








NN 


9* —R 











ù S 
dE SA LL LE D 
MN cefle four de defconfort Œn cefte pꝛiſon doufoureufe 
Se tous leʒ dafpie froit gfacee Done — faulſe SEE 
Ærouuafnies comme ademp mort Qui la rendoit ainſi friffeufe 
N2 Dngieune homme a face efpfouree 
Œt fa chair murtrie et nauree Vous loyſſies dung foing trembler 
En tous ſens par coups inhumains Se froit et tout fon coꝛps mouuorit 
En priſon foꝛte et Bien feꝛmee St dent contre dens matteller 
Enferre des pieds et des mains Tant que ceftoit pitie a veoir 
— Anous tous/et a dire voir 
On iugoit Gien a fon ſemblant Le fieu eftoit froit a ouftraige 
AQuif auoit eu dure pꝛiſon pfue que nufne pourroif fcauoir 
Son cxoꝛpe / alloit touſiours tremblant Sit neſtoit a merueille ſaige 


Pour laſpꝛe froit de meſpꝛiſon 
Qui tous temps eſtoit de ſaiſon Nous regardafmes longuement 


Ce ieune homme et fa grant doufeue 
Sans quil nous ſceuſt aucunement 
Niens racompter de ſon maleur 

Et certes ceſtoit grant hoꝛreur 
€omment iftrembloit afpzement 
fous en auions toute freieur 

2 fe regarder feufement 


Touteffois en vng doulvx fangaige 
Sntrerompu piteuſement 

Par froit dont ceſtoit grant dommaige 
fnoue pꝛia bien doulcement 

Que nous le miſſions ſeulement 

Hoꝛs du fieu qui tant froit eſtoit 

ODu il mourroit pꝛochaine ment 

Selon ce quifnoue racomptoit 


Œtpour ce le miſmes nous org 
De celle pꝛiſon defpiteufe 

Et quant il ſentit fair frais / loꝛe 
chonſtra if chere aſſeʒ ioyeuſe 
St la froidure rioteuſe 

Qui le contraingnoit a trembler 
Je ſembloit pas fi vertueuſe 
Aincops faignoit de (up ſembler 


Quant noue viſmes quifreuenoit 
Vng petit en profperite 

Œtque for grant maf facroiffoit 
Apres ceſte aſpꝛe aduerfite 


— — — 





Nous en fuſmes en verite 
Treſbien ioyeux parfaictement 
St par grande legierete 

Le defferraſmes pꝛomptement 


Be fois en autre il paliſſoit 
Tant qui ſembloit que kame yſſoit 
Zu coꝛps pat treſgrande contrainte 
Autre heure foꝛment ſouſpiroit 
Et ſi angoiſſeux maẽ tiroit 
Quil ſembloit auoir vie fainte 
Vne heure il refaiſoit conplamte 
Se paine petitement plainte 
En termes obſcurs a merueille 
Autreffois gettoit larme mainte 
Dont fa face eſtoit toute painte 
Qui eftoit chofe non pareille 
Et pour le vng peu reconfoiter 
Bon aduis bien et doulcement 
£up commenca a demander 
Ze (on fait a quop/ne comment 
Flauoit fouffert tef toument 
En fidefpiteufe pꝛiſon 

t le ieune amant vꝛaiement 
Luy en rendit Gien (a taifor 


¶ Coniment famant apres quif eſt deffet 
Fe racompte fa maniere de [a pꝛiſon 





A Vous mercier humblement 
NL De fa legence du martite 

Que pas ne fcauroie defcrire 
Bont par vous fuis Dore quittement 
ais pour auoir plus clerement 
£a congnoiffance du toꝛment 
Que iap endure par maint iour 
Soubzʒ Le maudit gouuernement 
Daucun poutre commencement 
Gn cefie deſpiteuſe four 


ESEſſeigneurs pour fe voit Bou dire 
ELLE ne pourrope pas fuffire 


It eſt bien vꝛay quen fa ſaiſon iolie 
Du ieuneſſe damoureux fais fafie 

Je mefbatois en fa doufce contree 

Du dieu damours fans quen fa ſeigneurie 
Je tinfe a fois de euute ne dentpe 

Dont beaucoup moine Bafope a fa iournie 
Tel que iefloie/me pourmena penfee 

Au eu nomme iopeufe deflinee 

Du feiournoit mainte dame de prie 

Et doulo regart/tiroit a fa volee 

Traict de plaifance amoureuſe et cefee 
Sont ie metins a fa parfin pour prie 


ar Bug fraict perca doufcement 
Mes peufo ſans feur aucunement 
Douter ne ennup ne greuance 

Ce mefme traict en Bna moment 
@e Sintnauret fembfabfement 
Jon cueur damoureufe plaifance 
Ceſte Bfeceure fans oultrance 
Mamaint ennuy fans defpfaifance 
fait ſouffrir a mon entepufe 

En querant dueif ſans dofcance 
St lieffe en doufce nupfance 

St mort par Soufente requife 


Ain ſi naure comme ie die 

Ay recefe ma mafadie 

Sont iap efle mie es efcripe 

Be ceufo qui apment fane parfie 
Jap poite fout feufma fofie 
Ainſi que apꝛes Sous me oꝛes dire 
Dans auoir fa chair tant hardie 
Be dire ce qui eftoit adire 


Jay efle par grande faifon 
Æn fuBiection de penfee 


Qui difoit que ceftoif raiſon 
PBacheuer feuure commencee 
Sans ce queffe ſuſt decefee 

A amours tant fuft er fecret 
Honte en ouuroit a fa teftee 
Dont ie fus pꝛis au trebuches 


lime fuffifoit grandement 
fire nautc par doufy regarf 
Dane que ienquiffe aucunertiené 
Bueriſon ne tempre ne fart 
Eten ce point fe dieu me gart 
Dour fa paine quap foubftenue 
che fuffifoit pour bonne part 
Dne treftoute feufe veue 


“ap efte par grant fempeainft 
Sans rene dure demon affaire 
Ale a ceffe requerir mercp 

Qui de for bien fe pouoit faire 
Car ie doubtoie a me meffaire 
Æn requerant affegement 
Pause 1e croiron fe contraire 

A Bien petit de ferment 


Tant fuie affe tant ſuis venu 
fauve conune dit eff deffue 

Que grant dueifmen eff ſuruenu 
St plus que ne fiſt oncque a nuls 
Tar penſee me mena fa ius 

En bng chemin moult perilleux 
Tant naute que ne pouoye pſus 
Aller par ceſt lieu merueilleux 


Les faulx villain faiffp courage 
Laſchete de cueur/conardie 
$onte/paour/crainte ſauuaige 
24 grant Gerpaiffe et meſgnye 
Sen vindꝛent pat grant fefonnie 
Se treffoutes parc me aſſaillit 
St dieu fret queffe tirannpe 


A6 me firent adonc fouffrie 


Pꝛis fus a petit de deffence 

Se ces ſacquemens inhumains 
SEt pour me faire plus doffence 
Lie fu5 par piedz par mains 
Eſtroictement par grans villains 
Lais / hideux / et deffigur 

Se treſtoutes — plains 





St a enuie tou iureʒ De ce ieune amant ſans partie 
Pour luy aider encontre enuie 


Lung me bouſtoit deſpitement Et tous ceufo qui luy vouldꝛoient nuyre 
Pour faire aux autres grant plaiſit Pupe quil eſtoit de la meſgnye 
Zautre me tivoit aſpꝛement Pamoure que dangier veuit deſtruire 
Pour moy greuer de deſplaiſit Je 
Autres ne venoient eſcharnir Ainſi que nous parlions a luy 
Et dire pluſieurs grant ouftraige Joue opfines de trefbien loing 
Aucune pour mop auillenir Vng merueilleuſement hault 
Me venoient cracher au viſaige Qui ſembloit bien auoir be ſoing 

De gide / dont tous er grant foing 
Et les plus piteux de fa route Fuſmes pour laler ſecourir 
@e frappoient de gros baſtons St tous eſcoutions a ce coing 
Et iouodient a fa ſaqueboute Qui faiſoit la voix retentit 
De moy maine oultrageuv garſons 
St me nauroient a taftone Te cxy touſiours ſenfoꝛciſſoit 
Cueur et coꝛps generalement Dar fe boys qui retentiſſoi 
En ciant. Oꝛ a kuy /frappone Etnous haſtoit de ſecourit 
Dur ceſt maloſtru garnement Et le dueil qui du crp yſſoit 

Et noʒ cueurs fort nous marriſſoit 
En ceſte facon fu mene Et nous faiſoit ſouuent fremir 
Juſques a cefre maudite tout Dour fetrefaurer defpfaifir 
Et la ie feuʒ empꝛiſonne Quen doute nous opone ff ouffrit 
ncontinent et fans ſeiour Acil qui ainſi ſeſcrioit 
Et batu de nuyt et de iour Que noue iugions pꝛeſt a mourit 
Enferre de pied et de mains Ainſi que nous pouoyons opr 
Chargie de froit tout a lentour Har fa Boip qui de loing venoit 
Qui me rendoient toꝛmens maine Eoꝛs ſecret penſer ſeſcria 

A haulte voix et diſt ainſi 
£aa eſte fe purgatoire 
Du iap fait fongue penifance ¶ Secret penſer 
Et amere:ſans que en memoire 
Suſſe dauoir fait quefque offence Alleʒ bien toſt a ce cry la 
Digne de fiafpre Sengence SEt ie feufdemourap icy 
Se laquelle par voʒ venue Tar ie cuide fa dieu mercy 
Jap ſeure et bonne deliurance Sauuer ceſt amoureux mafade 
En treſbien heureuſe aduenue 

Σaiteur 

Et quant ifeut tout racompte 
Dee maufy/if fe miſt a genoufp Œtainfi partifmes de fup 
Difaut en grant funrifite Dour acheuer cefte ambaſſade 
Je Sous metcie humblement tous ant que cheuaulv pouoient courte 
Qui ſuis cp deliure par Sous ous prifmes adoncques a courir 
Des maufp que mon cueur porte a Dour celluy qui crioitrecoutre 
Et hault vouloir courtois et doufo Et des fattonefe fecourir 
De terre adonc le refeua TCar les murtriers faiſoient mourir 

Mains vꝛays amaus par leur ouftrage 
Et luy paroffrit plainement En ce boys de dur defpfaifir 
£up ettoute fa conrpaignie Sont ceftoit pifie et dommage 


Be fon cueur/au conunandentent Aousentrafmes dedans fe boys 


Sans tenir ne chemin ne Bope 
Sinon en enfuinant fa Soip 

Be refroidie et motte ioye 

Apres hault vouloir cheuauchoie 
Et les antrec ſemblablement 
St touſiours fa Boieefcoutope 
Quitant ſe pfaignoit afprement 


Tant cheuauchaſmes que nous veiſmes 
Parmy fa grant foꝛeſt eſpeſſe 

Celluy que de fi loing oyſmes 

Laure au cueur a grant deſtreſſe 


£amant 2 
> 


Es fortune te fe doy Bien maldire 
Quant a mop feuf cs plus cruefle 
q̃ au demourât de ceufp à ſot fur fetre 
Hetas amours que me Bauft a fe dire 
Foꝛs feufement a degoꝛgier mon ire 
Qui malle ment pat fa fureur ma terre 
Dueiftecele fe poutre cueur me ferre 
Si ſerrement que riens ne fe deferre 
os pleure et cry nourry en deſplaiſance 
Jeny (cap plus autre confeifrequerre 
Foꝛs a moy mefmes entreprendre vne guette 
Pour racompter au long ma dofeance 
iap dieu damoure ie ſuis de mon enfance 
Tien figement et de fop et dmaige 


ee foꝛtune et par fa rudeffe 

ont if fe pfaignoit mafement 
En fa blaſmant par gant afpreffe 
Ainſi ou bien ſemblablemeni 


¶ Lamant fans partie 
¶ Comment lamant fe complaint a foꝛ⸗ 


tune/et fes autres leſcoutent mucez derrie 
re vng buiſſon 


\ 
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N 
KR 
À 


— 





St tay ſeruy de toute ma puiſſance 

De coꝛps / de biẽs / de vueil g de courage 
Etap fouffert que par ton doufo meſſaige 
Aies affis mon cueur a fa pfaifance 

Mais ma fortune eſt fierement fauuaige 
Tar ie ne puis auoir que deſplaiſance 
Betop mon dieu ne me vueil pas plaindre 
Mais ie te pp eſcoute ma complainte 

“Jap tant ame ſans en amours me faindꝛe 
Quen paradic neut oncques faint ne faincte 
Quitant aymaſt de fon gre fane contrainte 
Que iapme ceffe que ie tiens madame 
Dont defpfaifir me donne telle efirainte 
Quen chaſcun iour cent mille fops me paſme 





¶ £acteur 


ant noue opfnres fon fangaige 
Qui tant fut pfaifant a entendre 
Bien copment fans nufrauaige 
Douffifmes des cheuaufp defcendre 

Et nons affeorr pour ieufo comprendre 

Le demourant de (a compfante 

Dans ce quen riens il ſceuſt apꝛendꝛe 

Que nous eſcoutions ſa plainte 

Lamant ainſi continua 

Da complainte piteuſement 


¶ Lamant fans partie 


Ellas amours et qui pourra 
Dire lennup et fe toꝛment 
Que iendure pour lopaument 
Aymer ce que ie doy aymer 
Eaymer meft chier amerement 
Quant en lieu de doulx nay quamer 


Pour aymer ma ſeule pꝛinceſſe 
on ſeul bien:ma feufe lieſſe 
Mon ſeul et ſouuerain deſir 

Ma ſeule dame:et ma maiſtreſſe 
a ſeule ioyeuſe richeſſe 

Mon eſperance et mon je 
Tout mon vueil:tout mon fouuenir 
Tout ce que iay voulu choiſir 
Pour auoir du tout ſuffiſance 
Plaiſe vous le tout voſire oyr 
Vꝛape amour que tout vueil cherit 
Que ie nay de dire puiſſance 


Ha doulouꝛeuſe deſtinee 

Qui ta la puiſſance donnee 
Que tu Beufy fur moy excercer 
QNupt et iour: ſoir ef matinee 
Quant par angoiſſeuſe penſee 
Me martirizer ſans ceſſer 
Zueil ſans ceſſe me vient preſſer 
Pꝛeſt touſiours a recõmencer 
Se penſee vient aucunement 
Ga ceffee ioye appꝛeſſer 

Et ma deſplaiſance auancer 
Et me faire viure en torment 


St quant iay bien par fout penfe 
Je me trouue deſauance 

Par force daymer fans partie 
Et de mon mafrecompenfe 
Petitement et auance 
Largement er) mefancoffie 
Zouteffope ſoit fene ou fofie 
on vouloir iamais ne fe pfie 
Œn autre plop quamoure Ca mis 
Aine tient pouc {a danie et amye 
SEt tiendꝛa tant quil aura vie 
Celle ou aniours a mon cueur mis 


Amo urs ſouuent me fait fremir 
Tremibler / rougir / froidir / balli 
2e veue / doupe/ou de penſee 
Sans raiſon / aller ou venit 
Songier en parlant / ſans tenir 
Pꝛopos en riens de choſe nee 
Amour me fait mainte nuytee 
Faire dec chaſteaulx de gelee 
Quant ie me cupde mieutv doꝛmir 
SDont raifon eftroutetroubfee 
Pour fa paine defordonnee 

Que inceſſammient me fauft fouffric 


Se ie fuie en lict ou en couche 

Se ne me puis ie repofer 

Tar deſir ſi au vif me touche 
Auf meſt force de foꝛt re ſuet 

Et me fait/puie dung fes tourner 
Huis dung autre er diuerſe guiſe 
Et deftourner et retourner 


Mille foys a [a belle guiſe 


Se ie doꝛs auec mon amp 

Et dauanture ie sefuerfte 

Pour aucun ennuy et ſou 
Incontinent ie fe reſueilke 

Et fault quauec mop if veille 
VHueille ou non:pour ceſte nuytee 
St racomptons mainte merueiffe 
Tant que ceſte nuyt a duree 


Si ie ſuis ſeul ſans compaignie 
Jentre en moꝛtelle reſue rie 

Et dures ſamentacions 

Et ap tant de melancolie 
Tant de dueil / tant de fantafie 


ZTant de menues oppinions 

Tant deſtranges concfufions 

St tant dimaginacions 

Qui font dce chaſteaulx er efpaigne 
Que nuf fans faire fictions 

Sen feroit decfaracions 

Dont mon cueur pfaindene fe daigne 


Souuent en mon doꝛmant treffaufo 
Aſpꝛement pour fes grans trauaufo 
Du dame foꝛtune ma mie 
Je reſue / ie fonge/ie faufo 
—* batailles et aſſaulx 

e ceulx quoncques ne furent Bife 
Je pers ſens / maintien et aduis 
Tant me trouue damour eſpꝛis 
St ſemblablement le retrouue 

e chante / ie pleure / ie ris 

e fais aucune amoureux die 
Ainſi fuis mie a toute efpzeuue 


Dour moy de ma doufeur vanger 
Je pere le boyꝛe et fe manger 
Et Dex mortellement ma vie 
Dumonde me vueil eſtranger 
Œt cent mille pꝛopos changer 
En vng moment pat fantaſie 
Je penfe et fi mentroubfpe 
En penfant:puis en frenafie 
Jentre ſi fort que point ne dore 
Et nay puiffance ne demye 
Be congnoiſtre ma folie 

Ne ie ne ſcay qui ie ſuis loꝛe 


Je ne ſuis beſte ne oyſel 

Ains ſuis dhomme eſpirituel 
Qui ne ſcay ſe iay mal ou bien 
Je ſuis comme ange corporel 
Du cõnmie aucun coꝛps immoꝛtet 
Oꝛ me dictes ſe ie dis Bi 

Amours dira que ie ſuis fier) 
Ouſtreement ſans que iaye rien 
Pour choſe que ie puiſſe dire 

Gn moy qui ſoit propꝛement mien 
St ſeulement et tel me tien 
Sans iamais nul iour contredire 


Et qui pis meſt que tout cecy 
Amours ne me veult a mercy 


——————— ma requefle 

nt ie me treuue er) grant ſoucy 
TCar ie cuide auoir bien ſerui 

Et vueil bien quon en face enqueſte 
Hellas amours ie dop requeſte 

ESt ie cuidoye ma grace pꝛeſte 

Ayeʒ aumoins en ſouuenance 

La kongue et ennuyeuſe queſte 
Du iay tant ſouffert de tempeſte 
Que de dire nay pas puiſſance 


Jay ſouffert pour querir plaiſance 
Vne aſpꝛe et dure penitence 

Mains durs iours / maintes froides nuys 
ap eſte par impacience 

Maintes foys naure a oultrance 
Se grans paines et longs ennuys 
Pour plaiſance que ie pourſuis 
Jay ſouueni effoys garde fupe 
Benupt:a fa pluye et au vent 
Dans en auoir amende:puis 

En riens doubtant deſplaiſant ſuis 
Que mort mer ſouhaicte ſouuent 


ap endure maintefroidure 
Zonnairre / fouldꝛe et nupt obſcure 
Gelee / greſle/ et pluye peſante 
Noif eſpeſſe fans couuerture 
Mainte dure mal aduanture 

Des ſuccrops dennupeuſe actente 
Dfufieure deſplaiſances de rente 
Ay eu en des nuys plus trente 

Du feruice du dieu damours 
Hellas if conuient que ie fente 

Les doufeure:fans que amours faffente. 
Que pitie face ſon ſecours 


Apres Bient def it qui meſueille 
Et me met fa price en loꝛeille 

Si enrageement que ceſt rage 

SEt adoncques te mappareille 

A opr ſamours appareille 

Ditie pour moſter de ſeruaige 
Souuenir a ſon aduantaige 

pe reffait main plaiſant meſſaige 
De celle qui na fa pareille 


Ainſi ſuis par commun vᷣſaige 


Naure par leur plaiſant langaige 
ar chaſcun deuf me difmerseitfe 


Ettouteffops foutes ces paines 
Sont perdues:et ponr moy vaines 
Puis que iayme ſans eſtre ayme 
Pource ap ie par maintes ſepmaines 
Endure douleurs inhumaines 
En mon poure cueur recelle 

Et affin que ne ſoye blaſme 
Samours:a qui iay tout donne 
Je maintiendꝛay toute ma vie 
Foy a ma dame et loyaulte 

Et pour en faire a fon bon gre 

a voulente foit acomplie 


O Sauft dieu damours feiofaffe 
choult voulentiers ie demandaffe 
Que par ta bonte et franchiſe 

Tu me feiffes entrer er) grace 

De celle que toute autre paffe 
Dar grace efpeciafe acquife 
Hellas crainte en ſeroit repꝛinſe 
Ses enuieup plains de faintiſe 
1 chargant lhonneur de ma dame 
Pource:na loy mon entrepꝛiſe 
at fhonneur a crainte requiſe 
2 fa contregarder de blaſme 


Et certes mieulx vouloye mourit 
Quen riens ſon deſhonneur ſoufftit 
Son ennuy ne ſa deſplaiſance 
Puis qua loyaulment ſeruir 
Amours ma voulu aſſeruir 

En la conduitte deſperance 


Σacteur 


Ce mot fift amant fifence 
€ommeapantamerenupfance 
En foufpirant parfondement 
Tomble et plain de defefperance 
Renouuefa fans demoutance 
on ap comme pꝛemierement 


Apꝛes ce cry ſouldainement 
Opſmes vng terrible eſcrois 

Se tempeſte: g cerfaincment 

TE ſembloit quon pleſſaſt fe boys 
Æant eſtoit hoꝛrible la voix 

Ses deſloyaulv diables vauldoys 
SDont tous enſemble touteffoys 


Feiſmes le ſigne de la ctoix 


St tantoſt a cheuaufo montaſmes 
Pour cuyder aler vers lamant 

Danse partie: mais nous ne trouuaſmes 
Vers luy ſentier petit ne grant 

Et ceſt amant comme ſcauant 

Seſtoit boute au plus eſpes 

Se ceſt foꝛeſt pour garant 

Sont nous en eſtions aſſeʒ pꝛes 


Bon aduis qui oyt la noiſe 
¶ Bon aduis 


Iſt loꝛs: ſeigneurs fa gent vaudoiſe 

Vient icy faire ſacrifice 

Aenuie fa felle pꝛagoiſe 

Nous oprrons ains quelle ſen voiſe 
Faite vng Bien gracieux office 


¶ Lacteur 


Hauſt vouloir qui tant pꝛopice 
Qui nauoit ſur ſuy quelque vice 
Commenca vng peu a ſoubʒrire 


¶ Hauſt vouloir 


Siſant on en fera iuſtice 
A dieu plaiſt:car leur grant malice 
Requiert fe feu pour tout martire 


i¶ Comment dangier / envie / 
diuiſion et leurs adherens ſont 
armes de Biciffes armeures / de 
Sieufo baſtons / iacquetz et au⸗ 
tres vieuſvx inſtrumẽs de guerre 
pour faite vne aſſemblee contre 
lamant et fes compaignone/ ef 
facteur fes regarde, 





NRes de nous en vne dalee 

N 7 oute pfaine: aſſeʒ large cfee 
De fifi fa Bpdeufe affemblee 
De kla mauldicte gent damnee 
Denuie fa vieille enragee 

Vanldoiſe enfumee / foꝛcenee 

Qui eſtoit pfue deffiguree 

Plus laide: plus encharbonnee 
Duonc on ne paigniſt lucifer 
Zzouteffops effe ceftoit fardee 
Bequefque ſuifa cheminee 

Aincoys quelle partiſt denfer 





Ceſiuy mauluais et enuieux 
€ (puit qui ſe nomme enuie 
Auoit a lentour de luy deux 
Faulv eſpris de ſa lignee 
Siuiſion np failloit mye 

De luy obeir comme a chief 
Et trahiſon et menterie 


De ſuiure refaiſoient meſchief 


Apꝛes ceſte belle maſgnie 
Neuenoit dangier fe vilain 
Qui faifoit chiere refroignee 
Ainſi que ſil moruſt de fain 
de villain tenoit en fa main 


Vne grande vieille maſſue 
Comme lieutenant ſouuerain 
SZenuie fa vieille barbue 


Ce vilain dangier reffroingne 
Sſtoit faut et deffigure 

St comme vng poꝛt mal engrongne 
Contreffait: boſſu g hure 

Et hideuſement efcure 

Disque Bng galopin de cuifine 
Nulle fope en ce point pare 

fut dangier a fa fongue efchine 


Vng grant Bieil iacque fafe ef oꝛt 
Auoit ce vilain endoce 

Dour cupder trancher du mulloꝛt 
En fon patois pfain dc fierte 
Puis auoit par nouuellete 

Da groffe tefte entouaillee 
Dune iouaille en verite 

Due noire qune crameillee 


St cent mifle petie dangiere 

Le fuiuopent teſtes leuees 

Qui fembfopent dꝛoiʒ charbonniers 
Tant auoient feur chair tainturee 
St noircie et deffiguree 


Ainfiquon fe Soit a foeif 
Que tous aferent a faffembfee | 
Dour faire a tous vꝛays amans dueif 


Lung de ces petis bangereaufo 
Auoit vng dart tout enfume 

Et lautre auoit grans paleteaulv 
Sung vieil iaſeran deſmaillie 

Vng vieil baccinet enrouffe 
Poꝛtoient aucuns pour tout potaige 
Vng autre eſtoit tout deſpoullie 
Dour mieufo courir a lauantaige 


Pluſieurs nauoient que efpee 
Œncores eftoit efferompue 
Aucune lauoient efpointee 

Et autres au miffieu fendue 
Le plue la poꝛtoient toute nue 
Par defauft de couuerture 
Oncques maie plus fiercBenue 
De telʒ gens ne Bit creature 


Eung poꝛtoit vne demie fance 
Lautre vng eſcu / lautre vne targe 
Zes autres ſelon feur puiſſance 
Auoient haches pour toute charge 
Auttes auoient vng fer large 

En vng baſton defpitement 

Et aucune fe couuroient de farge 
Bendee de fer fourdentent 


Ce fembfoitSne paſſion 

Painte qua Voir ceſte merdaille 
Qui ne deuoient compaffion 
Auoir de nulle gent ſans faille 

Et partie de ceſte frapaifte 

Vng hideus mail de plomb poꝛtoit 
Bupyſarmes deſtoc ef de tailke 
Lautre partie rappoꝛtoit 


Brief : ceſtoit Vne grant hideur 
Se leurs crueulx habillemene 
Auffiauoientif; a ſeigneur 

£e pire de tous garnemens 
Œttef eſtoient le ſacquemens 
Que fe tirant qui kes menoit 
ar ſelon fe maiſtre en ce temps 
La meſgnee fe demenoit 


Jalouſie et fes iafoufeaus 


Rettenotenf à la conpaignie - 
enfonge ef fee nenfongercaup 
Et trahiſon ct ffaterie 

Œt foufpecon de boemie 

Reuenoient a mainte Baniere 

Au nandement de fauffe enuie 
TChaſcun arme a fa maniere 


En apres: oultrageux meſdit 
Souldain parler kangue volage 
Langue fans frain / hideux deſpit 
Fort a recointer fe ſauluaige 
Mauluais menſongier langaige 
Confit en pure ypocriſie 

Soubʒ vmbꝛe dung pꝛeudomme + faige 
Infait dung foꝛt venin denuie 


Reuenoient de toutes pars 

Armes de mauluais rapoꝛs 

Se crueulx cBenimeup dars 

Dont chaſcun pouoit mille moꝛs 
Sonner auy bone pour leurs rapoꝛs 
Ze menfonge trop oultrageux 

Dar la puiſſance de leurs ſoꝛs 

Quie ſtoient treſdommageux 


Leſte derreniere legion 

Sont iay icy partie nommee 
Eſtoient dune region 

Sung pays et dune contree 
Qui Venoient a laſſemblee 
Faintement comme les derniere 
Pour pꝛeſenter a la damnee 
Enuie:grans tas de pꝛiſonniers 


Et pour faire concluſion 

Be ceſte furieuſe armes 

Bayne / diſcoꝛt / diuiſion 

ZBoufeur de bonne renommee 
Sedicion:moꝛt pourpenſee 

SEt mains autres dont dieu nous gaꝛde 
A grant nombie de gene deſiree 
Refaiſoient larriere garde 


ESt toute ceſte tirannie 

Vint a enuie faire hommage 

Qui eſtoit aſſe ʒ hault inchie 

En bvne chaere ſauuaige 

Et ſans faulte elle faiſoit tage 
ii 


De fermonner a fee foufdars 
Œn difant en fon bel langaige 


Œnuie 


Jen Biengnez Sous de foufes pare 
| Jay cp fait mouft grant mandement 
à Dour parfer generafement 


De treſtout ce que iay affaire 
Et pour tout dire franchement 
Chaſcun fcet affes clerement 
Que 1e ſuis a amour contraire 
Ne ie ne quiers qua fa deffaire 
Et a ſes gene a mal foꝛtraire 
Et feur porter moꝛtel dommaige 
Ne amoure en riens ne me peult pfaire 
Ne pour tiens ne me puis retraire 
De fup faire honte et oultraige 


ZTouſiours ſuis de querre moꝛtelle 
A vꝛaye amour / a loyaulte 

A concorde ſuis tant rebelle 
Quun ds nr Soit/et a bonte 

A doufceur et a Berife F 

Ne vueil pourchaffer que fa mort 
Tant auons nous ennemiſte 
Enſemble / hayne e diſcort 


Et pour mectre a deſtruction 
TCeulv qui ne font de ma partie 
Dandgier aura commiſſion 

De mener ceſte compaignie 
Dour aux amans offer fa vie 
Zotalenient et les deſtruite 

St mopmefmes np fauldray mye 
TCar ie dop loſt par tout conduire 


Mais gardes vous ſouuerainement 
Be bon aduis et de prudence 

TCar ilʒ Bopent trop clerement 

Noſtre fait par leur grant ſcience 

ee deuy nous font mouft de nuyſance 
arif; font de grant reconfoꝛt 

St allieʒ a atrempance 

Qui ne me hait: mais que de moꝛt 


Pource vſa de ſedicions 
Se noiſes / de diuiſions 
Coulourees de ypocriſie 
Et de couuertes trahiſons 


Et dob ſcures abuſions 

Dour aduertir pꝛeudommie 
Faictes targe de ialouſie 

Et gectes date de menterie 

21 fa Bofee ca et fa 

dar foufpecon et ffaterie 

Au beſoiag ne me fauldꝛont mie 
Face chaſcun ce quil ſcaura 
Sſceruelle —* enrage 

Langue ſans frain / langue volaige 
Auole et ſouldain parler 

Seſſoubʒ fa baniere douftraige 
Pourront poꝛter moult de dommaige 
A mes ennemis / et naurer 

Aucune deuf» cf a mort ruer 

Du moiteffentent fes blecer 
Auant ce fera a faiournee 
Thaſcun fiSuerffe Gien porter 
€tSaiffamnient fe p eſpꝛouuer 
Œtifaura double foufdce 


¶ Lacteur 


Vant enuie a parler ceſſa 
Tantoſt trahiſon ſe leua 
Par le con de flaterie 
Et ſes pꝛiſonniers pꝛeſenta 
A dangier:lequelles donna 
Diomptement a fa faulſe enuie 
Meſdit foufpecon mentetie 
Auoient puis par crie 
des vꝛays bone et leaufo amans 
Dar vne trahiſon baſtie 
ais eſcoutes ie vous ſupplie 
Ce que firent ces ſacquemens 


Ces pꝛiſonniers que ie vous ditʒ 
Traitz par ces ßaudoys maulditʒ 
Furent pꝛeſentesa enuie 

St dieu ſcet ſilz furent pugnis 

Dar grans repꝛouches ef mefdis 
De cefteinfernalfe mefgnee 

PBieu que noue auons granf enuie 
Tous abandonner nofîre Bie 
Dour fes recoutre defeure mains 
Mais honneur ne nous fouffroit mie 
A renforcer leur maladie 

Dour les enuieux inhumains 


Souſpecon la Bieiffe ridee 


Vint fierement teſte leuee 
Lee bons pꝛiſonniers accufer 
En criant comme vne enragee 


¶ Souſpecon 
& cp fa gent diffamee 


Œnuie/ vueillieʒ fes iugier 
Et a mort cruelle liurer 
En ſigne daucune vengence 

TCar tu ne ſcauroies nomBrer 

Lee maulv quulʒ ont fait endurer 
A ceufo qui font ſoubʒ tu puiſſance 





Oꝛ efcoute vng peu pat leur mafice 
Ænuie/et top dangier auffi 
&tpuis Sous en ferez iuſtice 
Aincoie que nous partions dicp 
Ces pꝛiſonniers que tu voys cp 
Sont de ce Le cabufeute 
Bailleurs de Vent pour certain fr 
enfongiers faufp et deceueurs 


Ce font agaitteure de chemin 
Ropaf/ en aucun certain pas 

Ainſi que declaire leur trair) 

En pluſieurs treſeuidens cas 

Ce font ceufo qui tendent leurs las 
A deceuoir par leur langaige 
TCelles quine fe gardent pas 

De mefdit et langue volage 


Ceſt fa deffeafe mefgnie 
Damours ton ancien aduerſaire 
Qui eff de fa mauluaiſe Bie 

En tant quif efl a top contraire 

de font ceufp qui Seuffent deffaire 
Et abofir fa feigneurie 

Gn cuidant fes dames atfraite 
Pour accroifire leur tirannye 


Te font ceufo que ſoubz pluſieurs faintes 


Attraient maint noble couraige 
Dar doulces et piteuſes plaintes 
Acoutrees en beau ſangaige 
Du autrement a lauantaige 
Pourchaſſent par ſubtilletee 


Lamour de tous / dont iay grant rage 


Damour que tu ne peux amet 


Quiſʒ trouuent fant dabilites 


Le font ceufo qui ſeroient contens 
A deuiſer toute feur Bie 

Aus daines ct dufer feur tempe 
En parfant de maintes foffie 
Dane ce quif euffent nuffe enuie 
Jamais denſemble departir 

Dour plaiſance qui les p fie 
Æontnuftempene veullent partie 


76 parleront toute iournee 
Sans ce quiſz leur puiſſe ſouffire 
Dont ſouuent diz er ma penfee 
ais que deable peut on tant dire 
Je croy quifs ne font que redire 
Le quifs ont dit au fong du iour 
Du denuse ç de noue mefdire 
Affin que chaſcun ait fon tour 


Et qui pourroit foufpeconnet 
Aucun bien en tant de langaige 
Teſt pour honneur habandonner 
Et deſtruire et mettre a hontaige 
Quel beſoing eſt il de parler 

Par chaſcun iour ſi longuement 
Qui bien y vouldꝛoit regarder 
Ceſt vng piteux gouuernement 


aie encoꝛes font ilʒ Gien pie 
pat tegars amoureux / par rie 
Draceuv/pue publicquement 
Darattratane et Malais dis 
Entregettes et entremis 

Dar cauteffe fectetement 

£a eft blecie iournellement 
Noſtre Bien noſtre aduancement 
at on ne fait conte que deufo 
SEt pour tout dire franchement 
35 gouuetnent paiſiblement 


ont nous fouffrons maintʒ afpres deulx 


Tres fubgects font bouteʒ arriere 
Tout eff ce que deuant dertiere 


Dar eufo qui font plaine dattrempance 


Et prudence eft a fa barriere 
Contre top ettes gens tant fiere 
Qui ne craint en riens ta puiſſance 
Sas ce te pꝛy / ie pꝛens Bengence 

e tous ceulx qui te font nuyſance 


Ainſi que ie tay icy dit 

Pour donner par experience 

Auy autres pareilz congnoiſſance 
Que ta fureur eſt ſans reſpit 


— — — — — — 


uie/tu as icy pſuſieurs 

mA et re ie 
Signeꝰ chaſcun de miffe mot 
co ï: ce honneur gafieure 

Barmʒ de Bicieufes meure 

Tes ennemis et fes pfuffoie 

Que ic ſache fans faulte / foꝛs 

Diape amour qui tous ſes effoꝛe 

ect chaſcun iour a top deſtruire 

Pour abatre nopyſes / diſcoꝛs 

Diuifionc et faulx rappoꝛs 

Et chaſcun en amour induire 


Ces truans quon ta pꝛeſente 

Ont damours grant auctoꝛite 
Comme ſes ſiges ſeruiteurs 
Œfperance/iopeufete 
Doufpacueaif/gracieufete 

Les retiennét auſſi pour feuts 

Et pour feur doubler leurs douleurs 
Etmieufo vſer de tes rigueurs 
Abandonne les a mes gens 

Et tu verras ces detracteuts 


¶ Menſonge 


Ac eſt demonſtre cõ ment enuie mach⸗ 
ne cpourfuit fa moꝛt enuers enuie des af 
moureus à font tenu; pꝛiſonniets 








Mourir en letmes et en pfeure 
Œten autres dinere toxmens 


Voy fu quef puifonniets ce foné 
ce font ceufv qui tout fe bꝛuit ont 
Vers doufre amouteufe pfaifance 
Ce font fes gracicuw qui Sont 
Darfane damours et puis er foné 
Ses balades par penitence 

Ceſt vne trefmauuaife enfance 
Que dain ſi amer facointance 
DSe telʒ gens nez en mignotiſe 
TCar ceſt pour gaſter toutefrance 
De dangier ne prenoit vengence 
Be leur deceuable cointife 


Fay fee tuer en fa carriere 

Dour pfue ten vengier pꝛomptement 
Duen Bng facen fariuiere 

Et fes noper fecrettement 

Du if te feront autrement 

Atop ou a tes gens ennuy 

Tar ilʒ ont cueur et hardement 

Be trop long temps et non pas dhuy 


Say (ce treftous martirizer 
Haſtiuement 

St tu les verras ſouſpirer 

Si tendrement 

Que tu nauras aucunement 
Voulente de cueur ne courage 

Be les deſtruire par toꝛment 

Je de leur faire quefque oultraige 


Tu fee Serras pifeufement 

Dop entregettet feure doulx yeulx 
Au gibet tefgounernement 

On leur deueroit ainfs meiſt dieux 
affer fee rains en tous feu 
BDefrompe feur chair et leurꝰ os 
Affin quon en chaſtiaſt mieulv 
£es autres a certain propos 


6 trancheront dee gracieup 
Beuant feure doufcee gracieufes 
Dfant dung patfer fauouteu 
Dour fauourerfes — ——— 
St querront voyes amoureuſes 
Pour nous faire tous enrager 
Dour fes plaiſances plantureuſes 
Dont ilʒ nous veullent eſtranger 


On ne tendꝛa compte de nous 
Quifommes er) noſtre vieilleſſe 
Dour ceufp qui feront deuant tous 
Appelleʒ de dame ieuneſſe 

Dour feur donner iope et fieffe 
Étnoue faire mourir denuie 

Et cœucifier par trifteffe 

£e demourant de noftre vie 


Quant eff a moy ie men acquitte 
Vers top enuie ma nourrice 
Se ceſte faulſe gent mauldicte 
Seceuable et pfaine de vice 
fappattient a mon office 
e gardet fonneut de ta court 
ais on men tient pour fof et nice 
Selon fe temps qui oꝛes court 


Commetz mop a faire iuftice 
Ettu verras que ie ferap 

Je leur mettrap fi forte efpice 
Œn leur bꝛouet /que teSerrap 
Si deufy venger ie moſeray 


Qui parlent ainſi fierement 
A moy par dicu ie leur feray 
TComparer aſſeʒ chierement 


¶ Jalouſie oultrageuſe 


Nuie tu oys aſſez comment 
Faulſement et niauſuaiſement 
ec gene cp fe font gouuerneʒ 
Enuers top ç deffopaument 

Ont que ton deſhonneur 

Dont top et nous fommes charges 

Et ſerons par dieu regardes 

Et de tout fe monde fardez 

Se tu ne te Senges deufp tous 

Puis quitʒ te font par nous ſiureʒ 

Et treſtous maffaicteurs prouuez 

Dar fa plue grant bende de noue 


Et ie tendirap plus auant 

Tar ie cuide treſtout ſcauoir 

Et parferap comme ſcauant 

Eten ferap leal deuoir 

Tes gens icy font tout pour voit 
Leur voulente de doufo acuei£ 
Tommie on pourroit apparceuoir 
Plus clerement cent fois que a lueil 


Langue volaige fe dif bien 

Et auſſi fait parler ſoubdain 
Et trahiſon qui nen ſcet rien 
Secretenient langue fane frain 
Ledit ſemblablement a plai 
Tant que a moy ie crois ainfe 
Venge top Sup ains que demain 
Dans iamais fes mettre a mercp 


¶ Lacteur 


Vant les pꝛiſonniers entendirent 
Quon chargoit ain ſi bel acueil 
Franchement tous les dementirẽt 
Dont enuie eut fitrefgrant dueil 

Quelle en eſtoit a Veue duei 

Ouſtrageuſement foꝛcenee 

Et bien p parut au recueil 

Quelle Leur fiſt er la iournee 

£ung des pꝛiſonniers ieune ef gent 

Plaiſant de gracieux langaige 

Parla pour lamoureuſe gent 


Aenuie plaine de râge 

St monftra Bien quifeftoit faige 
En parfant affes fierement 
Ettoufioure a fon aduantaige 
Chargoit enuie fageurent 


¶ Ee vꝛay amant 


Quie ſelon ta nature 





En meurs Bien condiciõnee 


DSicte de toy necte ne pure 

Nen ſes biens de par toy louee 

Tar tu es enuie nommee 

Qui meurs quant bonne renommee 
En ton pꝛouchain 

Eſt aucunement effaufcee 

Tar tu es en ton pechie nee 

Pour tout certain 


Si tu deuoyes Biue enrager 

Si te diray ie plainement 

Que tu ne nous peus oultrager 
Sans nous traicter iniuſte ment 
Tar tu ne pourroys iuſtement 
Adeuiner ſur nous que bien 

Et ſe tu fe ditz autrement 

Tu mene / dy quifnen eſt rien 


ais ſe nous auons ancuns biene 
cheſchante folle que ten chault 
Ee neſt ne de toy ne des tiens 

e fete dy ainſi tout hauſt 
Et ſe tu nous Des il ten fauft 
cheſdire de meilleur de top 
Pour nous fiurer mortefaffaufé 
Par dueil / et mettre en deſarroy 


Regarde fa belle vengence 

Que tu pꝛens de tes ennemis 
Que de mentir a fa pfaifance 

Sur ceulv dont tu peuʒ vollair pis 
Zu te metz en mains grans perif; 
Dete faire pat ton oultraige 

A foffer/car tu ae acquis 
Snnemie patton fof langaige 


Quen a affaire doufo accueil 
Se iap ta grant hayne encourue 


Je ſuis feurquoncquee eafure 


NLAQ Mefutonc pour quefque aduantute 


Len dois tu pour tant mettre er dueil 
@efcante vieille malofirue 

za maufuaifite eft Gien congneue 
De charger autrup pour ma hayne 
Tu en auras fa teuenue 

Vne fois a ta male efiraine 


Regarde quef fefmoinge tu as 
Quinous audent eſtre mauluais 
Dar cufp mefmes nous iugeras 
fire Bone en dits et en faits 

Vng mauluais ne meſdit iamais 
Se cil qui tient a compaignon 
Monte ne treuue nub foꝛfaiʒ 

Dur ceufo qui font ſoubʒ Bon renom 


Di menfonge mefdit de mop 
Elle mapreuue Veritable 

Puis quelle me defioint de fop 
Et pource en fuis iepfus fouabfe 
De a trahiſon defagreabfe 
Duie/ie fuie Bois de trahiſon 
Et a fopaufte plus ſemblable 
Selon droif et ſelon raiſon 


Le blaſme de tous tes teſmoings 
Zont par eufp nous cuides charger 
Nous apdera a tous beſoings 

A nous de blaſme deſcharger 

Tar pat eufo on pourra iugier 

£a difference dentre nous 

Et Sous des vices encharget 
Dont par dꝛoit ſerons tous abſoubʒ 


¶ Lacteur 
Adonce le fel dangier ialoux 


Parla comme homme foꝛcene 
Ainſi fierement deuant tous 


¶ Dangier 


S me tiens bien pour raualle 
De me veoir ainfirefoufle 


Deuantmes gens de telʒ ribaulx 


Qui ainfimont deſhonnoꝛe 
Dar feure foubtif; parlers caufo 
Tertes enuicie te defpite 
Se ie nap fa commiſſion 
De lkes liurer a moꝛt fuite 


Dour plus afpre confufion 
Laiſſe mop fa concluſion 
Boufce enuie ie ten fuppfie 

Si per dꝛont fans remiſſion 
Dar toꝛment leur mauldicte vie 


Σarcteur 


Auie adonc leur enhoꝛta 

A regnier le Dieu damoute 

Et fon ſeruice:et tout cela 

NA Se faifoit en eſtranges tours 

En keur remonſtrant que ſecours 
Ne pouoient auoir denuflp 
Due que fortune auoit fon couts 
Leftoit force quil fuſt ainſi 


Dne heure elle Fes menaſſoit 

Se menaſſes de grande aſpꝛeſſe 
Autre heure elle Lee blandiſſoit 

Et leur faiſoit mainte pꝛomeſſe 
Mais pour doufceur ne pour rudeſſe 
Ne fe meut leur couraige en rien 
Ains haultement crioient fans ceffe 


¶ £e vꝛay amant 


= Rap dieu damoure noue fémesfiene 

NN Et pourtant Biens nous fecourit 

\) À] Car nous fommes pꝛeſtʒ a mourit 
En ton ſeruice 

21 fa mort noue affons offrir 

Dour ta digne [op ſoubſtenit 

Dane nul malice 

Vecy enuie fe mauldit vice 

Qui nous veult par fon malefice 

Faire regnyer ta puiſſance 

Du nous murtrir pat iniuſtice 

En faignant de faire iuſtice 

Ses gene fous garni dinocence 


¶ Lacteut 


Pꝛes ce enuie oꝛdonna 
Que fon fee fiſt tantoſt mourit 
Par diuers toꝛmens et donna 
Puiſſance a danger deqnerx 
Lee toꝛmens pour faire finir 
Lee fopaufv amane par martire 
Qui fe affoient a mont offrir 





— 






Dane contraincte quop quon peult dire 


Et dangier qui foꝛt deſiroit 

A ces martirs martirizer 

A ces tirans abandonnoit 

ec vꝛays amans pour les tuer 
La oyſſies Vous murmurer 

Lee mauldiz tyrans inhumains 
St tirer: ſachier et bouter 

Les dignes martirs ef corp ſains 


Æoufeut/foucp/ennup merancofie 
Seception / trahiſon / menterie 

cHenſonge / ire / deſ⸗ daing / maldit / oultraige 
Langue ſans frain/tiguent/etffaterie 
Parler ee foutfe dereſie 
Jpocriſie auec langue volaige 
Siuiſion / ſedicion et raige 

Foꝛcenee iniuſtice ſauuaige 


@otf pourparlee en fecref par Vengence 
Hayne os caufe acquife ſoubʒ Smbrage 
Et treſtous ceufy de ce gent if fignage 
Renouuefloient toꝛmens a grant puiffance 
£a Seiflies ces tounens anenet 

SEt de maine date coꝛps et cueur érefpercer 
A grant doufent 


Langue fans frain fes faifoittounentee 


Dar menfonger efouftrageuv parler 
En (a fureur 

D'ncques mais ne bis tel hideur 
Que ceftoit adonc du mal hem 

Qui les nauroit de toutes pare 
Œtdangier pure de rigueut 

Ees tounentoit er fa chalenr 
Denuieuy et Benimeuv dars 

£a Seiffez Sous plus de martire 


Que homme iamais noferoit dire 
ec fopaufs amans endurer 
enfonge:fee Bngs deulx martire 
SEt membre a membre fes detire 
Et fes depart par faulx parler 
Menſonge feur Jient feparec 
£ame du coꝛps et leut offer 


£e cueut du coꝛps entieremeut 
Et laiſſe le cueur enuoler 
TCar enuie ne fe peut tuer 


Bont fur fe coꝛps pꝛent vengement Danequifs fentiffentnuffement 





It martirize ſeulement Que lardeur leur vouloir efface 
Le coꝛps treſangoiſſeuſement 
En luy donnant paine infinie des gloꝛieux dignes ſouffrans 
Par penſee / pꝛemierement Seſiouiſſent en ſeurs toꝛmens 
Seſplaiſance et ſecondement Pour deſpiter les enuieux 
Dar triſtreſſe et merancollie En faiſant melodieux chans 
La eſtoit toute tirannie Ala louenge des amans 
Nee en toute foꝛcenerie Qui ſeroient couronneʒ es cieuſv 
Qui ſans mourir pꝛeſentoit moꝛt Et les anges a qui mieulx mieulx 
En cuidant pat enragerie Dieft; deufo apder en freftous lieux 
A ces amans offer fa Vie Lee Senoient reconfoꝛter 
Quon martirizoit a grant tort Et les veions ainſi meiſt dieux 
Suidemment a veue dec yeulx 
Le deffopaliafoup dangier Qui mouft nous fiftencouragier 
Lee faifoit a fes gene plongier 
En plonc boupffant et huylle ardant Tandis que dangier toꝛmenta 
Dour feur propos faire chãger es fainte amans que ie Vous die 
Du par fa mort deufp fe venger Sauft Soufoir enuie efcria 
Mais ilʒ nen faifoient nuls ſemblant Æn ce point ſelon mon aduis 
Auns fouffroienten remerciant ¶ Hault vouloir 
Amour qui auoit pouoir tant 
Que deulo conforter pat fa grace cv appett côment hault Soufoir coms 
En vng ſi angoiſſeux toꝛment Bat @ cõtre dif cõtre enuie et fes gene. 
TT 





Nuie ie te contredis Σacteur | 

Ces prifonniere que tu tiens fa 21 opiffes merueilleux Bruit 

Se par amours et fes amie Quant enuie opt hault vouloir 

Et ien viens aux champe pat deca Gt dan gier de tout mal inſtruit 
Nengea fes gens pout plus paroir 











St pour noue plus toſt deceuoir 
F5 cuiderent de fa valee 
Iſſir / affin de nous auoir 
chais nous deffendiſmes lentree 


A6 cuydoient a force gaigner 

D ngeftroit pas ou nous eſtions 
Et ilʒ auoient bel arguigner 
ar fierement nous deffendions 
St contre eulx fe pas gardions 
&ndementiere que bon aduie 
Queroit nouuelles fegione 
Damans treſbien darmes apꝛis 


Traifon menoit fauant garde 
Se noʒ enuieux ennemis 

Et enuie fa vieille liſarde 

Auec grant perte de fee amps 
Naturelz affine et acquis 

De tenoit cn la grant bataille 
St dangier de tout mal apꝛis 
Larriere garde auoit ſans faille 


Tout ceſte gent diffamee 

GSſtoit encloſe en fa valee 

De douleur et de deſplaiſance 
Œtnous eftions en famontee 

De gracieufe renoinmee 

En fa contree defperance 

St bon aduie par nigromance 
Faiſoit gene darmes par ſemblance 
En actendant noſtre ſecours 

Qui ſen Benoit pꝛendꝛe vengence 
Senuie et de ſon aliance 

Aou; leſtandart de dieu damioure 


Ærabifon nous cuyda ſourpꝛendꝛe 
Dar mains fat; queffe auoit fait tendre 
ais tout cene fup valoit riens 

dar Bauft vouloir noue fiſt entendre 
Da mauluaifüe:et force prendre 
Contre effe et contre tous ſes fiene 
Œtnoustronna certaine moyens 

A deſrompꝛe tous fec liens 

Et fes bleciet par leur malice 
Œncouuere et fecrets maintiene 

Et tes ſemblables menus biens 

Zeb quif appartient a foffice 


fous gardafmes Bien fonguentent 


Ce pas eflroif/et tellement 

Que foufpecon cefte vaul doyſe 
Nous vint auixronneement 
Attaindꝛe traicteufement 

€n menant grant hu ct grant noiſe 
A ſes gens crioit fa pragoife 


¶ Souſpecon 


Ardeʒ que nufdeufp ne ſen voiſe 
Mauluaiſe gene Benge; vous er 
le fe ferap qui qui en poife 
Atacher deſſoubz vne boiſe 

Ains quilʒ voꝛent [a fin de fan 


C£acteur 


Boncques beiſſieʒ Sous ſur nous 
Mn enuement traiec lancer 
Donner et receuoir Mains coupe 
Dans nous pouoir deſaſſembker 
Ne fane noz haꝛnois entamer 

Na no; cheuaufp oſter afaine 

Dour mafquif5 nous fceuffent donner 
Nonob ſtant quif peu mouft paine 





floue noue drffendione fierertient 
Æncontre cefic gent defuee 

Qui nous affaiffoit afprentent 

Car effe auoit 103 mors iuree 

€t hault Soufoir grane coupé defpee 
Sepat toit menu ct fouuent 

Dur cefle gent deſhonnoꝛee 

€tnoue auſſi ſemblablement 


Ja ne veniſt fi grande pꝛeſſe 

Que hault vouloir par fon appꝛeſſe 
Ne departiſt legierement 

Dar fa vaiklance et fa pꝛoueſſe 

A toute Beurc/c fur tous fans ceffe 
fiappoit tre fouftrageufenient 

Et nous renfozcoit doublement 
Cueur /coꝛps / coutaige et ſentement 
chaintien ſans maniere et conduitte 
Dar fon Bien faire feufement 

ais itʒ eſtoꝛent fifargement 

Que peu montoit nofire pour fisife 


Zrahiſon et tout for effoꝛt 
Œndurafmes:ef tant au fort 


Quenoftre noBfe fecoure vint 
Dour nous apporter reconfort 
Contre fout enuieux rapport 
En dec banieres plus de Vingt 
Et du fccoure quinous furuint 
Noble actrempe couraige print 
Lauangarde pour la iournee 
Et le dieu damours fe tiné 

En fa Bataiffe/et puis reuint 
Œfperancea grande affembfee 


Lopaufte a foute fa gent 

Armee cor cler fin argent 
Larrieregarde conduiſoit 

Et fe harnoys tant bel / tant gent 
Tant riche / tant bon / tant plaiſant 
Au fofeif tant cler reluiſoit 
Pꝛudence ef fes fiene refaiſoit 
Vne effe a deftre/et regardoté 

Be loing les cauteffes denuie 
Et fouffrance fautre effe auoit 
Du faint ſemblant fepmaginoit 





Due enfembfe dune afiance 
Vinſmes honneur ef reuerence 
faire a dieu damouts Bauftement 
aie fopaufte ef efperance 





A greuer faduerfe partie 


Quant no; ennemps appatceurent 
Le noBfe fecoure des amane 
Aſſembleement if; ſeſmeurent 

Et ſe rengerent plains champs 
Menacans amours et ſes gens 
Be les faire tous deffiner 

En cruelʒ et maulditʒ toꝛmens 
Pour toute la guerre affiner 


Adonc les amans pꝛiſonniers 
Furent du tout habandonneʒ 

Tar enuie craignoit mains dangicre 
Seſtre vne fope damours blaſmeʒ 
Et ces bons ſains martiriſeʒ 

Sen vindrent rendꝛe a hault vouloir 
Dont ilʒ furent moult honnoꝛeʒ 

Et de nous tous a dire voir 


¶ Icx appert coniment fee vicieulo pail⸗ 
lars ſen fuient de paour du dieu damours 


— 


Doulvo regard / verite/pꝛudence 
Vindꝛent vers luy treſgentement 
Diſans dec Biens treſtargement 

De lamant et moy tellement 

Que nous en auions treſgrant honte 


Bont amours nous difplainement 
Je ſuis a Sous entierenent 
St vous a mop et de non conte 


Apres que amours eut commande 
Que chaſcun fuft en oꝛdonnance 
Hault vouloir qui tant fut pufe 
Bonneur/darmes et de Baiffance 
Demanda fa premiere fance 

A amours/et if fup donna 

Et en fa garde defperance 
L£amant et mop noue oꝛdonna 


Adonc veiſſieʒ Bouc traict voler 
SEſpeſſement 

Et mains enuieuv affoller 
Moꝛtellement 

dar fe grant reſioyſſement 
Bee amoureuð pfain de confort 
Les nauroit fi cruellement 
Quilʒ ſembloient iugez a mort 


Les enuieuy tiroyent Bng traict 
Be menconge et trafifon fait 
Œnuentne dppocrifie 

De moꝛt pourparfee pourfraicf 

Et de fangue ouftrageu traict 
Qui lors auoit fa ſeigneurie 

Dur tous fes faufp archiere denuie 
Auec ceufo de (a fignee 

Qui eftoient en mouft grant nombre 
Dour deſtruire amoureuſe Bie 

Et treſtous ceulx de fa partie 
Faire honte / ennuy et encombre 


Le traict dura Bien longuement 
Voyxꝛe et bleca Bien fargement 

Ses plus hardis de noʒ archiers 
Bont hault vouloir vint aſpꝛement 
Ferant ſur lenuieuſe gent 

Du tant auoit de loſengiers 


¶ Hault Soufoir 


Eve oꝛ fire me amys chiers 
Feſtoyons bien ces eſtrangiers 
Qui ſi nous cuydent rabaiſſer 


¶ Lacteur 


A veiſſieʒ mains amans fiers 
Frapper a cens et a milliers 


Sur la gent de mauluais parler 


E a bveiſſieʒ mainte baniere 
Se a faulſe gent lozengiere 
Verſer cruellement atetre 
Et foufdre mainte grant pouldꝛiere 
St mainte encontre dure et fiere 
Et amans loz ct pꝛis conquerre 


La veiſſieʒ hideuſe guerre 

Lung lautre moꝛtellement requerre 
Et marteller ſur ces harnoys 

St hauſt vouloir qui tout a terre 
enu ef fouuent Sous enferre 
Les maufdie deffopaufy vauldoys 


Le trefnobfeaffremipe couraige 
Dour plus encorager fes gens 

Se meiftocdanc fa gent faufuaige 
En cherchant fiercment fes rens 
Be fauâgarde dcs nupfans 

Que trahiſon deuoit conduire 


¶ Attrempe couraige 


Et crioyt:oꝛ ca mec enfans 
Denfons des cnuieup deftruite 


¶ £acteut 
{ $ partoit de bonne eſpee 
» Dur ceſte gent de trahiſon 
Mainte dure ç afpie cofce 
Dour fee mectre a confufior 
efaiſoit renc a lenuiron 
e ſoy par ſi treſgrant vailſance 
Quenufs noſoyent ce petit nom 
Actendꝛe (a noble puiffance 
It cryoit a fa ere voix 


¶ Actrempe coutaige 
Nahiſon ou es tu affee 
Vien ca ſecourir les Baufdope 
Que ie deſpars a mon eſpee 

hupy veꝛra on a la iournee 

Ta cauteleuſe faulſete 
Ne tu nauras point de duree 
Afencontre de fopaulte 


£acteur 





Neherchant les tens:il trouua 
Trahiſon et langue volaige 
SEt dung ſeul coup fee aterra 


Œt leur porta honte et dommaige 


La veiſſieʒ guerre a oultraige 
ar les vauldoys p acoururent 
Foꝛcenez et remplis de rage 

Et fierement les ſecoururent 
£a veiſſieʒ courois trembler 

Et de toutes pars aſſembler 

Les grandes batailles enſemble 
Lung des autres deſaſſembler 
Et des courois aucuns em bler 
Dar paour qu fes deſaſſemble 
£ung fen hardiſt et lautre tremble 
Gt fecretement de [a fe emble 
Conme entrepꝛins decouardie 
Et fait ainfique bon luy ſemble 
Dont ſouuenteffoys fe raſſemble 
Aux bons pour honnoꝛer ſa vie 


La oyſſieʒ cris merueilleux 

De toutes pare eh maine lieux 
Ses naures et) * bataille 

La eftoit vng lieu perilleux 
Berencontre et malheureux 
Dour ceufo que fortune detaille 
On frappoit deftoc et de taifle 
On fiert/on frappe/ontue/on maille 
Teſt grant Horreur de ce voir 
Amonrs commande quon affaiffe 
Incontinent cefte chiennaiffe 
Dont chaſcun p fait Bon deuoir 


Dangier/fraBifon / flaterie 
@enconge/fauffe ppocrifie 

edit foufdain parfer ouftraige 
Souſpecon de fauffe hereſie 
Deccpcion cf menterie 

Langue fane frain/fanque volaige 
Œttout feut menu couraige 
Faifoient darmes droicte raige 
Sur toute faniouteufe armee 

Gt faifoient maint grant dommaige 
St nous mectoient a hontaige 

Par vne trahiſon celee 


Dandgier fe vilain a maffue 
TContre nofire off tant ſeſuertue 
Quif fait merueille a regarder 


It aſſomme lung / lautre if tue 
Zant que tout le coꝛps luy treſſue 
Auv coupe departir et donner 

Gt trahiſon et faulx parfer 

Si ſe fceuent Bien efprouuer 

Dont pfufieure font mors et naures 


Jalouſie Benoit darder 

Et ppocrifie farder 
Decretement fes affofez 

Toute fa route faifoit raige 

Se nous faire a ouftraige 
Dour aucun teinpe 

dar effe fe couuroit dombꝛaige 
Sune trahiſon Bien faufuaige 
Dour fes amans 

SDurant fe temps de fes contens 
Œnuie dangier et feure gens 
.Æ fioient affes fiers et puiffane 
Et furniontotent 

Lee bons / les fopaufo/fec fcauans 
Et ſes enuieux mefdifans 

A dueil liuroient 


£a treſgracieuſe eſperance 

Hault vouloir/ bon aduie / pꝛudence 
SDoulv regard / koyal ſouuenir 
Plaiſant maintien et actrempance 
Foꝛce / verite ct ſouffrance 

SDoulvx acueil et plaiſant deſir 
Dour fes bons amans reſioyr 

Et en leur doufeur ſecourir 
Vindꝛent a noble compaignie 

Gt firent trembfer et fremir 

Nozʒ ennemis en leurs venir 
Maulgre dangier ct toute enuie 


Eſperance vint enferrer 
Dangier:et a terre verſer 
Deuant (a cruelle meſgnie 
Lopaulte reuint aterrer 
Trahyſon et treffoꝛt ferrer 
Ceſte ſoꝛciete ypocriſie 
Verite ne reffaillit mie 

A menconge et a ffaterie 

Qui nactendopent que fa moꝛt 
Pꝛudence par grant fefonnie 
Netumba ouftraige ef fofie 
Meſdie et oultrageux rapport 


Gt dieu fcef quelle huerie 

On leua furla gent denuie 
Aceſte iopeufe venue 

Mais dangier ne ſen rioit mie 
Aincope crioit:aye ape 

ais nufpour fup ne ferenuie 
fregrecte fa grant macue 

Quil — auoir perdue 
GEn celle pꝛeſſe 

Et trahiſon luy a rendue 

Sont longuement ceſt defendue 
Dar grant aſpꝛeſſe 

Et hault vouloir et bon aduis 
SEt doulo regard ceſtoient mis 

A toute leur pꝛiue e maignie 

A Vvngleʒ ou noz ennemis 
Auoient aucuns amans ſoubʒmis 
Par quelque faulſe tromperie 
Auſquetʒ hault vouloir foꝛt eſcrie 


€ Saut vouloit 
Draps amaneneSous faigneʒ mie 
Contre ceſte gent de ceuable 
Car ilʒ perdꝛont huy tous faBie 
T1 faiſons foꝛt ie vous empꝛie 
Dur ceſte gent deſhonnorable 


¶ Lacteur 


Vi adoncques veiſt hauft vouloir 
Drendie de ſes vauldoys vengence 
Alofaft Bien dire pour voir 
E Que ceftoit fa ffeur de vaillance 
Ic feroit defpee et de fance 
Sur ceſte gente comme fe pfafire 
Le petit valloit feur deffence 
Zzant fe fceuffent if5 Gien combattre 


Et bon aduis qui ffouriffoit 
Adoncques en toutes proueffe 

Lee grans preffes eſclarchiſſoit 
Dar fa trefgrande hardieſſe 

It frappoitpar fi grande aſpꝛeſſe 
Que riens nauoit a fup duree 

If fiert:il tue:iſ couppe:il bleſſe 
chains vauldoys a ſa bonne eſpee 


Fldepart a deſtre et a ſeneſtre 
chains coupe meruciffeus ef peſans 
Lee Saufdope ont trouur feure maiſtre 


Qui fee chaſtie comme enfane 
Ffchafhetous fes plfue grane 
Tant fe treuue vaillant entre eulx 
Il nya nulde fes nuyſans 

A qui il ne face maine deulx 

Et le gracieux doufpregard 
Trioit moult hault a bon aduis 


| d'Aoufp regard 
j On aduis: laiſſeʒ moy ma part 
De mes plus mortels ennemys 
Dartons enſemble comme ampe 
7e fups amant comme vous eftee 
Laiffezmop ma part des hardis 
are nap cure de fes beſtes 


¶ Larteur 
Oꝛs fe lenca ou plus eſpes 
En frappant de loing et de pꝛes 
Sur ceffe gent a bonne efpee 
Titles feruoit de plufieure mects 
St de Bien diuers entreme 
Tant que fa ferre efloit — ee 
Autour de luy de gent nauree 
De la faulſe enuie damnee 
Sont maine amans ſeſioyſſoient 
Ætciopentquefaioutnee 
Gſtoit poureufo tonte gaignee 
chais les enuieuv ſeffoꝛcoieut 


Le hault dieu damoure fe tenoif 
Au miffieu de toute fa gent 

St noblement femaintenoit 
Arme dung harnois noble et gent 
Chargie auironneement 

De pꝛecieuſe pierrerie 

Vne couronne do: luyſant 

Sur ſon beau chief pour ſeigneurie 


Beaulte doufy acueil et ieuneſſe 

Sent maintien plaiſance lyeſſe 

Joye / ſoulas / pitie confort 

Eſtoient tous a grant nobleſſe 

A kentour de fa grant haulteſſe 

Samours en lieu de deſconfoꝛt 

La eſtoit lamoureus effort 

£a eſtoit tout plaiſant depoꝛt 

£a eſtoit vng dꝛoit paꝛadis 

£a eſtoit tout ioyeux appoꝛt 

La eſtoit le ſouuerain port it 
i iii 


Des defire des amans acquis 


Les harpes haultement ſonnoient 
Oꝛgues clerement reſonnoient 
Zune gracieufeBenue 

Ces cferone mouft fer cferonnoient 
Tous inſtrumens fa fetrouuopent 
A cefteropeufe aduenue 

La toute doulceur reſpandue 
Œfloitiet ſi treſbien receue 
Quoncques en nuffieu ne fut mieufo 
Dont la vieille enuie boſſue 
TCraffleuſe / rifleuſe et barbue 
Eſtoit toꝛmentee en mains lieux 


La eſtoit honneur deſarme 

Sarde Bien et ſongneuſement 

De crainte quil ne fuft blaſme 

Se faufp enuieux parlement 
Veſtu tant bel et richement 
Quomme iamais ne fe divoit 

Et monte fitrefnobfemtent 

Que mieufy trouuer on ne pourroit 


La mains amans entroublioyent 
Lce grans perifs ou iſʒ eſtoient 
Tant ſe y trouuopent plaiſamment 
Et deuers amours regardoient 

Et tant de plaiſirs y prenoient. 





Quitʒ ne leur chaloit nullement 
Œtderegarder ſeulement 

Leur dieu Bien ententiuement 
Dour acquerir tope et fieffe 
Zont Le regard tant ſeulement 
Les nourriſſoit iopeuſement 
Et les baniſſoit de triſteſſe 


Et dangie qui les aduiſa 

ps grantmaf fapenca 
Ainſi que vous more compter 
Inconeinent il appella 

Ses alieʒ qui eſtoient la 
Commie meſdit ſoubdain parler 
Trahiſon foꝛt a racointer 

Et menſonge quon doit blaſmer 


Dangier 


Et leur dit: oꝛ ca ces amans 
Quine font quamours regarder 
Haſtons nous de les tous naurer 
TCar nous auons fur eulx fe temps 


Σacteur 
¶ Icy appert cõment les deſſuſditz 


ſe combatent et guerroient lung 
fautre. 


Di veiſt loꝛs meſdit tirer 
Traict Senimeuv et martirer 
Tes amans inhumainement 
SEt menſo nge Fes deſpecer 

ŒEttraBifon les deſnnembꝛer 

Glen fuſt courrouce foꝛment 

£a ces amans ſecretement 

Se complaignoient douloureuſement 

Ses enuieux 

Qui leur auoient entierement 

Tollu ce que ſouuerainement 

Itʒ amoient mieuſvx 


Helas honneur y fut blece 

Dung traict de menſongier meſdit 
Sont amout fut en ſoy trouble 
chais crainte en auoit féf defpif 
AQuifqueroit dangier ſans reſpit 
our fop venger 

Se fa honte qua honneur fift 
£efef dangier 


Adoncques veiſſieʒ ces amans 
Pour ceſte bleceure dolens 

Ze triſte dangier mauldire 

Et les enuieux meſdiſans 

Qui tant nous eſtoient nupfane 
Qua paine loſeroit on dire 

Et touteffois pour fop venger 
Itʒ commencerent a charger 
Moult fierement 

Sur loſt du faulx ialoux dangier 
Et vꝛays amane de fop rengier 
Sſpeſſement 

Dour faire aux enuieux toꝛment 
En ferant fur eux aſpꝛement 
Tomme enrageʒ 

Se ce que honneur fut tellement 
Naure malicieuſement 


Par telʒ meſchiefʒ 


Laïfut faicte mainte huee 

SEt mainte hideuſe aſſemblee 
Quant fe vint a fe rencontrer 
Chaſcun auoit fa mort iuree 

A dangier et fa gent defuee 

Sans lung fautre en riens depoꝛter 
La ſi hardi de regarder 

2moute pour enuieuy parler 

Qui fee tenoit ſi treſdecourt 


Que amant fiſt tant fuſt a amer 
Ne ſi oſoit auanturer 


Dans cheoir en perilʒ de court 


Je fi hardi amant fur lu eil 

Soſer regarder doufs acuei£ 
Surant ce tenebꝛeux oꝛage 

Que tantoſt ne tumbaſt en dueil 
Et quonneur encontre fon Bueif 
Ne uft Sonte/ou ennup/ou dommaige 
Dar menſonge et langue Bofaige 
Qui deſſoubʒ feftandart doultraige 
A fentepufe de danger 

Et traBifon faiſoient rage 

De blecer honneur au paffage 


Soubzʒ fainte daultruy fe Senger 


St les amans qui ce Veoient 

Penſeʒ quelʒ douleurs ilz ſouffroient 
Se noſer pour riens regarder 

Te quilʒ deudient plus amer 

SEt ce quif;amopent ſeulement 

Sn quittant tout ouftteement 

Ee demourant de tout le monde 

Et tant quil contient a la ronde 


Les vngs oyſſies ſouſpirer 

Gt les autres fe dectirer 

Et les aucuns tous fondꝛe en pleurs 
Autres en eulx ſe martirer 

Dans dcufp defpfaifance adirer 
TChargieʒ dinfunes doufeure 
TCar crainte qui gardoit honneur 
Ne leur ſouffroit aucunement 
Pꝛendꝛe veugence en fa fureur 
Ou ilʒ eſtoient generafement 
Affin quonneur ſecondement 

Ne fuſt blecie des enuieux 

Tar Sng mal ſeul commůneement 
Je griefue pas fi fort que deux 


La tout fe fais de fa Bataitte 
Tumba a a mafe fancte 

Se lenuieuſe crapaudaiffe 
Tar efperancee t feaufte 
Attrempe couraige et bonte 
Hault Soufoir verite prudence 
pſurumdꝛent a grant pfante 
De plus ficre de nofîre afiance. 
Prudence par fa grant fierte 


Tumba dangier et fon encontre 


¶ Paudence 


St diſt dangier deſhonnoꝛe 
Dieu te doint huy male rencontre 


¶ Lacteur 


Sont bon aduis au dop fe monſtre 
En ſoubʒriant par mocquerie 


¶ Bon aduie 


Veeʒ dangier qui nous demonſtre 
Quifa gaigne cheualerie 


Σarcteur 


GSſte pꝛemie re rifee 

Trahiſon a terre verſee 

D fut gentement de fer de fance 
HE Darefperance quidefpee 

Faiſoit rage en cefte me [fee 

Zant que ceſtoit toute vaillance 

La veiſſiez pꝛendꝛe vengence 

De ces vauldoys ſans difference 

Ne de aage ne de ſeigneurie 

La fut dangier en grant vaillance 

Deperdie par oultrecuidance 

La plus grant part des gene denuie 

Ce maufdit oultrageux dangier 

De deffendoit comme Bng fangfier 

Qui fe Vient rendre eſtal aux chiens 

It ſembloit quif deufift mangier 

eufp qui Benoient ſe rengier 

Contre luy ct contre les ſiens 

Mais les bone fopaufo chꝛeſtiens 

Ne ſe eſbahiſſoient de riens 

St dangier mouft fort ſeſcrioit 


¶ Dangier 


S S iamais nul iour ie vous fine 
<< Je Joue mercirap de voʒ Biens 
St bon aduis fen ſoubʒrioit 
Apꝛes bauft vouloit deuant tous 


¶ Hanlt vouloir 





vp diſt cil outrageux ialoux 
Dangier amendeʒ voſtre vie 
Qui bel eſtes confeſſeʒ Sous 
Be voʒ vieulx pechieʒ et a tous 

Nequereʒ pardon fane follie 

enſer ne quelque tromperie 

Dour deceuoir fa ſeigneurie 

Qui vous dõnera fa penitence 

Vous Bees bien que voſtre enuie 

Vous ſaura ains heure et demye 

Mourir ſe plus toſt ne ſauance 


¶ DSoulv regart 





Dus ioueʒ Bourse dangier 

(RSS 2e Soufoir eftrangier 

\ i) Vng amant de fa dame 
A Etamoure ouftragier 

Et fon droit chalengier 

En fa chargant de blaſme 

Ceſt Bien fait domme infame 

Digne de tout diffame 

Ain ſi tou ſiours meſdire 

De ceufp que nul ne blaſme 

Fois top qui coꝛps et ame 

ets pour amans deſtruire 

Auife top Beau ſite 

Refrains vng peu ton ire 

Et ſeuffre ton couraige 

Delaiſſeʒ a meſdire 

Tar ton bon lotz empire 

Dar ton maul dit langaige 

onfidere loultraige 

Qui te met a hontaige 

Par langue eſceruellee 

Ceſt langue trop volaige 

Be poꝛter tel dommaige 

A Bonne renonmee 

TWeſte trahiſon cellee 

Faulſement poutparlee 

Ainſi blaſmer a toꝛt 

Amours a fa volee 

Gt iugier a penſee 

Et faire faufo rapport 

Tu ee digne de mort 

Duſer ain ſi de fort 

SEncontre vꝛaye amour 

St pource tien ie au foꝛt 

Que tu viendꝛas au poꝛt 





Saſpꝛe dueil a ton tour 
¶ LEacteur 


Diadoncques beiſt rechigner 


Le fel dangier et renfroignier 


Iefaiſoit Gien a reſſoingnier 
Et ſerrer fes dens par grantire 


st fierement ſe rengroignier 

“ff faifoit Gien a pe 

Et ſembloit bien vng cruef fire 
Si nauoit il talent de rire 
Pour choſe que nul luy ſceuſt dire 
Tar il entendoit a ſon fait 

Qui ſenclinoit deuers lempire 
Sans ce quil luy ſceuſt contredire 
Auſſi auoit il trop meffait 


Dangier fe vendoit fierement 

Et fe deffendoitaigrement 

A faide de fes amis 

En cuidant par enchantement 
Recouurer cauteffeufement 
Leufo qui feftoient trop auaut mie 
Lanuptuousauoitia fouppris 
“Ja foit que auquee euffione fe prie 
Be cefle moꝛtelle aſſemblee 

Qui auoit dure vint et fiv 

Heures fans eſtre departis 

Lee vngs des autres a iournee 


Finable ment quahu quaha 
Dangier le plus gros recouuꝛa 
De fa partie / et coiement retira 
Dont fut ſuy grant noiſe leua 
Et grant hurie 

Lamoureuſe compaignie 
Mainte belle cheualerie 

Et maintes belles armes fiſt 
A ceſte retraicte iolie 

Dont amoure fiſt chiere moult fie 
Dour faite aux enuieup deſpit 


Ra iournee ainſi a fin fraicte 
Amoure fift fonner faretraicte 
Pour ralier toutes fes gens 
Lay eut mainte ioye faicte 
De penſee ioyeuſe traicte 

En los des gracieux amans 
La veiſſieʒ parmi ces champs 


Sꝛeciet maine pauiffone plaiſans 
Pour retrait e fa ſeigneur ie 

Et de lautre part no; nuy ſans 
Enuieuy faulx et meſdiſans 

Se muſſoient er £a fueiflie 
Œouraige attrempepout £a nuyt 
Sut le guet pour noſite oſt garder 
Quenuie qui tout bien de ſtruut 
Me Bint par trahiſon frapper 
Sur nous etnous efpouentet 
Entandis queftione a repos 
ais on luy tint pat bien guettet 
Toute fa nupt fe fer au dos 


Parmi toufe loſt amoureuſe 

Ve iſtes gtane feuv alumer 

Et demener chiere iopeufe 

Nire / chanter / iouer / dancer 
Trompettes et clerons ſonner 

St inſtrumens de toutes pare 

Et faire ces champs reſonnet 

Ze {on iopeup er fair efpare 
Hauſt vouloir/ bon aduie et nous 
Vin ſines en fa rente damoure 

Et fa parlaſmes du ialoux 
Dangier et de fee foubdaine toute 
Et denuie et de fon fecoure 

Qui ainſi nous cuidoient deſtruire 
Te tandis quifs auoient cours 
TZTemps et puiſſauce de nous nuyre 


La parla l'en des grans vaillances 
Et des enuieuſes greuances 
Senuie et de fa grant armee 

Et de lentrepꝛiſe honnoꝛee 
Quefantant et moy entrepꝛiſmee 
Suant en iopeufe deſtinee 

Ee conduit de hault vouloir pꝛiſmes 


£a Bon aduis et hauft vouloir 
Dour noſtre fait recommander 
Faiſoient merueilleux deuoir 

Se nous vers amours aduancer 
Et leaulte pour noue haulcer 
Nous loua meruciffeufement 
Tant que amoure ſe print a pencer 
Zur noſtre fait bien longuement 


Touteffois auec maint deuis 
Hault vouloir auec bon aduis 


A amours congie demanderent 

Et ainfifutfecongiepue 

De noʒ dev guides et amis 

Que en feux tente nous menerent 

Les feruiteurenous defarmerent 
Rarmant et moy et apprefterent 

Serbe Berte pour repoſer 

Mais noz guides oncques ne coucherent 
Aincope toute la nuyt guaitterent 
Quon ne nous venſiſte ſueiller 


Je mendoꝛmis legierement 

ã la freſcheur 

comme charge eſtrangement 
ZDepefanteur 

Dour ke traueifet fa douleur 
Du fong Sopage 

Qui mauoit fait mainte rigueur 
St maint oultrage 


Quant ieuʒ doꝛmis bien ferme ment 
Ainſi que vne heure ſeulement 
Hfme vint vne aduiſion 

Qui a merueilles plaiſamment 

@e donna reſiouyſſement 

Mais oꝛ oueʒ la viſion 

En vne doulce region 

Faicte par compoſition 

Toute bonne fans violence 

De treſnoble complection 

Oultre toute eſtimation 
Naturellee t recongnoiſſance 
Regatdap vng lieu de plaiſance 
Fait par ſi treſgente oꝛdonnance 
Gt par ſi grande auctoꝛite 
Quonques mais dieu ne fa puiſſance 
Ne fivent mieulx comme ie penfe 
Quoy quifait maint habilite 


Ceſtoit vng chaſteau dequite 

De trois puiſſans murs Bien ferme 
Deuurez par grant ſubtillite 

Ainſi que par vne euure foꝛee 
Oncques mais creature nee 

Ne Bit fe pareilediffice 

Ne iamais ne ſera trouuee 

Bi belle oeuure ne ſi pꝛopice 


Le pꝛemier mur eſtoit de fin acier 
fer et luyſant de haulteur oꝛgueillenſe 


Pkus mille fois quon noſeroit cuidet 

St de largeur treſample et planteureuſe 
Auironne pat oeuure merueilſeuſe 

Se foꝛtes tours hoꝛs du mur a demy 
Qui rendoyent la place ſumptueuſe 
Tent mille fois mieulx faicte qua lamy 


Le ſecond mur eſtoit de fin argent 
Tant gracieuv/tant pfaifant/ettant gent 
Quagrant paine foperation defcrire 

Et touteffois pour au plus pres en dire 
La verite et fefon mon aduis 

Le fecond mut dargent comme ie die 
Sſtoit par tout ſeme de gent creneauf® 
Meſmement que mouft parorent beauſx 


De belles toute et de gentes tournelles 


choult plaiſantes mouft foꝛtes ęmoult belles 


Arengees aſſeʒ eſpeſſement 

Bſtoit ce mur pare moult richement 
Œtentreces deux murs couroit 
Vng gent ffeuue mouft roidement 
Qui cefieu tout enuironnoit 

Dans fon coure perdre aucunement 


Dieu par expꝛes commandement 
£auoit en ce point ordonne 

Dour faire plus parfaitement 

Don chief doeuure a amours donne 
Ze tiers mur eſtoit de criſtal 

Ouure moult pꝛecieuſement 

Qui ſembloit de haulteur egal 

Aus cieulx ou bien pꝛouchainement 
Oncque ouuraige plus gentement 
Ne ſe monſtra ne plus parfaict 

Et cuide a Bon entendement 

Quuf eſtoit mieulx fait que a ſoubʒ hait 


Ixy auoit belles allees 

Dur ces trois murs de toutes pate 
ouft fumptueufement patees 
Et pꝛopꝛes pour plaiſans regars 
Moins plaiſirs y eſtoient eſpars 
En ce treſgracieux ouuraige 

Ou dieu ne fut oncques eſchars 
De fe Bien faire a lauantaige 


SEt entre fes deux mure derreniers 
Recouroit Bne autre riuiere 
Zreſplaiſant Boire fe tiers 


Que ne ſembloit fa premiere 
La trouuiffies toute maniere 
De poiffon qui eſtoit merueifle 
— choſe a fa pface entiere 
Seſtre des autreg non pareille 


En regardant ce paradis 

Je fue raui en efperit 

Soub dainement me futaduie 
Que lame de mor) corps pattift 
Etouftrefes murs fe tranfinift 
En Bne gracieufetout 

jointe au tiers mur com iap dit 
ait de criftaf tout afentour 


Teſte tour queie Sous deuife 
Sſtoit doꝛ par grant mignofife 
HDuuree gracieufement 
Bouuraige de trefgrant coinfife 
Duftre pfaifance en toute quife 
Tant eftoit de grant parement 

Be cefietour/trefnobfement 
Dituece/au commencement 

De ce gracieuv paradis 
Apparceusie aucques troublement 


Lee biens quont ceulx qui lopaulment 


Serueut amours en faits et en dis 


De ceſte four vis grant partie 
Ses biens de £a cite iolye 

Comme le ſouuerain palais 
Maconne doꝛ doeuure batue 

Se pꝛecieuſe pierrerie 

Plus quon np penferoit iamais 
Afentour eftoient fes fai; 

Ses beaux amouteuy pourfraictz 
SDung ouuraige mouft fumptueuv 
Tant Bien ct fantrichement fais 
Que pour rien charcheroit len / mais 
Tant fut ouuraige pꝛecieux 


Le regart du lieu ſeulement 
Refioup ſſoit oultreement 

Tous ceufo qui fe ſieu regardoyent 
Tant eſtoit fait parfaictement 
MHieulv que quefque autre nullement 
Dour ceulx qui lopaument amoyent 
Et fans faufte ceulx que eſtoient 
Trouuezʒ dignes dp eſtre / auoient 
Joye infinie 


Tar par feufregartifs ſembloient 
Tant ioyeux quilʒ entroubiloient 
Tous maulv denuie 


Le puiſſant dieu damours eſtoit 
SEn ce palais que ie Sous dis 
St les vꝛays amans feſtioit 
En plaiſans ct amoureuy dis 
Et fa fcap ie Bien que ic vis 
Zꝛoicte merueille 

De ioye / de bien / donneur / de prie 
Daffe merueille 


Je Sie vne grant ſale baſſe 

Faicte doꝛ et de pierrerie 

Tant que iamais ie ne cuydaſſe 
Autant Soir en toute ma vie 

Bien taillee dpmagineree 

Bee haulv faits darmes et damours 
Dung oeuure trop mieulv aſſouie 
Quon ne diroit en mille soute 


St au millieu de ce poupꝛis 
Sourdoit vne gente fontaine 
ÆBeaues treſodoꝛans de prie 

En dinere condupe toute pfaine 
La effoit toute oudeur mondaine 
Entre meffee de doufceur 
Quirendorentiope ſouueraine 
2 ceufy qui eflopent er) feur 


La veiſſieʒ vous tous deduis 

2e chaffe fait par nigromance 

Dar fes oeuuriers a cetous duie 
Qui pour loꝛs p prenoient pfaifance 
Duftre plus tous fais de vaillance 
Dep trouuoient ſemblablement 
Dar pfaifance «non a ouftrance 
ar oncques dueil ny futnuffement 


La fe trouuott toute armonie 
Bee opfeaufy qui de chanterie 
Dnt fa plus cfere congnoiffance 
dat feur Sois pfaifant œiofie - 
orgoit nouueffe melodie 

En cetrefooufy lieu depfaifance 
Bont ie dis query ma confcience 
Les amans quefque dofeance 
Quifs euffent eu fe tempe paffe 
Auoir pouoient afegeance 


En vng moment de leur greuance 
Quelque dueif quiſʒ euſſent porte 
Et ſur ma foy la moindꝛe ioye 
Se ce lieu riche de plaiſance 
Souffiſoit ſe dire loſoye 

Aoſter ioute deſplaiſance 

Œt toute moꝛtelle greuance 
Dane que nuffozaft contredire 
Dont ie die en mop/iene pence 
Due au pfaintifamant deſdire 
£a toute odeur fouefue eftoit 
Qui fe fieu odoꝛant rendoit 


Due mille fois queie ne dis 

St louuraige qui femonfiroit 
Sautre partie fe paroit 

Œieufs a peu pres qun paradis 
£a fes hiſtoires de iadis 
Nichement faictes en beaulx dis 
p eſtoient Bien amentues 

Lee nobfee dauctoufe pris 

Par feure fait; vertueux acquis 
Auoient fa de Fos granttreues 


En Sneautre faite donneur 

€ ntretaille e par doufccur 
Dee nobles faits des amoureud 
Lefquetsen fupant deſhonneur 
Honnoꝛeenient auoient rigueur 
Dorte auv mauldiz enuieux 
Penſeʒ Beoit fait; merueiffeup 
Se ces lopaulx amans eureug 
Qui eſtoient appelleʒ a iope 
Apꝛes mains crimes rigoreux 
Des faufy mediſans furieuv 
Que ia dieu en bien ne pouruope 


£a veiſſiez ieunes amans 
Amoureuſement paſſer temps 
Auec mainte dame ioſie 
Bracieuſement deuiſans 

En douko langaiges ef plaiſans 
Sans penſer mal ne Biffenie 
Oncques plus gracieuſe vie 
Ne fut veue en nuffe partie 

Auſſi eftoit ce bien raiſon 

Car oncques la traiſtreſſe enuie 
Sp fut ne heure ne demie 

Dour ce y eſtoit ioye en ſaiſon 


£a veiſſiez ces gens amans 

Ses belles dames regarder 

Et faire mains tours tant plaiſans 
Qua paine fe peuft on penſer 

Lee vngs veiſſieʒ deuiſer 

Auec leurs dames plaiſamment 
Et de maintes choſes parler 
Entre eulx Bien gracieuſement 


Les aucuns des amans dancoyent 
Auec les dames qui chantoyent 
Moult plaiſamment 

Autres a diuers ieux iouoyent 
Et fes Bngs des autres rioyent 
Joyeuſement 

Dane penſer nuf mafpenfement 
£a eftoit tout efbatement 

Et tout plaiſir 

Sp neſtoit pas grant parlement 
Be doufeur/ne ſemblablement 
De de ſplaiſir 


£a ſe trouuoit plaiſant ieuneſſe 
En iope / en ſoulas / en lieſſe 

Par treſamoureuſe plaiſance 
Qui en oſtoit toute trifireffe 
Toute fierte/toute rudeſſe 

Dar ſa haulte et digne puiſſance 
Jeſtoie it iche a fuffifance 

Se ulement de veoir loꝛdonnance 
Du noble et puiſſant dieu damouis 
Qui ainſi donnoit allegeance 

A ceufo qui auoient eu nuyſance 
Tant que ioye eſtoit en decoure 


Et de ceſte tour ou ieftoie 

Deope fee biens de pfaifance 
Aucunement / mais ie nauoie 

Das adoncques clere congnoiſſance 
Que ce fuft fa tour defperance 
Dont ie Beope cee haulx biens 
Qui moftoient hoꝛs de defpfaifance 
Par feulregart fansautreriens 


Je Bio vne chambꝛe a parer 
Faicte pat grant magnificence 
Mille fois ſaus plus comparer 
Quon nauroit de dite puiſſance 
dar effe efloit toute en fembfance 
De droicte couleur des cieuſv faicte 


Dre dꝛoicte coufeur deé cieufy faicte 
Soꝛ nieffce en grant abondance 
Gt de dignes pierres pourtraicte 


£a eftoit fe plus riche fict 

Que ie veis oncques en maBie 
Tant eftoit Bier) fait a proufit 
Que ce femBlot refuerie 

Dia fa centiefnie partie 

Je racomptoye fa noBfeffe 
ar pat dieu ie ne cuyde mpe 
Quon fceuft eftimer fa richeſſe 


Teſte noble chambꝛe en tous ſens 

Sſtoit danges auironnee 

Qui de tous diuers inſtrumens 

Jouopent au iour a iournee 

La melodie bien amee 

Efioit eſpandue noblement 
Trop plus que creature nee 

Noſeroit penſer nullement 


Harpes angeliques harpoient 
Et oꝛgues hanltement ſonnoient 
Plus que melod euſement 
Trompes et clerons cleronnoient 
Et a fa foys anges chantoient 
ÆBitrefamoureufement 

Que ie ne pourrope nuffement 
TCompꝛendꝛe en mon entendement 
Que ce ne fuft chofe diuune 

Tant furmontoient ouftreement 
Ces ſons corporef fentement 

Gn fa pface facree et digne 


£a eftoit doufceur darmonie 
£a eftoit toute mefodie 


Plus quamant ne pontroif comprendre 


La eftoit muſique iolye 
En toute maniere ennoblye 
Aſſeʒ et iufques a reuendre 


La veiſſieʒ anges eſpandꝛe 
Doulces odeurepour ce lieu tendre 
€n toute maniere odorant 
Comme deauerofe refpandte 


Fleuts des cieufp menuement defcendte 


Pour rendꝛe ce lieu pfus pfaifant 


8 
£a haulteſſe de pierrerie 
Dertueufe par ſeigneurie 
£up{oit en ce lieu pꝛecieux 
Plus cer a cent smile partie 
Quefe ſoleil ne reffambfie 
Dur fa terre es plus haulx lieux 
Et ceſte carte fe maiſt dieux 
Aeftoit en riens nupfiBfe auv yeulx 
Aeaup autres ſens aucuncment 
Ses vrays et fopaufp amoureux 
Que Brape amour rendoit eureux 
Seſtre La perpetueffement 


pa que ceſtoit au furplus 

u digne et facre paradis 

ES mefueiffap:et nen Sie plus 
onf te fus de dueif entrepris 

Tar fane faufte if meftoit aduis 

En mon fonge:que ieflope dieu 
ua pou pres Boire compꝛis 

Lee Baup Biens de ce facrefieus 


¶ Comment les amans eſtans au 
iardin de plaiſance a ſeur pfaifance: 
lung des amoureus fe coniplaint de 
fon cueur qui fe debat a fon oeif. 


Ci 
VAS 


NN 


A map fa prentiere fepmaine 
Que fes boys font pares de vert 
&fquefs fe roffignof fe maine 
Quant ifa (on doulx chant ouuert 

Pour refiopr ceufv qu couuert 

Sont en amours de dueif ſouſdain 

Jon plaiſir ſeſtoit de ſcouuert 

Dour aler chaſſer cerfou dar 


Lots tefis par mes veneurs mectre 
ABng de mec limiers fetraict 
pr nous afafmes entremectre 

aler en queſte Gien a dtoit 
Pour fcauoit faucun cerf retraict 
Deftoit en Bne foꝛeſt moye 
Du plufieurs ont fung fautre attraict 
&n faqueffe a chaffer iamope 


fous quifmes fant de foufes pate 
Quen fin trouuaſmes pour chaſſer 
Brane cerfs et) fa foꝛeſt eſpars 

Pour leur paſture pourchaſſer 

Adonc ie pꝛins a embꝛaſſer 

Pluſieurs rainſſeaulx doꝛme et daubel 
Pefquefs pour nous mieufp radꝛeſſer 
Tic fie fes boiſſes Bien et bel 


PONT SK 
D RÉ 





Quant ce fut fait ie retoutrnay 
Qucrir tous mes chiens:et reuine 
Ou dalans maint tiltre atournay 

€t quant en fa foreſt ie vins 

Au fict tronuap deux cerfs fouuine 
Dourquop i efis ſo nner fes core 

Et chiens couroient plus de fiv Singe 
Qui faifoient iopeup accore 


dar fe cueur quen dueif on dechaſſe 
Œuften pfaifance eſte redui; 

Soyr les chiens faire feux chaffe 

Si pꝛopꝛement eſtoient duiz 

Et tant doufp eſtoit leurs conduis 
Que leurs tons qui retentiſſoient 

En fa foꝛeſt eſtoit deduis 

Pluſque diſtrumens quelʒ quiliʒ ſoient 


Œten chaſſant pres de ma voye 
Lois feminines entendis 

Plus doufces opes nauoye 

Loꝛs de mon cheual deſcendis 

Pour mieuſlv oyrret actendis 

Tant que leur chancon euſt fin pꝛinſe 
Et du fieu ſcauoir contendis 

Du eſtoit ceſte doulce empꝛinſe 


Tant cherchap que dames fanenombze 


Trouuay defez Bne fontaute 

Soubʒ vng pin qui feur tenoit vmbꝛe 
Mais ce mefloit choſe incertaine 

Se congnoiſtre la plus certaine 
Tant — —— leur atour notable 

St doulce beaulte treſmondaine 
Dur les autres incomparable 


SEt eſtoient acompaignees 
Shommes gentitz bien habilleʒ 
Deuxnauope er compaignes 
Plus gaies gens ne mieufo faiffez 
Seſtre prefiement confeifles 

Be fefher gene haultement 
Zzant fes veoye refueiffe; 

St eulx contenit gentement 


Aſſez pres ie ma pꝛouchay deufo 

Et les ſaluay tous enſemble 

Puis deuere moy en dindꝛent deux 
Qui me dirent:ſire il nous ſemble 
Que vo cueur en dueil ſe raſſemble 
Comme apparoir peult par voʒ fais 
Quant vo coꝛps ne ſe Leurs 
Bee chiens pour fa chaffe patfais 


Si vous pꝛions que veneʒ veoit 
Les dames / et fes damoiſelles 

Se vous feſtier grant deuoir 
Feront de lhonneur et bien delles 
Et pour bien chanter ce ſont celles 
Qui fur toutes portent le nom 
Auſſi damoureuſes nouuelles 
Compter:elles ont le renom 


Tant de biens on me recoꝛda 

Que ie fus de ioye rauis 

Le quop mon Boufoir faccorda 
e fa afer Beoir:ouieBig 

Leur gent coipe et amoureux Bis 

De dieu et de dame nature 

En toute Beaufte aſſouuis 

Dur toute humaine ceature 


2 toutes ie fis reuerence 
Æumieufp que fe fcauope faire 
Mon mie fefon fapparance 

Se leur gentifet noble affaire 


vi 
Ou il nauoit riens que refaire 
Teſtoit dhouneur lexemple fin 
Quon ne ſcaura ia contrefaire 
Tant que le monde pꝛaigne fin 


Je fus des dames gracieuſes 
Xecueilly de vouloir parfait 
Qui dec fleurs moult deficieufes 
Vng gent chapel mauopent fait 
Jamais nen fera nu£ ft fait 
Eequel liement me donnerent 
Œt force me trouuay refait 
Quant ainſi iolis moꝛdonnerent 


Puis lune par la main me pꝛint 
ŒtBne chancon ala dire 
Chaſcune des autres empꝛint 
Zen faire autant ſans contredire 
Si tres doufcement quetedire 
Nauoit en feure Boip ef meſure 
Teſtoit Sie pour offer dire 

Vng cueur trouble a deſmeſure 


Auſſi ne ſe faignoient pas 

Achanter fes anians gentifs 

Qui de leurs peufp par droit compas 
ZZraiopent feure regarde fubtif 
Duif;auotent appetis 

offrit feur cueur en bonne entente 
Et eſtre a ſeruit ententifs 

Tant quamours en ſeroit contente 


Lune Gore de fa feſte yſſi 

Et la compaignie eflonga 

Je ne fcauope fe ſouſſi 

En effe aucun droit cafençga 
Maie mon oeifgrant pfaifir en a 
St mon cueur a le regarder 
Tar de tout ennuyle purga 
Dour fe touſdis iopeux garder 


Le ſembloit vng ange que dieux 
Suſt fait du cieẽ defcendre an monde 
On ne pourtoit regarder dieulv 
Dame plus graccufeet munde 
ar comme feaue qui furunde 
En mer on nepeuft efpuifer 
Tous ceulven qui fageffe habonde 

G à 


fueillet 


Ne ſcauroient ſes bien pꝛiſer 


Et fa nompareille beaulte 
Mon pfaifir touſdis contendoit 
Aacquerir fa feaulte 

A quoy mon vouloir pretendoit 
Auſſi mon deſir nentendoit 

2 riens qua fa grace de celle 

Par bonne amour qui ſaccordoit 
Que ie feuffe feruiteur deffe 


Quant elfe penfa vne efpace 

21 fa feſte fen retourna 

Gt en doufceur qui toutes paffe 

2 chanter fa Sois atourna 

Paie a chafcun pas quelle tourna 
Auoit vng gracieux conuop 
Amon oeil ou nul faulx tour na 
La gracieuſe fans defuop 


Et ains que diffe eut ſa chancon 
Vng cerf Bint iffec qui ſailly 

En fa fontaine:et pat fe for 

De mon cor les chiens recueilly 
Defquefs fe cerf fut acueilly 

Si aſpꝛement en ce pourpꝛis 
Que de paour ſouuent treſſailly 
Pource quif ſe ſentoit ſourpꝛis 


Tous fee tentifs hommes et dames 
Pꝛenoient grant plaiſir a voir 

Chaſſer les chiens: auſquelʒ aidaſmes 
Pour le ſerf dedans leaue auoir 

ais de tel deſduis nautre auoit 

Mon oeil treſoꝛ ne vouloit faire 

Que de celle on tous biens auoir 
Regarder famoureuy affaire 


Quant fe cerf fe fut dcfaiffez 

De fa fontaine ſeſchappa 
armee chiens eflopent faffez 
Dourquop nul deulx nefatrappa 
Paie fe buyſſon ou fe frappa 
fut des chiens encfo; fans atreft 
Œten courant iffe agrappa 

Dar fes ronces er) fa foꝛeſt 


Jalay des dames congie prendre 
Et la beſte pourfup fort 


Et en chaſſant ſenti ſurpꝛendꝛe 
Mon cueur de triſte deſconfoꝛt 
Je ne ſcauoye quelle effoꝛt 
Auoir pouoit:ne quel meſaiſe 
Ne trouuer aucun — 
Sont mectre Le peuffe a fon aiſe 


Et tant chaſſay que ie fus ferf 
Be Veoir Le fofeif mucer 

La ne veoit chienne cerf 
eftoit Gien poux ine courroucer 
ar fa nupt fe vint anancer 

Di fort quen ce feu me perdre 
Bi fus contraint pour p coucier 
Dutantquiffutiouriatendie 


on cheual liay aBng arbre 
Contre fequef ma tefte nue 

Pa terre froide comme marbꝛe 
Ærouuap/dont de froit ie fremis 
Moy complaignant queie cremis 
De ceffe fe nom demander 

Qui auoit a mon oeil promis 
Quant premier fa Bouft regarder 


De ce penſer qui me ſuruint 

Je trouuay meſperance eſtaincte 
Dont dur gemiſſement me vint 
ar ie fa trouuap en plours taincte 
Œt de dueifafprement actancte 
Pour ce que ne Beoie pont 
Celle qui ma ioye ent deflaincte 
St ie mendoꝛmy en ce point 


Et en doꝛmant plaindre ioys 
De top qui tas voulu combatre 
Diſant / faulx oeil mafie iouys 
De top quitas voulu embatre 
A faire ton regard aBatre 

Au cler viʒ de fa belle nee 

Tar ius de moy as fait rabatre 
Treſamoureuſe deſtinee 


Loeil diſt au cueur a quelle fin 
De die tu fi honieuſe iniure 
Je fuie diff if ton vꝛay afin 
SEn ma fopaufte fete iure 

Ne crop pas que ie mepariure 
Car oncques mafie nete fic 


St nay doubte quon me coniure 
Se te greuer fopes en fie 


Aae tu pae par dꝛoicte nafure 
Choiſy entre fes grarieufes 

£a plus parfaicte cteature 

Dur toutes autres amouteufes 

Et pour fes doufceute plaintureufes 
Dur effe ton regard auoies 

Plus que fur autre des iopeufes 
Que belles et bonnes trouuoies 


ueur ie ne vueil point en ny mectre 
Que ie nape dame veue 

En pfaifant maintien entremectre 
Be patfaicte Honneur pourueue 
Et qui fur fes autres efleue 

Dour £a pfus belle et doulce auoye 
Seſt doncques pat top efcheue 
Hapne en mop qui te defuope 


Dpf/cat fut fa treſbien faicte 

Be defir fe regard trahis 

SDont ie fus en iope patfaicte 
Bu plaiſir que ten actra his 

Tar fes Biene en mop pourtrahis 
Et ains que mercp demandaffe 
Loing de cefle te retrahis 

Affin que defefpoir nauiendaffe 


ap franchife qua mot plaiſir 
Dee regarde ou ie vueil iaſſemble 
Sont auoir ner) dois deſplaiſur 

Ne ton fait au mien ne reſſenible 
Comibien que demourons enſemble 
at ie ſuis pour regarder fars 

Et top pour apmet le me ſemble 
Qua mop donner charge meffais 


Comme le fruict ne frurtifie 
Difna fa chaleur du fofeif 

Ainſſi ie Le te certifie 

Aymer ne puie fans ton confeif 
Car tu oꝛdonnes fe pareif 

De nie donner Boufoir daymer 

Et vng tour:mais fait nompareif 
ar par top ſens pour doulx amer 


Se a danie regarder ientens 


Bi 
Bohtenniendies amoureux 
Gtdefperance nes confene 
Dourquop fu [oies douloureux 
che dois tu par motz rigoꝛeux 
DiSifainement repꝛouchet 
Quant pointiene fuis vertueux 
Dour top a mercy aproucher 


Tu denffes auoit actendu 

Que fa choſe euft grace requife 

Et que loꝛeille euftentendu 

Se ie fa peuſſe auoir conquiſe 
Ainſi meuſſeʒ plaiſance acquiſe 
Et ie me trouuay pourueu 

De douleur que pour moy as quife 
Œtdeiopedefpourueu 


Ae me chault de nezne de bouche 
Se piedz / doꝛeilles / ne de mains 

Trop plus a regarder me touche 

Lee beaulx doulx viſaiges humains 
Ses dameeicat en iope mains 
Alheure que ie fes regarde 

Et de cetunas valu moins 

Se bien a ton fait tu pꝛens gatde 


Ceſt bourde faulv meurtrier tu mas 
Feru dung aſpꝛe coup moꝛtel 

Dar ton regard dont ie ſuis mats 

Je ne te cuydoie pas tef 

Tar du riche et noble chaſtel 

Ze Bon confort me deſherites 

Par le RE de fautef 

Zu ce plus maufuais qune herites 


Je ne fuis murdꝛier nyncredule 
On me treuue touſdis loyal 

Ne par teſmoignaige ou cedule 
Monſtrer ne me peulʒ deſtoyal 
Vers amours a qui ſuis loyal 
Et fau contraire Beufv riens dire 
Ardant defir mon mareſchal 

En faiz iuge fane contredire 


Quant eſt a mop:ie fuie content 

Que par deuant fup on recoꝛde 
£affaire de nofîre contempt 

Et fe fon Soufoir ne facorde 

De congnoiſtre que fa diſcoꝛde À A 


Que iap a top ne me vauldꝛa 
Dans en auoir mifericode 
on corps combatre fen vouldꝛa 


Adonc foeifaucueut refpondit 
Que contre fup fer deffendꝛoit 
Et foie chafcun deufv entendit 
PBafer deuant amours tout dꝛoit 
Et quant if furent £a endroit 
Seſir fe marefchafdamoure 
Siſt au cueur:pꝛopoſeʒ a dꝛoit 
Tout le cas de voſtre remours 


Le cueur ne pꝛint nuſʒ aduocas 
dar fon fait meſmes pꝛopoſa 
St diſt: defir veeʒ cp mon cae 
Loeil auquel pfufieure pꝛopos a 
Nagueres fon regard pofa 

Dur fa Gefle:ou na que repꝛendꝛe 
Dar fe pfaifir quif diſpoſa 

Se up faire ce fait emprendie 


21 ceflup regard auoier 

Amoure voult er mop fouuenis 
Plaiſance ou defir enuoyer 
Lefquefsme firent deuenir 
Drap amoureuv pour patuenie 
Gn fa gracc de fa treffie 

Ou ia ne poutrap reuenie 
Bont ie fuis en mefancofie 


Œt foeif ma mis er ce parti 
Car Lors quuf Bit que fue actains 
De lamour defle if fe parts 
Auant que ie fuffe certaine 


De dc fa belle aux biens haultains 


Je peuſſe auoir alegement 
Ainſi par loeilie fus foingtaine 
De celle a qui ſuis legement 


Et ce grief a fa mort me maine 
Tant doufoureufement ma pris 
De ſconfoꝛt en fon dur demaine 
Ainſi a loeil vers moy meſpꝛis 
Car fe fa belle de hault prie 
Neuſt donne fon regard fi foré 
CTe dur mak ne meuftia furprie 
Et veſquiſſe fans deſconfoꝛt 


fueillet 


Bontie me plains iuſtement 

Se loei:et ſen auant veult mectre 
Que mon cas qui eſt iuſte ment 

En vous defir men vueil ſoubʒmectte 
Du en ma loyaulte pꝛomectre 

Be luy prefent amourecombatre 
Seuant lequel vueilleʒ commectre 
Moſtre querelle ſans debatre 


Loeifrefpondit : ie nay pas fait 
Choſe qui foit au cueur contraire 
Tar fe iay Bngregard parfait 

Sn fa belle voulu retraire 

Le cueur nen pouoit mafactraire 
Puis quamours ma donne loffice 
Qua mon gre puis mes regarde traite 
Ze fup nap autre benefice 


Le cueur repliqua ce fangaige 
Et dift a loeil tu as mentp 

Vng foufpir en gecte pour gaige 
Loeif refpondit au cueur: mais tp 
Œtpour ton fait eſtre aneanty 

A bon droit ton gaige recueifle 
Affin quamours foit aduertp 
Qua tort mon couraige macueiffe 


Quant defir eut op faffaire 

En mp map iour feur aſſigna 
Seuant amoure:ef en fiſt faire 
Lectres que chaſcun deulx ſigna 
Tar lung et lautte enracina 
Pꝛopos en fup de maintenir 
Son droit difant :defir cp na 
hoſe que ne vueilleʒ tenit 


Et defir ſans faire demour 

Ju fait:a fa dite le doir 

A {on ſeigneur € maiſtre amour 

Qui fup oꝛdonna que deuoir 

Feiſt de belle place auoir 

our faire Bng champ Bien dos de liſſes 
Et quil euſt pour fe gaige veoirt 

Vng lieu pꝛepare de delices 


Loꝛs deſir comme diligent 

Fiſt faire vng champ de coꝛ en cor 
Paue de fins tiſſus dargent 

A doubles liſſes de fin où 


Doncques nabucodonoſoꝛ 
Qui fur tou e fut vng riche rop 
Aamaffa fi noble trefot 
Lomme eftoit ce gentif arroy 


TCar au champ auoitdeuvenfrees 
Faictes de iaſpe et de criſtal 

Dar ouuriers deſtt anges contrees 
D barrier es de fin coꝛail 

Furent par art eſpecial 

ZToutes fermans a clef diuoire 
Qun ſerrurier de poꝛtingal 

Lyma dune fpme de voirre 


Le hourt damours eftoit fait dambꝛe 
onde fur piffers de balais 

Du gatderoBe ef fale et chambꝛe 
Sſtoient comme en Sn g palais 
Les tapis neſtoient pas lais 

Du de fa roſe ſy rommans 

Dour fire aup amans clers et fais 
Eſtoient efcripe de ddamans 


£a cHaite eftoit mouft iofpe 

Du amours deuoit eftre aſſis 
2e cler Bericfe Bien pofie 

Dur quatre piffere doꝛ maſſis 
Et au deffus eftoient fiv 
Sſcharboucles fines et nettes 
Dfus fupfans dont te fuie penſis 
Que ne font au ciel les pfanetes 


Eta feure qui eſtoit pꝛiſe 

Su cueur et loeil combatre £a 
Amours que ſur tout autre pꝛiſe 
Be fait en fon hourt auala 

SEt puis ſeoir ſi fer affa 

Veſtu dune robe bꝛodee 

Se perles / et auec cela 
Seſmeraudes eſtoit boꝛdee 


Be fa couronne ſes fleurous 
Sſtoient fais de camapeuv 

Et de clers fafire pere et roux 
Auoit ces effes en tous lieux 
Plumetees de Bien et mieuſx 
Œtdetopaces refuifane 

Je crop quefes angee des cieulx 
font pas feure eſtes fi plaiſans 


Viii 
It auoit Vng gracieux arc 
Se licoꝛne a deux coꝛdes faictes 
Soꝛ de chipꝛe peſans Bng m arc 
St trouſſe de ſleches Bien faictes 
Qui ne feftotent point forfaictes 
Œmpennees de fine rubis 
Venus fes fup donna fi faictes 
St ferrees de dyamans bis 


Quant amours larcher noble et hault 
SEut larc et £a trouſſe ius mis 

Regard fon amoureux hetault 

Trois foi; comme illuy fut commis 
Appella fe cueur qui pꝛomis 

Auoit de combatre ce iour 

Loafqui eſtoit ſon ennemis 

Et quen cene feiſt ſeiour 


Ee cueur vint pour combatre loeil 
Sur Sng deſtrier couuert de lermes 
Arme dung harnois fait de dueil 
Zrois ſouſpirs eſtoient ces armes 
Daintureʒ fur fa cotte darmes 

De gemiſſemens dyapꝛee 

Et leſpee a faite ſes armes 

Œftoit en triſteſſe trempee 


St auec luy vindꝛent honneut 
Hardement / pꝛoueſſe / vaillance 

Penſer / fouuenir et bon eur 

Qui eſtoient de ſon alliance 

Zous veſtus pour fa bien vueillance 
Se roſes ve rmeilles et lis 

Et poꝛtoient pat oꝛdonnance 

Be lauende chapeaufs iolis 


Quant a lentree du champ vint 
us de fon deftrier defcendit 

Et a deuy genoufy des fois vingt 
Seuant amours fon corpe rendit 
Œt apres queres nattendit 

A fon retour er Bnetente 

Be romarin quon luy tendit 

Du contre loeil fut en attente 


Loꝛs regard fe Berauft gentif 

Apella loeil prefentemnent 

Qui de venir fut ententifʒ 

Ferme de doulx eſbatemẽnt 
fui 


Dur vvng genet de parement 
Qui ne fembfoit mue eftre las 
douuert de deduit richement 
Et fefpee eftoit de foufas 


Cotte darmes auoit deiope 

Du figuree eftoit lieſſe . 

Be gensauoit grande mont ioye 
Du furent bel acueil / pꝛoeſſe 

Be poꝛt / mefodie / noble ſſe 

De paruanche habilleʒ tous vers 
Et de mariolayne a largeſſe 
Sſtoient feurs chenaulx couucts 


Et ſi toſt que loeil appꝛoucha 

Dec licee / pie a terre mi 

Et dentrer au champ ſauanca 
Contre fe cueur/ou il pꝛomi 
Bamoute fafuer (entremift 

Du entra en vng pauillon 
Be fleur de gfap quon fup trammiſt 
Qui valoit maint marc de billon 


Et defir du champ loꝛdonneut 

Fiſt conuenir en fa prefence 
Bamoure/quide ioye eſt donneur 

Le cueur et foeif pſains de prudence 
Et iuret en feurconfcience 

Quen ce fait chaſcun auoit dꝛoit 
Que par armes en audience 

Zung Pere fautre monfirer vouldꝛoit 


Apꝛes fe cueur fift fon retour 
Were fa tente pour repoſer 

En fon ſiege de noble atour 
Quuf fiſt deſglantier compoſer 
Et auſſi fafa pourpoſer 

En fa chaire de muguet 

Du toufdis fe Bouft difpofer 
Deftre contre Le cueur au guet 


Et amours pour au champ venir 
Auoit pour eſcoutes eſlites 
Denfer/doufp eſpoir ſouuenit 
Et honneur / en ce fait licites 
Treſtous armeʒ de marguerites 
Aufquefs Souft faire deliurer 

De Vert laurier fances petites 
Dour fee champrons deffeurer 


Puis aionte lequel eſt tant digne 
Que nul ne fe peult reſſembler 

A regard fon herault fiſt ſigne 
Ju cueur et loeil faire aſſembler 
Et regard ſans ſa voix trembler 
Cria quilz feiffent deuoir 

Be quoy fe pꝛindꝛent a tremble 
Le cueur et loeil / ſaches de voir 


Gt Le cueut qui fut appellant 
Se fa tente pꝛemier yſſit 

Qui poꝛtoit comme treſ vaillant 
Lance ferree de ſouſſy 

Eoeil de fon pauillon auffi 
pffit/en fa main vne lance 

Que mouft gentemeut conduifié 
Qui ferree eſtoit de pfaifance 


En bꝛãlant (a fance en fon poing 
Le cueur auant trois fois paffa 
Zont foeifne ſe tiroit pas loing 
Ne pour doubte ne deſpaſſa 

Et adonc le cueur compaſſa 
Son gect de lance ſi apoint 

Que fa viſiere treſpaſſa 

Se loeil dont il fut au vifpoint 


Quant loeil fe ſentit enferre 
Roidement contre Le cueur Siné 
Et premier quif fuftdefferre 
Da lance geita/et aduiné 

Que Le cueur reculer conuiné 
ar loeil luy fauffa vne fame 
Et de ce cop quau cueut ſuruint 
Sembla que de luy ſailliſt lame 


Mais il ne fe monſtra pas laſche 
ar viſtement leſpee priſt 

Gt fur loeil fans donner relaſche 
De dure coupe ferir entrepꝛi 

Et loeil Bon courage repꝛiſt 

Car fe cueur bouta de ſeſpee 
Contre les fiffea/et compzift 
Quau cueur fut ſa force occupee 


Le cueur qni fe veit er danger 
De plus eſtre pat loeil confus 
Lomme tres hardi et feger 
Zica fa darde de refus 


Etferp dont eſbahi fus 

Sur loeil de fitres forte atfainte 
Que du cop en faiffit Le fue 
Dont foeif recufa par contrainte 


Etainfiquif fe combatoient 
Se ſeurs dagues partefcourage 
Samie pitie fa doufce et ſage 
Dint comme certaine meffage 
Seuers amours ou maint Greffe 
ꝛiant quil oiſt ce meſſage 
e par venus damours deeſſe 


Amours kuy fiftiopenfe chere 

St vng bien veignant honnoꝛable 
Diſant / pitie mamye chere 

Puis que ma mere treffopale 

Venus fa deeffe ampabfe 

De Senir Bere mop vous commande 
Sacheʒ que mouft meſt aggreable 
Doyr ce que pat ous nie mande 


Et pitie amoutc mercia 
Laqueffe a genoufp fut toufdis 
Bifant/trefbauft feigneur cp a 
Vng debat de deux mouft hardis 
hampions en fax et en die 
Douueraine feruiteure koyaulx 
Et de venus fans contredis 
Dur tous fes feruiteurs feaufo 


ar defqueSenue fut cree 
Bu cueur et de foaf a eſte 
Amoureufement recree 

Et feruie en grant Sonnefte 
Ne par auttup manifefte 
Nullement effe ne peut eftre 
Sevauffee fa maiefte 

Ne fon bel et gracieuv eſtre 


Et pour ce qui font de fa coutt 
Vous mande qe les renuoyeʒ 
Par deuers elle bꝛief et court 

Pour du cas dont ſont deuoyes 
Tongnoiſtre / et que plus ne vopez 
Leur debat / car a elle tient 

AQuif; ſoyent en paix renuoyeʒ 

Na autre le fait nappattient 


fi 
Amours pour rendre oÉeiffance d 
2 fa mere fane plus attendre 
Accoꝛda queffe euft congnoiffance 
Zu debat ou Souforent tendre 
Le cueutetfoef, cfift entendre 
Zu eſcoutes pour eufp deſioindꝛe 
Et a pitre fa doufce et tendre 
Lee bailler pour faire en paiv ioindꝛe 


La if les firent defarmer 
Puis damoute vin dꝛent congie prendre 
Qui les chargea deulx entramer 

Et ſe gardaffent de meſpꝛendꝛe 

Ne debat lung vers lautre empꝛendꝛe 
Pour eſcheuer rancune amere 

Et quitʒ doubtaſſent dentrepꝛendꝛe 
Vers venus ſa treſchere mere 


Pitie fe miſt deufo entremy 

Et puis les mena par fa main 
Diſant / puis queftes auec mp 
Je vous ferap auant demain 
Fous feftoier fe mien germain 
Par Vertus mettreen Bon acco:d 
Qui ſouffrir ne Seuft ſoir ne niair) 
Quie ſes gens ſoient en diſcoꝛt 


Itz arriuerent en vng yſle 
Qui eſtoit fermee dung mur 
Sardans bꝛandons par oeuure habile 
Dour ce quifp faiſoit obſcur 
Du deup oftruffes en fair pur 
Meet en vne littiere 
oꝛ fin eſmaillee daſur 

Venus ſamoureuſe et entiere 


Je vbiz fa littiere couuerte 
SDune gracieuſe nuee 

Et elle en qui eſt ioye ouuerte 
Et plaiſance continuee 

Robe de pourpꝛe auoit muee 
De flambettes et eſtincelles 
Sont oncques ne fut deſnuee 
Pour ieunes amans et pucelles 


Quant pitie ſe trouua pꝛeſent 
Da chere maiſtreſſe venus 
ÆPung doufy ſalut kuy fiſt pꝛeſent 
Et diſt / dame cy font venus 


Le cueur et loeil qui deuenus 
Dont de lung a lautre ennemis 


Quamours qui vous craint plus que nufs 


A deBenir Vers Souecomntis 


Affinque de feure grans debatz 
Lomme mande Sous fup auez 
Longnoiffez du hault et ou bas 
dCar fur fup dominer deuez 

Dource que proprement fcaue; 
Comment fe fait damoure fe maine 
Et auffiquen Joue atrouuez 
Tous fes biens quif a en demaine 


Et ven us de voulente franche 
Recueillit Les deup champions 
Lefquefs de combattre a ouftrance 
De Bardi vueil comme lions 
Auoient feure oppinione 
Depitienefee engardaft 
Auquefs diftque leurs actions 
Chaſcun a Senuetecordaft 


Le cueur fe getfa a genoulvx 

Et diff venus dame trefchere 

Puis qua qe Sous Bientquede noue 
Dacbez du diſcoꝛd fa maniere 

le fans parofe mencongete 

Voueẽ dirap fa fm ou vueil tendre 
ar Sous aueʒ bien fa maniere 

Bu fait conceuoir et entendre 


Venus voult ficence donner 
Au cueur que tout fon fait deift 
Et auffi afoaf ordonner 

Que fur tout il reſpondeiſt 
Ge que fung point ne meſdeiſt 
Se fautreen fa caufe retraite 
Affin que tantoftamendeift 
Celluy qui divoit fe contraire 


Le cueur fa matiere entama 
Diſant / ſouueraine deeffe 

Loeil que nature me donna 

Dour me mettre en [a dꝛoicte adtefe 
Be trouuet ſoulas et fieffe 

A prins pfaifir a regarder 

£a plus Beffe pfaifantieuneffe 

Qui foit pour cueur damant garder 


St du plaiſir quif a empꝛis 
3 ap efte foubdainement 
na amoureux defir eſpꝛis 
Et fouuenir prouchainement 
Se koga enmop pfainement 
Auſſi fifi pen fer amoureux 
Ætefpoir ſouuerainement 
che tenoit en confort eureux 


St depuis mefttrop meſuenu 

at loeil na pas voulu attendre 

Que tequerir feuſſe Venu 

Mercy a fa treſdoulce et tendre 

Aline effongna pout mieulx aprendte 
Que ceffup qui eſt loing de loeil 

Eſt loing du cueur /dont Bien entendꝛe 
Poueʒ que ie vifʒ en grant dueil 


Jar quop fif ne leuſt regat dee 

le nen fuffe mucen ce point 

Et euſſe ma ioye gardee 

Que ie nay plus qui / trop me point 
Don regard dont fiſt mal a point 
Loꝛs qua Biofence ouurer veuſt 
St on dit notez Bien ce point 

Qua oeit ne Soit a cueur ne deuft 


St loeil eft fa porte quouurit 

Ne ſe doit pour faiffer paffer 
Aufdueif pour ma ioye couurit 
aise pour me garder de caſſer 
Laïiffet doit efpoir amaſſer 
&onfort/iope/et Bonne aduanture 
Dour fefquefs ne fc doit faffer 

A faire haſtiue ouuerture 


tie fens quau rebouts a fait 

ar ifa laiſſe pleure et pfaintes 
Entrer en mop dont fuis deffait 

at fouffrir me fait doufeure maintee 
Quitoufdie demeurent empraintes 
En mop/cemeftmortefinaréire 
Biconcfueque par Bo; contrainctee 
Je laye au champ auquefie tire 


Adonc loeil qui Bien ſappliqua 
A trouuer fes fafuations 
Hamoureuv aduis repfiqua 
Bu cueur fes pꝛopoſicions 


Et viz Bien a es actions 
Quif auoit efte a fefcofe 

Samours / lequel dentencions 
Plaiſ ans fee ſeruiteurs eſcole 


Et diſt vVenus dame amoureuſe 

Le cueut maintient qua luy donnee 
Suis denature pfantuteufe 
GEvpꝛeſſement oxdonnee 

Seſtre a toute heure habandonnee 
Ale mettre en ioyeuſe fente 

Et quau fait contraire oxdonnee 
Zuie / dont 1f fauft que fe dueil fente 


Je ne Jueifpas excuſer 

Que ie ne ſoye pour ſuy fais 
Mais point ne me doit accuſer 
Que parmop il poꝛte fe feis 
De doufeur/car ceſt mes patfais 
Sires / ne faire ne puis rien 
Sans fon gre/dont fe ie meffaiz 
Za caufe Vient par fon mopen 


Car ainſi que fonner loꝛloge 
Ne peut ſans auoir mouuement 
Zzefquefouurier en effe loge 

De mop icnepuienuffement 
Regarder amoureufentent 

De fe cueur a ce ne me meut 
Tar ie ne fuie qun inftrument 
Sont ouurer a fon Soufoir peut 


Sen effe ap donc vng regard trait 
Dar fon gre qua ce faire me oeuure 
Et qua cefte caufe ait attrait 
ZDefir qui delle apmer labeure 


fo 
Venus regarda que fane enfp 
Ne pouoit fon regie tenir 
Parquop tout ſe pꝛoces des deux 
Douft faire eſcrire et retenit 
Le doubfepour ſes maintenit 
Sans diſcoꝛd auoir ſeurement 
Et du dit delle entretenir 
Leur fift faire le ferment 


De quop faire if furent contens 
Et venus a tous vꝛays amans 
SEt amoureuſes teurs comptens 
Sſcripſit et leurs fiftcommans 
Que chaſcun deulx fuſt affermans 
A fon ſens/ lequel deulx a droit 
Affin queffe fuſt confermans 

La paiy entre eulx par Bon endꝛoit 


SEt qui doppinion raport 
Feroit plus Srap fur ceifes choſes 
x auroitpout viure en depot 

e par elle vng chapeau derofes 
2016 pꝛeſtement trouuay deſcloſes 
Lee penſees quauoye en ſonge 
Eeſquelles fans adiouſtet gfofe 
Eſctiſy au net fans menfonge 


Si pꝛy ceuf ou iope ſeſbat 
Ætquidamer font en fa Bope 
Que du cueur et fociffe debat 
Chaſcun en droit (op le cas voye 
St fon oppinion enuoye 

A Senue, St guife cHappef 
Saignera / amours fe pouruope 
Se tous ſes deſirs ſans raper 


¶ Comme les amans qui ſont audit iar 
din de plaiſance apres ce debat du cueur 
Et de loeil fe efiopffent et ef6atent a faire 
Diufieure balades Crõdeaulx pour fes da 
mec à p font/les Bnas pour fônent des da 
mes/e fee autres au defbôneur. Enſẽble 
fee refpôces dec dictee dames au amäs . 
Œt dautres pluſieurs choſes iopeufes. 


St ſil ſeſtoingne et dueil fe cueuure 
Point ne luy ap quié tel feiour 
Car on dit que fe cueur fait loeuure 
ais ce he fait pas fefong iour 


Si vous pꝛy dames regatdes 

Les cauſes comme ie mexcuſe 

Et mon loyal dꝛoit bien gardeʒ 
€ontrefe cueur qui Sous abuſe 
2 cefle fin quen champ ie fufe 
Ou a tout fe moine quif fort prine 
Et mis en pꝛiſon pour fa rufe 
Dunir/dont vers moya mefprine 


¶ SEt pꝛemierement balade dung 
amoureup a fa dame 





A doufce amour maiope ſouueꝛaine 
efcoutez mop fif voꝰ plaiſt vng petit 
NK, dat Bo? eſtes fa fourfe c fa fôtaine 
Du mon cueur pꝛent foufasiope et deduit 
Si vous requiere quene foie eſcondit 
Bu don damer dont Sous ap fait requeſte 
Etque tantoſt fans aucun contredit 
dntre voʒ Bras me vueilleʒ faire feſte 


Se ie Bous prie dame de beaulte pfaine 
Pour voſtre amour ie ne fope defdit 
Ailezʒ pitie de ma nature Humaine 

Qui durement pour Bous fe defconfié 
Parlez a mop pat bouche ou par efcripé 
St me monſtreʒ ſigne damour parfaicte 
Joyeuſement par deſſoubz voſtre abit 
Entre Sos bꝛas me bueilleʒ faire feſte 


—— que touſiours ſuis en paine 
En Vous feruant et de iour et de nuyt 

Et fi ſcay Bien quonques choſe Biffaine 

Par ma bouche contre vous ne fut dit 
Ottroieʒ moy pardon grace et reſpit 

Du bon du cueur/car voſtre amour mie hette 
Seſſus vng banc / ou deſſus Bng beau fit 
Entre voʒ bꝛas me vueilleʒ faire feſte 


D pꝛinceſſe bel acueil enhardit 

Mon cueur a dire tout ce quil mamonneſte 
Puis qun baiſer cy point ne me ſouffit 
Entre voʒ bꝛas me vueilles faire feſte 


¶ Neſponſe de la dame 
a lamoureux 


Ondoulse amp iay veu boſtre req̃ſte 
Touchãt le fait et de Sous de moy 
Bi doufcemét et ſi haultemẽt faicte 
Quetennoper iamais ne Joue poutrap 
Due que maymes fr fort comme ie Bop 
De voſtre amour humblement Sous mercie 
Ace eng ſecourir vous vouldꝛa 
Pour vous monſtrer que ie ſuis voſtre amye 


Vous me fembfez homme fage ef honneſte 
Oꝛ apꝛimes maintenant lappercoy 

Tar ſagement et non pas comme beſte 

Dar beau mopen eftes venu Pers mop 
Comme vaillant / ou ie ne mp congnop 
Aueʒ eſte et damoureuſe Bie 

Secretement ie le vous pꝛeſteray 

Pour vous monſtrer que ie ſuis voſtre amye 


Oſter vous dueil hoꝛs de ceſte tempeſte 

Ou vous eſtes: ef de ce grant ennoy 

Pꝛeneʒ bon cueur ét fi meneʒ grant feſte 
TCar au iourduy ie vous acompliray 

Voſtre defir/et (1 Sous aprterap 

Dar deffus tous: menrons ciere fpe 

Et puis aptes ie fe vous liureray 

Pour vous monſtrer que ie ſuis voſtre ape 


Pꝛince damour:ſe jayme ou aymeray 

Teſt par amours: a tous ne fe fai; mye 
Cepaſſedꝛoit amis ie vous ferap 

Pour vous monſtrer que ie ſuis offre ampe 


¶ Nondeau en chant. 





Our aduenit a mon acfainte 
Maiſſer nie fault ſemblans diuers 
St tenir tous termes couuers 

St vſer de maniere fainte 


@\ 







Dar fope a lamblee a grant crainte 
Je gecte Bien loeil au trauers 
Dour aduenir çc. 


Trouuer petife facon mainte 

e fauft/ct mains mopens diuers 
En faifant fouuent fe reuers 
Demon Buerf pat dꝛoicte contrainte 
Dour aduenir cc. 


¶ Dictie et chcãon magiſtrale. 


A bouche vit ma penſee pleure 
— oeil ſeſioye / mõ cueur maul⸗ 
dit Hheure 
Quil eut fe Bien à fa ſante dechaſſe 
Et fe plarſir que fa moꝛt luy pourchaſſe 
Sans reconfoꝛt qui naide ne ſequeure 


Ha cueur peruers faulſaire et menconger 
Bictee comment auez oſe ſonger 

Que dc faulſer ce que maueʒ pꝛomis 

cha bouche rit gc. 


Voſtre pitie veult doncques que ie meure 
Mais rigueur veult que viuant ie demeure 
Ainſi meurs vif/ et en iuant tteſpaſſe 
ais pour celer le mal qui ne fe paſſe 


foi 
St pour conutirfe dueif ou ie klabeure 
a bouche rit et mapenfee pfeure 


¶ Balade amoureuſe. 


Ame plaiſant qui cõfoꝛteʒ fes cueurs 
es vꝛays amano pat voſtre Bifion 
Sfoꝛteʒ moy fe ne pui auoir mieulx 
Æungpetit mot de conſolacion 
Dour oſter hoꝛe de tribulacion 
on poure cueur qui tant ſent de deſtreſſe 
Dour voſtre amour ct grant dilection 
2 fa mort fuie founerainemaiftreffe 


Dour vous apmerie fcap Bien que ie meurs 
Dour Sous feruit ſuis a perdicion 

Se ne moſteʒ des paines e des pleurs 

Du ie ſuis mie par deſolacion 

Dane pfue parfer ne faire queſtion 

Je vous requier Bng doulx nrot de lyeſſe 
Denp mecteʒ bonne pꝛouiſion 

Ala moꝛt ſuis ſouueraine maiſtreſſe 


Sans vous ne puis aleger mes douleurs 
Sans vous iamais ie nauray gariſon 
Teſdoulce amye entendeʒ mes clameurs 
Et maccordez ceſte pcticior 

Je vous ap dit par declaracion 

on poure fait qui fi fonuent me bleſſe 
Que fe de vous ie nap poffeffio 

À a mort ſuis fouueraine iaifieffe 


D prince de grant difcretior) 

Jugeʒ mon cas qui deuers Joue faôteffe 
Car ſil neſt mis a execucion 

À fa mort ſuis ſouueraine maiſtreſſe 


¶ Nondel a ce pꝛopos 


Our pꝛiſon ne pour maladie 

À ec pour choſe que len me die 

Nevous p euft mon cueur obliet 
Et ſi ne puis aiffeute penſer 

Tant ay de vous veoir ennie 





Mamour / ma pꝛinceſſe et amye 
Vous feufe me tenez er Sie 
Et ne peuft mon defir ceffee 
Dour prifon ec. 
fi 


fueillet 
Ne doubteʒ ia que vous oublie 
ar onc nulle tant aſſouuie 
Ne fut qui me peuſt faire apmet 
Que vous Beffe et doufce ſans per 
Dont amoure point ne me deflie 


Dour pꝛiſon cc. 
¶ Balade de bergerie. 


A reuenant du boys fautrier 
Joys fe doulx chant des opfeaufe 

= Le voffignof au franc gofier 
erfee/fafouete eſtourneaulx 

Sny reuenant vers mes aigneauf® 

Oy chanter dedans le boys 

Bergere faiſant fes aucaufp 

Ce fut fa plus belle des troys 


Bedane le boys ie men afap 
Trouuay margot et mation 
Soubzʒ les fueilles du bops rame 
Qui chaſſoient es vng buiſſon 
Je fes ſaluay par feur nom 
Dapmet fes priap plufieure fops 
ais fune me refpondit nor 

Ce fut fa plus belle des troys 


GEſcondit fus: ieuʒ deſplaiſir 

Se dueil rompis mon flaiolet 
Quant ie leurs Bis fee fleurs cueiſlit 
Je teur requis vng chappellet 
Seſſoubʒ lombꝛe dung buiſſonnet 
Afafmes faire noʒ degois 

Lune me donna vng bouquet 

Ce fut fa plus belle des troye 


Puis quainſi eſt mes bergerettes 
Dour mefouer a dieu vous dy 
boue eſtes Big peu trop fieretes 
Lune des troys me refpondp 
Robinet retourne lundy 

Vne oeillade fiſt de guingoys 

Et vng ſigne que ientendy 

Ce fut fa plus belle des trope 


Franc meſſaigier roſſignolet 
Va a fa belle ſans ceſſer 

Gt luy dy que fanepfue de plait 
Me conuiendꝛa mes iours finer 


Car ſans elle ne puis durer 
Plus ne viuꝛay mourir men vois 
A dieu celle que iay tant chet 
Jentens la plus belle de s troys 


¶ Nondel moral. 


Obin robin / ſeuffre que len te boute 
Se tu vois rien muſſe toyrclos fes 


pen 
fon te dif mot fi te taie: ceſt le mieufo 
Son te huche / ſi dis que tu noie goute 


Va beau chemin / laiſſe paſſer la route 
Etprens tous hure a bourde et a ieux 
Robin ec. 


Êe tempe efttef quif fauft que fer efcoute 
Endure Bng peu: ceft fe plaifir des dieu 
Car tu verras auant que tu fopes vieulx 
Manger pain bis en lieu de Blanche crouſte 


¶ Nondel en chant 


€ pfue dofent quoncques futne 
Den Sa mon cueur 

En grant langueur 

De Vous du tout habandonne 


Bannp a cor bien hault fonne 
€tparriqueur 
Le pfus dofent cc. 


Dar Bieu quant ie feBous donne 
Dour feruiteut 

Se mal ſeur 

Je fus et men ſouſpeconne 

Le plus dolent 


¶ Autre rondel moꝛal. 


N ce monde de pꝛeſent 
Je ne voy que tromperie 
Tar barat et tricherie 

y ſont logez bien auant 


Se bien aleʒ enquerant 
Vous trouueres flaterie 
En ce monde cc. 


Ropauftenetantne quant 
Nya point hebergerie 
dat dame harſellerie 

La reboute iſnellement 
En ce monde ec. 


¶ Nondel amoureux 


Ouuiengne vous de voſtre amy 

Ma belle dame ſouueraine 
Qui pour voſtre amour feuffre paie 
En actendant Bofire mercp 


Jeffas/apezpitiedelfup 
Qui eſteʒ de doufceur fonfaine 
Souuiengne vous ec. 


TCar nuyt et iour vit en ſouſſy 
Et en peril de moꝛt ſoubdaine 
Dar toꝛnient qui ainſi fe maine 
Dans auoir ſecours de nulluy 


Souuiengne fous cc. 


¶ Balade faicte de plufieure 
chancons. 


- On feufpfaifir ma doufce iope 
[IA le ne (cup quel pꝛopos tenir 
MI Daucune efperance nauope 

S Dne fops auant que mourir 
Saucun Bien me doit aduenit 
Jay pꝛins amours a ma deuife 
Je languiray trifte et penfif 
Se nap voſtre grace requife 


En vng vert pre ſoubʒ fa fauffope 
Nouuelſes 1e ne puis opt 

Æn aucun lieu ou ie dirope 
Voulentiers patferope a luy 

Vng iour ioyeulx fautre marry 
Je ſuis de ſi treſcourt tenue 

En tous fes lieux la ou ie ſuis 

Le ſouuenir de vous me tue 





TComme femme deſconfoꝛtee 
Dans nul confoꝛt / diſant hemy 
Terriblement fus foꝛtunee 

Je nay ne bon iour ne demy 
Mon pere ma donne mary 


lvii 
Biendois mauldire la iournee 
Roſſignolet du bois ioly 
Puis que ſuis fi mal foꝛtunee 


Pꝛinceſſe damours excellente 

Dour fe regard de voʒ beaulx yeulv 
Tlap mie mon cueur et mon entente 
A Sous ſeruir de cueuriopeup 
Belle nauray ie iamais mieufo 
Ma bouche rit et mon cueur pleure 
Hueiſleʒ oyr tous amoureux 

La triſteſſe ou mon cueur demeure 


Chancon 


À deſpit des enuieux 
Vouldꝛay faire chiete fie 

Et quoy que nulʒ homs en die 
le ſeray touſiours ioyxeux 


Olus ne vueil eſtre de ceulx 
Qui font en mefancofie 
En defpit ec. 


ais ie vueit eſtre ſoign 
De ſeuir ma LE fe 
Dans penfer a vilennie 
€omme fopafamoureug 
En defpit cc. 


¶ Nondel. 


On cueur ſouſpire 
M En grief martire 

Quant nullement 

Mon penſement 


Ne vous puis dire 


Pource beau ſire 
Vous vueil eſcrire 
Sntierement 


on ueurec. 


Soyeʒ mon mire 

Dour mofter fire 

Œt fe toꝛment 

Quinceffamment 

Ay a Vous dire 

on cueur foufpite ee 


ftueiftet 


¶ Balade dedeuvefcoffois 


Ac ma mignon:que dif y capitain 
Hons vouꝰ tãtoſt:ou pfaira moy q̃l ail 
A naple a naple:ſeſt y nouuel certain 
A naplieſuꝰ:ſa monceſt choſ qui vail 

Mont a cheual: continent:en batail 

Qui fait cela:le roy dit par Bofire am 

Sonny dedan:fup mefm:deftoc de tail 

op confeif point entrp hoꝛs de ream 


Napffup partient:fat p teoꝛ trop loingtain 
Zout noſire il eſt: ou pꝛendꝛe vous cliquail 
Pꝛou defcue pꝛou: commmẽt paſſ le montain 
Sedans milan:ceſt vng mauluais cauail 
Zout bon frãcois:non nõ dault pas vng mail 
Dia vꝛayment:moy croit riens quil nons ain 
Wien vng baſſad:me chault pour truandail 
Moy conſeil point entry hoꝛs de ream 


Le turq y ſont:il eſt ſon fieur quartain 

Bon gros puiſſant au grãt diable coquenaif 
Bout feu et fang:qui font neapolitain 
Daiffant gendarm:pour combat £e poufaif 
Lec rõmains Bien tout vilain mutinail 
Fleurtins / vinciens:il fait riens ct dit Bafm 
Bardi boucon:hen poifon fe mengail 

op conſeil point entrp hoꝛs de ream 


Pꝛins haſte vous:non beſſir que te chail 

Vif fe roy de frans fans repꝛoch g ſans blaſm 
Conquery tout:quelque pꝛomeſſe vous bail 
op confeif point entry hoꝛs de ream 


nue 
L 


Somme banni de fa pfaifance 
Apres riquent ma mort auance 


Vuide de ioye et de lyeſſe 

Comble de dueif «de trifteffe 
ar defefpoir iamais ne faiffe 
Lhomme banni 





Suis ſans nul eſpoir dalegence 


Foꝛtune ma ſans oꝛdonnance 

chis en exil par grant rudeſſe 
Æoufiours des maufo me fait fans ceſſe 
Dour ce me iuge on aouftrance 
Lhomme banny 


¶ Autre rondel de refus 


Oʒ amys vous vous abuſeʒ 
Datendꝛe lamoureuſe grace 
Autre que vous a pꝛins fa place 
Ceſt a vng mot:plus ny muſeʒ 


Vous neſtes pas des plus ruſeʒ 
Pour prendre tel beſte a fa chaſſe 
MNoz amys cc. 


Snuers autres vous excuſeʒ 

Jay plus loyal qui me pourchaſſe 
Pource quereʒ qui mieufo Sous face 
Ceſt vng mot:plus np mufez 

Moʒ amys cc. 


¶ Comedie ioyeuſe 


Lerc que die tu: que veulo fu q̃ ie die 
Y Sſcrips:et quop:les come de frãce 
Œt puis apꝛes:fais vne comedie 
Be à pourquop : de cup à mieuſx 
Gſt il vaillant:nẽny: mais on lauãce (dance 
Eſt ce raiſon:on le fait a pꝛeſent 
Dea et les ſaiges:on les met vers le vent 
Leſcriray ie: oyl et ie ten prpe 
Et fee coꝛnars ilʒ ont loꝛ et largent 
Me dis tu voir:oil: ſaincte marie 


Qui ſert a court: gent de meſchant lignie 
Sont ilʒ aynieʒ:oylilz ont cheuance 

Valent ilʒ rien: non:ſe dieu me benye 
Queffeneontif:folie/ouftrecuidance 
Dontifs hardis:oil a fa pitance 

Quep mengeut on:mengeue poutre ent 
Comme p Bopt on:fans taifec ſans paiemẽt 
Mangeut on chair: oil qui neft point payee 
Quant fa paiera on:au iour du iugement 
De die tu voir:oil: ſaincte marie 


Du Sa largent:il va en Broderie 

Et quant if fault:il fauft faire finance 
Comment fitoft:feuer Bne taille 

Eſt ce Bien fait:on fa dacouflumance 
Qui a fargent:tefqui onc ne tint fance 
Je nen crop rien:fia certainement 
Aquef propos: pour dancer ſeulement 


St les vaillans / ilz peuent Bien dire pie 


Nauront il rien / nennil par mon ferment 


e dis tu voir / oil/ ſaincte marie 


Clerc queSeufo tu/iefcrirap pour neant 


St pourquop dea/cat tout Ba nicement 
£e ſceʒ tu Bien/oif/chafeun fe crie 

2 quop tient if/a fofgouuernement 
je dis tu Boir/oif/faincte marie 


Œ'lopeuv rondef 


Pantone treſtous gaudeamus 
Et ne ſoyons ne ſours ne mus 


Puis que fa vinee eſt planiere 


ln 





DBifonc/ te deum laudamus 


Mectons tous les brandons aux hus 
Auſſi fa fuciflee fur fes rue 

Et alons boyꝛe fane pꝛiere 
Chantons cc. 


Mercions fe dieu de laſſus 
Quinous enuope des biens caiue 
arnouc ne beurons plus de biere 
ide et ceruoife font arriere 

Oſtez tout nous nen beurons plus 
€Santone gcc. 


¶ Autre rondel 


Oy eſtant ieuneg volaige 
€updoie par auctonte 

Sarre de communite 

Mon pꝛopꝛe et mon heritaige 


Je neleuʒ pas dauantaige 
Quel Guuf/Benedrate 


Moy eſtant gr. 


Tantſen complaint mon diſaige 
En cas de nouuellete 

Que ie ſuis deſherite 

St tout pour meſchant bagaige 
Mope ſtant ec. 


¶ La balade du loup garous· 


St puis pat treſbonne maniere 


£ fauft que ie vous dye 
Dung treſgentil galoys 
Qui cuydoit fon ampe 
Lafemnedung bourgoys 

ais elle fiſt fa fee 

En diſant amis doufp 

Veneʒ a fa veſpꝛee 

Faifant fe foup garoux 


Voulentiers diſt il / dame 
Viendꝛay deuers le ſoir 

Que homme naura tie femmie 
Qui ſen puiſt parceuoir 
Bien me ſcauray retraire 
Toyement deuers vous 
Elle diſt / veneʒ donc faire 
Ze nupt fe loup garoux 


2 fon marp Ba dire 

Tout fe fait et compter 

GIF diſt ceſt Bien pour rire 
Son fe peuft attrapper 
Diſt elle fanc attendre 
Affin quif ſoit cſcoux 
Tantoſt vous feray pꝛendꝛe 
Teans fe loup garoux 


Tantoſt ſans demouree 
Le galant arriua 
Dune pel affublee 
Puis fa dame hucha 
Diſant: goꝛge polie 
Suis ie Bien a So goux 
Elle fiſt leſſᷣahie 
Criant au loup garoux 


Le bourgois fut habile 
Pefrapper dung baſton 
Tant que ceuly de fa vilke 
Vindꝛent a lenuiron 
Tfeut mainte couppee 
Tar ilʒ frappoient tous 
En faiſant leur riſee 

Au poure lonp garouv 


Puis diff: mercy vous pꝛye 
Duciffe; moy pardonner 
Et auſſi ie ſupplye 

Leufp qui vouldꝛont aymer 


su 


fou 


fueiffet 


Que de mop feut fouuiengne 
Comment ien fuis raffouv 
Chaſcun Bien le retiengne 
Quil ne ſoit loup garoux 


¶ Nondel. 


€ ſcay que pour moins dune plaque 
Qui veult if hurte a voſtre caque 
Gt a chafcun tendez fa main 
Maintenant vous auez du trait) 
Lung$oue boute / lautre vous ſaque 
St vous tumbe;commeDne vaque 
Duis que ceſt en vng chemin plain 
Je ſcay que ec. 


Vous danfez a fa boute ſaque 

Je nay plus de vous aymer fair) 
Tar que dargent vous baille grair 
Dar ma fop vous nen aueztaque 


Je ſcay que ec. 
¶ Balade 


ES me doubte ql ne viẽgne cher temps 
Œtquifne foitBne mauluaiſe annee 
Quant amaffer Sop grain apfufieure 

Et mectre a part faillir voy fa Since (gens 
Lair coꝛrompu:terre mal oꝛdonnee 
Haufuais labour et ſenience pourrie 

Febles chenaufo:dont fe labour detrie 
Contre fequeffe riche dit eſchac 

Pource conuient que fe peuplée mendie 
arnufnentend:for6 qua empfir fon fac 


) 
Particufier eff chaſcun en fon ſens 
Et couuoiteuv: Pie defordonnee 
Tout eftraup pat force des puiſſans 
Au Bien commun na creafure nee 
Pac neſt fa terre des hommes gouuernee 
Selon raiſon:la loy eſt abolie 
Verite fault: regner Bop menterie 
Gt les plus grans ce nopent en ce fac 
Par couuoiter eſt fa terre perie 
Tar nul nentend:foꝛs qua emplir fon fac 


Di fault de fain petit les innocens 
Dont fes gras loupʒ font chaſcun iour dẽtree 
Qui amaſſent a milliers et a cens 


Le faufo trefor du grain et de La blee 
Leſang / les 06 quiont fa terre atee 
Dee poures:dont fefprit vengence cie 
Au cief a dieu Be a fa fcigneutie 

Aux groemifoure et au menane fabat 
Œta tous ceufp qui font celle fofie 

Car nul nentend:fore qua emplir fon fac 


Duince/fe temps eft Brief de cefle vie 
Auſſi toſt meutt vng homme quon dit ffac 
Que deuiendꝛa fa poure ame eſbahie 
Car nul nentend foꝛs qua emplir fon fac 


¶ Nondetl a ce pꝛopoe 


Jamais bꝛebis nengreſſeront 

En lieu ou loups font feure repaites 
arf font leurs grans aduerſaires 
Bec long temps et touſiours ſeront 


A grant paine paſtureront 
SEmpꝛes peuple de tels affaites 
Jamais ec. 


ZTouſiours nuyſance feut feront 
Bꝛief:ilʒ fur font mal neceſſaires 
Et qui pis eſt du tout contraires 
Je croy quen fin les mengeront 
Jamais bꝛebis cc. 


¶ Autre rondel 


S ne puis eſtre refioupe 

Tant que iaye nouuelle ouye 

Be Sous mon ſeigneur et amp 

A qui du tout ferap et fup 
Dans Joue changer toute ma Vie 


Se aueʒ eu voſtre partie 
Be nafet de merencofie 
dCropes que ier ap eu auffs 
Je ne puis ec. 


ar de puis voſtre deparfie 
ont toufioure tenu compaignie 
Souleur defpfaifance et ennup 
aie fur toutes choſes Boue pp 
Que ne faciez point daufre ampe 
Je ne puis ef cc. 


¶ Nondel deſtuues 


Œuues a moy par dela 

De bon cueur ie vous en pꝛie 
Et menons ioyeuſe Bie 
Tant que vin au pot aura 


Ne ſcay comment il vous va 
ais pour mener chere fie 
Beuueʒ a moy 


St puis quant fe Sin fauldꝛa 
Ne vous eſbahiſſeʒ mie 

Qui aura bourſe garnie 
Aſſez on en trouuera 

Beuuez a mop 


¶ Autre rondel 


Outes fes foisqueie Boue Boy 
Duquen vous penfe fans repꝛouche 
Tl£me fembfe que voſtre bouche 
Dime dit: Do tenez Boucquop 


Lots ie defire a touf par mop 
Que fuſſions dedans Bne couche 
Toutes fee foi; 


Je Sous feropee fcap Bien quop 
Qui trop durement mon cueur touche 
aie Bo rigueur fipree me touche 
Que ie ne ſcay que faite dop 

Toutes fes fois @c. 


€ Sofe balade 


& Nemefchinete feruant 
KS Viz hier Bien tart a fa nuptie 
| À] Et fa Bint a elle Bng gafant 
KP) Requeffup diſt / ma doulce amie 
Du alleʒ vous/ cy ie Sous prie 
Elle luy diſt par faint francope 
Querir Voie a fa boucherie 
Dneandouiffe a faire one pois 






Le gafant qui fut moult ſachant 
Siſt a fa fillete iofie 

Dar dieu doulce belle pfaifant 
le Joue vueil tenir compaignie 


foin 
Adonc fa pat fa main faifie 
Gn eſtraingnant vng peu fes dois 
Bifant Soue aures cefle fie 
Vne andouiffe a faire bons pois 


Adoncen ſa chambꝛe iouant 

La mena faifant chere lie 

Œt fa fup ſoubzleua fe pant 

De fa vobc/ie Sous affpe 
Quant effe ent fa doufceut fentie 
Ze ce doufo membre quifut rope 
Elle dift Sous mauezʒ baillie 

Vne andouiſſe a faite bone pois 


Prince / elfe fut Bien reſiouye 
Tu mas remis au corps fa vie 
Diſt elle / mon gentif galois 
Ailleurs querir ie nyray mie 
Vne andouille a faire one poie 


¶ Balade dec abus dec femmes 





— —* Een A 
LY à fai qua force pfumerent leurs 

ges 
Puis quifs mirent en leurs chaperons boiſes 
Puis qui; firent aux tetins feneſtrages 
Puis quen chãcons p trop fut leur couraiges 
Puis que lectres poꝛterent en deuiſe 
Puis quif; ſe vouſdꝛent meſler de marchãdiſe 
Puis quitʒ vouſdꝛent en feſtes frequenter 
Puis quil; firent futaine eſtroict fermer 
Puis quifs firent miptions vermeilles 
Puis quiſʒ Soufdient fans nul mal malader 
Les trois eſtas ſen deufent a merueilles 


Puis qͥſʒ tindꝛẽt foufdoiere pour feure noiſes 
Puis quanciens fuirẽt etBicufo Sfages 
Puis quiſʒ patlerent paroles trop francoiſes 
Puis quiſfʒ vouſdꝛent faire pelerinages 
Puis quiſʒ vouſdꝛent ſadoier leurs lãgaiges 
Puis quiſʒ tendirent a Sfurper franchiſe 
Puis quufs firent des maris a feur guiſe 
Puis quau deptre du lict Boufdrent coucher 
Puis quifʒ Soufdrent fee papiers gouuerner 
Puis quitʒ Vouſdꝛentmonſtrer cof et oꝛeiſles 
Puis quifs voufdꝛent leurs robes embaumer 
£ce troie eſtas ſen deulent a —— 

iiii 


fuciffet 


Puis quifs furent en fee ffafant courtoiſes 
Puis àf;furent de leuts chappellains pages 
Puis quifs Vouſdꝛent dyamans et turquoiſes 
Due quitʒ vouſdꝛent de tous auoir hõmages 
Duie quen fauueau firẽt leurs perſonuages 
Puis quifs ſuirent celles quon piſoꝛiſe 

Puis quifsmirent fes gumgois en legliſe 
Puis qui firent ſemb lant de foꝛſener 

Puis qua mendis ſalerent confeſſer 

Puis que par nuyt vouldꝛẽt aler aux veillee 
Puis quifs ſceurent five eſcrire et compter 

Les trois eſtas ſen deulent a merueilles 


Moble prince ie dy et puis pꝛouuer 

Que puis q̃tʒ vouſdꝛẽt euſx ainſi gouuerner 
GSt que vieikles et ieunes ſont pareilles 
Puis 46 Soufdrent done prendre g dõs dõner 
Les trois eſtas ſen deulent a merueilles 


¶ Autte rondel 


Eme ſemblent choſes perdues 
De veſtir femmes richement 
ar qui en veult efbatentent 
Auoir on les demande nues 


Quant ilʒ font vieilles et chanues 
Ik ne leur chault de veſtement 
Ce me ſemblent ec. 


Raiſon pour quop ſilʒ font veſtues 
Ne chauſſees mignotement 

Dur Le nou uel habillement 

6 fe vont monſtrer par les rues 
Te me fembfent gc. 


¶ Nondel 


Ahay eſtes vous rencherie 

Dieux p ait patf/puis deuant hier 
ja dame ceſt pour enrager 

Le faictes vous par mocquerie 





Mais Benes ca ie vous en prie 
Eſt le cuit deuenu ſi cher 
Hahay eſtes Sous ge, 


Et dea/ et ne ſcaues Bougmie 
Que mon pere eſt coꝛdouennier 


Vous vouleʒ baſenne prifet 
Plus que coꝛdouen fa moitie 
Hahap eſtes gc. 


¶ Balades ioyeuſee 


Ncqueꝰ heſter ne ſouffrit tãt de paine 

Ne iob autant de tribulation 

Que fortune ma faitp fon demaine 

Et par fa fauffe enſetree trahiſon 
Las:ceſt ſans caufe/et ſi eſt ſans raiſon 
Que mon las cueur feuffre fi griefmartire 
ais ceft pour vous dame /dien feBoue mire 


Bi Sous fuppfp doufceffeur fouucraine 
Dour qui iay tant de tribulation 

Et que ie nap quiiope meramaine 
Vueilleʒ opr ma lamentacion 

Dour moſter hoꝛs de grant afffiction 
ar ie ne fais que languir et defrire 
ais ceftpour Joue gc. 


¶ Balade en forme de compfainte 






Srey ou mort ap fong temps defire 
Et fans caufe nap pas eutef defir 

DNS dar par mercp pouoie auoir fante 

St pat fa mort pouoiẽt mes maufp finir 

Da tous deuv faufp if me connient languit 

Eten langueur if npa point de ioye 

Diprp amours que moꝛt ou ame fope 


le ne defire point fa mort pour bonte 

Ne pour defifque gp puiffe veyr 

ais efpoir ma promis ef peu donne 
GSrant pꝛometeur Soit on fouucnt mentir 
Difne me puie de ma dame partit 

Eten Biuant mendietrop fanguirope 
Si pꝛy amours que mort ou arte fope 


a dame ma fouuent bel appeffe 

Jen fuis deceu / honneur doit on choiſir 
En lonnorant non pas en lonnore 

Pour fon honneur me veult bel acueiſlir 
Non pas pour bien que ien puiſſe ſentir 
Son bien me plaiſt et le mien luy ennoye 
Si pꝛy amours. c 


¶ Autre balade 


vgez amans et opez ma doulour 
cõment amours ef ma dame enſemẽt 

chõt foꝛbãny defeur pfaifant ſeiour 
Et effongne de mercy durement 

Et fans auoir dit ne meffait ne penfe 

Vers ma dame que Bien et fopaufte 

combien que ie fape ainſi feruie 

Elle me hait et eſt mon ennempe 


Et fi ſcet elle bien que de Srape amout 
Lay aymee touſiours patfaicteniené 
Et fi eſt vꝛay quonques ne fup fis tour 
Darquop hayr me doiue nuffement 

Je nap en effe trouue er fieu damour 
2 foppofite que defdaing et durée 

ar quant effe deuoit eſtre mamye 
Elle me Bet. cc 


Oꝛ ap perdu tout bien / toute doulcour 
lope/foufac/ieuv/rie/efbatement 

on doufv eſpoir/ mon deſir / mon labour 
Dar Bien ſeruir ef aymer fopaument 
Dictes amane/neft ce pas pitie 

Quant oncques ne fup feis fauffete 

ais pour ce efpoir que re ne fup plaie mie 
Elle me Bet et eff mon ennempe 


¶ Autre balade 


Ame ſans per qui pieca comparay 
Au beau cler iour à iopeno? amaine 
Ad ce mene ſuis ſi que ne pourray 
Gſpoir dauoir p creature humaine 
Joye et confoꝛt fe de Sous ne me Biené 
Lefpoir de Sous feufement fi ſoubſtient 
on poutre cueut / helas ef trifle enuie 
A qui fortune eſt de prefent ennempe 


at riẽs ne treuue / riẽs ne Joie / rien ne (cap 
Quine me foit doufeur/trifteffe et paine 
Tout me defpfaift fouf me tourne a efmap 
Ettout par vous ina dante fouuetaine 
Denfez dame que quant il me ſouuieut 

Eire refoura du mafqui me furuient 
ontre taifon ma maiſtreſſe et ampe 

A qui fortune gc. 


Dame excellente quon peuf tenir de vꝛay 
Fleur de beaulte et de doulceur fontaine 


ſvx v 
À vous me rene / a vous fuis et ſeray 
Sn quelque lieu ou fortune nie maine 
Tout ce note/ ma dame ſil aduient 
Que moublieʒ durant le temps qui vient 
Tant endurer certes ie ne puis mie 
A qui fortune eſt de pꝛeſent ennemje 


¶ Autre balade 


IOn eſper it fe combat a nature 
M 1) Dedans mon coꝛps dont moult fuis 
AU efbabie 
PK dar fe nature efta defconfiture 
PBurer ne peuent en moy nee eſperis 
Dime conuient fane cauſe eſtre peris 
Dar vng refus qui er riant ma mort 
De ma dasne nen fait Gien bꝛieflaccoꝛt 





Leur bataille eſt fi dute et ficrueufe 
Et de doufeur ma fi fortentreprie 
Quen moy na plus iope fofacieufe 
Sſperance / ſens / maniere / naduis 
Helas ainſi mourray ce meſt adui 
Dar deffaulte de ioye et de confort 
De ma dame çc. 


Et quant effe na de ma fante cure 
Et finepuie fans effe eſtre garis 
a ma fofeur:5a fa gente figure 
Ha fee doulx peufp Ba fon gracieux Bie 
Ha fon doufv cueur plus dur que marbꝛe bis 
He amours ſouhaides tu ma moꝛt 
Se ma dame cc. 


¶ Autre balade 


€ lancelot/ paris / la belle helaine 
NW Ztifian/iafon/ino/ne narciſus 
Onc gedeon ne fouffrit fant de paine 
LT Dour Bien apmer/ne fouffriroiét plus 
Pour ma dame par amoute que dieu gard 
Dour ſon amour ie languis / bꝛuſte ef ard 
on poure cueur/languiſſant main et ſo ir 
Doulce dame pour voſtre amour auoir 


Helas ie voy de doufceur fa fontaine 
Sont cueut damant pouoif eflre reperr 
Boufce plaiſant / mais elleſt fi haultaine 
Que ie ner puis gouſter / ien ſuis perdu 


fueillet 


Pource quelle me fiere de ſon regard 

Teer et luyſant / ardant comme vng liepard 
Boufier nen puis / dont ie languis pout voir 
Doulce dame cc. 


Bi vous ſuppſy dame de bonte plaine 
Quen Bo mercy fope bꝛiefuement receu 
Mon dolent cueur qui nuyt et iour ſe paine 
Be vous ſeruir fans eſtre ſecouru 

De Sous ma dame et ne de voſtre part 
fe garde fheure que de mop fe depart 
Zoute maiope/ainfi fuis fane eſpoir 
Doufce dame pour voſtre amour auoir 


¶ Autre Balade 


€ doufy regard pourquoy plantas 
famour 
Sedans mon cueut à le palit ef faint 
et fait ſouffrit nupt ciour tef doufour 
Que fe pitie par doufceur ne leſtaint 
@ourir conuient / helas peu feroit pfaint 
Ain fi par top ie finerap ma Die 
Mauldit dedieu foit qui en top fe fie 


Las au pꝛemier nie monſtras tout entout 
Les grans oudeurs quen ton palais eſtoient 
Lee doufv deliz / la grant ioye ç amour 

Les oyſeaulx qui ioyeuſement chantoyent 
Mais amours mont ſoubdainemẽt emprainé 
Tout fe contraite en mor) cueur par enuie 
Mauldit de dieu cc. 


Sain ſi meuffes faiffe fane fa grandeur 
Faire ſentir qui fi fort me contraint 

Quil me conuient languir en parfait pfeur 
Je neuffe mal / mais fi treffoꝛt fac paint 
Enmes foB yculx/ct ſi fort me deſtraint 
Que ma vigueur du tout a mort fafpe 
Mauldit de dieu 


¶ Autre Balade 


S fortune me dois plaindre c fouer 
Ce meft aduie plꝰ quautre creature 
Car quãt ßᷣmier cõmencay a laymer 
on cueur / mamour ma pẽſee et ma cure 
is ct cntap ſi bien a mor plaiſit 
Que foubaiter ne pourrope ne faiffit 


Ne en ce monde ne feuſt veu ne trouue 
Amp quifuft fitref6ien affeure 


Tar ie ne puis pen ſer npmaginet 

Ne dedans mop trouuer quefque nature 
Se ce quon peult bel ct bon appeller 
Dont on peuft faire plus parfaicte figure 
Que celle dame ouiap mic non defir 

Ily fera a toufioure fans partir 

Ét pour ce crop quoncques maïs ne fut ne 
Amy qui fuft ſi tres Bien affene 


La oꝛ ne puis ie en ce point demourer 
ar fortune quon dit qui neft pas feure 
Da roe Seuftencontre mop tourner 

Dour mon fa cueur mettre a defconfiture 
ais en ma fop de cp iufquau mourir 

a doufce amie vueil aymer çquetit 
Tar oncques ne deuftauoir faut penfe 
Amp qui fuft ec. 


¶ Autre balade 


G dop treſbien ma dame comparer 
A ſym age que fiſt pymaſion 
Sy u oire fut tant belle ct ſi ſans per 
Que plus fama que medee iaſon 

Le cuydereau fanc ceſſer fa pꝛioit 

Mais fpmageriens ne luy reſpondoit 

Ainſi me fait celle qui mon cueur fond 

Quant ie Fa pꝛie / riens elle ne reſpond 


Pymalion qui mourut par aymer 

Pꝛia fes dieup de teffe affection 

Que fa froidure de fpinage tourner 
Diten chafeur/et fa dure facon 
Amolier/pour ce que Die auoit 

Et char humaine / etdoufcement patfoit 
aie ma dame de ce trop me confond 
Quant te la prie/rienc elfe ne refpond 


Vueillieʒ amours Le dur endoufo muer 
Se ceffe en qui ap fait de mon cueur dom 
St fon froit cueur de mamour enpurer 
Dique deffe puiffe auoir quertedom 
ais Brape amour en elfe Bien congnoift 
fierte/defoaing/et fe grant defir Sort 
Qui moccira/ce me baille Le Bond 

Quant je La prie cc. 


¶ Autre balade 


Spꝛe refus contre doufce pꝛiete 

But eſcondit en lieu de bon ſẽblant 

pour doufp acueil eſtre bo ute arꝛieꝛe 

chis en oubly en mercy ſuppliant 
Gn lien dacueil doulx /humble et attraiant 
Treuue refus danger et cueur felon 


Dour Bien feruir er ap ie tel guerdon 


Lariapmeen fop damout Braie centiere 
Et apmetap tant que ferap viuant 
Celle que treuue enuers mop dure ef fiere 
Et vers tous eſt ſimple doufce et plaiſant 
Elle me Bet ce me ſemble pourtant 
Que luy requiere de fa mercp fe don 
Dour Bien feruit çc. 


21 Sous fe dp ma doufce dame chere 
Qui Bien ſcaueʒ comment fui defirant 
Que par feruir voſtre grace iaquiere 
Monſtreʒ doufcent a So fopaf amant 
at fe So mercp me Ba trop detrpant 
ont fuie maufgre nature et fane raiſon 
Dour Bien ſeruir en ap ie tel guerdon 


¶ Autre balade 


€ petit peu de nyent voulente 
de moult aſſeʒ doit pꝛẽdꝛe ce meſt Bis 
Amye de ſon amy en bon gre 
Oꝛ voy ie q mamye pour qlque adui$ 
Me veult aucune ſouffiſance auoir 
Sur voulente ne mon petit pouoir 
TCroire ne peuft/aine ma pour ce guerpy 
Oncques nap ma qui pour fipeu hay 


Amoure [cet Bien que tant aymee te fap 

SEt ayme encoꝛ et aymeray fe ie vis 

Quon ne peult pſus / mais meſdiſans greuay 
Mont enuere elle ou if a tant dauis 

De bien / deſtat / donneur et de ſcauoir 

St non pourtant fe ſamour pere ainſi 
Oncques nayma qui pour fi peu hay 


Et ſaucuns ont villainement parle 

A tort de moy ie es metz tous au pie 
Quoncques vers elle 1e ne feiʒ fauffete 
Le vers auttup nufne doit feure faufo die 


fo$i 
Si toſt croire / ne fop en eſmouuoir 
chais doit auant fa verite ſrauoir 
Et ſi les croit g me laiſſe en tel ſi 
Oncques nayma qui pour ſi peu hay 


¶ Nondel 


ſt il mercy de quoy len puiſt finer 

Sſtil pitie quon puiſt en Bo? trouuer 

GSſt il amour nulle rien ſuffiſante 

Gſt il choſe tãt ſoit forte ou puiſſante 
Sont ie ſceuſſe Bo grace recouurer 


Dour fõdꝛe en lernies / pour gemir / pour pleu 
Ne pour paine q̃ ie ſceuſſe endurer (rer 
GEſt il choſe dont vous feuſſies contente 

GSſtil mercy ec. 


Quel remede puis ie a mon fait donner 
Quant ie Bop bien que par tant vous aymer 
Tllne fenfuit que ma mort euidente 

Er touteffois pour doufeur que ie fente 

Je ne men puie tant foit peudeftourner 
Eftifmercp cc. 


| 
D 


Et Sous promets que iamais 
Nauray autre penfee que ceffe 
a redoubtee ec. 


AtedouBtee pfue quoncques mais 
) ja voulente ſe renouuelle 
De vous ſeruir treſgente et belle 
A qui ie ſuis pour touſiours mais 


9 





Si vous ſupply que deſoꝛmais 
Seboutez refus le rebelle 

Œtque voſtre cueur doulx mappelle 
Seruant / ſi ioyeux ne fus mais 

Ma redoubtee ec. 


¶ Autre rondel 

AIN À ne faiffes iamais venir 

N Ë on cueur auecques fa maiftreffe 

è Car certes ifna quetrifieffe 
Tant fup farde Le reuenit 





Fueillet 


Ie mayne auec luy ſouuenit 
Et ardant defir qu ne ceſſe 
Oꝛ ne faiffez cc. 


A cea deux ne pourroie fournit 
Quant ſuug maffauft fautre me preffe 
Diregardes que plaiſir eſt ce 

Gene fcap quel pꝛopos tenir 

Dune laiſſeʒ ce. 


¶ Autre rondef 


Line mets en voſtre mercy 
Belle qui fuie voſtre amoureux 
Neceueʒ moy / et plus eureux 
Neſt de moy en ce monde cy 
on sueur/mon coꝛpe ſans autre ſi 
Eſt de vous ſeruit curieux 
Je me metz cc. 


Jay pour vous languy iuſques cy 
En eſperance dauoir mieulx 

Gt que ſoye par Sous ioyeulx 

Gt des biens damours enrichy 
Je me met; cc. 


¶ Autre rondel 


Peu que le cueut ne me paré 

Betle quaut de vous fe depart 

Treſdure meft fa departie 

at vers danget tenez partie 
Qui me touft de iope ma part 


Bercfue portes leſtandart 
Dar quite fuis naute du dard 
Œnferre de mefencofie 

Apeu que cc. 


Vous aucs Bien petit regard 
Qui nupt et iour foit toftou fard 
Tres loyaulment Bouc ap ſeruie 
Et Sous faictes finer ma Vie 
Ainſi que le bois ou feu art 

A peu que fe cueur ce 


¶ Autte tondel 


On pas que ie vueille penſer 

Qua Bien et lopaulment amet 

Celle qui toutes autres p aſſe 

St vng petit eſtre en fa grace 
Pour auoir bruit et mauancer 


21 fa feruir et honnoꝛer 

Du tout meBucif habandonner 
Autre choſe ie ny pourchaſſe 
Non pas @. 


Da grande doulceur qui na pet 
Plaiſt tant a mon cueur fane ceſſer 
Qui veult que ſien viue et treſpaſſe 
Sans point fa vouloir oublier 

Non pas cc. 


¶ Autre rondel 


& Offre rigueur trop infortune 
NN Beige a mort /dont ma fortune 
8 | af dit cotidiennement 


SP Et conuiendra finablement 
Vſer ma vie en amertume 


Je ne tiens point que ſoubʒ la lune 
Puiſt cueur ſouffrir douleur aucune 
Pareille a mon entendement 
Voſtre rigueur c. 


Je meurs en regretant foꝛtune 
En fieure ague non commune 
Sans eſperer aucunement 
Seſirant mon allegement 
Puis queſperance nay neſune 
Voſtre rigueur c. 
¶ Autte rondel 
Autre que moy vouleʒ aymer 
K Belle que iap long temps amee 
öAincois que veoir la renommee 
Faictes moy ſonner mon courſier 
Affin quon ne me puiſt blaſmer 
Ne ma grace ſoit diffamee 
Sautre que mop c. 


£ciour quamoure me voult nommer 


Dofire amy / et de moy nommee 
Fuſtes dame / et mamour clamee 
Trop fiſt de mon cueur entamer 


Sautre que çc. 


¶ Nondeau quant on pert 
ſa dame. 


Inſi que la turtre ſe plaint 
Quant elle a perdu fa pareille 
on cueur de pfeurer ſappareille 
Et au dieu damours fe compfainé 


Vengence crpe fur fa dame 
Œtditen foufpirant beaucoup 
Quen fa ſeruant de corps et danie 
fa perdue tout a coup 


Et puis fa deffopafe faint 

2e laymer tant que ceft merueiffe 
Mais cefttout/dont ie mefmerueiffe 
21 quop fert fon fangaige paint 
Ainſi que fa çc. 


¶ Autre rondel. 


€ nap ſecours de vous ma dame 
KR Pu grief que iay pour vous aymer 
Ic ne fauidꝛa en brief finer 
Et eſtre mis deſſoubʒ fa lame 


£a grant doufent fi foꝛt entame 
“on cueut que ſuis iuſquau finer 
Se nap ſecours rc. 


AeBueiflez pas auoit fe blaſme 
Se me veoir ainfi ouftrer 
Souffreʒ vngpetit demourer 

Du vous ſereʒ vng corps ſans ame 
Se nay ſecours ge. 


¶ Autre rondel. 


Aplue mignonne de mon cueut 
Je meſba his Sont ce me vient 
Que ſans ceſſer iſme ſouuient 
De voſtre beaulte et doulceur 


Ses bonnes eſtes La meilleur 





lo vii 
Puis que dire le me conuient 
£a plus cc. 


Quant iap deſplaiſir on douleur 
ÆPaucune/ainfi quéen ſurnient 
Je ne (cap que cefa deuient 
Penſant a voſtre grant valeur 
La plus çc. 

¶ Autre rondel. 


Vi ne le croit if eſt damne 

Que ie ne ſoye auſſi tanne 

Lomme fe monſtre ma couleur 

Du que ma chetine donleur 
Vueille que veſte drap tanne 


Gſt il que moy nul mieulv vanne 
Nennil/car ie fuis condamne 

A iamais auoit que maf eur 

Qui ne fe croit @c. 


Dar apmer ap tant enhayne 
Quimpoffible eſt deſtre fane 
Ne iamais recouurer vigueur 
Amours mie tient tel rigueur 
Quil ma ſeche frit ct fane 
Qui ne le croit ęc. 


¶ Nondel en dyalogue 


Vant ſeray ie clame pour voſtꝛe amy 
mon ſeul deſir quãt vẽdꝛa la iournee 


Mon bel amy et ma ioye celee 
Jay bon vonloir:il ne tient point a mp 


Monſtreʒ fe donc/que ie ſaie a lamy 
Se trop languir nra dame deſiree 
Quant fetap ie ec. 


on bel amy ie tiens voſtre party 
ASoue me renẽe / ie tiens voſtre penſee 


£a voſtre amour my ſoit donc accoꝛdee 
En moy donnant fe hault dont de mercy 
Quant ferap ie cc. 


¶ Nondeau pour prendre 
congic de ſa dame. ; 
ni i 


Ffueiſtet 


Se vous ma parfaicte eſpe rance 
Non pas moy: car de doleance 
Ma bouche parler ne pourra 


€ dire a dieu qui fe diva 
P Quant departir il me fauldꝛa 


Denfesque grant malme fera 
Dont mon miaintien fe troublera 
GEt me fera dueif a ouftrance 

Le dire a dieu EC. 


voſtre gent coxpe er gre prendra 

Gt touſiours iffup fouuiendra 

Qua ce depart eut defpfaifance 

on cueut ff fort quifneut puiffance 
Peprononcer:maie foufpira 

Le dire a dieu EC. 


¶ Nondel 


Bien iuger mon poure affaire 


Gt piteuv cas ſans riens en faire 


Plus quautre cropre me deuez 
De paraduantutenauez 
Infoꝛmacion de contraire 


Celle ou ceffup qui ma bꝛaſſe 
de maufuaie los et pourchaſſe 
Ge Get/etne Sous ayme pas 
ais ifquiert que fope chacie 
Se voſtre amour et effacie 

le congnois Bien telʒ aduocas 


De Sous aueʒ voulu refaire 
Leur voulente pour me deffaire 
ous faictes malet me qreuez 
Conſidere que vous fcauez 
Quoncvers vous me voulus meffaire 
A Bien) iuger cc. 

¶ Autre rondel. 


S ma dame ie perdoye 

dHermite vouldꝛoye deuenir 
Œncepointne ſcauroye languit 
Dar ma fop ie ne pourroye 


Scaueʒ Sous quop /ien defuerope 
Jaymeroye mieufp fout mort mourit 
Se ma dame çc 


St par faint iehan non ferope 
It y vauldꝛoit mieulx relenquir 
Et iamais fa pucelle veir 

Mon dueil tantoſt ie paſſeroye 
Se ma dame @c. 


€ Zutrerondef, 


5 Ai D quef fouenge de valeur 
ES Et quel plaiſ ir 
Quant amoute fi mont fait choiſir 
La plus parfaicteen tout honneur⸗ 
O queffe fpeffe gc. 


Zoutes vertus vouldꝛent deſcendꝛe 
Quant nature voult entrepꝛendꝛe 
Et apꝛendꝛe 

TCelle former fa mieulv du monde 
Meſdiſans ne peuent comprendꝛe 
Quen elle p ait riens a teprendre 

Et fans mefprendre 

Toute Beaufte en effe habonde 


Queffe fpeffe de cueur 


¶ Autre rondel. 


nt € ſuis voſtre amp ſil vous plaiſt 
Accoꝛdeʒ moy fans plus de plaiſt 
Que ie vous face 

E Bng eſbatement face a face 
En amours qui mon mal deface 
Sinon ie ſuis dennuyreplet 





Benoiſt ſoit celluy qui compleſt 
A dame tant qung bien complect 
£up ſatifface 

Je fuie ce. 


Oncques voſtre maintien fimpfet 
ange ne fut: mais parcompfect 
Honneur et grace 

Compꝛins ont en vous auoir place 
Negardez donc que ie parface 

ZTout mon Bueif :cat ſil ner deſpleſt 
Je ſuis voſtre ampec 


¶ Rondeau epceffent pour 
perſonne foꝛtunee 


Aracheue ton entrepꝛinſe 
À Que tu as deſſus nous empꝛiſe 
JFoꝛtune aduerſe 

BEt tout en vng cop me trau erſe 
Tar mieulx mourir que viure pꝛiſe 
Tan t mes diuerſe 





Du hault embas ala renuerſe 
Tu ne feras par moy repꝛiſe 
Dame peruerfe 

Paracheue ton çc. 


Se ie nay dueif affes aduife 
En me donnant teffe deuife 
Quimerenuerfe 

A top reſiſter ie nauife 
Tomble mop du fouf a fa guife 
21 fa reuerſe 

Paracheue tongc. 


¶ Autre rondef. 


€ fouuenir de vous mette 

on feufbien:quantiene Sous voy 
ar te Sous iure par ma fop 

Que ma iope ſans vous eftnue 


Quant de vous ay perdula veue 
Je meurs de triſteſſe et dennoy 
Le ſouuenit ec. 


Hellas ma chiere ſeur tenue 
Vueillieʒ auoir pitie de moy 
at pour vous tant de malrecoy 
Quoncques fiſt amant ſoubʒ la nue 
Le ſouuenir ec. 

¶ Autre rondef. 


Vous ſans autre me viens rendꝛe 
I.meſt force quainſi fe face 

Ace me contraint voſtre face 

Qui tant eft belle doufce et tendre 


Vueilleʒ en pifie condeſcendꝛe 
Enuers moy qui de pꝛime face 
Avous ec. 


Le Vous dire noſe entrepꝛendꝛe 
Jamais en mop neuʒ tant daudace 


foSrit 
Aeantmoine pꝛetendant deftre en grace 
En tant quonneur fepeuft eſtandꝛe 
Avous cc. 


Autre rondel. 


Elle qui toutes autres paſſe 
Ne ſouffreroit tempe ne eſpace 
Amon las cueur repos audit 
Plus a deſir dauoir ſa grace 

Aiſieement ie luy pardonnaſſe 

ais que ſeulement ie penſaſſe 

Queſque petit a mon gre veoir 

Celle qui foutes gc 


ais ie hay tempe / ne fieu nefpace 
Be te faire/dont te frefpaffe 

Be dueil / et fine fcap pour Boir 
Queft ce defle/que ceſt pour voir 
Dh fa doit nommer fouftrepaffe 
Celle qui toutes çc. 


¶ Autte rondel. 


Vng plus q̃ toꝰ eſt en mon ſouuenir 

Auquelpour vien à me puiſt aduenir 

Se loyaulte iamais ie ne fauldꝛay 
ais tetʒ termes et meilleurs luy tiendꝛay 
Que dame doit a ſon ſeruant tenit 


at ſil ſe veult a mon gre maintenir 
A fi hault bꝛuit le verreẽ pauenir 
Quen ſa faueur pour ma deuiſe auray 
Lung plus que tous ec. 


Dur ceſt eſpoir lay voulu retenir 
Pꝛeſuppoſant que bꝛief doye obtenir 

Vng tel renom que trop mieulv ie vouldꝛay 
Di hault Vouloir fe dieu plaiſt kuy Bauldray: 
Quil me fera ce mot entretenir 

Lung plus que tous gc. 


¶ Balade, 


Amie de qui toute ma ioye vient 
MJene vo⸗puis trop aymer ne cherir 
Naſſeʒ louer ſicomme il appartient 
4 4 
fi i— 





fueifret 


TCar le gentifet gracienpefpoir 
Doulce dame que iay deBoue Beoir 

che fait cent foys plus de Bien etdeiope 
Quen cent mik ane defferuir ne pourrope 


Ce ouf efpoir en Bieme fouftient 

Et me nourriſt en amoureux deſir 

Et dedans moy mect ce quil conuient 

Pour con foꝛter mon cueur et reſioyr 

Ne ifnen peult partir ne main ne ſoir 
Aincoys me fait doulcement receuoir 
ptꝰ de douſvx biẽs quamours auy ſiẽs noctroie 
Quen cent mil ans deſſeruir ne pouroye 


Et quant eſpoir qui er mon cueur fe tient 
fait dedans mop fi grant iope venir 
Loingtain de Sous ma dame fifaduiené 
Que vo BeaufteSope que fant defir 

La grande iope ſicomnie iap efpoir 
pmaginer / penfer/ne conceuoir 

Ne pourroit nul:car trop plus en auroye 
Quen centmil ęc. 


¶ Autre balade 


Arriere ban de moꝛtelle douleur 
fur mõ cueur fait vng defefpoir Benie 
Pur efcondit fa maine fon feiour 
EtVifrefus pour mop du tout hõnirt 
Duiffancenap de mop côtre euf» tenit 
TCar de mop ont efperance effoignie 
Qui par fong temps ma tenu côpaignie 


Quant ie fauope ie neflope en paout 

De leur effort:ne feur dur aſſaillir 

Point ne douBfope:cat toute fa Bigour 
Pectopt en moy pout mes maufp adoufcir 
Et quant pꝛes moꝛt me faiffoient geſir 
Bary mauoit:et par ſa doulce aye 

Qui par ſong c. 


Mais ſouuenir de ſa fine doulceur 

Da grant beaulte et fon doufv maintenir 
Plaiſant regard/oufp penfer fans fofeur 
Qui mes griefs maulx faifoient departir 
En efperant doufce pitie ſuiuir 


Faillir me font puis que ceffeeftperie 
Quipar fong ec. 


Œ'Bafade epceftente en pꝛiant 
fadame. 


Gs ans pa paffes deup g dentp 
Que ie voꝰ ay pour ma dame cHopfie 
Etniaintenât de rechief voꝰ choifp 
Pour vne fope et pour toute ma vie 
Et fi fcap Bien que de vous ne dop niye 
Eſtre cHoifi comme pour voſtre per 
Ne ie ne loſe foufaider ne penfer 
paie fif Sous pfaift belle bonne pfaifant 
Choiſiſſeʒ mop comme voſtre feruant 
Qui loyaulment Sous vueil ſeruir et plaire 
Et fe mercp vous requiere trop auant 
Pardonnez moy / beſoing le me fait faire 


Be ſoing me fait querir voſtre mercy 
Mais de lauoir doubteuſement vous pꝛye 
are fcap Bien que pluſieurs ont failly 
Qui mieufp que mop fauoient defferuie 
Et non pourtant belle quop quete dpe 
autre quemop vous Boules defirer 

Du fait dautrup nay ie riens a patfet 
Fois que du mien quimeft le plus pefant 
DourceBiensie deueré Bouc a garant 
ar autre part ne nie Bueif/ne dops traire 
Et fe ie dp trop en me compfaignané 
Datdonnezmop ec. 


voſtre beaulte ſi treſperſe parmy 

Le cueur de moy / belle ic Sous affye 
Quifnefup chault de moy nauſſi de luy 
Foꝛs que de vous on touſiours eſtudie 
ZTout ce quil voit deuant mes yeulx oubſye 
ar nupt et iour luy fault ymaginer 

De voue ſeruit / obeir et doubter 

Plus que nul de ce monde viuant 

De mercxy nay:moꝛt ſuis en defirant 
Tant fe defir que ie ne men puis faite 
Ceſt malgre mop que ie vous en die tant 
Dadonnezmop ec 


Pinceſſe par qui te fuie fanguiffant 

Je vous ſupply ne me fopez confraite 
Se ie dp riens qui vous ſoit defpfaifant 
Pardonnez moy cc. 


Autre balade 


Gſt noble chofe que damour 
Qui bien y ſcet perſeuerer 
Mais en elle a maint diuers tout 
Par moy fe puis ie bien pꝛouuer 
Quant de ma dame au doufo Bie cet 
op ie Bien quifme fauft retraite 
Donc durement me fauft paſſer 
Dieu luy doint grace de bien faire 


TCelluy par qui eſt fe retour 

Ne congnoiff point fe maldapiner 
Que griefment feuffre nuptetiour 
Gt plus quene puis endurer 
cais pour luy bon conſeil donner 
Je lay trouue ſi debonnaire 

Du quelle voit pour autre aymer 
Dieu luy doint ec. 


Drap dieu et quant vendra le iour 
Que ie puiſſe a elle parler 
Et elle a moy par grant doulcour 
Chaſcun nous pourroit efcoufer 
TCondgie prendre et congie donner 
Se noʒ amours nous fauldꝛoit traire 
uis quelle me veult eſloigner 
ieu luy doint cc. 


Pꝛince / ma dame veult lhonneur emporter 
Dꝛ eff fa cauſe a mop contraire 

ais puis queffe me veult changer 

Dieu fup dointec. 


¶ Autre balade 


As pourquop Bisie de mes yeulvx 
Voſtre belle plaiſant beaulte 
Le pourquoy en fus ie amoureux 
Quant de vous ie ne ſuis apme 
Par dieu ma dame ie ne ſcay 
Se fut mon cueur qui fut rauy 
Qui men fiſt auoir voulente 
Lepremieriour que ie Sous vy 


Oncques depuis ne fus ioyeux 

Ma ſeule amour/ma chaꝛite 

Foꝛs que touſiours ſuis douſourenx 
Et petitement confoꝛte 


ue. foit 
Pat dieu ie ſuis Bien fortune 
De de mop Sous naues metcp 
Jamaſſe mieulv eſtre enterre 
Le premier iour que ie vous vy 


Auſſi Le meBauffiftif mieuſx 
Je le vous dis en verite 

Tar iamais poute douloure ux 
Que moy ne fut de mere ne 

Et ſi mauldis et mauldiray 
Pardonnez moy fe ie fe dy 
Com vng homme deſeſpere 
Le pꝛemier iour que ie vous Sp 


Pa dame / oꝛ ſuis te deboute 

Sans confort/et de ioye banny 
Hieulv amaſſe onc nauoir eſte 
Lepremieriour que ie vous vy 


¶ Nondetl 


Grtes monoeil richement diſa bet 
Quãt ßmier viꝰma dame bõne belle 
Pource que gẽt maintien et vis a Gel 
Lertesgc. 


Tel ffeut ne fut veue depuis abel 

Quant fleur dee fleurs tout fe mõde fa ppelle 
Certes mon oeil richement Bifa Gel 

Quant premier çc. 


¶ Autre rondel. 


Oſe ſans per ſur toutes ſeparee 
Nul ne fe doit a VJous equiparer 
ar Sous eſtes fur toutes courõnee 
Rofe fans per rc. 


Et de beaulte la Braye ffeurparee 
Si que chaſcun vous doit Gien appeller 
Roſe fans per rc. 


¶ Autte rondel. 


\ 
Aſſe rofe fur toutes pure g fine 
HD Et de bonte fa doufce ffeur de lis 
ZT EnSohepenfer certes mon cueur ne 
Paſſe rofe cc. … (fine 
m iii 





fueiffet 


Ne ie ne quie rs quautrement mon iour fine 
Tar fans vous map bien / ioye ne delis 
Paſſe roſe de beaulte pure et fine 

St de bonte la doulce fleur de lie 


¶ Autre rondel 


S voꝰ neſtes pour moʒ guerredon nee 
Same mal vis Bo doufp regard riant 

Jamais nauray ioye guerredonnee 
De Joue ne ſtes cc. 


Car par vous meſt griefue guerte donnee 
Qui me fera mourir en guerriant 
De Joue neſtes ec 


¶ Autte rondel 


Sklas ma dame queſt ce la 

Voſtre doulvx oeil qui me naura 

Sera il meurdꝛier de ma vie 

St occireʒ vous comme enuie 
Celluy qui tout voſtre mourra 


Es fcap Bien que iap contre mop 
angier/durte/mafiuofence 
Qui me menront comme ie crop 
A moꝛt / ou defefperance 


Dandier le vous conſeilleta 
ais voſtre bonte ne pourra 
Æonfentir teffe Bifennie 
Sſpoir fe maudit et ſi fie 

Sie fauft fe monde ne vauldꝛa 
Hellas ma dame gc. 


¶ Autre rondel. 


J toſt que de vous me ſouuient 
Seſir mepoint de toutes pate 
Et me fembfe que de cent date 
Dope feru quant ce ma duient 


St mon cueur auſſi toſt deuient 
De ſes eſpꝛis treſtout eſpars 
Si toſt que gr. 


Dourquop dire Bien me conuient 
Et feuftdeuant venus ou mars 


Quepour Boue fuie bꝛuſte et are 
Et fine fcap dont ce meBient 
Si toſt ec. 


¶ Autre rondel 


Vant ie vous oy ſouſpirer 

Lautre iour ſi piteuſement 

Je fus deſplaiſant tellement 
EQuoncques puis ne fie que ple uret 


A paine fcauope ie parfer 
Dour Bous dire vng mot feufemtent 
Quant ie vous cc. 


Qui vous mouuoit dainſi muſer 
Sont Sous Benoit ce penſement 
Dour en deuifer pfainentent 

Le fifies Sous pour me courfer 
Quant ie vous ec. 


¶ Autre rondef. 


€ plus grant eur qu iaye fut terre 
Me fait ſi tres peruerſe guerre 
Que nufne fe ſcauroit penſer 
Heſlas ie ne fe puie porter 

Sans mourit ou mercp requerte 


Legerement me peuftconquerre 
at iap prine plaiſir dafer querre 
Ce dont ne puis Bif eſchapper 
Le plus grant ec. 


Sung traict pfue fier que dangfeterre 
on cueur abat Bainct et aterte 

Et ne fen peuft on deferrer 

ar amours fe fiſt enpenner 

Du plus grant bien quon peult acquerre 
Le plue grant eur @c. 


Œ'Autrerondef, 


Vant on Boue mect er defpfaifie 
Et mon oeif fer peuft parceuoit 
on cueut fen Sa veſtir de noir 
Siſant quif voit [a iope mourir 


Se vous naue; point de plaiſir 


Auſſi nen vueil ie point auoir 
Quant on vous 


Je ne vueil auoir ne partit 

Naler aup lieux de voſtre auoit 
chais ie vueil ma part receuoit 
Des mauſv que len vous fait ſouffrir 
Quant on Sous met cc. 


¶ Autre rondel 


Oouffrir me fault et touſiours ẽdurer 
dDSurer ne peult mon impoꝛtunite 

fortune aura vng iour demop pitie 

Piteuſement me vouldꝛa regarder 


Negard ſur moy ne fault pour me garder 
Barde np fauft/maie quop en verite 
Douffrit me fault cc. 


Derifier me fauft fe faufo penſer 
Denfer fur mop par grant deffeaufte 
Leafie fuis de noble voulente 

Vouloir ap bon / pour tant a Brief parfer 
Souffrir me fauft ec 


¶ Autre rondel 


OSyn ſeul Bien ma gente princeffe 

À on vꝛay defir c mon foufas 
Depart Sous ie nap Brief pourchas 
Je languiray a grant deftreffe 


Vueilleʒ eſtendꝛe Bo fargeffe 
Dur moy / et entendꝛe mon cas 
Jon feuf Bien ec. 


at defefpoit pat fa rudeffe 

Me tient fitreffort en fee fac 

Que cent fois me fauft dire helas 
En grant doufeur/quef plaifir efl ce 
on ſeul bien cc. 


¶ Autre rondet 


D € cher don damours ie vous prie 
Octroyeʒ moy quant Sous plaira 
Ettempe etfieu fe trouuera 
Car riens neft dont tant iape enuie 


fee 
Sn cefefpoir Sous ap ſeruie 
Que voſtre cueur macoꝛdera 


Le cher don cc. 


Vous eſtes ma dame et amye 
Ma Soufentene changera 
on cueur eſt Bofire et fe fera 
Mais que nemerefufes mie 
Le cher don cc. 


¶ Autre rondet 


€ famontaigne ou ie foufope 
@ener eſbatement et ioye 
Amours par ſon felon danger 
Pa banny et fait effonger 
Dont tout mon cueur en pleure fe nope 


4 


Le los et fe renom portope 
Bauoir des autres fa montiope 
£a plus belle pour abꝛeger 

Se la montaigne çc. 


Oꝛ me doint dieup ou que ie fope 
Auant que mourir ie me voye 
Vne fois de celluy venger 

Par qui amours ma fait loget 
Dore du chemin et de fa voye 
Se fa montaigne c. 


¶ Autre rondef 


AN Dur entretenir mes amours 
: | MColoꝛer nie fauft maine fine fours 
A) | J Cat ma bourſe eſt treſmal garnie 
PS7 Pour fourꝛer fe poignet touſiours 









Vng iour demande Saufp atoure 
Et fautre vng grant boꝛt de veloux 
Et ie reſpons / oꝛ bien mamye 

Pour entretenir cc. 


Veeʒ vous ce donneur de bons iours 
fa fait elfe en tant de cours 
Pꝛactique lart de bauerie 
Quif fcet mouft Bien fans ce quif rie 
Bite fapenfecarefoure 
Dour entretenir cc. 

¶ Autre rondel Fo 

m iüi 


fuciffet 


Legerement malgre danget 
Largeffe fe Beuft pat doufcours 
Œnuope a ceflup quen doulours 
Teneʒ foub; angoiffeuv danger 


On pareiffe dame en amours 
s) Ouureʒ fe coffre de fecoure 


Zrout fon coꝛps eff voſtre a touſiours 
Ltna finona vous recours 
Monſtreʒ fup figne dafeger 

fon parerffe gc 


Amours par fes ambꝛaſeʒ tonte 
Rendu fa en fes atdane tonte 
Tant quen deſir fa fait pfunger 
art et enflammeʒ atours 

Ne fe fouffres donc par deſtours 
En ce pouf fee iours abreger 
Mon pareiffe ec. 


¶ Autre rondef 


D bon du cueur fans autre amer 
ous apmetap ma doufce ſeur 
Que pleuft a dieu que feuffe feu 
Que Sous nepeuffies autre apmet 


Feuſt par deca on ouftre mer 
En mop auriez; vng ſeruite ur 
Du bon du cueur ec. 


Dourfantne faiffes entamer 

on cueur ne fanquir en doufeur 
ais en tout Bien et tout Gonneur 
Vueilleʒ mop voſtre amp clamer 
Du bon du cueur c 


¶ Autre rondel 


Jeulv ayme fa moꝛt que languir 
En tel douleur ou ſuis pour vous 
; Je fuis deſherite damours 
Du me ſouloit entretenir 


Point ne penfes de me garir 
Vela fe fait ſans nul ſecours 
Mieufy apme ge. 


Voſtre rigueur se veult pugnit 


Jamais nautap damer ecoute 
En ducifie finerap mesiours 
on entente Seuftfa venir 
icufp apme fa moꝛt gc. 


¶ Autre rondel 


Jeu gard la dame ſans repꝛiſe 
La tres plaiſant et fa plus belle 
Ses autres fa plus gente ef ceffe 
Qui de tout Honneur eſt pꝛiſe 


Raiſon fi Veult que ie fa prife 
ce quau monde na point de fefle 
leu Gard ec. 


Jamais ie ne ferap empꝛiſe 
Pour acquerit dame nouuefle 
eff mon conqueft et ma querelle 
Puis quamouts ainfile deuife 
Dieu gard cc. 


¶ Autre rondel 


€ nay quefque cauſe de ioye 
Se ie nay quefque eſbatement 
Je vifʒ en paine et en toꝛment 
Dur moy nap rien) qui me refiope 


Vng chaſcun dif que ie deuope 
Nire/chanter / helas comment 
Je nay ec. 


Jay veu fe temps que ie ſouloye 
Eſtre iopeuv/mais a pꝛeſent 
Toute douleur ſi me ſur pꝛent 
Ne cy ne la ou que ie ſoye 

Je nay quefque ec. 


¶ Motet en chant 


Etriblement ſuis foꝛtunee 
Et de grant douleur atournee 
Puis que ceffup 

PAS A qui du tout me fuie donnee 
Plus qua nuflup 
Ha detoue pꝛins habandonnee 
Et pꝛins autruy 





Pre ſemble quif a maf fait 
auoir deffaié | 
Vng cueur qui luy vouloit du Bien 

Dar luy pouoit eſtre refait 
Mais tant a fait 
Certes que de luy neſt mais rien 


De mal heure fus oncques nee 
Qui de tous poinétoute donnee 
Meſtoie a luy 

Oꝛ me voys ie tant raualee 

Queẽ pꝛes ie ſuy 

Detouemes cinq ſens foꝛſenee 
St meurs dennuy 
Terriblement cc. 


¶ Autre rondel 


Rap dieu damours / helas hemy 
Pouꝛquoy meſt eſſongne celluy 
Qui me diſoit eſtre ſa dame 
Que iamoye de coꝛpe ef dame 
Dour autre amet ma relenqui 





Et fine fap pas deſſeruy 
Dont ie ſuis mife en baſſe fame 
Vꝛay dieu cc. 


Piteuſement ie vous ſupply 
Quoſteʒ mon cueur hoꝛs de ſouſſy 
En preſeruant non coꝛps de blaſme 
Oſteʒ moy de ceſt ardant flame 


Et ſi ay eʒ pitie de mp 
Drap dieu damours c. 
¶ Autre rondel 
Ve dut meſt fe departement 
De vous ma gracieuſe dame 
8 Bien puis iurer/cueur/coꝛps et ame 


Que ie viuray en grant toꝛment 


Quant me ſouuient de vo coꝛps gent 
Je dis en pleurant noſtre dame 
Que dur meſt cc. 


Que Sous Bauft leſclandiſſement 
De moy / vous me faictes infame 
Quant me mocqueʒ en donnant blaſme 


fopi 
Auv compaignons / dont dis ſouuẽt 
Que dur me ſt cc, 


¶ Autre rondel ou motet 


A ma maiſtreſſe et ma plus quautre 
amye 
De mon deſir fa moꝛtelle ennentpe 
pfaicte en Gien ſoncqs mais fe fut fẽmr 
CLelle feufe de qui eft bꝛuit ct fame 
Deſtre fans per/ne Sous Berrap ie mpe 


Helas de Sous Bien pfaindte me deuroye 
Sil ne vous pfaiftà bꝛiefment vous reuoye 
Mamour par qui dautre aymer nay puiſſãce 
ar ſans voꝰ veoir quefque part que ie ſoye 
Tout quanque Sop me defpfaift et ennoye 
Ne iuſqua lors ienaurap fuffifance 


Inceſſamment mon dofent cueur frempe 
Zoubtant quen vous ſoit pitie endoꝛmye 
Que ia ne foit/ ma tant amee dame 

Et ſainſi eſt / ſ malheureux me cfame 
Que plus ne quiers viure heure ne demye 
Da ma maiſtreſſe cc. 


¶ Autre rondel ou motet 


—5 — me dictes oy 

n fop de nobſe « gentil femme 
NC Je Joue certifie na dame 

SR Quoncques ne fus tant refiouy 


Vueille ʒle donc dire ſelon 

Que vous eſtes benigne et doulce 
TCar ce doufv mot neſt pas fi long 
Quil vous face mal en fa bouche 


Dopes ſeure fe ien iouy 
Que ma loyalle et craintiue ame 
Bardera trop mieulx que nul ame 
Voſtre honneur / auez Sous ouy 
Dune fois ec. 

¶ Autre rondel 


Ma dolente departie 

Quant il fauldꝛa quadieu vous die 
Ca maiſtreſſe Le Bruit de france 

Je nauray iamais efperance 


Dauoir bien heure ne demye 
amour ma pꝛinceſſe et amye 
Je vous requier noublieʒ mye 
De nous deuy fa doulce aliance 
Ama dolente @c. 


Mon poure cue ur de dueil lermpe 
Plue de cent foie er fa nuytie 
Luy fouuenant de fa ſemblance 
Be voſtre gente contenance 

Œt de ka ieuneſſe ioſye 

Ama dofente gc. 


¶ Autre rondel 


Ay pꝛins amours a ma deuiſe 
Dour conquerir iopeuſete 

1 Œureuv ferap fe temps defte 
De Venir puis a mon empꝛiſe 





Sit eſt aucun qui me deſpꝛiſe 
our dieu quiffup ſoit pardonne 
ay pꝛins amours EC 


Jeme ſe emble que ceſt laguiſe 
Zui na riens il eſt deboute 

Et neſt de perſonne pꝛiſe 

Eeſt doncques droit que cp aduiſe 


ap puns amours ee 
¶ Motet magiſtral 
Abouche vif et ma penſee pleure 
Mon oeil ſeſioye / et mõ cueur maul 
dit lheure 
Quuifeut Le Bien à fa fante dechafe 


Et fe plaifir qui fa mort up pourchaſſe 
Sans reconfoꝛt qui maide ne fequeure 


Ha cueur peruers fauffaire et menſonger 
Bictes comment aueʒ ofe fonger 
Que de faulſer ce que mauez pꝛomis 


Puis quen ce point vous vous Boules vẽger 
Penſeʒ Bien toſt de ma Bie aBregere 
Viure ne puis au point où maueʒ mis 


Woffre pitie Seuft doncques queie meure 
ais rigueur Seuftque viuant ie demeure 


e 
Ainſi nieurs vif / et en viuant treſpaſſe 


Mais pour reler fe mal qui ne fe paſſe 
Et pour couurir fe dueifoute labeure 
a bouche rit gc. 


¶ Autre rondel 


Cueilly ma fa belſe au gẽt atour 

Tournãt mo Bien en douſoureux 

deſtour 

deſtourne ma ſõ amoureusx recueil 
Eueltt ant refus quant au chemin de duaf 
Œt de courage ma banny dc fa tout 
Zourner ne fcap tournant voye ne tour 
fe tournement que naye tout autour 
Zournant en plaine er lien de bel acueil 
Acueilly ma ŒCe 


Recueitfir fauft fous fes griefz a lentout 
Zournay ny / vault iouſter ne faire eſtour 
Zourne ſuis la/ ie ny Sop autre eſcueil 
Sſcueilly ſuis et mis hoꝛs de fon vueil 
Eonmme banny / ie ny voy nul retour 
Acu eilly ma CC. 


¶ Autre rondel 


As ie ne ſcay que faite doye 

le voy effonger toute iope 

De moy / pource que noſe dite 
EChon dueil qui Sademafenpite 

De tout mon eſpoir ſe foꝛuoye 





Tar ie ne voy ne tour ne Rope 
Commeut guery eſtre pourrope 
Se fa belle ne meſt vꝛay mire 
Las ie ne fcap cc. 


À ſem fe a tous que ioyeux ſoye 
Quant tree foꝛt au cueur il mennoye 
Dee peufy par dehoꝛs me fault rire 
Dour mieufp cefet mon grief martire 
Loꝛs que pfue pfouret te deuroye 
Las ie ne fcap ec. 

¶ Autre rondel 


Gpoſons nc? entre none amouteux 
Du femps iadis no ſaiſon eſt paſſee 
Ne frequentone iamais a fa baſſee 


Car ke retour eſt par trop dangereux 


Ffuyons les troux et paſſages pꝛilleux 
Du nupt et iour ſont les chaſſemaree 
Repoſons nous c. 


Quant eſt eſt a moy deuenu ſuis parceux 
Si me conuient doꝛmir grant matinee 

Je me tendꝛay a la bonne vinee 

Auec galans pour eſtre plus iopeux 
Repoſons nous ce. 


¶ Autre rondef 


€ boy/ a qui/a fa plus belle 
Qui (oit viuant a mon adu is 
Si pꝛie a dieu de parade 

Que iape en brief deffe nouuelle 


Chanter:dancer pour famour delfe 
Vouldꝛoie par Bngiopeuv delis 
Je boy / aqui ge. 


Je vois / ie viens / ie treſſautelle 
Quant ie puis veoir fon trefooufo vis 
Vꝛays amoureux pourtant vous die 
St fane plus faire de querelle 

Je boy / a qui cc. 


¶ Autre rondel 


A faulv danger eſtes vous la 
Venu pour efpier fa feſte 

St par dieu vous eſtes bien beſte 
Seſtre cy venu pour cela 


Nous voions bien / nen doubtez ia 
Voſtre trahiſon deſhonneſte 
Ha faulv danger cc. 


TL eft venu qui aulnera 

Bardez Bien fur loeilde fa teſte 
Que plus en coinpaignie honneſte 
Me Senie; faire bꝛouha ha 

Ha fauto danger ec. 


¶ Autre rondef 


fovii 
Smieulv ne vient damours peu me 
contente 
Vne ien ſers qui eſt bien ſuffiſante 
ſypour cötẽter vng grãt duc ou vng toy 
Je layme bien / mais non pas elle moy 
Tifneft beſoing que de ce ie me vante 


TCombien quelle eſt de taille belle et gente 
De men louer pour ceſte heure prefente 
Dardonnezmop/car ie np voy de quoy 
Demieufo ne vieut @c. 


Quant ie luy dis de mon Boufoirfentente 
Et cueur/et corpe/ct Biens ie ſuy prefente 
Fe tout cefa remede ie np voy 

elibere fnie/fcaue; Bouc de quop 
De fup quicter cf fc ieu et lactente 
Demieufo ne Sient çc 


¶ Autre rondel 


Auray ie iamais mieufo que iay 
Suis ie la ou ie demoutray 
Mamour ef toute ma plaiſance 


Naures vous iamais congnoiſſancs 
Que ie ſuis voſtre etfe ſeray 


Eſt ce le bien las que iauray 

Dour Sous ſeruir tant que viuray 
Lopaufment a toute puiſſance 
Aaurap ie iamais rc. 


De mieufp ne Sient ie quiterap 
Voſtre amour et de partirap 
Et pour ma feufe fouuenance 
Douwengne Bone dont dit Bouc ap 
Aaurap ie iamais @c. 

¶ Autre rondel 


Sille ou nõ Bueiffe celle q̃ iay ſeruie 
VN Dne ien ſers en tout bien aſſouuie 
Et ferimrap cõbien q̃lle ait den dite 
que 1ap faiffe fe meilfeur pour fe pire 
ais a Beuc doeifif procede denuie 





De iay deuement [a grace deſſe ruie 
Dera pourtant ma franchife afferuie 
A faire tout ce que fon cueur defire 
Vueille ou non gc. 


Fueillet 
St nennik non / ceſte facon denye 
Que pour fernir franchiſe ſoit rauie 
Car ifconuient que toute choſe expire 
Et pꝛengne fin pourtant ſil ne mempꝛie 
“le ſeruiray lautre toute ma Bie 
Vueille ou non vueille ce 


¶ Autre rondel 


JA ce que me poueʒ deſplaire 

on amp que tant cher ie fier) 
Demapmer plus quautre pour rien 
Vng feuf ſemblant ne Bueiffez faire 


faignes a toutes pout mepfaire 
Peut Soufoir plus qua mop de bien 
En ce que me poues GC. 


Œnceneponez Joue meffaire 
Puis que tef eſt le Soufoir mien 
Di Boue en gardes doncques Pier 
De iamaisſ faire fe contraire 

Œn ce que me poues ec. 


¶ Aurre rondel 


El fait ſemblant deſtre iopeux 
Et vit de Fa bouche ef des yeulvx 
21 qui fe poure cueur foufpire 
Œtaplue mafquifnofe dire 
haie faire up fauft pour fe mieulv 


Sſtee donc merneiffe fe cenfy 
Qui ceffont / ie reſpons pour eufp 
Quamours fe veult et me fait dire 
Tef fait ſemblant c. 


TCar il conuient fefon fes lieux 
Du on eff pour Les enuieux 
Moult fouuent cefer fon martite 
Combien que Le mal er empire 
Je lay efprouue ſe meiſt dieux 
Tet fait ſemblant cc. 


¶ Autre rondel 


SGe Biens dont Sous eſtes fa dame 
Ont morycueur fi tres fort efprie 
Quif feuft mort ſil neuſt entrepꝛis 


Se vous apinter plu que nufame 


Quant a moy point ie ne fer blaſme 
Pource quifs ont de tous fe pris 
Les Biens dont vous çc. 


De cequiffauftque ie Bouc apme 
Je fcap trop ren queiap mefpis 
Paie qui en doit eſtre repzie 

Non pas mop/qui donc. fur mor ame 
Lee Biens dont Joue gr. 


¶ Autre rondel 


En ap Le dueil / et Sous fa ioye 
Jen ap fa guerre / et vous fa pai® 
Jen coure / et Bouc aleʒ en paix 
Jen ap coun oux qui vous reſioye 


Vous en rieʒ/et ien lermoye 
Vous en parlez / et ie men tais 
Jen ap fe dueil ge. 


ous Joue baignez et ie me noye 
Vous vous faictes / ie me deffais 
Vous me blaſmeʒ dont ne puis mais 
Vous ne vouleʒ que ie y pouruoye 


Jen ay cc. 

¶ Autre rondel 
© Dfre oeil qui eſt fi fort aldeſtte 
Au commandement de chaſcun 


M Nous fait auoir apoꝛt commun 
DSes ſeruiteurs ſans fes congnoiſtre 


TCar ſoit a deſtre ou a ſeneſtre 
Ie nen eſpargneroit pas vng 





Voſtre oeil gc. 


Sonneʒ a Bng feufarepaifire 
Gt quik ne ſoit plus impoꝛtun 
dar par dieu ie nen voy pas vᷣng 
Qui ne die que ceſt vᷣng maiſtre 
Voſtte oeil qui eſt gr. 


¶ Autre rondel 


Jue a affiner remplie de fineſſe 
Qui daffiner ne ceffes nullement 
r voz fins toure et fin affinement 
es — eſt laffinereſſe 


Jay grant deſir ſcauoir aqueffin eſt ce 
— maffinez touſiours fi finensent 
Fine affinee cc. 


Se les fins tours quapꝛintes en ieuneſſe 
Vous mainteneʒ touſiours fi finement 
Sin trouuereʒ a voſtre finement 

Par qui ſereʒ affinee en vieilleſſe 

Fine affinee ce. 


¶ Autre rondel. 


Je de court qui tant eſt douloureuſe 
Auy bone et aux folʒ dommageuſe 
Auð ſaiges treſdeſplaiſante 
Auð loyaulv aſpꝛe et cupfante 

Aup veritables perilleuſe 


Auy riches ſouſpeconneuſe 
Aup poures treſrigoreuſe 
Pꝛeſqua tous trefnupfante 
Vie de court cc. 


Au nobles fu es dangereufe 
Auv vaillans peu fructueufe 
Aus ere liſans peu fupfante 
Au aueugleʒ refupfante 

Auv femmes: ceftdame opfeufe 
Vie de court cc. 


¶ Autre rondel. 


Sguillon / ſerpentin / danger 
Maiſtreſſe de boutdes forger 
Dꝛguilleuſe / fiere et defpite 


Quãt ie vous euʒ pout dame eſtite 
Je ne failly pas a loger 


Voſtre cueur volage ef feger 
Feroit bien vng monde enrager 
Que de dieu fopez Sous maufdicte 
Efguifton ec. 


loi 
Dour doſtre cas Bien abꝛeger 
Jlneftpriuene eftranger 

ã qui Sous fuſſieʒ efconbicte 
ais vous prefles ſans interdicte 
Voſtre harnois fans leſrouller 
SEſguillon ge. 


Œ'Aufreronder 


Vereʒ ailleurs paiffe ou eſtrain 
arde nauez que ie vous houſſe 

ar par ma fop dc gerbe efcouffe 

Anen ſcauroit ſailur bon grain 


Si vouleʒ ronger voſtre frain 
Vieille mule verſee qui pouſſe 
Querezʒ ailleurs gc. 


Vous auez poꝛte maint chaufrain 
Œt fait mainte belle reſcouſſe 

ais deſoꝛmais pour cueillit mouſſe 
Tenir vous donuient autre tram 
Quiereʒ ailleurs gc. 


¶ Rondel er lay. 
Oſtre ocifine guertoye 
—RSitreſaſprement 
SN À] Que ne fcap coment 
VXY/ Paintenir me dope 






Par ſubtille voye 
ÆPamouteup toꝛment 
Voſtre oeifgc. 


Lautre nuyt ſongoye 
Penſant fermement 
Que piteuſement 

Su cueur ie diſoye 
voſtre oeil me guerroye 
Si treſaſpꝛement 


¶ Autte tondel. 
Sſioyſſeʒ dous amoureuvx 
Et laiſſeʒ ſouſſy et eſmay 


En cetrefiofp moys de may 
Car ceft de tous fe plus ioyeux 
né 


19 


Ales opt fe gracieux 
Roffignof chanter de cueur gap 
Reſioyſſeʒ Vous gr. 


Deſtte loyaulx (opes ſoigneux 
Et voʒ cueurs veſteʒ de vert gap 
Et fe ce faictes fans delay 

De voʒ amourẽ fees euteux 
Reſioyſſeʒ vous cc. 


ŒAufrerondef, 
Enemecongmoiser ſemblant 


HE Du eft doufeur de couuerture 
Lopaulte ne doit auoir cure 





: bien / mon am 
Deſtre gouuerne en enfant ß | | ) ) Zee Gone fe, restent 
TRUE ET {V7 Æu pouoir mon cueur 
Je ny voy rien qui foificonffant \ 
Aequefque choſe qui maffeure Ti ſuy 
Je ne me congnois c. eeme reſioy 
Japparcoy moins que par auant —— 
Pource conuient mectre meſure 
Au feu qui mart a deſmeſure Vous eſtes ceffup 
Een Sous en a tant Qui eſt mon honneur 
ngnois @ce Et en ſoyeʒ ſeur 
Faictes mop ainſi 
¶ Autte rondet. on bienee. ſ 
€ grant regret et a dieu dire f. 
Œttrefpiteup departement — 
Ze vous belle certainement Our vng trou puant plain doꝛdure 
EMont mis en douloureux» mattire À Ou maint Bit a gecte fa cure 
— tsar 20° fes iours vng chaſcun me larde 
En = ma — Le es 5 #7 Quefe feu ſaint anthoine larde 
. — jé Mi Tant ap ſamour mife er macure 
Hellas mamour fopes fe mire ARE ee ee AR 
Dourme guerir haſtiuement pere PERTE 
Du fanguit me fauft er torment — —— — 
Pour vng trou puantgc. 


Left choſe qui ma ioye empire 
Le grant regretgc. 


¶ Autre rondel. 


Sclaue puiftif deuenit 
En vne gatee ſur mer 
Qui mõſtrera ſemblant daimet 


Ffueillet 
Sil ne le veult parmaintenit 


Ce ſeroit pour amans trahir 
Qui de tetʒ touts vouldꝛoit vſer 
GEſclauege. 


Mecteʒ chaſcun voſtre plaiſit 
2 ſeruir vne ſans amer 

Et celluy damoure defarmer 
Qui ne veult ce chemin tenir 
Sſclaue ge. 


¶ Autre rondet. 





Combien que ie fcap fa nature 

Ses putains / et leur noutrifure 

Et meſmement de fa lezarde 

Qui pꝛent en tant de lieux mouſtarde 
Touteffoys fault il que iendure 

Pour vng trou ce. 


¶ Nondebl en lay. 


On bien imparfait 

Lequel qui vous pla iſt 
MEa mot ou fa vie 

Me ſoit bꝛief iugee 


Demon piteux fait 


Du ie fuis defait 
Dainfinefe — 
Par vo courtoyſie 
on bien c. 


Je nay riens meffait 
Souffreʒ que refait 
Sope ans que defBie 
TCar ie nap enuie 
Foꝛs que du parfait 
on Bien cc. 


¶ Autre rondel. 


Veur doufoureup à ne fais à pleuret 
Plaindꝛe gemir et demener trifteffe 
Apaiſe top/car fa Belle maiſtreſſe 
Dar fa piticte Seuft reconfoꝛter 





Penſe touſiours de ſon honneur poꝛter 
Et humblement de fa ſeruir ne ceſſe 
Œueur doufoureup cc. 


Elle te veult fon feuf amp amet 

ar loyaulment fup as tenu promeffe 
Pource enuers top vng doufo efpoir fadzeffe 
Qui ta iope fera renouueffer 

ueut doufoureup @c. 


¶ Autre rondel. 


Sous requiers doulce iehannete 

Pour tout le martire dolent 

Que ſouuent qe en Sous aymãt 
Vnsg Bafer de voſtre bouchette 


Hellas ma pꝛiere eſt doulcete 
Voſtre gre p ſoit accoꝛdant 
Je vous requiere ec. 


Œtie poꝛteray fa gennete 


lxxiiii 
Ou nom de voſtre coꝛps plaiſant 
Gn vous doulcement remonſtrant 
Que moctrovyeʒ ce que ſouhaite 
Je vous requers ec. 


¶ Autre rondef. 


Iteſt plaiſir que ie vous puis faire 
Belſe plaiſant courtoiſe et debõnaire 
Commiandez le / et ie lacompliray 
De cueur entier / ferme / certain c vꝛay 
A qui que ſoit quil er doie deſplaire 


y 


Neſpargniez pas mon fabeut ne ma paire 
Emplopeʒ mop:cat deSoufente pfaine 
Vo gent coꝛps vueil honnoꝛer et feruir 
Comme en amoute ma dame ſouueraine 
La plus Belfe/fa plus Srape ct certaine 
Que ie ſcauroye en ce monde choiſir 


Pourtant celer ie ne vueil ne faire 

Ne ie ne vueil point afet au contraire 

Te que iay dit 1e Le die et diray 

En ce ferme ſuis et tous tempe ferap 
Tertainement pour voſtre amour attraite 


Bueftplaifiuec. 
¶ Autre rondel. 

On bien / mamour / ma ioye et 
mon deſir 
A — | A qui ie ſuis dantre auoir rap deſir 
Roſe fans per / belle / plaiſanie et lye 
Jeune / gẽte / de tout hõneur garnie 
En voſtre grace me vueilleʒ maintenir 





on cueur aueʒ a voſtre bon plaiſir 
Receueʒ le par voſtre courtopſie 
on Bien c. 


St pour certain quop quen dote aduenit 
Lopaf/ ſecret / iopeux / me vueil tenir 
En vous ſeruant /a ce vouloir nie lye 
Zout mon viuant:car ie me gloꝛifie 
Quen ce faiſant tous biens puis acquerir 


Mon bien ec. 


¶ Autre rondel 
n fi 


fueiltet 


Rãc cueur gentil fur toutes gräcieuſe 

Niche dhõneur de tous biẽs garnye 

Avous me rens / a Bo? du tout mefpe 

Nautre iamais ne quierꝰ pour amon 
(teufe 


dat Sous eſtes ma penſee ioyeuſe 
$auftain fecoureen qui du tout mefpe 
franc cueurqc. 


DiBueifles doncBers mop efire piteufe 
op qui vous ap fur toutes autres choifpe 
Soyeʒ le mire de ma grant maladie 

Et ne ſouffreʒ ma Bic eſtre ennuieuſe 
Franc cueur gc. 


¶ Autre rondef. 


Aplus quaffes et tant bꝛuyante 
\ Tr ant goꝛgiaſe / et tant go dine 
Quon dir fi toſt quon Soit fa mine 
Defa famignonne fringante 


LÊeren om a fur toutes femmes 

Sans epcepter nuffe quefsconques 
Dauoir fe coꝛps fouꝛny de mefmes 
Lesnieufo que nature fift oncques 


Je lay choifie entre cinquante 
La trefgracieufe poupine 
Comme doufce/gente et benigne 
SEt telle eff effe ie men Sante 


Ga plus quaffes ec. 
¶ Autre rondel. 


Anny de ioye et pleur de deſconfoꝛt 
Triſte et dofent fans auoir efperance 
Viß en langueur et toute defpfaifäce 
Dans quetape de nuffup reconfort 


Le cueut franfi/et deſia pꝛeſque moꝛt 
Suis deuant tous demoure par ouftrance 
Banny de iope c. 


Œtucflemont fume fais vng grant tort 
Veu quen top fut de me prendre en enfance 
Que gaignes tu en fa griefue meſchance 
Qu ie languis nuyt etiout fans deport 
Banny de iope ge. 


¶ Autre rondef. 
© le ſans plus a mon deſir 
NN Autre foubaitiene vouldꝛoye 
Tar aſſez riche ie ferope 
Dauoir cela a mon plaifir 





Penſezʒ ſe ieſtoye a choiſ ir 
Scaueʒ vous que demandꝛoye 
Vne fans plus çc. 


Meme chauldꝛoit de conquerir 
Treſoꝛs / oꝛ / argent / ne monnoye 
aie que ieuſſe quant ie pourroye 
Gt que ie feuffe a deloiſir 

Vne fans plus rc. 


¶ Autre rondef. 


Homme enrage hoꝛs du ſens foꝛcene 
Œfferuefe/inipacient/frenctique 
@aleureup/ct pis que fantaftique 
A maf faire du tout pꝛedeſtine 


Tempeſtatif / ingrat et obſtine 


Aiurer dieu / et menteur auctentique 
L£Homincentage cc. 


Par maintes fops eff a ce point mene 
ar if ſoubſtient aucun erreur inique 
Et quant fe Sercoquin au front fe pique 
Tfrompioit tout fifneftoit encHaine 
Lhomme enrage gc. 


¶ Autre rondel. 


Velque iour quant temps if fera 
on piteux cas aduiſeres 

Puis ſil voue plaiſt deuiſeres 
Comment mon cueur ſappaiſera 


Se men croyeʒ me pꝛomectres 
Que mon vouloir ſacomplita 
Queſque iour rc. 


Di faictes ce quif Sous plaira 

aie quant Bien mon fait Sous ſcaures 
Et vngpeu vous p penferes 

Je crop quifmen amendꝛa 

Quefque iour cc. 


¶ Autre rondel. 


Vant vous tenreʒ voʒ grans eſtas 


Continuez ma penſion 
Autrement mon intencion 
Eſt de deſckairer voſtre cas 


De veloupx et de tafetas 
Vous me fereʒ pꝛouiſion 
Quant$ousçc. 


Rayez tauxeurs ef aduocas 
Et quil nen ſoit plus mencion 
Enireteneʒ ſans fiction 

Voſtre poupin:mais parleʒ as 
Quant vous cc. 


ŒAutreronder. 


Sie gatde bien voſtre honneur 

Sans penſer aucun deſhonneur 

Mapmiereʒ vous Bien ma partie 

Dr me dictes ieBous en prpe 
Tout fe penfer deBofire cueur 


De de ce vous me faictes feur 
Plue vous apnierap que ma feux 
Dans iamais faire departie 

Se ie garde gr. 


Penſez / iamais nautes douleut 
ais ferez hoꝛs de fout maleur 
De foufae etiope garnie 
Touſiours ferez cointe et iolye 
Bien eſtoffee / nen ayez paour 
Seie garde gc. 


¶ Autre rondel. 


dEnſez y ſe le poues faire 
Sas pere voſtre renommee 
Car au monde na femme nee 
A qui iayme mieulx a complaire 





TCertes ie ne me ſcautope taire 
Que ne vous dye ma penfce 


Penſeʒ ygc. 
Pourtant ne vous vueille deſplaire 


ſxxv 
Se ie vous dy ma deſtinee 
aie ſeroit infoꝛtunee 
Se vous me faiſieʒ fe con traire 
Denfez pc. 


¶ Autre rondel. 


Jengne comment pourra ve nir 
Ifl ne me chault quoy ne comment 
Mais que ie pruffe ſeulement 

21 Sofire grace paruenit 


Et fe ie pouope obtenir 
Ee don de vous parfaictement 
Diengne commecc. 


Je vous requiers mon ſouuenir 
Sictes moy voſtre penſement 
TCar ie vous dy tout plainement 
Que ſil vous plaiſt moy retenir 
Viengne comme @c. 


¶ Autre rondet. 


On iour / bon an / bonne ſepmaine 

Honneur / ſante / iope pꝛouchaine 

Perſeuerer de bien en mieulx 

St ioyr damours vous doint dieu 
Ee iour pꝛeſent en Bonne eſtraine 


Dame belle trop plue que helaine 

Touſiours dargent fa ——— 
Viure long temps fans eſtre vieulx 
Bon iour c. 


Apꝛes ceſte vie mondaine 

Auoir fa iope ſouueraine 

Se paradis laſſus es cieulx 

Du nous noue puiffione veoir iopeux 
Sans iamais ſentir grief nepaine 
Bon iour er. 


¶ Autre rondel. 


S layme bien ſans pẽſet nul diffame 
Mon goꝛgias / mon friant muſequin 
Mon doꝛelot / mon pommelu tetin 
Ma plus que toute ma maiſtreſſe et ma dame 
n iü 


Pꝛes quenrage demandant fe hutin 
Et tout tranſi fuie quant on me La blaſme 


Je fapnie cc. 


Quant ie la voy ie Sous iuxe nion ame 


Don doufo froigriet fi me rend a tef fin 
Queie ne fcap ſil eſt Befpre ou matin 


Du fen parfant ie deuiens Homme ou femme 


Je layme gr. 
¶ Autre rondel. 
Oſtre bꝛuit et voſtre grant fame 


Me fait vous aymer plus que femme 


Qui de tous biens ſoit aſſouuie 
Je ia dautre feruir enuie 
Nauray / ne que de rendꝛe lame 


Gn riens ne crains repꝛouche dame 
Je vous tiens et tiendꝛay ma dame 
En accroiſſant toute ma die 

Voſtre bꝛuit ec. 


Et pour ce doncques noble dame 
De voſtre grace ſans nul blaſme 
Aumoins fe ie lay deſſeruye 

Ne vueilleʒ pas que ie deſ vie 

Tar vous perdꝛieʒ par le ropaulme 
Voſtre bꝛuit et voſtre grant fame 


¶ Autre rondel. 


Scours dhonneur et de lyeſſe 

A qui chaſcun doit receuoit 

Ne pꝛeneʒ pas en deſplaiſir 

Se ie Vous nomme ma maiſtreſſe 


Oꝛ penſeʒ quel defpfaifir me eftce 
Duant ie ne vous Pop a loyſir 
Necours dhonneur ec. 


Cropeʒ que voſtre amour rite bleſſe 
Et de dueifme faictes mourir 
Cat ſautrement ie nay plaiſir 

Je mourray de dueifet de deſtreſſe 
Recours dhonneur ec. 


¶ Autre rondel. 


fueiftet 


A quefque pface que ie fope 

Vng tout feuf iour ie nay de bien 
Et fine tient qua vous mor bien 
Que de par Sous on ny pouruoye 


Parler a vous ie ne pourrope 
Se neſtoit par voſtre moyen 
En quefque place gc. 


Mo n cueut auecques vous ienuoye 
LEequel eſt plus voſtre que mien 

Se fe laiſſeʒ fouler en rien 

Nen plus que le voſtre feroye 


En quelque place ge. 
AA Autre choſe ne Sueif auoir 
NID Que fante et pfante dauoir 
Et en amours tout mon plaifir 


¶ Autre rondel. 


Dur tous mes ſouhais acompfic 





GSn ieuneſſe iuſquau mourit 
Vouldꝛoye eſtre matin et ſoit 
Dourtousec. 


Auoir en fa fin fans faillir 
Be paradie fe hault manoir 
Finer fanspaine recenoic 
Ceſtle conclud de mon defir 
Dourtous mes crc. 


¶ Autre ronde.l 


Mbꝛay eſpoit de paruenir a bien 

on cueur mon coꝛps au iourduy 

Sous pꝛeſente 

Conme contient fa balade pꝛeſente 
Ne vous deſplaiſe ſe ne vous ſemble bien 


Jap bien ſouuent pourchacie le moyen 
De paruenir a ma ioyeuſe actente 
En vꝛay eſpoit c. 


Itneſt mire ne nuf cirurgien 

Qui a mon maf ſceuſt bailler bonne tente 
Ce ce neſt Sous a qui ie faiz actente 

Et eſt pourquoy enuers vous me maintien 
En vray efpoirec. 


¶ Autre rondel 


Veillent ou non les enuieux 

Par dieu mamour ef mon ſeul bien 
Je ſeray qlus voſtre que mien 

A touſiours mais et en tous lieux 





Qui ſera de moy plus eureux 
Sictes quant vous maymeres bien 
Vueillent ou non ce 


Ale ne fcap nul deſſoubʒ fee cieufo 
Sur mon ame comme 1e fier. 
Qui fceuft iamais dire combien) 
on poure cueut fera iopeup 
Vueillent ou non cc 


¶ Autre rondel 


MO Our les biẽs quen Joue font cõpꝛie 
Tellement de vous ſuis eſpꝛis 
MCamour la mieulv que nufle apꝛiſe 
NQue plus riens ma Bie ne pꝛiſe 

Sa mercp de vous ne ſuis prie 

Oncques neme vy ſi ſur pꝛis 

Se puis qua aymer ie me prié 

Tant fort ma penfeeeft efpzife 

Dour fee Biens ec. 





Trop me fuis tꝛouue mal apꝛins 
Sauoitr ainſi hault entrepꝛius 

Tar pour vous toute autre en deſpꝛiſe 
Au foꝛt fe faulv a mon empꝛiſe 

Je ne dop point eſtre repꝛins 

Dour Les biens cc. 


¶ Autre rondet 
Ombien quon ait grant de ſplaiſir 
Quant il conuient fe departir 
chaſcũ de ſa dame aux beaulvpeuſx 
# Le mafefttef/foue ſoit dieux 
Que iamais nen Sp nu mourir 
Len a Bien des naufs a ſouffrir 
ont fen gette maint grief fouppir 
TCombien quonait ec. 


Je feuffe ia pieca martir 


op vi 
Cinquante fois moꝛt ſans mentir 
Son en mouruſt / mais pourle mieulv 
Amo urs ne fut oncques ytieulx 
Quif voulſiſt le mafconfentic 
Combien quon ait gc. 


¶ Autre rondel 


Vant mon oeil plus ne vous Betra 
elas qui me confoꝛtera 
chon treſdoulvx loyal amy cer 
Tant mennupra vous effongner 
Que mon cueur de duefpartira 


Ledire a dieu / qui le dira 

Mon pas moy/ cat loꝛs ne pourra 
Mufmot de ma bouche vuider 
Quant mon oeif cc. 


Tant de defpfaifir fouffcera 

Mon cueur que faire me fauldꝛa 
ource mamour ie vous requier 

De voſtre vouloir abꝛeger 

Tar fifeftfong il moccira 

Quant mon ocif gr. 


¶ Autre rondel 


Vant les trois anges coꝛn eront 

Piteuſement ſera coꝛne 
NQuant celluy qui neſt encoꝛ ne 

Tremblera ſe le coꝛ ne rompt 


Pire fault bien qun tel coꝛ rond 
Sera Lors fe monde eſcoꝛne 
Quant les trois ec. 


Helas ceffee qui cornes ont 
Leur chef fera bien decoꝛne 
De detouc Biens neſt encoꝛne 
TCar loꝛs pa ne fencorneront 
Quant fes trois Gr. 


¶ Autte rondef 


Oye / ſoulas / honneur / lieſſe 
Bon iour / bon an / longue duree 
Vous doint dieu ma belle maiſtreſſe 
Ace pꝛemier iour de lannee 
n iiii 


Fueillet 


Pour reſiouir voſtre nob leſſe 
A feftraine vous ſoit donnee 
Joye / ſoulas / honneur / lieſſe 


Si vous ſupply doulce ieuneſſe 
Que par vous ne ſoit refuſee 
Mon eſtraine / car ie ne ceffe 

De dire au long de la iournee 


Joy e ſoulas ec. 
¶ Autre rondel 


S iour que ſuis que ne vous voye 
on tree gracieup fouuenit 
Dour rien qui me puiffe aduenit 

k Auf Bien auoir ie ne pourroye 


Ie neſt ne plaifance ne ioye 
DZiu me fiſt ioyeulvx deuenir 
Le iour que ſuis gc. 


ar en quelque lieu que ie ſoye 
Dar dieu iay tant en fouuenit 
offre gracieup maintenut 
Que ie ne fcap que faire dope 
Le iour que ſuis @c. 


¶ Autre rondel 


Dur dieu vueilleʒ mon fait entẽdꝛe 
Sans y ſonger plus longuement 
TCar ie vous iure ſeurement 

Quil me fait mal de tant attendꝛe 


p 


Ne pꝛeneʒ point iour a deffendꝛe 
aie pꝛocedey ſommierement 
Dour dieu vueilleʒ c. 


uis que ſcaueʒ ou ie vueil tendꝛe 
—* quoy y ſert lalongement 
Appoincteʒ moy hoꝛs iugement 
Helas vueilleʒ a ce contendre 
Dour dieu vueilleʒ cc. 


¶ Rondel fimpfe 


Viconques veult damours ioyr 
Soit auoir fopetefperance 
Dans ces denxne pourroit cheuir 


Quiconques veult damours ioyr 
ar lung tient lamant er deſir 
St lautre luy donne alegence 
Quiconques veult damour iopr 
Soit auoir foy et eſperance 


¶ Autre tondel fimple 







AN Die quifme fault de voue partir 

\l Mamais iope au cueur ienaurap 
AI Bien op que ien ferap martir 
PTE Duie qui me fauft cc. 

Mal Bis de vous regare partir 

Bout mor as cueur ainfinautap 

Puis quif me fauft de vous partit 

Jamais ioye au cueur ie nauray 


¶ Autre rondef ſimple 


Vant pꝛemierement fe tins 
QTu fus mamour pꝛincipale 

Tuauoice durs tetins 
Quant pꝛemier ement te tine 

ais follement te contins 

ar pas ne te pꝛins ſi pale 

Quant pꝛenuerement te tins 

Tu fus mamour pꝛincipale 


¶ Autre rondel 


Evous laiſſieʒ fa porte ouuerte 
DSe voſtre chambꝛe en quelque nuyt 
le pꝛendoye bien le conduit 
Daler Seoir ſeſtes Bien couuerte 


Je mettroye ma robe verte 
Deſſus vous / mais que riens np nuyſt 
Se voue laiſſieʒ cc. 


Puis au deſſoubʒ de la couuerte 
Je vous appꝛendꝛoie le deduit 
Que len fait a bien peu de bꝛuit 
St ſi ny auroit pas grant perte 
De vous laiſſieʒ ec. 

Autre rond el 


AN Dur mon tꝛeſoꝛ ie vous tenoye 
lg, ais ie vop bien cetfainemené 
Que tout pour mon aduancement 





Je fuie banny de toute iope 


Tout autre bien mondain faiffope 
fon querant que Joue feufement 
Dour mon treſoꝛ ec. 


Dofirefoe mauoit mis er Bope 
Be vous ſeruir/mais 8 ꝛaiement 
Il eſt change par teftafent 

Que plus tenir ne vous pourroye 
Pour mon treſoꝛ cc 


¶ Autre rondel 


Leut de beaulte belle et Bonne 
Je mabandonne 
2 Sous ſeruir lopaulment 
Tellement 

Que mon cueur leal vous donne 


Se triſteſſe maguillonne 
Voſtre perſonne 

Me conforte autunement 
fleur de Beaute @c. 


Dous eſtes fa feufebonne 
Qui me oꝛdonne 

Sn amours tant doufcement 
Joyeux eſpoir menuironne 
Fleur de beaulte cc. 


¶ Autrte rondel 


Out apar moy affin quõ ne me voye 
Si tres dolẽt que pſus ie ne pourroye 
Je me tiẽs ſeul cõme vne ame eſbaye 


Faiſant regres de ma dolente vie 
Et de fortune qui fi fort me guerroye 


Penſeʒ que dueil mon deſplaiſir menuoye 

dee maufp a ſi treſgrant montiope 
Queie craine fort que bꝛief ie ne morcpe 
out a parmop @c. 


aie non pourfant fe mourit ie deuope 
En fa poutfuite a Boue feruir maiope 

Et feuſſieʒ Soue plus fort mon ennempe 
Pas ie nay penr que iamais Joue oublie 
ar ceſt mon fortquiffanft que Bofire fope 


ſov vii 
Tout a par moy ec. 


¶ Autre rond el 
EAN ir fe regard de voʒ beaulv yeulv 
L \ St voſtre maintien bel et gent 
ON A Sous feruir treſhumblement 
77 Ge prefente voſtre amoureux 


De voſtre amour fuis deſireux 
Et mon vouloir tout fe y confent 
Dar fe regard de Bosc. 


Oꝛ Sous pfaife cueut gracieux 
Me retenir oꝛes a prefent 

Pour voſtre amy entierement 
Et ie ſeray voſtre en tous lieux 
Dar Le regard de voz ci. 


¶ Autre ronde 


MBng deſett ou nuknabite 
Vueil com reclus ou vꝛay hermite 
a Bie vſer 
En plains en ploure/carpouramer 
On me defpite 
Je ie nap tiens quimerefpite 


* 


Du mal dametr 


Helas pour ma dame honnoꝛer 
Seruir / cherir/ cremit / doubter 
ans faufte auoir faicte ne dicte 
Gt pour ſouffrir et endurer 

Toute douleur et ſouſpirer 

Sn langueur ſuis grant non petite 
EnBngdefert ou nul nabite 


Quel guerdon et poute merite 

He rend / quant ſeffoꝛce et delite 
Ame greuer 

Quant ne me beult confoꝛt donner 
Ains defberite 

Don cueur du mien / en egipte 


pray finer 
¶ Autre rondel 


chis aymez ſecretement 

Chaſcun ſoit pour ſop ſecretaite 
Ne vueilleʒ pas amours deffaire 
Seruez les toufiourefopaufnsené 


20 


Ffueillet 
Se voulez ouurer ſagement 
Et quen voʒ fai; nait que refaire 
Amis aymeʒ CC. 


— conſeil ſeurement 
ar Vous fe deuez ainſi faire 
Et fideuez Bo ſecretz taire 
Veeʒ cple droit enfeignemtent 
Amis amez cc. 


¶ Autre rondef 


Ardez lhonneur foigneufement 
Se Vos dames ſans nufattraire 
Ne vueilleʒ a nuffup compfaire 
Dour Sous defcouurir nuffement 


Ne le fautes pasautrement 
Et fe malebouche y veult traire 
Bardeʒ fonneur ce. 


ar maintes gens firent fouuent 

21 fcauoir damoureux fafaire 

De ce que dis ne vueil fafaire 

ou ie Sous ſupplie doulcement 
ardez fonneut foigneufement 


¶ Autte rondel 


Aparfaice ioye quef part à ie fope 
ch Voſter ie me tien 
car pour nulle rien / ne voꝰ chãgeroie 
ſe voſtre neſtoie iamais ne poutrope 
Auoir vng ſeul bien 
Ja parfaicte ioye gc. 


Quant ie voꝰ fauldꝛoye mieulx mourir voul 
Jon dieu terrien (dꝛoye 
Dfus voſtre 4 mien / mon cueur vous octrope 
Ma parfaicte ioye ec. 


ŒAutreronder 







Angue poignant plus quefquiffor 
Plaine de grant haine couuerte 
Tu as fans caufe defcouuerte 
Durmopta grande trahiſon 







F2 


9 


L 


11 


Par top en lindignation 


Hans de ma dame fuis defferte 
Langue poignant plus cc. 


Maulgre top ſeraytrouue bon 
Car amours pat raiſon aperte 
Si ma ia fa foꝛtereſſe ouuerte 
Pour me garder de marriſſon 
Langue poignant çc. 


¶ Autre rondel 


€ renonce a toute eſperance 

Dauoir iamais grant habondance 

Ses Biens damours en verite 

Puis que fout meſt pour vng compte 
Et loyaulte et deceuance 


Mettre me fault en oubliance 
PButempe paſſe fa bien vueillance 
Ainſi qun homme deboute 

Je renonce rc. 


Je quicte leſcu et fa lance 

Et ſi habandonne la dance 
Auec ioyeuſe voulente 
Quant le conſeil de faulſete 
A eu cueur de dame puiſſance 
Je renonce @c. 


¶ Autre rondel 


On cueur fait nouuelle entrepꝛiſe 
Pour conquetrir ioyeuſete 

Sureuy fera en ceſt eſte 

Sil peut venira fon empꝛiſe 


Loyaulte porte en fa deuiſe 
Oncques ne penſa fauffete 
on cueur c. 


La cauſe pourquoy plus y viſe 
eft danger mettre a pourete 
ar Biure en tefneceffite 

fe Seuft plus fefon quil deuiſe 


on cueura fait gr. 
¶ Autre rondel 


Harge de dueil plus que mon fes 

en Bois et ne fcap queie fais 

Ne queie face 

Le departir maiopeefface 
Hant que pifeuv font tous mec fais 


Ha femon ennemp mortel 
Auoit de mor malfa moitie 
Je pꝛens fur ma fop eſtre tel 
Que de luy me pꝛendꝛoit pitie 


ardon requiers de mes meffais 
DEN de ne fope deffaie 
En toute pface 
Helas belie a fa cfete face 
Prenez pifie de mes forfaie 
Charge de dueif ec. 


¶ Autre rondel 


P 


Gt ne fouffres point que de fait 
Soye du tout ne eſgare 
Puis quainſi eſt cc. 


ar ce ſeroit a vous meffait 
Conſidere le temps paſſe 

Que fopaufment vous ap ame 
Bont certes point ne me defpfaifé 


Diequainfieftquifne Sous pfaift 

Belle de moy auoir pifie 

; vueilleʒ par voſtre humilite 
Auoir memoire de mon fait 





Puis quainſi eſt ec. 
¶ Autre rondel 
Vant ie regatde voſtre Pie 
Et voſtre facon ſumptueuſe 
LS Vous me femblez efireamouteufe 
Plus que femme quoncques ie vis 
Beaucop de bien maueʒ apꝛie 
ar en tous lieux eſtes ioyeuſe 
Quant ie regarde ge. 


Beaultle / bonte / ſens et aduis 
Vous aue; dont eſtes eureuſe 
Et ſi eſtes moult gracieuſe 


top Dir 
SEn parler en fais ef et) dis 
Quant ie regarde cc, 


¶ Autre rondet 


On pere eſtoit ſot en ieune aage 
Et maintenant il neſt pas ſage 
Et ma mere eſt toute ydiote 

> on frere eſt ſot / et ma ſeur ſote 
SEt mop ettout leur cariage 


Nous fuſmes treſtous ſotʒ duſage 
Et de maintien et de langaige 
Et chaſcun qui nous faflote 


Mon pere ec. 


Je ne ſache pour tout potage 
Ame ſaige en tout mon lignage 
Que mon pere grant qui radote 
Et a fa teſte trop volage 

on perege. 


¶ Autre rondef 





Fe Ahay eſteʒ vous renchetie 
Dieu y ait part puis deuant hier 
a dame / ceſt pour enrager 
Le faictes Sous pat moquerie 


aie veneʒ ca ie vous er prie 
Sſt le cuir deuenu fi cher 
Habay çc. 


Ha dea / et ne fcauez Sous mie 
Que ne pere eſt coꝛdouennier 
Vouleʒ vous baſenne pꝛiſer 
Plus que coꝛdouen fa moitye 
Hahapy eſtes vous gc. 


¶ Autre rondel 


Dur quop eſt ce que noſe dire 
À La grant douleur ef fe martire 
ÿ Que ie feuffre pour ma maiſtreſſe 
Helas dictes moy pour quop eféce 
Eſt ce pour doubte deſcondire 





Je voy dancer / chanter et rire 
Loꝛs ie me plains et puis foufpire 


St entre en fieure qui ne ceffe 
Dour quop € 


GSn Bonne fop fans me defdire 
ondus de ma nain up efcripte 
Mais crainte fitres fost me pꝛeſſe 
Quetreftoutencepointiefaffe | 
1 Sois a part mon cueur mauldire 
Dour quop eft ee c. 


¶ Autre rondef 


S Sray ie touſiours attendant 
Sans que iaye de Joue nouuelle 
RAautre rien ne ſuis tendant 


Enuoyeʒ pitie deſcendant 
Œtne Gael; eſtre tebelle 
Serap ie touſiours ge. 


e Sous vueil bien faire entendant 
Que ie fuie a fa mort crueffe 
Se bꝛief confoꝛt ne meſt aidant 
Seray ie touſiouis gc. 


¶ Autre rondel 


€ par vous nay alegement 

Ma tres gracieuſe maiſtreſſe 

le ſens au cueur fi grant deſtreſſe 
Que durer ne puis longuement 


Fneftplaifir neſſatement 
de ic puiſſe prendre lieſſe 
De par Joue gr. 


Oꝛ Sous pfaife prouchainentent 
Oſter le mal qui tant me bleſſe 
Œtiont et nuit point ne me ceffe 
Du mourir me fauft bꝛiefuement 
De par vous cc. 


¶ Autre rondel 


€ viens a vous pour enquerir 
Sit Sous plaira me ſecourir 
De ka doufeur qui tant me griefue 
Ou ie feray a danger treue 

at autrement me fault perir 


fueillet 


Secoure me fault ou toſt mourir 
Du quil me laiſſe conquerir 

Et voſtre pitie me relieue 

le viens a Sous çc. 


2Aiffeurenepuie grace querie 
Vueilleʒ vng ſubiect acquerir 
Qui de ſeruit iamais nacheue 
Mon cas requiert reſponſe bꝛiefue 
ar ie nay dattendꝛe loiſir 

Je viens vers vous çr. 


¶ Autre rondef 


N mappelſlera coquillart 

puis que ma dame mabandonne 
Quant eftamop ie luy pardonne 
Defounaicie deuiens vieillart 





Glle a trop Bien baille du lart 
A Bagquiportoit grant couronne 
On mappeffa ge. 


Maintenant a prine Bngpiffart 
Chaſcun faura/mais quon] fup donne 
Pat ma fop fa doufce perfonne 

Scet bien fe tour de fon billart 

Dn mappellera çc. 


¶ Autre rondel 


Dur famout dune qui eſt cp 
Chanſon nouueffe chanterap 
Dour enuieup ie ne ferrap 

Je pour fon amoureuv auſſi 


Loyal Sueif eſtre par tel fi 
Que iamais autte ne ferap 
Dour ſamour ec 


Gt fi ferap hoꝛs de ſouſſy 

Sont nicfdifane creuer ferap 
Œtouftrepfue quantiepourrap 
Venn les ferap a mercp 

Dour famour gc. 


¶ Autre rondel 


On cueur chante iopeufertent 
| Quant if luy ſouuient de la Beffe 
NU Zout mor plaifit ſe renouuelle 
FX De Bien er) micufy cettainement 







En efperant que bien bꝛiefment 
Auray quefque bonne nouuelle 


Mon cucur cc. 


Don gracieup doufy corps ef gent 
£a nus Dore de danger et deffe 
Dont ien mercie amoute cf efle 
Chaſcun tour des fope plus de cent 


Mon cueur €c. 
¶ Autre rondel. 


Ellas fortune pourquoy eſt ce 
Que me teneʒ en telle deſtreſſe 
Quay ie meffait 
Qui ſoubdainement mas deffait 
Et pꝛiue de ioye et lyeſſe 


Plaiſir neſt qui vers moy ſadꝛeſſe 
Tar tu as monſtre ta rudeſſe 

Par voye de fait 

Hellas fortuncec. 


Saucune ment pat ma ſimpleſſe 
Me ſuis conduit ſelon ieuneſſe 
Soit tel effect 

Soꝛtir ſur moy qui mon cueur fait 
Sans eſpoir languir en triſteſſe 
Hellas fortune cc. 


¶ Autre rondel 


Dut au plus toſt que ie pourray 

Vers la belle retourneray 

Qui tant a doufo le ſien regard 

Simple ef courtope fe dieu me gard 
Veu plus amoureupy point ie nap 


Treſhumblement ie luy diray 
Que ſoyaument fe ſeruiray 
Dans en faire iamais depart 
Tout au plus toſt gc. 


A amours recommandꝛeay 


lxviv 
Mon fait / et ſi luy ſupplieray 
Que 6ef acueif par fon doulx art 
Si me retiengne de fa part 
Et du tout a fup me rendꝛay 
Tout au plus toſt gc. 
¶ Autre rondel 


€ cueuriopeus grace querant 

Vers vous ie Biens haulte pꝛinceſſe 
Du tout a vous mon cueur ſadreſſe 
Ayes pitie du poure amant 


RofeBermeiffe ef odoꝛant 
onfires ſur moy voſtre fargeffe 
Be cueur ioyeux GC. 


Dar moy Ba renommee courant 
Gn cours de duc et de ducheſſe 
Qua toue poueʒ donner fpeffe 
Receuezmop voſtre feruant 

De cueur ioyeux EC. 


¶ Autrte rondel. 


Le yeulv fe font rrcommander 
Avous belle tres humblement 
NReceuzʒ ont eſte doulcement 
Dane plus de vous oyr nommer 


Oꝛ les enuoyeʒ ſaluer 
Non pas vng:mais Bien largement 
ee yeuſv çc. 


Las ſe vers vous ie peuffe afer 
#5p ferope haſtiuement 

TCar vous fuftes commencentent 
Be mes amours a Brief parfer 
Dee peufo fe font cc. 


¶ Autre rondel. 


Quoy paſſeray ie mon dueil 

Loing de voꝰmon doulx penſement 
Quant des auant mon partement 
Me deſplaiſt tant que mourir vueil 


Quant voſtre trefamontrenp oeil 
Ne me ſera alegement 


A quoy paſſerap ic ec 


Certes mon cefe belacueil 

Se ie demeure fonguement 

La moꝛt fera mon iugement 
Puis que iauray pie que ne vueil 
21 quop pafferap ie cc. 


¶ Autre rondel. 
{| À 


De mon cueur vous en faiʒ pꝛomeſſe 
Comme ma bouche le publye 
Pa tres excellentecc. 


Atres excellente maiſtreſſe 

De ſens et dhonneur anobfpe 

De iamaie mon coꝛps vous oubfpe 
Finer puis mes iours en triſteſſe 


ŒaufeBous eſtes ma richeſſe 
De mon confort et de na vie 
Si vous feruirap ſans enuie 
Dane ce qua nulle heure ie ceſſe 
Ma treſexcellente gc. 


¶ Autre rondel. 


Le peufo ont a leur gre choiſy 
Ses plus belles fa plus plaiſant 
EtparBng doufp ioyeuv ſemblant 
De ſon cueur le mien enrichy 





Amours a ce chois aſſenty 
Par vng trefoouf regard riant 
ec yeulx c. 


Puis que ie ſuis ainſi party 

Je luy permectz dec maintenant 
Que tant que ie ſeray viuant 

£a ſeruiray ie vous affp 


Dee yeulx @re 
¶ Autre rondel. 
G ferme eſpoir quay dobtenir 
Gt de venira non vouloir 
Met mon martire en non chaloir 
Pour receuoir 
Matin et ſoit fuis ſans auoir 
Le ferme eſpoir cc. 


Damoure ſeruir fais bon deſir 


fueiſlet 
Amon pouoir fans deffaillir 
on pour defir de mieulx valoir 
Bone dauoir:mais pour empfic 


Le fernie efpoir cc. 
¶ Autre rondef. 






D regard et doufce maniere 


J Me tiennent en fr dur party 
j Que bꝛief de dueil ferap partp 


Se Vous nexaulceʒ ma priere 
Hieufs meuſt valu geſir en biere 
Quant pꝛemierement ie choiſy 
Do regardcc. 


ar plus voyvoſtre belle chere 
Bont nature vous a party 
Tant pfuc ſuis dofent ct marry 
Quant du tout maueʒ mis arriere 
Vo regard cc. 


¶ Autte rondel. 


Dieu mes treſbelles amours 
Mon eſpoir quanque iay deien 
A ce coup icy voy ie bien 

Que ie pers ioyes et douſcours 


Puis que ie languis nupfs et iours 
Ce que iayme ſur toute rien 
A dieu mes cc. 


En mop feront maintes doufonre 
Sans que tape vng feuf plaiſir mien 
Je ſuis deffait ſur toute rien 

De celle me dure touſiours 

2 dieu nes ec. 


¶ Autre rondef. 


Due ſcaueʒ bien comment il Sa 
De mes amours ma ſeule amye 
Et vous dp que fa departie 

Be nous deuv treffort mie greua 





Je demourap fane nufefpoic 
Dnoquee ie neus fefdefpfaifir 
Et quant gp penſe a dire voir 


Ce meſt vug deſplaiſant plaiſir 


Acelle heure fe treſpaſſa 

Ma ioye pour toute ma vie 
Que ie pꝛy a dieu quil mauldie 
TCelluy qui ce nous pourchaſſa 
Vous fcaues Gien ec. 


¶ Autre rondel 


Dieu mamour a dieu ma ioye 

A dieu fe ſoulas que iauoye 

A dieu ma loyale maiſtreſſe 

Le dire a dieu tant fort me bleſſe 
Quifme ſemble que mourir dope 


De defpfaifir forment lermoye 
“Fifneftreconfort que ap Bope 
Quant$Soue effoigne ma princeffe 
A dieu namour €c. 


Je pipe a dieu quifme conuope 

Et doint que bꝛie fment Sous reuoye 
Mon bien / mamour et ma deeſſe 
ar aduis meſt de ce que laiſſe 
Quapꝛes ma paine ioprope 

A dieu mamour cc. 


¶ Autre rondel. 


A ſeule amour tant deſiree 


Bien peu ſen fault que ie ne penſe 


Que maueʒ mis en oubliance 


Dour autre que moy mieufo apmer 


Se voſtre gracieuv patfer 

Se pouoit vers moy adꝛeſſer 

£as tout mor cueur ſeroit iopeux 
Souuent me treuue en ce penſer 
Et nay tienSpour me conforter 
Æont mon cueur eff fort ennuyeux 


Seffae quefoure deſtinee 
Quant if fault en voſtre prefence 
Ale Bis en fi grant defpfaifance 
Je ſuis plus quesmaffortunee 
a feufe amour çc. 


¶ Autre rondel. 


lvxxv 


On oeil eſt de tendꝛe trempeure 
— ne fut a milan foꝛge 
ar pat luy paſſe fa paincture 


Dont mon cueur eſt endo mnaige 
Et deſia tant foꝛt —* — 
Que de ſon fait ne ſcay que dire 
Dour ce quit eſt daucuns inge 
Naure a moꝛt loing de ſon mire 


Et ſi neſt Viuant creature 

2e pat qui peuſt eſtre afege 
De celle nen pꝛenoit fa cure 
Qui en ce danger fa plunge 
Helas oeifmafaue; fatge 
Dofire meiffeur amp beauſire 
Qui eſt ſans lauoir calenge 
Qaure a mort loing de fon mire 
Don oeifrc. 


¶ Autre ronde. 


Su quen ce point ſuis deſole 
Suis ie point fol de my tenir 
Di par faint pere fe martir 

Et de tous poine Bien affote 





Doncques ne mer fuffe meſte 
Ikmen feuftdemients fan faillit 
Veu quen ce cr. 


Aumoins ie fuffe confote 
Daucuns ou prenfiffe pfaifir 
Je fuffe bien / mais fans mentir 
Il ſenible que se fope auole 
Deuquencecc. 


¶ Autre rondel. 


SEdans fa mer de longue actente 
En la balee de deſir 
Amours mont fait dreſſer ma tente 
Pour aler au port de pfaifir 
Paie pour me faire defpfaifit 
Dent denupe contre mop vente 
Et ne me laiſſe paruenir 
Au bien de ma finale actente 


Daulre coſte danger me tempte 
Ætcrainte me Seuftretenir 


Loꝛs lieue fur mop tel toꝛmente 
Quentiere ment cupde perir 
Dedans la mer cc. 


Lore a par mop pleure et lamente 
Et ne me Brent nuf ſecourir 
Sinon doufv penfer qui contente 
Mon cueur defpoir par ſouuenit 
Lefquefs me font contretenir 

Œn cefte doufoureufe fente 

Et ne puis a port aduenir 

He grace a mop ne feprefente 
Sedans fa merçc. 


¶ Nondel en ap. 


Def deſplaiſit quant departir 
Me conuiendꝛa 
De vous veir dc moꝛt fouffrir 
Ne me chauldꝛa 
Pleurer gemir/et grief foufpit 
@equidcra 
Quiel defpfaifir ec. 


Sans point mentir / mon cueur partir 
fe ſe vouldꝛa 

Zouſiours languir / et bꝛief mourit 
che laiſſera 

Quel deſplaiſir c. 


¶ Autre rondef lay. 


€ cuydeʒ plus que ie vous aynie 


ar pourinfame ſeroye tenus 


Ileſt conclus. Et pour ce dame 
Ne cupdez pfue çc. 


Trop a dabus en Sous pat mame 


St plus quen femme quoncquee congneuʒ 


Je cuydeʒ plus cc. 
| ¶ Autre rondef. 


Hantons « faifone bonne chiere 
Beuuons dautant fans nufrapef 


De ce Bon Bin Bieif ou nouuel 
Et faiffons feaucen fariuiere 


fueiftet 


G faifone de godet Bifiere 
Tant quen aurons rouge mufef 
€Pantons gr. 


Je ne vous fcap dautre priere 
Requerir/nene fcap plus bel 

ant queft a moy iap fe cueur tef 
QuufBeuft quon mecte feaue arriere 
TChantons cc. 


¶ Autre rondel. 


Vant ce mal helas me pꝛendꝛa 
Que de vous partir me faufdra 


Ma bouche a fois naura puiffance 


Se vous dire fa defpfafance 
Que mon poure cueur fentxa 


Scaucʒ vous quil en aduiendꝛa 
Mon oeil a paine ſe tiendꝛa 

Ben monſtrer Brape congnoiſſance 
Quant ce mal c. 


ar departir fup conuiendꝛa 

Bont mondit cueur Sous reuiendꝛa 
Et mon ocif par voſtre ficence 
£armopant a grant abondance 
DifBoue plaiſt auec vous viendꝛa 
Quant ce mal gc. 


¶ Autre ronde. 


A mienne voulente ſeroit 
Quauecques ma dame ſeroye 
Tout ſeul ou ie penferope 
Dour ſcauoit quelſe penſeroit 


Par mon ame elfe me diroit 
Da penfce ou ie fup dirope 
£a mienne Boufente çc. 


Et ie crop quant effe fcauroit 
Mon Boufoir fc fien ie fcaurope 
Mais ientens puisque ie ferope 
Sa voulente effe feroit 
£amiennegc. 


¶ Autre tondel. 


On doufo efpoir/mon treſtoute ma 
tope 

Amon aduie fa plus belle queBope 
Bu fout en tout a Bo? ſeule me fier 


Aepenfes pas que te quiete moyen 
Saymer autre:certes ie ne pourrope 


Le dieu damours qui cueur enſemble fope 
Nous a fpe/maie forment merefiope 
Que nufne peuft rompre fi fort (pen 

on doufp efpoir cc. 


Etpuis quif Seuft que tout voſtre ie fope 
Je le mercie: car penfer ne fcaurope 

En ce monde quefque grant eur ou Bien 
Quime ſemblaſt fi haultain que fe mien 
Teſt Bien raiſon que ie Sous ayme et crope 
on doufo efpoit cc. 


¶ Autre rondes, 


€ nap qun ſeul de ſir 
Je nay qune penſee 
Et vne ſeule aymee 
Je nay qun ſouuenit 


Se ie peuſe veir 
Vng coup ma deſiree 
Je nay qun cc. 


Et quil luy pleuſt doyr 
Tomme plus honnoꝛee 
Ma voulente fermee 
Se non autre feruir. 
Je nay qun ex. 


¶ Autte rondel. 


Tladuientque mon dueil me tue 
Pour vous ma ſeule cher tenue 
Je tiens quamours ſera daccoꝛd 
Que ie vous charge de ma moꝛt 
Affin que vous ſoyeʒ congneue 


Hellas ou eſtes vous tenue 

Zout lhonneur qui eſt ſoubʒ la nus 
Mais voſtre los fe perdra foꝛt 

Sil aduient ge, 


topo 
De ma caufe eff bien debatue 
Seuant fa court damours er veut 
Penſeʒ vous que vous nayeʒ toꝛt 
Si aureʒ dea: ſil vient au fort 
a fin vous fera cher vendue 
Sil aduient cc 


¶ Autre rondel. 


plus fort de ma maladie 

It meſt pꝛins vne telle enuie 

De Sous veoir ma feufe maiftreffe 

Dour vous cõpter fa grant deftreffe 
Et dotent depart qui mennupe 


De teuffe peu ma mort ma Pie 
Parler a vous nen doutes mie 
FLous mes maufy euffent eu ceſſe 
Au plus fort cc, 


2e bonne heure vous ap cBopfie 
Pource belle ieBous ſupplye 

Que me ſopeʒ Bonne maiſtreſſe 
Mais que voſtre amour ne me laiſſe 
Vous fetes caufe de ma vie 

Au plus foꝛt gr, 


ŒAutreronder, 


fre Bo? plaiſtplaindꝛe mes pfaine 
Qui de trifteffe font ſi plains 

a maiſtreſſe tant gente et belle 
a doufeur tant fort renouuefte 
Que de viure fonquement craine 


, 


on cueur qui eff pales ef taine 
Et eſt de vous apmet contraino 
Fault quil meure en ceſte querelle 
Sil ne vous ge. 


Dercp requiers a ioincte Maine 
——— que ſainſi ie remains 

e ma die neſt plus nouuelle 
Tant ſera ma douleur cruelle 
Que mes plaiſirꝰ ſeꝛont eſtains 
Sitne vousgc. 


¶ Autte rondel. 
o iri 


fueitref 


Rop plus en vous quen autre femme 
dl Dane que riens blaſme 


A de tous biens ſi largement 
Que ſeulement 
pmaginer nen ſcauroit ame 


Que vous diroys ie ſus mon ame 
Ceſt de Sous baſme 

Parquoy iay mis mon penſement 
Trop plus ec, 


Auffipour chef et fin vous clame 
de que pfue tapine 

Je le prens fur mon damnement 
ar feurement 

Aueʒ tout ce quaffiert a dame 
Trop plus ec. 


¶ Autre rondel. 


Sllas mon amy ſur mon ame 
Plus quautre — 
“ap de douleur ſi largement 
Que nullement 
Auoir confoꝛt ie ne puis dame 


ap tant de dueif en ma penſee 

Que trefpaffee 

Eſt ma fpeffe des pieca 

2 (Beure que meufles £aiffee 

Seule eſgaree 

Tout mon plaiſir fe treſpaſſa 

ont maleureuſe ie me clame 
ar noſtre dame 

—— ſi longuement 

Car clerement 

3: congnois que trop foꝛt vVous apme 
ellas mon amp c. 


¶ Autre rondef. 


Ant me deſplaiſt a dieu vous dire 
a gente dame 
Que ſur mon arte 


Oncques mais ie neus douleur pire 
Et du grant dueif que mon cueur tite 
Douuent fefpafme 
Sont ie fuis en figriefmattire 
Pat nofîre dame 


Queiamais ame 
Ne fut fi plain que ie fuie dire 
Tant me defphaift ec. 


¶ Autre rondef. 


T Eſta iamais que ie me ſuis 
Avous donnee 

Plus quautre nee 

Ne penſer ailleurs ie ne puis 





En vous ſont mec faitʒ et mes dits 
Ma de ſtinee 
Ceſt a iamais gr. 


Noncques perſonne ie ne vis 
Pour qui celee 

Soit ma penſee 

Que ie ne die et iours ef nus 
Ceſt a iamais çc. 


¶ Autre rondel. 


Cquitteʒ voſtre conſcience 

St gardez auſſi voſtre honneur 

+ Ne faiffe; mourir en douleur 
Celluy Manoir Voie ayde penfe 


ee quauez fe pouoit en ce 
e fapder par grace et doulceur 


ge que vous auez fa puiffance 
e faite de deu le meilleut 

MNe fe iugez pas en rigueur 

Ou ifcrpra ſus Sous vengence 
Acquitteʒ ec. 


¶ Autre rondel. 


Dieu des bonnes la meilleur 
A dieu fa ioye de mor cueut 
} 21 dieu fe pfaifir de nies peufe 
21 dieu des treſbelles fa ffeur 
A dieu efcharcete daigreur 
A dieu pourete de rigueur 
A dieu paſſe roſe en tous lieux 
Adieu dec bonnes er. 


A dieu montiope de douceur 


A dieu querifon de douleur 
A dieu chef doeuure gracieux 
A dieu celle qui vauft fe mieuſvx 
A dieu treſoꝛ des tout honneur 
A dieu de bonnes cc. 

Motet 


MO Durnietfre a fin la grant douleur 
MQue par trop amet ie recoy 
h Secoureʒ moy 
PS Las ou autrement fur ma foy 
Des iours nauront pas grant longueurs 





Car fi foꝛt toꝛmente ie ſuis 

De tant de maufy de tant dennupe 
Qui fans ceffe me content feure 

Que nap bons ioure ne bonnes nupe 
Et ſi ne (cap ne ſi ne puis 

Ærouuet foꝛs vous qui me ſequeure 


Las par vous ie vifʒ en langueur 
Dane ce quaye fait Le pour quoy 
Bont ma moꝛt Bop 

Si me monfires brief/fa Bous quop 
Que vous aie; mon fait a cueur 
Dour mettre affin cc. 


¶ Autre rondel 


On cueur ſen va en anbayade 

Haſtiuement belle vers vous 
Pour vous dire le grant courroux 

Et les maufp dont il eſt malade 


St Sous porte en lieu de balade 
Lettres quine Sont pas a toue 


of cueur cc 


Dec maufo damours a grant Brigade 
Dar fes cofles ef auv deux Bouts 

Et dautre patt fa fa tous 

Et ne peut manger que fafade 

on cueur fer Ba cc. 


¶ Autrte tondel 
Es amoureus de lobſeruance 


Dont iay eſte le tenps paſſe 
Aprefent men treuue laſſe 


foppif 
Je nen ap plus que ſouuenance 
Zouſiours pꝛens den parler plaiſance 
Quop quẽ ſoye de loꝛde caſſe 
Ses arnouteuy cc. 


Jay fouuent porte fa penance 
Et fi peu de biens amaffe 

Que quant ie ferap trefpaffe 
Mes Boire auront peu de finance 
Bee amouteup «c. 


¶ Autre rondef 


Spuis que me deiſtes op 

Je neuzʒ pat dieu dueifne malaiſe 
Me oncques mot qui tant me plaiſe 
Duc ma fop certes te noup 


Tout dueif fer eft de mop fou 
Et ap toufioute efte fort aifi * 
Ze puis que gc. 


Combien que mon cueur aſſouuy 
Neſt pas du tout dont il me poiſe 
aie bon eſpoir ſi me rapaiſe 
Lequef fi ma fort refioup 

De puie que GC. 


¶ Autre rondel 


€ fut grant maleur qui mauint 

Quant de Sous partir me conuint 

a gente dame 

Je iure dieu ef noffre dame 
Duoncques puis Bien il ne me vint 


Toute ma iop dueil deuint 
Seſirant eſtre des foys vingt 
Moꝛt fur mon ame 

Ce fut grant cc. 


Éoutroup moꝛtel Sere mop teuint 
Dine (cap qua mon cueut furuint 

Tar ie Joue apme 

Plus quoncques homme nayma femme 
Et pa des moys plus de vingt 

Le fut grant gr. 


¶ Autre rondel 
o iiii 


Auctffet 


Onnes densidp perdu madame 

Qui fa trouuera fur mon ame 

dcombien quelle foit belle et bonne 

Betrefbon cueur ie fa fup donne 
Dane en prendre debat a ame 


La belle fcet trefBier fa game 
Loyaulment apme ce quefle apyme 
Qui fa trouuera mot nen fonne 
Bonnes gens EC. 


Bardez fa Bien fa gente dame 
Que nufne fa bleſſe nentame 
ar par dieu fa gente mignonne 
Sſt a chaſcun doufce perfonne 
Et touſiours en mes dits teclame 
Bonnes gene çc 


¶ Autre rondel 





€ me repens de vous auoir aymee 
puis quautrefnt naueʒ voulu m6 biẽ 
Œtque iamais ne Boufes faire rien 
Aumoins qui foit au gre de ma pêfee 






9 


Las ie doy Bien mauldire la iournee 
Quoncques iamap ce qui neſtoit pas mien 
Je me repens cc. 





St de pat dieu ceſtoit ma deſtinee 
Puis quefie me ſuis en ce lien 

Je ne Pop tout en mon fait ne mopen 
quifne faiffe que die a fa Bofee 


Je me repens er. 
¶ Autre rondel 





Ss douleurs que ie ſens en ſomme 
Me font non cueur tant aſſommer 
Et ne men puis deſaſſommer 

Sont iay ſouuẽt makiour et ſome 


ke 
h 
Je compte par mes dois et ſomme 


Denfant touſiours fee aſſemmet 
Lee douleurs dont me ſens en ſomne 





Mais moy meſmes du cop maſſomme 
dat fe mort me deuoit ſommet 
Gtde fa maflue aſſommer 


Sine les puie ie mettre en ſomme 
Les doufeurs gr. 


¶ Autre rondet 


Mon cueur Joue fait tant ef acueil 
Et iamais ne me Boules bien 
Pour dieu cc. 


Dur dieu deffendes a voſtre oeil 
Quifne me dcmande plus rien 
dar ceſt pat luy commete tie) 
Dur ma fop que iap tant de dueil 





Dar voʒ regars fi fort me dueif 
Quen mop nap Bng ſeul plaiſitr mien 
Duil ſoit vꝛay vous le ſcaueʒ bien 
Pourte Sous pꝛy mon koyal vueil 
Dour dieu ge. 


¶ Autre tondel 


D 


Oublier treflout me conuiné 
Oncques homme nayma tant femme 
Dar vng regard rc. 


Ar vng regard qui de vous vint 
En deuifant a mop ma dame 
Vous me pleuſtes tant fur monarte 
Que dauftre puis ne me fouuiné 





Gt mon cueur fout Voſtre deuiné 
Quifore voua a noſtre dame 

Se iamais que vous naymer ame 
Mais ce fut des fois plus de vingt 
Dar Bngregard ec. 


¶ Autre rondel 


Jeſtõgne ſuis de mes amours 
K Ne En Berite ce poife mop 
$K ar ie doubte quen grant efmop 
Ne me boute ſe nay fccoure 


SEfbahy ie fuie de telʒ tours 
Eſt ce pour ce que nay de quoy 
Si eſſlongne ſuis gc. 


Finer me fauldꝛa tous les iours 


En deſplaiſir fans eſbanoy 
After men vueil en vng requoy 
Pleurer et gemir mes douleurs 
Si eſtongne ſuis cc. 


¶ Autre rondel 


aulv euieux de dien ſoyeʒ voꝰ mauldi⸗ 
Vous me cuideʒ pat Bo? e pat voʒ dits 
faire eſtõgner de ma géte maiſtreſſe 
elfe quima done au cueur lieſſe 
Dueiffez ou non ie fapmerap touſdis 


Oncques a vous en riens ie ne meffis 

En ma bie fur vous ie ne mefdis 

ais Joue maues au cueur donne triſte ſſe 
faufo enuieup cc. 


Du feu denfer paie efire bꝛouys 

Et de glaiues feu 03 coꝛps occis 

ar ceſt pour vous que iay telle deſtreſſe 
Et pour tous ceufo qui font de voſtre adꝛeſſe 
as feiepuis Sous en autres du pie 


Faulv enuieup cc. 
¶ Autte rondel 


Quans coupe ie fe fouffrerope 
Qun autre Sous entretinfiez 

Et tous fes ioure me monſtriſſieʒ 
Semblant dapmer /ie ne pourrope 


Penſeʒ vous Bien que ie vouldꝛ oie 
Qua vng autre vous parliſſieʒ 
A quans coupe cc. 


Janaisiene Soue apmerope 
Tlapmeropemieufo que Sous tin ſieʒ 
Avng / mais dire que vous puiſſieʒ 
En tenir deux a vo coutrope 

A quans coupe cc 


¶ Au tre rondel 


Sie ne doꝛe / ne ie ne veille 
N Tant ay fort la puce er loꝛeille 
Teſt du moine que de ſouſpirer 
at contraint ſuis de deſirer 
Que moꝛt contre mop ſe reſueille 


lvxviii 
Seſir ne veult que ie ſommeille 
Loeil ouuert ennuy me conſeille 
Que ie tranſiſſe de pleurer 
Je ie ne dors cc. 


Ce faictes vous rofe vermeille 

Ce faictes vous dont me merueille 
Co mment vous poueʒ endurer 
Qu e par craindre et vous honnoꝛer 
Je feuffre douleur non pareille 

Ne ie ne dore rc. 


¶ Autre rondel 


Ard aura mon tueur fa pfaifance 
Tard aura mon bien fa naiſſance 
Tard aura mon cueur ſouuenir 
Tard aura mon malalegence 


Tard aura mon bꝛuit ſon aduance 
Tard aura mon bueil ſon deſir 
Tard aura çc. 


Je fuie banny de fa pꝛeſence 
Tard aura de mop fouuenir 
Celle qui fur mop a puiſſance 
Tard auta ma dame foifir 
Be querir ma dure greuance 
Tard aura çc. 


¶ Autre rondel 


Vant iay au cueur aucun contraire 
SEt dauanture iay a faire 
Quaucun me Bienne ſecourir 
Jene me fault que receuoir 

A Bouc belle tres de bonnaire 


dar Joue eſtes mon doufp repaire 
Duieme voys touſiours refraire 
Pour mon poure cueur refiouit 
Quant iap gc. 


Nuſluy ne men ſcauroit hoꝛs traire 
Puis que Bo cueur ma voulu traire 
A voſtre gracieux plaiſir 

Pourtant vueil touſiours obeit 

A vous belle tres debonnaire 
Quant iay au cueur ec 


Fueillet 


¶ Autre rondet 


Ant eſt mignonne ma penſee 
GBente plus que fut oncq femme 
ar tout cler eſt que ceſtla dame 
Ÿ Qui de nulle autre neſt paſſee 





Ma iope eft morte ef frefpaffee 
De bꝛief ne £a Boy fur mon ame 
Tant eſt ge. 


En valeur eſt tant exaulcee 
Quie ſien vueille ou non me reclame 
Et nay pas peut que nul men Bfafme 
dat fur toutes eftaduancec 


Tant eftmignonne cc. 
¶ Autre rondel 
Sie pers celle 4 mor cueur ayme tãt 
Toutes mes ioyes fe perdꝛont quant 
Wet quant 
Sans Bne ſeule en pouoir reclamer 


Jamais autre ie ne ſcauroie aymer 
Tant que ſeray en ce monde viuant 


Toute lieffe/tout mon efbatement 
Zzoutefieffe/fout mon entendentent 
ous fen pront etme vouldꝛont faiffer 
Se ie pere ceffe çc. 


Toute triſteſſe / tout ennuy / tont torment 
Tous telʒ ſeigneurs auront mon ſentement 
Tous deſplaiſirs venront en moy bouter 
Vela comment finera le galant 

Se ie pere celle ec. 


¶ Autre rondef 


S fa Beffe ne pꝛent la cure 
Saleger mor mal doloꝛeux 
le pꝛens conge aux amoureux 
TComme dolente creature 


Tar la douleur qui tant meſt dure 
Me tendꝛa touſiours angoiſſeux 
Se la belle gc. 


Oꝛ ſuis ie donc en aduanture 


TCar danger meſt ſi rigoꝛeux 
Si fel/rebelle et deſpiteux 
Que ien ſuis a defconfiture 
De fa belle @c. 


¶ Autre rondef 


A belle des Belfes ſans per 

Mon cueur ſe vient habandonner 

A Joue ſeruir tant que viura 

Autre Boufoit iamais naura 
Dour mafquif en dope endurer 


Auêfne pourroit bien deuifer 
Le Bien de vous / naſſez louer 
La belle dec belles ec. 


21 Sous Bien a droit regatder 

On ne ſcauroit riens demander 
Quen Vous ne ſoit / mais tant ya 
Que ke bꝛuit eſt tel par deca 

Que len vous doit par tout nommer 
La belle cc, 


¶ Autre rondef 


Slanguis er dure deſtreſſe 

Pꝛes de vous ma belle maiſtreſſe 

Quant eſt a cefa voirement 

Viure ne puis pfne fonguement 
En leſtat ou Bo corps me laiſſe 


Treſloyalle ffeur de nobleſſe 
Helas ie pers toute lieſſe 

En moy na point deſbatement 
Je languis cc. 


Sentir me fait voſtre ieuneſſe 
Souuenteffoiz au cueur angoiſſe 
E fire ne puis ioyeuſement 
Loyaulte a fait ce toꝛment 
Impoſſible eft que mon mafceffe 
Je languis ec. 


¶ Autre rondel 
Ictes fe moy mon ſeul deſir 


De pour moy ie vous vueil choiſir 
AAlufqua mourir 


Maymeres vous de feaf cueut 
Sans penſer a nul deſh onneut 
ar ſans faueur 

Vous vueil du tout ma fop tenir 


Denuete Sous ie Sueif maintenit 
Loyaulte faneiamais faiflir 
Sans point mentir 

Seres Soup loyal ſeruiteur 
SDictes le mop cr. 


Ne me bueilleʒ entretenir 

Se mis nauez voſtre plaiſit 

a mobeir 

TCar ainfimaift mon createut 
Que de moy poueʒ eſtre ſeut 
ais ſans rigueur 
Maymereʒ Sous fans departir 
Sictes le mop @c. 


¶ Autre rondef 


Aulx enuieux meſdiſans par enuie 


Seffendeʒ vous a ce iour duy 
Plus ne ferez mal a nulluy 
ar Sous ſeres mis a la lye 


De dieu plaift Sous np fauld ꝛeʒ mie 
Du vous laurreʒ en paix autrup 
faufp enuieuv cc. 


Voues ne ceffes iout ne nuptie 

Se fup faire paineet ennup 
Touſiours fe cuideʒ prendre au gluy 
Puis quuf fauft que len fe Sous die 
Faufp enuieup cc. 


¶ Autre rondef 


Lus que tous ſuis infoꝛtune 
Et de ſi treſmal heure ne 
Que nul neſt pareil dueil au mien 
Neſt pas a croire ne combien 
Je fuis de tous maf guerdonne 


Helas ſuis ie en amours damne 
Du fe maleur ma deſtine 

Le feuf amoureu chꝛeſtien 
Plus que fous ge. 


lvvxvi iii 
on cueur contre moy indigne 
Ma deſpon tout habandonne 
Jay tout perdu / ie nay plus rien 
Amours ma tant donne du ſien 
Que ie meurs poure foꝛtune 
Plus que tous cc. 


Autre rondef 


Sne puis Biure ainfi toufioure 
Amours à iape pourmes doufoute 
Quefque confort 


Dne feufe heure aumoins au fort 
St tous les ioute 


Loyaulmeut ſeruiray amours 
Juſqua la moꝛt 

Quant a moy ie meure fe cours 
Je ne puis «rc. 


Derffant fes nuits faiſant cent tours 
Et criant fort 
Vengence a dieu/car a grant tort 
EX nope en ee 

16 quau beſoi e 
Œt Ditie doit Mt ts 
Je ne puis viure cc. 


¶ Autre rondel 


yme qui Boufdra 

Le meuf» quifpoutra 

Ce neſt que fouffp 

ar iamais fane fp 
Amours ne fera 


Qui plus apmera/plue foꝛt fe tiendra 
Dubiect a mercp 
Ayme qui vouldꝛa ec. 


Du danger mura/ou foufioure fauldꝛa 
dCefa oucecp.£a choſe eft ainfi 
amours ainfi Sa 
Ayme qui vouldꝛa cc. 


¶ Autte rondel 


fueillet 


nd autre aymer mon cueur ſeſba⸗ 

hiroit 

fne fault ia penfer que ie fefiräge 

Ne à pour rien de ce pꝛopos me châge 
ar mon honneur en apetifferoit 


Je tayme tant que iamais ne fevoit 
A moy poſſible de confentu leſc hange 
Dung autre aymer CC. 


£a mot par dieu auant me defferoit 

Quen mon Siuantiacointaffe vng eſtrange 
fe cuide nuf qua cefa ie me range 

a fopaufte trop foit ſe mefferoit 
ZBungautre aymer CC 


¶ Autte rondef 


6 Disquautrement ne me peut eſtre 
À Tfme ſouffiſt pour tout mon mal 
Qua la node de poꝛtingal 

pes” Dope ma dame a fa feneftre 





Be parfer non finon/par lettre 
ZBoubtant£ee pouy de fofpitaf 
Due quautrement cc. 


Sif aduient que len menuope paifire 
Zout a coup Bngefpeciaf 
Du vidimus a loriginal 


Vous ferap en tprant ma guaifire 
Puis quautrement gc. 


¶ Autre ronde? 


Due Sous Sopôe Bien malebouche 
flaufp enuieug tenir Sos pfais 

Et feruir de voʒ entremes 

La derriere ſur celle couche 


Faulſe mauluaiſe poignant mouche 
Nul homs ne vous tiendꝛa iamais 
Nous vous voyons gr. 


En moꝛdant dictes ie np touche 
Mais pat Sous font pluſieurs deffais 
Qui en fopaufte font parfais 

On Sous congnoiſt: vous eſtes louche 
Nous vous voions cc. 


¶ Autre rondel 
Gie faiz dueif/ie nen puis mais 
. Aufne men doit donner fe blaſme 
Vo ar 1e ne crop pae quifp ait aute 
< Plus defpfaifant que moy iamais 


Qui plus eſt ne me doit fuffire 
De faire dueil tant feufement 
Car par droit ie me deuffe occire 
Dour mettre fin en mon toꝛment 


Autrement languit deformais 

Me faufdra iufqua rendre fame 
Dfeurant fee maulx quap par nia dame 
Puis que fuis fans fa veoir iamais 

De ie fais due c. 


¶ Autre rondel 


Our acoplir Le vouloir de mon eur 

⸗ubmiẽs me fuie a efîre fetuiteur 

Ÿ Dune de qui ie cuidope auoir grace 
PS ais ie Bop biẽ àf fault à 1e me paſſe 

De ce de quop ie cuidope efîre feur 





Di euſt eſte quaduenu me fuft feut 

Qui fui euſt pleu me faire tant dhonneur 
Se mop apmer/plue quautre te famaffe 
Dour acomplir cc. 


ais de ce coup ne fauff que iape peur 
Et mefl aduie que tout pour mon meilleur 


Deus fe tant peu de Gien que nufnamaffe 


Quif vauldꝛoit mieufv que ie me repofaffe 
Sans plus auant pourcaffer mon meilleur 
Pour acomplir gc. 


¶ Autre rondel 


€ deſpourueu infoꝛtune 
Inceſſamment enuironne 
De dueif/de regretz / et de plours 
Me treuue banny de ſecours 

St a tout mal habandonne 


Piteuſement ſuis guerdonne 
Gt fimafement gouuerne 
Foꝛtune fa fait par fes toure 
£e defpouruen @c. 


Dur tous ie fuie maf atourne 
Car efpoir ma fe dos tourne 

Si ay tout bꝛaſſe au rebours 

Par raiſon puie blaſmer amoutre 
Quant en ce point ma oꝛdonne 
Ledefpourueucc. 


¶ Autte rondef. 


Amais fi bien ne me peult aduenir 

Foꝛs 4 fa moꝛt meBiègne bꝛief querit 

ſi ceſſera ma grãt douleur ſoub daine 

car de lãgueurg dénup ſuis tãt plaine 
Que ie ne (cap queiedop deuenit 


Lacie ne puis auoir Bng feuf pfaifir 

Œn fouPaictant qué ma fin foit pꝛouchaine 
Aime languiray foing demon vꝛay deſir 
Jamaies fi Giençcc. 


D eff ainfi quil me fauft maintenir 

efant mon dueif / mes farines retenir 
aifant ſemblant het toute faine 

ZDôt m6 Las cueur feuffre en mop tât de paine 
Que fe fa mort me Benoit detenir 


Jamais fi Giençe. 
¶ Autre rondef. 


On cueur emble a ioye et dueil 
Et ma bie eſt amere et doulce 
Et en deſplaiſir ie me couche 
Car plus refiopr ne me vueil 


Et ſouuent voy ma dame a loeil 
Qui a mon defrr fe courrouce 
on cueur çc. 


Fortune monſtre fon oꝛgueil 

Et ennup me prent en efcueif 
Quant voy ceffe qui plus me touche 
Et parler np puis a mon vueil 


on cueurcc. 
¶ Autre condef. 


K Aint valentin puie que iap fait de Bo? 
- A faint ernouf feruirap deſoꝛmais 
Car iap trouue de fiefirangesmes 


lvxxvv/ 
Sn voue ſeruant que ie men ferme tous 


Face qui peuft pfus ne ſeray ialoux 
Qui fera bleu de luy tiendꝛay mes plais 
Saint Safentiner. 


2 iay efle icp et deuant tous 

e neſt que vſaige / on nen parfe iamais 
On me diſoit quant ie ſtoye ſi fais 

Las monſeigneur / et que vous eſtes doufp 
Saint valentingc. 


¶ Autre tondetl. 


Ce mur hau eſtes Bone ſourde 
Mais qui vit oncques la pareille 
Durs qua vous feruir mapareifte 
Faictes que pitie en Sous fourde 


Se cupdez plus que re tarbourde 
Ne que crye a Bofîre oꝛeille 
2 cemurec. 


Las iap par Soue douleur fi fourde 
Que ie ne dors ne ne ſommeille 
Dour dieu dictes qui vous confeifte 
Et ſe ceft par ieu ou par Bourde 
2 ce mur cc. 

¶ Autte tondel 





> Ngcoipe/ Bang cueur qui na q̃ lame 
Plain de regrets et de douleurs 


(| 
\) Qui meurt ct font treftout en pfeurs 
ÉD ous crye mercy ma gente dame 





En farmopant il vous tecfame 
St dhomme mot porte coufeure 
Vng copsec. 


Be dueil d'a plus que ruf ame 
Tant quif nepeuft penfer aiffeure 
Dour dieu efcheuez fes clameurs 
Du fe mecteʒ deſſoubʒ fa Fame 
Vng coꝛps / Ing cueurer. 


¶ Autre rondel. 


Sperant dauoir quefque bien 
Damours pour qui tant de maf poꝛte 
ps 


LommeBng coquin fuis a fa porte 
ais faumofnier ne me dit rien 


Trop Gien meplaine et fens a main 
Monſtrant fa chere fort deffaite 
£aumofnser dit/ceft a a demai 

16 font couche; faumofne fl faicte 


Je men reuois tel que ie vien 

Foꝛs que ma doufeur eft plus fort e 
aie 6on confort fi me ſuppoꝛte 

A endurer/dieu fcet combren 
Œ(perant dauoirec. 


¶ Autre rondef. 


Atens laumoſne de doulceur 
Dar laumoſnier de doulvx regart 
Sſpoir ma promis de fa part 
Quif me fera quefque faueur 


En efperant que ma fanqueur 
Ceſſera / qui tant mon cueur art 
Jatens laumoſne cc. 


TCar comme lopal ſeruiteut 

Jap touſiours ſeruy main et tard 
Penſant quamours aura regard 
Queſque foys a ma grant doufeur 
Jatens laumoſne cc. 


¶ Autte rondel. 


Omme mop vous aurez voʒ gaiges 
Jen fus bien pape au partir 

Dfain de dueifiufques au partir 
Ne font ce plaiſans aduantages 


Seruez amours entre vous fages 
{Bouc en fera re pentit 
Comme moy cc. 


Nepeuz ferez de doulx langaiges 
Dour vous garder de departir 


Quant efta mop F0 Es martit 
l 


Bien tard congnoiftres tefs ouurages 
Conime mop gr. 
¶ Autre rondel. 


fueillet 


En amours a vng par adis 
dNQuon acquiert pour maufp y auoit 
Acquis p ap a dite voir 
a place des fope plus de die 


Dane maf nap point eſte toufois 
Dource Bouffiffe Bien fcauoir 


Den amouregc, 


Jay ferup des fe temps iadie 
Et loyaulment fait mon deuor 
Dar raiſon on p deuft pourueoir 
Deu quifeft Brap ce que 1e die 
Den amourecc. 
Œ'Autrerondef. 


Le peufs ouuers ie np voy goute 
Et moinsp vop plus p regarde 
Jay efgare ce que ie garde 

4 Certain ie fuis de ce que doubte 

Le qui ma fire me deboute 

Trop toſt me Bient ce qui me tarde 

Les peufp ouueregc. 


Sans me toucher fort on me boute 
Sans riens fentir mon cueur on farde 
Et fans feu fauft que Brief il arde 
Aueugle fuie:car fomme toute 

Les peufo ouuersec. 


¶ Autre rondel. 


S iour meſt nuyt / et ioye me nuift 
Nepos ne me font que faboure 
Brꝛief/iembꝛaſſe tout fe rebours 
Be tout ce quon prent a deduit 


Æfpoir me fuit dueil me conduit 
Je refifte contre fecoure 
Ze iour meftnuptec 


Jay nom ſans bꝛuit / arbꝛe ſans fruict 
Dures eſpines me font ffours 
Ainfime gouuernent amour 

Dane auoir autre faufconduit 
Leiourmeftnuptec. 


; ¶ Autre rondel. 


¶ Autre rond el 


Sſt par vous que tant fort ſouſpire 

Touſiours mempire 

A voſtre aduis faictes vous bien 

Car tant plus ie Vous vueil du bien 
St fur ma fop vous meſtes pire 


Ha⸗ ma dame figrief martire 
Ame ne tire 

Que mop donne puis mais et) rien 
Ceſt par vous cc. 


Voſtre beaulte vint de grant tite 
Amon oeil dire 

Quuf fift mon cueur deuenit fier 
It feBoufur/fimeurt if bien 

Je ne [up puis aider nenupre 
Teſt par Vous gr. 


¶ Autre rondel. 


Vne bonte lautre requiert 

Pource fe nuffe vous enquiert 

En rien touchant ma lopaulte 

Dictes donc que deffopaufte 
Re jert iamais qui ne a quiert 


En ce faifant vne autre fope 
Quant Vous fees ce que Le fais 
Je Sous pourrap autant ſerut 
Dere Boftre dame ſe gp vois 
Œt peut eſtre que par ma Bois 
Dourres fa grace defferuir 


at a ceffup grant fee affiert 

Qui en amours dhomme conquieré 
Mais fe ſans plus effc ait Beaufte 
Seſtre bonne / ceft nouucaufte 
Pas ne la trouue qui la quiert 
Lune bontegc. 


Œutrerondef. 


ignãt dauoir maîte doufeur efcripte 
dedãs m6 cueur côtrefais lamoureux 
€ dp q̃ iay des maulx mouft doforeup 
Baie en amourꝰie fuie vray ppocrite 


fovo Bi 
TCar ie ne craine quen riens me deſherite 
Ce meſt tout vng fort doulx ou rigoꝛeux 
Faignant dauoir er. 


a Boufente p eff ſi foꝛt prefcripte 
Que rien np voy qui ne foit fauoureup 
€eft vng treſpas eftroit et dangereug 
Zefp ſett Gien quautre en a fe merite 
Feignant dauoirer. 


¶ Autre rondef. 


€ noir me plaif meufs quautre 

TFfme femble feicfepoite forte 

Su tout quete nap pas grant tort 

ar de nul eſpoir nap confort 
Foꝛe de nnuy quime defconforte 


Las deſplaiſit fur moy ſaſoꝛte 
Dautre part dueil treffoꝛt menhoꝛte 
Seſoꝛmais porter en mor port 

Le noit me plaiſt mieulx çr. 


Souſſi qui ne me reconfoite 
Penſeʒ que pas ne ſe depoꝛte 

ait fur mon cueur Bon guet et foꝛt 
Regret qui eft pour le reconfozt 
Tous fes matine huche a ma porte 
Le now meplaiſt ec. 


¶ Autte rondel. 


Ay des ſemblans tant que ie vueil 
ais du ſurplus il neft nouuelłe 
TCar fur ma fop fa Bonne ct belle 
Ja pas fe cueur tef comme loeil 


De ie me plaine ou je me dueil 
ac que fans plue fope pres dcffe 
ap des ſemblans cc. 


Auf autre bien ie ne recueif 

Foꝛs que par fois elle mappelle 
Don amp/et puis ſen rappelle 
aie quop que iaye ioye ou dueif 
Tlap dec ſemblans gc. 


¶ Autte rondef. 
pu 


fueillet 


Vekque choſe quamouts oꝛdonne 
Foꝛee meſt que Sous habandonne 


Dour pourchaſſer ailleurs mon bien 


dat fur ma fop ie congnois bien 
Que Sous mefte pire que bonne 


Trop a de cueur qui Bous en donne 
Dour ce ia dieu ne me pardonne 

Se vous auez 1amais Le mien 
Quefque chofe gr. 


Si naymeray ie iaperſonne 
DQueBoue/quop quon me ſermonne 
Œn tout ce monde terrien 

Mais maintenant ie nen fais rien 
Et fers fefon quon meguerdonne 
Quefque chofe gc. 


¶ Autre rondel. 


A cueur perdu ef deſole 

De trifieffe plus que foufe 

Dis en epif trefangoiffeup 
aie a que faire te fiſt dieux 
Dour te Beour ainfi affole 


Vaten a part pour garmenter 
Œt ne ceffe de regreter 

Las de noue deup fa depattie 
Sourſe de pfeure pour lamentet 
Pois incefflamment foubaiter 
Auec fa mort de ta partie 


Menus penfere tout adofe 

Be rigueur fi fort bꝛicole 

Que ton pareifna fou; fes cieufo 
Laiſſe fe monde pour fe mieulx 
Duis que nafeur ta acofe 

fa cueur perdu ec. 


¶ Autre rondef. 


Gſplaiſir chaſcun our maſſault 
Gn diſant que quitter me fauft 
Ma dame)ou Brief finer ma Bie 
Jayme plus chier que ie def vie 
Que fa quicter par mon deffauft 


Jon cueur fe me confeiffe ainſi 


En me difant/et queft cecp 
As tu paour de mourir pour elle 


Aloe ma poure ame treffauft 
Et de grant dueil foufpire hault 
En —— que ie meute denuie 

our vous Beoir ma dame et mampe 
— en pfufieure lieux en ſurſault 
Befpfaifir chaſcun iour cc. 


¶ Autre rondef. 


€ ma dame ne dp nuf bien 
dar quant Bere effe Bois ou Bien 
St ie fup compte non martire 
de fe prent a loꝛs a fire 

Œtiure dieu queffe nen croit tien 


Et qui grant diable £a confeifle 
Quant 1e luy dp mon fait au pfair 
Elle me fait fa fourde oꝛeille 

Du tourne aiffentse La true au fair 


Elle fait mal / veu queffe (cet bien 
Que cueur et coꝛps et tout eff fier 
Dar dieu fe ie fofope dire 

Œfteft des maufuaie fa pire 
Saulue fon honneur et fe mien 
Be ma dame c. 


¶ Autre rondef. 


à £usquoncques mais ie ſuis au Bas 
| Duerfet fouffi font mes efbas 
Dar feur cabas 
Pa fe ma ie fans pfaifance 
Œt croiſt chaſcun our a puiſſance 
Ma defplaifance 
Æncontre qui ie me combas 





ais de mes coupe mefmes mabas 
Et ſi me bas 

Zu baſton de defefperance 

Dfus quoncques mais @c 


Tenu me fuie fouB; le rabas 
Denuie ou font tous fes debas 
Ainſi que 6as 

je font ſengles fans alegence 


Sont ie fais dure penitence 

at eſperance 

Pers de tous poins par leurs ſabbas 
Plus quoncques mais cc. 


¶ Autte rondel. 


MAintenant comme ie penſoye 
En$ous par dieu ma gente ioye 
on cueur ma fait affouuenit 


Que fa grant Bien ie vueil benir 
Quil eſt force que voſtre fope 


TWar il dif que fe teBoufope 
Œieufv ſouhaiter ie pourrope 
Æantpufoit voſtre maintenir 
aintenant comincgc. 


St puis quant ie luy refpondope 
Que iamais ie ne le feroye 
Tel bien ne meſt pas a venir 
Oncques fimartp deuenir 

Ne le vy que ie le faiſoye 
Maintenant commegc. 


¶ Autre rondel. 


Ay ie pas eſte bien party 

Ace iour de ſaint valentin 
Lequel chaſcun ſoir ou matin 
Buecte pour pꝛendꝛe for party 


Sn poꝛtant me fut departx 
Bee dames le chois pour butin 


May ie pas cc. 


Entiet ie feux non pas party 
Nul contre moy ne print hutin 
Ainſi ſoy que doy ſaint martin 
Tlopeuvet content mer party 
Jap ie pas cc. 
¶ Autre rondel. 
Durd dieu faictes moy ceſt hõneur 
| | Pa marfireffe dieu le vous mire 


Que de voſtre bouche nie dire 
Je vous retiens mon ſeruiteur 





AU 


fpvvSis 
Duis que ien puis eſtre meiſleur 
Et vous nen poueʒ eſtre pire 
Dour dien faictes moy rc. 


TCommiandezʒ avoſtre doulceur 
Que pour rien ne me vueilleʒ fuire 
Et meBueifles fur tous effire 

Le droit mignon de Bofîre cueur 
Dour dieu faictes mop ec. 


¶ Autre ronde, 


€ vous me vouleʒ eſtre bonne 
Autant que ie vous ſeray bon 
Dieu ne me doint iamais pardon 
Au cas que ie vous habandonne 


Tar ie vous ap donne ef donne 
A toufioure mon cueur en pur don 
Se Sous me Boules çc. 


Oꝛ doncquee puis qua Sous ma donne 
Rendez mop fe pareif guerdon 

Puis queie ſuis celluy ef don 

Vous ſereʒ tenu la mignonne 

Se vous meBoufes cc. 


Œ'Autreronder. 


€ feruiteur hault guerdonne 
Affouup / et bien fortune 
Leffife des eureux de france 
etreuue par fa poutueance 
dung tout feuf mot mal oꝛdõne 





Je me ſemble aupꝛime eftre ne 
Tar apꝛes dueil defordonne 
Suis fait pat nouuelle aliance 
Le ſeruiteur hault ge. 


Jeſtoye Somme habandonne 
Œtfe dolent infoꝛtune 

Loꝛs que voſtre beniuolence 
Voult confermer mon eſperance 
Quant ce beau mot me fut donne 
Le ſeruiteur cr. 


¶ Autre ronder. 
p tif 


fueillet 


Ay teldefir que ieBoue vope 
Que ie ne puis par nuffe voye 
Belle mon las cueur eſioyr 
Tant que pat moy puiffies oyt 
Le grieftounent quamours menuope 


Ce neſt pas ce quaprine iauope 
dar point doufoir ne me foufope 
Dour vous / aincoys men eſioyr 
ap tel deſir cc. 


“fe pꝛye a dieu quil me pouruope 
Bi Bien quen efpoit me conuope 
Tant que touſiours puiſſe iouyr 
De vous / et fee douleurs fouyr 
Di que iamais ie ne fee Pope 
ap tet deſir ec. 


Autre rondel. 


Oute ioye meſlongnera 

Et deſplaiſir ſapꝛouchera 

Be moy qui me fera languit 

Quant pꝛiue ſeray de veir 
Voz peulx / qui me confoꝛtera 


GEnuers vous mon cueur demourra 
Ainſi eſtre me conuiendꝛa 

Sans cueur iuſques au reuenir 
Toute ioye ec. 


Vngehange amoureuy fer fera 

Si que tout le voſtre en fera 
Comme a vous le mien fans faillir 
Du ie mourray au pourſuiuit 
Belle ce qui men aduiendꝛa 

Toute ioye €c. 


Oncques talent ie neuʒ dautre ſeruir 
Me pſus nauray de certain le puis dire 
Puis quamoursgc. 


¶ Autre rondel. 


Dis quamoures ma pꝛins a deſplaiſir 
Et a Boul autre que moy eſtire 

Œfbatement / chanter / dancer et rire 
Tout mon viuant ie nauꝛay a plaiſir 





Quant me ſouuient de fon doulx maintenit 
Jay le cueur tel qua peu quil ne fend dire 
Se Bon efpoir ne fuſt de mon mal mire 

Je fuffe moꝛt: mais ie mourray martir 
Due quamours ec. 


¶ Autre tondel. 


SEllas mon cueur/hellas mot oeil 
Amours me fiſt par Sous choiſir 
Dame quime fera mourir 

Selle natens ia mais recueil 


Dar le moyen de Bel acueif 
PBautrup aymer a fon pfaifir 

Je dop ten pleurer ef gemir 
Quant pour fa iope nie Bient dueil 


Viengne auant fa moꝛt ie le Bueif 
Quant mon cueur plus ne veult oyr 
Neſes yeulv ſeulement ouurir 
Plus ne ſeray ce que ie ſueil 

Hellas mon cueur gc 


¶ Autre rondel. 


GEuuons faiſons bonne chiere 
Et ne ſoyons plus en ſouſſy 
Triſteſſe ſoit miſe en oubly 

Et enuie ſoit miſe en biere 









— — 


Boute ſoit en vne tanniere 
Quine fera ce que ie dy 
Beuuons ec, 


Seſpeſchons ce vin quif nempire 
Donneʒ nous en / verſeʒ pcp 

Et certes ie beuray cecp 

at ien pꝛiſe bien fa maniere 
Beuuons ec. 


¶ Autre tondef. 


As demoutrap ie ainſi touſiours 
Nauray te de ſeruir amouts 
Aucun confoꝛt 

Quel mal de plus foꝛt en plus foꝛt 
Et griefʒ doulours 






* 


Pour dieu que iaye aucun fecoure 
Du bꝛief la mort 


Ceufp par qui deuſſe eſtre reſſours 
Font les aueugles et les foutre 
St pitie doꝛt 


Et danger me court fur a toꝛt 
Lefefreboure 

Quant fangoiffe de mes doulours 
che point et moꝛt 

Las demourray cc. 


¶ Autre rondel 


Ven aa faire male bouche 
Mauuais bec et langue legiere 
Saucuns ſont iopeuy « font chiere 
Quãt ce neſt choſe qui leur touche 


Son rit / ſon chante / ſon fe couche 
Son va auant / ſon va a riere 
Quen a a faire male bouche 


It fauldꝛoit donc comme Bne ſouche 
Eſtre teclus er) fa tanniere 

Son eſbat par bonne maniere 

chais quil np ait mal ne repꝛouche 
Quen a faire ec. 


¶ Autre rondel 


Dut Bien de vous me peut venir 
Ë Œtdautre non aucuneinent 

Dour ce Sous fuppfp humblement 

Que ſoye er voſtre ſouuenir 


Quant a ma part ſuis et ſeray 
2 Sous feruir toute ma Bie 

St pour rienꝰ neBous laiſſeray 
A Sous aymer quop que ken die 


Je prie amours quentretenit 
Vueille nous deu fi doucement 
Que iamais fans departement 
Ainſi nous er puiffe aduenir 
Tout Bien gc. 


¶ Autre rondel 


ſvxxv viii 
Aplꝰ Belle eſlite de feme e de fleur 
—P En toute doulceur ce ft fa mar⸗ 


guetife 


Dour fa grant beaufteie fa vueil aymer 
Et fa fopaufte partoutrecfamer 


Telle fap eflite comme fa meiffeut 
Lamour de mon cueur/ou tant me delite 
La plus belle effite gc. 


¶ Autre rondel 


Aulte dargent dieu te mauldie 
Dour quoy me viens tu ſi ſouuent 
Vaten piſſer contre fe Bent 

Laiffe ma bourſe bien garnie 


Je noſe affer entre fa gené 
De tu nes en ma compaignie 
Faulte dargent çc. 


Jay fa chere toute faiflie 
Triſte ſuis / penſif et dolente 
Tu me deſtourbes Bien ſouunt 
Sauoir ce de quoy iay enuie 
Faulte dargent cc. 


¶ Autre tondel 


Dieu mon cueur ſerueʒ la Belle 
St ie men vois plain de ſouſſy 
Faire le me conuient ainſi 

— Paie pourtãt ne Sous pattes delle 


Apmes toufionre ce que ie celle 
Larifnpa tache ne ſy 
A dieu mon cueur cc. 


Faictes contme fa turterelle 
Laqueffe quant elle a choiſy 
Son per elle ne change auffi 
Ne ne querez dame nouuelle 
Adieu mon cueur cc. 


¶ Autre rondef 
S Le Boy Bien ſelon les vers 


| Quemes amours ne font pas nettes 
p titi 


Et fi cõgnois bien auv planettes 
Tous voʒ faufe foure qui font diuere 


Se Bone penſe ʒ quifs foient couuers 
Dar dieu point ne fauft de lunettes 


Je le voy bien c. 


De tout mon vbueil iay le reuers 
Et nay couleurs foꝛs de bꝛunettes 
Be Joue aymer ce font ſoꝛnettes 
ar fans auoir Les yeulx ouuers 
Je le Sop Bien fefon Les vers 


d'Autre rondel 


Ce coup neſt mon eur plus mien 
Ne ie ny vueil auoir plus rien 
dat fa Beffe Le ma tolu 

À Et auſſi ie fap Bien voulu 

dar ce qui luy pfaiftme plaiſt bien 


Amours par fon frefooufo maintien) 
La enuoye et ie fe tien 

Ja fon vueil nen foit deuolu 

2 ce coup €c. 


Tar ceff mon amout terrier) 
Mon tout fans ce que iape de bien 
Zout empraint de fin oꝛ moulu 
Qui peut auoir roty boulu 

faire du mien comme du fier) 

2 ce coup nef cc. 


¶ Autre rondef 


Sma ioye neſt plus nouuelle 
Se ne ſuis voſtre retenu 
Touſiours a vous me ſuis tenu 
En ſouſtenant voſtre querelle 


TCar quant pꝛemierement vous Sp 
A vous ſeruir ie maſſeruis 

Et fut par vous mon cueur rauy 
Dour fa beaulte quen vous ie Pie 


Dour dieu ne me fopez pas telle 
Que fope de vous defcongneu 
Lara famontie fuis Venu 


fueillet 


Se vous meſtes en riens cruelle 
Se Ma iope Œc: 


¶ Autre rondel 


G men vois et mon cueur demeure 

Auec maleur qui mecueurt ſeure 

Et neſt eſpoir qui me conforte 

ar ma douleur eſt ſi treffoꝛte 
Quil neſt plaiſir qui me ſequeure 


Ha foꝛtune ſi foꝛt me nuys 

Que iours etnupe 

Dar quoy mor mal touſiours empire 
Et tant quen danger ie ſuis 

De mourir / puis 

Que tu napaiſes mon martire 


TCar en langueur ſuis a toute heure 
Et ſans ceſſer gemis ef pleure 

Dour fee griefs maulx que tant ie poꝛte 
Dar quop fi fort me defconfoite 

Quul neſt doufeur qua moy naqueure 
Je men vois cc. 


¶ Autre rondel 


Gquieſcant las in pace 

Le monde ſen Sa en lempire 
Dfusifne va chanter ne rire 
£a mort a tout plaiſir caſſe 


4 


Ha bonnes gene fout efipaffe 
Seſoꝛmais noue pouone Gien dire 
Requiefcant fasinpace 


out noffre Gien eft amaſſe 

Que dieu vueille fa mort maufdire 
Gt np ſcauons rien contredire 
fois quant le coupe eſt treſpaſſe 
Nequieſcant cc. 


¶ Autre rondel 


Dieu mon amp touſdis en ſouſſy 
Icy demourrap et fe ceferap 
dCatie nap aqui 

Dire mon ennuy / na nul nay refuy 


Helas que ferap 
A dieu non amp cc. 


Dour dieu 1e Sous pꝛy / bꝛief reueneʒ cp 
ar iamais nautap 

Juſques vous Berrap Bon iour ne demy 
A dieu mon amp (cc. 


¶ Au tre rondel 


€ mourir vueil faire entrepꝛiſe 
Pour Dore de ce monde me fraire 
Car ce temps cp meſt fi contraire 
3 Que treffort ma Bie en defprife 


Auſſi ma dꝛoicte deftinee 

Gſt de tout temps viure en langueur 
Bien voy que ma bie eſt finee 

Dar ce quon me tient tel rigueur 


Saultruy Seuff que fon dueil tant pꝛiſe 
Que du mien fup Bueiffe compfaire 
ZBoubfer fup fauft tout fon affaire 
Dane quape contredit ne repꝛiſe 

Ze mourir vueil ec. 


¶ Autre rondel 


Ceſte derreniere venue 
Auons fait nou uelle aliance 
Mon ampet mop bien / ie penſe 
Que loyaulment fera tenue 


at vꝛaiement ie ſuis bien ſeure 
Que no; deuv cueurs ſentraimeront 
Puis quen mop Fe fien fait demeure 
Tous dung vouloir pareif feront 


a fopaufte fera congneue 
Dane p auoiriamaie muance 
De mon coffe pour nufde france 
Puis que ſuis fa chere tenue 

A cefte derreniere cc. 


¶ Autre rondef 
Ve gaigneres vous a ma moꝛt 
Difaduient que par vous ie meure 
quãt ie neuʒ oncq vouloir vne heure 
Damier que vous mon ſeul confort 


lvxviv 
Helas mamout napes enuie 
Be me faire finer mec iours 
Et me ſaulueʒ ma poutre Vie 
Qui Sous feruiraatoufiours 


Du autrement mon defconfort 
Moccira ie vous en affeure 

De voſtre pitie ne ſequ eure 
Mon cueur qui vous ayme ſi foꝛt 
Que gaignereʒ vous cc. 


¶ Autre rondel 


—— Dieu Bous dp fa lerme a loeil 
A dieu ma trefgente mignonne 
+ A dieu fur toutes fa pfus Bonne 
$ A dieu Vous dp quimeft grant dueil 


21 dieu a dieu mamour / mon vueil 
Mon poute cueur Sous faiffe et donne 
A dieu Joue dp gr. 


A dieu pat qui du mafracueif 
Mille fois plus que mof ne fonne 
21 dieu du monde £a perfonne 
Pont plus me Loue et plus me dueif 
Adieu vous dp ec. 

¶ Autre r ondel 


On cueur meſt icy venu dire 
Se ie men voie quil demourta 
Du autrement il ſe moutra 
De dueif/de deſconfoꝛt / et de ire 





Je ne vueil pas contredire 
Pource face ce quil pourra 
on cueur cc 


Se paour nap ie point quif ſadire 

Quen auſſi bon lieu fe prendra 

Qua toufiouts mais mieufo en vauldꝛa 
Jauroie fort de fer efcondire 

on cueut cc. 


¶ Autre rondef 


€ cueurtroubfe/fe ſens perds 
Me fui trouue fout eſperdu 
Queic ne (cap que ie faifoie 





23 


aie ſi mal a mot fait Sifope 
Quif ma efte Bien chier Sendu 


Dans coup ferir meſtoye rendu 
Comme ſimple malentendu 
ar ce quon vouloit ie difoie 
Le cueurtrouble cc. 


Mais depuis nie ſuis deffendu 
Etap clerement reſpoudu 
Que bien ie les aduertiſſoye 
Queſtre iamais ie ne penfope 
Dune au fiffe quon ma tendu 
Le cueur trouble çc. 


¶ Autre rondef 


Nla foꝛeſt de longue attente 

Ses bꝛigans de ſouſſy bien trente 

Helas ont pꝛins mon poure cueur 

Et dieu ſcet ce ceſt grant hoꝛrenr 
Be veoir comment on fe toꝛmente 


Pꝛiant voſtre aide ie lamente 

Dour ce que chaſcun deulvx fe vante 
Quifs fe menront a leur ſeigneut 
En fa foꝛeſt çc. 


Et pource a vous il ſe garmente 
Tar il voit Bien quifs ont entente 
Ze fup faire tant de rigueur 
Quil ne fera maf ne doufeur 
Denp pouruopesque ne fente 
En fa foreft ec. 


¶ Autte rondel 


Nla foꝛeſt de longue attente 
Demeure ſans maiſon ne tente 
Du ſoꝛt me tente 
Seſe ſpoir et melencolie 

Auec eulð deſconfoꝛt ſalie 


Qui fort me lie 

Di court que ie nap point deſtente 
€ fpoir Seuft que 1e me contente 
Et que point ie ne me confente 


TCar fon entente 


Ffueillet 


Si eſt que pitie me deſtie 

Mais chaſcun iour comme de rente 
on malacroift qui me toꝛmente 
DSDont ie lamente 


Diſant ha moꝛt ie te ſupplie 

Que ma fin fort bꝛief acomplie 
Ains que faiffie 

Dar fa douleur que fauft que fente 
Æn fa foreft cc. 


Autre rondef 
> Fute en deſplaiſit 
Fait toufiours Benit des maulx 
fargement 
SDot fe plus fouuét if cõuient mourir 





aire Bonne efere/en boune maniere 
Œt prendre plaiſir 

Barde fame entisre/et fe coꝛpo de biere 
Quif ne peut geſir 


Daiventrefenit/fop fier maintenir 
En fait fagement/de faire autrement 
En doit fouuenir 
Diure cc. 

¶ Autre rondef 


non ſeulement voſtre grace 
W En vous fcruant ne vueilquerit 
RNenulle choſe requer ir 
Parquoy voſtre Bon los ſefface 


Dour crainte que ie ne mefface 
Be Joue ne tiens riens acquerir 
Si non feufement gc. 


Ne cuideʒ pas que ie Fe face 

Affin de plus p conqueri? 

ar ſil vous en pfaiftenquerir 
Trouuereʒ qua riens ne pourchace 
ſi non ſeulement c. 


¶ Autre rondel 


Vi Veult de date a mop changer 
Sſt il nulle ame qui fen Sante 
A toue Benanc foffre prefente 

Je ne puis que perdre on gaigner 


Sans y penfer trop ne fonger 
ais que nuffup ne ſen repente 
Qui veult cc. 


Autrement ne puis effonger 

Le defpfaifir qui nie toꝛmente 
Sont pꝛiue fuie de mon entente 
Quime contraint dite au premier 
Qui Seuft ec. 


¶ Autre rondel 


& châge a So? feceft voſtre vouloir 
Et pour fa voſtre ie Bo?enquitte deu 
qͥſnont dône des pl’oefpfaifanedueifs 
Que ne fôt ceulx dGtie Bo? op douloir 


SEt pource fansrepentiret ſans veoir 
En eſperant deſtre fe plus eureux 
Je change a vous cc. 


TCar pis que iay / ie ne puis pas auoir 

Tant eſt dolent mon deſplaiſir crueuſx 
Pour abꝛeget / ie me tiens bien iopeux 

Quil vous apleu faire loffre aſſauoir 
Jechange cr. 


¶ Autre rondet 


SEme pars ſans mes maufo Bo? dite 
Je ne deſire 

Riens autre choſe que la moꝛt 
TCar pas dacoꝛd 

Ne ſuis de pfus vous en reſcrire 


Dour ce que crains plus quautre rien 
Mon parfait bien 

Quaucunement ne vous ennoye 
Se ce que voſtre ie me fier) 

Dont ie voy Bien 

Que iamais par vous nauray ioye 


Lheure que vous Bis dois mauldire 
Dour fe martire 

Que iay de Sous aymer trop fort 
Puis que confort : 

Je nay de Sous dont mourray dire 
Demepate çc. 


fovvo 

¶ Autre rondet 
D poure damoute/qui eff fi fort pris 
dame de Éauft pꝛis / enuoyeʒ fecoure 
Du fes iouré font cours fans auoir 
Au poutre damours ec. (mefpris 


Et fifna recours vers vous gente pourpꝛis 
Moꝛt a entrepris de veuenir fe cours 
Au poutre damours ec. 


¶ Autre rondel 

Dur acquerir honneur et pꝛis 

M ap entrepris 

p 2e Vous feruit ma gente dame 
SIENS Be core ef dame 

TCar ie nen puis eſtre repꝛis 





Lee biens qui font en Sous compris 
Mont ſi eſpꝛis 

Que voſtre par fout me reckame 
Dour acquerir c. 


Lardant deſir qui ma ſurpꝛis 

Ma en tout pꝛis 

Sedans Do; las dont mieulx Bone ayme 
Touſiours de blaſme 

Vous garderay et de meſpꝛis 

Dour acquerir cc. 


¶ Autre roude£ 
Anoſtre dame pꝛeſque me paſme 
Tant me dueil fort 
Pource que moꝛt pꝛ ins ma dame 


zef dueif menffameque a peu par mame 
Me Sous Sop mot 
Ha noſtre dame ec. 


TCar oncques ame ne vit tel femme 
Je men faiz foꝛt 

De deſconfoꝛt Le cueur mentame 
Ha noſtre dame ec. 


¶ Autre rondel 
Nattendant gariſon ou la moꝛt 


Du lit de pleurs ou ie gis pꝛeſq moꝛt 
Souleur me mort 


Et me toꝛmente deſmeſureement 
Et napnufien foꝛs regret feufement 
Qui pour moccire a me greuer ſamoꝛt 


Helas fa cauſe qui tant me fait doufoit 

Sſi raiſonnable/ car de mon franc vouloir 
our bien vouloit 

Foꝛt vous aymer iay tout habandonne 

Penſant par vous amender de valoir 

@aisifnen veult a voſtre cueur chaloir 

Qui trop valoir 

Pourroit au mien ſil lauoit oꝛdonne 


Voſtre plaiſir ſi en ſoit fait au fort 

Mais [cie meurs par faulte de confoꝛt 
Dn crira fort 

Que Joue aueʒ ſouffert piteuſement 
oarir ceflup qui touſiours loy aulment 
Et longuement 

De Joue ſeruir a fait tout fon effort 
Œnattendant ec. 


¶ Autre rondel 


F Vte bꝛuſſles a la chandelle 

Helas mon cueur ne Bois tu pas 
| Que danger eſt touſiours au pas 
CS) Qui fait a tous guerre morteffe 





Soyes feur qne fu fauras elfe 
Se tu np Bas Bien par compas 
Tu te bꝛuſſles ec. 


Sont ce chaſtaignes quon y pelle 
A ton aduis pour ton repas 
Nennil / retrais top tout le pas 
Ains quon te frape au culla pelle 
Zu te bꝛuſſes cc. 


¶ Autre rondef 


A moꝛt helas 
Veu que ie ſuis de viure las 
Que ne tens tu vers moy fes latʒ 
L Dour abꝛeger mon infoꝛtune 
Auffipoursmonficer a fortune 
Qui me fortune 
La puiſſance que fur elle as 


Faeillet 


Suis ton effort donc ef tauance 
ais pour dieu que ce foit auanfce 
Que moccie de mec deux mains 
Monſtre ton pouoit ef fcauance 
Puis que ie vueil faire lauance 
ar certes tu ne peus a mains 


Pꝛens tes efbas 

A faite ceſſer noʒ debas 

Auſſi bien ſont ce tes cabas 

Que de trouuer touſiours rancune 
Tu es ſeule celle et ehaſcune 
Dans autre aucune 

Par qui ceffe tout hault et bas 

Ha moꝛt helas er. 


€ Autrte tondel 


Eulv aucugfez pat force de deſn 
Sãs garifon voꝰ me faictes gefr 
au fit de pfeuxSpotnra tât — 
Boute mauez ou iopemeftraupe 
en lãguiſſãt ſãs auoir nuf plaiſu 


A voſtre qe fa me fiſtes choiſir 

Viure men fault en trop grant deſplaiſir 
Bien ie congnoie quil fault que ien deuie 
peufo aueuglez gc. 


Loing delle ſuis ef tant lay en deſit 
Du que ie ſoye que nay pas le —* 
Da part ne ſuis de mauldire na Pie 
GSt de mourir certes iap grant enuie 
Tant me diennent de maufy pat Sous faifie 


peufo aueugfez gc. 


¶ Autre rondel 


€ mon fait ie ne ſcay que dire 
2 Par tout ou ie Bois re ma dire 
Et des yeulx voy mots 4 du conte 
En danger ſuis quifneme coufte 
La vie tant ſuis remply deire 


Demon faitiene ſcay que dire 
Tar ma dame finetient compte 
De mon martire qnant luy compfe 
Paie me ditquetrop aiſe ſuis 


Œt hien ce royaulme na conte 
Qui ait de nuffe meilleur compte 
Que iap delle quant ie fa ſuis 


Auffentent de paour de meſdire 
Jamais ie ne loſe deſdire 

A fon ger parler ie leſcoute 

Puis empꝛes effeie macoute 
Sans luy vouloir riens contredire 
De mon fait cc. 


¶ Autre rondel. 


P Reſt mon cueur en abiſme de dueil 
IMoꝛt des pieca 

dE ous affeurant que quât if treſpaſſa 

Voſtre bon vueil 





Dour quoy laueʒ vous en effcct 
Souffert mourir fansnufmeffait 
Dictes fe mop 

Hellas eft ce bien a Sous fait 
Den que iamais nauoit forfait 
Jon fur ma fop 


Pour ce vous pp faictes ce que ie Bueif 

Tar la et ta 

Pour fes douleurs que voſtre oyeil me bꝛaſſa 
Sire me fauft tout dolent me laiſſa 

Aa larme a loeil 

Oꝛ eſt mon cueurçc. 


ŒAutrerondef, 


Velque choſe que ie Vous die 
Mon poure cueur eſt tant loyal 
Que de vous ne diroit point mal 
Dour doufeur ne pour mafadie 


Dautrement eft/dieu me maufdie 
Aincois Bouc foue en generaf 
Quelque cHofegc. 


Ne fenufeftquier mefdie 
Deuant moy en efpeciaf 
Voyre et feuftifdu ſang royal 
Teſt foꝛce que fe contredie 
AQuefque chofecc. 


¶ Autre ronde. 


SAN r mary ſemburelicoque 
1 À 1 Et dit pat fa fop queie troque 
1 ASBng ffagof fon virely 
DR € ftif pac fol/certes oup 
Combien queie op quif fe moque 


Duie que iap du tonneau fa bꝛoque 
On na garde dp mectre foque 
De ce neſt mon parfait amp 

Mon matpec. 


Jalouſie fanniquenoque 

Zant quil croit que face ma poque 
Emplir par autre que par fup 

Je fappaife Bien et he dp 

Denfe; vous que teffe Boip croque 
Mon marpgc. 


¶ Autre rondek. 









MEN Vant de vous feufie pers la Veue 
mt 112 ) De qui tant chere fuis tenue 

LAN onntatfors fi treſfoꝛt maſſault 
NQue pꝛeſque le cueur ne me faufé 
Tant ſuis de douleur eſpardue 







Pour eſtre voſtte deuenue 

Plus qua nuk qui ſoit ſoubz la nue 
Zoute ma ioye me deffault 
Quant de vous gc. 


Æont ie voy Bien que ien ſuis nue 
De tous Biens comme beſte mue 
Aqni de riens plus if ne chauft 
Tar ie fcap Bien queſtre ne fault 
Seule de tous biens deſpourueue 
Quant de vousge. 


¶ Autre rondel. 


> Qui dirap ie na douleur 
Quant a vous qui eſtes ma dame 
Je noſe dire fur nron ame 

€ La moitie des manfp de mon cueur 


Tar ie vous crains ef ayme fant 
Quib ne ſeroit er ma puiſſance 


qi 


fueffet 


Datioir en mop le harde ment 
Be vous compter ma dofeance 


Et ne fcay dont meBient fa peur 
Queiap finon quetrop Bouc ayme 
Veu que ie Bop que vous neame 
Nauez pitic de ma langueur 

Aqui dirapiegc. 


¶ Autrte rondel. 


Auy damoure/ defpourueu de bõ fée 
Que penfes fu quanta ce te conſens 
De retourner au perilleux paffage 
Du as eſte / par dieu tu nes pag faige 
De franchife en feruaige defcene 


Aduiſe toy / employe tes cinq fene 

A top regardeet ton cas guecte et ſens 
dar fes rencheuz ne font pag dauantaide 
Raup damouro(c. 


Se ne le fais / des fope lheure cinq cene 
Tu mauldiras / et de tous biens abſens 
Te trouueras / oꝛ metʒ en fon courage 
Te que tu dis / eſcheue ton dommage 
Ou autrement es de raiſon exemps 
Raup damourecc. 


¶ Autre rondel. 


R ſuis ie ou eſtre deſiroie 
Oꝛ ap ie ce quauoir vouloie 
Puis à deBouemänie ſuis 
Et qua ſouhait veoir Bo? 
puis 

Ceſt tout ce à ie demäbdope 





ar quant point ie ne vous verroye 
Aduis ne feroit que mourrope 


Tant fouffreroit mo cueur dennuys 
Oꝛ fuis ie oucc. 


Enpénfanten vous mendoꝛmoye 
Et en mon doꝛmant ie ſongoye 
Bien ſouuent / et toutes les nuys 
Ceſtoyent loꝛs tous mec deduis 
Que loing de vous ie fouBftenope 
Oꝛ fuis ie ougc. 


¶ Autre rondel. 


On ſeut et ſouuerain deſir 
AN on confoꝛt et mon vray efpoit. 
A He ne porterap pfue que noi 
Tant que ie Sous puiffereuepr 


Hetlas mon Bien tout mon pla iſit 
Ne me mecteʒ en nonchaloit 


Car ie vueil a vous oBeir 

Et ſi nay nuf autre vouloir 

Je ne puis riens ſans vous veoir 
Autre ne me peuft reſioyr 

Mon feuf cr. 


S 


Œ'Autreronder, 





Srtes ma doufce dame cheꝛe 
Se par vous ie ſuis abuſe 
Point ne ſuiꝰſeul / dõt cõfoꝛte 
Seray du tout a lie chere 


De tromper eſtes bonne archere 
Le nom en auezconquefte 
Certes ina doulce cc. 


voſtre ſtraict auft par fa verriere 
Be double ſemblant empenne 
Qui fiert a voſtre Soufente 

Ben donner nen eſtes pas chere 
Certes ma doufcegc. 


¶ Autre rondet. 


Ire / vous Sous rompes la teſte 
K Et iouez Bien a faBufe. 

Se cupdet Bien eſtre affeure 

Que de vous apmer fope prefte 


Je me tiendrope bien pour efte 
Dauoitr fe cueur fiaffofe 
Sire vous cc. 


Faictes autre part voſtre feſte 
Œecp Sous eſt mal appꝛeſte 
TCar de moy ne ſereʒ ayme 
Penſez ailkeurs faire conqueſte 
Sire vous vousgc. 


¶ Autre ronde. 


A treſamoureuſe eſperance 
De bꝛief reuoir mon bel amy 
Tient mon cueur loingtain de 
fouffp 





La doulce ef iopeufe afiance 
Eſt faicte de moy et de fup 


Ceſt mon confoꝛt/ceſt ma fiance 
Jamais ie naymerayque luy 
ar plus quautre le ſens garny 
De beaulte / de ſens / deſcheuance 
Latreſamoureuſegc. 
Aufrerondef. 


SOſtre treſdoulo regard pfaifant 
Bonne et belle queiapme tant 
Plus que nuffe autre en bonne foy 
Zreſperſa toutfe cueur de moy 
En oubliant le demourant 





Non pas ſans plus pour vng tenant 
Mais tone fes toute de mon Dinant 
Dour lobeiſſance que dop 

Voſtre treſdoulv cc. 


Je nay riens au monde vaillant 
Que tout ne ſoit en Do comunant 
If p a bien raifon pour quop 
Tar vous Sale; vng fil de rop 
Et deuft if mourir en feruant 
voſtre treſdoulxgc. 


¶ Autre rondef. 


Vis quainſi eſt que choiſy ap 

A 2 mon pouoir et fans delay 

J Dame de fi grant evceffence 

DSe tout mon cueur cé ma puiſſance 
Treſhumblement la ſeruiray 





Gt fon vouloir acomplira 
Joyeuſement et luy feray 
Tomme amant vꝛape obeiſſance 
Puis quainſi cc. 


Et pꝛochain de toute plaiſance 


xcii 
Tertes iamais ne ceſſeray 
Se fa ſeruir tant que Siurap 
Su quelle ſoit / ceſt leſperance 
Tar en elle eſt toute plaiſance 
Et tout honneur / bien ie fe ſcay 
Puis quainfrefiec. 


¶ Autre rondet 


Amais non cueur ioye naura 
Je deſplaiſir se le lairra 
Dour quefque choſe à ie voye 
La ſubſtance de ma ioye 
Juſques a tãt quil vous verra 


Æ 


En foufpito/en farmes fera 
Ardant deſir fe contraindre 
Ze dire ie ne fe ponrrope 
Jamais mon cueur çc. 


Souuent Lete ſu eillera 

Nuit et iour/ et traueiklera 
Æantque Sous ſi loing que ie ſoye 
De confort de moy pific na 
Jamais mor cueurec. 


¶ Autre ronde. 





D foingou pꝛes quſque part à ie fope 
Je pour choſe à de mes peufv ie Bope 
@on cueur touſiours a de Bo? ſouuenance 
Et fi nef riens ou ifpraigne pfaifance 
Dinon a Joue ma trefparfaicte iope 


Le mien deſir eſt touſiours en la voye 
Pour vous veoirg maintes foys larmoye 
Dar faufo danger dont ifa deſplaiſance 
Du loing ou pres ar. 


ais voſtre grace qui touſiourſ me poutuope 
Ne faiffera quefque part quete fope 

Que no; deu» cueure naient telle acointance 
Que de tone maufv if; auront afegence 

Et plus de Biens que dire ne poutrope 

Du loingoupresec. 


¶ Autre rondel. 
q ii 


fueiftef 


> Dieu iuſques ie vous reuoye 
A dieu tonte fleuue de iope 
don confort mon efpoir iopeux 
= Le partir mef tant douloureux 
Que ie ne fcap que faire dope 


fire ioyeux ie ne pourrope 
Quãt ie effoigne cequeiamope 
Mon Bien et mon eut gracieux 
A dieu iuſques c. 


A dieu vous dy dont trop mennoye 
21 dieule plus quamours mennoye 
elfe que touſiours ſeruir Beufo 
Autant de biens vous enuoye dieux 
Que pour moymeſmes ie vouldꝛope 
A dieu iuſques cc. 


¶ Autre rondel. 


Amais tant que ie vous reuoye 
Ma treſbelle dame de ioye 
€ Au cueur naurap eſbatenent 
Et finap pouoir nuffement 
LAN 


De meſioyr comme foufope 


Hellas fe plaiſir que iauoye 
Sen eſt fouy / dont ie doloye 
Quifne ſe peuſt faire autrement 
Jamais tant cc. 


Tar il neſt riens qui me reſioye 
Sinon le ſpoir que se Bous voye 
Amon plaiſir / et bien bꝛiefment 
Affin que vous chacheʒ comment 
Eſtre ioyeux ie ne pourroye 
Jamais tantcc. 


¶ Autre tondel. 


A peu dheure ſont mis au bas 
Tous mes plaiſirs ef mes eſbas 
Je ne ſcay plus que ceſt que daiſe 
WRiens nay que courrouv ef meſaiſe 
Gn tous les lieux ou ie meſbᷣas 


Viute ie ſouloye en ſoulas 
Bentemient paſſer ma ieuneſſe 
En peu dheure cc. 


Mais maintenant ne le puis pas 
Zrop loing ie ſuis dont me combas 
A qui dirap ie ma deſtreſſe 
Lopaufe amans qui fcauez queftce 
Confort menuopes fur ce pas 

En peu dheuregc. 


¶ Autre rondel. 


Ans ce que iaye en riens meffait 
Enuers vousne voudꝛoye meffaire 
NN Sif fauft que ie foie arefaire 
Trop piteux deuenra mon fait 


Zel que ie ſuis Bou mauez fait 
Pouoir auezʒ de me refaire 
Dane ce que iayecc. 


Des doufoureuc fe pfue parfait 
@on bien vous maueʒ voulu faire 
ais ie vous pꝛye quen Bien patfaire 
che vueilleʒ aine que fope deffait 
Sans cequeiape Ec. 


ŒAutrerondef. 


Emblant iopeuv pfain de triſtour 
Seuffte le mal que mon cueur cele 
R&Seulement pour la mour de celle 
Aqui ie penſe nuptetiour 


Riant dec yeulo tout plain depfour 
Faignant Soufente eſtre telle 
Semblant cc. 


Hellas fault il ceſte doulour 
Touſiours poꝛter ſi treſcruelle 

éCe me ſeroit guerre moꝛtelle 

dar touſiours viuroye en fangour 
Dembfantiopeuver. 


¶ Autre rondef. 


Lus ne ſeray de vert veſtu 

Le noir ſert mieulx a ma liuree 
ar iap mafpeffe finee 

De dueil ſuis mat et abat 


\ 


Puis que danger a ef Sertu 





Quiftient ma maiſtreſſe enfermee 
Plus ne ferap c. 


De tout plaifir fuis deſueſtu 
efperance fer eff afce 

Autre que mop fa conqueftee 
Je nen dp mot:mais au ſurplus 
Plus ne ſeraycc. 


¶ Autre rondel. 


S nay deſir de viure en ioye 
Dour ce quif fauft las à ie ſoye 
L£eplustrifiequonpuiffeBeorr 
Et ſi ne puis apparceuoir 

Ma maiſtreſſe que tãt iamoye 


Jay de douleur ſi grant montioye 
Quil neſt nulle rien qui meſioye 
Puis que confort ne puis auoit 
Je nay defirer. 


Quant tous mes maulv compter vouldꝛoye 
Sur ma fop pouoir ie nauroye 
TCar iayme tant que conceuoir 
Je ne fcap/ne ne puis ſcauoir 
£a caufe pourquoy dire dope 
Je nap deſir cc. Ë 
¶ Autre rondel. 


Omme femme deſconfoꝛtee 

Etplusquenuffe autre eſgaree 

Je nap iour de ma Bie efpoir 

Seſtre a nuffe heure confofee 
hais en mon malplus aggrauce | 
Zeſire la mort main et foir 


Je ap maintes fops regrefee 
Puis queffe ma ma iope oſtee 
SDois ie donc ainſi demourer 
Comme femme c. 


Bien dois mauldire la iournee 
Qua ma mere fiſt la poꝛtee 
Pour tant de douleur receuoir 
Tar toute douleur raſſemblee 
Eſt en moy femme malheuree 
Dont iap bien cauſe de doulou 
Comme femmegc. 


Ceecili 
¶ Autre rondet. 


SEmalheureux habandonne 
Cruellement reguerdonne 
Le plus dolent à ſoit en france 
| Par haine mafe cõgnoiſſance 
dr ÿh Detrounetrefnafordonne 


a eſtrene 

ung fier vouloir deſoꝛdonne 
En luy na nulle contenance 
Le mafbeuteupec, 





TE eft bien de male heure ne 
Roty / fricaſſe et bꝛuſte 

Da Sie eſt du tout en balance 
Et iour et nuyt en defpfaifance 
Quant ainſi ſe voit condamne 
Le mafbeureup gc. 


¶ Autte rondel. 


Ne treſgeute damoiſelle 

Qui eſt de france la plus belle 

A mis mon cueur hoꝛs de font dueit 

Sont ſuis plus ioyeux que ſueil 
Pour les grans biens qui ſont en elle 


dat vrayement ceſt grant plaiſir 
Se veoir ſon ioyeux maintenir 
Son gent coꝛps et ſa belle face 
Pourtant ie fup vueil obeir 
Honnoꝛer / doub ter ef ſeruir 

ar vꝛaye amour veult quainſi face 


Si la vueil aymer comme celle 

A qui ie ſuis / pomt ne fe celle 

Par vng bel et doulx regard doeil 
Ne iamais autre ie ne vueil 
Quant ſon loyal amy mappelle 
Vne treſgente damoiſelle 


¶ Autre ronde, 





Due ſoyeʒ fe bien retourne 

mõ doulvx amy ma ſeule ioye 

Je pꝛye a dieu ql voꝰenuoye 
Zes Biens q̃ voꝰ ay ſouhaitie 






8 


q ii 
24 


De Soucapmetentafente 
Zuis plus quoncquee mais ne foufope 
Vous ſopezec. 


Amoure Bou doint par fabonte 
Dfaifir foufastef que Bouforope 
Et de fontrefoz grant montiope 
Si viureʒ en topeufete 

Vous fopezec. 


¶ Autre rondel. 


Ra Due fopes fa trefBien venue 
Œtatree grantiope receue 
Ma tresredoubtee princeffe 
YEN) Noftre confort et vꝛaye adꝛeſſe 
A quitoute honneur eſt Bien deue 





Long temps vous auons actendue 
Sn deſirant la reuenue 

Dame en qui eſt mainte nobleſſe 
Vous fopesec. 


De treſbon cueut on vous ſalue 
Tar vous auez eſte eſteue 
za toutes noſtre maiftreffe 
Bi Sous iurons fop ef pꝛomeſſe 
éCrpans humble ment pat fa rue 
Vous fopes c. 


¶ Autre rondel. 


A douleur que ie recoy 
Et la griefue maladie 
Ont nia penſee rauie 
Pour me mener a leur loy 





Ceſt vne abiſme dennoy 
Qui paſſe melencolie 
La doufeurec. 


ais encore pat ma fop 
Tout ce mal ne me nuyſt mye 
Si foꝛt que fait en partie 

Ce quautrement ne vous voy 
£a douleurge. 


¶ Autre rondet. 






Jenveneʒ ma treſredoubtee 

| Ps Bien veneʒ Ma dame honnoꝛee 

Bien venieʒ ma doufce eſperance 
La plus gracieufe defrance 


Voue fopez fa Bien retournee 


N 





— 


Gn ceſte amoureuſe contree 
Aues eſte plus deſiree 

Que vꝛay eſpoir na de puiſſance 
Bien veneʒcc. 


cha ioye en ſera recouuree 

Quon mauoit loing de vous oſtee 
Ama treſdure deſplaiſance 

Et ferons nouuelle aliance 

Qui ſera de longue duree 

Bien veneʒec. 


¶ Autre rondel. 


Nfrequentant fes baſſee marches 
SEt les maretz ou bas pape 
Nagueres dont fuisefbañpe | 
Trouuay ſentiers pfains de creuaces 

Puis apꝛes par deſſus grans arches 

En vng effroy rauy me vis 

En frequentantec. 


L£ote penſant que pour aymet garces 
En lieu ob ſcur meſtoye mie 

Je dis vne autre foys / amys 

Pꝛens top garde comment tu marches 
Gnfrequentantec. 


Œ'Autrerondef. 


Sntil archerquime guerroyes 
Beton fort traict / tu ae grant toꝛt 
Dar top meconuient ſouffrit moꝛt 
De de ta pitie ny pouruoyes 


Je ne ſuis nen ſentiers nen voies 
Quene me faciez grief effort 
Bentifarchergc. 


Aduis meftque moult iopeuy fopes 
Quant tu me peus berſer bien foꝛt 
Je te requiers fopes dacord 


De me garir mes Piles plaice 
Bentil archer gc 

¶ Autre rondel 
Z Dieu foufe ioyeuſete 
Adieu adieu lieſſe et ioye 
Nulle rien neſt qui me reſioye 
ni Puis que ieſtongne So beaufte 
Triſte / penſif / deſconfoꝛte 
Me treuue queſque part que ſoye 
A dieu toute gc. 


Mais non pourtant en loyaulte 
Quefque choſe quaduenir dope 
Vous ſeruiray ou que ie ſoye 
Sans penſer nulle faulſete 

A dieu toute gc. 


¶ Autre tondel 


€ foꝛtune pourquoy fi foꝛtunee 

Duicieparfop/as fu ma moꝛt iuree 

Qui mas oſte le pfaifir de mes yeulv 
Mon cueur en a pour iamais ſe maiſt dieux 
Zueil angoiſſeux / rage defmefuree 


Helas ceſt ce que plus iamoie 
Et que tenoie 

Mon eſpoir / mon vueil / mon amy 
Je te pꝛy que ie le reuoye 

Et que moctroye 

Que ie puiſſe parler a luy 


Du fe cenon/face deſcoulouree 

Auray touſiouro / et pꝛendꝛay pout fiutee 
Sꝛap ſãs couleur/puis apres pour fe mieulv 
Sur ma manche feront eſcriptʒ mots tieulx 
Lãgueur ſans fin et vie maleuree 

He fortune cc. 


¶ Autre rondel 

Refooufo roſſignol gracieux 
Meſſager de bonne nouuelle 
a leeſſe ſe renouuelle 





Souyr fon chant melodieux 
Tu confoꝛtes les enuieux 
Et pour ceſte cauſe on tapelle 


Treſdoulv ec. 


vciiii 
En opant fes difs a moureux 
Meſt Senu Bngpenfer de ceffe 
Quil na au monde telle queffe 
ont tout ce mope fera ioyeux 
Ærefooufp roffigiiof cc. 


¶ Autre rondetl 


En efperant que delle me fuſt mieulv 
Tout mor Dinant pour ſeruir faieuneffe 
Duie que ie Jie cc. 


Vis que ie vis le regard gracieux 

ef la beaulte de ma dame Emaiſtreſſe 
Reſiouy ſuis et reſſours de fieffe 
Reconfoꝛte de toutle mal que ieux 





7 


Tenir ie vueille ſentier amoureux 

Et le chemin que fine amour madꝛeſſe 
Par quoy compter a ma belle pꝛinceſſe 
Duiffe bꝛiefment les biens que iay receux 
Puis que ie Bie ec. 


¶ Autre rondel 


Dh cueur a vne fleur choiſy 

A laquelle ceſt adonne 

| Riche et plaine de grant beaulte 
Bracieuſe plus quoncques Bp 






Vꝛayement tout temps ie (ap ſerui 
Aelle ſuis pour ſa bonte 
Mon cueur ec. 


Raiſon veult que le face ainſi 
Pour acomplir ſa voulente 
Touſiours vueilbien faire ſon gre 
Gn tout honneur com vꝛay amp 
on cueur cc. 


¶ Autre tondef 


& porfe top dame fortune 

at par ton hoꝛrible rancune 

Suis fidurement corrige 

Que tout mon plaifir eſt charge 
€n dure doufeurimportune 


Dlus fortune na ſoubʒ fa fune 
q iiii 


Quant se centioiee nay pas vne 
Tant ſuis de deſtreſſe charge 
Depoite top CL. 


zu mas chaſſe iuſqua fa dune 
De tout foufas/ceft Boiv commune 
der de dueif qui £a eſtplunge 


De touteiope efteffongne 
Siterequiere pour lamour dune 
Depoꝛte top ECe 


¶ Autre rondel 


ae, Dis que delle nouuelles ay 

À A mon gre ainſi que deſire 

Doisſ ie chanter / dancer / et tite 
Eener bon temps ſans nul eſmay 






Eſtre amoureuv/iofis ef gap 
Ffuyr dueil / triſteſſe et martire 
Puis que dellecc. 


Et ce plus qun autre le ſcay 
Jay cauſe trop bien le puis dire 
Zans quenufp puiſt contredire 
Doit au moys daurifou de Map 
Due que deffe ge. 


¶ Autre rondef 


Attens le confort de fa belle 
Jattens Brief fe retour de ceffe 
Qui pꝛomiſt a for reuenit 
Montioye fecoure fans faillit 
A ce printemps qui renouuelle 


Ocqueẽs ne fufne fera teffe 
Mon cueur de fieffe er) faufefte 
Quant ie penfe a fa reueoir 
Jattens le conforter. 


En ſouſpiraut touſiours lappelle 
Attendant quelle me rapelle 

De fa grace / car iay deſir 

Qui ma fait a ſon Bon plaiſir 

Bu tout en font fermer en elle 
Jattens le confort ec. 


Fueillet 


¶ Autre rondetl 


vi plus veult a vous obeit 
Que celluy qui tout ſon deſir 
Da voulente et fapuiffance 
Deuft emploier ſans variance 
ommandez fug voſtre plaiſit 


Point ne vouldꝛa contre Benit 
Mais pꝛeſt a voſtre obeiſſance 
Qui plus Jeuft ge. 


Autre que Sous ne quiers choiſir 

A touſiourſmais fans departit 
Vous tient pour fa vꝛaye eſperance 
Aieʒ fon feruice a plaiſance 

En Vous remect Le defferuir 

Qui plus Beuft cc. 


¶ Autre rondef 


enti galãs foie toufioute iopeux 
tie Sous en pꝛie treſſumblement 
Et fi ſeruons kes dames fopaufmét 
ſãs repofer le vꝛay cueur amoůreux 


Se nous ſouffrons aucun mal douloureux 
Pour noʒ amours poꝛtons paciemment 
Bentilʒ galans ec. 


Sil eſt ainfi quon noue foifrigoreut 

TCe non ob ſtant pourfupuone hardiment 
Et ſi penſons en no; cueurs Bien ſouuent 
Que le retour neſt pas trop dangerenx 
GBentiſʒ galans çc. 


¶ Autre rondetl 


Hope puiffies Bone auoir 
Boniour/68 an/g Bonne eſtrainne 
Dame graceufe et benigne 

Dous dõue mon cueur fans rauoit 


Qiope vueilleʒ receuoit 
Ce cueur qui de dire ne fine 
A ioye puiſſieʒ ec 


Pour toute ioye ramenteuoir 
Dame de fout bien enterine 


De tous poins a Bougie mencline 
Pource vous diray main et ſoir 
Aioye puiſſieʒec. 


¶ Autre rondel 


Vis quainſi eſt que ne puis patuenit 
Auv haultains biens de mon doulx 
ſouuenir 
Finer me fauft mes ĩiours pꝛouchainement 
En pleure et plaine fans aucun penſement 
Sauoir iamaie ne iope ne plaiſit 





Jeneſt choſe quime puiſt reſiouir 
Secours me fuit / danger me fait bannir 
Dar deſeſpoir de tout eſſatement 


Pu is quainſi eſt ec. 


Noir poꝛteray garny de deſplaiſir 

Et par refus qui veult ainſi tenir 

on poure cueur en angoiſſeux toꝛment 
Las que feray / ie ne ſcay bonnement 
Certes ie crop que ie mourray martit 


Puis quainſi eft ec. 
¶ Autre rondel 


Gſte venue ſoit telle 

Et laſſemblee ſi bonne 

Que iamais ne ſoit perſonne 
Qui face quetre moꝛtelle 


£a paiy foit vniuerſelle 
Dieu de grace fa nous donne 
Ceſte Senue cr. 


Dans plus tenir de quereffe 
Que lung a fautre pardonne 
Ainſi que taifon fordonne 
Et vꝛaye amour naturelle 
Ceſte venue gr. 


¶ Autre rondel 


€ demande Sos beaulv peufo voir 
Datreffouueraine maiftreffe 

ar ceft fefpoir de ma lieſſe 

Et dõt mon ment peult mieulx auoir 





vcv 
Dautre choſe ie nay vouloir 
Pour faire finer ma triſteſſe 
Je demande cc. 


Loꝛs pourray ioye receuoir 
Reſiſter au mal qui me 

Se de par vous ffeur de nobleſſe 
Do regad fur mop veult mouuour 
Je demandegc. 


¶ Autre rondel 


Slanguis en telle deſtreſſe 
Apꝛes vous ma belle maiſtreſſe 
Quant eſt acela vꝛaiement 
* ne puis pſus nuffement 
En leſtat ou mor cueur me laiſſe 


Treſſeal cueur fleur de nobleſſe 
elas ie pers toute lieſſe 

En moy na point defbatement 

Je languis cc. 


Sentir me fait voſtre ieuneſſe 
Souuenteffoiz au cueur angoiſſe 
Viure ne puis iopeuſement 
Loyaulte me fait ce toꝛment 
Impoſſible eftque mon cueut ceffe 
Je languis c. 


¶ Autre rondel 


On doufv eſpoir ie Sous ſupply 
Ne me laiſſeʒ ſans reconfoꝛt 
TCar mieulvx aymeroie eſtre mort 
Que demourer en ce point cy 


Tar ie ſuis en ſi dur party 
Que ie ne puis trouuer confort 
on doufp efpoit cc. 


Je nay ne bon ioutne demy 
ar deſir — ſi foꝛt 

Que ie ſuis en ſi mauluais port 
Dour dieu gettez moy hoꝛs dennuy 


Mon doulvx eſpoir ec. 
¶ Autre rondel 


fueillet 


Aictesmop ſcauoir de fa belle 
Tout ce qui fen pourra efcrire 
ourafeger mon griefmartire 
A Que tendue pour famour deffe 


Ardamment mon cueur fi fretelle 
Souuent pfus que ienofe dire 
Faictes mop ec. 


Et quil foit vꝛay par mont cruelle 
Me fautt finer fans autre effire 
Sifneft quelle me foit vꝛay mire 
Dour quop ie dp ma tente teffe 
Faictes mop ſcauoir gr. 


¶ Autre rondel 


anguir me fault en griefs douleurs 
Moy qui nay que plaintesg plours 
Et que toꝛment 

BDꝛ ſen Vania vie en decours 
Œtfinattens iamais ſecours 
Nalegement 





—2 


ff nie conuient auoir mes tours 
Et ſouſpirer en telʒ attours 
Piteuſement 

Langiur me fault cc. 


Entens a moy vꝛay dieu damours 
Gt faiz que fa mort ait fon cours 
Haſtiuement 

Tar iay mal emploie mes ioure 
Je meurs en aymant par amours 
TCertainement 

Langurr me fault cc. 


¶ Autre rondel 


Cheual tout homme / a cheual 
Bentiſʒ compaignons mettez ſellee 
Laiſſez dames et damoyſelles 
Dernes le roy du cueur loyal 


Done qui eſtes du ſang royal 
Et qui deſcendez des eſcheles 
Acheual tout Somme cc. 


Dour le roy ſuis cp en ce Bal 


Acompaigne de gens treſbellee 
Iſ punira tous fee rebelles 
Den treuue nul deſteal 

A cheual tout hommegc. 


¶ Autre rondel 


Le Dieu ma treſbelle maiſtreſſe 
A dieu celle que iayme tant 
A dieu Bouc dp tout mon viuant 
A dieu leſpoir de ma fieffe 


Je ne puis parler detrificffe 
Tant meſt fe partir de ſplaiſant 
A dieu c. 


ar pleurs et lermes a deſtreſſe 
Seront en moy doꝛeſenauant 
Quant ne verray fe doulx ſemblant 
Be vo belle plaiſant ieuneſſe 

A dieu cc 


¶ Autre rondet 


KO Œff aſſez pour mourir de dueif 
È Qui ſõmes vng cueur et vng Bueif 
cha dame et moy 
Quant nulle foꝛʒ ie ne la voy 
Que danger np ait touſiours loeil 


Jamais if neffongne fe fisei 
Zu lieu ou eft fon bel acueil 
Dieux quef eſmoy 

Ceſt aſſezec. 


Sif ſcauoit bien que ie luy vueil 
Dane faire nul autre recuen 

Foꝛs que de ſoy 

Sary ferope en Bonne fop 

Bec maufy que iay plus que ne Jueif 
Ceſt aſſeʒ ec. 


¶ Autre condef 


€ vous à li ma maifireffe 
Depluea Sousnofepatfet 
at ce me fait fe faufo danger 
Quinuptetiour vers mop fadzeffe 


- 


St pourtant fe iay grant deftreffe 
Sine vous vueit ie pas laiſſer 
Se Sous defpfaifegc. 


Vous fcaues Bien que grant fouffreffe 
De font ces iafouv fans ceffec 
Douttantme Bueïffe;pardonnet 

De vers vous ne vueil prendre adzeffe 


Ne Sous deſplaiſe ec. 
¶ Autre rondel 


As iayme mieufo mes iours bꝛief⸗ 
ment finer 

PT 4 viure enpleurꝰtoꝰleꝰ iouꝛꝰde ma die 
Je nay cauſe de faire chere lie 

Si me conuient en tel eſtat mourir 


Jendure plus quoncques ne fiſt martir 
Mon poure cueur meurt de melancolie 
Las iayme mieulv @c. 


Je pers confoꝛt et tout mon vꝛay deſir 
Et de moy eſt toute iope abolie 
Seſtre ioy eux ie nauray plus denuie 
Je nay eſpoir dauoir iamais plaiſir 


Las iapme cc. 
¶ Autre rondel 






CMours ef danger font daccord 
L Be me faire toufioure languir 

F Car pour tree fopaufiment ſeruir 
le Sopquif ont iugemamort 





—— 


Je ſeruiray fans nufreffort 
Amours quop quen dope auenir 
Amoute cc. 


Et puie quant ce viendꝛa au fort 
Sil me conuient pat eufo mourie 
En gre fe me faufdra cueiffic 
Combien que ce fera a tort 
Amours ét danger cc. 


¶ Autre rondef 
Au compaignons reſueillons nous 


Et ne ſoyons plus eñ ſouſſy 
Zantoft viendꝛa fe temps ioly 


vc vi 
Que nous aurons du bien treſtous 


Laiſſons dire ces faulv ialoux 
Le quitʒ vouldꝛont ie vous er pꝛy 
Hau compaignons gr. 


Tant queſt a moy ie boy aBoue 
Huchonse ernoul / trubert / henry 
Tehan / francoys / hugues / et thierꝛy 


Et godeffroy dira a tous 
fau compaignone gr. 
¶ Autre rondel 
Rãc coꝛps gẽtiltrop meſt dur amer 
A endurer de Joue fe departit 
Pleurer gemir me fault plaindre ef 
Franc coꝛps gentif ec. (clamer 


SDurer ne puis ne fi grant malpoꝛter 
Que de laiſſer Boftre gent coꝛps finer 
Franc coꝛps gentiftrop meſt dur et amer 
A endurer de Bouc fe departir 


Doies faitie et meneʒ ioye 

Amy / car amours me conuope 

Et alegeʒ voſtre doulout 

Dfaifir veult quamour Joue octroye 
Œueur/et corpe/et Biens a montiope 
Den faiffer conuenir amour 

Soieʒ faictie et menes iope 


¶ Autre ronde 


Raceattédät oula mort pour koꝰme? 
Jay trop eſte deſperance abuſe 

Labour en Bain ou iay mon tẽps vſe 
Eheure mauldis à tãt amay iamais 


En grant peril eſt Sng poure amoureux 
Sil ſe ſubmet au danger de tel dame 
Mourir pourroit chetif et langoureux 
Vingt fois ef plus fanéque pitie lentame 


Riens ny Sauft ſens ne ſeruit dentremes 
Eſtre fubtifne faire le ruſe 

Viengne qui peut ie viuray deſoꝛmais 
Sn nonchaloit / car gp ap trop mufe 
Baace attendantec. 


Âueiftet 


¶ Autre rondef 


ais a veue dueil ce pꝛocede denuie 
De iay deuement fa grace deſſeruie 
Sera pourtant ma franchiſe aſſeruie 
A faire tout ce que ſon cueur deſite 
Vueille ou non vueillecce. 


Veille ou ne vueille celle q̃ iay ſeruie 
Vne ien fers en fout bien aſſouuie 
Et ſeruiray cõbien àffe ait deu dire 
Que iap laiſſe fe meilleur pour fe pire 






Ætnennifnon cefle facon define 
Que pour feruir franchife foifraute 
arf conuient que toute choſe eppire 
Gtprengne fin pourtant ſil ne men pire 
le ferurap fantre toute ma Bie 
HZBueille ou ne Bucifle 


¶ Autte rondel 


S ie garde bien voſtre honneur 

Sans penſer aucun deſhonneur 

apnieres Sous Bien ma partie 

Sꝛ me dictes ie vous en pꝛie 
Tout le penſer de voſtre cueur 


Se de ce vous me faictes ſeur 
Plus vous aymeray que ma ſeur 
Sans iamais faire departie 

Se ie garde GC 


Penſez / iamais naurez douleur 
Mouse ferez hoꝛs de fout maleur 
Quantie Joue fenrap pour ampe 
Puis que du touf vous ap choiſie 
ous Siures en toute doulceur 
De ic garde GC. 


¶ Autre rondel 


€ qnon fait a catimini 
Zouchantmuftipficamint 
ais ࣠fort Bien fait en pꝛiue 
Sera tenupourevcufe 

In confpectu aftiffimi 

dequonfait gc. 


Et fe vous ingroſſamini 
Soit in nomine domini 
Vous aures a prouffit ouute 
St Sous fera fout pardonne 
Has que vous confitemini 
de quon fait gc. 


¶ Autre rondef 


e chois damourꝰ des belle lexẽplaite 

£e mircoir dec Belles et feffite 

Gſt celle en qui mon cueur fr fe defite 
Juſquau mourrir de fuy feruircpfaire 


Humilite en elfe faut Habite | 
Qua Bng chaſcunen honneur veult cõplaire 
Le chois damours çr. 


Toutes fes ars appliqua a fa faire 
En tous fee fais nature qui fa duite 
t auec ce pour eſtre mieufp inſtruite 
Toutes vertus inuocqua au parfaire 
Le chois ge. 


¶ Autre rondel 


Ayſſons paſſer amout moꝛtelle 
Moꝛt telle endure qui trop dure 
Trop griefue paine et mal endure 
Endure douleur qui moꝛt elle 


Telle neſchapon par cautelle 
Cotelle naurons que doꝛdute 


Laiſſons paffergc. 


Soꝛ dure peu noſtre tutelle 
Zu / telle congnois t a laidure 

Lait dure en paine et griefue ardure 
Art dure trop qui Bien tutelle 
Laiſſons paffer @c. 


¶ Autre rondet 


@oureup oeil /plaiſant archer 
De toy me dueil 
Amoureup oeif ce, 


arfonacueifme Sene trop cher 
Amouteup oeif cc. 


¶ Autre rondel 


Ve veult on plꝰ q̃ daymet lexẽplaite 
Dec bõnes / g des plus belles leſlite 
Le chois damo*s des gẽtesla plꝰlite 
Et dec hübles fa doulce debônaire 


En fon parfer fi fort on fe deflite 
Quon eff raup/et ne fcet on que faire 
Que Veuft on gr. 


Quant nature ſi la voulut pourfraire 
Ze tous fes fens fifa fort introduicte 
St oultre pouren amour eſtre inſtruicte 
Zoutes vertus appella an parfaire 
Que veult on cc. 

¶ Autre rondel. 


€ mendiant tranſi me clame 

Qui ſuis rauy / et fine ſcay q̃ iayme 

De pꝛime face 

Car oncâe neus tiẽs ppre ie facÿe 
aie du commu ie me Bie fur mon a me 


Aepenfez pas que iape propre dame 
Quime chantaft/ou qui mapꝛint fa game 
En nuffe place 

Lemendiant gc. 


Ceſt a grant éort fon men blaſme ou diffame 
Veu que loꝛdꝛe qui neſt vile ne infame 

Veult quainſi face 

Si obeis pꝛetendant deſtre en grace 

Aonpas mais de chaſcune femme 

£e mendiantgc. 


Quelle doufeur/quefle angoiffe/ quef dneil 
Quel defpfaifir/quef ennuy et deftreffe 
Sſtte au plus pꝛes de fa dame ef maiftreffe 
Dane fup ofer donner vng regard doeif 


¶ Autre rondef. 


Slle tant vous deſire a veoit 
Que ſans vous ne puis ioye auoir 
Ne nulʒ bons iouts 
Pour vous me conuient mourit voir 
Sans Bien ne confoꝛt receuoir 
Plain de griefʒ plours 


vc 
Envons ay mis tout mon vouloit 
Pour vous ſeruir et mon fcauoir 
Dane nuf faulv tours 
Belle tant gc. 


Se pitie ne vous veult mouuoit 
Par deuers moy qui main et ſoir 
Suis en doulours 

Pour certain vous fais aſſauoir 
Que finer me fauft fans eſpoir 
SDauoir fecoure 

Belle tante. 


¶ Autre rondel. 


Slanguis en piteux martire 
Pour vous ma dame et ma maiſtreſſe 
at voſtre amour tant ie deſire 
En bon ſemblant qui fait pꝛomeſſe 
De bien aymer fant me detreſſe 
Que ie mourray fe plus empite 
Et ſe par vous mon mafne ceſſe 
Dictes le faire ou leſcondire 
Et me mecteʒ Dore de triſte ſſe 


Ne faictes plus ſeniblant de dire 

Que me vouleʒ donner fpeffe 

De Brief ne vouleʒ eſtre mire 

Ze ma douleur par voſtre humbleſſe 
Zoufv ſemblant neſt pas loeil qui bleſſe 
Regardez mon cueur qui ſouſpire 

Et ne me faictee pas rudeſſe 

Autre que vous ie ne deſire 

Ne me tenes plus rudeſſe 


Je fanquiegc. 
¶ Autre rondel. 


Ant me deſplaiſt mon hatif pattemẽt 
Ga ſouueraine et ma derreniere ioye 
à dire a dieu/certesneBo? pourroye 
Car iay perdu cueur / bouche et fente 
(ment 
Et fe neftoit quap efpoir Srapentent 
Que mon retour fera brief /ic mourrope 
Tant me defpfaift ec. 


Peu me plairoit a parfer proprement 
ti 


Fueillet 


£a contree ſe ie ne feffongnope 

Ou ie laiſſe la foyſon de ma ioye 
Dar qui ieBie/et pour qui ſeulement 
Tant me deſplaiſt cc. 


¶ Autte rondel. 


Acompaigne de pleurs tenãt ſa voye 
En regretant ma vie malheuree 
77 Do? fais ſcauoir mamour treſdeſiree 
Lec griefs toꝛmens que foꝛtune menuope 


(A 


— | | Ar vng foufpit lequel ie Bo? enuope 
| 


M] 


ourroup mortel auec mefencofie 

Dar faufp danger que fant me côtrarie 
Me fait fentir de ma fin prefque heure 
Car contre mop fous fee ſoub dars rafie 
Sont ma coufeur en eff ſi treſpalie 
Qua Bien iuger il ſemble quete meute 


aie non pourtant fe mourir en deuoye 
Duquefqueautre mafquamoute menuope 
Apmer vous Bueif fant que iaurap duree 
De ce Vous fais pout certain affeuree 
Comme fe dit de mop le Sous auope 


Par vng ſouſpirge. 

⸗¶ Autre rondel 

Lacebo fans dilexi 

Gſt en toꝰ lieux bien Ben? 


Icneſt rop / pꝛince ne ducs 
VE Qui de luy puiſt dire fy 







Depuis que dieu furrepi 
Quif monta es cicufo faffus 
Placebo gc. 


ESt qui dit non if dit fi 
Et ſi ſera ſoubſtenus 
Car il ioue de ſes ius 
Pource regnera ainſi 
Placebogc. 


¶ Autre rondel. 


€ plus dolent que iamais on verra 


Suis ef ſeray ma dame ef ma maiſtreſſe 
Juſques alors que Bo doufceurBenra 


Voiſe le corpe partout ou if vouldꝛa 
Jamais mon cueur pour rien ne vous lairra 
Je vous en fais le veu et fa pꝛomeſſe 

Le plus dofentec. 


Du eff celluy qui plus vous aymera 
Su eſt celluy qui mieulx vous feruira 
Que mop/fae danie et ma ſeule maiſtreſſe 
ot ou merp/fequef de ces deup eſt ce 
Qui auiourdup mon cueur confortera 
Le plus dofent er. 

¶ Autre rondel. 


MN our chãger fair ne pour fuyr fee lieux 
D: aufre veoir ne pour Bouer aux 
Ni dieu 
7 Me pour confeif qui foif en medecine 
Ne puis offer de mon cueur fa racine 
Quamours pfanta par regard de voʒ yeulx 


Je ſuis feru dung dard delicieux 

Qui ma naure en deſtroit merueilleux 
Mais ceſt ſi foꝛt que ma douleur ne fine 
Pour changerec. 


Ha ana dame par vng don gracieux 
Voſtre doulceur me peult Bien faire mieulvx 
Voyant mon vueil qui enuers vous ſencline 
Puiſſance nap deuiter ce termine 

Nen pl? certes que iap dactaindꝛe aup cieufs 
Dour changer cc. 


ŒAutrerondef : 


Hãger ne vueil /te ſmoĩg vo cueur beauſire 
c Ainepout meilleur pour itel ne pour pire 
Tiengne fop ſeur q̃ point ne luy fauldꝛay 
Ætquetoufioure fa fienne me tiendꝛay 
Raifon et moy fe Soufons pour vous dite 


Je fuic ie fus ef ferap fonampe 

Nautre vouloir pat ma fop 1e nap mye 
Et quainfi foit pieca le ſcaueʒ bien 

Dieu me doint kheur quif mecte fon enuie 


4] Le pfuetroubfe qui oncques ne feræ - 2 Bien maimer tant queie foie en ie 


Deftu de dueif faenu£efpoir dadieſſe 


Las quef pfaifir me feroit ce /et quef bien 


St dieu chache fon fefrauvoitefcrire 

Aennp certes / ik ny fault contredire 

Ceſt mon vouloir que Bien le ſoubſtiendꝛay 
Du ſinon a Bo dict lamenderay 
Neãtmoins pour fout ſãs iamais me deſdire 
Changer ne vueil gc. 


¶ Autre rondel. 


Dpe me fuif/c douleur re court feure 
couxroup meſuit ſãs riẽs 4 mefequeure 
Dans üfmetue/beffas ceft fouuenäce 
Je ne ceffe Loing de mon efperance 
on feufpfaifir eftque bꝛiefment ie meute 


Quant ie me dore loꝛs mon eſpꝛit labeure 
Au refueiffer/dieu ſcet comment ie pleure 
En demandant de mes maulyx alegence 


Tlopeme fuitec. 


Je np fcap tour ſinon mauldite (heure 

Que 1e Bp celle par qui ie pfains et pfeure 
ais Bien peut eſtre que na pas cõgnoiſſance 
Se mon ennup ne de ma deſplaiſance 
PDourquop convient quen ce point te demeure 
Joye me fuitec, 


¶ Autre rondel, 


V grant dueil q̃ mon cueur rapoꝛte 

Dance riens guoir qui me conforte 

Se ce que ne vous ap peu veoir 

Ne fault que nuftant ait pouoir 
Da douleur a fa mienne aſſoꝛte 


at ma fopaulte non pareiffe 

A qui autre ne fapareiffe 

Me fait tant de grans maulv auoit 
Quif neſt nulle langueur pareiffe 

A fa mienne / dont ma pareille 
Zen bꝛief tempe fa moꝛt receuoir 


Chanour quien bien naueʒ ſoꝛte 
Combien quen fainte me depoꝛte 
Se vous bouter en nonchaloir 
Chaſcun peult aſſeʒ parceuoir 
Que par vous eſt ma ioye morte 
Au grant dueif cc. 


vcviii 
¶ Autre rondel. 


Veſt ce 4 iop ho paiv eſt ce mon cueur 
Qui pleure ç dit qle ſt de mourir ſeur 
Difnetreuue à bꝛiefment fe fequente 
% Œontraintie fuis fcauoir que/ceff ie 


Et fe ceſt ilie mourray dedoufenr  (cueure 


ZJe ne crop pas que ce foit il / non eftce 

at ifna pas fong temps que ma maiſtreſſe 
Me fiſt ſcauoir quelle en eftoit contente 
Darquop ne doy fa cuyder fi traiſtreſſe 
Quelle euſt faufe euuers mop fa pꝛomeſſe 
Veu que nay pas apꝛins queffe me mente⸗ 


Se le bannir na neſ vne couleur 

Sſpꝛouue la en tous ſes faiz meilleur 
Quautre Binant ceſt ce qui pfue maſſeure 
Paie touteffops ie voy que de heure a heute 
Da plainte acroiff)pquop iap mouft de paour 
Queſt ce que iop çc. 


¶ Autte ronder, 


Sſt ce grant fait tant plus me fait 
Lae ma maiſtreſſe ſouffrir dangoiſſe 
Et de deſtꝛeſſe plfaimedecueur pfait 


En fin ſeffect deſtre deffait 
Dar trop aymer ce qui me bleſſe 
Neſt ce grant @r. 


Sans nul meffait et fane effect 
of pourquoy eff ce 

Quant ie luy voy nonfiret rudeſſe 
Son oeiffoufiourefa paip tefait 
Neſt ce grant fait cc. 


Autre rondel. 


Nla foꝛeſt de longue actente 
Foꝛuoye de ioyeuſe fente 
Dar guide de dure rigueut 
Aeſte roBe voſtre cueur 
Comme ientens donfie famente 


Dar dieu Len congnois pfus de frenfe 
Seſquelʒ chaſcun fans que ſe vente 
ti 


fucifet 


Se ſtveſtu de voſtre coleur 
Œn fa forefice. 


Et en bꝛiefʒ mots fans queie mente 
Dopes feur quete me contente 
Dour abꝛeger voſtre douleur 

De traicter auec fe ſeigneur 
Quifee farrone fouBfent et hante 
Gn la foꝛeſtgc. 


¶ Autre rondel. 


Œ ne loſe dire: mais penſeʒ ma dame 
Que fi fort Bo?aime 4 Bo? doit fuffire 
Tãt craine leſcõdire / 4 p noſtre dame 
Je ne loſe diregc 


voſtre gent ſoubzrire treſſouuẽt menflamme 
aie de paour fur mame q̃ mom mal nẽpite 
Je ne loſe direge. 

¶ Autre rondel 


vant mon vouloir facompfira 
Et vo vouloir aloꝛs aura 
Le ſouhait de fa deſirance 

AR, le cupde par ma conſcience 
£a mont Bien peu me greuera 





Je fuie fouuent fou feufpenfant 
Et mopmefmes efBabiffant 

De ma dofente deftinee 

Lomment amouts queſt ſi puiſſant 
Dous donne loctroy / et conſent 
Que ma die ſi ſoit finee 


Je ne ſcay quil en aduiendꝛa 
Œpais ie ſcay Bien que lemdira 

Dar tout aiffeure ainfiquen france 
Que ceffe qui ma morfaduance 

A fa fin fen repentira 

Quant mon Boufoir cc. 


¶ Autre tondet. 


En ce monde len ne pourroit choiſir 

De vous mon cueur — ma iope celee 

Be gentete a nulle comparee 
Certes touſiours ſereʒ mon ſeul deſir 


} Jeulo ne fi6iépo*auoit fout plaiſir 
jl 


EL nay plaiſir finon a Sous feruir 
u tout en tout / et Bous obeyr 
Zout mon viuant naurap antrepenfce 


chie ulv ne fi bien ec 


Je vous ſupply mon treſdoulvx ſouuenir 
A de fopaufment tenir 

£a voſtre fop et pꝛomeſſe iutee 

En Sous feruant/et ſoyeʒ affeuree 

Je ſuis ceffup qui ne vous veult faillit 
Hieufo ne fr Bience. 


¶ Autre rondef. 


Ranccueur gracieux 
* ſuis amoureux 

e voſtre gent coꝛpe 
ec fouueraine depoꝛo 
Sont de Beoir voʒ peufo 


It na ſoubʒ fes cieufo 
Plus plaiſant ne mieulv 
Faicte a mon tecoꝛe 
Franc cueurgc. 


Voʒ ris ef beaulx ieux 
Po; meute ſauoureux 
ont fait tefs effors 
Queie ferap more 

Se neſtes piteux 
franccueutec. 


peufp delicieux 
Maintien precieup 
fautes mectre hoꝛs 
ZDanger/et a loꝛs 
che fetes iopeux 
Franc cueurgc· 


¶ Autre rondel. 


— 


€ demeure ſeule eſgaree 
De touteiope ſeparee 
Auecques cent miffe doufoute 
Een paſſe à Mers depfoure 
aie ma deſtinee 
— 


Ieneſt pas en langue de dire 
Na plume ſeulement eſcrire 


Ees regretz quen mon cueur amaſſe 
Solente et laſſe 

Je dop Bien ma vie mauldire 

Qui ma fait tel partie effire 
Lertee fa mort trop mieulx amaffe 


¶ Autte rondel. 


Out pꝛeſtement quen fa ville ſeray 

Et ie verray oliue fa plus Belle 

Moult doufcement ie fa ſalueray 

Et tant ferap feffe neft fort rebelle 
Que mon borne fogera en fa cefle 


Bu premier bond qua elfe aboꝛderay 
La baiſeray non pas en fa mamelle 
Etquanqueffe a pat deffoubs fa cotefte 
Zoutprefiementec. 


Œt fe plus toftque feufe fa verray 

Je up dirap tant plus toſt ma nouuelle 
Finablement de ſi pꝛes la verray 

Et taſteray que moy reuenu delle 

Vous diray bien ſelle eſt maſle ou femelle 
Tout pꝛeſte mentec. 


¶ Autre rondel. 


La moꝛt fuis pour vous ma chere 
dame 
Bueres naura m6 dofoureuy coꝛpe 
dame 

Ne vopeʒ Sous quil na quun peu de vie 

En ce point eff par amours qui def vie 

Des ſouldoiers / ſoit duc / conte ou vidame 

Ala moꝛtgc. 


Dieu ſoit loue / aumoins ſera il fame 

Et Bruit par tout / que pat ſi noble femme 
Suis deſpoincte / dont fault que ie moccie 
A fa mortec. 


Dante fepeuft malebouche finfame 
Avng chaſcun que pat fon faufp diffame 
Die en langueur / mais cela faitenuie 
Laqueffe a dueif/dont pifie me conuie 
iv foie fc iour pource disie fans aitte 


21 fa morte. 
¶ Autrerondel. 


dcix 
Vant il voꝰplaira / mon cueur garita 
De griefues doufeure 
St fefpanira comme belles fleurs 
GBrace ſeſtendꝛa fur moygoꝛra 
Soulcement mec pleure 
Quant if Sousgc. 


Quant ce ne ſera 

on eſpoir perdꝛa 
Foꝛces et vigueurs 

Et mon cueur aura 
Samers langueurs 
Quant il vous plairagc. 


¶ Balade. 





S D? à parleʒ damours en general 
— chiẽede faucon 
| | Flouftes/tournoi’à fe fSt paint Bal 

õdeaulv / balades virelayg chancon 

Lefquefs font faits pour chanter a hault fon 

Entre les dames que chaſcun doit feruic 

Amours fe fait quu fes fait aſſeruir 

Si hardiement que quoy quiken aduiengne 

Amoure ſont telles/point nen fault enquerir 

up amane font paſſer val et montaigne 





Soit iour ou nuit/a pied ou a cheual 

Soit iour ſoit nuit pat tonner a hault ton 
Pluye / greſle et eſcker tout egal 

De vꝛay amant fe tourne tout a bon 

ar ceſt fe Bien et fe gracienx don 

Que pfaifir fait/pour fee biens acquerir 
up amouteuv/et tout pour paruenir 

uv Biene dapmer/pourceBo? en fouuiengne 
Amours font teffes/pfusnen fault enquerit 
Aux amans font pafferec. 


Vaillant et pꝛeux / hardy comme vaſſal 
Humble ſecret de large habandon 
Doit celluy eſtre / et en tout fait loyal 
Barny damour / acquerit bon renom 
Jolys et gap comme amant de facon 
Net et plaiſant pour les dames ſeruir 
Gn tel eſtat fe doit lamant tenit 
Et fuſt le roy ou le duc de bꝛetaigne 
Amours ſont tel fee/point nen fauftenquerie 
Aup amans font paſſerec 

r iii 


flueiftet 


Prꝛince courtoys Bueiffes entretenit 

Les Biens damours qui font pour ſoubſtenir 
Pumbfes feruane/et pour la vꝛaye enſeigne 
Amours ſont telles / point nen fault enquerit 
Aux amansge. 


¶ Balade. 


As pourquop virent mes yeulv 
Dame voſtre plaiſant beauſte 
4 Ne pourquoy fus ie onc amoureux 

Quant de vous ne puis eſtre apme 

Par dieu ma dame ie ne ſce 

Se vous euſtes mon cueur rauy 

Mais en vous fut ma voulente 

Ee pꝛemier iour que ie vous Bp 


Jamaſſe mieufp auoir eſte 

Par deka romme deu cens lieux 
Du en auignon la cite 

Quant de vous ie fus amoureux 
Hellas ie mourray angoiſſeux 
Se vous naueʒ de moy mercy 
Et ſi mauldiray en tous lieux 
Le pꝛemier iourgc. 


Auſſile me vaulſiſt il mieuſx 

Se vous naueʒ de mop pitie 

ar onc Somme plus douloureux 
Ne fut de moy de mere ne 

Car ie mauldis et mauldire 
Pardonnez moy fe ie le dy 

Com vng homme deſeſpere 

Le premier iourgc. 


Princeſſe aieʒ de moy pitie 
Reteneʒ moy pour voſtre amp 
Du fans ceſſer ie mautdiap 
Lepremier iourec. 


dŒAictie 


Ng friſque mignon experlucat 

Deẽibere cn chaſcuns lieux 

Leger deſpꝛit non delicat 

Pour vous faire vng eſbat iopeux 
Se dardant deſir gracieux 
Requis vous a ma doulce ſeur 
LetenezBoue pour ſot aggreſſeur 


Sila pour vous tant tracaſſe 

Et le temps paſſe tant traſſe 

Que laſſe maintenanten eſt 

Fault il que fifa pourchaſſe 

TWaſſe ſoit / et tant dechaſſe 
Quefcondit ſoit quant tout eſt pꝛeſt 


Ceſt mal entendu 
Quant on a rendu 

Le mal pour fe bien 

Tar celluy qui rien 

En ce terrien 

Nauoit pꝛetendu 

Que Voſtre entretien 

Plus voſtre que ſien 

Sn tout honneur deu 
Rendu ſeſtoit 

Et ſe mectoit 

Voſtre ſeruiteur oxdinaite 
Mais dueil cler voit 
Quon le decoit 

Par vng faulx ſemblant mercenaire 


Et par ce quaueʒ abuſe 
Maint autre par fauffe muſe 
Sont en ruſant aueʒ ruſe 
Dopes ſeure que amuſe 

Ne fera plus de voſtre muſe 
Auſſi pour excuſer dexcuſe 
Que voſtrecas ſoit excuſe 


NHon eſt / voſtre fait Sous acuſe 
Lequefmaintenantifrecufe 
Puis quainfi faues refufe 

Et par ce laueʒ abuſe 


Mis tant laueʒ duy a demain 
Semain luy diſant reueneʒ 
Menez obtiendꝛez pour certain 
Certainement ce que vouleʒ 

Les faulx moyens quauez trouueʒ 
Trouuezʒ iay ſans ſoꝛtir effect 

Fait de femme eſt fait imparfait 


Tant que vif eſtre ſcauray 
Auray du mal ſouuenance 

Gn ce que ap penſeray 
Seray / ſil vous vient meſchance 
Chance de voſtre greuance 


Auance iap fansrefont 
Tour ſe donne de faulſe amout 


¶ Autre rondel 


Se Due ſemblil pour aduancer 
Et pꝛononcer 

Voʒ mignotz dits ſauoureʒ 
Quainſi mignons deuoꝛereʒ 
Amuſſereʒ 

Ceſt a vous vng fol penſer 


Pour farder ef agencet 
Hault dancer 

Quainſi gens affolleres 
Vous ſemblil cc. 





Bueux pour vous recompenſet 

Dane foꝛt tencer 

Soubdains et pꝛomps vous trouueres 
Mais vous delibereres 

St pꝛepareres 

Si non plus nous balancer 

Lefta vous cc. 


¶ Autre rondel 





Ans trop declarer le cas 
Sur ce pas 

Humbklemẽt ie Sous excite 
que demon ßmier pourchaꝰ 
Vain et las 

Ne ſoie / mais chaſcũ faûtte 


Dans ce que lung lautre irrite 
Ne deſpite 

Mais dung accord par ſoulas 
Humblement ie vous excite 
Quen valeur grant ou petite 
Soie fait quitte 

Dans trop declarer fe ca 


¶ Nondel enchaine 


Omme oyſeau qui va voletant 

Sarbꝛe en arbꝛe fans ceſſe 

De lieu en fieu te me adꝛeſſe 

Dour Vous trouuer / mais ceſt atãt 
on cueur qui fur Sous vole tant 


St plus de vous chercher neceſſe 
Lomme opfeauge. 


A6efacueilieprens mon adꝛeſſe 
Mais com homme qui trop attend 
De lieu en lieu ie me adꝛeſſe 
Comme opſeaugc. 


Hommene fut en tel apꝛeſſe 

Me ſanglier quant on fe appꝛeſſe 
Se peur quenp fopeatemps 
Dour vous trouuergc. 


Le grant renom et los patent 

Qui ſont en Sous me cauſent pꝛeſſe 
Au foꝛt ne me chault / mais quapꝛes ce 
Je peruiengne ou mon pas tend 
Pour Sous trouuer çc. 


¶ Senſuit vug deuinaif 


Nfans enfans Seezcp voʒ peres 
Et noʒ peres et no; marie 
Etles maris de noʒ meres 
Regarde; comment fe peut faire 


¶ Autre deuinaif 


SNg enfant eſt nez qui encoꝛes Bit: 
Son pere eſt moꝛt et enterre mis 
Le pere vit / et lenfant no 

Oꝛ regardeʒ par — 





¶ Comtemplation dung 
amant a fa dame 


Ncontemplant de fa plu belle dame 
Qui ſoit de cp ala rochelle 
Bon coꝛps / beau maintien / belle face 
Car ſur toutes plus humble eſt elle 
Je ne vis oncques fa pareille 
Je vouldꝛoie Bien eſtre en fa grace 
En faiſant ſeruice pour elle 
De fon nom ſenſüuit lepitaphe 


A hault vouloir tout fon engin fapfique 

Lune eftque ſur fa forme angefique 

Iheſus La fift par fon begnin ouurage 

Sur toutes eſt la plus doufce en fangaige 
riiü 


On ne ſcauroit plus acomplie choiſir 


Noble ſi eſt et de treſgrant deſirt 


Quant ie fa Vy pꝛemierement 
La ſueur me pꝛint au Bifage 

El me pꝛint en me fafuant 

Et la congneuʒ quelle eſtoit ſage 
Quelle auoit le meilleur courage 
Le meilleur oeif le plus friant 

A Brief ſe ieuſſe eu mon page 
Leuſſe enuoyee merciant 


Se euſſe ſceu quelle euſt eu loiſu 

Be venir a moy franchement 

Pieca feuffe enuopee querir 

Dour difner cpour pafler temps 
Sur toutes ne Bppuis divane 
Quime pluft mieufo pour bien parfer 
Gn elle a dec Biens cinq cens 

Ceſt celle ou me vouldꝛope fier 


Je voie/ ie viens / ie me pourniaine 
Pour ſcauoir ou eſt ſon logis 

Je neuz iamais autelle paine 
Dour cercher dame de hault pris 
Je crop que fon amout ina prie 
Deufementpar Bng regarder 

Son cueur eff fur le mien aſſis 

Son regard ne peut ennuyer 


Tant plus y penſe et plus de bien 
y voy / ne fe puis oublier 

De fon cueur eſtoit o Fe mien 

Len ne les pourroit deſtier 

Da quelcune moſoie fier 

Pour luy dire ſecretement 

on cas/g que pour abꝛeger 
Pour elfe feuffre grant toꝛment 


Se ieſtoie vng plus grant ſeigneur 
De moy tiendꝛoit plus grant eſtime 
ais pour Bngpetif ſeruitent 

A ſemploier a fon feruice 

Je ne ferope point frouue chiche 
Sabandonner coupe ef cheuance 

2 ce metrouuerez propice 

Autant que Somme qui ſoit en france 


Se pitie na du poure amant 


Æuciftet 


A fauldꝛa quif feuffce touſiours 
Et dira de cp er) auant 

Aueuteuv ne ſera en amours 

En gettant cent mille clamours 
TCar iamais ne fut ſi eſpꝛis 

Se dame quamaſt par amours 
Ne dont ſon cueur feuſt plus rauis 


Je croy quelle eſt ſi tres benigne 
Que quant le verroit lamenter 
Gn ſouffrant treſtant de martire 
Dour elle et fon cueur toꝛmenter 
Qualegement vouldꝛoit donner 
A ſon mal dont if a treſtant 

Elle a fe cueur plus dut que fer. 
De pitie na de fon feruant 


¶ Nondel 


Bꝛief parler ie ſuis rauy 

Je ne fus oncq en tel ſouſſy 

La nuyt ie fongec penſe a elle 

Je ne dore point et ne ſommeille 
Aiant touſiours fe cueur tranſy 


Et ſelle na pitie de my 

Aiant de moy quelque mercy 
Inceſſamment mon cas chancelle 
A bꝛief cc. 


Dou peut eſtre venu cecy 

Les biens que iay trouuez en elle 
Selle macueille en ce cas cy 

Je luy feray loyal partp 

Tar du tout ie me donne a elle 
A bꝛief parler cc. 

¶ Balade damours 

> outre amours trefprecienfepietre 
Do’aussfait deſchoſes fouueraines 
voꝰaueʒ miꝰcẽt mille hões er guerre 
< pour Bruit de Bo? obtenir cacquetre 
Œn endutant cent miflemaufp ef paines 
Vous aucs fait de pages capitaines 

ous aueʒ fait Bourgoifes damoifes 
En Joue pa toutes choſes nouuelles 
Amours vous eſtes trop plus cleres à verre 
Pour vous fe vont mirer laides ef belles 
Dont ie conclus par raiſons naturelles 


Amoute a mis mains vaillãs cueurs er ferre 


Mains vaillans gens en ſes liens enferre 
Souueut amours pat facons inhumaines 
Quant on y eſt a paine on ſen deſſerre 

Car de ſi pꝛes fr eſtroictement ſerre 

Quon eff ſerre enſemble nerfs et vaines 
Et ſi ſonuent font fes ſerrures vaines 
Sangereuſes comme plaies moꝛtelles 

Le dient ceufo qui les ont trouuees telles 
Teſt vng toꝛment plus cruel que tonnoirre 
Vng feu ardant poignantes eſtincelles 
oncdufion par diuerſes cautelles 
Amoure amis maint vaillant cueur en ſerre 


Amoures ſouuent fes plus ferreʒ deferre 

Gt ſi vuide les bourſes dargent plaines 

Et par cueur fitrefourement ſerre 

Qua grant paine iamais on ſe deſſerre 

Les voies damours ne ſont iamais certaines 
at amours font malades tefles ſaines 
Atoutes gens/ troublent fea ceruelles 
Œtquiprendroit damours Bien fes parcelles 
Dh trouueroit a Berite enquerte 

Que pat affaufs et facone fofenneftes 

Dar fais fubtif et moꝛſures cruelles 
Amours a mis ec. 


Celluy eff fol et frop grandement ete 

Qui fon cueur met en ces oeuures Biflaines 
ÆLoufioure pa pꝛomeſſes incertaines 

Lame menane ec paines eternelles 

Auec datan au centre de fa terre 

Lee taifons font toutes perpetuelles 
Amoure a mis çc. 


¶ Dictie 


Aintien ie vueil commencer 
Adire los de La plus belle 
Dame qui ſoit deca la mer 
WaAlion nen a point de telle 
Mentir ie nen vouldꝛoye pour elle 

Bien oꝛdonnee eſt en ſes fais 

peufp a lesplus beaulvx et parfais 

Dane p penſer quelque laidure 

Elle a les rains bien a mefure 

Lee grans pfaifire et ſoulas du quartier 
Luy font Bien deus par treſbonne dꝛoicture 





Œi 
Gn elle a des biene plus dung millier 


ZÆonneut eſt plaine autant quit eſt poffiôte 
Entretenant touſiours les gens de bien 
Son nom eftnobfe de maiſon auctentique 
Et a treſbien parler elle ſapplique 

Lourde neſt point en danſant toꝛtion 
Jamais ne diſt mal en nulle ſaiſon 
Bracieuſe eſt / doulce comme pucelie 

Nene Bueif faire a nul oppteffion 
Amouteufe eft fa damoifette 

Tenant de fa fignec le nom 


¶ Autre dictie 


Œune gente et treſbelle dame 
Hũble maintien iopeuvçaffeuree 
ESſt celle ou iay mis mon courage 
Aymee de mop eff ſans diffame 
Nautre âfle ie ne fcaurope apmet 
Slle eſt noble ç de treſbo lignage 
Et ſia vng treſbeau viſage 
Soulce / benigne a regarder 
Elle a bon bꝛuit autant quif eſt poſſible 
Lune ſi eſt pour treſbien meſnager 
Vouloir treſhault a tout bien ſapplique 
Sur icelle iay mis mon cueur entier 


on bien / mamour toute mon eſperance 
Œt celle ou iay tout mon cueur mis 
Tout fe ſoulas de ma plaifance 
Jamais ne ferap affouuie 

Que te ne parle du fout a mec pfaifire 
Auecques vous affin de deſcharger 
on cueur qui eff deffus Le voſtre eſpꝛis 
Autre que vous ne fe peut conforter 


¶ Autre rondel 


ehãne de lux ma treſbelle maiſtreſſe 
Je me ſuis mic er hardieſſe 
2e vous aymer de treſbon cueur 
Ne me traictez pas en rigueur 

GEn me faiſant quelque rudeſſe 


Je ſuis Le voſtre ſeruiteur 
Vous celle ou iay donne mot) cuur 
Sine me Bueifez faire oppꝛeſſe 
Jehanne gc. 
26 


Ffueillet 


ESn tous temps ie pꝛendꝛay adꝛeſſe 
Vous faire ſoulas et lieſſe 

Que doit faire bon ſeruiteur 

Qui nuyt et iour ſans deſhonneur 
Veult ſeruir ſa dame ſans ceſſe 
Ihanne de lux ec: 


¶ Autre rondet 
Amoureuy poure guerdonne 
âpéfestu cõbien ac tu gaigne 
dauoir apmecprine icelle paine 
Dour vᷣne dame tant humaine 
Dont maint mal tu as endure 






— 


Que diras fu deffe/toute laſchete 
De mafadie euft effe faine 

Et ſi luy euſt riche Bague donne 
£amoutenp ec. 


Tia eſte bien abuſe 

Dans eſtre delle point ruſe 
aie fi a if perdu fa paine 
Ella reſemble fa feraine 

Qui de fon chant ſeſtaſſomme 
L£amouteuvec. 


¶ Autre ronder 


AN Rienezen gre pour ceſte for: 

à L À a dame fe ie me feignp “ 

‘ | p chais teflement ap le ieu fourny 
PS7 Que deuv ef as ce furent frois 






Jap deffaiffp mais tonteffois 
Queiene fope de court Bannp 
Pꝛeneʒ en gre cc. 


Jauoie gros engine et refais 
Œteftoie douurage garny 
Et ſe ieuſſe eu tablier onny 
Lee ſennes euſſent eſte fais 
Pꝛeuezʒ er gre gc. 

¶ Rond chapellet 


Inſi qua loeil vaus poueʒ veoir 
Qua {op lambꝛe fa paille tire 
Voſtre doulx cueur le mien attire 
a dame ce deuez ſcauoir 


Mon penſer ſoub ſtenu deſpoir 
En voſtre nom tout fe * 
Ainfi qua loeilec. 


Auſſi puis quiffe conuient dire 
a doufeut peuft fante anoir 
Dofire doufo cueur le mien attire 
a dame cc. 


En Sospenfere vueilles inſcrire 
Le fuppfiant veſtu de noit 

Qui eft voſtre fans contredire 
Ma dame ge. 


Les grans vertus et fe ſcauoir 

Le doufp acueil ſans tache de ire 
Qui ſont en vous ſans riens redire 
Tonclure me font pour tout voir 


Voſtre doufo cc. 
¶ Balade dung eſcoſſois 
2 Dieu ma pete ma createur gardi 


Re bõ roy de ftãs de mond fe pl? har 
Qui peut cõquer le pay dytali Ci 
Et le royaulme de napl a partiẽt ly 

Le doc doꝛlem pat arm y entry 

Tout conquery ly / ceſt choſ Bin certain 

Lais faire ly tournp vous en tourain 


Pa ſeigneur des coꝛdy eſt il bon et fage 
Ly ferup Sous de coꝛps decourage 
Ly gaigny fa pape fif eſt poſſibl 

Et foꝛt ſoeil a faire vng entrepꝛin 
Oncque de fon vie ne fuit il repꝛin 

En fait de guer il eſty bien ſoubdain 
Laiſſ faire (p tournp Bouc en tourain 


Noubpy pas ma feigneur le grand coper 
Bon cheualier fane fa rien pꝛoucher 
Auſſi vaillan que roufan et Bardp 

Je Sp bien fp ou fait de picardy 
Contre betun fp fut p dyablery 

Le conf denanfot p na pa fair) de ry 
Ra doc de querfcont de raue ſtin 

fais faire fp tourne Sous en tourairp 


¶ Semandes ioyeuſes 


SEup hõmes aymẽt vne féme/celte 
ne Seuft q̃ nul hõme layme / et elle 


mande tous deu if; viennent / elle 

prent de lung vng chapeau de roſes / donne 
le ſien a lautre qui eſt de violette / fi Sous 
demande fequef effe apme Le mieulx 


Vne femme mande fon amp pour coucher 
auecques elle partefconuenant quifne 

face for que baifer et acofer tant fesifement 
tfp Vient et fup tient conuenant/fequel 

fait pfuc fung pour fautre 


Douce apmez Bne dame /et vng autre 
fapme auffi/fequef apmerie; Sous 
mieulx que fou deu en touiffent ou 
que tous deuv p faiffiffent 


Je Bouc demande qui auroit chaſcun iour 
de famie vng ris et Bng doulx regard 
Dans autre compaignie auoir/et ſeroit 
Ainſi vng an / et puis auroit an Bout 

De fan confoꝛt / auroit il bien employe 

Sa paine 


Lequel aymerieʒ vous mieulv que voſtre 
amp vous aidaſt / et amours Sous nuiſiſt 
ou que amours Sous adaft/et v ooſtre 
amp vous nuiſiſt 


Se voſtre amp Sous auoit donne dis baiſers 
fes pꝛendꝛieʒ Sous tous a vne fois 
ouchafcun a part 


Je vous demandez lequel eſt pfue amalaiſe 
ou ceffup qui ayme vne dame et ner) peut 
ioyr / ou ceffup qui en eſt ialoux 

a moꝛt ef en ioyſt 


Je vous demande trois femmes ſont 
toutes dune beaulte et dung ſens / Vne 
en ya qui ayme et na point damy 

Vne qui oncques napma ct 

Bne qui a amp/de laquelle ſeroit 
lamour plus foꝛte a auoir 


Lequel apmeries Sous mieulv que 
Soffreampe Sous Baifaftiufques au iour 
Duque Vous fa baiſiſſieʒ tant quelle 
Deiſt ho 


Cii 
De voſtre amp eſtoit couche auecques Sous 
et il auroit fes pieds et les maine liees 
derriere Le dos fes fup deffiriez Bous 
poinf pour doꝛmit mieulv a fon aife 


Trois femmes font dung acco:d 

toutes Joue ayment autant fune contre 
fautre/fune eſt treſbelle / fautre treffage 
et fautre trefnoBlfe/ie Sous demande 

a faqueffe dee trois Joue donneries 

plus toſt voſtre amour 


Lequel aymeriez vous mieulx geſir 
entre les bꝛas de voſtre amie ſans plus 
faire / ou fa tenir en vng verger ouf 
yeuſt roſes et ffeure pour parler 

aelle ſans plus faite 


De Sous tenieʒ a voſtre coucher la femme 
du monde que vous aymeʒ fe mieulv 

en vng lieu fecret quil np euftperfonne 
qui fe fceuftque Sous deux / et elle vVous 
diſoit / mon amy ie vous habandonne 

le baiſer et lacoler tant ſeulement 

te Sous prie que vous me laiſſeʒ aler 
quant ie vouldꝛay ſe ianais Sous Boules 
iopr de mop/fa faifferiez Sous affer pour | 
obeir a fa requeſte 


Je Sous demande fe voſtre amp eftoit bien 
fort malade et ne peuſt querir fe Vous 

ne up donniez fa moitie de Boue/ 

faqueffe moitie fup donnetie; vous 


Vous aptes treffoꝛt vne dame qui eft 
Sofireamie/Sous Vous en alez Dore du 
pape pour demourer Bngan et (up eſtes 
toufiourefopafamp/Sousteuene;au 
out de fan/et cuidez queffe Soue ſoit 
loyale amie / vous trouueres queffe feft 
foꝛfaicte dung homme tant ſeulement 
dont elle fe repent et vient a vous a mercy 
fequef aymeriez vous mieufv ou fa 
trouuer motte ou en ce point 


¶ Lacteur 
Œ£es reſponces de toutes ces 
demandes fc font en confcience 
eta pfaifance 


Fueillet 


¶ Senſuit vng dictie adreſſant 
auy bourgoiſes de lpon 


Alut a vous dames de lyonnois 
Plaiſãs minois / viſages angeliques 
Dn a pour voꝰfait iouſtes g tournois 
cheuauls / harnoyꝰ onf couſte maint tournois 
dont les galans ſont foꝛt melancoliques 
par voz reliques / gorres dyaboliques 
Dar voies obliques fe dꝛeſſent iour ef nuit 
Paie ce neſt pas tout ox ce qui reluit 


Par Bo; regars que gectez de trauers 

A granerenere/gaignez la ſeigneurie 

Notez que ceft de Box coꝛps par mes Bero 

Te font gros vers puans / rouges et vers 
Poignanẽ / peruers ou fa chair eſt nourrie 
Quop quon no? rie/que noue flate ou Barie 
deftruferie ou Banite fane doute 

Tel a Beaufp peufs à ſouuent neBoit goutte 


Niez / chantez / caquetez / bꝛocardeʒ 

Et regardeʒ fee goꝛtiers perroquets 

Aleʒ monſtrer voʒ muſequins fardez 

Contregardeʒ voz coꝛps et culʒ bardeʒ 
fuenetatdes/trouue; Sous aux banquet; 
ꝛeſſeʒ caquetz / pꝛe ſenteʒ fes bouquetz 

Pour tous acquefts fe bond fur Bone redonde 

Dieufo vault bon los que richeſſe en ce mode 


* meſbahis dont vous tenez fa guiſe 
eſtre en legliſe ainſi encaquetees 

Teſt grant Borreur comutent on fi deſguiſe 
Aueʒ Joue ME cefie facon evquife 
Treſmal requiſe qui vous fait effraiees 
Trop moine doubteʒ que les plus eſhontees 
Que les hantees publiques et infames 
Honte ſiet bien a bonnes pꝛudes femmes 


Loꝛs que deueʒ dite Sos oꝛaiſons 

Ris ef blaſons en legliſe cherchez 

Mieulx Sous ſeroit de garger Zoz maiſons 
Que iamais homs par telles achoiſons 
SEuſt fes poiſons que de voʒ peulx trencheʒ 
Vous y marchez ainſi quen plains marcheʒ 
St remarcheʒ mignons a voſtre vueil 

Ceſt en amours vng grant peſte que doeil 


Auez vous pas congnoiſſance aſſez ample 


Que dieu au tẽple chaſſa tous les march ans 
Cela deuezʒ retenir pour evempfe 

Mais ie contemple gorres a voſtre temple 
De fraieur trẽblans pour voʒ regars trẽchãe 
MHarcheʒ au chãps Bo; marcheʒ ſõt meſchãs 
Trop empeſchans le ſentier de raiſon 

£a maiſon dieu eſt maiſon de raiſon 


Que peut ſeruir ainſi vous preparer 
Pigner / parer de guimples et templettes 
Quant moꝛt Bendra ame et coꝛps ſeparer 
Defempares fauldꝛa fe comparer 

Dour reparer toue voʒ fais et amplettes 

vVoʒ boitellettes / pouldꝛeʒ de Violettes 
Chaines / baguetez ne vous ſaulueront pas 
Penſeʒz que moꝛt ef vng dangereuv pas 


Voue oeilladeʒ ef dettes voʒ regars 

Be toutes pare ainſi que font rofcaufy 
Selon fe Sent Bers vVng tas de coquare 
Vilains fongare qui gettent gros brocars 
Comme faufs gars plie infects q¶ meſeaulx 
Zeb damoifeaufy / ont bec; lãgue cmufaufo 
Ain ſi quoifeaufo qui caquetent er cage 
Femme fe pert defcouter faufo fangaige 


It Boue fiet Bien dacoutrer voʒ viſages 
St pꝛendꝛe Bfage de fard qui le cuir taint 
dont coꝛrigeʒ nature en fee ocuutages 
Aquelʒ oultrageʒpar voʒ laſches courages 
Vouleʒ oultre aage rafreſchir voſtre taint 
Ik eſt bien taint fe la moꝛt vous attaint 
Qui tout eſtaint / couleur naures ne face 

It neſt beaulte qui ſoubdain ne ſefface 


Femme de Bien doit eſtre en dieu feruente 
Dour Sent qui vente ferme fans varier 
aie a fion ce on renom fcfuente 

Elle fe pente fe met en Sente 

Et peu fe Sente en riens contratier 
Dour charroter fifles a marier 

On fait fier fe bouquet fur loreille 

Beau Bilfer a qui a Bille pareiffe 


Trop me deſplaiſt que fant loꝛdure dure 
Luvure fure toute nobleſſe bleſſe 
Homme qui voit teſſe laidure dure 
Pꝛocure cure ta coꝛrompute pure 


Nompure pure/cat fa ſimpleſſe pfeffe 
Pꝛoueſſe ou eff ce que gentiffeffe leſſe 
Jeuneſſe neft ce fe gouſt de fa mort mort 
Qui Bit il vit qui eff moꝛl il eſt moꝛt 


Damee fachez pour certain que mourrez 
Quant Sous moirez comparoit en perfonne 
En tel eflat tonfioute ne demourrez 

Plus ne pourrez a fheure que vouldꝛeʒ 

Du tout fauldꝛeʒ fe fa grant cloche fonne 
Quon fe faconne la raiſon fe p confonne 

It en eft tempe quine Beuft perdre fame 
Son vous ceprent/ceff fiane quon Bou’ ane. 


¶ Autre Salade 





Q € dieu damourꝰ fait du kys 

cfcuffon 

Plus neſt parle du heaulme 

de bataille 

Les fambeauv danfent ſur 
— lamybaudichon 

Toꝛches bruffent:et nont ſueur qui vaille 

De fa Barre eſt fait de court fuſtaille 

£a bourſe fe euure en paffant [a faifon 

Le floc ſen Ba auecques fa mitaiffe 

Zu porc efpp eft faicte Benoifor 


Le foꝛmy etre quif ne fait garnifor 

Le pꝛeſcheur Sauft feufement a fa meffe 
Auffup fe fait par grant difcretion 

Zu Bec barre de caqueter ne ceſſe 
Ropene Bauft fans fautfc verd efpeffe 
£ccigne nage et danfe a merueilles 

Le monde bis fe moffift er fa feffe 
Remond fe diſne et ouure fes aureilles 


Le damas fufe au dymenche / les veilles 
Leſpeſqueſte plus querir ne vous fault 

£a ceruopfe empfifé ces grané bouteilſes 
ace efcripf fur fe pafaie en hault 

Le boulengiet biuſſe fon four peu chault 
£efcouuetfe vault a La deſcroter 

Au mal fait iehan dieu noꝰ gard bas g hault 
Le monde beſte ne fcait pus doufy troter 


A fa coꝛne/au lyon au mortier 
Amene gent de tous fee quatre Sens 
A deu eſpees matauft on fair portier 


C. iii 
Tous tains y font et begues leurs enfans 
La mer y court et pat boys g par champs 
Bons combatans ſi Sont faire froter 
Le reſidu en Paiffe aug mendiane 
IF vauldꝛoit mieufy fee trainer que porter 


Diince/regarde fi ne Seuls eſcouter 

Bec oꝛfeures fencfume eft vſee 

SEn dauſphine neſt ia Befoing gouſter 

Je de guygonne ne vous fauft plus doubter 
Puis que paris deſmeſſe fa fuſee 


¶ Badale moꝛale 


Vi ſes beſongnes veult bien faire 
Delon fc temps qui oꝛes court 
Diſſimuler fault et (op taire 

E Pu tout ou aumoine eftre court 
GEn parfer ct faire Le fourd 
Duant on optcbofequiennupe 
Flater et quon ne contredie 
Les ſeignents a chauft et a froit 
Paie qua toue propos on feur dpe 
Monſeigneur dit bien / il a droit 





Le herault vng pou contrefaire 
Gſt bon / car grant pꝛouffit er ſoutt 
Mais encoꝛes eſt pſus neceſſaite 
Sſtre beau parleur et non fourd 
Ployer atoue vens / non pas gourd 
ar rompꝛe conuientqui ne pfpe 
Gt touſiours tenir la partie 

Bee ſeigneurs comment que ce ſoit 
St dire fort ſens ou folie 
onfeigneut dif bien.cc. 


ar ponr leur dire Le contraire 
DQucfque dommage qui lent ſourt 
Dnnefeur fait que defpfaire 
Teſt fa couſtume de fa court 

Lt pource quique men deflouté 
Je vueil demener ceſte Sie 

Et du tout dire a chere ſye 

Doit a lenuers ſoit a ſendꝛoit 
Soit menconge ſoit flaterie 
Monſeigneur dit bien. ¶c. 


¶ Balade pout vng pꝛiſonnier 
f i 


S Lnmes maufy me peuffe efioupr 
K Ne Zant que triſteſſe me fenftiope 
Dar me doufofer et gemir 
Voulentiers ic me complaindrope 
ar fau pfaifir dieu hoꝛs ieſtoye 
Jay efpoir quou temps aduenir 
A grant honneur venir pourrope 
Vne fois auant que mourir 


Pour tant ſay eu moult a ſouffrir 
Par foꝛtune dont ie larmoye 

St que nay pas peu obtenir 
Nauoir ce que ie pꝛetendoye 

Au temps aduenir ie vouldꝛoye 
Voulentiers Bon chemin tenir 
Pour acquerir honneur et ioye 
Vne fois auant.gr. 


Sans plus loing exemple querit 
Dar moy meſmes iuger pourrope 
que meſchef ne peut nul fouyr 
Sainſi eſt quauenir luy doye 
Ceſt ieuneſſe qui tout deſuoye 
Aufne ſen doit trop eſbahir 

Si iuſte neftquine foruope 

Vne fois auant.cc. 


Pꝛince ſaucun pouoir auoye 

Sur ceulx qui me font cp tenir 
VDoulentiers vengeance en pꝛendꝛoye 
Vne fois auant. ge. 


¶ Baſade Moꝛale 


Vne dague forte et ague 
Soit if frappe parmy leſchine 
Gt ait touſiours vne ſanſue 
Atachee a fa poictrine 
Et attaint dune couleurine 
Œntrelenes et fe mentor) 
Du quen prifon viue en famine 
Quiautrup blaſme fans raiſon 


Son gyſte foit emmp fa rue 
ZTout nud quant iffera bꝛuyne 
Sur pel de hericon pointue 
Counert dune ckere eſtamine 
Be Sent de biſe fa courtine 
Et ſoit more dung efcorpion 


fueiftet 


Du quen prifon Bineen famine 
Quiaufrup blaſme. gc. 


Sa chair ſoit detrenchee menue 
Plus quau moufin neſt fa farine 
Du de gros nerß ſoit bien batue 
Du couche nud ſur tas deſpine 
Et affin que plus toſt il fine 
Son coꝛps ſoit remply de poiſon 
Du quen pꝛiſon Biue en famine 
Qui auttup blaſme.cc. 


Pꝛince:ſoit mie en fa gehaine 

Biv fope le iour comme Bng larron 
Du quen pꝛiſon viue en famine 
Qui autruy blaſme. gc. 


¶ Balade ioyeuſe 


Se Ng aſne Sp lantre iour complaignãt 
Charge de bois fur fe põt de fleurẽte 
Helas (diſt il)ie Vis en languiſſant 
Nen riès qui ſoit nay q̃lque cõfiance 
Œt vueille ou non fault auoir pacience 
Et endurer de grans conpe cf de foutre 
2 ce ſommes deſtineʒ mop ct (ours 
Lors vng mulet (up Bint dire chetifʒ 
Bien remerie fe feront fes ſabours 
Sans grant trauail hõneur neftpas acquis 





Jay Bien eſte div ane par cp deuant 
Dortant fe Bope:if pa apparence 
Regarde Bien derrierre te me vant 

Zuen verras fa Srape epperience 

om fe Bacuf ma fait grant violence 
En chcminant a parie ef a foure 

aie quant Benoit a falre les retours 
On me chargoit deffue drape ou tapis 
Fais doncainfr fe Beufp auoir honnouts 
Danse grant trauaif.çe. 


Oꝛ ap fant fait iuſques à maintenant 
Que iay acquise grant honnenr et fcience 
ar ie (cap Bien porter vng fee pefant 
Danse fe Burter par fourde negligence 
Dar quop mor maifire fima donne licence 
Denon auoir derriere baſtons coute 

Gt puis affer on fe trot on fe cours 

Dar le pape ou iap eſte ſoubzmis 





Sn ce faifant iap pale mes doufoute 
Dane grant trauail. gc. 


Prꝛince du puy/fop que dop a amours 
Quant ce fut fait if y auoit deux foutre 
Qui loprent auffi Bien que ie fis 

Mais Bng muet leur Bint dire balours 
Dans grant trauail. ec. 


¶ Autre Balade. 


As à ie ſeuffre grief toꝛment 
Las q̃ ie Sie en grant douleur 
Las à mõ cueur grãt paine [ét 
2* Las ie vſe mõ tẽps en lãgueur 
Et vſeray dame fans per 
Œaticnepuie mercp trouucr 





Las iap miemonentendemient 

A Sous apmer dame dhonnour 
dar ferup Joue ap fopaufment 
Et ſi ne doꝛs ne nuyt ne iour 

Las ie ne fai; qua Joue penſer 
Belle que iayme fans faulſer 
Tar voſtre amour fort me maiſtrie 
Dont bꝛiefment mefauldꝛa finer 
Se nalegez.gc. 


Oꝛ ie vous ſupplie humblement 
here dame de grant valeur 
Que de mes maufy alegement 
@e facies par voſtre doufcenc 
Las ie ſuis aif qui pour aymer 
Ge conuient grief mal endurer 
Car fortune me contrafie 

Bont bꝛiefment me fauldꝛa finec 
Se nalegez.gc. 


Belle plaiſant a regardet 

Pour tous viuans enluminer 
Malade ſuis ie vous affie 

Sont bꝛiefment me fauldꝛa finer 
Se nalegeʒ.ec 


¶ Autre Balade 


C. iiii 
A dame pour Bone dire verite 
Je meſbahiz mouſlt de vke maniere 
Ne qui voꝰ pent ainſi auoir boute 
En fa teſte de Vous tenir fi fiere 
€at maintenant np peut Saloir priere 
Je eau femblant quon face fans argent 
Je crop que vous gard ez moufin a Bené 
Du que iadis Vous en feuſtes mefcBine 
Quant Joue vouleʒ Rendre de So froment 
Autant ou plus Le bꝛan que fa farine 


Ce neſt point certes marche de loyaulte 
at fa farine fe doit vendꝛe pfue chere 
Beacoup que bꝛan / auſſi (efon feuufte 

Teſt treſmal fait der eftre couftumiere 
ήieufy feroit ce cent fois a fpe chere 

Dous en donnie; comme au commencement 
2 ceufo belle qui Bien) et doufcement 

Ont bullete Bo fleur a leſta mine 

Dane leur Vendꝛe ſi rigoꝛeuſement 
Autant ou pſus.c. 


Par exemple prenne quapes achapte 
Laſſus aux champs fee pois dune pefiere 
Je Sous demande fe ee poie font ofte 
Sera Bendu comme pour pois attiere 

Le Bieif pefas qui ne fait que fumiere 
Nenny certes/auffi certainement 

Ne cuideʒ pas que ceuſx quiont fouuent 
Dingt So moufin de blanche camefine 
Doient dacord dacbapter a pꝛeſent 
Autant ou plfus.ec. 


€ Safade de mariage 


Ap demoure entre fee fatrasine 
Gs eſclaues ou pape de furie 
Jay en vaiſſeaulx en galees en fins 
Sſte fur mer et en naue perie 
Sn tel toꝛment cuidant perdre fa Bie 
Jay combatu en quetre et pour Fe gage 
St de tout ce fuie ie Bien efchappe 
Et dautres maufy foꝛs que de mariage 
fard (op chaſcun quifnp ſoit attrappe 


Jay de farrone eſte fur le chemins 
Soit affaiffp pour faire roberie 
Batu / naure / de iuſtice repine 
Pour mes debatz iniures et folie 


Fueillet 


Jay demoure en foꝛtereſſe aſſaillye 

Siege deuant / engins / charroy / dagage 
Dierres/canons gettans a grant oultrage 
Jay par enuye eſte pꝛins et happe 

Mais fẽme auoit me fait pſus grant dẽmage 
Bard [op chafcun.c. 


Jay toue fee maufv cp deffue enfreprine 
Fraings et paſſez ſans auoir Biffenpe 

D! eff fur mop de femme fe Benine 

Dar marser/et toufioure bꝛait et crpe 
Tence/maufdit:doufce vierge marie 

Beau fire dieu pourquop me mariapge 

ar oncqueꝰ homme not tel dueil ne tel rage 
Que iay pour femme dont ie ſuis foꝛt frappe 
Bon fait fouyr tel douloꝛeux paſſage 

Bard (op chaſcunec 


Duince ſacheʒ quil neſt ne fol ne ſage 
De femme pꝛent quelle ne laſſouage 
Et quifne ſoit moꝛt / deſert et happe 
Sage neſt pas qui entre en mariage 
BSard ſoy chafcun.cc. 


¶ Autre Bafade 


Haſcun ſe loue de mariage 
Mais ie ne men ſcaroye koer 
Jene ſcay tant faire fe ſage 
Quon ne me viegne rãponer 
A ma femme ne puis durer 
Et ſi ap delle Pne aſſemblee 
Defans à ne font à grouſler 
Au feu deſſoubz la cheminee 


— 


Les vngs barbouillent leut viſage 
Et lautre piſſe en fon ſouler 

Et ma femme a touſiours fufage 
De maufdire et de connrer 

Aelle ie ne pure durer 

Je ny eux oncq bonne iournee 
Apaine moſe ie chauffer 

Au feu deſſoubz. cc. 


De ma femme a au corpe fa rage 
Jay caufe de doufeux auoir 
Ærfoir en mouuant le potage 
De fa cuiffer fift tout verſer 
ais fi fort ne print a hurter 


a tefte au pof de fa poree 
Quoncques puis nofap retourner 
Au feu deſſoubʒ. cc. 


Pꝛince fe dieu Boufoit offer 

Ma femme Gore de fa teftee 
Bien me pourrope affer chauffer 
Au feu deffoubs. cc. 


¶ Autre Bafade. 
Sruir Joue vueil bonnement ſans 
faulx tour 
Ma doulce amour ou iay mis ma 
pfaifance 
Jene fcap pas Biffe/cite/ne tout 
Que re Bouffiffe pour fa Boftre acointance 
Non a Boir dire fa couronne de france 
Gene Boufdrope pour voſtre amour auoit 
Si Sous pfaife ceſte ffeur receuoir 
Ffeur darmerie qui eff dot fin dozee 
Atoufiours maie ie ferap nion deuoir 
21 Soue feruir de cueur ct de penfee 


Zoufce penfce eff en mop nuyt et iour 
Duant me fouuient de voſtre contenance 
Do; Beaufp regard et voſtre Befatour 
Meſiouyſſent Fe cueur quant a vous penfe 
voſtre cer vis Vofîre gent coxpe mauance 
A Joue aymer de fin cuenr fane mouuoir 
Treſbonne et belle a qui de mon pouott 
Dueif oBeir fane faire retournee 

Vous aymeray ef mettrap mor pouoit 

A Joue feruir.ec. 


Bien comparer vous puise a fa couleur 
ZBefarmerie ma daine fans doubtance 

Lot et odeur aſſis fur fa Serdeur 

£uyp donne grant prie ef grande ſubſtance 
En Soue deg Bicne a en grant abondance 
Qui vous congnoifi Bien toſt le peuft fcauorr 
Si me mettrap au fong de cefie annee 
Œtatonfioure fane fofie mouuoit 

A Sous feruir. cc. 


Dour voſtre amout ne quies treſoꝛ auoit 
Panic dhonneur et de bonne heure nee 
En vous ap mie mon cueur iay le vouloit 
A Joue feruir. cr. 

* Balade pour vvng pꝛiſonniet 





Glas ma treſbeſle maiſtreſſe 
Œt Sous mes bons fopanfp amys 
De Sous ſcauiez fa grant deftreffe 
Du fuie en vne pꝛiſon mie 
Betonteiope defgarnie 
Gt de tout fonfas fe maift dieux 
De moy ape; pitie qui Bie 
En efpcrance dauoir meuf» 


ee ienv font tournez en frifteffe 
Tant fuie de pfaifir defconfie 
Œarariensic ne prens fpeffe 

Je ne voy que ras et fourie 
Douv/punaifee comme formis 
St pulces font deuant nree yeuſx 
Aquop me fauft mettre delis 

En cfpcrance.qc. 


Se iauoye toufe fa richeſſe 

Quor fineroit dedans parie 

Se la donner vous fais pꝛomeſſe 
Ace que ie ſoye deſmis 

De la pꝛiſon ou ie ſuis mis 

Qui eſt lien oùt/Smbrage/et vieulx 
TCeſt la foffe ou font fee chetifʒ 
Œnefperance.ec. 


Puince ie feuffrc (refenupe 

Le toument de ce prefens lieux 
aie iap toufioure de pie en pre 
En eſperance. cc. 


¶ Autre Balade. 


Mours a qui ie ſuis fout fier) 
che fait ſi doulcement eſcrire 
A Sous mon eſpoir et mon bien 
on ſalut / mon confoꝛt/ mon mire 
Celle que tant et plus deſire 

Le refuge de tout mon dueil 

Tertes nul ne me ſcauroit nuire 

Le iour que Sous verra mon oeil 


De voſtre amont riche me tien 
Plus que de ſauoir de fempire 
Sente de coꝛps ef de maintier) 
Cler Sie pourtrait comme de cire 
Be nofire aage dieu nofîre fire 
Nen a point foꝛme de pareif 


€.S 
Je ne craine donc glaiue ne vire 
Ze iour que vous verra. gc. 


Ma dame: mon cueur neſt pas mien 
A Sous eftet a vous fe tyre 
Zoufionte en ces marches reuien 
ar Sofîre doufeeur fe p retire 
Voſtre abſence trop me martire 
Plus effonguer ie ne voue vueil 
Veu que fur moy riens noſe bꝛuyre 
£ciour que vous verra. ge. 


Pꝛince ie noſeroye rire 

Monſtrer ſemblant / ne faire acueif 
Ne puiſſance nay dung mot dire 
LEe iour que vous verra. ge. 


¶ Autre Balade 


Ente de coꝛpꝰ miroir à mõ cueut art 
bouche ryãt / peuſx Bereg nes traictiz 
Mon eſpoir que deſite toſt et tard 
celle ey q iay ma ioye Ç mõ cueur mi 
A Vous me rendz ma dame de hault pue 

En requerant aucun alegement 

ar ſans ceſſer continuellement 

Je nay repos veſpꝛe ne matinee 

En ceſt eſtat languiray longuement 

Se voſire amour ne meſt bꝛief accoꝛdee 





Naute mauez de voſtre amouteux dard 
Qui mon cueur a enffambe ct fort efpue 
Dar Sng bꝛandon tue dung doufv regard 
Bont iap eſte ſoubdainement furpue 
Medecin neft en famoureux pourpꝛis 
Qui peuft curer mor) ducif aucunenrené 
Dour tant Joue pric affectueufement 
Que p poutuopez ma dame defirce 
Surer ne puis ne Biure longuement 

De Bofireamour.çc. 


Douuenteffoie mor trefarant maf fappert 
Quant de Vo; yeulx nap ngamonreuy ti6 
Et beau parler mefioupftdautre part 
Dar quop me ſuis a So grace ſubmis 
Sſpoir auſſi et feau parfer touſdis 
Me font fuppoe/cropes certainement 
Doint ne fuffift de cefa ſeuſement 
Lara fa foie ſe change fa penfee is 
iii 


fueiffet 


Bont iope auoir ne puis parfaictement 
De voſtre amour. ec. 


Bi Joue ſuphlie et requiers humblement 
Se cueur entier/ coꝛps et entendement 
Que p pouruopes/car fur ma foy iuree 
Auoir ne puie iope nefbatement 

De Joffre amour.gc. 


¶ Autre Salade. 


Sris ſouuent en gra nt deſiteſſe 
Je fais ſemblant deſtre iopeux 
Je meſdas fans auoir lyeſſe 

Je chanteg mon cueur eſt piteu® 
Je vois / ie Biée/ie fais du mieulx 
Que ie puis:pour cefer et taire 
£a doufeur à tant meft contraire 


Tant que fa nuyt dure ne ceffe 
Befoufpirer/pfourer des peufo 
Ei puis de iour ie fe defaiffe 
pour fa doubte des enuieuy 
Helas cene font pas beaulx ieux 
Enuoyez mop pour toſt deffaire 
La douleur qui fant.gc. 


Ceſt pour ma érefbeffe maifireffe 
Dour qui ſuis feruant en tous lieuꝑ 
Be quipar fa trefgrantrudeffe 

Du faufv dangier ſedicieux 

Ne puie parfer ne dire quieufe 

Sont mes griefs maufp na luy retraite 
Za doufeut qui tant. ec. 


€ Balade pour vng pꝛiſonnier 


G deſire ſouuent la moꝛt 
Combien 4f ſoit fierec hideuſe 
Et me defpfaift âfne nie mort 
De fa moꝛſure venimeuſe 
Puis quen £a pꝛiſon tenebꝛeuſe 
Fais ſi longuement demouree 
Se rage ç doufeur angoiſſeuſe 
Mauldiz ma vie malheuree 


Jauropye anſſi cher eſtre moꝛt 
Quauoir Bie ſi kangoureuſe 
Car ſouuent mon cueur fe remoꝛt 


De ma maiſtreſſe gracieuſe 

Qui pour moy neſt iamais ioyeuſe 
Ains treſdolente et eſplouree 

Loꝛs de penſee douloꝛeuſe 
Mauldiz ma Bie. ec. 


Je nay ne — ne confoꝛt 
Defperance eſt infructueuſe 
Mon plaiſir neſt que deſconfoꝛt 
Pour ceſte pꝛiſon deſpiteuſe 

Qui par ſa durte rigoꝛeuſe 
Ama face deſcoloꝛee 

Sont ma voulente oultrageuſe 
Mauldit ma vie.gc. 


Dar top mere dieu gloꝛieuſe 
Soit ma damereconfortee 
dar en cefie puifon Bapnenfe 
Mauldiz ma Bie.cc. 


¶ Balade dung amouteuts a fa date, 


Dieu mot cueur fe maiſtre cuent 
damours 
Adieu ma ioye « treſtout mõ plaiſit 
Je meurs dangoiffez dameres dos 
Se nay de Bo? vng ioyeux ſouuenit (fours 
ap mie en vous tout mon plaiſant deſit 
Qui de mor cuent oncques neſtoit party 
Bi Joué requiers que vueilleʒ ſecourit 
Le poure amant de dueil enfeuefp 


Jap fait pour Joue quafre cens mif toute 
En Vous querant comine amoureux martir 
Jen ap Belle plus de cent mil iours 

Tant quay eſte pꝛes que iuſquau mourir 
Dour fee doufeure que me faictes ſouffrir 
Boys et buiſſons pour vous belle ap faiffp 
Dont ie Joue pp que vueilleʒ fecourit 

Le poure ainant.gc 


Mon cueur ſi eſt treſtout temply de plours 
Lar dicelluy ne vous veult ſouuenir 

Je vous ap fait chappeanlv faire de flours 
Dour vous donner/mais vous alles catir 
Incontinent que me veeʒ venir 

Sont mon cueur eff a merueilles marty 
Dame dhonneur oꝛ vueilleʒ cp opr 

Le poure amant.gc⸗ 


Ma doufce amour e mon fopaf fecoure 
Duie que a mop ne vouleʒ obeyr 

It me conuient affer a mon recoure 

Du dard damoute aue; voulu remplir 
on poutre cueut fequef fen veult partir 
Je pꝛens congie:ma dame a dieu Boue dp 
Puis quautrement naueʒ voulu guerit 
Le poutre amant.gc. 


¶ Neſponſe de fa dame 
a famouteus . 


ie loiaulx des beanls fe mirouer 
en Bo? mõ cueur treſamoureuſem̃t 
Jay affiche par voſtre Beau parfer 
Cõme a ceffup à eft le plus pfaifät 
Be cemonde et fe plus aduenant 
Entre dames: courtois ef gracieux 
A Soue du tout me ſubmetʒ maintenant 
Faictes de mop comme vng Srap amoureux 


on ſeul plaiſir ſans nuf autre blaſiner 
Tant que ie puis vous requiers er pfeutant 
Que nullement vous vueilleʒ courroucer 
A moy qui ſuis tout voſtre paffe tempe 

ar iap tenu groe termesfonguement 

A voſtre cueur qui du mien eftiopeuy 
Amodereʒ voſtre ire doulcement 

Et de moy faictes.c. 


on pfaifant cueur ie neuſſe ofe patfer 

A Soue pour loꝛs que venieʒ fifouuent 

Ne Sos doulv yeulv plaiſamment regarder 
Dour le parler mauluais de pluſieurs gene 
Qui touſiours qerẽt trouuer empeſchement 
Pource quifs font treſmauſuais enuieux 
Ny penſeʒ plue viueʒ iopeufement 

Et de moy faictes.cc. 


Je ſuis a vous pas ne le vueil nyer 

Et eſtre vueil iuſques au finement 

Tar de mon cueur qui eſt franc comme oſier 
Ge ſuis donnee a vous paiſiblement 

A Brief parler / ie ſuis totalement 

A voſtre cueur de moy fort enuieux 

Je me ſubmetz a vous benignement 
Faictes de mop.gc. 


¶ Balade pour Bng prifonnies 


C. vi 
D treſoꝛ damours chaſtelaine 
Sſperance de tout mon bien 
Bõte plus quen perſonne humaine 
En Joue eſt ie kappercoy bien 

Attrempee par doulx maintien 

Vouloir pꝛocedant par meſure 

Die que toute beaulte meſure 

A qui feruit fuie oblige 

Je fineray par defmefure 

De de Joue ne fuie alege 


Seſir a vous mon cueurramaine 
Etquant Joue voy ne quiere plus rien 
Bien fcap queſtes ma fouueraine 

Sy amour / pour quop fe maintier) 
Avous obeyr/ et maintien 

Voſtre querelle iuſte et pure 

Veu que vo plaiſant creature 

Attent deſtre bꝛief ſoulage 

TCe non ob ſtant Bis en laidure 

De de vous. gc. 


Dure pꝛiſon frere hoſtelaine 
Œnnupeuv/fier et dur fier 

Me font retarder fcaue defeine 
Enclos en obſcur entretien 
Auec autre/et ne ſcay combien 
Viuray en ceſte paine dure 

Du fe iattendꝛay fa froidure 
Aduenir:ou plus foft congie 
Jauray/ce quitrop dur medure 
De de Doue. cc: 


Be beau maintien clere fiqure 
Daiffef qui fout honneur figure 
SDe pꝛiſon fuistant dommage 
Que cueut ef corps me deffigure 
De de Joue. gr. 


¶ Autre balade pour vng prifonnier 


Ire ne puis pour. eſbat que ie Bope 
Je nay plaifir a rien quõ me preféte 
regret de’ ice quau tépe paffc auoie 
Me fait douloir cefte faifon prefente 
Et ne fe fcap ou trouuer ne querir 
Dime conuient humblement requerir 
A dieu priant que par pitie ef grace 
Puis quil me fauft de ce monde fe sd 
iiii 


De mes pecheʒ humble pardon me face 


Alter ne puis par chemin ne par voye 

En pꝛiſon ſuis obſcure et deſplaiſante 
Et deuers moy nufne dient que ie voye 
Dont neſt douleur que ie nendure et fente 
Gt doubte foꝛs que dieu ne fe conſente 
Que moꝛt viengne de fon dard me ferir 
Suquel iamais ie ne pourray guerir 
Ains conuiendꝛa que du monde treſpaſſe 
Si nay beſoing fore que dien requerir 
Be mes pechez.cc. 


Touſiours attens que moꝛt pꝛeigne ſa pꝛoye 
qui narreſte en chemin ne en fente 

pour cueur humain deſheritet de ioye 

ar a ce met fon fenec fon entente 

Di ap en dieu mon efpoir et attente 

ar ceft ceffup qui me peut fecourie 

Œtpeut garder mon ame de mourir 

Quife Serra ce faine cieufv face aface 
Auquel ie prie fans aiffeure enqueris 
Bemespechez.cc. 


Pꝛince faiffons feaue aual courit 
Fous biens mondains pourrir fault ef perir 


Amendõs noue quât dieu noue dône eſpace 


Si me fuffift deuere fup acquerir 
DSe mes pecheʒ.cc. 


€ Bakade pour vng autte pꝛiſonnier 


Oulce choſe eſt de loyaulmẽt aymer 
À ar de to? biẽs amoure eſt fõdemẽt 

en bõne amour a donfceur ſas amer 
Qui Bien le fcet maitenir doulcemẽt 

Si deuons tone trefamoureufement 

Le dieu damoure feruir dentente pute 

Se cueur / de cozpe « Biene totafement 

Car a cefa nons incite nature 


Amoure a fait Homme et femme former 
Et leur donner detone Biens largement 
ar pour noue toue de pꝛiſon defermcr 
Receut dieu mort trefangoiffeufement 
Et nous donna de mot afegement 

En nous oflant denfer ç fon oꝛdure 
Remercier fe deuone humblement 

ar a cefa,gc. 


fueillet 


Dar amour fut fait cief/tetre e mer 

Et ce qui eſt deſſoubz le firmament 
Amour peut Bien cueur damant entamet 
Gt file fcct consoindre entierement 
Dour mop fe dp quifangoureufement 
Die en puifon tenebꝛeuſe et obſcure 
ais iap efpoir den ſaillir / g bꝛiefment 
Cara cefa.gc. 


Le tempe paffe foufope recfamer, 

Ga maifireffe chantant ioyeuſement 

Les doulx baiſiers auoic fans danger 

ar tout efloit a mon commandement 

Las maintenant:tout Sa bien autrement 
Sõt Sng chafcun de noue deux mal endure 
Et en plcurone aſſez et tendzement 

Car a cefa. cc, 


Pꝛince au fort/or dif communement 
Qua tout perdre npa que fauanture 
Si en laiſſons faire dieu feufement 
Œaracefa.gc. 


¶ Gncoꝛes balade pour Bng pꝛiſonniet. 


à uis qué doufeut me fauft Sfer ma Sie 
Dâs1opeauoir/foufas/nefbateméf 
Et foꝛtune feur Germaine dennie 
Ga defiourne fa faccrudcment 
Illte conuiet porter paciemment 

Mais a top dieu qui en fa croix pendis 

Œt qui pour noue ton faint fangefpandis 
Et ta mere treſgloꝛieuſe et pure 

De commande/car en fais et en die 
Endurer fauft humaine creature 





Au monde na ſyeſſe ne demie 

Se quop fa fin ne ſoit duel ef toꝛment 
Quant fortune de nature ennemie 
Qui en nu£tempe ne fait arreftement 
Tourne fa roe comme foubdainement 
Dur fee humains / comme elſe fiſt iadis 
Sur kes riches qui deuiennent chetifʒ 
Dar eufy fier en choſe qui ne dure 

Di eft commun tant a grane qua petie 
Œndurer fault. cc 


GSt dautre part fa mot ne congnoiſt mie 
Aedusnerop tout fiert egafement 


St ne kuy chault ne dan nc damye 
Dur vn gehaſcun pꝛocede plainement 
Tout enuoie plaider au iugement 

Par deuant dieu le roy de paradis 

Qui iugera les bons et fee mauldis 
Les vugs en paiv/fee autres en laidure 
St eeſt pout ce que ie repete g dis 
Endurer fauft.ec. 


Pꝛince faiches que poures et mendis 
Petis et grans / vaillans / pꝛeux et hardis 
Doit en fa met ou en fa terre dure 
Soiuent ſcauoir et retenir toufdis 
GEndurer fault. c. 


¶ Encoꝛes de ce 


net deſole bãni de tout ſouſaꝰ 
Ne penſe plus qua la fin ſeu⸗ 
lement 

certes ce à fu doiſ auoir tu las 
Veeʒ cp fa mort qui viẽt haſti 
uement 

Dour fe bailler ton derrenier 


D 


facement 

fuyr ne peus/etiponr tant confidere 
Comment mourras:catindifferamment 
En ce monde na que duel ę miſere 


Si te conuient maintenant dire helas 
Le temps paſſe pꝛins fon eſbatement 
Auec amours qui tauoit en fee fac 
Et viuoies dekicieuſement 

Se foꝛtune par ſoubdain mouuement 
Seſt diuertie / ou queffe teſt amere 
Bonne vie fait fe bon definement 
En ce monde. gc. 


Jeune / iopeux aſſeʒ vins et allas 

Dꝛ es tu pꝛins toſt et ſoubdainement 
Befcongnoifire te fauft le filx et (as 

Rire / chanter / dancer pareiffement 
Pour deſbatre / gemir amerement 

Doit ne congnoiſt compere nc commere 
Sur vng chaſcuy ſembat egafement 
En ce monde. gr. 


Tu te complains diſant que grief mal as 
Et que pꝛiſon te bleſſe rudement 


C. Vii 
Dar quop fu ee de viure faonf g las 
GEt mort requiers continuellement 
Selle taffauft feuffre paciemment 
car mourir fauft/quât dieu pfaift pere g mere 
Face lung bien / lautre mauluaiſemeut 
En cemonde.gc. 


Pꝛince:celle que ſeruis longuement 
Pour mor amour recoit douleur amere 
Jen aduient ainſi communement 
En ce monde.ge. 


€ Balade 


noꝰ cõmence a venir le printemps 
ajQue foue amane fe doiuẽet reſiouir 
Et que les ffeure belles g odoꝛans 
vienẽt enpoĩt pour vng chaſcũ ſeruit 
Quant vng amant voit tef tempe aduenir 
Ne doit if pas choiſit de fa partie 
PBamedBonnent/tourtoife ç enfeignie 

Et fa feruir en humble obeyſſance 

Dar dieu fi fait: et en Bie fans faiffie 

En grant deduit et en doufce plaiſance 






at il neſt homme tant ſoit foꝛt ne puiſſans 
De qui on dope honneur ne bien tenir 
Sifneft a dames amoutenb € feruane 

Et puis quif feft ç ſe met a fernir 

Bame plaifant/il fe doit reueſtir 

De bien/ dhonneur / de fens/de courtoifie 
Dour ce vous pꝛy ieunes gene quoy quon die 
Quen bien apmer mettez voſtre oꝛdonnance 
Di demoutres tout fe coure de Bo vie 

GEn grant deduit. ec. 


Boififles dames entre Boue Srape amans 
Œontre ce tempeque Bees reuerdir 

Lee opfiflons en reprenant feure chans 
Nature a ce fi les fait côfentir 

Et ce quanes cp deuant Beu matit 

Dar fe puintempe recueuure feigneurie 

Be fleurs / de fruictz / dherbe verte et iofie 
Neceucez cueur hardieſſe et fiance 

Vrays amoureuy / et ſerueʒ ie vous prie 

En grant deduit. ge. 


Pꝛince dhonneur / amours ie remercie 
De tout mon cueur et toute ma puiſſance 


Ffu eillet 


Quantie Bone voy et voſtre compaignie 
Sn grant deduif. cs 


¶ Autre balade 


V tout me metz en voſtte obeyſſancẽ 
Cõmandezʒ moy tout àf Bo? plaira 
ma ſeule amour ma ſeule plaiſãce 
Jamais mõ cueur de vous ne ptira 
ais ſoyaulment touſiours Sous aymera 
Comme ma doulce maiſtreſſe ſouueraine 
Et fif Sous plaiſt ſcauoir comment me va 
Je meurs de ſoif au pꝛes de la fontaine 






Qui eſt ſi belle et de ſi grant plaiſance 
Qua Voir dire amoute fa deuiſa 

A [a figure et fa doufce fembfance 

Si bien La fiſt et fi Bien loꝛdonna | 
Que nufs grane biens a mectrenoubfiæ 
Tout Bien en yſt / et ſi eſt touſiouts plaine 
Œt fine puis puifer/et pour cela 

Je mente de foif. ce. 


dariep treuue vne haye a deffence 

Que make Bouche auoit faictepieca 
Etpuie vng mur quon appelle nuyſance 
Se ialouſie que danger maconna 

Refus me dit que ie nen buray ia 

SEt que il eſt de fa court capitaine 
Juſques a tant que pitie men donra 

Je meurẽ de foif. ce. 


¶ Autre balade. 







BG € Joue choiſy noble loyale amout 
I te vous choiſy ſouueraine pfaifance 
Je vous choiſy gracieuſe doufcout 
ie vous choiſy treſdoulce ſuffiſance 
Je vous choiſy de toute ma puiſſance 

Je Sous choiſy de loyal cueur et Brap 

Je Sous choiſy par lelle conuenance 

Que iamais autre que vous ne choiſiray 


Je vous choiſy des beſles la meiſlleur 
le Bone choiſy ſans penfer deceuance 
Je vous choiſy des pfufbclfes Fa ffeur 
Je Sous cHoifp fane faire Bariance 
Je Sous choifp ma dtoicte ſouſtenance 
Je vous choiſi tant que ie puis et fcap 


Je vous choifp etapes fa fiance 
Que iamais autre que Sous ne choifirap 


Je Joue choiſy confort de ma langueur 

Je vous choiſy pour auoir alegence 

Je vons choiſy pour guerit ma douleur 
Je Sous choiſy pour ſanluer ma greuance 
Je vous choiſy ſans fin perſeuerance 

Je vous choiſy et choiſie Vous ap 

Saint. Men pꝛene en teſmoignance 
Quautre que vous iamais ne choiſiray 


Pꝛince du puy iay choiſy fa pfue franche 
Qui ſoit depuis paris iuſqua tournay 

Je voue aux ſains dont Bopfa remẽbꝛance 
Que iamais autte que Sous ne choiſiray. 


¶ Autre balade 


On ſeul amp treſbien ayme 
Ou ie pꝛens mon plus de pfaifance 
MSoyeʒ mop fopafet ſecce 
Comme iay treſbonne eſperance 
Et apez de moy ſouuenance 
Sans iamais me mettre en oubly 
St Joue feree bien mon amp 


Je garderay ma loyaulte 

Zou ſiours ſans quefque deffiance 
Jamais nuferap de pitie 

De ceneft par Bofire ordonnance 
Lopafe ſeray fans nupfance 

Di me fopes loyal auffi 

St Sous feres Bien mon amp 


Quant de moy feufiee refufe 
dene fut pas pat defbaignance 
Ains fut pour Boir Boifire Bonte 
St congnoifire voſtre confiance 
Jen ap en Soue pfufarant fiance 
Avez auffi fiance en mp 

Et Sous feres Bier mor amp 


¶ Autre balade 
Ve dictes Bone de mon appel 


garnier/fie ie ſens ou folie? 
Toute befſte garde fa pel 


Qui fa confraint efforce ou fie 
Selle pent effe fe deflie 

Quant dont par pfaifir Sofuntaire 
Chante me fut cefte omefie 

Sſtoit if foie tempe de taire 


De fuffe dce Boire hue capel 

Qui fut extrait de Boucherie 
Dnnesmenft parmp ce drapc£ 
fait Boire cn ceſte efcorcBerie 
ous entendez bien ioncherie 
aie quant ceſte paine arbitraire 
On mie iuga par tricherie 

Gſtoit if loꝛe. ec. 


Cupdies vous que ſoubz mon capel 
Neuſt autant de philoſophie 
Comme de dire/ien appel 

Si auoit ie Joue certifie 

Tombien que point trop ne mp fic 
Quant dit nie fut prefent notaire 
Dendu feres ie Boue affie 

E foit if loꝛs tempe de me taire 


Pꝛince fe ieuſſe eu fa pepie 

Dicca ie fuffe ou eff clotaire 

Auv cSampe debout comme vne efpie 
Efioitifiors temps de me taite 


¶ Autre Balade 


Retee humains à apres noue viueʒ 
Napez les cueurs cõtre noꝰ endurcis 
dat fe pitie de nous poures ancs 
Dieu en aura pluſtoſt de Bo? mercis 
Dous noue voiez cp attachez/ cinq / ſix 
Quant de fa chair que trop auone nourrie 
EL eſt pieca deuoꝛee et pourrie 

St nous les os deuenons cendre et poufdre 
Humains icy na point de mocquerie 

aie pꝛieʒ dieu à to? nous vueiſſe abſouſdꝛe 


/ 


Se freres vous famone/pasnen deuez 
Anuoit defdaiug/quoy que fuſmes occis 

Dar iuſtice / toute ffois Sous fcauez 
Quetous hommes nõt pas vng ſang raſſis 
Socuſeʒ nous puis qne ſommes tranſis 
Enuers fe fifs de fa vierge marie 

Que fa grace ne foit par noue tarie 


C. viii 
floue pꝛeferuant de linfernale fouldꝛe 
Nous ſommes moꝛs ame ne nous harie 
aie pꝛieʒ dieu.gc. 


£a pluye none a et buez et lauez 

Et le ſoleil defeicBez et noircis 
Pies / coꝛbeaulx nous ont fes peufo cauez 
Et arrache fa barbe et (ee ſourcilʒ 
Jamais nul temps nous ne ſommes affie 
Puis ca/puis fa:comrefe Sent varie 

A for plaiſir ſans ceſſet nous charie 

Plus becqueteʒ doyſeaulx que des a coudre 
Ne foie; donc de noſtre confrairie 

ais prie; dieu. cc. 


Pꝛince ie ſus qui fur foue a maiſtrie 
Sarde quenfer nait de noue feigneutie 
Se luy nayons que faire ne que ſouldꝛe 
De noſtre mal perfonne ne fe rie 

aie pures dicu.gc. 


¶ Autre balade 


ueſt ce à ioprce ſuis ie / gui?ẽton cueur 
Qui ne tiet mais qua vng petit filet 
Foꝛce nay plus ſubſtance ne fiqueur 
NQuãt ie te voy retrait ainſilſeulet 
om poure chien tapi en reculet 
Dour quop eſt ce?par ta folle plaiſance 
Que ten chault il?ien ap grant defpfaifance 
Kaiſſe mer paiv/pout quoy? gy penferap 
Quant fera cerquant ferap Gore denfance 
Plus ne ter die ef ie mer) pafferap 


Que penſes tu=eftre Somme de Bafeur 

Zu astrente ane/ceftfaage dung mulet 

Sſt ce enfance? nennil/ ceſt done foleur 

Qui te faifift/par ou?par le collet 

Riẽs np gognois. fi faiz / qguoy?mouſche en lait 
Lung eſt blanc:kautre noir/ceft diſtance 

Œf ce donctout/que Veux tu?que ie tence 
De neſt affes ie recômencerap 

Zu ee perdu ?gp mectrap refiftence 

Plus ne ten die.cc. 


Jen ap le du eil)toy le mal etdouleur 
De feuſſes vng poure ydiot et folet 
Au cueur euſſes de tepcufer couleut 


fueillet 


Si nas tu foing/tout vng teft bel ou lait 

Du ka teſte as plus dure qun ialet 

Du mienfp te plaiſt quõneur ceſte meſchãce 
Que reſpondꝛas a ceſte conſequence? 

Jen ſeray hoꝛs quant ie treſpaſſeray 
Bieuv quel confoꝛt / quelle ſage eloquence 
Plus ne ten dis.ec 


Dont vient ce mal?il vient de mor mal eut 
Quant ſaturne me fiſt mon fardelet 

dec mots y miſt / ie fe crop:ceft foleur 

Son ſeigneur es et te tiens ſon varlet 

Dop que ſalomon eſcript en fon roolet 
Khommie fage fe dit if a puiffance 

Dur fce eftoifles et fur leur influence 

Je nen crop riens / tel quil mont fait (erap 
Que dis tu/ riens ?certes ceſt ma creance 
Plus ne ten die.@c. 


Deuv fu viure?dieu mer doint fa puiſſance 
Alte fauft/quopiremote de confcience 

Lire fane fin/et quoy fire2en ſcience 

Laiſſer fee folz: bien ie y aduiſerax 

Oꝛ ſe retiens/ ien ay bien ſouuenance 
Nattens pas trop quifnetiengne 

Plus ne ten dis.c. 


¶ Autre balade 


Ous mes cinq ſens /yeulx oꝛeilles ef 
bouche 
Le nez/ et vouꝰ fe ſenſitif auſſi 
Toꝰ nice mẽbꝛeꝰ ou if ny a repꝛouche 
En fon endroit vng chaſcun die ainſi 
Souueraine court par qui ſommes icy 
Dous nous auez gardez de deſconfire 
Où fa fanqgue feufe ne peut fuffire 
Avous rendꝛe fuffifantesfouengee 
Si parlons toue/fiffe du ſouuerain fire 
ere des bone et ſeur des benoiſtz anges 


Cueur fendee vous:ou perceʒ dune bꝛoche 
Et ne ſoieʒ au moins plus endurcy 

Quau defert fut a foꝛte biſe roche 

Bont fe peuple des tif fut adoufcp 

ondes fermes et venez a mercp 

Com humble cueur qui tendꝛement foufpire 
Loue; fa court coniointe au faint empire 
Lheur dec francois/feconfort des eflandes 


Pꝛocree faffue au ciefempire 
Mere des Bone.gc. 


Et$oue mes dense chaſcune fi ſeſtochẽ 
Dailfes auât rende;toutes mercy 

Plus bauftement quoncques trôpene cloche 
Œt dc maſcher nayes orce fouffr 
onfidere; que ie fuffe tranſi 
Foye / polmon / et rate qui refpire 

Et Joue mon coꝛps / ou vit eſtes et pire 
Quoure ne pourcel qui fait fon nic es fanges 
Loueʒ fa court deuant quil Bone empire 
ere des bons. cc. 


Pꝛince trois ioute ne Bueifle; mefcondire 
Dour me pouruoir et aus miens a dieu dite 
Dans eufp argent ie nap icp naulx changes 
TCourt triumphãt fiat ſans me defdire 


Mere dec bone. cc. 

IE Zant Sale pot afeaue àf briſe 

IE Æant chauffe on fer quifrougift 

EN Tant fe ntaifle on quif fe debꝛiſe 
Tant Sauît fomme comme on fe prife 
Tant feflongne ifquifner fouuient 
Tant mauluais eft quon Le defprife 
Tant crie (on noef quif Bient 


¶ Autre bafade 


ant grate chieure que maf gift 





Tant parle oh quon fe contredit 

Tant vaultt bon bꝛuyt que grace acquife 
Tant promet on quon fen deſdit 

Tant prie on que chofe eft acquife 

Tant plus eff chere plus eſt requife 
Tant fa quiert on quon p paruient 

Tant plus commune moine eff quife 
Tant crie Éon.c. 


Tant apme or chien quon fe nourriſt 
Tant court chanſon queffe eftaprinfe 
Tant gardon fruit quif fe pourrift 
Tant quiert on place queffe eff pꝛinſe 
Tant tarde on que fault fentreprinfe 
Tant (e haſton que mal en vient 
Tant embꝛaſſe on que cet la pꝛinſe 
Tant crie on. c. 


Tant raiffon que pfus on ren rif 
Tant defpend on quon na chemiſe 
Æant eft on franc que tout p fit 

Tant vault tien que choſe promife 
Tant aymon dieu quon fait legliſe 
Tant donne on quempꝛunter conuient 
Tant tourne vent quif chet er biſe 
Tant crye len noel quil vient 


Pꝛince / tant vit fofquif ſaduiſe 
Tant va il quapꝛes il reuient 
Æantfe mate on quil ſe rauiſe 
Tant crye len @c. 


¶ Nondetl 


Snin lanemy 
Vaten auy eſtuues 
Et top fa venu 
Jenin @c. 


Dite faue nud 
Et te baigne es cuues 
Jenin çc. 


¶ Balade. 


Nreagal / en arcenic rocher 

cn oꝛpimẽt / en ſalpeſtre / chaud viue 
En plõb boulant pour mieulx fes eſmoꝛcher 
En ſuif et poix deſtrempe de lexiue 

Faicte deſtrons / et de piſſat de iuifue 

En lauaille de iambes a meſeaulv 

En raclure de pieds et vielz houſcauſv 

En ſang daſpic et beſtes venimeuſes 

En fief de foupe/ de regnars et blereautv 
Soient fuites ces langues enupeufes 


( 


li 


Sn ceruelle de chat qui Bet pefcher 

Noir et ſivieil quil nait dent engenciue 

Sung vieil maſtin qui vault bien auſſi cher 
Tout enrage en fa baue et ſaliue 

En leſcume dune mulle pouſſiue 
Setrenchee menu a bons ciſeaulx 

En leaue ou rat; plungẽt groine € mufeaufo 
Serpens / leſars / telz beſtes dangereuſes 
Lyons / liepars / et telz nobles oyſe aulv 
Soyent fritescc. 


Civ 
En ſublime dangercup a toucher 
Et au nombꝛil duue couleuure viue 
Du ſang quon voit es paletes ſecher 
Chezʒ ces barbiers quant pſame ſune artiue 
Dont lung eſt noir / lautre plus Bert que cire 
Er chancre et fiel / et en ces oꝛs cuueauſx 
Du nourrices eſſangent leurs dꝛappeaulvx 
Gnpetis baings de filles anoureufes 
Quune mentend / na ſuuy fes bordeaulx 
Soient frites c. 


Puince / paſſeʒ tous ces frians moꝛceauſx 
Seſtamine / ſacz naueʒ ou bluteaulx 
Parmy fee ſons dunes bꝛayes breneuſes 
ais par auant en eſtrons de pourceaulx 
Dotent frites gc. 


¶ Autre balade. 
Biapme € fers fa belle de bon hait 
en deuez vous tenir ne vil ne ſot 
Elle a en ſoy des biẽs a dꝛoit ſouhait 
Dour fon amour boucher ceins € paffot 
Quãt Viennent gée ie coureet happe vᷣngpot 
Au Bin men vois fans demener grant bꝛuit 
Je leur tend; eauc/fromage/pau ct fruict 


Silz payent Bien 1e feux dp que bien ftat 


Retournez cp quant Sous ſerez en ruit 
GEn ce bordel ou tenone nofîre eftat 


Paie adoncques if pa grant dehait 

Quant fans argent fer vient coucher margot 
Veoir ne fa puie / mon cneur a moꝛt fa hait 
Loꝛs fon ceint pꝛens / fa robe ou fon ſurcot 
Si ſuy iure quił tiendꝛa pour fefcot 

Par les coſteʒ ſi ſe pꝛent lentechꝛiſt 

Trye et iure para moꝛt ieſuchꝛiſt 

Que non fera/loꝛs empoigne vng eſclat 
SDeſſus ſon nes luy en fais vng eſcript 

Gn ce boꝛdelgc. 


Duis paiv fe fait / el me fait vng gros pet 
Plus enflee que neſt Bngefcarbot 
Riant maſſiet fon poing fur le ſommet 
Bogo me dit et nie fiert Fe iabot 
Zous deuy pures doꝛmons comme vng ſabot 
Et au reſueil quant le ventre luy bꝛuit 
Monte fur moy quel ne gaſte fon fruict 

11 


28 


Fucifret 
Sou65 effe gehains /plꝰ qung aie me fait pfat 
De naturer) tout elle me deftruit 
En ce boꝛdel ougc. 


A parfe de châpe fabourer 
De porter chaume câtre vẽt 
Et auffi de ſe marier 

À fennne à tence ſouuent 
De mopne de poure couuẽt 
de gẽs à võt ſouuẽt ſur mer 
Et dc celluy à laſne maine 


entre greſſe / pꝛince iay mon pain cuit 
Je ſuis paillart / la paiffarde me ſuit 
En ce faiſant chaſcun bien fentrefuit 





Lung vault lautre ceſt mau chat mau rat Mais a treſtout conſiderer 
Oꝛdure aymons / oꝛdur e nous aſſuit Poureshouſſeurs ont aſſez paine 
Nous deffuyons honneur il nous deffuit 
En ce boꝛdel ou @c. A petis enfane gouuerner 
Dieu fect fe ceftefbatement 
¶ Autre Balade. Be gene darmes doit on par fer 
Be faire feur commandement 
S congnois bien mouſches en faict Be ſeruir marcus chauldement 
le congnois a £a robe khomme Be ſeruir dames ct aymer 
Je congnoie fe beau temps du fait De querrper et bouhourder 


Je congnoie au pomniier fa pomme Et de iouſter a fa quintaine 


Je congnoie larbꝛe a Beoit fa gomme 
Je congnoie quant tout eſt de meſmes 
Je congnois qui beſoigne ou chomme 
Je congnois tout foꝛs que moymeſmes 


Je congnoie pourpoint au colet 

le congnois fc moyne a fa gonne 
Je congnois fe maiſtre au varlket 
Je congnois au voile fa nonne 

Je congnois loyſeau qui gergonne 
Je congnois ſos nourris de creſmes 
Je congnois Le Bin er fa tonne 

Je congnoie/forecc. 


Je congnoie cheual et mulet 

Je congnois leur charge et leur ſomme 
Je congnois bietriv et belet 

Je congnois gect qui nonibꝛe aſſomme 
Je congnois viſion et ſomme 

Je congnois fa faufte des Boefinee 

Je congnois fe pouoir de romme 

Je congnois tout @c. 


Pꝛince ie congnois tout en ſomme 

Je congnois coloꝛeʒ et bleſmee 

Je congnois moꝛt qui tout conſomme 
Je congnois toutec. 


¶ Autre Balade, 


Mais a treſtout conſiderer 
Poures houſſeurs cc. 


de neſt que ien de bledz ſoier 
Œt de pres faulch er drapement 
Je doꝛge batre ne Banner 

Ne de plaider en parlement 

A danger empꝛumter argent 
GEt achartiers a deſieuner 

Et de ieunet fa quarantaine 
Paie a freftout confiderer 
Poures houſſeurs cc. 


¶ Autre balade. 


Ellas mes peufo mon cueut aueʒ trahy 
h A dien met) plains / vecy raiſon pourquoy 
Oncques neuſſe de ma dame choiſy 
Le doulx regard ne fon beau maintien /quop 
De ce ne fuftpar Sofireenfeignement 
Donc eſtes Bone caufe de mon toꝛment 
€ontraiteanffi a foute ma fante 
Si ſanguiray fenap aucunement 
Humble mercy defcendant de pitie 


Lac quapie dif/if neBa pas ainfi 

at a mes peufo riens demander ner dop 
ais a mon cueur/fequef ſeſt aſſenti 
ZBamoure fetuir : cat tout ce queieBop 
Neſt pas pour mop/dont ie dp plainement 
Que Le defir de mon cueur proprement 


Si eſt la caufe de mon enfermete 
Dont ie mourray ſi nay haſtiuement 
Humble mercpgc. 


Mais par ma foy ie ne ſcay que ie dy 
Rice ne demãdẽt mes peulv/moncueut/mMais 
dar de ce nap mes cinq feneaduertp  (mop 
Dour apmer ceffe que iaymer crains et crop 
Dune me fcap confeiffernulfement 
Damours ferap fe doulx commandement 
Viengne qui veult puis quif meſt deſtine 
Dit pkaiſt a dieu iauray pour papement 
Humble mercpgc. 

d'autre Balade. 


€ monde Ba er amendané 
haſcun entant a dieu feruit 
Tous fuient oxgueif et bobant 
Dour droit ef raifon foubftenit 
Tout malice Serres fouir 

Ne iamais taiffe ne courra 
Lee grâce le veulent maintenir 
Ainſi que leſcreuice va 





Bien fe garde chaſcun ſergent 
Daucun tort faire et de mentir 
Aduocas nyront plus plaidant 
Sinon pour loyaulte tenir 

Les generaufo pour parfournir 
Derout pour ceufp quon greuera 
716 font daccord fans repentir 
Ainſi que cr. 


Lee clercs Berre; humilians 
Dane ambicieuy deuenir 
Refigieuv feront engrans 
Delupure dentre eufo bannir 
@endians Verre; abſtenit 

Le poure Somme Sonnore fera 
ttout ce Serres aduenir 
ZAinfiquegc. 


¶ Autre balade. 


E neſt danger que de vilain 
Noꝛgueit que de poure enrichi 
C Mefifeur chemin que le plain 
Ne ſecours que de vray a 

Ne deſeſpoir que ialouſie 





€v 
Nangoiſſe que cueur couuoiteux 
Ne puiſſance ou il nait enuie 
Ae chere que dhomme ioyeulvx 


Je ſeruir quau roy ſouuerain 

Ne lait nom que dhomme ahonty 
MNe manger foꝛs quant on a fair) 
Aempuife que dhomme hardy 

Ne pourete que inafadie 

Se hanter que fes bons ef pꝛeux 
Me maiſon que £a Bien garnie 

Me chere quege. 


Ne richeſſe que deftre ſain 

Sen amours tef Bien que mer 
Je de fa moꝛtriens pfus certain 
Ne meilleur chaſtoy que de fuy 
Ne tel treſoꝛ que pꝛeudhommye 
Ne paiſtre quen grant ſeigneurie 
Me chere quegc. 


Que vouleʒ vous que ie Vous dye 
Ikneſt parler que gracieux 

Je louer gene quapꝛes feur Pie 
Ne cherequegc 


¶ Autre balade. 


As ie me plains damoute et de ma 

dame 
et de meSpeufv dt iay veu fa Beaute 

Œtouftrepl? ie me plaine dune fẽme 

Qui contre mop a le confeifdonne 

Pont 1ap defta tant de mal endure 

Quil me fauldꝛa par defanfte de ioye 

Aler criant comme tout foꝛcene 

Je heʒ ma dame que tant aymer ſouloye 


Tar fe pitie fon frefoonfo cueur nentame 
Ame donner tout ce que ie deſire 

Biray mourir ainſi qung homme infame 
Tout hoꝛs du ſens / et ſi deſeſpere 
Quapꝛes ma moꝛt ifen feraparfe 

Plus loing div foys que dicy en ſauoye 
Et loꝛs dirap ie pour plus eſtre blaſme 
Je heʒ ma damegc. 


Se ie ſe dy / ie iure ſus mon ame 
ti 


Que ce fera contre ma voulente 

le prye a dieu quil np puiftauoir ame 

À cefle fin quifne foit raporte 

ar ia foit ce quelle mait courrouce 

Tant quon peut pf? cent mille fope mourrope 
Anant que ieuſſe ne dit ne profere 

Je hez ma damegc. 


¶ Autre Bafade pour vng 
pꝛiſonnier. 


Eklas ie ſuis au pape dc ſeruage 
Du ie me voy en grant ſubiection 
Daucũes gẽs à veulent mon dõmage 
Quu cõtre dieu me tiennẽt en pꝛiſon 
Et nya nul qui ne me ſoit felon 
up. Jmauluais:demain vng autre pire 
Depluc en plus chaſcun iour if mempire 
Pource mo) cueur ſi ne ſe peult tenir 
Depucr dieu / mais ie ne loſe dire. 

Que male mort ſi les puiſt accueillir 





Car par ma foy oncques ne vy oultrage 

Fe maloſtru / foꝛs en celle maiſoyy 

de ſõt flateurs plains de mauluais courage 
Qui nont en eulx loyaulte ne renom 

Nut deuant eulx ſoze iouer ne rire 

Pour malebouche qui la tient ſon empire 

Et quant ainſi fes ap veu maintenir 

Je pꝛy a dieu: mais ie ne loſe dire 

Que male moꝛt. 


Je vy danger qui gardoit le meſnage 

Qui Bien ſembloit eſtrange valeton 

Vng grant villain fiet doꝛrible viſaige 
Qui a les ioues plus enflees qung chapon 
Et tient touſiours en fa main vng Bafton 
Je vous promet; quil ſenible bien mau fire 
Atoue pꝛopos il eſt pꝛeſt deſcondire 

De ce mefuier le vis ie Bien ſeruir 

Loꝛs pꝛiay dieu / mais ie ne loſe dire 

Que male moꝛtec 


Sens et gentes qui pourreʒ oyr dire 
Œefte balade faictes mop ce plaiſir 
Pꝛieʒ a dieu treſtous ſans contredire 
Que male mort cc. 


Fueillet 
¶ Autre balade. 


€ hezʒ ma bie et deſire ma moꝛt 
Et mauldis kheure quoncques fus 
amoureux 
Œt heʒ mon cueur quãt il en fut dac⸗ 
SEt auſſi fais ie ma peſee et mes yeuſo (coꝛd 
Æt puis apꝛes toutes celles et ceulvx 
Par qui pꝛemier le meſtier commenca 
Gt de cecp me bla ſme qui voul dꝛa 
Ie ne me chauft quon puiſt dire et parfer 
Die chaſcun tout ce qui luy plaira 
Quant efta mop ie ne vueil plus apmer 


Œtdictes moy ie vous pꝛy ſe iapy tort 
Refpondez moy mon frere gracieux 
Bois te toufioure efîre fane reconfort 
Ne fane p efire aucunement iopeu» 
Je me complaine de ce cas merueiffeux 
ja dame dit quelle ne maymera ia 

Ne que pout riene ne me confortera 
Be fa doufeur quifme fauft endurer 
Parquoy ie dp que dieu faduifera 


Quant eft a mopee. 
Zout a tempeBient on en triſteſſe 


à | 
A 1 
AE “6 nefitreforge. 


Je dp pour offer fa deſtreſſe 
Que fee triſtes ont a ſouffrir 
Jeneſt trefor que defpeffe 
Thaſcun ſe vueille reſioyr 


¶ Nondel. 


£ nefttreforque de lyeſſe 
Chaſcun fe vueille refiopt 





¶ Autre rondef. 


a Durnoue maintenir er ſante 

À Soponseiopeuv ef beuuons bien 
ŒarieBousiureenBerite 
Pour nous «ec. 





Que lyeſſe a lauctoꝛite 

Dur tout autre Bien terrier) 
Dour nous maintenir en fante 
Sopons iopeup @c. 


¶ Balade. 


Autrier noꝰfuſmes de cõpaignõs plu 
ſieurs 
q̃ entrepmes fe chemin doultremer 
Et en alant noꝰ en trouuaſmes deux 
Boni fung diceulx me vint arraiſonner 
21 fup voulus du chemin acqueftet 
Paie if me diff et iura pat fon ame 
Que iamais homme ne ftdeuvoit fier 
Tar maint amant p ont perdu feur dame 


Gt fime diftoout ce fuie merueilleux 

Que bien cinquante auoit op parer 

Qui en venoient dont tout Le plus ioyeux 
Di fup compta que a fon retourner 
Dncquee fa dame ne fe Bouft regarder 
ais fe heoit plus quoncques ne fiſt femme 
Et me diſoit que nul np doit paffet 

TCar maint amantgce. 


Adonc ie dys penſif et dolouteux 

Dour dieu fire vueilleʒ moy adꝛecet 
Tomment ie puiſſe ce chemin periſleux 

Moy et mon cueur ſans perte deſtourner 

If me reſpond / et a vous Briefparfer 

le Sous conſeille pour eſcheuer tout blaſme 
Que du chemin vous vueilleʒ deporter 
Larmaint amantec. 


¶ Nondet. 






Ar long temps ap nage en fonde 
À Sn fa cruelle mer parfonde 
A 2e fortune qui pat fon fort 
Ÿ HamenciufqueeaBngport 
Le plus mauldit de tout le fonde 





Dng fac pa fans point de bonde 
Leaue de pleure fi fort predonde 
Quon np trouue ne fons ne bord 
Dar long tempe cc. 


“Aup Bouts et an meillieu ie fonde 
aie de mille lieu a la ronde 

Je ny treuue aucun reconfoꝛt 

Sont deſire ſouuent fa mort 

Par le grant dueil quen moy habonde 
Dar long temps ge. 


Cvi 
¶ Balade. 


À L£upe daurif et rouſee de map 

A Des verdoyans et gracieug Bocage 
JJardin fieurp derofes et de gfap 
PS merfes/mauuS/roffignofet fauuage 
Drais amtoureuv qui damours aueʒ gaige 
Venezʒ opz fa doufceut de de ma darnie 
Qui doufcement dung amoureuxlangaige 
Son doufe ſeruant et ſon amy me — 





Bon oeuure fis quant mon cueur luy dõnay 
Tar bon loper men rend la doulce ymage 
La fleur damoure/fa dame fans efmap 
Bente de corpe/faictiffe de corfaige 

A mon aduis neſt ft parfait ouurage 

Que fa ſeruir et aymer fans diffame 

Tar feufement quant ie fup fais Hommaige 


Son doufp feruantec. 


O ffeur des ffeure ou Bonne efperance ap 
Autreque Sous ne me tient er) feruaige 

Je ne quiers mieulx/ne plus cie ne ſcay 
Bien meſt aduis que ceſi mon heritaige 

De men pꝛiuer me ſembleroit oultraige 
Jugeʒ amans que dieu noue gard de blaſme 
Seray ie ſien puis que pat droit Bfaige 

Son doufper. 


¶ Autre Balade, 


Ikneſt dargent ou de ioyaulv garn 
Telluy eſt fol qui —— 
Au temps pꝛeſent / neſtre appelle amp 
Dar Bien aymer fans penfer trichette 

ar fon tempe perf /et folenent varie 

Dar mop fe fcap:car Bien lay eſpꝛouue 

at on ma dit cif eft fol qui fifpe 

Fa poutre honis ne fera bien apme 


Quant iop que ma dame fentendp 
Loꝛs ie fup dis / doulce dame iofpe 
le nay iopaufs nargent par ſaint remy 
Adonc diſt elle tu as fait grant fofpe 
De tu mapmes neioutnee ne dempe 
Ne ſe deviens es de mamour enffame 
Tar ie fe dy autrement ne cop mpe 
Ja poure homsgc. 

t ii 


fueiffef 


“Dont par ce pointie congneuʒ bien et dy 
Quamoure perdoit toute fa ſeigneurie 

Tar poures homs pour bien qui ſoit en luy 
fe pour honneur ia dame ne fs fie 

Quif foit apmc/ie ne mp actens mpe 

Je nen puis mais que (ope amy came 
Tar puis quargent vainct amour et maiſtrie 
Ja poures homecgc. 


Autre balade. 


Ay longuement amoure ſeruy 
Dour cuider leur bien acqueſter 
Mais if; mont fi treſmal party 
Que ie ne men ſcauroye louer 

Sine me ſcay a quel meſtier 

Mectte pour mon alegement 

Eonſeil demande a toute gent 

Tar ie ne ſcay qui me veult mieulv 

Dour viure bien iopeuſement 

SEſtre homme darmes ou amoureux 


Pour ce lourdin de ſaligry 

St vous gaucourt mon amp cher 
Qui aueʒ veu la dieu mercy 
Longuement amoure pourchaſſer 
Je ſuis a boꝛdeaulx pꝛiſonnier 
Et nay ne dame ne argent 

Vous opez mon gouuernement 
GSt me dictes ſe vous aiſt dieug 
Lequel ne vault mieulvx a pꝛeſent 
Eſtre homme darmes ce 


C 

Car ma dame du Bien) de ly 

Ne ma voulu opr patfer 
fa plus dung an et demy 

Ne a grant paine regarder 
Plus ne vous en fault declairer 
Trop en ſcaueʒ vous largement 
Aduiſeʒ a ce iugement 

Ame trouuer en haultains lieux 
Qui eſt plus mon aduancement 
Eſtre hommegc. 


¶ Autre balade. 
Our fout plaiſir apie dueil ãgoiſſeux 


Dour tout ſoulas rage defmefuree 
D grief deſeſpoir enfieu de cueur ioyeux 





Foꝛcenement pour courtoyſe penſee 
Zangueur fans fin contre vie aſſeuree 
Plaine de pleur / dangoiſſe et de toͤment 
Pour tout eſpoir la vie malheuree 

Me fault ſeruirt perpetuellement 


Dour fout deſir iay le cueur douloureux 

En lieu deſtat viuray ie obſcurement 

Pour beau maintien iay courroux tenebꝛeux 
Pꝛeſt a perir ſans nul alegement 

Zouſiours durant perpetuellement 

af fans moyen impoffible a guerir 

Ge fauft fouffrir tout cefa Brapement 

Et ſi ne puis ne guerir ne mourit 


Fierte / durte pour regard amoureux 
ŒtSoufente de ioye ſeparee 

Triſte penſer et regard merueilleux 
Semiſſement pour face coufoutée 
Angoiſſe grant en fae cueur enfertee 
Plaine de dueil et deſbahiſſement 
Dour Bien mondain fa mort treſde ſiree 
e fauft fouffrirec. 


Œourrouy amet pout fembfant amouteuy 
Poꝛte en apert / non pas couuertement 
Moꝛne maintien pout baiſer ſauoureux 
Augre ſouſſy pour t eſioyſſement 

Pour doute ſouſpir treſſaillir en doꝛmant 
Dure rigueur qui tout bien fait tarir 

Me fauft ſouffrirgc. 


En lieu de ieu vng ſouſſy rigoꝛeuv 
Pour bon repos treſdiuerſe nuytee 
Dour douly repos treſſaillit entredeux 
Pour vng lict mol biere treſmalheuree 
Labeur en vain en) lieu dauancement 
Fieures volans qui touſiours ont duree 
che fault fouffrirec. 


Trouble conſeil vouloir impetueux 
Pour eur malheur infoꝛtuneement 
Et grief traueil pour recoꝛs gracieux 
Loing reculer en lieu de hardement 
Et tout le mal quon peult entierement 
Dire et penſer ſans eſpoir den yſſit 
Me fauft ſouffrir cc. 


De courtopfie ie dis ceſte complainte 


four Joue de cueur nape de defpfaifie 
aie plus ner) dp ma parole eft eftainte 
Et fine puis ne guerir ne wrourir 


¶ Autre balade 


Dieu ma dame ſouueraine 
A dieu belle et bonne ſans per 
21 dien dame en fout bien certaine 
2 dieu ce quondoit deſirer 
21 dieu ma princeffe tofie 
A dieu ceffe que iap choiſie 
Au departir/a dieu Bous dy 
A dieu ma dame/ie ous prie 
Souuiengne Joue de voſtre amy 


A dieu fans penſee vilaine 

A dieu humaine ſans amer 

A dieu dame de vertu plaine 

21 dicu celle quon doit clamer 

A dieu belle ou bien multiplie 

A dieu dame er mor cue ur rauye 
A dieu vous dy de cueur marry 

A dieu dame ſans villenie 
Souuiengne vous de voſtre amy 


Adieu franche dame haultaine 
A dieu gracieuſe en parler 

A dieu ma deeſſe mondaine 

21 dieu ce que Len doit louer 

21 dieu tout fe Bien de ma vie 

21 dieu plaine de courtoifie 

21 dieu vous dp comme tranſi 

A dieu dame damour garnie 
Souuiengne Sous de voſtre amy 


¶ Autre balade 
Sieu Bo? dy ma treſbelle maiſtreſſe 
| A dieu voꝰdy mon fouuerain plai ſir 
) JE 1 dieu vous dp ma iope et ma lieſſe 
A dieu voꝰdy mon amoureux deſir 
Adieu Sous dp iuſques au reuenir 
A dieu vous dp mon bien moryefperance 


Adieu vous dp de vous me fault partie 
A dieu vous dp celle ou iap ma fiance 












Le departir trop durement me bleſſe 
Le departirme fait fe cueur fremir 


€ vit 
Le departir me met en grant triſteſſe 
Le departir me fait le vis palir 
Le departir finie met au mourir 
Le departir me fait grande greuance 
Tant que ne fcap que puiffe deuenir 
A dieu Bous dp celle où iay ma fiance 


Comment pourray ie ma treſbelle maiſtreſſe 
Dans vous durer ne mon cueur efiouir 
€ommentpourrap ie offer Gore de triſteſſe 
on poure cueur quant ne poutrap veir 
Voſtre beaulte qui tout me faittranfir 

Tar cp ne puis faite na demourance 

Pource Sous dp en treſgrant defpfaifir 

A dieu vous dp celle ou iap ma france 


Same de prie ie vous dp fane faillir 
Zoutfe plus toft que poutrap reuenir 

Je reuiendrap vous veoyr fans doubtance 
Adieu Bous dp pleurant au departit 

A dieu Sous dp cefle ou iap ma fiance 


¶ Autre balade 


Oulce benigne pour plaiſance mon 
daine 
Agouuernet vng frãccueur amou 
reux 
Œn vous aueʒ damours fout le demaine 
pour biẽ pourueoir vng cueur mõdain ioyeux 
Aqui iamais on ne fait lenuieux 
Oꝛganizee dung langaige a plaiſir 
Bien compoſee en manitien pꝛecieux 
Je pꝛie amtoure que Le puiſſieʒ ſeruir 


Lumain plaiſir a qui du tout me donne 

En Joue pꝛiant que maieʒ aggreable 
Cueur / coꝛps/ et ame du tout Sous habonde 
Atoutiamie fans eſtre variable 

Belle treſdoulce fopez moy ſecourable 

Que fauko danger ne me viengne aſſaillir 
fe Bofîre honneur qni tant eſt honnoꝛable 
Auquelie prie que le puiſſe ſeruit 


Beaulte parfaicte plus q̃ neut oncq helaiue 
Maintien raſſis plus que neut oncq heſter 
Zrop mieulð chantant que neſt vne ſeraine 
Je vous pꝛie que ie puiſſe hanter TE 
iiii 


Auciftet 
offre perſonne afin de me vanter 
Deftreamoureu et auoir fe pfaifir h 
De Sofire honneur que ie vueil hault mõter 
Auquefie prie que fe puiffe feruit 


Duinre damours vueillez moy exaulcer 
Snuers fa belle pour fon ſerf retenir 
Que fon honneur fime vueille auancer 
Auquefie prie que fe puiffe ſeruir 


¶ Autre balade 


Adoufce dame en à iay ma fiance 
CEõ mãdeʒ moy tout ce qaͤl Bo? plaira 
JT ou tout ne metz en voſtre obeiſſãce 
Wet toyaulmẽt mon cueur So? ſeruira 
Atouſiourſmais et Sous obeira 
Tomme ma dame maiſtreſſe et ſouueraine 
Et ſit vous plaiſt ſcauoir comment me va 
Je meurs de ſoif aupꝛes de la fontaine 


Qui ef tant belle et de fi grant plaiſance 
Quau Bꝛay parfer amoure fa deuiſa 

21 fa figure/a [a droicte oꝛdonnance 

Si bien fa fiftet Gienfpmagina 
Que nul grant Bien mettre np oubfia 
Tout Bien p eſt / et ſi eſt touſiours plaine 
Mais ie np puis puiſer / et pour cela 

Je meurs de ſoif aupꝛes de la fontaine 


Sy ap trouue vne haie et deffenfe 
Que male bouche auoit faicte pieca 
Vng mur pa quon appelle nuyſance 
Que ialouſie et danger maconna 
Refus ma dit que ie ny viendꝛay ia 

Et quil en eftfe maiſtre capifaine 
Juſques a tant que pitie reuendꝛa 

le meurs de ſoif aupres de fa fontaine 


Autre Bafade 


> Vcunes gene fe Sont efmerueiffant 
comment ceffe à tãt apmet ſouloie 

Ne fait de mop ne chere ne ſẽblant 
< naquopiftiéte fe fa coufpeeftmope 


Du ſelle a fait choſe quefte ne dope 

ais a tous ceufp refpons ef certifie 

Selle mefoeet mouft fa remercie 

Ses grans plaiſirs quou tẽps paffe ma fais 


DSung pain manger / vous fcaues il ennuye 
Je nen dp plus / du remenant me fais 


Que ne luy fis en iour de mon viuant 
Ne elle a mop foꝛs que pfaifir etiope 

Et fi mamoit ce difoit effe autant 
Comme Befaine auoit parie de frope 
<ertainement ce feroit ma fofie 

aie fon vouloir prefentement neſt mie 
Se me monſtret quelle mayme iamais 
Pource quelle eſt ailleurs embeſongnie 
Je nen dy plus du remenant me tais 


Dine ſcauoit nulluy pfue ſuffiſant 

Selle et de moy ie congnois bien monnoye 
Et fi ap veu autre fois de grant temps 
Quelle {cet Bien fa Beffe fimpfe et cope 
Quant if eff tempe et damours fe pouruope 
St que fouuent fauft changer compaignie 
A dire Boir pour fr grant courtoiſie 
Éompfaire Seuls a tous pour auoit paix 
Aufne ſen Sa efcondit qui fa prie 

Je nen dp plus du remenant metaie 


Dour ce mandes que chaſcun heraull cie 
La grant fargeffe et ſamoureuſe ie 

Be fa elle quine mapmera mais 

Ou fe ceft vꝛay / ou fe ceft menterie 

Je nen dp plus du remenant me faie 


¶ Autre balade 


S fuis baigne du vẽt daduerſite 
Juſquen la mer de tribulation 
Batu des flotʒ de grant neceſſite 
Loingtain du port de conſolation 
Pꝛes du perif de triBufation 
ouf toꝛmeute de rigoreufeoufz 

Cõble dénup/friboufe de fouffrâce (trance 

Que nufne Seuft mon partp afouer 

On moſte fop ie pers mon efperance 

le ne fcap pfue a quef ſaint ma vouer 


Bien dire puis ſoubʒ benedicite 
Quenuoie ſuis a diſſimulation 
Beſoing ouure luys de mendicite 

Pour y faire mon habitacion 

Pourtant ſe ſuis deſtrange nation 

Ce neſt pas cauſe ne raiſon napparence 


Quene fopez moper dereconurance 
ieufo me vauldꝛoit Bie deſauouer 
Quainfi languir en telle defpfaifance 
Je ne fcap plus a quef ſaint ma vouer 


Quant en ce pape euʒ pꝛemier habite 
Jeuzʒ en pꝛopos et en intencion 

Que ie des dames feuſſe loꝛs incite 

Gn los / honneur / pꝛis / exaltacion 

Quen diray ie? quelle relation 

Quant de moy nont aucune remembꝛance 
Je les honnoure / ie leur fais reuerence 
ais ie ne voy pas vne fen louer 

Tout fe change / par tout a difference 

Je ne fcap plus a quef faint ma vouer 


Pꝛince puiffant / ou royaulme de france 
Dont fes dames de treſgrant excellence 
De grans vertus leur voulut dieu donnet 
ais quant a moy pat faulte deſperance 
Je ne fcap plus a quel ſaint ma vouer 


¶ Balade reſponſiue 


ou veneʒ voꝰrdou. voire? de fa couté 
Et à fait on?riens qui vaille. cõmẽt 


A bienparler af eſt le temps à court? 


maufuaie oif dea? oil certainemẽt 
Aurons nous pys?oil par mon ferment 
Comment cela?on er) Soir lapparence 
Qui portera ces faiʒz entierement 
Qui Boire quifes trois eſtas de france 


Dont Bientcecp2de quop + dont ce mal court 


Voire. dictes nous hardiment? 


Je noſe. riens riẽs / qui tient fargent ſi court? 


Siray ie? oil. deux hommes ſeulement 
Et qui ſont ilz?ie ner parle autrement 
En ont ilʒ?eulx fif en ont ? a puiſſance 
Qui leur en baille ſi tres habondammient? 
Qui voire qui?les trois eſtas de france 


Quen dit paris ?il eftmuet ef ſourd 

Noſe il parler?nennil/ ne parlement 

Et le cfergie?on fes vous tient bien couté 
Par voſtre fop2oif certainement 
Nobleſſe quoy?la moitie pierement 
Tout ſe pert il? ſans aucune eſperance 
Qui peult pourueoit a cecp bonnement? 





€ vit 
QuiiBoire quiifes trois eſtas de france 


Pꝛince. que veuſx? ſupplions humblement 
Que le grant roy qui ſur tous a puiſſance 


Qui nous donra bon confort pꝛeſtement 


Qui: Boire quiifes trois eſtas de france 
¶ Au tre balade 


Oy qui veulx damer 
© faire lentrepꝛiſe 

De peusenfamer 
Celle quas requife 
Tant quel foit ſuipꝛiſe 
De faire cefa 

Dour pꝛemiere prife 
Abas la / fou la 


Sans plante ruſer 
Jouer de main miſe 
Œieufo pourroit vſer 
Vne pierre biſe 

Que lauoir conquiſe 
Se foꝛce ny va 

Se veulx quon feprife 
Abas la /fou fa 


Selle veult pleurer 
Vng peu pat faintiſe 
Ne la laiſſe aller 

Dar fa couardiſe 
Lieuefa chemiſe 
Maintien ce nofa 
Puis queffe eff ſurpꝛiſe 
Abas fa/fou fa 


Pꝛince / ceſt fa guiſe 
Quant kheure viendꝛa 
Soit dꝛoicte ou aſſiſe 
Abas fa/fou fa 
¶ Autre balade 


Lus nay fe vit tel que ſouloye 
Je ne ſcap ſil eſt vif ou mort 
It eſt couche dedans ma bꝛaye 
MHalade / ie crop quif ſe doꝛt 

Faire nen ſcauroye bon recoꝛt 

Ne ie ny ſcauroye que penſer 

Se le couper fuſſe dacoꝛd 


fueiret 


Sit ne me feruiftde piſſer 


Ie ma maintes foie bonne ioye 
Et fait mettre en peril de moꝛt 
Sancer / ſaulter/ct ier montiope 
Et iouſter contre fe plus fort 
Mais maintenant il eſt daccoꝛd 
Que ie me voiſe repoſer 

Gt dit mon maiſtre beuueʒ foꝛt 
Je Joue feruirap de piſſet 


Jay Seu fe temps que neſpargnoye 
Sſtroit /large / foible ne fort 
Jentroye par tout ou ie pouoie 
Zout meſtoit Bng/fuft dꝛoit ou toꝛt 
aie pat dieu/ie Boy que iay toꝛt 
Et ma Buferope dp penfer 

ais Befa /ceft mon reconfort 
Aumoins me fert if de piſſer 


Pꝛince quant ifeft fur fe Bort 
Apeine fe peut if drecer 

Et quant Sient affaire Vng efforé 
penche deuant pour piffer 


Autre balade 


Ne haguenee a font fe dore frain 
Sur le pane fracaffant ſechement 
Belle et pfaifant a regarder de loing 
Vis lautre iour gouuerner meſchãm̃t 
L£aqueffe eſtoit aſſez honneſtement 
Entretenue et bien enharnachee 

Marchant ſouef et du pied ſeurement 

Ainſi que dient ceulx qui font cheuauchee 





Mon compaignon vous en ſera teſmoing 
Aſſeurera quelle Sa doulcement 

Aiſee a penſer et na cure de foing 

Ayme viande qui fa bille autrement 

Tire a la bꝛide el paſſe largement 

Haufte a la main g treſbien embouchee 
Chaſcun fetient deſſus ioyeuſement 
Ainfique dient ceulx qui font cheuauchee 


Lee entrapes auſſi dure que fe poing 
Broſſes cuiſſes / belles abondamment 
Loreille courte / blons fes crins ef le groing 
Jambes et piedʒ bien fais parfaictement 


Treſbien croiſee a fout auancement 

Be fon deuoir Bien faire elle eſt taillee 
Quant on fa pique/effe fauft haultement 
Ainſi que dient ceulx qui font cheuauchee 


Plus 4 nuffe autre elfe paſſe en beau train 
Attend fon homme a monter doufcement 
&t ſi neſt riens queffe face en defdaing 
Dofe quon frappe ou pique hardiement 
fe bougera pour ce foꝛs ſeulement 
Souffrit ne veult de nuf eſtre toꝛchee 

Et ſi galope bien menuetement 

Ain ſi que dient ceulx qui font cheuauchee 


Pꝛince elle eſt bonne en chaſcune ſaiſon 
En nul endꝛoit elle neſt eſcoꝛchee 

Et fans faillir mect fon homme a raiſon 
Ain ſi que dient ceufp qui lont cheuauchee 


¶ Rondet 


— pre au dune tige fuye 
e miſt ma dame cropit la 

Loꝛs que fart damours fe troubla 

ZMoillie ie fuʒ donc ioye nen puys 


Quant tout conuert mon corps en vis 
cMon cueur loꝛs deffroy ſi trembla 
En pꝛiſon ec. 


Adonc ceſſerent mes deduye 
Pour le cas qui grief me ſembla 
Et ma triſteſſe ſe doubla 

Me voyant eſtre la reduis 

En pꝛiſon ec. 


¶ Autre rondel 


N defirantcequenepuisanoir 
e Gn cõgnoiſſãt ce q̃ ne quiers ſcauoit 
Foꝛce meſt bien que defofe demeure 
Ætquendoufeur mõ eſperit labeure 
Puis quainſi eſt que ie ne puis pouoit 


Regrect me fait tant de mal receuoir 
En attendant que ne me puis rauoit 
Sonc fauldꝛa par ce point que 1e meure 
En defirant ge. 


Las fortune pour mieulx deceuoit 

Sa point voulu la raiſon conceuoir 

Soc pꝛins en dueif pour iamais ma demeure 
En regreftant celle ſeule a toute heure 

Par qui ie puis ma mort aperceuoir 

Œn defirant cc. 


¶ Autre rondel. 


€ vous naueʒ autre vouloir 
Daleger mon poure martire 

Il neſt nul beſoing de rire 
Pour le mal qui me fait douloir 


TCar ie nay cueur ne pouoir 
Qui peuſta tel douleur ſuffire 


De Joue nauezʒ cc. 
¶ Autre rondel 
MS, Durroif on iamais choiſir mieulv 
ANA Que iap fait dõc iemetiés heureux 
NAN touſiourſmais / car iap maiſtreſſe 
LES Du des biens a fi grant fargeffe 
Que ceft vng treſoꝛ pꝛecieux 


Quant elle ma pat fes deux yeulv 
Et par fon attrait gracieux 
Bonne de famour fargeffe 
Dourroit ec. 


C2 










Laiffez patfer les enuieux 
Car ie fapmerap maulgre eulx 
Ny facent ia hardiment pꝛeſſe 
Deie ſuis ſeur de fon adꝛeſſe 
Et iay delfe ce que ie Veulx 
Pouroit on c. 


¶ Autre rondel 


en voꝰne tiẽt ma ſouuenãce 
5 Be Bo? (cruir iay eſperãce 
— Et en verres lexperience 
aie quen voꝰnait ne fi ne 
(mais 
Et ſi nen mefdirez iamaie 
Je le promets par ma conſcience 
Den Joue cc. 


C oiiii 
Doue maueʒ ſerui de tefs mais 
Qua peu iay perdu pacience 
Mais tout eſt mis en oubliance 
SEt ſuis plus voſtre quoncques mais 
Den Sons çc. 


¶ Autre ronde 


Ant q̃ loyalle me ſereʒ 

SEt moy a voꝰ nen faictez doubte 

Mais ſil Sous en eſchape goutte 

Je ferap comme vous fereʒ 
Zant quelopañlege. 


Se iap du bien Sous en aurez 
Juſqua lamoꝛt quop quil me couſte 
Tant que fopalfegc. 


Jamais plue fopafne Serres 
Dauoue ne tient /cat ſomme toute 
Voſtre regard fi fort me boute 

Et ferapceque Sons vouſdꝛeʒ 
Tant que loyalle ec. 


¶ Autre ronde 


Vant lamain fournir pecune 
Ce neſt pas pour gene aduancer 
Quant a mop ie Le vueil laiſſer 
Aux vꝛais amoureup de fortune 


De mes vertus ienap pas Pre 
Quant if fault argent detaſſer 
Auant fa main EC. 


Soit au pfain ou deffauft de lune 
on engin ne ſe peult dꝛeſſet 

Dee qui congnoiſt quil fauft forcer 
Largent {oit blanche ou Brune 
Auant famain ec. 


¶ Autre rondel 


Es deſlopaulx ont fa faifon 

Et des Bone nuffp ne tient compte 
ais bon droit de trop fe mefcôpte 
2e fouffrit teffe defraifon 


Fueillet 


Je ne ſcay par quelle achoiſon 
Hortune a toꝛt f Sauft monte 


Les dcffopaufo çc. 


Chaſcun doit parfer par moiſon 

2e paour dauoir repꝛouche « honte 
Pour ce men tais / mais fin de compte 
Tout Ja ſans rime et raiſon 

Les deffopautpgc. 


¶ Autre rondel 


> on que iayme fa plus Belle 
Quioncâe fut/ne qui iamaie fera 
En parfe qui patfer Soufdra 
Jamais napnierap aufre queffe 


dar fes Bontes qui font er) elfe 
Jamais femmene fes aura 
A mon gre ec. 


Ceſt dommage queffe eft moꝛtelle 
dar quant efle treſpaſſera 
Toute Beaufte fe paffera 
Et nen demourra point de fefle 
A mon gre ce 

¶ Autre rondel 


A attendant de Joue ſecours 

Je me ſuis mis en fi grant penfemet 

Queie congnois ef fe Bop cferement 
Que mes Befoingnes võt du fout au rebours 


Vous me faictes tant de fimaufuaie tours 
Que ien perdꝛay fens et entendement 
Œnattendant çc. 


Vous ferez caufe me faire Hair amours 
Auray ie toꝛt / nenny par mon ſerment 
Vous me meneʒ Vvng peu trop durement 
Veu que ſuis voſtre et ſeray a touſiours 
En attendant œc. 


¶ Autre rondel 


A defpit de Sous malle bouche 
Duis que franchife fa permie 
Je ferap chere a mes amie 


Sans acquerit villain reprouche 


Combien que fa choſe me touche 


Sy fera foucp au ae mys 
En defpit de vous cc. 


ESt ioueres mieulx que maiſtre mouche 
Bi Joue nous faictes ennemys 

ar fa mefdireeftes commps 

Verite Saint a leſcarmouche 

En defpit de vouscc. 


¶ Autre rondef 


€ Souepenfes que ie Vous ame 
Celluy que fcauez vous au port 
dCar fout mon fait neft que depot 
En paffant tempe parnoftre dame 


Je pꝛens fur dieu et fur mon ame 
Que grandement Sous aues tort 
De Sous penfes cr. 


Autre que vous mon cueut refame 
Daultre facon et dauftre port 

€t fitire bien autre fort 

St pource / ceſt foffie ma dame 

De Sous penfes cc. 


Autrerondel 


Amais ne ferap amoureux 
Auffidames en faie fa reſponce 
amours par fenfence prononce 
Que fi ſeray / iapelle deulx 


Et neſt pas au pouoit deufo deux 
Faire qua mon appefrenonce 
Jamais ec. 


By ap efte trop mafeureuy 
Tar iay ferup ie Bous anonce 
Dame rebelle comme ronce 
Qui ma faiffe tout langoureux 
Jamais cc. 

¶ Autre rondef 


Our et nuyt mon las cueur ſouſpire 
Car ma douleur croiſt et empire 
Dour vous ma dame c ma maiſtreſſe 
Metteʒ moy hoꝛs de La triſteſſe 


Qui me maine de mal en pire 


Je ſens a mop fi grief marfire 
Quiinceffamnient me mattire 

Dont me faut viure en grant deffreffe 
Jour et nupt.ec. 


Paie efpoir me Bient founent dire 
Quen mon cueur ne mette point dpre 
St que mon dueif tournera en fpeffe 
St quen vous na nulle rudeffe 

Sie ment ie fe doy Bien mauldire 
Jour et nuyt. gc. 


¶ Autre Nondel 


Die ſeulement lattente que ie meure 
a m6 las cueur nul eſpoir ne demeure 
car mõ malheur fi treffoꝛt me toꝛmẽte 
Quif neſt douleur q̃ p Bo? ie ne fente 
Dour ce que fuie de Sous perdre Bien feure 


Dofire rigueur fi treffoꝛt me court feure 
Quen fe partp na chofe qui maſſeure 
Ne Bien aucunquienriens me contente 
Foꝛs ſeulement.gc. 


on deſconfoꝛt toute ſeule ie pleure 

En mauldiſſant fur ma fop a toute heure 
a fopaufte qui tant me fait dofente 
Quant de par Sous nay riens à me ſequeure 
Foꝛs feufement.ec. 


¶ Autre Rondef 





Ncques homme femme ne Bit 
DA Sur fa teſte porter coꝛnette 

5 Quelle naymaſt le tour du Bi 
ant fuſt elle de fon coꝛps nette 


Qui Beuft oꝛloge maintenir 
Jeune femme a gre feruir 
Des poures parens apder 
Ceſt tou ſiours a recommencer 


¶ Autre NKondel 


Sreieʒ dieu/auffi fortune 
Qui Sons a ainfi fortune 


C. x v 
Tar en ce monde congneu re 
A qui hay ſoit tant ſonuent vne 


En honneur en bꝛuyt et couſtume 
Vou s a haultement guerdonne 
ercies dieu. gc. 


A moy poure/pas vne pꝛune 

Me ma eſte deffe donne 

ais tout Joue eft habandonne 
Et Sous eft fa chance commune 
Perciez dieu. cc. 


¶ Autre Rondef 






Vr toutes ſuis infoꝛtunee 
Rcar iamaie ne pour choſe nee 
2 Neuz côfort{apde/ne fecoure 
RS dieu merci la rigueur damote 
Qui ma donne tef deftinee 


Toute iope ma fabandonnee 
Zenduter ſuis pꝛedeſtinee 

Dar quoy ie voy Bien qua touſiours 
Sur toutes ſuis.gc. 


Œfperance meſt demouree 

Je ne ſcay ſen ſeray trompee 
Paie ſil en aduient au rebours 
De bꝛief entends finer mes iours 
St dire chaſcune iournee 

Sur toutes fuie.@c. 


¶ Autre Nondel 


Soeil/trop eſtes vVolentaite 
Je cropes pfue ce fol deſir 
qui fane ceffer So? fait choiſir 
Ce que deues cefer et faite 


Vous efles mauuaise fecretaire 
Papmes pas tant voſtre plaiſir 
Ce oeif.ær. 


Argus eſt dangereux notaire 
Touſiours deſire a Joue ſaiſir 
Faictes voftre fait a loiſir 
Dour dieu ſoyez plus ſolitaire 
Ce oeil.gc. 

8: 


fueiffet 


€ La blaſmer iaurope grant fort 

Dfue toftdefirerope fa moꝛt 

Que fon maf par confcience 

Je congnoie par epperience 
Dar dieu queffe mapme Bier) fort 


Se quelqun me fait Bngtaport 
Qui foit pour p mettre diſcoꝛd 
Brief if neft pas en ma fiance 
Se fa Éfafmert. cc. 


En tone fieuv ou iauray fupport 
De mes biens fup ferap tranfport 
Selle veult prendre en pacience 
Et fi peut Bien auoir fiance 
Quetoufioute ferone daccord 
Se la blaſmer. ge. 


¶ Autre Rondef 


D plus offrant ma dame eff miſe 
Et dernier encheriſſeut 

Je ne (cap ce ceft par honnenr 
Daisienen prife pas fa quife 


Glle mauoit (a fop promife 
aie ie Pop quelle a mie fon cueur 
Au pfue offrant.ec. 


ESt pour ce ie quite fa prinfe 
Befirenomme fon feruifeur 
ar donner me porte malheur 
Ainſi ap faiffe lentrepꝛinſe 
Au plus offrant.ec. 


¶ Autre Ronde£ 


NN ville de toute efperance 
DS Banny de mondaine pfaifance 
= (w Cõfit en dueil fault 4 me nônte 
le ſuis fe pl? mafeurenp hõme 
En effect qui foit point en frâce 
Duisqueiepere Bofire afiance 
Du gyſoit toute ma fiance 
Lon me doit appeffer en fomme 


Leville de toute. cc. 













Douemane; mie en oubliance 


Pꝛiue de foufe ſouuenance 

Dane fcauoir pour quop ceſt ne comme 
Dar quop mon cueut me ctpe ef fomme 
Poꝛter ce mot de defpfaifance 

Leville detoute.c. 


¶ Autre Rondel 


Ot oeil rapoꝛteur de nouuelles 
Tu voys et fine [cap pourquoy 
Ne fans prendre congie de moy 
* En fa compaignie des Belles 


Tu es trop toſt acointe delles 
x te vaulſiſt mieulx tenir cop 
of oeifraporteur.æc. 


Se ne changes manieres telles 
Dar raiſon ainfi que doy 
€Paflier te Sueif fur ma fop 
Contre top rap affes quereffec 
Dot oeil rapoꝛteur. ec. 


¶ Autre Rondef 


Z Bien bien:il men ſouuiendꝛa 
Par dieu dame le temps qui vient 
Plus demopifite vous ſouuient 
De dieu plaiſt on le Bouc rendra 


Troufious fe dernier qui viendꝛa 
Le mienfo apme ainſi aduient 
Et Bien Bien.æc. 


Je Sop Bien quif me conuiendꝛa 
en plaindre a qui if appartient 
ais par ceffup quitout ſoubſtient 
Cherement on fe Joue vauldꝛa 
ŒtGien Bien. ec. 


¶ Autre Rondel 
Dis que plus ne ſuis ayme de ch 
St que &) ne tient de moy compte 
F Lamp de D ie ne me compte 
Car ie nayme 4) qui ne ch 





Se ie ne tiens c pour dame 
M ne men peut faire honte 
Daie que plus ne fuie. cc. 








dt) amy ne me clame 

Lamour de ch frop me meſcompte 
ais fe @ congnoift quamours monte 
ch fine me donroit blaſme 

Puis que pue ne fuis.cc. 


¶ Autre Rondef 


cueur endoꝛmis 

En non chaloir quauoir 
ne les pourroye 

Dour ce parler certes ie 
noferope 

Dour Le prefent comme 

. fap fait iadie 





Joye et ſoulas ne font plus mec amys 
Thoſe ne Sop par quop ie me reſioye 
Zani font Les peufo. cc. 


Je ſuis moiffe etretraitef remie 

choꝛne et penfif trop plus ne foufope 

Je op troubfe/car auv yeulx iay fa tape 
Et ny congnots ne Bfanc dauec fe big 
Æant font fee peufo. cc. 


¶ Autre Rondef 





Oubtant reffuʒ qui par trop 
fait a craindre 

Il me conuient fout a paré 
mop complaindꝛe 

St ma douleur couuertez 

2 ment deſcrire 

ar ſi deſdanger veult fa dame ſeduyte 

Ie neſt viuant qui peut mon mal eſta indꝛe 


Aucuneffois amours me Beuft contraindre 
Publicquement a famenter ct plaindre 
ais if nofe de paour quif ne mempire 
Doubtant refus. ec. 


Deienepuie en mon emprinfe affaindze 
Œieufo Sauft cfpoir 4 ma doufeut eflaindre 
Dar demander fene me Beuft efcondupte 
Si fuie ie preft Bien ſouuent de redire 

aie tout acoup if me conuient refraindre 
Zoubtant reffuz.gc. 


Ant font ee peufo demon 


C. vxvi 
¶ Autre rondel 


ſſouuy ſuis:mais ſans ceſſer deſire 
Je me ſonſhetze ne me peut ſuffire 
Las ie lãguys ſuis cõtẽt damours 
Je ſuis bien ſeur c me doubte touſ 
A voſire aduis dois ie plourer ou rire (iours 


Gap tous plaiſirs et ſi Bis er martire 

Je ſais ſain et voys querant fe mire 

St neantmoins que ſoient eſtranges tours 
Affouup fuie.cc. 


En doufp penfer ie Bueif aymer plain dpre 
ap tout ennup et ſi crains fefcondupre 

jap tout et Bop et ſuis aueugle ef ſours 
Decsfa fe vꝛay et auffifereboure | 
De mon eftat fans pfue ne moine vous dire 
Aſſouuy fuie.cc. 


¶ Autre Rondef 
Mours:ceſt fe cry de fa nuyt 
Et fauft que celluy qui conduyt 
Le meſtier ſaiche bien compꝛendꝛe 
Que ſe fe chaſteau fe doit rendꝛe 
Aller p doit fane faire bꝛuyt 


JEny fauft eſtre ne feptne huyt 
Mais qung ſeul qui p ſoit bien duyt 
A Bien celler ſans tiens offendꝛe 
Amours ceſt le cry. cc. 


St quant vient fur fe deſduyt 
Trouue ne ſoit arbꝛe ſans fruict 
Ne deuſt fon cueur partit et faindꝛe 
ar autrement on deuroit paindꝛe 
Vng tel fot coquart quif pourſuyt 
2imoure:ceftfe crp.gc. 


¶ Autre Rondel 


Ereuiendꝛa in patria 
)Noſtre pꝛelat ſil voꝰplaiſt fire 
ZSouuenteffſois on (up deſire 
Dieca ne ſi repatria 





Telluy pour chaſcun pꝛia 

Quen dignite ſe peuſt eſlire 

Ie reuiendꝛa. gc. — 
ii 


frueillet 


DSeus ou trois moys OÙ quatte ya 
Quif eſt en court ſans mot efcrire 
efa noue fait penſer et dire 
econgie de Joue par pꝛia 
Tlreuiendra.cc. 


¶ Autre Rondef 


Leſt venu imprꝛopꝛia 
Le prefat quauons demande 
Be dieu foit ceffup cõmande 
Quiainfinoue fappropzia 
EE f app 
Lerop Bng on fubiect pa 
ar auſſi toft quif fa mande 
It eft venu. gc. 


Ceſt celluy qui nature crea 
Dour Bien eſtre recommande 
Se Paifer feuffe gouuerne 
Doufentiers quant on meſcrya 
Left venu. gc. 


¶ Autre Rondel 


Ant ap dennuy etant de deſconfoꝛt 
Zãt eſt mõ dueif aigre poignãt ç fort 
Que feie auope feufement efperäce 
Que Brief mon mal fuft vaincu par 





fa mot 
eme feroit vne grant afeteance 


Las ie nay pfuene vertus ne confiance 
ar grief affanft fi afprement me mort 
Que ie pere fens/propos et conſtance 
Tant ap dennup.ec. 


fortune a Bien tourne fur moy ſa chance 
Dat faulx ſemblant que mon pfaifir en doré 
Tant quen elfe re nap pfue de fiance 

aie pfuep penfe ct plus Bop queffe a fort 
Hantayp dennuy. gc. 


¶ Autre Rondef 


Tous ceulx chaſcune a pat ſoy 
Jen ayme kune lautre fur ma foy 


NJe vueil du bien de toute ma puiſ⸗ 
ſance 


Lune vault trop ef lautre ie pence 
Que ceſt aſſeʒ c feuſſe pour vng roy 


Lune lautre feroit beacoup pour moy 
Mais touteſſois clerement iapparcoy 

Qui eſt beſoing dauoir mon accointement 
Atous ceulx etchafcune.gc. 


at qui vouldꝛoit garder lune pout fop 
Et laiſſer fautre:ie Vous iure ma foy 
Quon p perdꝛoit et ſens et pacience 
Mais bien ſubtile ſeroit la ſcience 
Dauoir ſeurte a ſecret et recoy 

A tous ceulv et chaſcune. ge. 

¶ Autre rondel 





xcepte vous chef doeu⸗ 
ure de nature 

Seruir ne Benfy/ car fe 
maf queier dure 

Me procede du regard de 
Bo; yeulv 

Dour mefloigner ne pour fupr fee lieux 
Point noublie voſtre pfaifant figure 


Voſtre douſx oeil tout ce mal me pꝛocure 
Tant et fi fort que pour Bray ie vous inte 
Que dautre apmet ie ne ſuis curieu® 
Œvcepte Joue chef. cc. 


aie fa doufeur que iendure eft ſi dure 
Gt fi Boules que toufioure effe dure 

Je fuie gelle/ mais faide des dieux 

Je cuide et crop que vous me ferez mieulx 
Veu que pour vꝛay ie ne ſers creature 
Œvcepte vous chef. gc. 


¶ Autr Rondef 


Afortune ſuis efpoir dauoit mienlx 
En languiſſant de ma vie ennuyeux 
Habandonne et mis a non chaloir 
Autre que moy ne ſe doit plus douloir 
Naure damour à meſt trop rigoureux 


£e plus dofent qui ſoit deſſoubz fes cieufo 

A malheure ie fux oncques amoureux 
LefBat meſt chier quãt ie ſuis pour tout veoir 
Infoꝛtune fuie.cc, 


St pie me fait/car ceffe a quite Bento 
icufo qua nuffe autre ef ſen queie ne peux 
Nulle pitie de moy ne veult auoir 

Tant carculle ie me diz er toue lieux 
Infoꝛtune fuie.cc. 


¶ Autre Ronbdef 


Due regrets foꝛs qun ie fee paſſe 
Mais a bien peu que ne treſpaſſe 
Quant de ceſtuy la me ſouuient 

—Carde ſi pꝛes au cueur me tient 

Quifneft ennuy qui ne me chaſſe 





Tupido fes coupe mal compaſſe 
Se monſtter en ſi pou deſpaſſe 
Telle dont dire me conuient 
Tous regretz.c. 


Lon dif ſouuent en mainte pface 
Qune doufeur lautte efface 
ais celle cp de cp pꝛes me tient 
Que ie ne ſcay qui me ſoubſtient 
Se neſt dieu par ſaincte grace 
Tous regrets. cc. 


¶ Autre Rondef 


Our paruenir a ce que pꝛetendʒ 
p Tout au trauerꝰ dumain deſir meſtẽs 
Attẽdant leure q̃ Venus me ponruope 
aie dangier fait du fout taiſir ma ioye 
Ge ſeparant du deduyt que iattens 


Se toutes dames ie faiz moy paſſe temps 
Mais entre mille fur Bne mes Cats tens 
Deuque ceſt cefle que mon defir conuope 
Pour paruenir,cc. 


eff ceffe a qui du fout ie me aftene 

Et ſautre part ie meſbas entretens 

Te non obſtant mon cueur ne fe foꝛuoye 
Tonfoꝛt nauray iuſqua ce que faBope 
A mon deſir ainſi que ie lentens 

Pouꝛ paruenir.gc. 


¶ Autre Nondel 


€.v Ji 
ſſe Gien fait dictes mop belle ampe 
dauoir voulu mettre en tel defcôfort 
Vng poutre cueur à voꝰ apmoif fi fort 
À que iamais neuſt dautre feruir enuie 


Tout eſgare pfain de melancolie 
Laue; laiſſe pour vng autre a grant tort 
Gſſe Bien fait.cc. 


Vng chaſcun iour luy requiere fort ef prie 
Quil prengne er) fop aucun pou de confort 
Mais il ma dit quif ne quiert que fa moꝛt 
Dour toff finer fa trefdofente Jie 

Œffe Bien fait.cc. 


¶ Autre Rondef 


EN D? fouuenicme fait mourir 
| 9 Pour les regretz q̃ fait mon cueur 


M 


—9 


Dont nuytcgiour ſuis en langueur 
Soubzʒ eſpoir de le ſecourir 


Si ſans ceſſer deuoye courir 
Si ſcaurapy ie par quel rigueur 
on fouuenir.gc. 


Da donfent me fauft defcouurie 
Œtfe mettre hoꝛe de langueur 
En luy donnant poꝛt et faueut 
Dane plus dire ne ſoubſtenit 
on fouuenir.gc. 


Autre Rondef 


Ding de pfaifire pres de defpfaifäce 
Soꝛeſenauãt ferap mia demourãce 
at defefpoir fait chieux moy fa de 
meurtre 
PDarquop force eff quinceffaminent fabeute 
on poure cueur de fout fa plaifance 


Éefasiepere de fout mon cueur efperance 
Qui me contraint de pꝛendꝛe en tecompence 
SZueil a iamaie fans meſloigner vne heure 
Loing de plaiſir. cc. 


Chaſcun re dit/prenes er pacience 
Mais ie ne puie/car ie nay pas ſcience 
if 
30 


frueillet 


Quant ie ne voy ame qui me ſequeure 
Afafouenge/iap grant paour que ien meure 
Et (inc puis auoir autre afiance 

Loing de defpfaifir.cr. 


¶ Autre Rondef 


Dur Joue guerir entierement 
Laſpꝛeur de Box maine et iarſure 
Defe gouuetnez par mefure 
Douffrira a ce pou doignemené 





\ 


2 è)\ 
À 


Et ſen Brief 6on amendernent 
Vous np frouues daduanture 
Dour Joue guerit.gc. 





Jen ap dung aufre fargement 
Dour creuaces et pour fendure 
aie fort dangereux pour enffeure 
A Sofire Bon commandement 
Dour Joue guerir.cc. 


¶ Autte Rondef 


ms” A frauaif ſuis ſans eſpoit de confoꝛt 
Pꝛeſque trãſſy / Baufv a demy mot 
Dar fe regard dune de to? biẽe plaine 
Q bñgautre aimet ceffe meftoit certainé 


Maleureuð cueur cettes tu auroyes grãt toꝛt 


Sn attandantie languis faire ſuppoꝛt 
Lee ennieux auecques faulx raport 
Inceſſamment nie font doufenr ef paine 
En trauaif ſuis. c. 


Dee penſees me donnent fef effort 

Que toue fes ioure menuoient deſcõfoꝛt 
Amon reucif/penfes donc a ma paine 
Sueriſſeʒ moy ma dame fouueraine 
arfongattente pat efpoir me remort 
En trauaif fuie.ce. 


¶ Autre Rondel 


NO Œidp eft cf nay deſieune 
|| | 2e bon Bin ap adee ieune 


- À Dp à fais chancons etrondeanto 
 Gtne fuie certes q̃ rons deaux 


Aus pieds ap de gros fers rondeauv 
Œtma chemiſe mis ius ne 
op qui faiz. ge. 


Dfus ne veulv dancer aux rondeaux 
Je ſuis pour eſtre mis iue nẽ 
Saulce / mouſtarde / verius ne 
Zartes / pigeons / ne arondeaulx 
op qui fais. cr. 


¶ Autre Ronde 


S laymeray puis que ie lay entrepꝛis 

GSn effe ſont tous enſemble comprie 

Hõneurs et biẽs à fa rendent patfaicte 

A fa ſeruit touſiourꝰ m8 cueut faffecte 
Ne dautre apmer ne fcaurope efire eſpꝛis 


Luy pfaife ou n6/puie quer festae ſuie pꝛis 
A elfe fuis comme efpaue furprie 
Loeifattratif macquift par (a defferte 

Je laymeray. gc. 


Et ſe quelquun diſoit que ie empꝛis 
Moult fofement/pout dieu ſi fa apꝛis 
Ameſdire fe faife et ne caquette 

Je penſe pas que nul autre ſouhaitte 
Tant que fa tette ape mon coꝛps tepꝛis 
Je laymerap. c 


¶ NAutre Kondel 


Diret tanne font mes couleuto 
De gris ne vueil plus porter 
atienepuie plus fuppotter 
Mes tres. ggraues doufenre 


Jap en amonre tant de doufeuta 
Que contraint fuis de porter 
Soir et tanne.gc. 


Lenoir eff ſigne que ie meuts 
Pour ma ſoyaulte comporter 
Et puis pour me reconfoꝛter 
£etanne fi fera de pleurs 
Moir et tanne.ge. 


¶ Autre Rondet 


Steſt ke temps if fer fault contenter 

En eſperance qun autrereuiendra 

ar fe ſouhait q̃ iattens mauiendza 
Qui fera tous mes regrets abſenter 
Son Soit Bien dire/Gien rire / bien chantet 
Son Soit fa pluye et les grans ventz venter 
Tet eſt le temps.c. 


Au temps pꝛeſent ie me vueil pꝛeſenter 
Le pꝛeterit iamais ne reuiendꝛa 

Du tempe futur iattens ce qui viendꝛa 
St ce pendant ie vueil dire et chanter 
Tel eſt le temps. gc. 


¶ Autre tondel 


Ne foie fault tous mourir 
Niens ny vault graces requetir 
Zoſt ou tart il fault quil ſe face 
Nes yeulx dos ct pale fa face 
Gn terre nous conuieut pourrie 


Diffee ef chaſteaulvx acquetir 
Honneurs et bombans conquerie 
Zout fauft laiſſer en pou defpace 
Vne fois fault. ec. 


A confeffion fauft courir 

Dour garder lame de perit 

Et faire biens fans quon) fer laſſe 
Qui aura de fautrup fatifface 
at fa mort Bientacoup ferir 
Vne foie fault. ec. 


¶ Autre rondel 


€ vous ſeruir de coupe ef dame 
| Sans au oir gaiges ne Bienffaie 
Mche ſemble fitrefpefant fais 
Æ VF Quabandonner So? vneit na dame 


Di teffe eſties que fon Joue clame 
Je ne cefferope iamais 
c Soue.gc. 


Mais qui ſcanroit fe fort ef blaſme 
Veu fes feruices centremetz 
Que par cp deuant Bone ap fais 


C. v Viii 
Chaſcun me teputeroit infame 
De Jous,cc. 


¶ Autre rondet 


Rop en a qui deux en ame 
Enuiz fe trauaiffe ef pourmaine 
Qui en cupde en bon chief venit 

à JE fuffift dune entretenir 


Encoꝛes pa fon affes paire 

Qui teffe marchandiſe maine 
Acquerir np peut grant demaine 
£on en Soit des maulx aduenit 
Trop en a. c. 


Lune ſe taiſt trop / lautre eſt ſoubdaine 
Lune eſt ſiniple/ lautre eſt mondaine 
Quant a moy ie vueil ſoubſtenir 
Que qui tel train veult maintenir 
Alſon cueur pꝛent guerre et ataine 
Trop en a. c. 


¶ Autrerondet 


K * & Bo? fcauiez fa douleur de m8 cueut 
Le Bon defit/fa grant affection 
Quit a de vous feruir fans fiction 
Vous fe tiẽdꝛies pour voſtre ſeruiteut 


voſtre oeil mignon ferieʒ embaſſadeur 
& nfupmonfirant voſtre delection 
De Joue fcauicz. ec. 


Gt qui plus eff de ce ie fuie Bien ſeut 
Que incontinent fane difation 

Dar bon mopen et pat diſcretion 

Le maintiendrez en amour et doufceus 
De Sous fcauies.gc 


¶ Autrer rondel 


S reffuepfaine eſt vne à tãt iayme 
à et neſt poſſible cõbien 4 coupe ç ame 
2 ef foit pour en faire fon Boufoir 
à tant (oit peu il fup vueille chaloir 
Se me Bien faire/dôt malheureux me came 


De ic luy die doufcement fans diffame 
$ iiii 


fueillet 


on poure cas et que bien ie lentame 
Seruy ſeray pour touſious faire mõ Boufoir 
Be reffus pfaine. cc. 


Sſt il au monde damoiſelle ne dame 

Filke / marchande / bourgoiſe naultre femme 
Plus rigoꝛeuſe de cueur ne de pouoir 

Que celle fa dont for ne peut auoir 

Vng tout fenf biẽ / mais côusèt quõ fa blaſme 
Se reffus plaine. cr. 


¶ Autrer rondel 


S mefioupr et faire bonne chiere 
Cõe les aufree:par fop ie nay garde 
Raiſon pour quoy? car refus me re⸗ 
garde 

Pour mẽpeſcher ſoit auant ou arriere 


en ſers Brre qui meſt ſi fort fiere 
Quant iffup plaiſt ſans remede elle garde 
Demefioupt 


Je lay tente ef tiendrap pour ma chiere 
Quop que fa grace a obtenir ie tarde 
Dans que iamais ma bonne fop [up tarde 
Pourueu auſſi quelle change maniere 
Zemefionpt.gc 


¶ Autre rondel 
Dus ceulv qui mont donne fe bont 
le vous fois aſſauoir quifs mont 
Fait treſmauluaiſe compaignie 
Mais quefque choſe quon vous die 
Je vous ap mieulx ſeruy quilz nont 


Je ne ſcay pour quopifs Le font 
Autre choſe de moy nauront 
foie que pꝛie a dieu quif maufdie 
Tous ceufp.c.c 


Lapourſuyte quifs er feront 
Et ia pieca faicte if; ont 

Da cflevout Bneenuie 
Quifs me Beufent toffir ma Bie 
Mais Briefifs ſen repentiront 
Zous ceufo.cc. 


¶ Autre tondel 


Scu dennuy fente de plours 
Boꝛde de ſable et de —— 

A Bng chief pare de triſteſſe 

TZelz enſeignes portez er) amours 


A timbꝛe de piteuſes clamours 
Œouronnedamere deſtreſſe 
Eſcu dennup.cc. 


Sonne fe me ſuie a touſiours 

De ſon bien ma dame et maiſtreſſe 
Toy herault ou que tadxeſſes 

Aup maffeureng plaine de doufoure 
feu dennuy. ge 


¶ Autre rondel 
SAS 


Vpdãt eſtre ayme de a belle 
qui na foꝛs q̃ eſle eſt moꝛtelle 
Et des autres me deſherite 
Et ap ceſte côpfainte eſcripte 
Dour [up imputer deuant effe 


Gt feffe meftoit rebelle 

Mon amour eff finatuteffe 

Que mourir vueil a fa pourfupée 
Cuydant efire.gc. 


Mais ie ne fa cuydois pas teffe 
Se malheurete occidentelle 

Ne la de pitie interdicte 
eftque for) oeif ypocrite 
Qui mentretien 4 fa quereffe 
updant eſtre. re 


¶ Autre rondel 


Iſant enuets fur vne couche 

Sans auoir les yeulxne la bouche 

Amour par ſonges ma eſcript 

de quautteffois on mauoit dit 
Portant a ma dame repꝛouche 


Plus moꝛt qune ſouche 
Comme efperdu et farouche 
Se eſueilla bas mon eſperit 
Biſant enuere. cc. 


Quime diſu es tu boꝛgne on ſouche: 





Ne Soie tu que fu pere fa couche 
Tu as de fcauoit bien petit 

Ie te fuffift ſelle te vit 

ais vng autre plus pres fa touche 
Siſant enuere.çc. 


¶ Autre rondel 


Ous me teneʒ par voʒ faulvx xeulx 
Je pers fe ſens et nay repos 
Angoiſſeux dueil me tient enclos 
pour voꝰ aymer ap les mauls tieuſx 


Je ne (cap on eſt mon mieulvx 
Foꝛs que dire a tous pꝛopos 
Vous me tenes, ge 


£eplue dee plus deſſoubz les cieufo 
Qui biens depattes pat fuppotz 
Reteneʒ mop de voʒ fuppots 

Du fans ceffer crirap au dieu» 
Dous me tenez. @c 


¶ Autre rondel 











Et q̃ ſeul maueʒ retenu 

Voſtre ſuis ſans deſobeyr 
Ecar ie ne pourroie deſetuir 
R Le Bien qui de voꝰ eſt benu 


Dofire honneur que iap cher tenn 
Sera en bꝛuit maintenu 

Gt deffendu iuſques au mourie 
Puis queainfi.gr, 


NS) uisaue ainfi lauez Soufu 
N 


Jamais ne fuffe paruenu 

Au Bien dont Joue mauez pourueu 
Dar voſtre grace et hault plaific 

Di vueil fans iamais Sous faiffir 
Que par mop Bous foif recongners 
Duis que ainfi.gc. 


ŒAutrerondef 


Velque maniere que ie face 
nant eft a mopie ne pourchaſſe 
Sauoir en amoure point de bien 
Maintenant a toutes me tien) 


C. viv 
Mieulx meſtlune que lautre er grace 


Que ie quiere lieu ef eſpace 

A cefle fin quaucun plaiſir men face 
Sur ma fop ie ny penſe en rien 
Queſque maniere.gc. 


¶ Autre rondet 







à Die quif fault que ie le vous die 

damours ne viennẽt pas mes paie 
3— Mais par ma foy ie me compfaine 
Se ma finance qui meſt faillie 


9 












A 





Be ces amoute ceſt bien du moine 
Tar iap plus dure maladie 
Puis quif. cc, 


Car quant fa bourſe neft garnie 

St qnon na plus quemectre aus mains 
£on nofe after par tone fee faine 

Œn nuffe bonne compaignie 

Puis quif. cc. 


¶ Autre rondel 


Omme fes loups dicy en fa 
Vſer vueil du mes de nature 
Auecma bonne creature 
Bouzefoie fan et puis hola 


Se lon me dit: dont Bient cefa? 
Dour ce/cat de plus ie nay cure 
Comme fee. gc. 


Deplue tirer ouftre: vela 
Das nefeffairap faduanture 
at peu 4 peu tedefnature 
St ma force me faiffe fa 
TComme les. ec. 


¶ Autre rondel 


> Ivous ue aucunement 
Œt de fe faire apez tafent 
NN Sirele dictes 
D Laiffez en paiv tant deredicteg 
Venons au point tant ſeulement 
Car ie congnois tout clerement 


Fueillet 


Que des manlo entierement 
Je ſeray quictes 
Hi Sons maimez. c. 


Se quoy vous ſeruit Le ſemblant 

Que me fiſtes pꝛemierement 

Loꝛs que me veiſtes? 

on eueur de ceile heure Bous pꝛinſtes 
De puis ap ap penſe ſouuent 

De Joue maimez. cc. 


¶ Autre rondel 


Dut dꝛoit / de coſte / en lenuers 
Et en tous fenc: offre me clams 
Autre choſe ie ne reclame 

Foꝛs deſtre voſire et ſers 


Œtque par fous moyens diuers 
Je puiffe feruir a ma dame 
Tout dꝛoit.c. 


Jugez quel foperoie deſſete 

Tar pour complaire a ce que iame 
Æoufioure ſuis pꝛeſt a rendre lame 
Bien mentendes de ce que fere 


Tout droif. ec. 
¶ Autre rondel 
Quoy tient if2fe cueur me volle 


| Jar dieu ma dame quãt ic Bo? voy 
ous Ba if point ainfr de moy? 
Nenny / vous nefies pas fifofe 


Quant iay de Bouc Bne parolle 
Je ſuis pſus aiſe que le toy 
Aquop tient il. cc 


Je cours /ie ſaulte/ie mafolle 
Je kangnis et ne ſcay pour quoy 
Si plus me dure ſur ma foy 

Je ſuis bien taille que iafole 

A quop tient if, ge 


¶ Autre rondel 


NS v beſoing eſt lamy con gneu 

Qui trompe trompeur on fe tient 
Ringrat tout ſeruice retient 

* Jamais bien fait neſt incongneu 


Toftou tard mal eſt recongneu 
Be malheur triſte cueur detient 
Au beſoing.gc 


Le malheureup eſt deſcongnen 
A lheureuv nul ne contretient 
Drap amour en Bng ſentretient 
Doit Dome pꝛiue ou mefcongners 
Au befoing.cc 


¶ Autre rondel 
Ais que ce fuſt ſecretement 
| f AN) Sn aucun fieu ou ie diroye 
, 1) Jamaie ne vous efcondirope 
ë Dour vng petit coup ſeulement 


Qui priroif tropſonguement 
Dour Le fecond ie fe ferope 
aie que.cc 


Bien Soufies plus largement 
Je cuyde que ie noſeroye 

Dar dieu ie mer aduiſeroie 

Dy trouuer bon appointement 
Mais que. gc 


¶ Autre rondet 


NN © quefque bon petit mot pour rite 
#1 a dame fe dictes oup 

Vous mie feree firefioup 

Que loꝛs il me deucra fuffire 





Gt fi ferap Gore du martire 
Que ſeuffre quantiaurap oup 
Be quefque bon petif.œc 


chon cueur de iour e nuyt ſoupite 
Que de voſire amour na iouy 

It eſt damours eſuanouy 
Pour tant il vous plaira a dite 
Quefque bon petit mof,cc 


¶ Autre rondel 





F Sperance meft venu Beoir 
4 Difantque face bonne chiere 
Et que Ma doufce dame chere 
Dour fon ſeruant me Beuft auoic 





Point ne ma mis a nonchaloir 
Puis que de voulente pfaniere 
Efperance mef.cc. 


Dour tant fais a tous affauoir 
Quelle eft de mon cueut treſoꝛiere 
Et par fa trefdoufce maniere 

Je ne requiers iamais quauoir 
SEſperance meft. cc. 


¶ Autre ronde 


St. En ap dueil qui trop me toꝛmente 
Pour les regretz dont foꝛt lamente 
Dedâe mon cueur à me ferõt mourir 
Secretement poꝛte ce deſplaiſir 

Qui meſt trop douleur vehemente 





Souuenir Seuft que ie contente 
ais crainte me rend mon entente 
SEt quant ne (cap lequel ie doy choiſir 
Jen ap dueil qui. gc. 


Amour maſſauklt / deſiir me tempte 

Et dangier me tient ſoubz ſa tente 
Ainſi languis en ioye ſans plaiſir 

Ne fuſt eſpoir qui vient mon coꝛps ſaiſit 
ent foie Le iour comme ferme dofente 
Jen ay dueif qui. cc. 


¶ Autre rondel 


eſt grãt maleurg foꝛtune mauldicte 
Brief deſeſpoir et rigueur interdicte 
Vng creue cueur a homme de raiſon 
TCelle qui eſt de ropalle maiſon 
Dit en langueur et en doufeur confite 


Gt qui piz eſt fane cauſe ne merite 
Atropos a par ſa rage ſubite 

Son bien rauy et cloʒ en fa pꝛiſon 
Ceſt grant malheur.gc 


Ha faulſe moꝛt furieuſe et deſpite 


C.xx 
Que teuſt greue des doulces ffeure leſtite 
Laiſſer flourir en ſa ieune ſaiſon 
Trop luy a fait de toꝛt et meſpꝛiſon 
Quãt par ton dard (on cueur en dueil habite 
Teſt grant mafbeur. cc 


¶ Autre tondel 


S ten prie tacinet 

Vien a moy quant ie tacine 
SEt mapoꝛte ton ſignet 

Je ten prie. cc 


Ne me chault ſil neſt finet 
TComme ceffup de tacine 
Je ten prie. ce 


¶ Autre rondel 


A demp moꝛt en pꝛiſon trop obſcure 

Amour mamie p fon dard pointure 

ou len mẽſerre de chaines de trifieffe 

vela omét ie fuis pour ma maiftreffe 
SEt la doufeur que pout effe iendure 


Son abfence eft ce qui mon mal procure 
Se fa changier ceme ſeroit iniure 

Et plus cher iapme (up tenit ma pꝛomeſſe 
Ja demp moꝛt. 


Beaulte:bonte y miſt dieu g nature 

Ja mais ne vis plus parfaicte figure 
Sracieuſete et de vertus ladꝛeſſe 

Voir ne ka puis dont iay dueil pour lyeſſe 
Gt pꝛens fe noir et laiſſe la verdute 

Ja demy moꝛt. ec 


¶ Autre rondet 


amais femme ne choiſiſt mieulx 
Et en deſpit des enuieux 
Hõneur voꝰ pourfupt cBo? ayme 
Amy aues eſte ſans blaſme 
Le non pareil deſſoubz Lee cieulx 


Loyal / ſecret/ ieune / beaulx peufo 
Amouteuv/pfaifant/gracieus 
La ffeur de toue eft par mame 
Jamais fenme.cc 


fueitfer 


Gt fil eſtoit filz dung des dieux 
Meilleur ne ſen peut Soit dec yeuſx 
Arme de loʒ / vertus et fame 

Ne pour bien complaire a ſa dame 
Tant que il en bꝛuit en tous lieux 
Jamais femme.gc 


¶ Autre rondel 
Ele ſcay Bien que Bo? eſtes fa dame 
A à eft deu loz / bꝛuyt / höneur  fame 
Quidales mieufo quon ne pourroif 
defcrire 
Voſtre beaulte tout cueur attrait «five 
Et dautres graces auez plus que nul ame 


De Joue die la plus heureuſe femme 
De toutes autres/ie die Brap par nor ame 
Ætneft homme qui me ofaft contredire 


Je le fcap bien. ec 


¶ Autre rondef 
ſ 
E 


Gſt mon gre q̃ point ma La plꝰ elfe 
Se iay ſouffert et endure pour elle 


elle Sant biẽ quõ luy baille hõneur 
et à fur toutes effe ait port « faueut 

Maintz regrets ef autant de malheur 

Ceſt mon greque,gc 





car par ma fop il nen eſt nulle telle 


Skle eſt ſcauant plus que dame moꝛtelle 
Ił neſt nulle qui lexxede er) doulceur 

Et pour ce dis ie comme humble ſeruiteur 
Que ſi ie meurs ſouſtenant ſa querelle 
Teſt mon gre que. gc 


¶ Autre rondel 
K S dokent ie me trouue a part 
Be faiffer fout mon Bien a part 
N° Teſt ceffe ou nariens que redire 
Je ne fus oncques fi pfair dire 
Ou iamais dieu nait en moy part 


St quant ie penſe a mon depart 
Œtquaffer me fault autre part 
Je ne (cap plus queie dope dire 
Si dofent ie me treuue. gc 


Foꝛtune quifee biens defpart 


Ma baille ce dueil pour ma part 
Qui eſt pis quon ne pourroit dite 
Œt fine puis riens contredire 

Sont a peu que mon tueur nen part 
Si dolent ie me.gc 


¶ Antre rondet 

Vant ie fus pꝛins au pauillon 
Se ma dame treſgente et befle 
Je me bꝛuſſlay a la chandelle 
Ainſi que fait fe papillon 


Je rougis comme vermeillon 
Auſſi flambant qune eſtincelle 
Quant ie fus pꝛins au.cc 


Si ieuſſe eſte efineritfor 

Du que ieuſſe eu auſſi bonne efle 
Bien me fuſſe garde de celle 
Qui me picqua de fefquiffon 
Quant ie fus prine au pauiffor 


S ¶ Autre rondef 


Gſte fillette a qui le tetin poit 
à eft fi géteca fee yeuſx ſi verẽ 
ne [up fopes ne rude re diuérS 
mais traicteʒ fa doulcement & 
apoiné 


Befpoitfes vous c chemiſe et pourpoiné 
Et la gecteʒ fur vng lict a lenuers 
TCeſte fillette a qui.ec 


Seſſerrez luy es genoulx bien a point 
Gn deuiſant de pluſieurs mots couuers 
Incontinent que les verres ouuers 
Bonnes dedans et ne fefpargnes point 
Œefie fillette a qui.çc : 


¶ Autre rondel 
outes fee nuits ſãs voꝰie me couche 
Pẽſant a Joue ne fais à ſommeiller 
&tenrefuantiufques au reſueiller 
inceffäment So? ere pmp fa coucÿe 


Et bien fouuent en ficu deBoffre bouche 
Æn foufpirant ie Baife loꝛeiller 
Zoutee lee nuits. ge 








Lor8 plus pefant que neft fa verte ſouche 
Par grant ſommeil fuis contraint de veiller 
Dꝛ en Seiffant ne faie que traueiffer 

Que a mon gredepluepres neBous touche 
Toutes fes nupts ec 


¶Autre tondel. 


Oʒ yeulx / voʒ manieres / voz pas 

chonſtirent Bien que ne vouleʒ pas 

Que iamais de vous ie mappꝛoche 
Combien que voſtre ſans repꝛoche 
Ge ſuis donne iuſques au treſpas 





De moꝛt bꝛiefpaſſeray lepas 
Dans auoir nul meilleur repas 
Si belacueil en ce ne touche 
Voʒ yeulxgc. 


Hellas amour Bien mefrompae 
Quant de celle mon cueur frappas 
Dour qui en feffe doufeur couche 
Au fort ma dame ſi ma bouche 
Dit mal / pugniſſes de ce pae 

Do; peulxgc. 


¶ Autre rondetl. 









4 K Slle belle petite Bouche 

IDD Que tant a Baifier se defire 

| Fi Ma fait ennupt Bien cent fope dire 
2e QuifeftBieneureus quifatouche 


v 


On deuroit Bien tenir pour louche 
Celluy quine fcauroit eſtire 
Celle bellegc. 


ZToutes fes nuytʒ quant ie me couche 
Je me pfains fort et foufpire 

En difant/ vray dieu treſdoulo fire 
Far; mop baiſier ſus vne couche 
delle bellegc. 


¶ Autre rondel. 


Quop tient il / dont vient cela 

Que ie ſuis tant amoureuy deffe 
St quãt ie me treuue auecques ele 
Je noſe demander cela 


€ voi 
Nire / iouer / baiſer hola 
Dapꝛocher if nen eſt nouuelle 
A quoyp tient if cc. 


Vne foys on luy en parla 

Mais elle fiſt reſponſe moꝛtelle 
£aiffe; moy fa pour telle quelle 
Ceſt a fautre huys paſſeʒ plus fa 
A quop tient il ec. 


¶ Autre rondef. 


€ feroye voulentiers cela 
Mais que mon amp Le me fiſt 
ar ien feroies mieuſx mon 
prouffit 

Quafors quon me depucells 


Afin quon die ca et Fa 
Que iape cueur en amours confit 
Je ferope ac. 


Que ie fceuffe dire hola 
Commie vng couraige deſronfit 
Jaymerois mieufo quon me deffiſt 
Quil me fuſt repꝛoche / veeʒ fa 
Je feropegc. 

¶ Autre rondef. 


Endeʒ moy fe cueur qui fut mien 
Du Le traictieʒ plus douſcement 
Par ma foy if neſt pas content 

Dif na de Joue Bng pfuegrant Bien 


Vng chaſcun defire fe fier 
Pource fouf gracieufement 


Rendez moy le cueurec. 


ABousen eftie fe fcap bien 

SEt vng bon vault mieufo que cent 
Et pource donc incontinent 

En cas que ne Sous ſerue bien 
Rendez mop Le cueur cc. 


¶ Autre rondel 


Ngplaiſir eſt Bien cher Bendts 
fus voys auant mieufy Le cõgnols 
Je lay apparceu mille fois 

pi 


fueitlet 


Et ne men ſuis pas deffendu 


TZout mon argent ap deſpendu 
Plus ne fcap ou prendre iendois 
Vng pfaifirefiec. 


Plus on p mect et plus eft perdus 
Not eʒ Bien cefa par Bo; dope 

Et Sous eſbateʒ Bien)fouteffope 
Denfestoufioure aurefidu 

Vng plaiſir ec. 


¶ Autre rondel. 


EQ neſſepas Bien raifon 
Quon layme/que vouleʒ vous dire 
RůPrus belle on ne ſcauroit effire 

Gn ville/ chaſte aulx ne maiſon 


Voyezʒ fa en toute ſaiſon 
Rien np frouuerez a redire 


De £ M neffecc. 


£ @ fans compataifon 

Cekluy qui fapme fane mot dire 
Et ſi ne la verreʒ ia rire 

Sinon quil ſoit temps et ſaiſon 
De LMneſſe ec. 


¶ Autte tondel. 


Seus belles mor cueur ic donne 
En facent ce quiffeur pfaira 
Jamais deffes ne partira 

E Sen defpfaife a toute perfonne 


Coꝛps et biens ie leur habandonne 
En parle qui parler vouldꝛa 
Adeusx belles mongc. 


£a facon eſt ſi belle et bonne 

Ne faicteʒ doubte de cela 

Glkes font tant doulces / vela 
Que tout non vouloir ſi adonne 
Adeus belles mongc. 


¶ Autre rondet. 


Ven dictes vous / fereʒ rien 

De ce dont tant vous ap requiſe 
Ce neſt pas maintenant fa guiſe 
Se ce faire fant prier 


Lautre iour en ops parfer 
En vne bonne compaignie 
Quen dictes vousgc. 


Je Bousaffie quoy quon vous die 
Que ie ſuis voſtre ſeruiteur 

GEn tout Bien et en tout honneur 
Pour vous ferur a voſtre guife 
Quen dictee Vous ec. 


¶ Autre rondet. 


Lle maymie ie fe ſcay bien 

et ie ſayme / car ie ſuis fier 

Plus qua nuffe femme du 
monde 

SNS ZToiit mõ cueur a elfe fôde 

Benufautreienen Bueif 

tier) 

dar fe cueur deffe et fe mien 

Sonſi e; tous deux dungfien 

Qui en vouldꝛa gronder fi gronde 

Œffe mapmegc. 







Son ſeruiteur re me tetien 

Et fon vouloir fera fe mien 

De gy faufv ie vueil quon me fonde 
Be cueur et deBoufente parfonde 
De fa grace et de fon bien 

Elle mapme @c. 


¶ Autre rondef. 


J ie ſuis queres en ce villaige 
Qui eſt appelle ſaint ftoꝛent 
Vous me verreʒ le ventre grant 
De force de manger bagaige 


By aprendrap quefque fangaige 
Qui fera trouue Bien friant 


Si ie ſuis querezec. 


Viſiter fauldꝛa maint boucaige 
Peſcher/ chaſſer inceſſamment 


et le temps iopeufentent 
—— touſiours quelque aduantaige 


Diie ſuis guerez c. 


¶ Autre rondef, 
Nceſſammẽt mon poure cueur lamẽte 
Dans nul repos fouuernit me toꝛmẽte 
Ayant ennuy du ſoubdain partement 
Banye ma de tout eſbatement 
Et ſi languis pres de mort vehemẽte 


A grant regrect mon refuge me abſente 
Voiſine nay qui tant de douleur ſente 
Foꝛce meſtbien de ploꝛer tendꝛement 
Inceſſament mon ec. 


A rien que dueifie ne mets mon entente 
Voire figrant que chaſcun sout derente 
Tent mille fops ie pers mon fentement 
DB 0p ie Bien que pour fout payement 
Nauray damoute/fors eſtre mal contente 
Inceſſamment mon ec. 


¶ Autre rondel. 





N may que les chãps ſont tous vers 
NStde verte couleut couuers 

J Xpar nature qui tout conſomme 
WJus aſſomme dung peſant fonume 
Qui mendoꝛmiit fes yeuſx ouuers 





Au lict me couche de trauers 

La teſte haulte/le coꝛps enuers 
Comme fait vng douloureux homme 
SEn may que les c. 


Soꝛment ainſi tout a reuers 

Je ſonge vng ſonge diuers 

Qui mon ſoulas bleſſe et affomme 

Be chiene/ doyſeaulo ie vis grant ſomme 
Les vngs bons/ les autres peruers 

En may que esec. 


¶ Autre condef. 


Sſt grant fait que de ialouſie 
Entte deux lopaulv amoureusx 
Touſiours ſont ialoux enuyeux 
Et de riens ne ſert leur enuye 





€ 
But toutes gene qui font en vie 
Le ialoux font fort vicieux 
Ceſt grant fait gc. 


Lung dira / tu ne le Laulv mpe 

Et lautre diva/ieBaufo mieulv 
Sont ſouuent vng cueur gracieux 
Den va ſans acquerir ampe 

Ceſt grant fait ec. 


¶ Autr rondef, 


Veur ennuyeux enuieux 

quãt il veuft a autrup nuyre 
6 fe peult rien 4 ſoy deſtruire 

SDot les autres font topeup 


Tant (oit fort malicieux 
Don honneur ne peuft conduire 
ueurennupeupec. 


Lee decffes et les dieux 

Vng iour fe firent maufdire 
Diſant quifneffoit rien pire 

Que fes trouuer en plufieure fieus 
Œueurennupeuvec. 


¶ Autre ronde£. 


) € péfe; plis au pfaifir de mes peufo 
aie regrettez no fofe accointance 
Ayeʒ Bien toufiours en fouuenance 
Les faulx rappoꝛs des mauldis ennuyeux 


Du eque ialoux faulv et iniurieux 
Ont fait bꝛiſer lamoureuſe aliance 
Nepenſeʒz pſus augc. 


Pꝛeneʒ ſoulas et vous tenez ioyeux 
Dautres dames trouuereʒ a plaiſance 
Tant que ma voiv aura force et puiſſance 
Je vueil gecter cop mefancofieuv 

Ne penſez plus augc. 


¶ Autre rondel. 


Nenez en gre ce pꝛeſent 
Petit que ie bous enuoye 
vi 


Fueillet 


Comme ce ceſtoit pꝛeſent 
Pꝛeneʒ en gre c. 


Dour ſe vous poꝛter pꝛeſent 
Ay mie ce meſſaige en voye 
Prenez en gre €. 


¶ Autre rondel. 


Ntre Sous fous parfais amoureux 
Leuez fee yeulx prenes a cecy garde 
Ë Œntendes toꝰ/monſtreʒ vous curieux 
Soyez ſoigneux / pl fine 4 mõſtarde 
De memufo en mieulx quoy que fa choſe taꝛde 
Atoue propos vous frouuerez heureux 
En tous bõs lieux à quen blaſonne ou larde 
Vous aueʒ loʒ maulgre les enuieux 


¶ Autre rondel. 


v gre damoure ſe veult bꝛanchet 
Poꝛter gectz et du mectz trancher 
Et pour vne mectre en ſeruage 
Le cueur que iay comme tauage 

En ſiberte nourry tant cher 

Et celle luy monfire la chair 

Croyeʒ quiffe fauldꝛa laſcher 

Affin de kuy faire lhommage 

Au gre damours GC 


Tar fon ocif fe plaiſant archer 
Le me veult du coꝛps arracher 
En baillant eſpoit pout oſtaige 
Qui pꝛent tout a ſon aduantaige 
St fait fonge geiz pour laſchet 
Au gredamoureec. 


¶ Autre rondel. 


Aymereʒ vous bien 
| | Dictes par voſtre ame 
| Mais que ie vous ayme 
Si voſtre me fier) 
Sans faire autre dame 
Maymereʒ vous Bien 


i 


Dieu miſt tant de bien 
En vous que ceſt baſme 
Pour ceie me clame 


vVoſtre / mais combien 
Maymereʒ vous bien 


¶ Autre rondel. 


Dnnes mop encoꝛes cefa 

Di Boules que ie plus celle 

Je vous prp mop quifue pucetfe 
Tar iamaie nuk mieulo ne cefa 


Cil ſuis qui Vous depucella 
Et pource que neſtes pfue ceffe 
ZBonne;mop EC. 


Quant quefcur a vne pucefte 
Æn fon fict/pourquop repucefte 
elfe neSeuft quon fa depuceffe 
Œieufp vauldꝛoit Bne pute fa 
Bonne; nopec. 

¶ Autre rondet. 


Spoꝛte toy beauſire / car ie iure 

Que point ne ſuis ace habandonnee 
Na qui tu donne femme deſoꝛdõnee 
Ainſi trãſmectre: car de toy nay cure 


Pourtant ailleurs cherche ton aduenture 
Pas ne vueit eſtre ainſi affinee 
Sepoꝛte top beauſire cc. 


Se tu cuides par fa fofe eſcriptute 
Du par meffaigesie fuffe ſubornee 
Nenny pour Brap/donc fuis aufre frainee 
Tiens moy en paiv/et pour le faitconcfure 
Bepoite top beaufiregc. 

¶ Autre rondet 


Juent les goꝛgias de court 

Qui au cok poꝛtent fee cofiere 

on pas ces fourdaufp efcofiere 
Aux quieufp ſouuẽt fargét eff court 


Lung va fe pas / lautre court 
Lautre tient termes fingufiere 
Viuent les goꝛgias 


Leur habit eſt vng peu trop lourt 
Pour contrefaire des galiere 
Sens de court ſont les vꝛays colliers 


Des dames /et dont leur bien ſourt 
Dinentfesgc. 


ŒAutreronder. 
MO Dur paſſer tempo vng iour vouloye 
Aager en fiffe de Benue 
luecques mampe que taut amoye 
Qui de mop faifoit refus 
Le ventre ie fup mie deffue 
En fup difant ma doufceampe 
— pꝛye nen parfes plus 
e fes motz:car il mennuye 
Dour paſſer cc. 


Apres que eufmes bien nauige 
Au fong ef large de fadicte iffe 
Le mat; de fa nef fe trouua pfope 
Et de fe tendre neftoit poffibfe 
Dour fe couraige qui eſtoit debile 
Dour paffer tempe cc. 


dŒ'autreronder: 


— 


SNgiour a part mauanture 
De pꝛier damoiſelle damoure 


NS 
9 Et luy dits tout en bꝛief motʒ cours 
{ 29 





| Puis que auons temps etpuiffance 
Pꝛenons damours fa iopffance 


2 ce refifloit fa damoiſelle 

Dar Honneur confre fon defir 
Difant que fon Honneur doubtoit 
Vng iour a part EC. 


St que fe ſelle ſubmectoit 
Auoir en pourroit deſplaiſir 

Gt natendoit autre plaiſir 
Rendꝛe pour fon amp aiſer 
Foꝛs ſeulement vng francbaiſer 
Vng iour gl 


¶ Autte rondel. 


A dame regardes en pitie 
TCelluy qui iamais fante 
Naura en fa Bie 

Et ce neftpat amitie 


€ opiit 
Se voſtre Bonne courfopfie 
Œtquant luy fetes amye 
ropezque fup donrez la Vie 
Et luy fete; grant amitie 
a damegc. 


Quelque choſe que lon vous dye 

De luy ne le croyeʒ mpe 

Larifne vouldꝛoit fur la Bie 

Auoir autre afiance ne ampe 

Que vons / pource mueʒ voſtre voulente 
Ma damec Ce 


Balade, 


Slle en qui fonée iope ef doulceur 
À Gt beaulte plus quen nuffe crea 
ture 
2e doufp maintien / de gracieux 
atour 
Du tous biens ſont que peult d8ner nature 
Jay du tout mis mon vouloir et ma cure 
A Sous apmer/et fopaufment ſeruir 
TComme ẽcelle qui fur toutes ap defit 
Ne ne requiers que autre bien mauiengne 
En vous ſeruant veulx viure et mourirt 
BiBoue ſupplye que de moy Bo? ſouuiengne 


Je penſe a vous ſans ceſſer nuyt et iour 
on poure cueur y prent fa nourriture 

Se ie ſeuffre belle pour voſtre amour 
Treſdoulcement et de bon cueur lendure 
Tar tant me plaiſt lamoureuſe poinctute 
Quamours me fait en Sous ſeruant ſouffrir 
Que ma doufeut me rend vng grant plaifir 
Riens nemeftgriefque pour vous fouftienne 
Je fuis a Sous fans iamais departir 

Si Joue fupplpecc. 


Œtpoutce queſtes ledonion ef fa four 
Du maint amant fouuent fogie procure 
Tomme remplye de noBfeffeet honneur 
Et dautres biens a treſcomble meſure 
Je Soue ſupplye excellente figure 
Que ne ſouffreʒ mon poure cueur partit 
Qui ſans ceſſer ſe viẽt vers Bone offrir 
Jacoit ce que de ſes maulx ne fe plaigne 
v HE 


fueiftet 


(haie fopauftene doit en Joue farir 
Si vous fupplpec. 


Princeſſe fe faufo danger deuoit de cueur ptir 
St meſdiſans par enuie mourir 

Si ſcauray ie bꝛief quoy quif en aduiengne 
Dar deuers vous plus ne men puis tenir 

Si vous fuppfpec. 


¶ Autre balade. 


eur arioureus de noble dame 
eſpꝛis 
Belle et bõne tant qua ce doit ſuffire 
Moutt eſt penſif conſiderant Le prie 
Due venir peult de celle quon deſire 
Oꝛ eſt ainſi que par mop ie puis dite 
Damepfaifantounanufdefbonneur 
on poure cueur par Bouc fouuent foufpire 
En Bray efpoir dacroiſtre voſire Honneur 


DfueBois auant ef plus de vous fuie prie 
Car mon efpoir de tout a vous fe tire. 
Crainte meſtraint / dangoiſſe ſuis ſurpꝛis 
Combien quautre que vous ne vueil eſlire 
Mais ſimpleſſe me tient en tel martire 

Et nonob ſtant pour appaiſer mon cueur 
a voulente me contraint de vous dire 
En vray efpoirec. 


Vng cueur fopaf ne doit eſtre repꝛis 
De ſuſſeruir a ce qui ne peult nuyre 
Mais moy — de ſi tre ſmal apꝛis 
Viens en gre ſen ieu ne me ſcay duyre 
Qua vous ſeruir fout nie vueil effire 
Humble feal / et vng franc ſeruiteur 
Secret/courtops a tout plaiſir conduiſe 
En vray eſpoirgc. 


Pꝛince des cieufo qui fur fo? nous eſtes fire 
bou doint Boufoir dappaifer ma clameur 
arfopaufment Sous ayme fans mefdire 
En vꝛay efpoirec. 


¶ Autre balade. 
RefSoufenfiers de cueur fe ſalueroye 


Ain fi que iap de top la ſouuenance 
on feufrefuge/ms foufaSemaiope 


Mais il neſt pag en foute ma puiffance 

a Bie de top defpend fane difference 
Dour fa beaulte te ſuis en grant efmap 

Et neſt poſſible pmectrerefidence 

Car au vray dire ie tayme mieulx que moy 


Quant ie te voy / tenir ne me pourroye 

De toy aymer tu es en ma plaiſance 

Nien en ce monde ie ne deſireroye 

Foꝛs que dauoir de toy quefque accointance 
Sur toutes autres tu es par excellance 
Belle et honneſte comme ie lapparcoy 
Vueilleʒ moy dont donner ta Bien vueillance 
Cat au vꝛay çc. 


Tant ſeulement a toy parler vouldꝛoye 
De tout mon cueur fans ceſſer a top penfe 
Et fe mon mat er top tu compaffope 

Se mes doufeureiaurope all egence 

Tu es mia die et ma feufe eſperance 
Concluſion / viure ne puis ſans toy 
Plaiſe toy donc me donner audience 

Car au vraygc. 


Pꝛinceſſe ef dame en qui iay ma fiance 
Pour moy gectet de ſi terrible ennoy 
Refcripe moy bꝛief a toute difigence 
darauSraper. 


Autre balade. 


Amaisnefu fitrefnautenepoincé 
de voſtre amour:car p fout cõtrepoinct 
ie feuffreSng grief cooforeuv martite 
Car vne fope iap vng mot a Bou dire 
Qui mon cueurnaurectreffort picquecpoincé 
En Sous pꝛiant ma treſdoulce amye 
Belſe ne me refuſeʒ point 


EntreBozmaîne de tous poins ie me rens 
Ga maifireffe/mon eſpoir/mon deſit 

ar ſur toutes crea tures viuans 

Vous ap voulu a mon Beau gre choiſir 

Je vous ue doncques fi ceftSofîre plaiſir 
Que pour Bngautre Bo? ne me chãgeʒ point 
En vous pꝛyant dung tre ſardant defic 
Belle ne me cc. 


Œronbef, 


SEſt par vous que tãt fort fonfpire 
Touſiours mempire 

A voſtre aduis / faictes vous bien 
E Que tant plus ie vous vueil de bien 
Et ſur ma foy vous meſteʒ pire 





Ha ma dame ſi grief martire 

Ame ne tire 

Que moy / dont ne puis mais envier 
Teſt par par Sousec. 


Voſtre beaulte vint de grant tire 
Amon oeil dire 
—— mon cueur deuenir ſien 
— voulut / ſi meurt / et bien 

e ne luy puis aider ne nuyre 
Teſt par vousgc. 


¶ Autre tondef 


Sulv qui deuſſent par ſons mutz 
Lee fopaufy font pour ſotz tenuʒ 
Je neny voy nufs 
Qui de bonte tienne plus compte 
Vertus vont ius / peche hault morte 
Ce Sous eſt honte 
Seigneurs grans / moyens / et menuʒ 


Flateurs font grans gens deuenuʒ 
A haulo eſtas paruenuʒ 
Entretenuʒ 
Zantqueriens ueſt qui les ſurmonte 


Ceulvð qui cc. 


Nous naiſquiſmes poures ef nuits 
Lee Biens noue font de dieu venuʒ 
Nozʒ cas congneus 

£up fontpour vꝛay / ie le dous compte 
Pape / empereur / roy / duc / ne compte 
Tout fe meſconte 

Quant fes bonene font ſoubſtenuʒ 
€eufoquiec. 


Autre rondel 


Ateneur de cent mille eſcitʒ 
Et le deſſur de ma maiſtreſſe 
Je ſoubzhaitte pour pꝛendꝛe lieſſe 
GEt ne faire guerre que a culʒ 


TCvoviiii 
Auoir mes ennemis vaincuʒ 
Touſiours ſante auec ieun eſſe 
le ſoubʒhaicte pour pꝛendꝛe lyeſſe 
Za teneur 


Loꝛs lairrons ie lances et eſcus 
Pour empoignet tetin et feſſe 
Jamais ie nen gendrerope triſteſſe 
aie chanteroye auec bacus 
Lateneut cc: 


¶ Autre rondel 


Oſtre flacon fermant a vie 

Ma dame ie le vous renuoye 

St grant mercis 

Œatie vouldꝛope quit fuſt tel 
Quant pꝛemier ie le viʒ 


Je men ſeruirope bien enuiʒ 
Se a mon plaiſit me trouuoye 
Voſtte flaconec. 


¶ Autre rondel 


S trou du cul dune nourrice 
eff fe pfue Beau rondeau qui ſoit 
En quelque maniere que ce foit 
Re, np coift faffcen np efpice 


Foꝛs aucuneffois fa iaunice 
Que efle mefmes efle concoié 
Le trou du cufec. 


Son trou fup eſt touſiours propice 

Gt ne fuffe foꝛs que pour piſſer 

Tella neſt point tenu pour vice 

Vng ehaſun ne ſen peuft paſſer 

Seuant quelle fe voiſe coucher 

Don trou faue de au de melice 

Et au matin quant effe piffe 

On na garde de foupt fouffer 

Tant Ba roide feiuc de tiffe 

Qui fe trou rond faue au paſſer 

Puis Ba fa chemife amaſſer 

Gt en effupe fefcreuice 

Puis fe trou couure de fa peflice 

Que Le feu faintpuiffe embꝛaſer 

Le trou du culec. a 
& iiii 


Æuciftet 


¶ Balade 


Ignon maintien goꝛgiaſe beaulte 
O bꝛuit triumphant mon tout / ma 
ſeule dame 
Bent entretiẽt damours enloyaulte 
Le Gien lhonneur / leur de fout autre fẽme 
Telle en vous dit/teffe ie Boue recfame 
Ie neſt que Bo? en maintien on Beauty geſtes 
Dofîre Beaufte du tout mon cueur entame 
Car ie ne Bop ſi belle que vous eftes 


Voſtre facon eſt de fi bel acueil 
AQuifneftrienspfuene qui tant me plſaiſe 
Vous contenteʒ chaſcundũg ſeul regard doeil 
Plus que Bne autre en fon effect nappaiſe 
Hellas celluy ſeroit trop a ſon aiſe 

Qui Sous auroit pat oꝛ ou par requeſtes 
Trop heureus eſt qui vng tel ioyau Baife 
TCar ie ne voy fi belle que Bouc eſtes 


Plus que ſouſpꝛins cent mille foys le iour 
Par ſoubuenir mon cueur eſt ſur la trace 
Penſant trouuer moyen ou aucnn tour 

Dit Sous plaiſoit deſtre de vous en grace 
Tant que fa nuyt iuſques au iour fe paſſe 
Du loeil ſõmeille/le cueur eff auv enqueſtes 
Bettant ſouſpirs / regretant ce quil chaſſe 
SDiſant quil neſt fi belle que Bons eſtes 


Pꝛince penſez quelle eſt belle plus que autre 
Faictes mop donc vers elle mes apꝛeſtes 
Intituſlãt fur Le blãc dune main et non autre 
Qui ne voit point fr belle que vous eſtes 


¶ Autre balade 


Ne dame dexcellente beaulte 

En tous fes fais doit eſtre moderee 
Auoir fe cueur remply de fopaufte 
Maintien raſſis / contenance affeuree 
Bouche riant / mignonne et ſauouree 

Deif verdelet / et de fronc largement 

Clere de Bis coulleree proprement 

Menton fourche / et cheuekeure blonde 
Humble regard caffer doulcement 
Parfaicte en Biens ſeroit la plus du monde 





Ferme tetin ſur leſtomac plante 


Large entre deux rencontre releuee 
Boꝛge plaiſant / le col longuet ante 

Le nes traictiz / ſourcile defpee 
Molletez mains / blanche bien aliee 
Les doiz et bꝛas greffes tant ſeulement 
Sente de cozps/entaiffee dꝛoictement 
Mopenne haulteur de treſbelle faconde 
Parfaicte en biens gr. 


Parmy les tains bien foꝛnie a plante 
Broſſes cuiſſes / deuant haulte enconnee 
Ton de plain fans eſtre fort hantee 

Se doulo recueif/ et de rebekle entree 

£e Ventre eſpez / harbe de frais raſee 

St ſon bourdon ſerrer eſtroictement 
Zenit fe cul au beſoing dꝛoictement 

Je ne men quiers de peu ou trop parfonde 
Ze compaignon poꝛter iopeufement 
Parfaicte en bienscc. 


Bentif prince par voſtre eſbatement 

Si trouueʒ Sngtefappointement 

Au petit pied / iambe greſle et ronde 
Montez deſſus ef picques hardiment 
Parfaicte en biens fera fa plus du monde 


¶ Autre balade 


Our blaſõner vng chenal pꝛopꝛenẽt 
It doit auoir La chiere releuee 
Hault a fa main marcher ligerenent 
Selieʒ crins / courte oꝛeille affillee 
Deif ef naʒeaulx Bien ouuers pour fe mieufe 
Pꝛompt au pattit/ne trop ieune ne vieulx 
En fon maintien iopeufe contenance 
Bayart ob ſcur / court poif delicieux 
Fier et puiſſant / ceſt pout roy de france 


Le col greſle vers fe hault ſeulement 
Mon pied g creurx / ioincte emmolee 
Jambe plate / large meſurement 

Le trot aife/fa qneue longue et fee 

Vng doufp galopt / de commun a ſemblee 
Defibere deſprit en tous lieux 

Au monter franc/au penfer gracieulx 
flans et Éopauto/remplie a ſuffiſance 
rine argentez mmagnificenciers 
Sieretpuiflant/ceft pour roy deftanre 


Sa racontre porfer ouuertement 

Bon eſperon / bouche bien aſſeuree 
Sur le chemin trauailler franchement 
A fon repas gueulle deſmeſur ee 

Viſte coureur longue alaine a duree 
Saler deuant fans ceſſer enuieufo 

Le coullon rouv/eft Bon ef precieufo 

A petit chiefde noire demonſtrance 

Le hannir gros Bauftain et futieux 
Fier etpuiffant cc 


Nobles pꝛinces fe vous les trouues fienfo 
Lomme dit efi/fopes en enuieulx 

Et les gardés par treſgrant excellence 
Dane en querir meilleur deſſoubʒ les cieuſx 
Fier et puiſſant / ceſt pour rop de france 


¶ Autre balade 


S tu veulo au iour duy viure en paix 
K y Dfuequoncâs mais fe fauft fouffrir 
INK Ziffimufer en dits ef en fais 
Pꝛen le temps tefquifpeut venir 
De ce que vois ne teſbahiʒ 
En bon efpoit te reconfoꝛte 
Ain ſi te pourras tu cheuir 
Ceſt la choſe dont plus ten oꝛte 


Entens / regarde et te taiz 
Laiffe leaue aual courir 

Sup fee bons / fuy fes mauluais 
TFlneten peuft mal venir 

Et pour plus grant peril fouit 
Tien ta langue ainſi que morte 
Trop parfer nuyt ce puis veir 
Ceſt la choſe cc. 


Simplement fe tien deſormais 
Dour fes enuieulvx aquoifer 
Pꝛen garde a ce que tu fais 

£a fin queffe peuft venir 
Lopaufte Bueiffes maintenir 
a dꝛoicte voie non pas La forte 
Ainſi pourras a bien venir 
Teſt la choſe gr. 


ŒAictie 


€vo$ 

A poutre fopaufte 
En clerc humilite 
En pꝛelat ſapience 
Sny cheualier pꝛoueſſe 

En riche Somme largeſſe 

En Berauftcongnoiffance 

Œn marchant fop tenit 

En feruant obeir 

Œn aduocat eloquence 

En Bin Bonne ſaueur 

Er dꝛap Bonne coufeur 

En femme contenance 


¶ Nondel 
Danton fe dira dvillenye 
ects Le en ton facet le lye 
Et quant ce viendꝛa fe temps 
Seſlie ton fac et le fuprene 


Femme qui fait tetineparoir 
Et cul / par eſtroicte Sefture 
A tout homme fait apparoir 
Que ſon con demande paſture 


On ne peult con garder ſans coilles 
Ne que fane ſel freſches andoilles 
Quant on çc. 


¶ Balade ç du nom de la dame 


ueut frefBaiftät/autät àl eft poſſible 
Louer doit on voſtre beniuolence 
Gn tous endꝛoiz / ſans efireinutifte 
choderee eſtez / en apant attrempãce 
Gn tous vozʒ ditʒ aueʒ grant aſſeurance 
Aufne peult dire de Sous que fout honneur 
ourageufe eſteʒ quant eſteʒ defpfaifante 
Œten toustemps voꝰ porfestoufiours heur 


Denfer en vous ne meſtpoint ennuyeux 
Autant qui penſe / ie y treuue plus de bien 
Souhaitier ie ne ſcauroie mieulv 

Que vous ſeruir en honneur et er bien 
Voſtre treſhumble entretien 

St voſtre gracieuſe mauiere 

Treſdoulce eſteʒ caue;Beau maintien 
En tout ſpon Bone eſteʒ ſinguliere 


ŒRondef 


Fue ille 


Omme fopes touſiours ſaige 
Aymant des dames leur honneur 
Eſtimeʒ vous ſans meilleur 

Ce ſera voſtt e aduantage 


Et ſily a perſonnage 
Qui en parle a deſhonneur 
Hommegc. 


£opaf de fait «courage 

wous monftrant/donnefte cueut 
Œtne apes trop grant faueur 

Bont venir Sous pourroit dommage 


Homme çc. 
Autrerondef 


Anny damours 
Vous me Boules Harpe 
$ Dar faufv danger 
Qui dit/que ſus ma Bie 
Due mp trouuez / ſi non quen fapience 
ar ie prefume que iapeeu congnoiffance 
De Bofire Honneur et Bofire compaignie 


Je meſbahis dont vient ceſte folie 
Ne qui ſe met en telle fantaſie 
Deout en iour ien Bisen deſplaiſance 


Helas fortune trop meſteʒ ennemye 

Bien ke congnois / car il fault que deſuie 
Puis que me oſteʒ mamour et ma plaiſãce 
le vous ſupplie remoꝛs de conſcience 
Deueʒ auoit / ¶ que ie ne ſope mye 

Banny damoure 


¶ Autre rondel 


S deul que poꝛte en cueur et face 

Qui toutes mesiopes efface 

Et de pfaifir fa force eſtainct 

Sp tudement mon fens eſtrainct 
Que ap grant paour quefle defface 


Amour le tumbe en voſtre naſſe 
Rigueur dautre part fe menaſſe 
Sauoir touſiours en langueur tainct 
Ce deul ec. 


t 
cais fe departez voſtre grace 
Et que mes douleurs on compaſſe 
SDonnant deſperance fe tainct 
En bꝛief ſeray frois et retainct 
Et ſi lauray qui que mefface 
Ce deulge. 
| €Œ'Autre rondef 
Riftepenfer aduerfaire du coxps 
t Ænnozdeup pars ries ne peuft acârir 
Done de mufefe armonieus accoꝛe 
Plaiſt aux Berges feufementenquerie 
Sap par amoure/fiffettes requerir 
Et de boncquetzʒ faire fats et montiope 
Prec que immortel eftcueur confit en ioye 


Lot fe compare au cher fofeif 
Argent tient efpecede {une 

Mais eſt pour queuffes Le vermeil 
Azʒur et iupiter font dune 
Pourpꝛe a mercure ne repugne 
Simple embꝛaſe venus 

Sable dolent noir comme pꝛune 
D? contonctauec ſaturnus 


¶ Balade 


Autrier men a foie aleſbat 
Auecques deſennuy aux champs 
Et ſi fuſmes en mainte part 
Tant que trouuaſmes le printemps 
Acompaigne de moult de gene 
Vngchaſcun veſtu de Bert gap 
Qui faifoient grans eſbatemens 
Dour fa venue du mope de map 


Amour p Bp Bien reu ergart 

Lequef difoit a ſes ſeruans 

Aluffp de vous ne foif couart 
ais en vers mop Bons et Saiflane 
Œatie Bueif fenit fe dedane 

21 faire iouftes et tournap 

Et fideffietous venans 

Pour la venue du mays de moy 


Planter feray mon eſtandart 

Aux lieux qui feront plus plaiſans 
TCelluy qui fera du regnart 
@ettrap au nombꝛe des meſchans 
ar a plaiſance ie matens 


Ain ſi que madit fur fa foy 
Quelle fe rendꝛa ſus fes tans 
Pour fa venue du moys de map 


Pour ceufv qui ont harnoys blans 
Et Bon coꝛps le monſtrent au vꝛay 
Et facent feurpreparemene 

Dour fa venue du mope de map 


Zreſhumblement ie Sous fuppfie mon cueut 
Que vueilleʒ pꝛẽdꝛe er) Bous iopeuv courage 
Vous acointant de pfaifir et doulceur 
Seſquelz autres foufas et aduantage 

Ace pꝛintemps dedans ce vert bocage 

Tant beau fera ainſi quay apercen 

Nandon nous y pour tenir hermita ge 

Ce moys de map qui eſt pꝛes deuenu 


Abandonner fauft triſteſſe et douleur 

Et enfermer en vng vueil recluſage 

Tar aux vꝛays cueurs tiennẽt toute rigueur 
ui les enſuit il ne peult eſtre ſage 

— fault de leurs liens ét cage 

Qui ne vouldꝛa du tout eſtre perdu 

Chaſcun doncques ioue bien fon perfonnage 

Ce mops de map qui eſt pꝛes Venu 


opÿi 
Tous fes opfeaufo feront en feurBigueur 
Jfnp aura nuftant ne foit if faufnage 
Quine demôfire enceffup tempe ſa valeur 
Darmp fes boys deffoub5 Le gap fueillage 
Se roſignolʒ on aura maint fangaige 
Tant que deduit fera entretenir 
Pource p allons faire nofire mefnage 
Le mops de map quieftpres deuenw 


on cuenr/geftes confre danget fe gage 
En hardement de vaillance pouruerr 
Et loꝛs aureʒ de par amour hommage 
Le moys de map qui eſt pꝛes deuenu 


¶ Comment vng poute amoureux 
qui eſtoit en) fa compaignie dec dames 
eſtant au iardin de plaifance ſenhar⸗ 
dit de depꝛiet lune des dames. Et les 
teſponces de fa dicte dame a ycelluy 
amant 


Lacteur 





Æueiffe t 


D poit du io’ quãt ieuʒ pꝛiſmõ repos 
ie me feuap/puis ſur vng bãc maflie 
Péfât/fongeñt / muât ſouuẽt ꝓpos 
Cõe fôt gẽs de gros engins maffie 

Lots pꝛnis ma plume que choifie entre fiv 

Ainſi qun homme reduit a non chaloir 

uis difpofant vng peu de ſens raſſis 
— — dacomplir mon vouloir 


Œn ceſt inſtant iaparceuʒ vng mignon 
Daage moyen / ainſi quil me ſembloit 
Foꝛt ct puiſſant aſſez beau compaignon 
af acouſtre dabis / car il trembloit 
Et a le veoir en ce point reſembloit 
Aquefque amant qui fes amours pourfuit 
dar fes doufeuts famentant aſſembloit 
Gn fa cofere/difant ce qui fenfuit 

¶ Lamoureux 
Icyp froit / icy chault encueuꝛ / icy iope/icp dueil 
Je ris/ie pleure / ie crie /ie bꝛais / ientens 
cp fain/icy ſoif / ie naparc ois riens doeil 
Je die / ie faulx / ieſcoute / ie pꝛetens 
Jayme eſbas / ie doubte les comptés 
le vois/ie viens / ie cours / ie ſoꝛs / ie rentre 
Brꝛief iapercois que ie nay que or temps 
Tar amouretes me trotent par fe Sentre 


Sn ce traueil ie vueil me iours finer 
St pꝛendꝛe amours pour conſolation 
Combien quamoure font les fine affiner 
Qui eſt bien cauſe de deſolation 
TCe nonobſtant ma ſeule intencion 
Eſt de complaire a ma dame / parmy 
Te que ſeray fans faire oſtencion 
Couuertement fon ſingulier amp 

¶ Lacteur 
oꝛs ie me mis Bien pres dung vieulv tapis 
Dour eſcouter fout ce quif vouloit dire 
St tout er paix derriere me tapis 
Non pꝛopoſant de riens le contredire 
Csme vng homme fefonneus € pfain dire 
Qui par fureur fopmefines fe deteſte 
SDiſt des paroles treffortee a redire 
Pource men fais et a mop ſeul les tefte 


Mais puis apres reduit a fon bon ſens 
Dit vne dame precefente de corpe 
Diſceete et faige ainſi comme ie fene 
St comme fuie par memoire recots 


Laquelle veue rapaifa fee diſcoꝛe 

Et fur ce pas a elle ſadꝛeſſa 

Sieu ſcet comment il trouuoit fes acoꝛs 

chais oncques femme mieulx hõme ne dꝛeſſa 
Σanouteuy parfant a fa dame 

PBungcueur feruant eh amour cupidique 

Je Sous ſalue ma ſinguliere dame 

Fleur des amans vertueuſe et pudique 

DBetfe de corpe/et plus exceſſent dame 

Je viens a Joue pource que eſtes vidame 

SDe fa prouince ou ie fuis prifonnier 

Tar ie ne tiens en ceflup monde de ame 

Foꝛs que de voue / ie ne fe puis nyer 


Receuez moy fif vous plaiſt a hommage 

Comme le voſtre feal et fans vice 

Pour euiter dauoir aucun dommage 

dar ie Sous offre fe courtault de ſeruice 

Et du ſurplus aies ceſte notice 

Que tout eft voſtre et fe coꝛps et les Biene 

Le coxpe pour touf/efprouues fe a fa lice 

Je Sous ſupplie que vous nefpargnesriene 
£a dame 

Treſhumblement graces Bouc rens de loffre 

Que Sous me faictes fane lauoir merite 

aie quãt auriez de ducas Bng plain coffre 

Et que feriez auffi bien herite | 

Que charfemaigne qui en profperite 

Obtint du monde fa He en fa main 

Niens np feriez/ien die Fa verite 

St vous mercie Sous eſtes trop humain 


Quant au regart dacepter le courtault 

Dofequea ce Sous vous deueʒ ſoubzmettre 

Pitie menhoꝛte vous donner autre tault 

En fi grant charge pas ne Bo? vueil cõmettre 

Tar il me ſemble que ie puis Bien permettre 

@ucrtrefioue metʒ en vng moꝛceau 

Et fut cella vous donner belle lettre 

A ſimple queue fans attoucher au ſeau 
£amoureu 

Dour Joue feruit feme — ſouffrance 

Je ſuis tout pꝛeſt a fa neceſſite 

Beaucoup pl? pꝛeux que oliuier per de frãce 

Oſte dargent ma grant perplexite 

TCar hercules eſt loꝛs reſſuſcite 

le ſuis puiſſant et felon comme Bngtoz 

Trainte ie nay daucune aduerſite 

Chaſcun mappelle le ſecond pꝛeux hectoꝛ 


£a dame 
Vous cffes beau pa ne diz le confraire 
Fleune/puiffant/et Homme de courage 
Chief que nature a Bien Boufu pourtraire 
Dour congnoiffance de fon parfait ouurage 
Homme pour faire inpetueufe rage 
Sendre/Brifer/rompre a puiffance darmes 
Paie quant a mop ie craine tant fe fourrage 
Qucieneprene nufs fi poutres genfoarmes 

Lamoureuv 
Sil vous pfaifoit que tinfiffe le pas 
Contre les nobſes venãs dc tous quartiers 
Dour y mourir ie ne le lairrois pas 
St me deuſt on diſſiper per quartiers 
Deu grace a dieu quap fee membꝛes entiers 
Dour refifter/fuft ce contre afivandte 
Tar il neſt nul ie le diz Boufentiere 
Si hault monte que ne feiſſe deſcendꝛe 

La dame 

De vous donner fiperiffeufe charge 
Certes amp ien ferope confcience 
ZLef autrup charge Bien ſounent à fe charge 
£a fauft raiſon par faute de ſcience 
Sainſi eftoit que pat impacience 
Feuſſez tue ou quefqur tuaffe; 
Jen ferope cauſe: dieux quefle pacience 
MNen parlons plus /car on en tueaffes 

£amouteuv 
Dasne ferope de mon cas impourucu 
aie que ie feuffe en plaine chãps combatät 
Dit Sous plaifoit de me donner auen 
Dour Bcoir ma force fans plus en mefbatant 
Je ne face homme quenaffaffe batant 
Aumoins ientendz / mais à ieuſſe vng paſſot 
Tar pour vng feuf ſachez que tant pour tant 
Je puis beacoup et fine fuie pag fot 

a dame 
En moy na point fitrefgrantnegfigence 
Que ne congnoiſſe voſtre evceffent Beaufte 
Vꝛaye pꝛeudhomye ct grande difigence 
Dans fuffifance et Bonne lopanfte 
Force/Bardieffe/iopeufe pꝛiuaulte 
aie pour parfaire toutes cee grans Vertus 
It fauft argent/car en communaute 
On en peut faite a deuv coupe froie partue 
L£amoureuy 

Do faire voulſieꝰ/ cheuaucher grãs courſietꝰ 
Rompꝛe bourdons / eſcarteler eſcus 
Entretenit touſiours mes acourſiers 


C. vxx vñ 
St combatant rendre a terre Saincue 
Je le ferops en defpit dce cocus 
Œoutant/frotant ct amont et a Bal 
aie ie ne puie/cat ie nap nuls eſcus 
Et fuic a pied par faufte de cheual 
La dame 
Je Bone dis foub; fa corrections 
De celluy ſens que Sous'pouez auoir 
Do; crane caquets et Gaufte erection 
Dontquafinuf/feft trop Bon a Bcoir 
La vaifon eſt/ puis queftes ſans auoir 
Doue reſembleʒ vng vieil poip fans Bafance 
Seſtre vaillant ie vous fais affauoir 
Quil neft poffiBfe/ entend; a pied ſans lance 
Lamoureux 
Ha ma dame veu fe temps tel quil eft 
Jay fuffifance de force pour combatre 
Paie quon me mift fe Bourdon er) larreſt 
Jen ferope fept tous fes coupe fane raBatre 
Tout a Beau picd/cat iay mopen de batre 
En eſcumant comme Bng Berrat ſangler 
Delibere de tuer ct dabatre 
Paie que mon bꝛas ne me failliſt a ſangler 
La dame 
A Bꝛay parler ie moſe bien vanter 
Que puis mon naiſtre ſans curioſite 
Jap veu des vens terriblement Bentec 
Et faire hoꝛrible impetuoſite 
Et touteffois leur grant ventoſite 
Par pou de pluye ſe decoulloit ſouuent 


Ainſi fait lhomme fa furioſite 


Petit de pluye fait abatre grant Bent 

L£amoureup 
Onc narciſus de quo neuf amour telle 
Se piramue de tifBe fes regret; 
Ne auffi parie qui eut guerre morteffe 
Dour dame helaine a fencontre dee grecs 
ar non cueurSeuft faire au Bolire (es gres 
Sans luy faiflir minute ne demye 
Be Bo; vertus congnoiſſant fes degrez 
Oncques amant ne fiſt tant pour fampe 

£a dame 
Ainſi ie pnis pat Joffre dit comprendre 
Que ceftamour/dont cefte offre procede 
Das apât doubte trop grãde de meſpꝛendꝛe 
Veu ma fimpfeffe/Sofire parfer evcede 
SEt neautmoins ic mer fais et concede 
Quentre fee gene viuans amour fait mouft 
ais touteffois ce prouerbeprecede 

pi 


fFueillet 


Que chaſcun dif touſiours:argent fait tout 
Lamoureux 

Vous eſtes celle a qui Sueif plus de bien 
De bon vouloir:et ſil meſtoit poſſible 
Tauſe naurieʒ de demander combien 
Tar du nomb ꝛer if ſeroit impoſſible 
Mais mon penſet qui meſt grief ef paſſible 
Vous fait congnoiſtre quete ſuis negligent 
Dar pourete malheureuy in ſenſible 

Ainſi font ceulx qui ont faulte dargent 

La dame 

Bonc vous poueʒ facilement ſcauoir 
Que grant amour commence par pecune 
Darquop ie diz quil en fait bon auoir 

ar par ce point aucun contente aucune 
Œtquinen a ceft fe port de rancune 

Be toutes haynes nafureffe racine 
Sans ce nepeut ne chaſcun ne chaſcune 
Argent poꝛte grant medicine 

Lamoureux 

Que ieuſſe argent fe contraire iargit e 
Tar par amours iay le ſens imbecille 
Parquoy richeſſe meſt du fout ambigue 
Boubteuſe a pꝛendꝛe/ a tenir difficile 
Etpenfe ce que mon gros ſens vacille 
Aufne fcauvoit faire queienamaffe 

On ſcait auffi que fa choſe eſt facife 

St qun amant point de trefor namaffe 

dame 

Dour ceſte caufeie Bous feiſſe dabus 
Faignant dapmer voſtre excellent ſtature 
Dane me fournir grant force de quibus 
Je feroys mal et contre ma nature 

aie ſoyez ſeur que ne ſcay creature 
Quiplue magree fi ce neſtoit vVng mes 
Qui fault aymer attendant laduanture 
Laquelle choſe ie ne feroys iames 

— 

Je nay de dieu terre ou meubles q̃ſzʒconques 
En quop ie peuſſe enuelopper mes dope 
Ne depuis fheure à naſquis nen euʒ oncques 
Sinon demiprunt/et pue ie les rendoys 
Et touteffois er mon poure lourdoys 

A Joue aymer nature me prouocque 

St ſi me ſemble que ie fais ce que dope 
TCombien ſi ie erre mon erreur ie reuocque 

La dame 

vVoſtre erreur eff facife a reuocquer 
Œarifneftinge qui Sous en fiſt raiſon 


éhaie vous feriez Bilfainement mocquet 
Di Joue diſieʒ quon Joue fiſt deſraiſon 
La loy damours durant cefe ſaiſon 
Ne Seuft abuz / haulv caquetz/ne Bagage 
Soit en plains champ ne er quefque maifon 
Amourenont cours fice neft fur bon gage 
£amoureus 
Si ſon prenoif trenchoire pour (pons 
Et au change for miſt picce pour piece 
Jen fincrope de quatre miflions 
De tous entiere ef de ceulx quon defpiece 
St naurope faufte mefempiece 
Je fournirope gibbaciere et bourſault 
Et ſil failloit a quelque trou fa piece 
Je kuy mettrope a dcuv pag et Bng fauft 
£a dame 
Je congnois Bien queſtes affes expert 
St trop ſcauant en amours touchant lart 
Mais bien ſouuent le plus ſcauant fe pert 
Et de ſa dame eſt repute raillart 
Ja ſoit quil ayt Bne queue de mallart 
Belle perruque / bien pigne / coint ef gent 
TCe non obſtant ſi neſt il qun paiffart 
Tant Beau ſoit if/fif a faufte dargent 
Lamoureux 
Je ne ſcay crois qui poꝛte pille en rond 
Argent na coute ner grans rues ne ruelles 
Et quant ien ap ef ie Le lye tout rompt 
Tout fe defpend et Ba par eſcuelles 
Bouc [rien feuffre des doufeure treſcruelles 
St quauoir deuffe pour mec pfaifire ſecours 
Raifon fe veult a propos deu trueffes 
Du force xegne / dꝛoit pett founéé fon cours 
| a dante 
Vouleʒ Bo? donc que pour neant ie Bo? ame 
Pꝛes pecher et de malheureuſe eſtre 
Je ſeroys fole et Bng dꝛoit coꝛps ſans ame 
Et mieufp vauldꝛoit à feuſſe encore a naiſtte 


Car Joue pouces facifement congnoifire 


Que mon efpoir ne gyſt point ſoubʒ ce tiltre 

Jap liberte/ ie ne vueil point de maifire 

It neſt treſoꝛ que liberal arbitre 
Lamoureux 

Lhomme qui Ba fee fortunes comptant 

Ayant ſa dame tant vertueuſe et ſage 

De doit tenir fuffifamment content 

De veoir fa mode ſeulenient au Bifage 

Quant if np a remede du paffage 

Dour fentreueoir aiffeure fans deſhonneur 


St quant a mop quantie voy fe coꝛſage 
Je men contente poux faufuer voſtre hõneur 
£a dame 
Foꝛce Joue eff:et viene ne Bouc vauldꝛoit 
En prendre au cueut melancolie ne dueil 
Content vous eſtes ſoit a tort ſoit a droit 
If vous ſuffiſt de ce petit guih doeil 
aie qui pourroit Joue faire quefque acueil 
Pas ne vouldꝛieʒ pource confratier 
Eat en amours fe gracieux recueil 
Ne fait lamant au prendre varier 
Lamoureux 
Je ne croy pas quen vng dꝛoit million 
On ſceuſt trouuer chef doeuure plus parfait 
ais vous me faictes ſecond pigmalion 
Non ioupffant dont te me ſens infait 
Dime ſemble il que ſuis homme de fait 
Poſe que nape de deniers Bng grant nombre 
Ne fouffres doncque par vous fope deffait 
Œar pou de choſe porte fouuent grât vmbꝛe. 
£a dame 
Ce Joue feroit cHofe bien neccffaire 
Sſtre amoureuv/mais quif np euſt reprife 
De quelque Bieiffe gape cõme vng cômiffaire 
Qui fee amane a gros poiv defcus pꝛiſe 
Femme donnant/non pae quete defprife 
Voſtre perfonne/mals pour auoir du bien 
le Sous confeiffe que cHerches autre prife 
Quant eft de mop vous en pafferez bien 
Lamoureux 
Seſtre amourenp de vieille dagoꝛne 
Tela repugne / ie ſeroys trop confus 
Ce me feroit Bne griefue eftangorne 
Œatpfusne ſuis tel que iadis ie fus 
Jayme boys neuf laiſſe Ces Bieufo fuſtz 
Fy de meſrien indigent dappareil 
Soncques ma dame ne me faictes teffuʒ 
Si ie ſuis poutre pas ne ſuis ſans pareil 
£a dame 
£a repugnäce Siendroit a comparence 
Pource que poure au riche on aſſemble 
Mais poure a poure np a point dapparence 
Quant lung ne peut et faute luy reſemble 
Pource Boue diz fans plus ce quil me fentôfe 
Voſtre indigence ef pourete preucue 
Seſtre nous deux noue feriôe maf enſemble 
at pourete requiert eſtre pourueue 
Lamoureuv 
De voſtre dit ſi content ie me tiens 


C. vxx viii 
Quilneft poſſible de men mefcontenter 
Et en comptant a moy ſeul Sous ſoubſtiens 
Pour mon penſer de compéer contenter 
ais fiie peuffe Sofire faufcon tempter 
Dout fe condupre a prendic fa mauupe 
Vous me feriez de tout mal exempter 
Te tempe pendant quen Bo; amours ic vis 
£a dame 
Ce ne feroient que noifeec contempe 
Si mon faufcon auoit pins fa Bolfee 
Lee faufconniere en feroient mafcontene 
FE gaſteroit fa plume griuoffee 
Et quipis eft/ie ferope affoffee 
ar fi par mop fa plume ſe remue 
Je fuie bien feure quelle fera fouffee 
Aufantauv champe que ſelle eftoit en mue 
Lamoureus 
Je vous requiere excuſeʒ mor dit 
ar voſtre veue feufement me fait viure 
Ja foit que ſoys du ſurplus interdit 
Qui grant doufeur et angoiſſe mie liure 
€ontrepefant Sofîre honneur a fa fiure 
Je le tiens cher et plus que fo: de touche 
Et p penfant demon grief me defiure 
Raiſon à veult que pour riens ne voꝰtouche 
La dame 
Sonc ſi raiſon Sous conſeille Bien faire 
TConſiderant fee perilz qui Sous ſuyuent 
Ja beſoing neſt Voſtre folie parfaire 
ar p maf faite beacoup de maulx ſenſuiuẽt 
Et fi le diable et fa chair Sous pourſuyuent 
En promettant tout par long et pat fe 
Sachez de vꝛay que pour mal ifs eſtriuent 
ais euitez quifnen (oit plus parfe 
Lamoureux 
Pource men tais / mais ſil eſtoit ainſi 
Jen viuroye cinquantedeux ane plue 
Et ſi nen ſuis moꝛt / paſme / ne tranſſi 
aie apres voir on veult bien fe ſurplus 
at proprement ceſt fa vie dung recluʒ 
Hayr la chair dont il eſt departy 
Qui fait ainfi/pour certain ie concluʒ 
Quon fe doit dire amoureuy fans party 
£a dame 
Dour deux raiſons ie laiſſe fe feiour 
Be voʒ amours:et lune eſt quant gp penfe 


* Tfme fuffift Bng ſalut dung bon iour 


Tela sie peut faire leuer ma parce 
Lautre fi eft:que pour ma recompence 
pu 


ueitfet 


Je doute frop de grant mercy fa pape 
Larif fenfupt pour gaigner fa defpence 
Baler au quet comme vne morte pape 
Lamoureu» 
Œft if poffiBfe venir a mon opfat 
Dour foufBaiter grant force de billon 
Sauſſi eftoit pour tenir vVoſtre eftat 
Jen foufBaiterope toufioure vng coꝛbillon 
ais Bien ſouuent comme nous babillon 
Je penfe a mop quen fin a mettre ou 
Auſſi demeure poure comme Biffon 
Et nap roueffe feufement que le trou 
La dame 
Dour fa caufe quant voſtre effat fpecufe 
Et fe mien poure qui font equipatene 
Plus vous regarde / plus dapmer te recufe 
at ſans richeffe trop fommes apparens 
Œtpiseflinousnauonenufsparens 
Quifung ne fautre Bouffiffent ſecourit 
Mais fes Betrione Bien pfuc toft pꝛeparens 
Dour nous faiffer en tout mafencourir 
Lamoureux 
Et touteffois quant deuſſe repaiſtre 
Denfant a vous ie tumbe en ce danger 
Quamoure me font comme Bne Befie paifire 
Duifpeut efire queienap que manger 
Loꝛs me Berriez toute couleur changer 
Ains qun homme qui eft tout efperdu 
Befñibere dune foie men Berger 
Et pfaine riens fant que mon tempe perdu 
£a dame 
Si fauffe amour Joue a fant accufe 
Que Joue fopes par effe au pain querir 
Dar quef mopen fere; vous excuſe 
Du tempe perdu/ie Bouc Bueifenquerir 
Si Joue pourrie tefs ampe acquerit 
Qui cofozaffent voſtre cac importun 
Je diz que non/car pour fefs requerir 
Be anq cene mille il nen paffe au port Bng 
Lamoureuv 
Sicupido ma fouB;mie a fa corde 
En reduyſant mes grans doufeute a paré 
Je me ſoubzmetz a fa miſericoꝛde 
De voſtre amour à mon cueur en deu paré 
Et fimon ame pour ce du coꝛps defpart 
Jon efperant dacquerir dame autre huy 
Sachez ma dame que quant eft de ma part 
Je Sous pardonne fanfnefe droit dautruy 
£adame 


Si cupido ſemble pfaifant en foune 
Lequef Sous fait ceſte deception 
Quant eff a mop ie fe trouue diffoꝛme 
Et ne fup fais quefque reception 
Ains ie Le mets par Grant exception 
Loing et arriere de mes pouree habis 
ar farde ſuis apant epception 
le dis fp fp proficiat Bobie 
L£amoureus 
Vous eftes Beffe/pfaifant/doufce ef courtoife 
Humble et Benigne/fage/prudente/difcrete 
Fille pour prendre a mefure fane toiſe 
Paie que Senue fuftentre noue fecrete 
Œtne crop pas que du pape de crete 
yſſit iamaie pfus epceffente face 
Dar mon decret Bofîre beaulte decrete 
Treſpꝛecellant quifee autres efface 
£a dame 
Laiffone Venus et {on fifs cupido 
Men parfons plus pouracquerir fonneut 
Cat depuis fheute que treſpaſſa dido 
Leurs adherens neurent que deſhonneur 
SEt penſez vous que leur folie donne heur 
Gt quon en ſoit belle ef plus pfaifant 
le ſuis treffaide/maie de ſanglant malheut 
Je ne Joue puis faire oeuure deſplaiſant 
£amouteus 
Gycuſeʒ mop ma fingufiere dame 
Si grant amour et pourete maffaiffent 
ar au ſurplus ie Bous iure mot) ame 
Jay bon courage/maie fee iambes me faiffét 
Et faucune fofsSere Boue de mop fe raillent 
Gn defprifant mon honneur / dictes eur 
Que kes bõs dꝛap ſont laiſſeʒ quoy fs vaillẽt 
Gt les mauuais font pꝛins pout fa couleur 
£a dame 
ous neſtes pas pout faite rare aubadee 
Et aſſemblees de femmes en trouppcau 
Dances /moꝛiſques / vireletz et Balades 
ar vous auez fee os trop pres de la peau 
Vous ne pourrieʒ pas fournit a lappeau 
Aumoins ientendz pour lexcercer ſouuent 
Si Vous nauiez deſcuz vng pfain chappeau 
It Saufdroit mieulv mettre fa pfume au vẽt 
Lamoureux 
Si ie ſuis poure pour faire final compte 
Et ie ne puiſſe ſubuenit a moy meſme 
Je feuffre tout et point ne me meſcompte 
Tar pfus grãs gene faillent bien a leur eſme 


Ze etre Bien qui a receu Baptefme 
Tel eſt ennuyt au monde auctoufe 
Qui en trois ioure fera de fon pꝛoeſme 
En deſhonneut du tout Befperife 
La dame 
Tet eff trefriche qui Bit en grant fanqueur 
Tel eſt treſpoure qui na foucp de tiens 
Tel par puiſſance na doufeur mais rigueur 
A qui founent faiffent pouorr et Biens 
TLef a dacquerre fes beaufv petie moyens 
Quine fcauroit treſoꝛ ediffier 
Et pour fa caufe dc ſes faits terrine 
Aufne fe doit er) ce monde fier 
Lamoureuy 
Bonc fi fortune vueil mon cas diuulguer 
Qui pꝛopꝛement au biẽs mõdains profpere 
Raiſon ne Seuft que ien puiſſe alleguer 
Choſe parquoy mon coꝛps fe deſeſpere 
Et poſe ce que poure ſoys:ieſpere 
Le temps futur quop quil tarde dauoit 
Œaric congnois fefon Le coure du fpere 
Quif neft pag pleu tout ce que doit plouuoit 
La dame 
nef pas pfeu tout ce quif doit pſouuoir 
ais neautmoins ceft vne fole attente 
Et ie ne puis nuſſement concenoir 
Qun homme ſage de cefa fe contente 
nap ne pere / mere / ne oncle/ne tante 
eſquelz ieſpere ne par leſqueſz ie ſache 
£ctempe futur acquerir (pen ne tente 
ar auſſi toſt peut mourir Beau que vache 
Lamoureux 
Je me contente et raiſon my contraint 
It me ſuffiſt ſi iay petite fomine 
Qui trop embꝛaſſe Bien ſouuent mal eſtraint 
Brant couuoitiſe nenrichiſt iamais homme 
Dar couuoiter on pert repos et ſomme 
Cuidant gaigner deup deniers fur eſcu 
Mais a fa fin le bean pardon de romme 
Vient fur les rancs / car ceſt treſmal veſcu 
La dame 
Qui trop embzaffe Bien ſouuẽt tout (up chiet 
Qui tout couuoite petit de chofe acquuert 
Qui mal commet Soufentiere luy mefchiet 
En fa facon que fe cas fe requiett 
Qui fupt ampe fa perdicion quiert 
Qui par auoir furmonter autrup tafcÿe 
St qui damours trop auant fen enquieré 
At entrepꝛent vne terrible tafche 


€.pvis 
LEamoureux 
Jay entrepꝛins de Joue aymer (ane plus 
de que ferap tant que fe cueur me poꝛte 
Œn ce propose mourrap/du ſurplus 
ZAuv furamans apres ie men raporte 
Qui aura paour:ferme de iour fa porte 
Quant eff a mopiemen vueil acquitter 
Tant que nature mor poutre cozpe fuppoife 
Je nentendz point voſtre amour quitter 
£a dame 
TF£refte mouft de ce quon entreprent 
Touchant fe fait defa mondamte 
if eſt par trop de cee fofies quon pꝛent 
En amonretes pfaines de Sante 
ŒEttouteffoie ceft toute Sumanite 
Paie pour Venir au point:ie repefe 
Beuv amane poures efîre doit geheanite 
Fy donc damours quina ce quif compete 
Lamoureux 
Due quainſi eſt que pour effre foꝛme 
Fort et puiffant et de cueur acomply 
Dar Bo3 ditz ropaufment informe 
Sentir boucan comme robee fane pfp 
Dource quargent a malement rempfp 
Des grane bourſaulx pat vng cas de hazatt 
Tonſiderez et ic Sous en ſnpply 
Quargent pert gent/Boefte ct a for) aife art 
£a dame 
Je congnois bien que par grant couuoitiſe 
Argent art gent/ et höneur met'au bas 
Tar couuoitiſe kes cueurs humains atife 
Qui ſans atgent ne pꝛennent nufs eſbatz 
Boncques affin deuiter tous debatz 
Je vous requiere que trouſſezʒ voʒ quilles 
Thargez Vos coffres / voʒ bahutz et Box batz 
Alkeʒ aiffeure deliurer voz coquilles 
¶ Lacteur 
¶ Tout cefa dit:fe partit lamoureux 
Triſte en) fes faitz et non point reſiouy 
Foꝛt marmiteusx et aſſez langoureux 
Pour ceſte cauſe quil nauoit point iouy 
Et en allant il patloit: et iouy 
Quil diſt quamours font foꝛtes a pꝛendꝛe 
Qui na pecune lon ne dit point ouy 
Dour ce fait bon retenir e t apꝛendꝛe 


¶ Lois en ſyeſſe iopeufement traicte 

Dune mon pappiet et ma plume fendue 

Œtefcoutantieparfizcetraicte 
p iii 


fueillet 


De bonne amour qui neſt point deffendue 
Et ſi ma plume ſeſtoit tant eſtendue 
Quetfe euſt eſcript quelque cas meuf 


Quon raye fe mal par vne raiſon due 
Selle a faiffp fe ſens neſt pas fi vil. 


¶ Comment deuv amoureuv:fung eſtrange de fa dame 
et lautre efcondit fe compfaignent enſemble au 1ardin de 
pfaifance 








Nattendant affegement 

Dee griefs maulv qͤl me fault porter 
Vng iour auant ſoleil leuant 
RAAuw champs malloye deporter 
Pour a mon aiſe rappoꝛter 

Les dictez demon meſaiſe 

Qui font telles au vꝛay compter 

Quif neſt Fa cHofe qui me pfaife 






¶ Cheminant parimpfe fentier 
Ames maulv fi treffort penfope 
Que mon chenun 1affap faiffec 
Dour Bngque point aprine nauope 
Œt tantmentretint ceffe Bope 
Que iarriuay en vng vergier 

Du a meſiouyr meffoꝛ ſoye 

Affin de mon dueil oublier 


¶ Sn ce lieu neuz gneres eſte 
Que ientendy au cfer fa Boiv 
De deu hommes quiquermente 
Seſtoient treffort comme ie croys 





— [Esfrange 


¶ Lacteut 





Chaſcun diſoit/las ie recoys 
Du dueil pat fi grant habondance 
Que fes ouyr bien apparcope 
Quitʒ viuent en grant defpfaifance 


¶ Combien que ie ne congneuz pas 
Sont feur pꝛocede faire dueil 

VOers eulx me tiray pas a pas 

Tant que trouuay lieu a mon vueil 
Duprfee pouope feufa feuf 
Beuifer fans que ven meuffent 

Et (ur eulx fouuent geftap foeif 
Soubtant quif;ne me appatceuffené 


¶ Laſſus iay fonge tempe embuſche 
Au plus pꝛes deulx ſans nuf mot dire 
St kung comme treffoꝛt chaſſie 

Se defpfaifit qui le martire 

Gn foufpirant ſe tourne et Bire 
Puis getta Bng plaint douloꝛeux 
Que ie croy qui poꝛte mal pire 
Quenufqui viue ſoubʒ les cieulx 


¶ £autre de ce trop fefmeruerfte 
Que pat ſemblant nen a pas moine 
Siſaut quil a trop mieulx querelle 
Se ſoy douloir et faire plains 

GEt que de dueil eſt plus attains 
Quif neſt en plufieure endꝛois 
Mais des mauly ee voy fi effaine 
Que deufp fe plus fair ne congnois 


¶ ZTous deu ſceurent leur cas doufoie 
Et pfaindte par bonne facon 

Faiſant lung a fautre fcauoir 

Se feutre meiffeute loccaſion 

Si meſt pꝛins en opinion 

Zout feur debat icy eſcrire 

St mectre feutintencior) 

Dour mieufo Le racompter et dire 


€ Non ob ſtant chaſcun fort penoit 
21 Bien cefer fon poure cas 

haie fe mal qui fee affofoit 

Lee contraint faire feure debas 
Lorefunga direprint:Befac 

Je fuis plus que mal fortune 
Diennefa moꝛt / auſſi treſlas 

Be diure ſuis plus quhõme ne 


¶ A ces motz de parler ceſſa 
Tant que pour loꝛs plus ne fop 
Don compaignon for fauanca 
Qui mouft ſembloit dauoir ennuy 
Si diſt ainſi. Je ſuis celluy 
Quay deſplaiſir pour vng vaſſault 
Qui ſcet fe mal que iay pout {np 
Helas:et finc luy en chault 
£eftrange 
fac veu le maf que recop 
Bien medoie monſtrer doloꝛeux 
dar celle ou fie te napercoy 
Qui me foufoitteniriopeus 
Non ſeulement trouuer les lieux 
Ou nouuelles ien puiſſe auoir 
Oꝛ Voyeʒ lequel de noue deux 
Amieufp cauſe de fe douloir 
Lefcondit 
Be vous reſpondꝛe fur ce point 
Tertes pour fore faite ne puie 
dat Sofire dueif ne congnois poiné 
Accombien vous aueʒ dennuye 


… €vvv 
aie touteffoie meſt bien aduie 
Quen vng ſeul iour ap plus de duerfz 
Que nen auezen trentefiv 
SEt quaux miene nen eftnufs pareifs 

Lefirange 
Dour dteu las ne vous foif aduis 
Que plus que mop ſoieʒ dolent 
Ne que plus grans ſoient Sox ennupe 
Que ceulx de quoy me Bees dolent 
Oſteʒ de Votre penfement 
at par fe dieu qui me fiſt naifire 
Je fuie par dieu er tel toꝛment 
Que 1e me fouBaitte non eſtre 
LRefcondit 
Voſtre dueif tant plaindre fcaues 
Quif fembleroit a Sous oupr 
Que de griefs nraufv tant Sous auez 
Quil neſt nuf quip peuft fourmr 
Mais tef; font ſemblant de gemir 
Et ſe monſtrent moult ennuyeux 
Que fon Boif ſouuent aduenir 
Quil neft de eulx nufs plus ioyeuſvx 
Leſtrange 
Si iay des maulx et 1e fes plaine 
Tela ſi ne vous point ne nuyt 
Et ſi a dire quilz font fains 
Vous y pꝛeneʒ voſtre deduit 
Be tel; parolles ſuis fr duit 
Quuifs ne me griefuent fur ra fop 
Ne que fait au chahuan fa nupt 
Qui fa requiert pout fon requop 
Lefcondit 
Dieu me gard de dire que fainé 
Soit fe maf dont vous Bouc does 
Paie if Boue plaiſt venons au point 
Bont nous ſommes tous adofe; 
Œtanous deuy ſoit recefe 
Bont vient ce dueil qui nous marfirie 
Be ma part Bien fera cefe 
Ainſi foit fait ie Boue emprie 
Leſtrange 
on dueil las: pour quoy vous diroye 
Quant Sous ne my poueʒ ayder? 
Niens/mieulx auoir nen ſcauroie 
Aincois men pourroit engreger 
Di Joue ſupply que de legier 
Vous Sous en paffeza cefte heure 
Dane riene pfue Soufoir enchercher 
Du deſplaiſir quen mop demeure 
p iiii 


L£efcondit 
Si triſte fuis ef ennupeuv 
Œertes ce neſt pas de merueiffe 
De plus leſtes deſtre iopeux 
Vous nauez pas trop grant querelle 


Par quoy vault mieulx que chaſcun cele 


Le mafquif a au mieuſx quifpeut 
Combien que ma doufeut eff tefle 
Quapꝛouuer nul autre ne peut 


Pour dieu laiſſons er paip ce pleſt 
St me comptez voſtre doufeur 
Œt voſtre fait tel comue il eſt . 
Di eſiouytes mon fac cueur 
Et fi vouleʒ vous ferap ſeut 
Que defconuertianen feres 
De par moy ne par mon labeur 
Jamais perte vons ny aures 
Leſtrange 
Puis que tant mon dueil deſires 
Be ſcauoir ie fe vous diray 
Dar tel cp que vous me dires 
Le Sofirequant fe Sous enquerray 
Ain ſi ſcaures Le mal que iay 
Combien que ce meſt fort confraire 
Mais tant vous ſens fopal et Brap 
Que cefer fe ſcaures ctaire 
Leſcondit 
Le Sous promets en bonne foy 
De Bien fe Joue ſcauoir cefer 
Et fe penfer qui eft er mop 
ous defcouurir ef decefer 
Pꝛemier Joue Bueifoupr parler 
Ltracompter voſtre martire 
Plus np Bueiffez diſſimuler 
Di fus donc commencez fee fire 
Leftrange 
Ceſt courtoiſie que vVous me faictes 
A mop donner daller deuant 


Vous Vous monſtreʒ tefque Bone eftes 


Paie Joue dires prentierement 

ar ie Bop a voſtre ſemblant 

Quauez deſir de reueller 

Voſtre cas dont aucs torment 

Pour cela vueilleʒ commencer 
Leſcondit 

Teſt honneur que vous me donnez 


Trop mieufo deu qua moy il vous eſt 


ais ie congnoie que trop peneʒ 


A ſcauoir mot mafBeureus fait 
Que die reaffentent et de fait 
Quen mop feuf plus de dueif habonde 
Danse riene iamais auoft forfait 
Quen tout fe demourant du monde 


| Oꝛ vous dirap dont meft Pers 


Puis que tant vous eff de ſcauoir 
Drap eſt que ie me fuis tenu 

SEt donne cueur/corpe et Bouloit 
A ne damequi pouoir 

Ame donner mort ou fante 

En faqueffe chaſcun peut Beoir 
Zee biens denature apfante 


Sentrepꝛendꝛe a fa blaſonner 
Dour fa fouet a fuffifance 

Be fofieme vouldꝛoye pener 
Ou accufer mon ignorance 

ar de fente de fa naiffance 
Nature er effe Souft efpandte 
Bee biens a fi grant fuffifance 
Que ie ne le fcauroie comprendre 


Bi lay tant loyaulment aymee 
Quenufne fe ſcauroit penſer 
Vng tant dolant neſt en lannee 
Ne qui dueit porte tant amer 

Je ſuis tombe en Bnemer 

Dar fopaufinent feruir ma dame 
Laquefffe dop et puise nommer 
£a plue des pfue par nofîre dame 


Si kay feruie er) efperant 

Que de moy luy deuft ſouuenir 
En mon deuoir touſiours faiſant 
Sans riens vouloir dentretenir 
Et fort penay pour luy obeyr 
Æn tons fee lieux ou iay eſte 
Affiy fa grace deferuir 

Gt de mop luy prenfift pitie 


Mais oncqueg ie ne peus fant faire 
Qun feuf ſemblant ou doufo regard 
Je fceuffe iamaie deffe traire 

Foie quainfi quaufs autres fee part 
Dont cent fois me fuie mis a part 
Dour pfaindre feutre que fu ne 
Diſant / las cueur que netepart 


eu fe dueil a quop es mene 


Tombien que ne fer) dop blaſmer 
Se ie ne vueil par trop mefprendre 
Œar digne ne fuie de famer 

Senuf meuft fe fait entreprendre 
Foꝛs tant quamours fift comprendre 
Selle fee biens et fa Beaufte 

Qui ſans fon fceu nie firent rendre 
Dien a faire fa Soufente 


Ainſi feruie fap fopaufment 

Dane fup ofer mon Bueif refraire 
Puis pat eſpoir me prine hardement 
De malter Bere elfe retraite 

Si luy die. Dame debonnaire 

Veeʒ ke cp Fe voſtre donne 

Qui netequiert qua vous compfaire 
Œt ce don tenu pout donne 


Dont farefponfe telle fut 
Que delfeie fux eſcondit 
Dar quop de lheure fut conclud 

e demourer fans confredit 
Se toue dofene le pfue maufdit 
St me doufoir ou que ie fope 
Dont pour ce quauenir men peut 
Juſques a fa mort nefoubfirope 


DiSoue ap dif et racompte 
Au mieufy quap fceu fans en mefdire 
Sont Bent ce dueif ou fuie boute 
Lequel tant fort fi me martire 
Oꝛ Sopes donc mor frefcBier fire 
Diie me dop pas Bien doufoir 
cheilleur que Sous ne puie effire 
Dour Bien Fe congnoiſtre et ſcauoir 
£eftrange 
TCertes ie crop veu voſtre plainte 
Que de mal eſtes fort attaint 
Œtque vous eſtes heure mainte 
Que plaiſir en vous ne remaint 
Mais touteffois deſſus ce point 
Oſeries vous bien maintenic 
Que la douleur dont eſtes point 
Peuſt contre fa mienne fournir. 
Lefcondit 
Qui plus en a tant plus fe deuft 
Gt eft de guerifon plus foin 


.. Œvvvi 
Par quop er nonchaloir ne peult 
De dite mon malheureux foing 
ar affes fi Sous en teſmoing 
on poutre cac fane fe debatre 
Que trop plus grant eff mon meſhaing 
Que neſt le voſtre et autre quatre 

Leſtrange 


Quant vous auries le mien trauail 


Je fais doubte que ſouhaitter 
Vous vouldꝛies et lauoir pareil 
Ze celluy quif Sous fauft porter 
aie Bieryre Sous vueil rapporter 
Etmonfirer par bonne raifon 
Que mieulx vous poues conforter 
Que ne fois ſans comparoiſon 


TCar ie congnois par voſtre dit 
Que vne telle eſt voſtre dame 

Des biens Joue a effe eſcondit 

Et oncquesne Joue en fiſt dꝛagme 

e quoy en riens ie ne ken blaſme 

Sſpoir que damer ne Bouloit 
Autre que Bou et que fa fame 

En dangier nufne veult auoir 


aie pat ce point deueʒ ſcauoir 
Que riene de vous il ne fup chault 
Et voſtre mal ou bien Boufoir 
Dine luy foit ne froit ne chauft 
Par quop en vous fc fene defauft 
Se nc Soufez en fin mener 

Le defpfaifir qui vous affaufé 
Veu qup poueʒ remedier 


Et ſi ieſtois en voſtre point 
Auec tous voʒ dueilʒ et ennuys 
Je cuyde Bien fcauoir fe point 
Ben eſtre tantoſt dehoꝛs mys 
aie en mop remede np truis 
Foꝛs me compfaindie de fortune 
Regretantias commete puie 
Celle pour quitant me fortune 


Car ie fuie fipredeftine 

Au dueil porter et mon ſtrer triſteſſe 
Œt en malheur fa ou ſuis ne 

Dfer mon temps et maieuneffe 
Pour tant vous confeiffe et adꝛeſſe 
Quayes regard a voſtre affaire 


Et ce dueil tectes qui vous pꝛeſſe 
Puis quen ce point le poueʒ faire 
Leſcondit 

Voſtre conduit pourroit fernic 
Et en bien faire Le pourroit 
Mais beſoing naueʒ men ſeruit 
En facon nulle cy endꝛoit 
Tar ie puis maintenir de dꝛoit 
Gt pꝛeſt a pꝛouuer contre Song 
Que voſtre cas fine ſcauroit 
Appaiſer Le mien de courroux 


Combien que direie ne vueil 

Que Bone facieʒ dueil en riens faint 
Mais au mal a quoy ie me dueil 

Le voſtre en riens finp attaint 

Gt qui plus eſt neſtieʒ contraint 
Quen dueil vous faille maintenir 
Tar ie ne voy en voſtre pfaint 

chal dont toftnen puiſſez guerir 


Et fe fortune fr Boue a 

Gſtrange de quefque aduanture 
Be voſtre dame pour tant ma 
Didonne que foufioure vous dure 
Me ia ne Joue fera ſi dure 

Dun iour ner apez Boftre aſſez 
Mais mop pout femafque iendute 
Je fuis de tous plaiſirs caffe> 


Aepfusnpesquop que dies 
Quifne faille que ie demeure 

Au malheur ou vous me voyeʒ 
Sans attendꝛe quon me ſequeure 
Tar ie perdy eſpoir de lheure 

Et fuʒ de tous biens deſnue 
Quant des treſbonnes la meilleure 
Je me congneuʒ deſauoue 


Ainſi de moy tel eſtle fait 

Quen riens nay plus eſpoir natente 
fe vouloir nuf deſtre refait 

Bu defpfaifir qui me toꝛmente 

Dar quop de viure eſt mon entente 
En ceſt eſtat iuſques a fa mort 

Me ia dieu me doint congnoiffance 
Quautre Bien nul me foi confort 


Honcdepfus a Sous maintenir 


fFueillet 


Quepfue que moy apes de dueil 
Le tort Sous en pourroit venir 
Qui en iugeroit le recueil 
Dar quop oſteʒ en voſtre vueil 
SEt donnes fin a celle entente 
dar iamais nen fera vng ſeul 
Qui a bon droit tant ſe guermante 
Lefirange 
Dour Boue congnoifire fe tout mien 
Ne a Sofire dit maſſouuir 
ous conuiendzott dieu fcaif combien 
Dee maufs plus que nauez ſentir 
Ou de vous penſer plus martir 
Que moy plus eſtes abuſe 
at ie doute quetepentir 
Vous fait den auoir tant vſe 
£efcondit 
Je ne Sop nene puis comprendre 
Que fe droit en viengne en ce point 
aie vous faictes trop a repꝛendꝛe 
De tant debatre fur ce point 
Ætquantp penferies a point 
Se deſtriuer nauieʒ vouloir 
Je cupde que ne diries point 
Que tant que mop dope; douloir 
Lefirange 
A Sous ne quiere auoir eflrif 
Ains toute amitie ff vous pfaift 
aie Boue faictes tant le chetif 
Gt dofant:certes il men deſplaiſt 
Gt peutifefire Bngpfue deffait 
Que moy qui ap perdu fa veue 
De ceffe qui fee biens ma fait 
Sont ma Bie eftoit ſouſtenue 
Lefcondit 
D: voy ic bien quaues efpoit 
Be vous trouuet en quelque pface 
Vng iour ou fa pourtes Beoir 
Quitoufiouré fifort Bone fouface 
Las mop ienap qui Bien me face 
Œt Sie fans efpoit np attente 
Me plus ne quiere for que treſpaſſe 
Autre nya qui me contente 
Leſtrange 
Si ieſpere dauoir aucun bien 
Gt mon fait eſt ſi malheureux 
Que np puis aduenir er rien 
Gn dop ie eſtre plus ioyeux? 


Par dien nenny/mais doloꝛeux 


Œarceft vng mal qui me rengriefue 

Dar quoy ne dictes plue mots tieulx 

Œtdonnesa ce penfer trefue 
Lefcondit 

Je crop Bien que ce vous fait maf 

Se ſi malheureux vous fentes 

Maisſ fe dueif ſi neſt pas egal 

Que ie poꝛte et que vous poꝛteʒ 

TCar iay celluy que debatez 

St oultre luy Vng dauantage 

Qui neſt pas deſtre rappoꝛteʒ 

A dueil nul quil nefauantage 

Leſtrange 

Je Bous prie doncques dictes moy 

TComment ſe peult faire cecy 

Que vous apez lennuy de moy 

Auec vng de plus grant foucp 

Car ie ne crop quif ſoit ainſi 

Ne penſez dy raiſon trouuer 

Sont nuf ſceuſt congnoiſtre: que fi 

Peuſt par vous et autry pꝛouuer 
Leſcondit 

A Joue eff cher et euident 

Di Joue voulez pour fe congnoiſtre 

St bien ſcaueʒ que nullement 

on dueil ſans fe voſtre na eſtre 

Perdis ie pas bien veue et eſtre 

Que tant plaigne; par voſtre dif 

Quant ma dame me Beuft non eſtre 

Sien et que fee Biens mefcondit 

Leſtrange 

Se voſtre fait ie meſmerueille 

Par dieu frere fur toute rien 

Ja mauez vous dif quel eff telle 

Que iamais ne vous vouloit Bien 

Et tant vous dictes eſtre fier 

Que fe ſien vous euſt retenu 

Et a dire du bien le bien 

Dans cauſe aueʒ dueil maintenu 
Leſcondit 

Dar ces mots voy que voulez dire 

Quay du dueif a Boufente prie 

ais quant fe viendꝛoit a effire 

Dour ſcauoir de no; maufp fe prie 

Je die que fes miens feront prie 

Plus grans quefee voſtres daffes 

St que de moy ilʒ ſont compꝛis 

A meilleur dꝛoit que ne penfez 
Leſtrange 


9 C. xxxii 


rese tant plaindꝛe noſtre cas 
Ne nous peult pas gueres ayder 
Quant eſt a moy ien ſuis foꝛt las 
Laiſſons fe fa ie Bouc requier 
Duque fe vueillous deſceler 
A deuv Sommes qui er ſcauront 
Le doit partit ef bien iuger 
SEt tenons ce quifs en feront 
Leſcondit 
Vous dictes bien et ie laccoꝛde 
Quant pour ma part quainſi ſoit fait 
Affin de mectre en noue concorde 
ar fe debat fimen defpfaift 
Ainfiprenes tef quif Bone pfaift 
St puie apres ien pꝛendꝛay Bng 
Qui en dira ce quif en eft 
Dans p daignet foufer neſ vng 
£efirange 
Je crop Bien que Sous neſtes pas 
Dane er auoit aucun penfe 
Qui Bien ſouſtiendꝛa voſtre cas 
Sil aduient quif en) ſoit pꝛeſſe 
Æt pour ce fait encommence 
Je pꝛens affin de labꝛeger 
@effire pierre de bꝛeze 
Le Bon conte de mauleurier 
Lefcondit 
Dour Bien fouftenir voſtre pfainte 
Saiffp naueʒ pas a choiſir 
at Bien fera pat fup attainte 
Dour en Boufoir au droit Benit 
Di de ma part me vueil tenir 
Au gentil ſeigneur de creſſol 
Qui en ſes faitʒ et maintenir 
Gſt ſage courtois et reſſol 
Leſtrange 
Se le louer aueʒ ot) dꝛoit 
Tar cheualier eſt de hault pꝛis 
aise en gardant fe noſtte droit 
Dour dieu gardons deſtre furprie 
Ætpar noue foit vng iour empꝛis 
Lequef vers eufo noue frouucrone 
Affin de rapporter lempꝛis 
Zu debatquenoue maintenone 
£efcondit 
Dour Beoir quef dꝛoit ou fort ie 
AQuainfi en foitien ſuis content 
Œtquerienenefeurfoitnpe  - 
De keſtrif qui de noue defpend 


fucittet 


Mais garder noue fault baufree gene 
Affin que nuf ne puiffe congnoifire 
Le dueil dont nous affone dofene 
Dour aiffeure compter de noue leſtre 
Leftrange 
Affin doublier ces debas 
Quen ce lieu auone maintenus 
Allons chercher aucune eſbas 
Aſſez nous ſommes cp tenue 
Si faiſons tant quif ne ſoit nul 
Qui puiſt dire ceſtuy ſe deult 
Et chaſcun voit dont eſt venu 
Puis quainſi fortune £e veult 
¶ Lacteur 
¶ Lors lee doffans congie pꝛindꝛent 
Lung de lautre pac grant regret 


gta feut departir fe dirent 

Dour dieu tenons ce fait ſecret 
Donf a ces motz fin  artet 

Ont pꝛins du pfaint quifs ont mene 
Mais pas ne doubtent que retrait 
FC ſoit par moyne homme ne 


Auſſi monſtre me fuſſe enuis 

Loꝛs a eulx en faictes point doubte 
Et quant effongner ie les Pie 

Vng peu ſur lherbe ie macoute 
Siſant ainfi:ie ny Boy goute 

Et fuie mafement aBufe 

Se meſtier damer ne feux coufte 
Plus qua nul qui en ait vſe. 


¶ Comment vng amoureuy fait vng dyalogue a fa dame au 
iardin de plaiſance. Et puis effe fait fa concluſion. 








Lhomme 
Elas queſt ce damours ?trop me 
font merueiller 
TCar dy penſer treffoꝛt ne me puis tra 
ueiller 
Sounẽt me font des yeulx ſõmeiller g veiller 





— ) 


St tãt plus men cõſeille pfue fuie a cõſeiller 


AQufconfeifnpBauft tiens / car à plus eftfene 
Aſſeʒ ſouuent aduient quifen eſt enguigne 
Icerttuy en ſcait moine quipfue fer eſt pene 
Ze pluẽ ſage ſouuent en eſt plus malmene 


Lceplue faiges en font ſouuẽt en aduanture 
Nuẽtne fen peuft garder p ſens ne p mefure 
Je ne fcap de ce mafcongnotfire fa nature 
carmamtenät le vueil / maintenãt ner ap cure 


Cil eſt en aduãture qui a le mal daymer 

It eſt en grant perifet en terre ef er mer 
@ouft fe baptiza bienquainſi fe ſceut nõmer 
ar furto’autres maufp eſt dꝛoictemẽt amer 


Qui Bien le mal daymer regarde dꝛoictemẽt 
Boufp camerfetreuue/maic ceſt diuerſemẽt 
Doufy eftau cômencer/maisau definemét 
Gſt plus amer que fief qui ayme fopaufmét 


fon pourtãt en apmer peut on aſſeʒ appꝛẽdꝛe 
$onneur ç courtopfie qui Bien p veult entédre 
On fe doit deuere to? fop garder de meſpꝛẽdꝛe 
Si que nuf ne le puiffe ne blaſmer ne repꝛẽdꝛe 


On doit eſtre vers tous hũble / courtoys fage 
Net / cointebean pleur/efop garder doultrage 
Si que chaſcun luy ſoit vers ſamye meſſage 
De Bien dire de luy honneur et vaſſelage 


Pour ce me plaiſt il Bien q le mal daymer ape 
ar plus ſage et courtoys eſt celluy à leſſaye 
Toute choſe en Bauftnueufo/fof eſt qui fer 
efmape 
Amour fimôt naure fe cucur/dieu mer doint 
(iope 
Ciel / ne terre/ne mer ainſi cõme il me ſemble 
Ne me ſcauroient garir de ce mal ou te trẽble 
Gycepte ieſuchꝛiſt qui tout founa enſemble 
Car ie ſuis ſi malade que nul ne me re ſemble 


Si fort mal comme iay neut oncqueꝰ chꝛeſtien 
Car guerir ne me peult nef vngphiſicien 
Sariſtote viuoit / ypocras / galien 
Srnauroient ilz puiſſance de moſter ce lien 


Te lien meſt trop dur dont mon cueur eſt lye 
Je voꝰ requiers trefBelle quil ſoit amolie 
En voꝰ criant mercy mon franc cueur defpe 
Et quainfi ſoit par Bo? ſil vous plaiſt deſlie 
£a femme 

Deflpe fire clerc/bien vous ap entendu 
Bien toftde moy feraenuereBoue reſpõdu 
Ne fcap ſe voftre cueur eft en mop deſcendu 


€ vvvii 
Vous aues fait que fol fauez a mop tendis 
Lupdezquoncen ma Bie clerc pler ie noys 
Hellas et fr ap certes des plus grâce du pape 
Lertec fe Sous maymes Bo? en eſtes au pie 
Jluie; de deuant moy oncquee ne ſentrepꝛis 
Lomme 

Belle fcauez comment ie fus de Boug decen 
Quãt au cômencemet mot) oeif Bo? apparceu 
TI fut de vous apmer fiencrement efnieu 
Auſſi tofiSous apina commẽt il Bo? eut veu 


Sitoſt comme il Sous vit Sous ayma plus 
quaſſeʒ 

Dar loeil mon cueur tiraſtes ſãs er) eſtre laſſeʒz 
Oncques ne fe ſenti quant oultre fut paffez 
Neie nefue blecie ne foeif ner fut caffcz 


Ainſi que ke fofeif entre parmy le voirre 

Sete voirre nen caſſe ne ne rompt ne deſſerre 
Ainſi fut pꝛins mon cueur par mon oeil ſans 
enquerre 

Aunſi fe conq̃ſtaſtes fans douleur ç ſãs guerre 


Et ſil eſt ainſi dame que ie ſoye refuſe 

Et que iaye vers voꝰ pour ce mon tẽps vſe 
Neſt ce pas de raiſon que ie ſoye excuſe 
Certes nul foꝛs mon oeil nen doit eſtre accuſe 


Dame fe de mon oeil neuſſieʒ onc eſte veue 
Jamais ie ne vous euſſe pour mamie tenue 
Que oeil ne Boit/cueur ne deult / ceſt vVerite 
ſceue 

Monoeil deuray blaſmer ſe ma paine ap pôue 


Au fort loeil nya coulpe à ſelon droit regarde 
Loeil eſt ſeruãt au cueur / ſi eſt dꝛoit ql eſgarde 
La ou fe cueur ſenuoye/ neſt pas droit quif fer 
garde 
Locif npa doncquec coufpe : mais celſuy qui 
(Le garde 
Je fuie garde de focif et du cueur enſement 
Si nen doy nul blaſmer que mop tant feufez 
ment 
Se mes yeuly & mor cueur ont ouure folemẽt 
Leur meffait me conuient comparer cleremẽt 


ave Beau trefdoufo clerc ne me chault que 
es 
z i 


34 


Fuciflet 


Se toꝰ les deux blaſmies / paꝰ ne mefpréderiez 
D05 yeulv g voſtre cueur ſi voꝰ ont courrouceʒ 
Repꝛeneʒ les to? deu et ſi les chaſtieʒ 


Je me lairroye aincois certes la moꝛt auoir 

Que ie ponr voʒ paroles me laiſſe decenoir 

Do? voꝰmocqueʒ de moy / bien mẽ puis pceuoir 

Ffuieʒ de deuant moy / ia ne laurez pour voir 
Lhomme 

Joinctes mains ma maiſtreſſe deuant vous 

ie mencline 

Hellas fecoures moy ou ma Bie define 

Se maimeꝰ tãt ne quãt ma treſdoulce couſine 

Je Sous pꝛy que donnez a mon mal medecine 


Sainſi le Vouteʒ faire de ma main Bo? promet 
Que ie Bo? donray certes Bngtrefbon annefet 
Seſſus toutes les autres So? l'aurez qui à fait 
Et fi ferap fus toꝰle plus iofp Batfet 

La femme 
Ja par moy ne fere; plus iofp ne leger 
Et fe iepouope oꝛes voſtre amour aleger 
Par icelluy ſeigneur qui doit le mond iuger 
Je le feroye deuant de plus fort rengreger 

Lhomme 

Dame ſe refuſeʒ a mon poure cueur ioye 
Oſteʒ Bo? de mec peufv q̃ iamais ne Bo? voye 
De pere par Bo? fee peufoe fa moꝛt auoir dope 
Je voꝰpardoins la morf/ainfifeBous octroye 


Se ie meur moult me plaiſt ma moꝛt a phôner 
Les deuv yeulx demon chefy vueil ie habãdõ 
dame voꝰme pouez la vie ou moꝛt dôner (ner 
En vous en eſt le chois / ne le puis deſtourner 


Envous en eſt le chois ne le pnis eſcondire 

Vous me pouez guerir ſil voꝰ plaiſt ou occire 

Regardez au pꝛouerbe qua fa foie oyeʒ dire 

Quinedonie en amours naura ce quif defire 
La femme 

Je ne defire rien fire de voſtre auoir 

Ne riẽs naureʒ du mien / ce Bous fais aſſauoir 

Bardeʒ Bien vre coꝛps de tout voſtre pouoir 

TCar le mien gardcrap/ce ſacheʒ bien de voir 
Lßomme 

Ma dame ſouffreʒ Bo? ie voꝰ prie g requier 

Ne vueilleʒ paꝰ mon cueur en ce point rẽuoyer 

Voſtre beaulte la fait en ce point deſuoyer 

On ne peut pas cõgnoiſtre les gẽe au lãgager 


Len ne peult pas fes gẽs tantoſt apparceuoir 

Di6 (ont plains de menconges / ou ſilz font 

plains de voir 

Dimauez eau ſẽblant mõſtre pour deceuoir 

Maulgre les meſdiſans me deuez receuoir 
La femme 

De leur gre ne me chault certeꝰ ne de leur ioye 

Ja vẽe amour nauray ne voꝰ naureʒ fa moye 

Aleʒ voꝰ en ailleurs pourchaſſer voſtre pꝛoye 

la par cp nentrerez / querez vne autre voye 
Lhomme 

Japparcoy maintenãt Bo? fe me mõſtreʒ cher 

Quon ne doit pas tãtoſt fẽme aymer de leger 

Qui mõſtre Beau ſẽblant a cent na vng miller 

Mais ſe doit on du tout de ſon coꝛps deffier 
La femme 

Oncq̃s vng Beau ſemblãt ne voꝰ fis en maBie 

Et fe fait fe voꝰ ap ce fut par mocquerie 

Reprouche le maueʒ / vous auez fait fofpe 

A mop aues faiffp/queres Sne autre amye 
Lhomme 

Ne fe dy pas pour vous / ie voꝰ ap eſpꝛouuee 

Hũble / bõne loyalle Bo? ap touſiour trouuee 

Mais trop meſt vte amour cheꝛemẽt achaptee 

Se ne me ſecoureʒ ma die eſt deffinee 


Je ſuis malade a moꝛt / ſioꝰreqers ma dame 

Que me ſoyeʒ er ayde:car mire pmon ame 

Si ne me peult guerir / pource ie Boue reclame 

Vueilleʒ aider mon coꝛps / mon poutre cueur 
£a femme (ſentame 

Vous puiſſieʒ Gien meſhuy laiſſer vẽe gẽgler 

Quãt ne voꝰ vueil mamo noctroier ne doner 

£a cuydeʒ vous auoir p voſtre flageler 

Certes Bo? eſtes fol fe fa cupdes moſter 

Lhomme 

Hellas le mal me plaiſt q̃ me faictes ſentir 

Gt ſil me de ſplaiſoit ſi dis ie ſans mentit 

Qui le me fauft p force vueille ou nõ cõſentit 

Puis 4 fa chofe eff faicte/tard eſt du repétir 

£a femme 

Gncoꝛ nya riẽs fait/Bien Joue poues repꝛẽdꝛe 

Tertes ne ia naura que me puiſſe deffendꝛe 

Et mie deffendꝛay fe dieu plaiſt ſãs meſpꝛẽdꝛe 

Se vous voꝰ repentez aleʒ ailleurs entẽdꝛe 

Lhomme 

Je ne me repẽs pa’ doulo fin cueur debõnaire 

Se ie vous ay aymee / aincois me doit moult 

plaire 


Date fo? mes pêfees dont iap pl? de cẽt paire 
Ne font foꝛs a tafcBer Fa voſtre amo’ actraire 
£a femme 
Dar ma fop mon amp Bo? perdez Sofire cure 
Qui dictes q̃ maimeʒ cie nap de Souscure 
Et pource que trop mie y aueʒ par dꝛoicture 
Sacheʒ que voꝰaueʒ vng ſurcot ſans fourrure 
Lhomme 
MBeaufte/Bôte/Baleur/tout bien en Bo? repoſe 
Dimpfeffe et courtopfie eft dedans voꝰencloſe 
a trefooufce maiſtreſſe odozant cõme roſe 
ous eftes a fouer plus que viuante chofe 
La femme 
Je cõgnois Bien voʒ motz / ien fuisacouflumee 
Tupydeʒ voꝰ q̃ pource Bo? ſoit mamour dõnee 
Nennif/ainfi maiſt dieux ains voꝰ ſeroit oſtee 
Vous naureʒ ia mamour tant que iaye duree 
Lhomme 
Jamais neBo?fouerap deuãt voꝰ doulce amie 
Affin que ne cuydeʒ que ce ſoit flaterie 
Paie ie So? vueil cõpter / ceſt raiſon que Fe die 
Cõmẽt ie fuis mene pour BEc amour mampe 
La femme 
Dicteʒ ce vouldꝛeʒ 1e Joue efcouterap 
Paie certes ia plus toſt ne voꝰ en apmerap 
Ne de toutes Sos truffes plus fofe nen ferap 
Ainfique (a fegoigne plus ne moino fe ferap 


La fegoigne mengeue fe velin et loꝛdure 

Ja ne luy fera mal :cat ceft de fanature 

Et non fera a mop/de ce ſuis ie feure 

Treſtout fe parfer quant ie np metzma cure 

Lhomme 

Sanie quãt ie Bo? treuue alant pmy la rue 

Sitoftà ie Bo? voy tout le ſang me remue 

Et ſuis tout eſbahy cõme vne beſte mue 

Le cueur me trouble au Bétre et la couleur me 
(mue 

Le cue?me trouble au vẽtre ie ne nié puis tenit 

Quãt a fa foie voꝰtreuuegie Bo? voy Benir 

Ja ne men tendrope fe ie deuope mourir 

Quãt iapprouche de vous de changer + pañir 


Quãt iapprocBe de Bo? boufce dame de pris 
Pour vous atraifonnet ie fuis treſtout eſpꝛis 
A vous ne ſcay parler tant ſuis foꝛt entrepꝛis 
Vous mauez attrappe cõme fe tigre eſt pꝛis 


Letigre eſt tant bel q̃ nulne fe ſcauroit dire 


Covviiii 
Quãt il voit vng miroier /loꝛs y Ba et ſe y mire 
Tant ayme a regarder beaulte ef fa deſire 
Quil ne fe peult partir/loꝛs Ce valen occire 


Je ſuis cõme fe tigre ie men puis Gien vanter 
Quãt aucun fe veult pꝛẽdꝛe/ ſi le fait on chãtet 
Puis fault vng miroier et fe fait on porter 

Ra ou on Boit Fe tigre cheminer ef afer 


Dame voꝰ mauez pꝛins p vng autel ſemblant 
Bien ſuis a la nature du tigte reſſemblant 

Quant ieBop Bofîre face et voſtre aduenemẽt 
Zãt ſeſbahit mõ cueur à? ſen Ba tout troublãt 


Souuẽt treppe et treſſault ia neſt enBne place 
Dec yeulo ne puis oſter de voſtre clere face 
Je fuis ſi eſbahy que ne fcap que ie face 
Trop eftce mal diuers à mon cueur ainfi face 


Trop eſt mon mal diuers à ainſi me guerroye 


Le fait fa voſtre amour qui ainſi me deſuoye 
Je voꝰ redere mercp au nom de faincte auope 
Souffreʒ à ie fope Bofîre que Bo? fopes mope 
£a femme 

Ja nufiout de ma vie voſtre ne deuendꝛay 
Seffendue men ſuis / encoꝛ men deffendꝛay 
Tant qua voꝰ pler piuffe a Go? ne me rẽdꝛay 
Retraieʒ voſtre cueur/ia neBous aymeray 


Retraieʒ voſtre cueur dou Bo? faues boute 
at iay tout oublye ce quauez ſermonne 
Cõme laſpic ferap/qui par ſubtilite 

Se toꝰ enchantemẽs ce met a ſauluete 


Quãt on Beuft laſpic enchãter et conquerre 
Et il ſen apparcoit / toſt ſe couche grant erre 
Lune de fee oꝛeilles apuie contre terre 
Quelle noye les chantres ſa queue en lautre 

(ſerre 
Ja mal ne luy fera chancon nenchantemẽt 
Quant fa cure np mect / ne ſon entendement 
Et non fera a moy voſtre ſernionnement 
Je ne ſcay q̃ vous dictes / dictes tout hardimẽt 

Lhomme 
Je ne ſcay que ie face par fe dieu ſeigneury 
Se ne me faictes grace / de foꝛte heure Voꝰ Sp 
Je voꝰ requiers ma dame à ie fopeB£e amy 
Et fime faictes grace/ie Bo? en crye mercy 
£a femme 
st 


fu 
Je voꝰ prets ef iure 4 vous neſtes pas faige 


Dr ne ſuis ie pas dieu / crucifivx ne ymage 
A moy cryeʒ mercy / voꝰ faictes grãt oultraige 
Riée ne prife tef dits / telz faiz ne tel langaige 
Lhomme 
Le cueur dung dieil lion neſt pas fidur daſſe 
Zequel p dard deſpee ne peult eſtre perſez 
Dame côme vous eſtes qui ainſi me faffes 
De mon mal malegez ou ie ſuis treſpaſſez 
La femme 
Amop nappartiét pas vẽe mafa reflraindie 
Vous faues alume / vous fe deuez deflaindre 
It So? enfeigna Bien à Bo? apuint a plaindre 
Leffes So? de cela / vous ne faictes à faindre 
£5omme 
Non fais/if p pert bien / ceſt verite apperte 
Vous fereʒ grãt peche ſainſi fault à ie perte 
Mai regaꝛdeʒ fa paine à iay po*So”foufferte 
Selon ce à iap fait me rendez fa defferte 
La femme 
Vous ne nrauez rien fait ou foier fi appẽde 
Ne ce neſt pas par moy / ie ſuchꝛiſt men deféde 
Qui voꝰ a mie en oeuure voſtre loyer Bo? rẽde 
Se folie auez faicte ſi en payeʒ lamende 
Lhomme 
Dameiap maint meſchef pour Be amour eu 
Stnul mal ne ma fait: mais aincois ma 
mouft pfeu 
Je fuis et ap eſte deBofirecorpemefcreus 
Je vous tequier et pipe que fe voir en ſoit ſceu 


Se Vous trouueʒ en mop faulſete ne cõtreuue 
entance/tricberie/ne chofequiSouemeuue 
Que me dopez Dair/mecte; mop a fefpreuue 

Gt faites côme laigle ÿ fes opfeaufp efpreuue 


Regardez côment faigfe fes opfefefs afourne 
quât if; ſõt au fofeif/Poeif au fofeif feur tourne 
De fungpour le fofeif regarder fe deflourne 
Ie fabatiuc du nid / pſus au nid ne feiourne 


Se var autel figneif abat pat dꝛoicture 

Ne le tient pas pour ſien quant il ſe deſnature 
Faites ainſi de moy / et nayez de moy cure 

Se voꝰ trouueʒ en moy ne mal ne meſpꝛẽture 


De poueʒ parceuoir à bien ie ne memploye 
A voſtre amour auoir/et pene ne me fope 
Faictes com le coꝛbel à fait par autreBoie 


eiffet 
Quãt fes fase ſõt ieunes autremẽt fes effaie 


Ie ne les tiẽt pañfiée/aine fee tiét er) foufrâce 
Tant les fait ieuſner àf ot de feur foquence 

Quãt leur plume Boit noireg fa cõgnoiſſãce 
Lore lee tiét if a ſiẽs leur quiert foubftenäce 


Dame fimefprouues/ne cropez pae mon dit 
Du tout en tout me mets en Bofire or) condit 
aie fe de ma requefte pars de vous eſcõdit 
Jamais ie ne ferap ne Beau fait ne beau dit 
£a femme 

Auf ie nefprouuerap/ et me cropez atant 
Toute iour vous aleʒ deuât mop embatant 
Vous mafez pour neant voʒ paroles cõptant 
Ja ne vous aymeray en treftout mon viuant 


Trop eſtes ennupeuy ef plain de flaterie 

On dit quamoureus vainct / mais p ſaincte 

marie 

Quicõcq̃s foit Baincu Bo? ne me Vaincreʒ mie 

Je congnois Bien Bo; faiz / trop eff fof à ſi p fie 
Lomme 

Ma à ne deBafeurtrop me faites dequeudꝛe 

receueʒ ma clamo? / le cueur me faictescreuftre 

Et fe tant me haieʒz que me faciez deteurdte 

pour B£e amour pꝛẽdꝛay la nature afateurtre 


Befateurtre Bo? Jueifracomptet fa nafure 
Quant fa côpaigne pert effe na dautre cure 
Ne puis ne fafferra fur bꝛãche ou aitBerdure 
Left merueiffeus opfef à ainfi fenature 


Jamais npra a autre quop qué doye aduenit 
Dour famour de fon pat ſe veult feufetenit 
Toufioure en efperance que dope reuenir 
Lrâtmerueiffeeft cõmẽt {up enpeut fouuenir 


Ainſi cõme fa teurfre dois eff que ie me tiégne 
Dame feie Bo? pere commẽt qͥl en aduiẽgne 
Amoure ie delerray / dꝛoit eff à ie men fiengne 
Jamais ifne fera qua mon cueut il nen fouz 
£a femme (uiengne 
Ixpꝑt mouft biẽ quaueʒ ꝑ pfufieure foie pᷣſche 
Vous auez Bien fe cueur de mal faire aleche 
Qui ainfi malecheʒ de mal et de peche 
Vous ne ferez iamais de par moy afege 


ertecifne menchault ſe voꝰ eſbah iſſi 
Quãt voꝰ Bo? ferez bien de moy pꝛẽdꝛe eſſaieʒ 


Je ne vous aymeray pout choſe que Dies 

Nappelleʒ voſtre cueur et le ramokieʒ 
Lßomme 

Je ne puis rappeller mon cueur ne ma pẽſee 

Maintenant vous fera vne raiſon monſtree 

Sieu a fait quatre eſtas/ ceſt Verite prouuee 

On le voit toꝰles iours neſt pas choſe trouuee 


Dieu ſia fait les poures pour les aumoſnes 
pꝛendꝛe 

Dieu fiſt les cheualiers pour legliſe deffendꝛe 
It fiſt les laboureux pour au labour entendꝛe 
Lee clercs pour fe ſeruirg pour fa loy appꝛẽdꝛe 


Les clercs font ſergẽs dieu ie vueil ma raiſon 

pꝛendꝛe 

Qui bien fait au feruant/fe ſeigneur le doit 

tendte 

De voꝰ me faictes bien ma doufce amye tẽdꝛe 

SDieu file Bousrend:g/ce deueʒ Bo? entendre 

La femme 

Lee bone cferce font fergens au doufp rop 

bebonnaire 

ais netient pag pout ſiens ceufv 4 Benfent 

mal faire 

Son ſeruãt neſtes pas/ ains eftee fon côtraire 

Quãt p fauffce patofes me vouleʒ a voꝰtraire 
: Lhomme 

Dar dieu vous reſpondezʒ de grant iniquite 

Vous deuſſieʒ pꝛendꝛe garde a celle auctoꝛite 

Que leuangile dif/et ceft Bien verite 

Celluy fait grãt aumoſne qui dõne en charite 


Voꝰne pouꝛrieʒ point faire de charite plgrâde 


Que de me heberger / puis à fe Bouc demande 


Faictes de vre coꝛps a mon cueur vre offrãde 

Et ſe vous me croyeʒ plus rien ne voꝰ demãde 
La femme 

Sieu ne commande pas charite en tel guiſe 

On doit bien faire auy poures dõner a legliſe 

dCeffe eſt fa charite que ie ſuchꝛſt deuiſe 

Quereʒ autre raiſon / ceſte a neant eſt miſe 


JEmeſt bien grãt meſtier q̃ voꝰ ſache reſpõdꝛe 

Que voſtre Beau parler p art ne me confonde 

Et ſi vous dy pour voir 4 male moꝛt me fonde 

Se voꝰ auez mamour pour quanqͥl a au mõde 
Lhomme 

Dame ie ne demande ne treſoꝛ ne auoir 

Dar dieu ſe meſcondites p voſtre non ſcauoir 


Lovr8 
Plus ne vons prierap/ce Bots fais affauoir 
Je preuueque de mop deueʒ mercp auoir 


Le plus de fa gent dient que ſuis voſtre tenu 
Ain ſi que ſil fuſt voir / en ſuis ie meſcreu 

De fee faictes voir dire ie ſeray Bien pourueu 
Et ſe voꝰne les faictes ilz ſont damneʒ au feu 


Se les faictes voir dire faufues font de pechie 
Et feront hoꝛs du feu faufuementredrecie 

Il vault mieulv que nous deux en fopone 
empeſchie 

Que trops ne iiiic. en fuſſent perille 


Se pour nous iic. ames ſont en perdicion 
Comment pourrons iamais auoir redẽpcion 
Dꝛ vous con ſenteʒ dame a ma peticion 

Ou que vous tefpondes a celle queſtion 


Autre choſe freft/Bous le deuez entendꝛe 
Quiconcq̃s pert lautruy/ condẽne eſt du rẽdꝛe 
Referer fe conuient ef deuſt il treffoutBendie 
Se nous perdone fant dames ou les pour z 
tone nous prendre 
a femme 

Encorneftifpas tépe qua Bo? ie me confente 
Qui les en fait patfer/ceft fe mal qui les tẽpte 
Darfent en hardiemẽt q̃lque chofe quon chãte 
Gn voꝰ nap mie/mon cueur/non Boufoir /ne 

Lhomme (mentente 
Ceſt p vous doufce amye / ſachez certainemẽt 
TCar quicõques eſt cauſe du fait pꝛemieremẽt 
It eft de fa fin cauſe treſtout notoiremẽt 
Voꝰ et moy ſommes cauſe dr leur foloiemẽt 

La femme 

Ieneſt nul à de Sous fe puiſſe deſcombatre 
Zoute iour voꝰ veneʒ fur mop p force embatre 
fuieʒ Sous en dicy ou voꝰ voꝰ ferez batre 
Plus vous ap eſcondit de foys que vxxiiii 


Dameiener puis maie/nufne men doit repꝛẽ 
Jen oferope Bien) fe iugemẽt actédre (die 
Telluy qui na qung oeil il doit ſouuẽt entédre 
Je nay apnie q̃ vous / gy doy Bien garde pꝛẽdꝛe 


Se Sous me refuſeʒ iamais nauray amye 
Je moſteray damoure et de leur compaignie 
Et feray comme cil a qui iope eff faillie 
De ſoꝛmais en triſteſſe finerap ma ie 

3 ti 


fueiffet 


Plus ne refuferap famour duna tel amy 
Doursmien ie vous retien / car Bo? eſtes celluy 
A quimamout dõnay au plus toſt que voꝰ vy 
Se vous ap trauaiffe/ie Sous en crye mercy 


Vous auez eu grant paine a mamour con 7 

querir 

SEt pluſieurs grans parofee diuerſt es a oyt 

Sachez pour fe pꝛeſent ien fuie au repentir 

Œt furtousie vous clame mon amouteup 
(martit 

Hardy enamoure eſtes ien ſuis bien aſſeuree 

Et fur tous amoureux vous poꝛte renõmee 

Seſtre Fe plꝰ affeur/et parfait en penſee 

Queie Bis oncqueſmes depuis qͥ iefus nee 


Oncques ſe cõquerant godeftoy de billon 
Ne bertrãd de claquin fe Baiffant champion 
Ne furent plus aſſeur en le ur entencion 
Tommie eſtes en amoure / ceſt mon oppinion 


Pource ſur toutes voſtre ie ſuis et ſeray celle 
Aymeʒ moy mon amy / ie (ue fa iouuencelle 
Qui Sous ap tant courſe de ma reſponſe felle 
Baiſeʒ mes yeulx / ma bouche / le menton fa 
(mamelfe 
£e fronc voꝰ habandonne / les fourafs et le neʒ 
Leciouee/fa gorgete/ lee bꝛas / les mains / les 
ied 
PE mote / la fonfaineet fes pres 
ZBôtfes amoure fi fourdéf/cfa bas fes queres 
Lomme 
Cha treffopalfe dame / eff ce a bon efcient 
A grant pame fe crop veu que fi durenent 
Maueʒ donnees reſponſeꝰ a lencõmencement 
Et puis quainfi le faictes Bo? moſtes de toꝛ⸗ 
(nent 
Puis quainfiBo’fe faictesieBoue en remercie 
Vous memectez en ioye / ie ſay ren defferuie 
Vous moſtez de triſteſſe etmeredonnez vie 
Jeſtoye demy moꝛt ie fe vous certifie 


Puis q̃ voꝰ moctroyeʒ de voſtre an’ benigne 
Voſtre cueur B£e coꝛps ten vueil pꝛẽdꝛe faifine 
Je vueil baiſer fa bouche et odoꝛer fafaine 
Ainſi lung apꝛes lautre le feray tant que fine 


Pafet et de venir mon poulenet eſt las 
Vous lauez trauaille/ ik luy fault du fouias 


Ma treſdoulce maiſtreſſe à ie tiẽs en mes bꝛas 
Vueilleʒ quil fe repaiſſe et pꝛeigne ſon tepas 


Vueilleʒ quil ſe repaiſſe ct à fon repas pꝛeigne 
Au pre ſur voſtre mote/fa fault if Gf fe tiengne 
Quat fa [oif Fe pꝛẽdꝛa ne fauft pae àfeffoigne 
Deſcẽde | peu pl? Bac/fa fauft if GP (e ioigne 


Defcende J peu plꝰba il trouuera leaue faine 

Quant il fera au ru / la pꝛes eſt de fa fontaine 

Pꝛengne en tout fon ſaoul dou fre elle eſt com⸗ 

me ſeine 

It nen peut moine auoir pour fon traueil et 
(pane 

Dix a fe poufain foif/o1 eftif Sefcendu 

Au pre deſſoubʒ fa mote /etentre dans le ru 

€ fupa f emble Bonne/ifen a treftant beu 

Que a liſſir de hoꝛs il fut tout efperdu 

La femme 

Hellas doufs poufenet aleʒ tout ſouefment 

Ne troublez pas mõ eauc/trotes tout bellemẽt 

Ne gaſteʒ pas mon pre de voſtre marchement 

Vous en aurez a faire autre foys plꝰ que tant 


Vous en aurez a faire / certe s ia dieu ne plaiſe 
Quil voꝰ ſoit refuſe ner pꝛeneʒ qua voſtre aife 
Ne faictes pas treſtant à la choſe vous poiſe 
Jen ap aſſez parle / il eſt teps que men taiſe 


Quant il entra dedans il eſtoit ſi iolis 
Joinct com J oyſelet / auſſi droit cõme vng lis 
Mais a liſſir de hoꝛs il fut ſi amolis 

Cõme ſeroit vng coq ſil eſtoit cheu au puis 


Dar ce fait Sous voieʒ damours lentencion 
Gt a quel fin if; tendent / ceſt mon opinion 
Juge en ſelon ſoy vng chaſcun compaignon 
Itʒ iugeront que ceſt pour deſcẽdꝛe au rullon 


Lentencion damours a mon aduis eſt telle 
Tout ce quon p pꝛocure neſt qua Benir a celle 
Don remoꝛs pꝛemetain eſt doufp cõe mamelle 
Mais qui en pꝛent p trop il a gouſt de ſegnelle 


La cegue eſt vne herbe qui reſſemble au perſin 

Se loiſon en mengeut tantoſt tend a ſa fin 

a vauldꝛoit Gien aufant quif mangaftou 
enin 


Amoure fi ſont autelles pat y trop eſtre enclin 


Quant tu en auras eu/fais Bng fout de maiſ 
trife 

Ne fopes point fof farge pour biẽ ie fer aduiſe 
Tiẽs p Bien ton billart / nayme poif entef guiſe 
Quif faille que tu portes noce fa chemiſe 


Tiens p Bien ton billart et note bien ce point 
Ne vuide pas fee bourſes à ne ſoit biẽ g point 
Ne fa bourſe a largẽt / nauſſi celle ou eſt loingt 
Dont il fauft fa femme oingdꝛe quãt la char 
(up eſpoint 
Quãt in nauras plꝰtien 1f5 naurõt de top cure 
De ce fenfuit farrecin dont fa moꝛt fepiocure 
TE fauft feuré Bouches paifire deſſoubz et 
deffeure 
De ce deu pois Biét moꝛt / de cecp ie taffeure 


Je evcepte aucunes dames ou femmes de 
bourgois 

Qui ont bien de quoy viure qͥ aident a la fois 
Auy côpaignons 4 apmét/foient clers ou faiz 
ais Bien peu p en a quine pꝛengnẽt to?metz 


En ofiant $ damout ef et) t adiouſtant 
Vous trouuerez a moꝛt / le nom Ba demõſtrãt 
Que qui na en amour ſobꝛe gouuernement 
Amourꝰa mort fe maine / ce voit on biẽ ſouuẽt 


V ſi eſt Bnefettre/ceft Sne choſe apperte 
Qui eſt cloſe deſſoubʒ et par deſſus ouuerte 
$ noue demonſtre foſſe ou abiſme deſerte 
Amans gardes dp cheoir/fur Sous cherroit la 

(perte 
Je pꝛy fe dieu damourꝰ quil vueille remõſtrer 
Atoꝰ ceufp qui fe meſlẽt de loyaulmẽt aymer 
Le chemin et Fa voye deulx fi Bien gouuerner 
Si quautres ne fee puiffent repꝛẽdꝛe ne blaſ⸗ 

Grier 

Œt doit aup deflopaufo trebucher dede mer 
Quimôfirent Beau ſẽblant a ce et a miffer 
Et faignẽt eſtre 686 pat fa Bouche au parfer 
Din fe doit de ceulx fa defouit et garder 


€ Senfuit vng lay a ce propos 


¶ Somme qui Senft longuement 
Diudemment 

Lonneur dantoure acquerit 
Pour viure iopeufement 


ovvo$i 
Longuement 
Men doit qune requerir 
dt fille fait autrement 
Faulſement 
le veult ſes amours honnir 
Dour ce doit il dꝛoictement / ſeulement 
Son cueur a vne tenir 


¶ Senſuit fa concluſion moꝛale de ceſ⸗ 
te matiere pꝛononcee par la dame. 


¶ Ea femme 


€ nie ſuis aſſez teue / ie ne me 
puis plus taire 
Dousremonftres trop bien a lom 
me quifdoif faire 
Quantif a de fa dame iop et eu 
douaite 

He Buclinonfirer aus femmes 

A faire fe contraire 


On dit communement Sng BerBe que ie tien 
Choſe quon aa paine fi doit faire grant Bier 
De deg fe premier tour fuffiez hoꝛs du fier 

Vous meuflies oubliee en moine de demy at) 


Je ſuis femme / fi doy aux autres refembler 
Aucũes ont grãt ioye quãt on les pꝛie daymer 
Et ſi faignent q̃ non par la bouche au parler 
Et tiens ne leur ennuye foꝛs à le trop tarder 


Ie neſt fẽme neſune tãt ſoit ſage ou ſulbtiue 
Selle veult hõme oupr q̃ pour neant eſtriue 
Fẽnie retiens fe bien / ie vueil quon fe teſcriue 
Barde top de loyr fe ne fe veulx enſuiure 


Son requiert ne féme denfraindre mariage 
Die toft a ceffup à fa requiert douftrage 

Je Sois a mor) mary luy dire ce fangaige 

Et fif fe me comniande apres niaduiferap ie 


DeneBeufo à tu aies blaſme hõte ou dẽmage 
Ne retourne iamais opt fon ffauefage 

Gt toſte de tous poine de deuant fon viſage 
Sil eſt homme de bien il te tiendꝛa pour ſage 


Je ne vueil pas pourtant qua ton mary ledie 
Zelʒ homs il pourroit eſtre à tu feroies folie 
z init 


| fueillet 
It en pourroit entrer en telle frenaiſie 
Quif fen enſuiuroit moit / dõt il perdꝛoit la vie 


Femme oꝛ entens icy / ie le te dy pour bien 
Mais it eſt pluſieurs fẽmes à ſõt de tel meſriẽ 
Quifs aymet oient mieufp eſtre moꝛſes dung 
chien 

Du arſes en vng feu que ilʒ en feiſſent rien 


Jar quatre poins congnois à iay eſte deceue 
Dar me laiſſer taſter / par oupr/par ma veue 
Dar fuiuir leꝰ mauuaiſeꝰ/ ie me ſuis ĩcõgneue 
Tart eſt de le congnoiſtre quant fa choſe eſt 
(conceue 
Je pri au dieu damours quil doint a toutes 
femmes 
qui fe tiennẽt a vng eſtre a leurs amis fermes 
Et Les doint Gien garder toutes de vilains 
blaſmes 
Auſſi ioye et ſante et pardon a leuts amee 


Et doinf a toufes celles qui feruêt le cAmun 
Se tous ceufo quifs recoiuent deu deniers 
de chaſcun 

Et keur doint les marcheʒ tous ſuiuir Bnget 


vng 
Afin que treſpaſſer ilz er puiſſent neſun 


Femme qui Seuft celeement en amours fe 
maintenir 

Dour Biureiopeufement ne dort qui) amp 
choific 

Et fefenSeuft plus que tant/efne fe peut 
mieufp honnir 

Di fe paffe dont a tant fef ne fe veult eſclãdir 


Prouuer Bueif ceque dit ap 
Dar Bag fap 

Oꝛ le eſcouteʒ / il ſenſuit 
Et ſil eſt autre que vꝛay 
Blaſmeʒ moy 

Je Le vueil ſans contredit 


De deup fe voyent clerement 
ferement 

Gufv dune meſme ioyr 

Le premerair iopffant 

Be deuant 

Si pꝛendꝛa fautre a hayr 


Loꝛs mouuera noiſe grant 
Du coufespé 

Sont pourra tel Boiv yſſir 
Que tous deux yront criant 
Haultement 

Tout leur fait et deſcouutir 
GEt ce voit on Bien fſouuent 
Vulgamment 

Et tous les ans aduenir 
Dar ce ne peult nullement 
Bonnement 

Icelle fon fait couurit 
Viure fup fauft oꝛdement 
fauffement 

Et a tous fes deux mentir 
SDieu ne fe veult ne conſent 
Œtpouttant 
fauffeteeftapunis 


¶ Cy fine le dyalogue de 
lamant et de lamye 


¶ Cy apres ſenſuiuent fes lamentaciõs 
de iehan de calais lequel neſtoit plus 
au iatdin de plaiſance 


¶ Pꝛologue 





FAQ Durmofter de melancolie 
ANS Et de fofe penſee mainte 
M op eftant feuf fans ma partie 
PT Œnfrancifeetenterre faincte 
A cequopfeu ne fuffe mie 
Jay de moy fait Bne complainte 
Be fortuue quime guerrie 
ais raifon de mon Bien macointe 


Seiap-faiffp a tou ie prie 

Que vueilleʒ corriger fenfrainte 
Deffoubs Vous tousie me humilie 
aie fachez que couttoup ef crainte 
Ont moult ma memoire affoiBfie 
Dar aguiffonner de feur pointe 

Qua bien peu quefne meſt faillie 
aïe raifon de mon Bien macointe 


Sacheʒ de vꝛay que pas ne crie 
Zouteffoiz que iay ceſte eſpꝛainte 
Le monde en feroit mocquerie 

Be ce faire eſt Bien pꝛeſt et cointe 
Dour fortune/ou pour mafadie 
On ne Soit creatute pfainte 

Que peu/de ce ie Des ma vie 

Paie raifon de mon Bien macointe 


De ce qui fenfuit eff fofie 

Duen fefcriptuve/ou emprainfe 
Nen tenez compte/ie vous prie 
Tar ceneftqunechofe painte 
TCourroux amer me confrarpe 
Qui me liure triſteſſe mainte 

Gn conſeillant que ie moccie 
Mais raiſon de mon bien macointe 


Se igneurs plus ne ſcay que ie die 
Amertume eſt pres de moy ioincte 
Dont grandement ie me ſouſſie 
aie raiſon de mon bien macointe 


¶ La lamentacion 
Zout ſeullet plain daffliction 
Me plains en douleur ef triſteſſe 
Car ie ſuis er religion 
uce et meury ma ieuneſſe 
Dane auoir viſitacion 
De nulluy confort ou lieſſe 
Foꝛs de fole temptacion 


Cvvv vii 
Que ſouuent me maine rudeſſe 


Jour et nuyt me pꝛeſſe 
Et veult que ie ceſſe 
De bien acquerit 
Raifor me radꝛeſſe 

Et Seuftquenon face 
Ale nenpuie pffit 
Seſeſpoir maerſe 

St courroux me herſe 
Je ne puis fouir 
Trainte me rabeſſe 
Et nie fait dangoiſſe 
Tout fe coꝛps fremir 
Que vault le mentir 
Jayme mieulx mourir 
Queſtre en tel toꝛment 
Jayme mieu fo fenir 
Que touſiours fanguir 
Si piteuſement 

ap de deſplaiſance 
Et tant de greuance 
Que ne fe puie dite 
Dncques de menfance 
Je neus telle dance 

Je ne men puis vire 
Tar en empirance 

Le monde fauance 
Atout mal fe duire 
Chaſcun tend et tire 
Sur au tout meſdire 
On fe Soit ſouuent 
Pour faire deſtruire 
Du pour faite enfuire 
Toute bonne gent 
Pluſieurs vont quetant 
Saucune vont diſant 
Aucune nouuelle 

Ace quen pꝛeſent 

Le voiſent poꝛtant 
Leur maniere eff telle 
Stne meſt pas belle 
hais meſt mate et felle 
Eeſt cas fait et oꝛt 

Le cueur fi mer) felle 
Jen fuie en tuteffe 
Dar maufuais raport 
Malle Bouche a tort 
Me guerroie foꝛt 

Et tous iours procure 


—* 


fFuellet 


De mettre diſcoꝛt 

Et hoꝛs de bon poꝛt 
ZToute creature 

Par fon infecture 
‘et toufois fa cute 

A moy empeſcher 

Gt puis ſe pariure 
Pour ſa controuueure 
Plus hault e vaulcer 
Et Seuft men chaſſer 
Par ſon menacer 
Œneftrangetetre 

Ne fcap que fonger 
Dour remedier 

Foꝛs qua dieu requerre 
Quifnoue vueille aider 
Et tous hoꝛs bouter 
Be ceſte grant guerre 
A ce que requerre 
Nous faiffone grant erre 
Gn deuotion 


On ne me fait / le cueur men 


¶ Jehan parle a raiſon ef a fortune 
iar ſe 
BicteS/fui ie mefeau ou nõ 


S ie me plaiẽ / iay biẽ raiſon 
ce meſt choſe bien cõtrouerſe 

Du ſe iay maladie peruerſe 

Dictes fe nioy dame raiſon 


Quaucune affociatior 
De grant doufeur fe cueur me perfe 





Quant on chet en confuſion 

Du en aucun meffait qui bleſſe 

Du dec Biens a perdicion 

A fe fuir chaſcun fadreffe 

Jen Bop Bien fa concfufion 
Detrefione poine chaſcun me faiffe 
Et fauft que change region 

Du que choiſiſſe vne autre adꝛeſſe 


Las oꝛ eſt bien mon temps paſſe 
Que iay eu en mes ieunes iouts 
Foꝛtune tu las reuuerſe 
Et ſi mas ioue de tes tours 

npoure cueut eſt amoꝛſe 
De griefs plaine et griefues doulours 


e 
Et ſi mas dung os ennoſſe 
Dont mes rie ſont trouueʒ en plours 


Ha foꝛtune / cher ie compere 

Les biens que mas fait en enfance 
Juſques a vingt ans me fus mere 
chais ta roe a muee fa dance 
Maintenant me es marratre amere 
En peu dheure fais fa muance 
Touſioure icelle eſt ta maniere 
Qui ten repꝛent bien peu ſauance 


Jauoie loꝛs ioyeux repos 
Tertes qui ne mennuioit pas 
Quant iauoie des dames los 
Seſtre pꝛeſt er tous ioyeux cas 
Oꝛ me ſuis ie en franchiſe enclos 
Tout ſeulet ou ie crie Sefag 
Foꝛtune ma tourne le dos 
Je ne puis yſſir de tes las 

€ fortune parle 
Maubatu fouuent foifon pleure 
Je Le voy Bien a ton affaire 
Se ce quas eu iufqua cefte heute 
Tu ten peuffes Bien a fant faire 
Tu nas eu que miel / laict / et beutre 
Loe ton dieu/ce dois tu faire 
Tlfta delinre de moꝛt feure 
St des mains de ton aduerſaire 


Trop te plains de moy / ie taffie 

Et ton mal croiſteroit plus foꝛt 

Se ie tauope oſte ta mye 

Ta femme qui eſt ton confoꝛt 

Puis quif fault que ie fete die 

Naurois tu pas moindre depoꝛt 

Ne ſoies point ingrat ie te pꝛie 

TCongnois qui te ſoit foible on foꝛt 
¶ Jehan parle a foꝛtune 

Par ce point me ſcanroies tu duire 

Fortune eſt moꝛtel deſconfoꝛt 

Se moſtoies la creature 

Qui eſt treſtout mon reconfoꝛt 

Chaſcun loꝛs fi me courroit ſure 

Jamais naurope que diſcoꝛt 

Je pꝛie dieu ou ie metʒ ma cure 

Que deuant me donne la moꝛt 


Certes ie pourrope Bien loꝛs dire 


Que feroies de moy murdꝛiere 
Mon fait mueroit de mal er pire 
at tef me monſtre belle chere 
Qui me taſcheroit a deftruite 
St me mangeroit en deftiere 
fe doit bien atant ſuffire 
Radoulcis toy/tu es trop fiere 
¶ Foztune parle a iehan 
Sine tay ie pas tout ce fait 
En ton aide as eu deſraiſon 
Qui a trop domine ton fait 
Et faufv confeifpar mefprifon 
Par les croire tu ee deffait 
Et deboute de fa maiſon 
dettes celluy ne (cetquif fait 


Qui queulſt ſo n fruit Gore de ſaiſon 


Le fofconfeif faufo impotent 
21 Bien faire et a maf Habite 
Dita eſte premier nuyſant 
Et a toue fee faisinufife 
ffutcaufepremierement 
Dete debouter de fa Bifle 
Qui le croit fait pateiffemient 
Dur qui laue fa robe en huile 


¶ Foꝛztune qui parfe a raiſon 


Je men rapoꝛte a vous treſbelle 
Faicteʒ en iuriſdicion 
Jehan dit que fa douleur ytelle 
Lup vient par moy / ie dy que nor 
Et quelle vient pat fa querefte 
Défaufv confeif et deſraiſon 
Paie comme epecuterefle 
Deulp ie fais lexecution 
¶ Raiſon parfe a iehan 

Cettes elle ta dit verite 
Par eulx Bint Le commencement 
St comme dit lauctorite 
Qui eſt cauſe pꝛe mierement 
Crop de dꝛoicte certainete 
Quif eff cauſe du finement 
Fol conſeil donc par fauffete 
Eſt cauſe de ton foloiement 

¶ Jehan parle a raiſon 
Raiſon certes ie my conſens 
Foꝛtune ſi parle treſbien 
Pat fol conſeil iay ce maltemps 
A Bofire oppinion me tien 


Cyvv biii 

Par luy ſuis au bout de mon ſens 
Jauoye / et ie nay mais rien 
Jay le ventre plat comme vngs gans 
Et la pel velue conme vng chier 

¶ Jehan fe fa mente 

de fofconfeif 
Fofconfeif chaſcun fe doit craindre 
Qui Bien pres regarde a ton fait 
Le granit eftat fais venir moindite 
Dar top eſt maint Somme deffait 
Tu ne fais que blandir ef paindꝛe 
Le droit fais Senit confrefait 
Vng chaſcun fais plourer ef plaindre 
Enton corps ne gift que meffait 


Je puis Bien cecp de top dire 

at par top fuis en pfeure et plains 
Dar ton fait mon mal ſi mempire 
TCar ie ſuis cheu du plus au moins 
ZTel me ſounloit dire beauſire 

Qui me dit de gros motz villains 

A bien peu quete nen meure dire 
Tous ieux ſont enuers mop eſtains 


Juſques a cecy trop ne me plain 

Be top fortune ma maiftreffe 

Ta roe me verſe huy fout a pair 

St le lendemain nre redꝛeſſe 

Ton fait neſt point vers moy certain 
aie iayme mieufo qua ma ieuneſſe 
Tu me tiengnes ainſi fa main 
Quou temps de ma ridee vieilleſſe 


Je me Poe de top enfant 

Que qnant me mis en mariage 

Tu me fournie dung Bien fe grant 
Lomme de bonne femme ef fage 
Œffe me paift comme Sng enfant 
Je fuis comme vng opfeau er) cage 
Quil fault paiſtre dꝛu et ſouuent 
Tant du manger que du buurage 


Suis ie ingrat foꝛtune / oꝛ le dy? 
Et iuge ſe ie dy Bien vꝛay 

Je ſcay bien qui meſt ennemy 
Du a efte/Bien le congnoy 
Oncqu es en ma Jie noup 
Dire que fauffift tant fa foy 


Entre parens com efle fait huy 
Qui en a vng on garde fop 


aie par trop aymer me fuie mie 
Demouriren grant aduanfure 
en * acquis des ennemis 

le fe voy bien a leur facture 

Tar meſmes mes prouchaine ampe 
Be me ifiternont if; cure 

Sitz font paffez deuant mon huis 
5 mont beftourne feur figure 


Touteffoiz Le mafque iendure 
Ne pꝛocede point de larrecin 
Ne dauoir deffait creatute 
Ne dauoir greue mon voiſin 
De dieu veult que de ma dꝛoicture 
A apmer fe vop fope enclin 
ene fais point contre nature 
Fr fe veult ef Le dꝛoit diuin 


Ce ſeroit fort fans coꝛrupture 

Soſter au loup celle cautelle 

Quif a de ſa dꝛoicte affecture 

Œt condicion materneffe 

Be haper bꝛebis en paiſture 

On feroit aincois dune pelle 

Du dung ſabot Bne affecture 

Tar ceft choſe a luy naturelle 
Raiſon 

Endure et endurer te fault 

Tu ke Sois Bien pour fe pꝛeſent 

Zon defconforter riens re vault 

Endurer fait fepetit grant 

Qui endure fon fait evauft 

Lefcripture fe Ba difant 

ef fait maintenant fe Saffauft 

Difeftpaiv qui fera meſchant 


Aies toufioure ferme fiance 
Dauoir du Bien quop quil demeure 
Et pꝛens en tes mauf» parience 
Car en peu dheure dieu ſabeure 
Qui attend il a ennuyance 
Brant Bienne vient pas en peu dheure 
Oꝛ p mets paine et difigence 
ffup couuient'paine ef demeure 
Puis que fotuneteftcontraire 


iffet 


At op et a celluy que ame 

Ni ens ne te vauft crier ne bꝛaire 
En durer te fault par on ame 
fte fauft pour fe prefent taire 
Le temps viendꝛa en autre terne 
Que ceufp qui te font ce maf traite 
Seront batus de feur gniferme 


De toufioure euſſes mie ta cure 
A moy enſuiuir et entendre 
Tu fuſſes hoꝛs de la maſure 
Ou defraifon ſi tient fa chambre 
Miſere auons qui met en cendꝛe 
Be ton coꝛps la ieune verdure 
Et te fait char et os deſpꝛendꝛe 
Tant eſt de mauluaiſe affecture 
¶ Jehan parke 
Raiſon quant en vous ie pꝛens garde 
Aucunement vous maueʒ nuit 
Qui bien ſayme / bien ſi ſe garde 
ar ſoub ſtenir raiſon fi cuit 
Dar trop vous aymer mon bien tarde 
Et ſuis fuitif presque deſtruit 
Je tiens fa perſonne a muſarde 
Qui par trop aymer ſon bien fuit 
¶ Raiſon 
Jehan mon amy ſaches de voir 
Que me donnez icy grant charge 
Mais ie texcuſeray pour voir 
Entens a mop ſi faiz que ſage 
Quant trop eſt en aucun manoir 
Jeny ſuis point / mais eſt oultrage 
Pource ie te faiʒ aſſauoir 
Que mon fait giſt en meſurage 
¶ Jehan parle 
Same raiſon ie vous mercie 
Quant if Sous plaiſt moy excuſer 
TCar certes mon oiſiuerie 
Eſt cauſe demon mal pꝛemier 
Dat elle fus en reſuerie 
Qui ma fait ain ſi varier 
Je pꝛie dieu le fi marie 
Quil me gard de continuer 
¶ Raiſon 
Quefque point que foꝛtune die 
Ta doufeur ne te tient pas dhier 
ais en top eftpieca ctoupie 
Comme en leaue Le creux grauier 


Jênete fif point courtoifie 
Telluy qui ne tapꝛint meſtier 
Dar oyſeuſe pert nraintfa vie 
St ſi fait maint traire a pecher 
Jehan parle 
Vous ſerieʒ ma bonne couſine 
Raiſon ſe me voulieʒ guerir 
2e mor mal voyeʒ fa racine 
Je lentendz bien a vous opt 
Donnez a mot) coxpe medicine 
Pu malqueme Bope; (ouffrir 
Et me conſeilleʒ aine que fine 
Je fuisen perifde mourir 
Naiſon 
Quant aucun demande conſeil 
Et ne le croit if eft conart 
Et ceft pour loſter daucun dueil 
Du pour fe garder daucun dart 
Sſcoute mop/npe point du fueif 
SEt ny Sane matin ne tard 
Pource bien dire se te Sueif 
Qui maf fe garde toſt fe pert 


Japparcoy Bien a fa foquence 
Queta fantetereuiendra 

Saches quefagrant aBftinence 
Se continue te gardera 

Aentre point en defefperance 
Faistoufioure bien / dien te Siendza 
Sers dieu de toute fa puiffance 
TChaſcun fon fe; emportera 


ŒRondef 


Shan decafaie debonnaire 
Pꝛen pacience en tous cas 

Gt ayes Job ton exemplaire 
Jehan de calais debonnnaire 





C. xxxix 
Tfeut en ſon temps a faire * 
Hille fois pfus que fu nas 
Jehan de cafaie debonnaire 
Je te deſconfoꝛte pas 


Tous Biens eut en ſon repaire 
Jehan de cafaie debonnaire 
St depuis geut deſſus faire 
Se fiens faifoit liet et dꝛapse 
Jehan de calais debonnaue 
Ne te deſconfoꝛte pas 


Et la fut moult ſolitaire 
Jehan de calais debonnaire 
at pour plus a dieu comptaire 
Hꝛenoit vers fur fup a tas 
Jehan de calais debonnaire 
Ne te deſconfoꝛte pas 


Dieu fer) coutfe/if luy fauft plaire 
Jehan de calais debonnaite 
Barde top de luy deſplaire 

Que nayes pis que iu nas 

Jehan de calais debonnaire 

Ne te deſconfoꝛte pas 


Se de Job Benfyp veoir faffaire 
Jehan de calais deBonnaire 
La bible fa Sie declaire 

Da p Beoir/tu le Verras 

Jehan de cafaie debonnaire 
Me te defconforte pae 


¶ Comment fe parlement 
damours fut tenu au iardin 
de pfaifance contre fa Belle 


dame fane mercp, 


Σacteurcommence 


œi 


fueillet 


— 
— 


S— 
— N— ⸗ 


* 





Siour de lan qui renouuelle Œfioient pont fes grans Biens co 
Amours ne fiftcémandemet  Effc fauldꝛoit cHofe commune 
De faire Bafade nonuelle De ceufv proprement racomptet 
Gt me oꝛdonna expꝛeſſement  Zantfont bien voulu appreftet 
Quen eſcriuiſſe humblement Dieu et nature a leur vouloir 
Telle a qui me ſuis rendu On ny ſcauroit mettre noſter 

De klaquelle iay longuement Pour elle faire mieulx valoir 





La double mercy attendu 


Quant ain ſi ie me Beis confraint 
Dainſi a fa balade faire 

De ſoulcy me trouuay eſtraint 
Pource que doubtoye foꝛfaire 
Les biens damours ou iay a faire 
Tar oncques napꝛins femeftier 
Be rimer en aucun affaire 

Qui pour loꝛs me taf Bon meſtier 


ais pout Bien obeyr a amour 
Dapier et plume affap prendre 

Et fa balade fans demour 

Je commencay cupdant comprendre 
De (a Beffe ou na que reprendre 

£a beaulte / honneur et fefens 
ont ie fiz foffie dempꝛendꝛe 

Di fauft oenure a ce que ie ſens 


ar fi toutes fangues en ne 


St pont ce faire ne ſcauoye 

Ceſte Bafade a mot) plaifir. 

ar pas fc fentement nauoye 
ZBont moncueutanoit defpfaifit 
Pourquoy if me conuient gefit 
Par defconfoit fur Bne couche 
Du mal de mop pꝛins le loiſir 

De cloꝛre mec peufo ct ma bouche 


Car par fomitteif ſuis afferupe 

Be dounit vne longue eſpace 

dt en doꝛmant meſtoit aduis 
Que ie Veoye loultrepaſſe 

De tous fes vergiers quon compaſſe 
En fair fur vne Biuetoche 

Be pfaifant pierre de fopaffe 

Du amoure tenoit larc en coche 


Du vergier mappꝛouchay ſi pꝛes 
Que ie veiz toutes fee beaulteʒ 


Clos efloit darbꝛes de cypꝛes 
Et de roſiers parmy planteʒ 
£a porte eſtoit aux coſteʒ 
Faicte de lys et de muguet 
Et ſur elle eſtoit monteʒ 
Dangier pour p faire Le guet 


Dauetfloit oerommarine 

Entre leſquelʒ touſiours chantoient 
Chardonnerelles cf farine 

Œt ee quatre coꝛnetz cfloicné 
Cleres fontaince qui ſourdoient 
Dartefle fuperffuite 

Que tout le iardin artoufoiené 
Dour fe maintenir er beaulte 


St au miffieu Bne auditoire 

Je Beiz de Berde maiorfaine 

Du de maintes fleure Beis lhyſtoire 
Faicte de parie etde helaine 

Et du Bergier fa chaſtelaine 

Qui feruirent amours iadiz 

Dane auoir penfee Biffaine 

En faitz/en penſees et en dits 


Le fiege on amours ie Beis eſtre 
Eſtoit de ffeurettesiannettes 
Tendu a deptre et a fenefire 
Be giroffiees et Bioffettes 
Touuert de tappis de floꝛettes 
Œt de fauende lozengie 

Du roffignofs ef affouettes 
Deftoient pour chanter fogie 


En lhuys dehoꝛs efcript auoit 
Se foulciez en Bng gaſon 
Quamours for patfement deuoit 
Tenir er ce lieu pat raiſon 

Faire de ceuſx qui deſraiſon 
Auoient fait en ſon bon ſeruice 
at luy qui na comparaiſon 

Ne pour ſeruir en ſon ſerf vice 


£a auoit douze pꝛeſidens 

Le premier eſtoit franc vouloir 
Et eſpoir qui tant fut pꝛudent 
Que rien ne met a nonchaloir 
Dour les amane faire valoir 
Gſtoit Le procureur des cas 


C. vl 
Befquefs on fe vouloit douloirt 
Et defir fut for aduocatz 


A ce patfement Bei venir 

Amoureuv cf dames fans nombꝛe 
Qui allerent vers founenir 

Qui eſt greffier damours ſoubʒ Vmbꝛe 
Seulv pꝛeſenter / car dur encombꝛe 
Penſant auoir de deffault faire 

Et apꝛes ſe mirent en lombꝛe 

Ses roſiers par plaiſant affaire 


Doulo penſer lhuyſſier commanda 
Quen cefieu fuſt faicte ſilence 

Œt puis Le greffier commanda 
Quon appellaſt en audience 

ele qui ouftre fa deffence 
Damours auoit cueut endurcy 
Quon appella en ma pꝛeſence 

La belle dame ſans mercy 


Auſſi toſt quappellee feur 

Seulette deuant amoure Biné 
TCouloꝛee comme le feu 

De fa honte qui luy aduint 

St de fait perdre luy conuint 
Zoutemanicteet contenance 

En pfourant farmee plue de vingt 
Tant auoit damoute grant doubtance 


Loꝛs furent les pꝛerogatiues 
SDamours par deſir pꝛopoſees 

GEt ſes haultes vertus actiues 
Dar pluſieurs raiſone expoſees 
Qui tellement font compoſees 
Que aymer font ſans nul contraire 
Quant amoute les a diſpoſees 

Et pfaifant regard a fup traire 


Quant pat fafcience noBife 

Zouly regard traict ou bon fup ſemble 
Tant eſt fon arc fort et habile 

Lequel a autrenerefemble 

Dar ſon traire deux cueurs enſemble 
En vng ſeul amoureux penſer 

Et les fait demourer enſemble 

Pour leur temps en ioye paſſer 


Quant deſir laduocat parfait 
—X 


Qui auec eſpoir fut adioinct 

Suſt damours conclud tout le fait 

It replicqua de point en point 

Lee cas propofes mal a point 

Dour fa dame deſſus nommee 

De laquelle ne donna point 

Samours trop bonne renommee 
Seſir parle 

Et diſt / amoureux dieu haultain 

It vous pleut vne foie commettre 

Vng voſtre ſeruiteur certain 

A Cup humblement entremettre 

Ze fa penſee et cueur mettre 

&n cefie dame que vopeʒ 

Auquel vous feifies pꝛomettre 

Seſtre loyal ſeruant trouueʒ 


fa ſa pꝛomeſſe tenue 

Comme fopaf ſeruant doit faire 
Ætfopaufte entretenue 
Doubtant voſtte trace forfaire 
Teſte dame a fe deffaire 

Seſt efforcee telle ment 

Que Fa moꝛt par ſon dur affaire 
La defconfit moꝛtellement 


Et les cauſes ie Sous vueil dire 
Quant pꝛemierement fut requiſe 
Defamant ou point nauoit dyre 
Efle kuy refpondit quacquife 
Auoit foffepenfec et quife 

La guerre pout for cueurgreuer 
Sipenfaque pour fup conquife 
Fuſt paiv pour tefs mes eſcheuer 


Ceſtoit dit contre voſtre loy 
Hault et puiſſant dieu amoureux 
St vous eſtes de tel alloy 

Et en voʒ faits tant vertueux 
Qua celluy qui eſt cutieux 

De choiſir dame pour aymer 
Penſer luy donner gracieux 
Pour grace auoir ſans amer 


Tar ſi toſt que vous auez traict 
Regard en traict de Brap amant 
Soulv penfer auffi firetraict 
Lomme fe fer vers fapmant 
Qui ne fe laiſſe point doꝛmant 


Æueittet 


Car toute up er penſer Seilfe 
Comme faire puie le conuient 
Be celle pour qui fe trauaille 


Qui doit eſtre ſelon nature 
Soulce / courtoiſe / amyable 

St contre fa griefue pointure 
Senuye fa deſraiſonnable 
Auoir pitie lincomparable 

St treſdoulce phiſicienne 
Pour garder ſon ſeruant feable 
Ze fa douleur quotidiane 


Svpꝛeſſement vous commandeʒ 
Que nuffe dame ne ſoit fiere 

Et au ſurplus Joue luy mandez 
Quen elle defoaingne fe fiere 
Car pas neſt choſe qui affiere 

A Pre dame deſtre telle 

Que ſon ſeruant de reffuz fiere 
Si quau cueur ait playe moꝛtelle 


Apres defir luy replicqua 

Sur ce quelle auoit en dueif 
Pour que contre vng regard doeil 
Da paiv ne gardoit a fon vueil 
Ætquefes yeulx deffe eftoient 
Acompaignes de Bel acueif 
Dourregarder ou ilz voulloient 


Je ſcay que Bien les yeulx ſont faits 

Dour au gre plaiſir regarder 

hais defaufp regards confrefaits 

Que aucuns font fe doit garder 

Qui ſemblant monfirent damender 

Lee griefs douleurs quaux amans donnent 
Et ifs font leur Bien retarder 

Dar trahyſons quifs leur oꝛdonnent 


Se ke cueur neſt aux yeulx daccoꝛd 
Regard du tout lamant abuſe 

TCar pour leur deffopal diſcoꝛd 

En frifie iour ct en nuyt muſe 
Penſant quen douleur fon temps vſe 
St ceſte femme en tel party 

if kamant par fa faulſe ruſe 

Su regard qui delle eſt party 


Gncoꝛes pour greuer plu foꝛt 


Le bon ef loyal feruifeur 
Quant Bcre elle queroit confort 
Dour affeger fa grant doufeur 
Elle difoit que grant cuydeur 
Sſtoit de trop pfaifant auoir 
Œtchofe de pou de Saleur 
Etquif ſen Poufoit deceuoir 


Te cuyder en cueur damant na 
Il ne peut nuſʒ maufv endurer- 
Amours pour ce point oꝛdonna 
Cuider a amant pour durer 
Es dangier fe enuier 
BDefBope famoureup fopal, 
Dour cupder mercy recouurer 
Flportera er gre Ce mal 


Et cencft pas doncpou de chofe 
De cupder metcp conquerit 

Queſt en cueur de dame encfofe 
Quon a par fongtempe vequerir 
Dourquop a ceffe acquerit 

It ne peut auoir deccuance 

Œara fa loyaulment querie 
£amnantacquiert paiy et plaifance 


aie trouue a toutfe reuers 
Lamant dont if fait mencion 
Dataffaictiere ſemblans diuere 
Œngendres de deception 

aie pour pꝛiere ne oꝛaiſon 
Quil ſceut faire de celle dame 
Aepeutauoir pour guerifor 
Se mercy vne feufe dꝛagme 


St affin que plus aggraueʒ 

Fuſt il / elle luy diſoit /telle 

Maladie que vous aueʒ 

Ne pourreʒ vous trouuer mozfeffe 

S foꝛt ſelle eſtoit ſi cruelle 

Quit faulſiſt quamans en mouruſſent 
Mieulv en vault de ceſte coꝛdelle 

env iopeux que deux moꝛs en feuſſent 


Ce fut treſhoꝛrible parole 

Dicte de bouche femenine 

Qui doit eſtre ſelon leſcole 
ÆBamoure humble / doulce et benigne 
Snuers tous celluy qui encline 


C. vxli 
Sa bouche requerir er) bien 
ar dame ne doit par nuf figne 
Œartirer Le feruiteur fiers 


Damant nauoit aufremartire 

Que fes maufpo que {up fait bangier 
Au pourchaz denuye quittier 

A luy en triſteſſe legier 

TCeſt aſſeʒ mal pour delegier 

Mourir ſans ce que ſa maiſtreſſe 
En effe ſeruant abꝛegier 

Face ſa vie par rudeſſe 


Et ceſte femme rigoureuſe 
Martiroit foꝛt lamant loyal 

Quant comme fiere treſcrueuſe 
Vouloit que ſeul poꝛtaſt le mal 

Das neſtoit fait de cueur royal 
Puis quamoute par fa grant bonte 
Veult que deux cueurs fi ſoient egal 


En penſee et voulente 


Pource lamoureux ſans aymer 
A toufioure eu ſon cueur entier 
Oncques ne fe voult entamer 
Dour autre dame accointer 

Gt cefie femme er amant quartier 
A fon faufo acucifdepartp 

Dar malice quicounioitier 

Luy fift apmer plue dung partp 


Duuriere eſtoit de bailler 
Dfaifantes Bourdes er) papemené 
21 famant queffe fifi bailler 
Apres fa mercp durement 

dar regard de confenftement 
Œiftque deffe auroit confoꝛt 
Puis fe vepentit fauffentené 
Dour fe tenir er defconfort 


Et pour pluſieurs autres mefchiefs 
Quelle luy fiſt en ſon ſeruice 
Œardefup direentacÿiez 

Sont pluſieurs cueure de Biffain vice 
Qui eft mal dupfant et propice 

Auec Bne courtoife Bouche 

Mais faintife par for malice 

Lee affotift ain ſi et couche 


ei 


©" dee boufo mofs font Bien a repꝛendꝛe 


Seuant Joue amoute qui feiſtes 
Le vꝛay cueur de lamant empꝛendꝛe 
Se kaymer auquel pꝛomiſtes 
Moult de bien / et en luy miſtes 
Loyaulte ſans crainte honneur 
Gt pour fe garder commiſtes 
Sſpoir voſtre bon pꝛocureur 


Gt ſon cueur de nobleſſe plain 
Qui foyaulment vous a ferup 
21 def eſte nomme villain 
Faintiſe et ma aſſeruy 

Lotz qui bien auoit deſeruy 


Dar pfainte/ploure/et longue attente 


Tant auoit fon cueur aſſouuy 
Se lopaulte et bonne entente 


Mais elle meſmes fut villaine 

Et vint dung mauuais eſtomac 
Quant de ſa bouche doꝛgueil plaine 
Fiſt yſſir de reffus tel dac 

Quabatu fe trouua au fac 

Be fa moit fp amans prudene 

Et on ditquif ne peut du fac 

yſſir foꝛs ce qui eſt dedens 


Et fon fac ſi a eſte pfaine 

Du rude parler rigoureux 
Tontredire fee griefs pfaints 

Be fon vꝛay feruant doufoureux 
Bifant que merencofieup 

Eſtoit par pfaifarrce foffe 

Be fon legier cueur amoureux 
Duquef maf ſon cueur ne faffoffe 


Lamant nauoit pas cueur fegier 
Ne garny de folle pfaifance 

Quen ſon viuant ne voult changier 
Teſt dame ou fuſt fa fiance 

Qui par ſa grande deceuance 

Luy monſtra ſemblant damourfpe 
Duis luy fiſt auoir acointance 

De moꝛtelle melancolie 


Et pour luy dolemment deſplaire 
Siſoit a tous ſi non a luy 
Vouloir iopeufement complaire 
Affin de eſcheuer ennuy 


Pource quamour eſt au iourduy 
Petit ſage / croit dekegier 

Et qui bien pꝛent ſouuent dautruy 
Choſe dont penſe pou ſaidier 


Auoir ne pourroit deſhonneur 

Faire a lamant bonne chiere 

TComme aux autres puis quen honneur 
Laymoit / mais fa faulſe ſorciere 
Mauuaiſe ſe tenoit trop fiere 

Tontre lamant qui pour tel pꝛis 

Autre en auoit ſans renchiere 

Soit elfe auoir grace ne pꝛis 


Amours qu pou ſage appelle 

Veult bien que les bons ayent ſes biens 
St iamais il ne les rappelle 

Tant eſt ſage contre les ſiens 

Diape ſeruiteurs quotidiens 

Je Seuft cropre nuf faulx rapoꝛt 

Et auſſi ne peut dauttuy tiens 

TCar treſtous biens font a ſon poꝛt 


Sonc ceſte femme ou fierte maint 
Doit on par dꝛoit felonniſer 

Qui maintient quen amours remaint 
Peu de ſens que peu renommer 

On doit pource quif fait apnter 

Et fe Bien amour congnoiſſoit 
Famaie nefoferoit blaſmer 

ais ne cuidepae quamoute ſoit 


ar loʒengier cruel et foꝛt 

Soulv a mentir/afpre en oeuute 
Lappelle et venge treffort 

Detouse ceufo quon cuide quon oeuure 
Dour fecret/et quon fee defcouure 

Et fes mots tefmoignent affes 

Que fon cueur trop plus dur que cuyure 
Gſt en fof penfer entaffez 


Gt ſelle euſt amours congneu 
Quant lamant faiſoit ſa pꝛiere 
St le grant bien de luy euſt ſcen 
Monſtree ne fc fuſt pas ſi fiere 
ais comme fa lune lumiere 
Ne peut que du ste auoir 
Femme neſt de bien aumoſniere 
Se damours ne congnois lauoir 








l/ 


Gt pour tant ceſte femme icy 

Ne doit eſtre dame nommee 

Tar pas na fon cueur entichy 
Shumble doukceur la renommee 
Dour quop du tout eſt ſurnommee 
Quant dame on fappetfe en amours 
ais doit efîre femune clamee 
Cruelle et plaine de faufp toure 


Encoꝛes ceſte fiete femme 
Plaine de maufuaife rudefe 
Qui doit eſtre dicte infame 

A fa main ou eſtoit largeſſe 
Difoit que ceſt grande ſageſſe 
De (op traite de Pier amer 
Affih quen Sfant fa ieuneffe 
On ne muſe viure en amer 


SEt de muſe en nentendãt note 

Ee fiſt iuſques en fin muſer 

Et plus muſoit ef tant plus en ſote 
Penſee eſtoit pour vſer 

Car luy qui ne ſcauoit rufer 

Ne penſoit qua loyalle pꝛinſe 

Et ceſte femme a labuſer 

Auoit ſa loyaulte compꝛinſe 


Tar faulx ſemblant fe cabuſeur 
Teſt fa mufe deſoꝛdonnee 

St par bel acueil labuſeur 

fut au vVꝛay amoureux donnee 
St tellement fut oꝛdonnee 
Tant plus y muſoit et moins 
GSſt oit mercy habandonnee 
Ale teceuoir en fes maine 


Gtouftre a lamant comptoit 

Dour pfue multiplier fes dueifs 
Quen fong defconfort toumentoit 
Don cueur qui a part [op pour dueifs 
Se iroubloit / et que lamoureux 

Ze ieu dattente perdre doit 

Sit ne ſe monſtre ſcienceux 

De fon double point Bien a dꝛoit 


ais ia neuft fait a droit ſon pointé 
Lamant / car cefle femme a des 

Le faiſoit iouer:mal empoint 
Pour ce queffe changoit fes des 


€.vfir 
Auſſi amours Joue commandes 
Que Bo; ſeruans deuvnefe tiennent 
Tout Sng/car point Sous nentendez 
Que double Boufente maintiennent 


Et effe faifoit a tous toure 

Don pont double / car ceftoit faré 
Se fee malicieus atoute 

Dop gardant de gecter haſart 
Et famant quelle fiſt muſart 
Loyaulment de Sos des iouoit 
Danse lee changer ne toſt ne tard 
Ne fon point entiene ne muoit 


Et puie dit que tous amoureux 
Sont goufiare au tempe quicouté 
Et que le plue fecret diceufo 

Veult que on dte a fa court 
Queaucuneatenue couté 

Sont pour tiens quon me die:a dame 
Atout vꝛay dire Brief et court 

Afne doit plue eſtre creu de ame 


Dieu a fait auccquec nafute 
Lhomme diſcret / noble et fage 

Qui fur tout autre creature 

Eſt le plus patfait ce Bien ſcay ie 
Buquel fe femenin Bifage 

Gſt pffu pour fa nobfeffe 

Dour quop femme fuy doit hommaige 
Et garder queffe ne le bleſſe 


Et cefte femme érefdepife 

Ee Seuft du tout deſhonnoꝛer 
Œeftraifon que on fa defpite 
En puniffant pour honnoꝛer 
Nom domine que Bituperer 
Deuft:et publicquement iuger 
Se tout fon Viuant demourer 
Vng gouliart et menconger 


Auſſi quamours elle renomme 

Cruel / loʒen ger et menteur 

Et que le franc amoureux homme 

Qui eſtoit ſon vray ſeruiteur 

Dar fon faulx regard barateur 

A deceuabfement meurdꝛir 

Loquel ne fut oncques vanteur 

Dour lhonneur delle amendꝛir 
€ di 


Pour quop amours cerfes ie vueit 
Si fait efpoir So procureur 

Que ceſte dame foif en dueil 
Encloſe par paine et doufeur 
Bardee en griefue langueur 

Et quauec ce ſoit deſgradee 

Du nom de dame qui dhonneur 
Soit eſtre nourrie ct gardee 


Car ſi beau nom ne luy afſiert 

Veu kes cauſes que iap cp dictes 

GSt que ſa langue a tort fiert 

Samours fee Sertue et merites 

St ſe faire veult contredictee 

But ce:nous fe vouſons pꝛouuer 

Suffiſamment fanenuf;redictes 

Dour damours fe dꝛoit appꝛouuer 
Franc vouloit 

Loꝛs franc vouloir le pꝛeſident 

Diſt a fa dame: ouy aueʒ 

Tout ce que deſir fe pꝛudent 

A dit confre vous:pource Bees 

Que Vos fafuacione trouuez 

Le cae requiert punicion 

SEt excuſer ne vous fcaues 

Juger fault fa correction 
Σacteur 

¶ St celle confeifdemanda 

Dour reſpondꝛe a ce quon diſoit 

Adonc franc vouloir commanda 

Quelle euſt conſeil/mais nufnofoif 

Gſtre pour effe/ et ſexcuſoit 

Vng chafcun:pource que damoure 

St da bon amant trop mefdifois 

Dont eſpoir faiſoit fee famoutre 


¶ Quant fa dame Bit lapparence 
Que confeif nawoit clere ne lay 
Sſtat demanda par abfence 
Gtconfeif pour auoir defap 

On luy ottropa. Loꝛs maffap 
Gſueiller / et puis a parfaire 

La balade me trauaillay 

Pour mon deuoiræamoure faire 


¶ Et quant faicte futla balade 
chon chemin pꝛins pour aller veoir 
Sur toutes autres fa plus fade 
En beaulte / honneur ef ſcauoit 


Ffueillet 


Gt kuy ſuppliay moult quauoir 
Voulſiſt ma balade en ſa grace 
op pardonnant ſaſſeʒ deuoir 
Ne faiſoye a louer ſa face 


Apres ie luy fiʒ vꝛay recoꝛd 

Bu ſonge quauope fonde 
Requerant que for cueur daccoꝛd 
fe fuft queieuffetef conge 

fe mon foufac en dueif change 
TComme euſt lamant qui dueil mena 
Pour cueur qui damant fut touche 
Dar celle ou point de mercy na 


¶ CEõment au iardin de plaiſance eſt 


baille ſentence er la court damours cõ 
fre Fa belle dame fans mercy. 


9 








Lacteur 
Gtout ayde ne tout greue 
Moitie en vie moictie moꝛt 
Ne tout cheut ne tout leue 
Gntre lieſſe et deſconfoꝛt 
Plus triſte que ioyeux / au fort 
Ffus nagueres long temps penfifs 
A tout mon cueur plain de diſcoꝛd 
Dauoir du tout mieulx où tout pis 





En ceſt eſtat mauluais et bon 

Dont ie ne me loue ne plains 

Froit comme glace et chault comme cata 
Se toutes muabletes plains 

Se crainte et deſir contrains 
Cheuauchant a par moy ſeulement 
2infifogeneplusnemoine 

Comme homme qui ne fceé quif ſent 


Si vins comme par aduanture 
Sedane fa plus belle foꝛeſt 
Quoncque ie croy crea nature 
ais ie ny fis pas long arreſt 
Tar ioye à triſte cueur deſplaiſt 
eine fut loꝛs bien appatant 
ar pour appꝛouuer quainſi eſt 
Die me fut apꝛes que deuant 


Te fut le pꝛemier iour de may 
Deyant fe ſouleil deſcoueheẽ 
Que ſeul eſtoye en ceſt eſmay 
Matin feues et courrouceʒ 
Quant me vins illec adꝛeſſeʒ 
Œn ce lieu ioyeulx de merueil 
En Bngautremefuiemues 
Vmbꝛeuð et loingtain de reueil 


Lequel eſtoit vne valee 

Du ne luyſoit ſoleil ne luue 
Empꝛes fe flun dune eaue ſalee 
HectantBnefumee bꝛune 

Ne ſcap par ou my miſt foꝛtune 
Œat tant eff ce feu ſolitaire 
Quoncqueene Bi; Bope commune 
Bien monſtre quame np repaire 


Gn cefte valee diuerfe 

Nauoit herbe / fleur ne Berdure 
Nulle pfaifance np conuerſe 

Gn ce lieu touſiours yuer dure 
Langueur / oꝛreur cpuie froidure 
y font en map comme en ianuier 
Et neſt ſaiſon doufce np ſeure 
Qui ſceuſt y valoit nempirer 


En ce lieu fourny de triſteſſe 
Me commenca a ſouuenir 
Se ma gracieuſe maiſtreſſe 
Ne ſceuʒ adoncque deuenir 


4 Seti 
Bien Bouffiffe Beoir venir 
La mort a mop au poing La darde 
Pour faire ma Sie finit 
Dont el demourant trop me tarde 


Quant penſoye a mes biens paffez 
Gtamecpuefentesdoufourg 

Zant eflope triſte ct faffes 

Que de moutit nauoye paoute 
€ngrant habondance de plours 
Meuſt on trouue baignant en larmes 
Las que de muables couloure 
GSſtoient en mor cry et mes armes 


En ce douloureux penſement 
Huis plaiſant et puis ennuyeux 
Fuz en ce lieu ſi longuement 
Que ne fus triſte ne iopeux 

St doubly tant dedans moy euʒ 
Que ie ne ſcay que ie faiſoye 

Et fuʒ grant temps que ne ſceuʒ 
Si ie me taiſoye ou parloye 


En ce fantaſieux eſtat 
Dumauoit ma maiſtreſſe mis 
Fuz grant temps oublie et mat 
Dancmemoire/fene neaduie 
Gn ceſt eſtat ou riens ne Vis 
De Bintpmaginacion 
Defaquelfe fus ſi rauis 

Que ie ventrap en viſion 


Enfaqueflemefutfembfané 
Quen Bng grant palais me trouuay 
Di diuetfement er ſemblant 

Que ie ne ſceuʒ par ou ientrap 

Da foune cn eſcript mectray 

Zu plue pree de ma retenance 

St ſes choſes ien compteray 

Qui ſont de diuerſe oꝛdonnance 


Æ ce lieu auoit grandes arches 
Fondees fur pilliers diuers 

La pierre neſt pas de ces marches 
Ees mure eſtoient tous couuers 
Siſtoires / de ditz et de Bcre 

En granse ymages eſleuees 

Se merueilles fus tout ouuers 
TComment furent fa entaillees 


ZToutes les choſes aduenues 
Pꝛeſentes ef ceuly aduenir 

Et à pourroient ſoubʒz les nues 
Aumoins dont if peut ſouuenit 
St maintes qui iamais Beni 
MNe pourroient ou nont peu 
Dourroit on illeeques veoir 
Qui des dames ſeroit pourueu 


Ce lieu neſtoit ront ne carre 
Zriengle ne non meſure 
Symages eſtoit tout pate 
Lee parois cf fa couuerture 
Sſt de matiere clere et dure 
St plus pollies que criſtal 
Gſioit paue deſſus faffure 
Pour quoy p eſtoit mont et val 


Par les bouches des perſonnages 
Qui eſtoient cler ef polly 
Couppees par pluſieurs vſages 
Maulgre moy ſouuent chey 
Pource quil fnſt ſi mal honny 

fe me peux oncques arreſter 

Sur vne choſe ou rien ne By 
Sont proprement ſceuſſe parler 


TCes hiſtoires que ie dis 

Sont de tteſſubtile nature 

Tar on les parceuoit touſdis 

St auſſi bien par nuyt obſcure 
Comme on fait quant feionr dure 
St aux yeulx clos comme ouuers 
St Soit vng 5 ſa figure 
Tranſ muer er eſtat diuers 


TCe lien en pluſieurs pate traſſay 
Du ces choſes ſont amaſſees 
Tant qua fa fin ie madzeffay 
Ou ie Bie fectres compoftes 
Be fin oz en pierres entaſſees 
Leſquelles diſoient ainſi 

dCe fieu de diuerſes penſees 
Firent fantaifie et foucp 


Lee mure eſtoient de criftal 
ZBont fa site fut cfofe entour 
TComble deprecieup metal 
yauoit fur chaſtune tour 


ÆAueitfet 


Lee rues traſſay plus dung iour 


Dour mieufo veoir fes chofes mondaines 


Afin que ie fcenffe a mon tour 
Rapporter plus vꝛayes que vaines 


Lee rues eſtoient paneee 

Se iaſpe et de fin caſſidone 
Sans eſtre enftaintes ne caſſees 
Plus cler y fait que cpanonne 
Niens que amours ny araiſonne 
La nuptnp peult donner eclipſe 
Aſſeʒ pa merueilleux troſne 
Pour en faire vne apocalipſe 


Au miſſieu de ceſte cite 

Auoit vng grant palais aſſis 
Fonde par grant ſubtilite 

Sur cent pilliers grans et maſſis 
Faiz par cinq coſtes ou a ſix 
Raſſembler pat belles archieres 
Par deſſus auoit maint chaſſis 
Plain de pierres fines et chieres 


Seſſoubz ce palais auoit fait 
Amours ordonner vng Bergier 
Detout delice tant parfait 
Comme pour vng dieu herbergier 
Nuyt et iour le garde dangier 
Za croiſt de cypꝛes et de baſmes 
Sanẽ mercy np peut nul loger 
Tar ceſt ſe refuge des dames 


Ceſtoit fe palais de iuſtice 

Du fe tenoit le parlement 

Parfait en ce qui eſt propice 

Gt partenant en iugement 
Quant ieuʒ Beu ce commencement 
Je men affap defa veoir 

Vng autre fait propicement 

Quon nommnoit fe pafaie efpoie 


Ou fe fogent kes amouteux 
Pourſuiuant lamoureufe quefte 
Qui cp demeure if eſt heureux 
Mais vne place a empꝛes ceſte 
Que loyaulte fift a fa requeſte 
Damoureou demenre defir 
Qui en ce lieu fouuent farreffe 
la deſchauffer bon loiſit 





Quant ieuʒ iffec prine mon exemple 
St que plus np vouſʒ demonrer 

Je men allay dꝛoit vers le temple 
Venus la deeſſe adoꝛer 

Ace iour ſceut on celebꝛer 

£a plue haulte feſte de lan 

Et ny oſe nul labourer 

Quil nencoute en criminel ban 


Te iour y auoit grant appoꝛt 

Se pelerins et pelerines 

Qui tous arriuoient au poꝛt 
Seigneurs / dames /clercs ef beguines 
Pour partir a ſes meſchines 

Ly vng vng Sert chappel au cof 

Et ſi luy fiʒ pat piteux ſignes 
Sacrifice dung roſſignol 


Quant faicte euʒ ma penſee entiere 
St fus hoꝛs du temple paſſeʒ 
Œtentre en vng cymetiere 

Du gifoient fee treſpaſſeʒ 

Dar les tombes congneus affez 

Se ceufp qui gifoient en terre 

QZui oncques ne furent faffez 
Daymer loyaulment fane meffaite 


Sp congueus helaine et paris 
Dido / piraſmus € thiſbee 
Eeander et nero qui peris 
JFurent tous deux en mer ſalee 
Et philis qui fut affinee 

Par demophon cacBifee 

Et peneloppe fa Bien apmee 
Auec fon amp Sfivee 


Aprecie men Sins au pafaie 

Pour oupr fes caufes pfaidier 
ÆAüant vins au fieu qui neftpae faie 
Die hoꝛs dune ſalle vuyder 

Vng gracieup ieune eſcuier 

Deflu de noir et faiſant dueit 

Bt confort auoit bon mefiier 

Sat il plouroit de cueur et dueil 


Quant amours et leg pꝛeſidens 
Furent en leuts fieges aſſis 
Aline quon appeffaftfa dedans 
Dis ceſt eſcuiet trefpenfie 


C. vliiit 
Mectre a genoulx / et luy ope. 
Seuant amours compter ſon cas 
Dont pluſieurs furent eſbahis 
Tar if ſembloit Sngaduocas 


Quant il eut de bouche parte 
Ætmonfire for occaſion 

Dour quop il eſioit fa aîfe 
print fa fi upplication 

Du eſtoit ſon intencion 

Et la pteſenta au greffier 
Qui en fit la relation 

De treſbon cueur ef voulentiet 


Ainſi commenca fee clamoure 

A voſtre reale maieſte 
Letrefpuiffant dieu roy damours 
Drap ſouſteneur de fopaufte 
Tontre qui rien napouefte 
Dictorieuv ſur kes plus foꝛs 
Drap ſouſteneur dhumilite 

Gt la ſourſe de mes confoꝛs 


Supplie humblement fe dolant 
Triſte deſrobe de lieſſe 

Jadis amis et mouit vailkant 
Zu poure amant plain de triſteſſe 
Zraicte a mont pat fa rudeſſe 

De fa maifireffe fans mercy 
Laquelfe er) dueif et er) triſteſſe 

£a par fon dur refpons occy 


Que comme if euſt efle eſpꝛins 
Parle piemier eſmouuement 

Du doufp regard de parfup pꝛino 
Et puis fa dame Sumbfement 
Pꝛia etrequift temprement 

Luy pleuſt adoulcit fa douleur 
St le voulſiſt tant ſeulemeut 
Retenir pour ſon ſeruiteur 


aquelle luy a refuſe 

Mercy par fon felon courage 

St par fon regard abuſe 

Zont if ſoit moꝛt qui ef dommage 
Et puis par vng (uBtif langaige 
Pat vng aduocat contrefait 
Aeſte fe cruel oultrage 
TControuue et iuge Gien fait 


Sont poureffe reſtituer 

St remectre en fa bonne faire 
Zaieʒ Boufu faire appeller 

en amours La fopaffe dame 

Dar quop eft demoure ce blaſme 
Zur Le deffunct que dieu patdoiné 
Dour Le coupe punir efpuie lame 
A qui fa deſſerte neſt point 


It Boue plaiſe que le pꝛoces 
Pꝛouue par cauillacion 

Qui eſt iuge par aucuns fee 
Amie / ſans infoꝛmacion 

Soit remis en ſon action 

Dour ouyr nos faits peremptoires 
Et la Brapeaccufatior) 
Des nieffaitsqui font treſnotoites 


Gn quoÿ fe defir ét efpoit 

Ayant en confeif verite 

Et loyaulte qui main et foie 

Tint compaignie au treſpaſſe 
Dour appatoit fa faulſete 

Qui fu contre efpoir et defit 

St il vous en ſcaura bon re 

St vbous luy eh feres grant plaiſir 


La ſupplication ouye 

A ditamoute au ſuppliant 
Que verite fe fiſt partie 
Etiopaufte contrefamant 

Et quepour rien qui foit viuant 
Ne feroit nufiour defait 

Ne rappelle en fait neant 

Ce que verite auoit fait 


Celluy tefpond que verite 
Ne ſoubſtint oncques fa querelle 
Mais celle ou na que cruaulte 
Et fer rappoꝛte Gien a elle 

at effe féauoit fa cautelle 
Et la cruaulte qué fift faite 
Bequop fopauftene fe meſte 
Car fautfete eft fa contraire 


Quant ainoure eñtendié cela 
ZTantoſt appella Setite 
Qui tout up diſt rien ne cela 


fueittet 


Comment treſtout auoit efté 
Moy diſt elle ne loyaulte 

Je ſcauons riens de fout cecy 
Se ce neſt ce quen a compte 
Eeſt eſcuier qui eſt icy 


Telle qui ſe miſt en mon non 
Pour ceſte caufe ſouſtenit 

Ne fut autre que fiction 
Poeterie up fiſt venit 
Et a moy ſemblant de venit 
Et ſe tranſmua faulſete 
Dour fa trahiſon parfournit 
Gn fa ſemblance de loyaulte 


Non ob ſtant ce que veult voir dite 
Nut ne Joue poutroit abuſet 

Je y vouldꝛope bien contredire 
chais on peut ren par cabuſer 
vVoſtre confeif fatre muſer 

En tel cac etfe faire abus 

Et quant par luy vouleʒ vſer 
Vous rie penſeʒ pas au ſurplus 


Amours luy diſt monfires moy doire 
Vous que ie tiens pour verite 

Que ce fuſt fiction adonc 

Qui commiſt ceſte fauffete 

Vous ſcaueʒ mon frefredonbfe 
Que ſelon lacteur pꝛemier 

Ra dame oꝛrible ſans pitie 

Se monſtra plaine de danger 


Non pas tant ſeulement au moꝛt 
Mais en touf ce quelle diſoit 
Ehoſe qui vauldꝛa au foꝛt 
Franche vers vous eſtre vouloit 
Et diſt que elle demourroit 

Dane ſoy deſaiſir de for eueut 
Tar ia ne ſen deſueſtitoit 

Pour en faire vng autte ſeigneur 


St Sous ſcaueʒ par le tiers fiure 
Comment ſoubʒ vmbꝛe de none deux 
Fiction diſt tout au deliure 

Quelle auoit vng autre amoureux 
Et elle de fon cueur crueulx 

A dit de ſa bouthe que nom 





Sont meuf fiction/ceft peus 
Par fequef fe preuue for nom 


Encoꝛes pa if mainte cfaufe 
Pour famaut contre effe a prouuer 
JF ſaffiſt quant a cefte caufe 

ZSe diſt it qu fiſt leuer 

Son noble conſeil pont trouuer 
Se le iugement vault effect 

Ce neſt pas chofea epprouuet 
De dift f/aine quif ſoit deffaié 


Adonc fiſt amours appefter 

La belle dame ſans mercy 
Alaſentence rappeller 

Plaine de dueil et ſoucy 

Et ſi fiſt appeller auſſi 

Gſpoir et defir ſans feiour 

Gt feifs ont droit ef non a luy 
Quif Viennent ſeruir a leur iour 


Œfpoir et deſir fontSenus 
SEulv deup an greffier prefenfer 
SEt pius fut par eulx maintenus 
ecp par gracieux patfer 

It eſt vꝛay que pat defirer 

Et efperer trop fofement 

Aueʒ vous deuv fait deffiner 
Vng amant doufoxeuferent 


Par deſir pꝛint if voulente 
eſtre amoureux plain de deſconfoꝛt 

SEt par fol eſpoir inſence 

Gn qui il fe fra trop foꝛt 

Luy vint le moꝛtel deſconfoꝛt 

Car quant faillit a ſon empꝛiſe 
Perdit eſpoir dont il fut moꝛt 
Lamende a vous deuy fera miſe 


Pource contre vous deux concfude 
Que vous ſoyeʒ mis pꝛiſonniers 
Sedans fa pꝛiſon de refus 

Quien dictes vous il eſt meftiere 
Que bien nous ſaichons deſcharger 
Nous repꝛendꝛons abrege 

Quon ne nous peult riens definquer 
Tar nous nauons riens definque 


Verite reſpond pour enfodeus 


€ 
St dit quiẽ neut en riens —5 


chuer ne peult le pouoit deufw 
Le dieu damouts fee a parfais 
De maf p auoif en feur fait 

£a caufe en feroit fur amours 
ar tefs qui fontif fee a fais 
Et fi font Bien ferup touſiours 


Amoure qui fcauoit de leur mal 
Quel meffait p pouoit auoit 

Leur diſt / puis quif npanuf£ maf 
Je voue remets en Bo pouoir 
Faictes toufioure Bien deuoir 
Dans eſtre aux amans eſtrangiers 
SEt maintenant de bon vouloir 
Je vous remetʒ hoꝛs dec dangiers 


Loꝛs Serie et loyaulte 

Auec le dolant eſcuier 

Sont mis enſemble dung coſte 
Pour lamant communicer 

Verite diſt fout Le premier 
Amours piecaSoueaues fceus 
Que chaſcun cueur ferme et entier 
Vous doit vne foys ke ſien deu 


Je Le dy pont ce vray amant 
Qui pour ſa ieuneſſe acquicter 
Voukt humblement pat cp deuant 
Avous fe ſien deu pꝛeſenter 

Et fon cueur a oultraige liuret 
Se ſoubʒ le ſeel de loyaulte 

Et a Bne dame donnet 

ruelle en vmbꝛe de fopaufte 


Lamant quifa mort ainfiprine a 
Par voſtre gre ſe rendit pꝛins 

A ceffe qui pou Le pꝛiſa 

Qui des cruelles a fe prie 

Tar fans effe comme mefpris 
Lerefufaen deſpꝛiſant 

Mais if (up rendit meiffeur prie 
ax if mourut en la pꝛiſant 


£a cruaufte dont efte vſa 
GSſtoit ſoubʒ belacueil encloſe 


Dar quoy lamoureux ſabuſa 
Et de ſir bien maintenir loſe 


ar celle euſt fceu fa choſe 


i 


Comme effe apporfa de mafe Bouche 
Encoꝛ veſquiſt comme fuppofe 
Lamant qui moꝛt a terre couche 


Requef congnoiſſoit bien lacueil 
Que ceffe touſiours luy faiſoit 
Baccointance de bouche / doeil 
ais faulv ſemblant ne congnoiſſoit 
Faulv acueil lappelle de dꝛoit 

Eſtoit fe las pour lamant pꝛendꝛe 
Que nulle choſe ne valoit 

Que fa ſeule mercy actendꝛe 


Je ſuis du fout bien informee 

Par vng notable eſcriuain 

Bien Le congnois en renommee 

Qui Bit et opt tout aplain 
comment famant de doufeut pfair) 
Si prioit et eſtoit refufe 

ont on fuy donne nom Bifair) 
Pource que tout a accufe 


Fiction dedans fon proces 
Diftque ceſtoit Bng deceueut 
Faiſant de fes yeulv intereſtz 
Æt lappelle faulx infoꝛmeur 
Œeftoit trop a fa faueur 

De ceffe ou na que cruaufte 
dar leſcriuain p ft meilleur 
Que ce qui np euft point efte 


Entend que fe faif reueilla 

Que fe dieu pfaift fera pugny 
Bien fiftquant point if ne cela 
dar damoute feroit impugnp 
Œtaumoine ceufp qui ſont onny 
Betefs meffais p prendre garde 
ar1f craindꝛont eftre banny 
Des Biens qui font en voſtre gatde 


aie ceffup qui ce cruef blaſme 
Luy mift fus/fcauoit de certain 
Quif eſtoit moꝛt / dieun er ait lame 
dar fon engin fut fi haultain 
Et ſon renom ſi treſloingtain 
Que ſil eſtoit encoꝛes en vie 

Je ne vis huy couraige humain 
Qui loſaſt blaſmer par enuye 


Ffu eillet 2 


Tant le parfiſt nature actif 

21 tout quant vint encoꝛes mieuſx 
De cequi£ fut vne foys Bif 

Où eftif de ce mondeicieufo 
Mais fe dieu plaiſt il eſt es cicufo 
Comme vꝛay amouteu parfait 
Je men tais et retourne es lieux 
Du il eſt teſmoing de mon fait 


AR mect que celluyqui moꝛt gift 
Touſiours fe pouoit deſpꝛiſer 
effe qui durement luy diſt 

Se parceuoir Bouc fait cuider 
Que peu de choſe vaille chiere 
Gt quifs ne doiuent plaire auſſi 
Se vous vouleʒ meſmes bleſſer 
Ce ne fais ie pas quant amp 


GElle entendoit quif fait folye 
Qui fe mect en voſtre ſeruice 

Gt fe foꝛme voſtre ennemye 
Quant tout vo pouoit appetice 
Gt ſi fait de vertu grant vice 
Quant vous appelle fol cuide r 
Ce mot efta vous preiudice 
Combien que nul nen ſache aider 


Qui dif que cuider folement 

Lait occp/1f fauft blaſonner 

ar fi Sous np eſtes prefent 

Fol cuider ne peuft faire apniet 

Nut que vous ne peuft entamer 

Lee cueuts des hommes et des femmes 
Aufquefs pouez tout droit blaſmer 
Juſques aus parfemens des ames 


faire apmer eft voſtre pouoit 
Le cuideur eſt quil fait cuider 
Gſperer eſt le fait deſpoir 

Ainſi a chaſcun {on meſtier 
Œeneftooncques que fol cuyder 
Quant amant feru de vo darde 
Voiſe a dame publier 

Lamour € fe Bien quil luy garde 


Pour ce ceft amant facquicta 
QuiBancu eſtoit par pꝛiſon 
Saymer ce qui Fe deſpita 

A treſgrant toꝛt: car nous liſon 


Oncques ne penfa traBi for 

ais famant de Bouche et de cueur 
Sauoit fait lappꝛobacion 

Quifne fut oncques deflinqueur 


Nonob ſtant par melancolie 
Luy diſt par fon oꝛguenl haulſier 
Que vous eſtes plaiſant folie 
Qui le mecteʒ en ce danger 

Œt 9— pour vo nom changier 
Qui eſt tant plaiſant a oyr 
Vous nomme cruel loʒengier 
Aſpꝛe en fait et douſx en martir 


Celluy qui fee veult epcufer 
Pꝛouue voſtre ennemy mortel 
Combien que pour fol abuſer 

pa vng autre ſens trouue 

Soubʒ vng fainet langaige aorne 
Controuue ſoubʒ vngautre ſens 
Neantmoins vng bien informe 
Vous y berrez ce que ie ſens 


Quant lamant treſtoyala dꝛoit 
Teffoꝛcoit de cryer mercy 

Dar grant deſdaing luy reſpondoit 
Quon ne doit tiens donner ſans ſy 
Que khonneur demeure / et quant ainſi 
Reſpondoit ne ſcauoit nuf bien 

SEt lamant a rien nentendy 

Que ſon honneur ſur toute rien 


Lentendement delle eſtoit bel 

Que nul naimoit fur deſhonneur 

&t baniſſoit de voſtre hoſtel 

Voſtre feal amp honneur 

Qui eff treſoꝛiet et donneur 

Dee biens pour qui maint amant vueille 
Et qui eff le dꝛoit ſermonneur 

Quen vꝛay deſir pꝛengne eſueille 


Fiction / fainte et faulſete 

Siſoient ce que elle fiſt 

GSſtoit pour garder loyaulte 

Veis celluy qui ſon amp diſt 

St auecquee vng ſeul mor hoxs me miſt 
Que homme qui viue opt retraue 
Patquoy ſon pꝛopos adueniſt 

Et approuue tout feconfraite 


€ vvvi 
Selle euſt ayme autre que luy 
Sauf ſon honneur pouoit Bien dire 
Vrapement iay ailleurs choiſy 
Retireʒ voſtre cueur beauſire 
Autant que voſtre mal empire 
aie laduis elle nauoit pas 
Sa rigueur bꝛaſſoit le martite 
Pont lamant cheiſt en treſpas 


Œncoree poutimienfs eſpꝛouuer 
Quelle napmoit autre que fup 
Pour le poure amant repꝛouuer 

Et monſtrer quil auoit failly 

£up dient quen faiſant tout vny 
Cryent / pſeurent / rient ou chantent 
Ale p pouruoyeroye quant a mp 

Que vous ne autres ne fen vantent 


TCe neſtoit mye pour vanter 

Qui ceſtoit mis en ceſte queſte 
ais ceſtoit pour fop exaulſer 
Seſtre fopaf/puie fa conquefte 
Dour neant donna mainte requefle 
Que fopaufte fup efcripfp 

Si men rappoite en fonte enquefte 
Quoncques pitie ne les fifp 


Sa loyauſte fup Salut moine 

Que fifeuft efte deſloyal 

ar des quif fut entre fee maine 
Touſiours fup offrit Gien pour mal 
Jacoit ce quon foit de laual 


Que mieufp fup vault que chaſcun dye 


Quif foit mottrenomme fopaf 
Que ce quf fuſt faut et en vie 


yieufo vault viure mort en Born nom 
Tant que fe monde peuft durer 

Que Gif mourir en mal renom 
Pource pacience endutet 

Fiſt a famant faneriene muer 

Le dur coup de fa mort oBfcure 

Que ceffe quifup voulſiſt pꝛouuet 
Auant [on temps malgre nature 


Du eff nature a ce coup cp 
QuefneBient fon droit pourchaſſer 
Be ceffe qui fup a occy 

Celluy qui fup prifa ficher 


Que nay defle faire traſſer 


da ii 


Lee artictee faulſement fais 
Bien doit Benir ceffe laſchier 
Affin quit foit en dꝛoit refais 


Tant la pꝛiſa a fanaiffance 

Que tout bel le determina 

Et plus parfait a fa croiſſance 
Tant quen bonte il affina 
Chaſcun kayma tant quif fina 
Zant qune femme qui fut ceſte 
Qui fa mort luy pꝛedeſtina 

Dar fon regard tant pfain de pefle 


Toute chofe eftoit fon amye 
Toutfapmoit quiauoit ſens 
Pont effeefta tout ennempe 
Aufautre chofe ie ny ſens 
Oꝛ foit doncques Bien a ſens 
Etfennempe de toute choſe 
Soit pugnie/ et luy exemps 
voit / bon renom ef eur repoſe 


Puis que homme du monde naymoit 
Et elle fuſt aymee de chaſcun 

Par ſes offences dꝛoit vouloit 
Quelle ſoit haye en commun 

Nait amp au monde neſvng 

ais ſoit de toute amour priuee 
Zꝛoit veult que fi aucune ou aucun 
fait / doncques que tout fa Bee 


Encoꝛes fifi pie cefte dame 
Quipar efpreuue congnoiffoié 
Quant partie fuf/pou ppenfoit 
dar auv dames reuint viant 
Apres meffait fe rauifoit 

Selon la guife de tirant 


Et puis que fe tirant refemble 
Bien fa puietirante nommer 
Encoꝛ pis /puis queffe femble 

Au veoir doulce et ſans amer 

De mercy bꝛiefue a entamer 
Plaine dc chiere ouuerte et grande 
Pourquoy fa puie ſans ſurnommer 
Appeller fa faulſe tirande 


On ne peuft delle affez meſdire 
Pource que ſeule eſt ſans mercp 


Æueiftet 


dar if neſt plus qui Senft voir dire 
Se telles dames que cefte cp 

Bee biens deffe font entichy 
Tous ceufp quiBiuent ſoubʒ les cienfs 
Et cefte a ceffup occp 

Qui delle deuoit valloir mieulv 


Et ſemble que telle choſe infame 
Selon que delle eftefcripe 
Si ſoit quefques mauluais eſpꝛitʒ 
Qui ymage defemmeaprine 

Dour mectre mort haulx amoureux 
Sont ceſt amant a eſte peris 

Qui tant fut ſaige et gracieux 


Sit eſt ainſi / ſi couuient il 

Quelle ſoit de malle heure nee 

Et que ſathan (up ait ſoꝛty 
Quelque maufuaife deſtinee 

TCar en mal eſt obſtinee 

Que bien ne peult dedans ſon corps 
Nigueur fut en elle aſſignee 
Seſquelz eut ſens / bien men recoꝛe 


fon pas fans mauluais malice 
Et art de faire amane mourit 
Ceſt Gien raiſon quon abofice 
Don faufo pouoir qui fift perit 
Lefopaf fane fe fecourir 

Qui Bien fut digne deſtre ame 
Se fait ne luy euſt rencherix 
ercy par faufte de pitie 


rap dieu damoure ie te requier 
Oy tef ſubiect crier iuftice 

Ik ne te fait que inuocquier 

Fay que de ta bouche iu ſtice yſſe 
Raifon qui fe fait ſi iuſtice 

Vꝛays amane de feutre freres ploꝛet 
Que leur force mouft apetice 

ar ce feur fut vng grant piffier 


Tant ne me griefue pas ſa moꝛt 
Puis quil eſtoit homme moꝛtel 
Quil me deſplaiſt quant me remoꝛt 
De ce que luy qui na fon tef 

A fa femme quine fcet ef 
Quef/maie hellas pourquop fogea 
Tant noble Somme en fi dur hoſtel 
ÆBuquef fa mont fe deffogea 


Puis quoncques de pifie ne vᷣſa 
Du dolent pꝛeniſt alegence 

Et que vray deſir abuſa 

Et fiſt martir vraye eſperance 
Rigueur doit eſtre ſans nuyſance 
Dans ce que pitie fa deffende 
Atel deffertetef Sengence 

SEt a tekmeffait tef amende 


Et oultre ie dis au ſurplus 

Que ceffup qui fa choſe eſcript 
Qui futauciefrapporta plus 

Se pluo de chofequif ne Bit 

€ a congneut des quil fa Bit 
Que de voſtre Bonte difpofaftes 
Que ceffequi na riens quefcondit 
Dar auant autre amp donnaftes 


Lettes diflamouts iap tefmoinge 
Quoncques de ma Bouche niffp 
SEt ſi empꝛens pour mec fefmoinge 
ous mes freres qui font icp 

Cil qui fe rapporta auſſi 
Combien quuf foit fage ou diſcret 
Du retint trop ou peu/ oy 

Ou il ne dit pas ce quil ſcet 


De la pꝛeuue er) deu fope pꝛemis 
Se cime toute manifcfte 
Pꝛeuuer re die que fe comntie 
Crime eft de fee mageſte 

Quant de fa Bouche a arrefte 
Que en pfufieure cac eſtes nice 
Diconcfue quiffup ſoit ofte 

Son nom / qui mal luy eftpropice 


St ſoit deboutee a touſiours 
De Bofire court / et pis menee 
La cruelle femme er) amours 
Œtpuie conioingt a renõmee 
Que fa Boip ſoit par tout ſemee 
Quelle eft cruelle et fans mercp 
Quant de fa Bois enuenimee 

A des bons Le meilleur occy 


Deconderent par cefte moꝛt 
Quieftcrime/ venu doꝛgueil 
TCommie fans cauſe et a grant toꝛt 
Toncens quen fa chartre de dueil 


Col vii 
Soit noyee contre for) vueil 
Œtnopee au puis de larmes 
Affin que de fon faulv oꝛgueil 
Nuſe iamais contre fes terre 


St (oit lamant a tort fine 

Qui dec Bone portoit le pannom 
Bloꝛifie etrenomnte 

En paradie de Bon renom 

Du if viue en gfoire et er) nom 
Auec les opaufp trefpaffez 

Et pote fe fopaf furnom 

Dour fes biens dont ilʒ ont affes 


Et fil eſt meſtier de pꝛouuer 

Lee fais de celle au cueur plain dire 
Et auſſi de tefmoinge trouuer 
Pour fes biens de famourenp dire 
Jay prouues que dotuent fouffite 
Tant eftrangiere comme primes 
Loue pꝛeſtʒ de faufo propos defdire 
ont famant fut de vous priuez 


La dameadoncquee fuppfpa 
Queffe opfi ces tefinoinge nome 
Le dieu damoure fup octropa 
Verite fee fiſt appeller 

Quant il en euſt a appꝛouuer 

La Sie de lamant fine 
Teſtaſſauoir honneur cefec 
Largeſſe auec humilite 


Sense verite et loyaulte 

Et leſcuier comme deſſus 
Pource quifs fe firent foꝛme 
Dartie/nen oit on plus 

Œtfien eut quant au ſurplus 
Tertifiant lenoꝛme crime 
Belacueil / danger et refus 
Souuenir qui fut fe quatrie ſme 


Vng liure grant comme vng meſſel 

Qui a deuv chaynes doꝛ tenoit 

Fiſt len ouurir/ dedans lequel 

Le dieu damours pourtraict eſtoit 

Verite en garde lauoit 

Teſtoit fe liure de fa foy 

Sur lequel amours ſermonnoit 

Lee huyt teſmoings par deuantfop 
aa 


Lee quatre pꝛemiers depoferené 

Par feux ferment fur ceiure 
Quoncques lamoureux ne trouuerent 
Gnuers fa dame pariure 
Œtquifauopentdcmoure 

Auecques luy / puis for venir 

Et lauoit honneur gouuerne 

De diſt il iuſques au mourir 


Apꝛes fiſt on fee quatre oyr 
Lefquefs ceſte dame accuſoient 
Denant moy leur vis maintenir 
de que ſenſuit:pour vray diſoient 
Et de certain que ifsnauoient 
Oncques ceſte dame veue fpe 

Œten oultre plus maintenoient 
Quen deſdain fuſt touſiours nourrie 


Duie diſt belacueil fe bel et doulx 
Quamis nauoit a ſa pꝛiere 

Et ne faiſoit chere a vng plus qua tous 
Eeſt Bien eſpꝛouue quelle eſt fiere 

Et puis diſt ſouuenir arriere 

A qui Bien du tout ſouuenoit 

Qua toꝛt auoit gecte er biere 

Lamant qni nuk mal ne chaſſoit 


Quant le dieu damours a fa court 
Les eut tous oyz / il me ſemble 

Quitʒ fe leuerent / ſus tout acourt 

Et ſe trouuerent tous enſemble 

Au kieu ou famant ſeul ſaſſemble 

Ne ſcay quilʒ diſoient trop fu loing 
ais celle qui de douleur tremble 
Par criz / en crainte et en grant ſoing 


Quant ilʒ eurent delibere 

En leurs lieux fes Bis reuenir 
Aufnp auoit riens differe 

Lors par adueu diſt ſouuenir 
Dame vueilleʒ vous Bien tenir 
ZTout ceque bonte difpofe 

Ie fault le iugement finir 

Du repꝛoucher ce quelle pꝛopoſe 


Lore Bic ceſte dame leuer 

Qui eſtoit plus morte que cendre 
Dire / et ſembloit queffe deuft crier 
Mais neBie de fes yeulx deſcendꝛe 


fFueillet 
Larmes / ceſt bien pour cõdeſcendꝛe 
A tefmoignet fa cruaulte 
Ne ſe ſceut au danger deffendꝛe 
dontre fe propos de verite 


Œt adonc fe gracieux parler 
Par vng doufr fangage anorte 
Lup dift/neft meftier de cefer 
Dame congnoiffezBezite 

Et on aura de vous pifie 

Lors partemore de confcience 
onfeffa cefte cruaulte 
TComme verite fa reſſence 


Œttrop que ce neuſt eſte honte 
Qui vng petit lumilia 

De fa court tint peu de conte 
ais honte vne peu la maiſtria 
Car amoitie mercy cria 
Diſant / ie men rappoꝛte au foꝛt 
Ace que fa court en fera 

Brace requiers pour dieu cõfoꝛt 


Apꝛes diſt amours au greffier 
Que tous fee pꝛoces afaft querre 
omimeif fift/ct les fift bailler 
Au grant confeifpour a fin traite 
£a caufe et fe proces parfaite 

Ne fut ſans raifon ne aduis 
Memoire ef crainte de mal faite 
Qui mal conſeilloient enuis 


Les quatre font docteurs en fois 
hemoire vault vng couſtumier 
Itʒ eſtudierent en loix 

Et pour eulxmeſmes conſeiller 
Quant fait eurent reparer 

Raiſon vint dire en iugement 
Quamours deuoit trop bien iuger 
La fin ou verite content 


Quant amours opf leur rapport 
Juger ala en tel maniere 

Je vueit que ſamant qui eſt mort 
Soit ſuſcite en fa lumiere 

tait fa place et fa chaiere 

En paradis de bon renom 

Et comme ma choſe plus chiere 
CH ſoit vifʒ en gloire et en nom 


Ætaffinque chaſcun me cime 
€ontre top treſhoꝛible femme 

Bit fa court pour en prouuer crime 
Quon ne tappelle iamais dame 

St ſoieʒ reputee infame 

Gt de uous bannie a toufionre 
Œteniong; quon te nomme ef clame 
La cruelle femme en amours 


Et pour lautre cime Ou giſt moꝛt 
Te condamne eſtre enchartree 
En chartre de dueil fans depoꝛt 
St tu illec ainſi gettee 
Doteznopee ef paroultree 

Du puis de lermes te Le Buei£ 
Lequefpuis eſt leaue faffee 

SEt dedans fa chartre de dueil 


Quant fe iugement fut rendu 
Defefpoir eff ſailly auant 

Que maint mefchant gens a perdu 
Si la priff et mapne deuant 

Puis fa bouta fi tudement 

En fa chartreou na quamertume 
GSt eſt la chartre en vVng pendant 
Ses pꝛilleux heſcheʒ de fortune 


Doulv pencet qui eſtoit huiſſier 
dt publieur feua fa maſſe 

Gt Ja de par amoure crict 

Que nul iamais en quefque place 
fe pence/die/tence/ou face 

Rien qui ſoit contre £a fentence 
Dur paine de perde fa grace 

St dẽcourit fa mafuerffance 


Ce fait ne me donnay garde 

Que ſeul nie trouuap en fa vallee 
— et par tout regarde 
Je ne Sp namours naſſemblee 
Zout ainſi comme choſe emblee 
Ne ſceu que tout fut deuenu 

fa Seueauope troublee 

Ne fcap qui men fuſt ſouuenu 


Ze la party moy retourne 
Saiſy pfume ancre et papiet 
21 efcrire fus atourne 

Tout fe fait fans riens oublier 


Cyoyl viii 
Pour lamerueille publier 
A Joue mes dames redoubtece 
21 qui iay bien pour dieu pꝛier 
Que telles ne ſoient trouueeʒ 


Tomme celle cruelle femnie 

Qui par fon criminel meffait 

Gſt par tout reputee infame 

Auſſi fift elle vng piteuv fait 
Quant de nous tous le plus patfait 
Gn toutes choſes treſheureux 

Qui nullement nauoit meffait 

Fiſt mourir de moꝛt crueux 


Aiope et amours deffaire 
Ceſte dame eſtoit effite 
Jeſuchꝛiſt garde dainfifaire 
La belle er qui tout Bien) Habite 
En qui de moꝛt me reſpite 
Seullement quant ie ka regarde 
Si luy pꝛie quelle fe delite 

A meſiouir ſi nauray garde 


¶ La relation faicte au iatdin de 
pfaifance du debat de lamant et 
defadamequieft fans concfufior 








Amours Lerelatenr 





Sueiffet 


¶ £acteur 


Ng SouB> matin a la froidute 
Dour oublier temps ef triſteſſe 





HW pe trouuap dedane fa cfoflure 
Dune foreft haulte et eſpeſſe 

Ainſi cheuauchant fane adꝛeſſe 
Œntrap dedans fes mefriene 

De duit detrompes et de chiens 


Simetirap Bers ceffe part 

Ou fa noife eſtoit pfus doublee 
Dour auoir Du deduit ma part 
Et cherchayp de part en part 
Que ie furuine comme dembfee 
Du lieu ou fe fift la ſſemblee 

Du auoit viandes et Pine 

St perfonnes plus de fiv vingtz 


Et pource que on euft efperance 

Du Beau temps et pfaifant deduié 
Vindꝛent illec grant abondance 

Be dames en belle oxdonnance 
Sont chaſcun fa fienne conduit 
Deuifant comme en tel cas duif 

Se pluſieurs comptes et nouuelles 
Les plus bꝛuyans vers lee plus belles 


Le lieu eſtoit Befef Bmbrage 
Selectable/ coy / doulyx / et frais 

Œt de tous defirope du bocage 
Se venoient rendre au riuage 
Dundg bacq qui eſtoit au plus pres 
Si conuenoit de fait eppies 

Que ou fa Benoifor pattift 

Que fa a force fe rendift 


Entretantquefes veneurs firent 
Leur queſte pour trouuer fa beſte 
Lee pkus roiddes a pied fe mirené 
Et puis fes dames defcendirené 
Ainfi chaſcun illec farrefte 

Cat fa difnee p eftoit pꝛeſte 

Bi fentraffifent qui mieufp mieufo 
Parmy lumbꝛage en plufieure lieux 


Chaſcun comme en tel cas faiſoit 
Son deuoit fane grant mignotiſe 


Seul errant de dꝛoicte aduanture 


Lung tranchoit / et lautre bꝛiſoit 
Chaſcun a fe paiſtre Bifoit 

aie ce neftoit pag dune quife 

Les vVngʒ mangeoient fans faintife 
Lee autres comme ie np touche 
Paiffoient plus fe cuf quie fa bouche 


Darefpeciafen vis ie Bng 

Aqui demander ne chaloit 

Be petit couff fait for defiut 
Œarifeftoit feuf de cueur iun 
Lune fain fautte fup tolloit 
Amoureuſe fin laſſailloient 

Tant que la fin du gouſt ceſſoit 
Quãt pfue fur plue ſautre croiſſoit 


Moult ſe penoit a dire voir 

Be fa mala die celer 

Æt pour fa non faire ſcauoir 
Faiſoit par fois tre[6or deuoir 

De deuifer/defter/daffer 

ais tant p Bis entreuofer 
Regard;/foufpire /coufeure/rifees 
Que Bien fceu ou print fes diſees 


Sont orne ke peult diffamer 
TCar celle pour qui fanguiffoit 
Eſtoit ſans fes autres blaſmer 
Telle qun roy la deuſt aymer 
at fa beaulte qui floꝛiſſoit 
Toutes fee autres fi frefpaffoié 
GEt ne cuide pointque nature 
Face ia mais tel creature 


Ain fi fe diſner fe paſſa 

Œtles mieulx montes fe firerené 
Apres fa beſte quon chaſſa 

Lee dames 1ffec on faiffa 

Auec ceufo quifeur demouterent 

Seſquekʒ aucuns plue deſirerent 
€ fire iffec a Bonne occafio 

Que au deduit de la Senoifon 


GEt par efpeciaf et ſuy 

De quimaucz oup parler 
Qui fonuent changea et paly 
ar amoute tant fe reſuilly 
Que fouffrir ne diſſimuler 
Ne peuft pfus fon deufcefer 


ar fe luy deuſt fa mort toucher 
Ne ſe teuft den appꝛoucher 


Finablement tant fiſt ſon tour 
SEt auſſi fi bien luy en vint 

Quen vng beau gracieux deſtour 
Vert pat terre et hault a lentour 
Zefque a foubaitier luy conuint 
Empꝛes fa DU ES 
St triſte / ardant et defirant 
Saſſiſt fes elle en ſouſpirant 


La fut long temps tout eſtrange 
Sans mot dire / puis treſſaiſſy 
Comme vng homme qui a ſonge 
Et triſte comme homme iugie 
Bat en plourant / ie ſuis celluy 
Vers qui foꝛtune crie a luy 
Pour vous ſeule fa mort maſſault 
Hellas / et fine Sous en chault 

¶ Lamant 
Sonne vous ap pour a iamais 
Dane rappel et ſans repentance 
Vie et coꝛps ſans ſi et ſans mais 
Si Sous ap promis ef pꝛomes 
Foy / ſeruice / et obeiſſance 
Trainte / honneur / perſeuerance 
Hellas / et fine quiers aultre aiſe 
Foꝛs ſans plus que le don Sous plaiſe 


Plus cher don ne vous puis donner 
Que enſemble Le coꝛps et fa Vie 
Dien poues feufozdonner 
Lentreprendre ou Babandonner 
Dar lentrepꝛendꝛe eft affouupe 
ya iope/et par vous ie defupe 
Œt quant ce fa dame entendit 
Froidement ces mots refpondit 
¶ £a dame 

Le que vous dictes eftre don 
e feroit chierement vendu 
ar qui donneur fait habandon 
fonte fans fin eft fans guerdon 
Bien fe requeuure ox deſpendu 
aie honneur demeure perdu 
Faulte donc de courtoiſie teffe 
che bailleroit faueur moꝛtelle 

… Œ£amant 
Di Soue dictes quanoir pitie 


Loft 
Sbomme er point de perdre fa Pie 
Gſt deſhonneur ou inanimitie 
Je Sauf autant que a mort traictie 
La chofe a ouftte chois aſſouuie 
Vous pfaift il donc que ie deſuie 
Et que foꝛtune ainſi confonde 
Le plus voſtre de tout fe monde 
£a dame 
Je ne fuieBofire ne Joue mien 
Ne voſtre moꝛt ie ne defire 
Mais vous vueil honneur / iope/ et bien 
De voſtre mal et pour Soit dire 
Je ne Sous Sueifpoint eſtre mire 
TCar plus dop aymer et valloir 
on Bonneur que voſtte vouloir 
Lamant 
Vous dictes que vous neſteʒ mienne 
Alfeft Brap/ cat pas ne fuis digne 
Que fi grant choſe mapartiengne 
aie force eſt que voſtre me tiengne 
Puis que mon heur le pꝛedeſtine 
De ma Sie en vous feruant fine 
chieulx me Bauft cefe fin au fort 
Que Biure ct languir fans confort 
¶ £a dame 
Vous feriez trop fol amoureux 
De damer vous faiffies mourir 
Dour vng regard auantageux 
aie point neſteʒ ſi douloꝛeux 
Que vous vous faictee chauft couurir 
Neantmoins ſamours Sous fait ſouffrir 
Quelque foffe melancolie 
Pꝛeneʒ Sous en a fa folie 
¶ Lamant 
Que iaye en amoure folie 
Ne recongnoiſtray ie en ma vie 
Et deuſſe eſtre en lermes noye 
De confoꝛt meſt defoctrope 
St amours ma fa moꝛt pleuie 
Tant eſtes a tout aſſouuie 
Et eſtre ne penft folie ou blaſme 
Mourir ſeruiteur de tel dame 
La dame 
Voſtre ſeruice meſt trop grant 
Dardonnez mop fe refufer 
Et pour voſtre heur ceffer à tant 
Aultre trouuereʒ pſus plaiſant 
Dour voſtre temps en ioye vſer 
eft follie de ſabuſer 


GSt oultrage deſſus querite 
Denfez de Sous meſmes querit 
€£amant 
Heſas comment me guerirope 
Quant ma gueriſon eſt contraire 
Lu comment me confoꝛteroye 
Quant ma leeſſe me guerroye 
Je ne puis de pire eaue traite 
Je de trifle cueur iope eptraire 
Ne de mop trouuer gueriſon 
Di Joue nen eſtes occaſion 
_ Œfadame 
Sy ie Soue pouoie affeger 
Sans vous donner foffe efperance 
Et (ans ma francbife changer 
Je vous getterope De danger 
Tar Bofire dueif tiens ne mauance 
ais fene defegierc creance 
Juge ſonuent ce quineft point 
Pource ie vous laiſſe en ce point 
Lamant 
Ha dur cueur confit plain de rigueur 
Jugeʒ vous donc que ie demeure 
En continuelle douleur 
O moꝛt haſtiue a moy aqueur 
Amaine a top ma de rreniere heure 
It eſt la ſaiſon que ie meure 
Tar mon iuge ma condanne 
fap donccequieftordonne 
¶ £a dame 
Vous me bailleʒ charge trop forte 
Bifant que voſtre iuge fuis 
A dieu feufde ce mer) rapporte 
Que mieulx apmeroie eſtre morte 
Que cauſe de fa mort dauftrup 
Jay defpfaifir de voſtre ennuy 
Par mon ame autant que ie doy 
Mais aymer ne ſcay malgre moy 
¶ Lamant 
Contraincte a amer rencontrer 
Ne peut / mais contre ce tigucur 
Je ſcauroit ſi dur cueur trencher 
Du pitie ne peuſt bien entrer 
ar par ma couftume langueur 
Souffrir donne a pitie vigueur 
Et fouuent up renouuelle armes 
Dar gant effuffion de fermes 
£a dame 


voulez voue pource leſpꝛouuer 


Aueift 


et 
Quen pitie de voſtre douleut 
Ge doye en Bo; dangiers trouuer 
De faire choſe a repꝛouuer 
Be changier franchiſe a malheur 
Ne de chanter pour caufer pleur 
Puiſſe ie eſtre auffi Gien gardee 
Que ien redoubte fa foufdee 
€ £amant 
Helas feroit voſtre heur tarde 
Du voſtre honneur a ſabandon 
Quant de celluy ſeroit garde 
Qui plus fapourreconmmande 
St que il ne qniere auftre don 
Que a grief ſeruit pour guerdon 
De peuft Gomme tant afferuir 
Quainſi feruant mot de ſeruit 
€Œ£adame 
Quiaucun prericup don garde 
Et layme fur toute rien 
Je le doit mettre en auftrup garde 
Tar iamais autre ne regarde 
Au fait dauftrup fi bien quaufier 
on honneur garderap 1e bien 
Si pleaiſt a dieu et mieulx fa moitie. 
Toute feuffe quen compaignie 
€Œ£anant 
Trop me ſemble eftre mal fondee 
TCeſie raiſon / car pfue ef feure 
La choſe a deux recommandee 
Que la choſe dung ſeul gardee 
ar lune garde lautre aſſeure 
Mais deuree qui ne vous ceſſe heure 
Vous fait le contraire affermer 
Dar trop hayr ou peu aynier 
¶ Ka dame 
Jayme chaſcun en fa bonte 
Dour eſtre de chaſcun aymee 
Honne ſte commune amitie 
Dane point de ſpecialite 
Sſtre ne vueil dame cfotee 
aie bonne amye a tous nommee 
Et ne veulo faire a nulʒ renchiere 
Du plaiſir de ma bouche chiere 
€ £anant 
Où fuppofe que ne vonleʒ 
A vng feufdonner efperance 
Œtque chaſcun bel acueilleʒ 
Se vous veeʒ que cn ce traueilleʒ 
Aucun demotef deſplaiſance 


Dar fa doufceut de ceffe Bfance 
SEt moꝛt ſenſuit de tel riſee 
En penſer vous eſteʒ excuſee 
¶ £a dame 
De vous mefmes vous deceuez 
Par ligierete de penſement 
Pourtant charger ne men deueʒ 
aie vous meſmes qui vous greueʒ 
Sans mon ſceu ou conſentement 
Soieʒ mefmes lalegement 
Ze fa doufeur que faictes croiſtre 
ar a mop naffiert den congnoifire 
¶ Lamant 
Helas voicy foible confort 
Et confeif de foible ſubſtance 
Quen vouleʒ que me face foꝛt 
Be me tollir fe deſconfoꝛt 
Sur qui ie nay queſque puiſſance 
Je puis bien par de ſeſperance 
Et deſirance de mourir 
Lemparer / mais non fe guerir 
€ £a dame 
De vous cuide;ou confendes 
Que guerifon de mop Joue viengne 
Certes fur riens Bouc attendez 
Dos fiffez autre part tendeʒ 
St de mop plus ne Bouc ſouuiengne 
SEt auant que pis Vous aduiengne 
Vous conſeille pour bien mieulx 
Quautre quereʒ pour auoir mieuſx 
¶ Lamant 
Triſte mauldit infoꝛtuue 
St fa honte des malheureux 
Suis ie deuant tout homme ne 
Quant ie me ſuis ainſi donne 
A courtage ſi rigoꝛeux 
Vous me Bees ſeullangoꝛeux 
Pour vous qui me poueʒ guerir 
Et me faiffes ainfiperie 
¶ Ea dame 
Beauſire nayeʒ oublie 
Le temps et lennuyeuſe eſpaſſe 
Quen Bain nauez fout ſupplie 
Éongnopffant quauez foflope 


Ains que fe tempe perdu offre heur paſſe 


Dage eft cifqui en peu deſpaſſe 

Et celluy eff fol qui ne craint 

Sinon quant foꝛce le contraint 
Σamant 


Cvxl viii 

Helas ma dame ſe maiſtdieux 
Je fuie ſi auant en fa teſte 
Que pour pie faire ne pour mieulx 
Je ne puis effongner Box yeulx 
Ne mettre fin a ma requeſte 
Et ne deuſſe faire autre acqueſte 
Que la moꝛt ſur qui me reſerie 
Si fault que mercy ie vous crie 

€ La dame 
Trieʒ mercp a voſtre entendement 
St pour grace ou pardon querir 
Apꝛes aucun tiltre deffendent 
Vous donc qui dictes que contendent 
Ne voulez que me treſcherir 
Qui vous meult mercy querir 
Meſtier neſt ne raiſon auſſi 
Que homme iuſt e crie mercy 

¶ Lamant 
Je crie mercy a hault crie 
Non pas pour pardon de pechie 
Tar oncques vers vous ne meſpꝛie 
ais pource quamours a compꝛis 
Et ſecretement embuſche 
Du treſoꝛ de Boffre pitie 
La fin de dueifqui me maiſtrie 
Suis ie contraint que mercy crie 

¶ £a dame 
Scaueʒ Sous plus aufant que moy 
2e mon vouloir fif eſt ainſi 
at Sous dictes que er) moy recoy 
Embuſchie ie ne [cap quoy 
A vous donner fin de fouffp 
Den moy cuidez trouuer mercy 
Si non comme les autres font 
Voſtre cuider Boire heur confont 

¶ Lamant 
Sy iay dit que ma fin de dueil 
Biſt en vous / iay dit verite 
Tar Ja doulo mot Vng regard doeil 
Deuff ofter ce dont ie dueil 
Auſſi en Sous a cruauffe 
Malgre efpoit et voulente 
Je mourray / et quant ce fera 
® on dueifauecmop finera 

¶ £a dame 
De pat Beauty dit; ou Beaufv regards 
Douope voſtre mal ceſſer 
Ainſi quaux autres les depars 


on vouloir neſt point fi eſchars 


Que fe vous denfferefufer 
aie quant feuf voulleʒ poſſeſſer 
Dee plaifire dont chaſcnn ſi vſe 
It fauft que tous fes Sous refufe 

¶ £amant 
Helas / ſe ſeul Sous ayme tant 
Que tous les autres font enſemble 
Bopea tous biens faiffir pourtant? 
Mennp/mais deuffe auoir comptant 
Autant de Bien feuf fe me ſemble 
Quifs ont treſtous /mais ic reſemble 
Celluy qui cueille Le raiſin 
Dont fee autres boiuent le Bin 

¶ £a dame 
Certes ie ferope Bien fie 
Bicomine fes aufree mamieʒ 
ais fe plus maimes ceſt folie 
dar ce Bouc eff nrefancoffie 
Et meſmes quant vous vous bleſſeʒ 
Sonc quant meſmes Sous bleſſeʒ 
Et ſi ne vous voulleʒ reduire 
Ne ne Joue peulz aider ne nuyre 

¶ ELamant 

Ha cruel /rigoꝛeux courage 
Qui murdꝛiſt / ſe ne maideʒ 
Quãt mon dueil pꝛeſent vmbꝛage 
Qui parmy mec cinq ſens fourrage 
Hecheiſt par vous / et voyeʒ 
Dane que de grace p pouru oyeʒ 
ous effe efbat quainfp demeure 
Voſtre martir fans que ie meure 

¶ Ea dame 
Sainſi malade vous ſanteʒ 
Impoſſible eſt que remedie 
A moy plus ne Soue lamenteʒ 
Mais voſtre offrande au ſaint poꝛteʒ 
Qui gueriſt de tel maladie 
TCar oncques te mis eſtudie 
A telʒ malades conforter 
Encoꝛ ne veulx pas commẽcer 

¶ Lamant 
Je fuis pour viure ef pour ſanguir 
Tar mal gre moy ie ſens a force 
Sur mon corps poꝛter ef fouBftenit 
Le mal dont ce peufp mourir 
at tant pfue de mourir meffoꝛce 
Pa Bie loꝛs pfus fe renforce 
Et ſemble que dieu et nature 
lies iure ceſte aduanture 


Fueilet 


¶ £a dame 
Ceſt a vous autres granit fcience 
De ſcauoir dames deceuoir 
Car qui mieufp maine a effence 
Mieulvx acquette fa confcience 
Loeuure de nous fait affauoir 
Ltquant dieu noue faif parceuoit 
La caufe de fa mafadie 
Zzvop fofeft quinp remedie 
Lamant 

Boiuent donc eſtre rebouteʒ 
Les bons qui ia mais nontimefpris 
Lomme fes mauluais redoubteʒ 
GEſſe raiſon que Sous comptez 
Dons et mauluais tout a vng pꝛis 
Au tant aura louenge ef pris 
A ce compte vng treſmauluais homme 
Que du mondefe pfue pꝛeudhomme 

£a dame 
Auftrup ne loiſt de guerdonner 
Les Bons ne Fes mauluais pugnir 
at peur ap ſens a diſcerner 
Bien faiffe droit ordonner 
Tant fcauez voſtre contenit 
Quifneft fi fage au mieulx Senit 
Qui pat coppie en Bous aduantage 
ar Sous parfer tout en ambage 

Σamant 
Helas mon feffe pencemient 
GSſt il poſſible a voſtre aduis 
Veu fa douleur que mon cueur ſent 
Que ie Bou prie ſainctement 
Je ſoye en abiſme rauis 
Be onc choſe en ce monde Bic 
Qui damoure euft fur moy meftrie 
Dinon vous a qui mercy étie 

La dame 
Vous fcauez Bien que dieu eſt doulx 
Et neſt pas Baflif en vengeance 
Dource ainfi Sous maufdiffe; vous 
De vous redoubteʒ fon courroux 
SEnuis feries tel coniurance 
ais napezpour ce ch) moy fiance 
ar certes tant pfus vous criope 
fort iurer et moine Bous croiroye 
¶ Lamant 

Helas auſſi neſt il beſoing 
Que pour mon iurer me croieʒ 
at aſſez Sous en eſt teſmoing 


Mon conuenir douloureux ſoing 
Ja pource ne vous eſmayeʒ 
Se ie dy ce que bien voyeʒ 
ar mon deſconfoꝛt tant empire 
at a paine ſcay que dop dire 
£a dame 
Pourtant quon ne doit pag greuer 
effup quine chaſſe comme Bien 
aie fif chet le releuer 
Dour voſtre fabeut acheuer 
Din ne pourroit prouffiter rien 
Vous aduertir pour voſtre bien 
Quen vain plus ne me requereʒ 
GSt voſtre heur autre part querez 
Lamant 
Helas ou lir ay ie querir 
Quant ſcay Bien quil neſt nulle part 
Quen Vous ſans plue/qui ſecourix 
Me poueʒ ou faire mourir 
Tar en Joue fcufe gyſt ma part 
Se gaigne fortune depart 
Soit Bie ou moꝛt / douleur ou ioye 
En Sous eſt du fout ma montioye 
La dame 
A Joue dire fa Berite 
Moult mef6dbift voſtre folie 
Quant me impoſez facufte 
Se vous donner moꝛt ou ſante 
Parfait bien ou melancolie 
Za maiſtrie eſt belle et iolye 
Qui en ſcaueroit vſer apoint 
Paie certes ie ne le ſcay point 
Lamant 
Di voy ie bien ſe pitie ne maide 
Dere moy ma querelle deffendꝛe 
Que cruaulte de voʒ meurs guyde 
Vous fera de moy homicide 
at plus en plus ſans le cueur fendꝛe 
Helas vous ſembleroit ce offendꝛe 
Sapder homme ou tout Bien habonde 
Quipfue Joue craint que tout fe monde 
£a dame 
Nenny / mais feroit amptie 
Seſtre pouoye ſans mire autruy 
Te que moy cueur auoir pitie 
Dont fe piteup ſoit defpointe 
Ætcruaufte double a ceffup 
ar Bomicide fait de luy 
chieulx vault done pour lame et fa vie 


C. li 
Que vous moures que ie moccie 
Lamant 
Helas / mais Boire fif vous plaiſt 
Nous viurons Bien tous deux enſemble 
Puis quen vous ſeulement en eſt 
aie ſi ma vie Vous defpfaift 
TE fault Bien que mort noue deſſemble 
Œt pour p tant fe Bon Sous ſemble 
Quen ceft eftat fine mon tempe 
Viengne fa moꝛt / car ie lattendz 
La dame 
Vous auez tort de mimpoſer 
Que voſtre vie me deſplaiſe 
Tel crime de mop pꝛopoſer 
Seuſſieʒ Sous plus craindre quoſer 
Puis que mon pfaifit vous eftaife 
le foufhaite voſtre mefaife 
onuertp en iopenouueffe 
Moyennant queiene mer mefte 
Lamant 
Je penfe que dieu ma fait femme 
Siſpoſer / pour viure au monde 
Quil me donne / et peut Bien ſans blaſme 
Sung ſeul vꝛay ſeruant eſtre dame 
Ie neſt cueur que amours ne ſemonne 
Meſmes honneur qui les cueurs dhomme 
Aapasaup dames deffendu 
Lamer / car famer eſt vertu 
La dame 
Oꝛ ſoit que dieu auec foꝛtune 
Me ait donne auoir amy 
Sont ie nay penſee au fort vne 
Se voſtre heur fant vous infoꝛtune 
Que vous ne ſoyeʒ plus celluy 
Naurez point a mop failly 
Oy /car ie nap point puiffance 
De charger diuin en ordonnance 
£amant 
Pere diuin vouloir fe fera 
le fe crop et quefa poiſon 
Abꝛaſee fa beuuera 
Mais ſuis cource quon dira 
Que Joue en ſereʒ occaſion 
Helas de Beaufte fa foifon 
Seſia me douBte fa doufeur 
Que charge aurez par mon malheut 
£a dame 
Laiffes coutcer et dire friuole 
Tel repꝛouche moine me Dore, . 
i 


Que fouencte de pifie foffe 
Tar il gueriſt ef fautre affoffe 
Charge au fort de fof dommage 
eff vᷣng gracieux diffamage 
Car affez fait qui fe deſcharge 
Se loʒ nůuyſant par ardant charge 
Lamant 
Se ces choſes font appꝛouuees 
effaire a autruy eſt vertu 
Et pꝛieres ſont repꝛouuees 
£a ou font ces choſes trouuees 
St quant iauray tout debatu 
Si ne gaignerap ie vng feſtu 
Car fidieu/force/ou deſtinee 
Ont entrepꝛins ma moꝛt eſt nee 
La dame 
Oꝛ puis que par vꝛaye ſcience 
Congnoiſſieʒ quon ne peut deffaire 
£a ſouueraine prefcience 
Pꝛeneʒ Bo; maufp en pacience 
Et fabourez a Joue reffaire 
Sepfue grant Bien Sous fceuffe faire 
Que confeiffer Boir/ie le feiffe 
aie quen ce faifant ne meffeiffe 
£amant d 
Se confofes fes defofez 
Soit eſtre compte pour Bien fai 
A Bien) fait fon Beau nen toffez 
Et ſemble que appeller vouleʒ 
Honneur honte/ et vertu meffait 
Helas reffaire fe deffait 
Meſt pas meffait / mais charite 
Du dieu ne dit pas verite 
La dame 
Je ne vueit point dieu deſmentir 
Ne voʒ paroles appꝛouuer 
Se a icelles me conſentir 
@ieufo Bauft douter querepentir 
Et fupr mafquefe trouuer 
Tant font menteure a teprouuer 
Que ceufp quia ce font more 
Dommagent plus viuans que more 
£amant 
He dieu pourquop me fes (u naiſtre 
De ma Sie defauantaige 
Æop qui prefcauope mon efîre 
Du mourir a monaduantaige 
Fay moy icy tant danantaige 
Que mon dueil ſans plus long ſeiour 


Fueillet 


face de luy mon dernier iour 
La dame 

ous nentendez pas ſainement 

Le pꝛopos comme if eſt couche 

Be parfer de ceulx ſeulement 

Qui vſent de decenement 

€t qui font fouiffes de ce peche 

Si Joue nen eftes entache 

Du Sous Boule; mefmee confondre 

Vous nauez caufe dp reſpondꝛe 
£amant 

Helas ina dame ie congnop 

Que ic fuie deceueur au fort 

aie ce neff dame que de mop 

ar iap Braffe ce que ie boy 

Quant mon ocif efnreut Fe diſcoꝛd 

Gn me faifant fe doulx rapport 

De voſtre Beaufte trefeffite 

En quop ma mort eſtoit efcripte 
£a dame 

Voueẽ neſtes pae fideceu 


Que Bien efebapper ner dopez 


Bien gueriſt plus renchu 

Ætrefeue plus as cheu 

Tourner ainſi que plus fouruoyeʒ 

SEt de voʒ maulx mire ferez 

TCar deſir nay qui tant men meſte 

Que ma pitie nen ſoit cruelle 
Lamant 

Ha trenchant douleur deſpiteuſe 

Dar inceſſamment requerir 

Vous fera non obſtant piteufe 

Œt de ma duree defpiteufe 

Du fa tenuance de mourir 

Vous fera fa place fupr 

Ain ſi pifie maflegera 

Dnfa tenuance mallegera 
£a dame 

Di Joue queres alfegement 

Aine que voſtre mal plus en griefue 

Vous farctes Bien ct fagement 

ais quant Joue Boufe; Bengenient 

Be celfe qui point ne vous griefue 

Vous gaignez paine double et griefue 

ar Joue Boules maf ſeſtre peut 

2 ceffe qui grant bien vous veult 
£amant 

£a Sengeance que mon cueut contend 

Neſt fondee queen Gien vueillance 


(hais tant ennupe a qui attend 
Que fouuent dit que plus nentend 
Oublier ce mot de vengeance 
Si penſeʒ de mon affegeance 
Et donnez au defconfoite 
Bꝛiefue mort ou confort haſte 

£a dame 
Je ne fcap qui meft aduenir 
aie au vouloir que iay encoꝛes 
Se moy ne Souspeut mieulx Benit 
Jay bien des autres ſouuenur 
Qui ont perdu honneur et gloires 
Et ſont faictes ſerues notoires 
Et pource que Bien men ſouuient 
Fuy fe coup dont if leur vient 

Lamant 
Helas mon cele penſement 
ous ne ſeries pas afferupe 
Paie affranchie doublement 
at Sousaurie; commandement 
Dur Bag de qui feriez ferupe 
Son point aterme/mais a Bie 
Suquel poueʒ defia fcauoir 
£a Soulente et fe vouloir 

£a dame 
ongnoifire Somme a fa parofe 
Detroit plus miracfe que ſens 
Tous ont eſte a Bneefcofe 
Quoy que de fa gorge leur Vole 
Œueur et Bouche font difane 
Jamais ne portent vng a cene 
Tar Bouche offre a tort ettrauere 
Et cueur penfepourferenuere 

Lamant 
Oꝛ ſoient maulditz ſans pardon 
Lee deffopaufp oꝛs et enfermes 
Indignes de receuoir don 
Qui toffent au bone le gnerdon 
Qui tant leur oſte crys et fermes 
Ha dieu abbꝛege moy fee termes 
Et fee occafionse de Biure 
Di ſeray de langueur defiure 

£a dame 
A dire vous ef grant pitie 
Dauf deraifon fa reuerence 
Et pour fa faufte et mauuaiſtie 
Bu faufv/le bon eft defpointie 
Combien quif pa apparence 
Car if; nont point de defirance 


fi 
St ainſi pour efchappet lung 
Se conuient garder de chaſcun 
Lamant 
Ha deſtinee / queſſe cp 
Suis ie donc du nombꝛe dee faulx 
Son fes Dait me hait on auſſi 
Helas ie Sous prie mercp 
Je fuie perdu fa mercp faulx 
Sreueʒ auy faifane fes deffaulx 
Œtrendez au fopaffa vie 
Dour fes autres cueurs denupe 
£a dame 
Seſtre aux deffopaufo ennempe 
Dour efire auv fopauly fauorabfe 
Sp a occafion ne dempe 
aie defireu chaſcun vous ampe 
Ay caufe iuſte et raifonnabfe 
Pourtant fe ma pitie parcable 
Ne Sous fuffiftienen puie mec 
Seruir ne Vous (cap dantre mes 
L£ainant 
Dfaifant de tous et Bng ſeul aymer 
Sans repentance et ſans depart 
Eſt amour quon ne peut blaſmer 
Mais ſamour ſe ſeuffre entamer 
Et depercer de part en part 
Dar tout en a petite part 


St vauldꝛoit mieufy pour plus dung poiné 


Nulz amer quaymer ei) ce point 
£a dame 

PBieu me gard damer autrement 

ar lamour de quop vous vſeʒ 

Eſt de fof commencement 

Et de fi triſte finement 

Dar ce quainft en abuſeʒ 

Que tous en eſtes reffufeʒ 

artrop fait ouftree fofie 

Qui nen craint fa mefancofie 
£amant 

Helas fe ſi gracieux mot 

Se nom damp qui eſt tant doulx 

Aggreable et ſi petiot 

Pouoit ſaillir / vous verriez toſt 

Hault plaiſir de parfond courroux 

ar par ce feuf mot poueʒ Bone 

aire du dofant a ouftrance 

£e plus iopeug homme de france 
£a dame 

Je ne tiens nulʒ pour ennemy DE 

ff 


ais vueil tant de Bien a chaſcun 
Que tout fe monde ef mon amy 
Mais ie nay vouloir ne demp 
Pre tant plaire a vous on aucun 
Que ie face parnamer qu 
Combien que fort mefme on ferue 
Da franchife deuenir ferue 
L£amant 
Puis que ſans fin mercp crier 
Dene perdre et amet fane mefure 
Ne Soue puent amoffier 
Aumoine que pour tout mon prier 
Voſtre Bouche qua ce coniure 
che dpe pour mon fait concfurre 
Doub; fecret de confeffior) 
Dans plus ſaucun amez ou non 
£a dame 
Beau fire qui vous apderoit 
Quant fungoufautre Sous difope 
£a chofe teffe eſtre pourroit 
Que Le fcauoir Boue defpfairoit 
Tar feteffement maBufope 
Que iaymaſſe et fe Sous difope 
Et ce fuft dautrup que de Joue 
Je croifirope voſtre courroux 
Lamant 
Ja pour cefa ne fe laiſſieʒ 
Tar il neſt pas en vous au fort 
Et cent fois entrepꝛins feuffiez 
TWar il eſt fait de tel effort 
Quautruy dueil me feroit confort 
Soit doncques fa berite dicte 
Affin que de moy ſoyez quitte 
La dame 
Oꝛ certes verite diray 
Puis que tant vous eſt du ſcauoir 
Je vous afferme et dis pour voir 
Oncques ce fat; damonrenentrap 
Œncores Joue vueil ie dire Boir 
Paie gardez Bone de fol efpoit 
Sapmer Boufope et Boir difiez 
Dent eſtre que mieufp en vauldꝛieʒ 
Lamant 
Quant au bien que me vouleʒ 
left plus hault que ne ſuis digne 
aie fe mal dont vous maffoleʒ 
Me croiſt tant et tel de tous keʒ 
Que peu y ſert tel medicine 
Di Joue prie ains que de dueil fine 


Fueillet 


Que Vous me dies de plain cueur 
Si ie ſuis voſtre feruiteur 
La dame 
Dimorn acueif eft preft et doufp 
Vers chaſcun comme dit vous ap 
Ja ne fera autre Bere vous 
Ne fe Bien que ie Bueifa tous 
Ne Sous fera ia reffufe 
Vous neſtes point doncabufe 
Tar ie vous vueil du Bien affez 
Et plus a peu quenepenfez 
Lamant 
Be ce Joue mercy humblement 
aie encoꝛes vous prie de fcauoir 
Vne chofe tant feufement 
De Soue cropes certainement 
Que tout ce que iay dit foit voir 
Tomme il eff fe par ce ſcauoir 
Apꝛes fouffrir craindte et attendze 
ous pourtroit de mop pitie prendre 
£a dame 
On fait dee demandes founent 
2 quop refpondte eſt grant maiſtrie 
Œt fier a pareillement 
Qui font de double entendement 
TCar tel na mal qui mercy crie 
Dopez content ie Sous en prie 
ar comme ap dit ip 
Jayme chaſcun / et vous auffi. 
amant 
Lamant quamoure foꝛt oppꝛeſſa 
Quardant deſir bꝛuſle et enflame 
Be pꝛier pourtant ne ceſſa 


‘aie pfue fur plus recommenca 


Gt fur fortune fe reclame 
TCriant mort ou mercy ma dame 
Je demande finaf refponfe 
Auant que plus viure renonce 
€ £acteur 
£a dame auoit Bouche ouuetfe 
A refpondre quant fa furuint 
Le (erf tout a Fa defcouuerte 
Loꝛs fut fa maniere couuerte 
ar preftement affer conuiné 
Au fac ou fa chaſſe paruint 
Iflec fut fa beſte teuue 
Et pꝛinſe a foꝛce deuenue 


¶ Apꝛes fa pꝛinſe fe deuoit 


Lee dames afferent monter 

Au pattement peuſſieʒ Beoir 
Bens bꝛuyre et faire valoir 
Cheuaulvyx faiffit/cuer/Souffter 
St ouyſſeʒ dames chanter 

Er telʒ chariots plains de ioye 
Et lyeſſe crier mont ioye 


£amouteuy touſiours ſappꝛouchoit 
Fameement comme dauanture 

De celle dont plus luy touchoit 

Et penſe bien quil treſſuoit 

Be langoiſſe de fa pointure 

TCar obſtant toute couuerture 
Veoye bien quifs deuifoient 

Mais ie ne ſcay ce quifs diſoient 


Tout fut arriue/fe ſoir vint 
€Safcun pꝛint congie et fe part 
Dine (ceu que chaſcun deuint 
Ale comment de fa dame aduiné 
aie ie tardp quant a ma part 
Dipourfupt et faire fane depart 
On eft mafement fortune 
Quen fa fin (era guerdonne 


Σeracomptement fait ais 
iardin de pfaifance de deux 
amans fortune; damours. 





C. liii 
Σacteur 


Ng iour affez na mye 
ſonguement 

En vng chafteau affie 
moult pfaifamment 
Et bien dupfant atout 
ef6atement 

Que maintes belles 





Pauftce dames et belles damoiſelles 
Entichiſſant pat fa grant bonte delles 
Si les ouy racompter maintes nouuelles 
Les vne couche 


Je qui ſuis loing penfifs/trifle ct farouche 
Tomme celluy qui dueil eſpoint et touche 
Sãs yeulx mouuoir ç ſãs ouurit ma bouche 
St eſcoutove 


Ne Ou parler delles ne me boutoye 
aie mon penſer et langue arreſtoye 
Et de faillir a parler me doubtope 
Ardant daprendre 


St daucun Bien receuoir ef compꝛendꝛe 
En ſi hault lien ou honneur ſe doit pꝛendꝛe 
Du ieſtoye fe plus nyce et le mendꝛe 

Ilſec eſtoient 


Dee cheualiers qui hault renom poꝛtoient 
Apres diſner vers elles ſeſbatoient 
Shonneurs darmes illecques caquetoient 
Maint pꝛopos dirent 


SEt maint bon mot dont les dames ſe rirent 
Et compterent comptes qui bien leur firent 
Eten parfant a demander fe mirent 

Que ceftdamoure 


Et qui a aſſeʒ ioye et doulours 

St ieux/ et tys / et puis ioyes et ploure 
SEt ioyeux chane/ettrifleffes & clamours 
Gt dont ce Bient 


Quen ſon dangier ainſi par fa conuient 
St toſt ou tard chaſcun ſa fin y vient 
Sont lung iopeup chaſeun triſte deuient 
Œtquen vne heure ra 
iüi 


uciffet 


Tel ryt de cueur qui apres des peufo pleure 
Lungeftiopeuv et fautre au deffeure 
Lung a pfaifir/afautre dueif court ſeure 
Lung ryt et chante 


Nautre mauldit fa fortunemefchante 
LZautre rauy en penfee pfaifante 
Lung ne plaint ne lautre ne ſen vante 
Ainſi endurent 


Leure penſees tant cône elles leur durent 
Gt defirent requoncquee ne Boufurent 
Et deuiennent tous autres quifs ne furent 
Dour cuider paire 


if qui iangloit veult ſongier et ſoy faire 
St le fongeant du ioyeux contrefaire 

Et ſi cuide chaſcun deufo fe mieufp faire 
Si les gounerne 


St enyure du vin de fa tauerne 
Amours qui les tient dedans fon cerne 
Nulz ne ſcaiuent huys / poꝛte/ne poterne 
Pour en faiffic 


Vng iour Le fait trembler et treſſaillir 
Lautre dardeur et cueur et coꝛps ſaillir 
Aloꝛs cheoir et apꝛes reſſaillir 

Puis maf puis Bien 


Aufsnont pouoir ne franchiſe de rien 
Du amours eſt il veult que tout ſoit fier) 
SGt gouuerne ſans vouloir ef maintien 


Dar ſa maiſtriſe 


St des quille a fa penſee conquiſe 
SEt ou logis fa dꝛoicte merche miſe 
A veult faire auſſi Bien a fa guyſe 
Quen fa maifon 


Dfue np a fien fe pouoir de raiſon 
Bu chafierneftif mpe ſaiſon 
Denfer aiffeure ce ſemble defraifon 
Amoure fon eſire 


Pꝛent es haulx cueurs cõme ſeigũr ef maiſtre 
Noncques ne veiſmes pere ne anceſtre 

Qui en fon temps ne lait veu ainſi eſtre 
Zontif fault dire 


Que fon pouoit et haultain empire 
Gſt fi puiffant quon np fcait contredire 
Die par force ne clercs pour liures fpre 
Ne fen deffendent 


46 voyẽt Bien les fats quamoure leur tendẽt 
Gt defeur gre dedans fe feut ferendent 
Dfaifir/defir/cec deu Lee peufp feur bendent 
Difont Hommage 


St vont cherchant Leur frefplaifant ds mage 
Vueillent ou non du gre de leut courage 

Par franchiſe ſe mettent en ſeruage 

Rien ne leur vault 


Leur oſt arme ne leur grant palais hault 
Amours de qui de leur pouoir ne chault 
Leur fait ſentir vng deſir trop plus hault 
Que feu de pailles 


Qui entre ou cueur et dedans les entraiffes 
Parmy foſſez et eſpeſſes murailles 

ZTout au trauers de foft et des batailles 

Au plus parfont 


Dont cueur ef coꝛps ſouuent deffont 
Dar tel party quifs ne ſcaiuent quifs font 
TCar ce penſer tous fes auttes confond 
Et fait vakoir 


Les cueurs des bone et croifire feur vouloit 
GEt mettent pour craincte et nonchaloir 

Gt de tous faits honteux leur cueur douloit 
Et ſileur donne 


Le hardement ef voulente treſbonne 

Qui pat houneur croiſt en eulx et foiſonne 
ais fes gaige dont ilʒ les regardoient 

A for loiſir 


Ceſt le leuer vng iour/fautre geſir 
up dciope/demain de deſplaiſir 
Aloꝛs defefpoir/afoze dardent defir 
Zout a fon Sueif 


Vng iour reffuʒ / vng autre bel acueil 
choptie confort/moptie ſoulcy ct dueil 
Parmy gens vire fa farme Bient a loeil 
Son ſemblant faindre 


Souffrir douleur ef ne feofer plaindre 
Gt ſes foufpire eſtrangler g refraindre 
Et dung regard acoup fon mal eftaindre 
Et fa mefaifee 


De Vne dame monſtre a Bna qui fup pfaife 
It eff ce iout ef plus riche et plus aife 

Que ſil gaignoit tout fox daffricque et daife 
Le cueur fup Boffe 


Œt de iope perf ct maintien ef paroffe 
Et ſaucun fcet fon fecret if lacolle 
Gn ce plaiſir fe meurdꝛiſt et affolle 
Plus que deuant 


St ſe met en penſer plus auant 

Gt voue fort deſtre loyal ſeruant 

At ouſiourſmes tant quil ſera viuant 
Mais peu luy dure 


Gt Soit autry qui quiert fon aduanture 
Sn quelque fieu pour auoit fa paſture 
Du ken fup dif paroffe bien obſcure 
Dont il fe doute 


Sipetf acoup celle Grant iope foute 

Et deulſt et plaint comme fif euſt fa goute 
€ Sa/ifVient)if couche ifacoute 
Tffuptles gene 


TE Bient a lhuis cf puie teuient dedane 
If dit quif a mafen fa tefte ou ee dense 
Au fict fe mect puis enuers puis adene 
IE fe tempefte 


Lt de veiller rompt for cozpé et fa teſte 
St na plaiſir ne deiopene de fefte 
fait tout ſeul facompfainte et requefte 
Denfif et moꝛne 


Sil eſt couche dung fes fur lautre tourne 
Puis fe lieue / puis coucher ſen retourne 
St fup tarde que ia le iour naiourne 
Affin que delle 


Tfpuiffe ouyr ou rappoꝛter nouuelle 
Et quelle dit et comme effe lappelle 
Stlup meſmes croif fa playe moꝛtelle 
Par telʒ ouurages 


C. liiii 


Puis enuoie fes plus pꝛiues meſſages 


Qui bien ſouuent ne font mye trop fages 
Et ſilʒ portent quefques plaiſans kangages 
Qui feur demande 


36 font ſouuent fa nouueffe pfue grande 
Et dient bien queffe fe recommande 

A luy cent foie/et que pat eulx luy mande 
Si ſe conforte 


GSt quen eſpoir ſeſiouyſi et depoꝛte 
Loꝛs embꝛaſſe celluy qui luy rapporte 
SEt Ba paſſer trois fois deuant fa porte 
Pour veoir leſpꝛeuue 


Et fait tantoſt faire BneroBe neufue 
Ne de chanter neſt nul qui fe defmeuue 
Et fifeftquiffa rencontre ou treuue 
En aucune lieux 


Du effe rit de la bouche ou dee peufw 

It eſt raup pluffort quaux treſhaulx cieulx 
Et ſi tient pour ſoy la choſe au mieulx 

Œt fe tient cointe 


Et des prouchaine de fa dame facointe 
Et des meſchans ne Beuft efire accointe 
aie en) doulceur adꝛeſſe ef appointe 
Zu tout ſon fait 


Gt hait Sergonane et villain meffait 
Gt Fait parler qui ſon parler defait 
fchangemeure et ainſi ſe parfait 
Ainſi diſoient 


Les cheualiers qui fa fe deniſoient 
Comme ſcauons Bien parfont en diſoient 
Et ſur ces motz aux dames deuiſoient 
Vne auoit 


Bekle et bonne qui bien parler ſcauoit 
Quant il affiert et quant elle deuoit 
Quileure vouloirs aſſeʒ appartenoit 
Œt pour eſbatre 


Salla Bug peu en feure patfere embatre 
Œt demanda atroie/deuv ou a quatre 
Dour fee faireiopeufement debatre 
Entre fes dames 

66 «ui 


ueïiïtet 


Quifs kuy diffent verite fut leure ames 

Sãs en mentir pout hommes ne pour fées 
Sicher quontefchenet hontes et blaſmes 
Comme fopaufo 


Den amours a biens et pfaifire fi hauſvx 
Et dautre part dueifs ef mortels affanfo 
Suquel pa pfue de biens que de maulx 

Vng peu muſerent 


Lung fur fautre de parler ſexcuſerent 
Lee vIngs pricrent fee autree refuſerent 
En telʒ honneure vne efpace vſerent 
Mais vng dentre eufo. 


Dis qui neſtoit ne moꝛne ne ioyeux 
Maiſgꝛe/ paſte ne melancolieuv 

Mais er on point / ſain / alegre et iopeux 
Dane point de ſoing 


Et fon ſemblant luy môfiroit Gien teſmoing 
Quif nauoit pas dereconfort beſoing 
Ainfieftoit de toue mauſx au pfue loing 

Si diſt adoncques 


¶ Le prꝛemier fortune commence cdit 


Vant Joue autres ne voulez dire 
doncques 
Darferapie/et die deuant quefzz 
conques 
Qui bien ayment cf qui apmerent oncques 
Quen bien amer 


Sont nul ne doitfee Baufo fo; entamer 
Que qui ſen foue ou fer vueitle bla ſmer 
Spa trop pfue du doufv que defamer 
Je loſe dite 


Adonc fe print vne dame a ſoubzrire 
Eten riant luy a dif. Zea beau fire 
Voſtre parfer ne nous peut pas fuffire 
Œffe a part vous 


Amonre Joue eſt fi courtois et ſi doulvx 
Quif vous faiffe fane paine et coutroux 
TFfnefc fait pas peut eſtre a tous 

Trop de legier 


Se ponrroit mectre autry fait inger 


Quinaefle en vng pareil dangier 
aie ſil vous plaiſt pour le fait abꝛegier 
Dictec comment 


Dar quel raiſon ne pat quek mouuement 
Vous mainteneʒ en voſtre entendement 
Quif pa plus pfaifance que toꝛment 

Je Sous dirap 


Diftif/fantoff et ianer mentirap 
Et fi faces quemaint defpfaifir ap 
Et maint ennuy queiane redirap 
Dour amoure prie 


Bi (cap frop mieufo quen doit Baffoir le pꝛis 
Ne der parler ner dois eftre repꝛis 

ar a cer couff ien ap feffap aprie 

Mainte fepmaine 


ŒEtnappas eu touſiours fatefte faine 
ais ifneft Bien ne iope ſi haultaine 
Quant femprife fon fa en peu de paine 
Se ce neſt dꝛoit 


ar Fe chaſcun auoit ce quil Soufozoït 
Ne Bien ſeruir ne fouffrir ny vouſdꝛoit 
Ain ſi raiſon et fopaufte fauldꝛoit 

Lieu auroit honte 


Lon ne ſcauroit pfue quhõneur vanlt g mõte 
ar Bien et mal ſeroit touten Bng compte 
Ne Bauft Soufoir qui tout Baincq ç furmôte 
fe cherche quere 


21 fempefcher a bas euure legiere 

aie qui acquiert en doulcur choſe chiere 
Plus de bien a et deiopeufc cHiere 

Gn fa conqueſte 


Gt luy ſemble plus haulte et plus honneſte 
Le Bien quifa a paineça requeſte 

Gt en mainepfuedeiopeet dc fefte 
Œtmieufp fa prife 


Que ſil euſt treſtout a fa trefbeffe guiſe 
Œatnaturea en amours ceſte op mife 
Que mieufo no? plaiſt choſe a dãgier condfe 
2 ce propos 


Apꝛes trauail noue plaiſt mieulx fe repos 
Et la grant ſoif fait Boire dans les pos 
Œtee perfs acquier on les grans ſos 
Aſſeʒ teſmoigne 


Memoire en nous toute ceſte beſoigne 

Quãt no? voyõs que fon oeuure ef adioĩgne 
Souuẽt au doufo q̃lque choſe à foꝛt poingne 
Et les aſſemble 


On le Boit bien es roſes ce me ſemble 
SEt la moufche:de ce Bien Les reſſemble 
Dortant miel et eſguillon enfemble 
Dr ie delaiſſe 


Toſte raiſon et Siene a fa fieffe 

Aiſe de cueur et Sauftaine richeffe 
Qun amant peuft auoir de fa maifireffe 
Si largement 


Bu bien auſſi et a lamendement 

Que ieune cueut a fon commencement 
Recoit damours a fon aduancement 
Sil a vouloir 


Ne intencion de iamais rien valoir 
Pꝛemierement il mect en non chaloir 
Tout ce que gentifcueur ne doit Boufoir 
Tout fon cueur tire 


A paruenir au hault bien quif defire 

Gt pour fcauoir fon oeuute Bien conduire 
Seſir faprent a fire et aefcrire 

Dour mreufo entendre 


Tout ce quif fert au fait ou if Beuft tendre 
Et fe plaiſir quamoure fup fait loꝛs prendre 
Æ£up donne cueut et Soufente dapprendre 
Et de fcauoit 


TI veult rõmans et de beauty dits auoir 
Et met fon fene/fa paine et fon fcauoir 
Se fe bien entendre et conceuoir 

Lit et reliſt 


Œt ce quif fait a fon propos eſliſt 

Vng mot fup nuyſt faute luy embelliſt 
Si recoꝛde (a lecon er) fon lict 

Tres ententifʒ 


C. 8 


St du ſcauoir du fout entalentiz 


La eff le lien ou amours fe gentils 
Tient fon efcoffe a fee Srape apprentis 
Daine et mafades 


Bont plufieure portét feure coufeure fades 
Oꝛ Scuft famant faire dits et balades 
Lectres clo ſes / ſecrrettes ambaſſades 

Et ſe retrait 


Et ſenferme en chambie et en retraict 
Pour eſcrire a laiſe plus a trait 

Vne heure met a faire Bng feuf trait 
Se lectre cfofe 


Vng peu eſcript / puis ſonge et ſe repoſe 
Puis efface pour p mectre autre choſe 

Et Soufentiere plus mettroit/mais ifnofe 
Et prent courage 


Dadieſſer bien fa fectre et meffage 

GSt fifaprent de ces chofce fufage 

Ten deurent en tous endꝛois plus fage 
Au long affer 


Et en fcet mieufp taire et bien parfer 
Bien fop garder et Bien diſſimuler 
Querir fon Bien et fagement cefer 
Dane fop venter 


Daucune fcauent ne chanter ne dancer 
fee viendꝛa accointet et hanter 

Et les chetifs defaiffer et pfanter 

Ainſi fauance 


Etaprentinaniere/ contenance 
Dene/Batdeinent ç accointance 

Et ſi acquiert des bone fa congnoiſſance 
It eſt tenuʒ 


Dour gracieup et par fout venuʒ 
Ame/aide/cHerp/et cher fouftenus 

Et par honneurs des grane et des menus 
De fait pufer 


Apres met paine / ſongier et Bifer 
De quelque habit nouueau aduifer 
Erféfiudic a Bien fe deuiſer 
Nouuellement 


&t Le veſtir ef parer denferttent 

St daſſez peu fe tenir nectement 
Marcher a boit cheuaucher ſeurement 
Dur fiers cheuaulx 


Zourner en fair ces courciers a grans ſaulx 
faire ſaillir le feu de ces carreaulx 

Œta fupr les dames a ces creneaulx 
Deffue fa voye 


Et fifaduieut que fa daine Le Bope 

Gt que ſamplus vng regard luy enuoye 
lépenfera que le cueur luy conuoye 
Dreftrepeu 


Gt ſeſiouyſt et contente de pes 

Quant de long tempe celle veoir na pets 
Qui en paſſant fa dung feuf regard peus 
21 chiere fre 


Loꝛs fofcupder/ieuneffe et foffie 
Et fouuenir qui a fa penfée fie 
Luy font offer toute mefancofie 
Et cupde bien 


Que fa dame luy veult vng peu de bien 
Et iure dieu quil eſt et fera fier 
Nautre queffe napntera plue pourtier) 


Daffe et rapaffe 


Ætde paffer deuaut elne fe laſſe 

Œtmet a point fa roBe ef fa taſſe 

Et fur fa nupt Ba chantant a Bois baſſe 
Et fentreticnt 


Dar ſoubz lee bꝛas à quelquautre qui Bient 
Auec luy qui Bien chante ou bien tient 

Et [a dame a fa fenefire Bient 

Se monſtre goute 


Gt fe fe vent vne feneſtre boute 

Adonc cuide que fa dame leſcoute 

Sen va coucher ioyeux/nen faictes doubte 
Si araiſonne 


Son compaignon a qui ſa foy ſadonne 

Et toute nuyt la teſte luy eſtonne 

De Cup compter comme eleſt Belle ef konne 
Et du ſemblant 


fFueillet 


Que luy a fait quon cuyde er amblant 
Gt quel mua fa confeuren trembſant 
Gt demande quilluy er) Sa ſemblant 
Et le compains 


Qui congnoiſt bien comme if en eff attains 
Pour luy plaire ne luy en dit pas moine 
Ains Fe ſcet Bien de fes plaiſirs haultains 
Loꝛs fe blaſonner 


Et au matin a la meſſe ſonner 
TE (en Ba a kegliſe oraiſonner 
Leaue Benoifte a fa dame donner 
Et fa paix prendre 


Zout Soufentiere pour luy porfet ef fendte 
ar ceft Bien ou if Beuft loꝛs entendre 
Quapꝛes effe baiſe ſans plus attendre 

Œt cherche feftes 


Nopees eſbas et autres fieuv honneſtee 
Les amans quierent leurs droictec queftes 
Et fa fait if quant if peult fes requeſtes 
Difeft fcauant 


"ff chante / il dance / eſt humble et ſeruant 
Sil (cet du Bien if fe met en auant 

A feſtoyer iuſques a fofeif leuant 
Amours fe porte 


Befit fe maine efpoit le conforte 

Gt plaiſance le ſoubſtient et ſuppoꝛte 
Gt le regard de fa dame lenhoꝛte 

A ſeſiouyr 


21 chaffer dueif ef triſteſſe fouyr 
Œt fop faire/regarder et ouyr 
Œtfes autres de les Soir efionpe 
Dar grant pfaifance 


Et fainfi eff que forfune faduance 

ant quif treuue pat fa main a fa dance 
Sa maiſtreſſe pat dtoicte bien vueillance 
Queffe vueille 


Monſtrer fembfant que Bien en dre recueille 
Dee faits /fee dits et doufcement facueifte 
lue croit pae que iamais if fe deuffe 


aie [up ſuffiſt 


Se bon eur plue quoncques mes tie fift 
Je neſt courroux qui a loꝛs fup meffift 
If ne fera ianufiour deſconfiſt 

Lote ſerche et quiert 


St ce qui plues plaiſt a ſa dame enquiert 
St de ſcauoir ſon plaiſir fi fa requiert 
Gt ſi fait tant que laccointance acquiert 
Be ceulx qui font 


Selle appꝛouchans et qui Bers effe Sont 
Gt qui fa grace et priuete front 

Du qu'ef hante ou qui plaiſir luy font 
Œeufy if feſtoie 


Dour eſtre er eufo mieulx Benu fe cointope 
Œt deuant eulx a fa table fe nectoye 
Œtparfa ville les maine etfes conuope 
Et tant les ſert 


Que par ſon ſens leur bonne amour deſſert 
Et a lamer les contraint ef aſſert 

€eufo fe fouent deuant effe er) appert 
Œtfe Bfafonnent 


St de fee faits luy patfent et raifonnent 
Œt fans fauoir a quop les motz fadonnent 
Deuers effe bonne enttee {up donnent 

St auec eulx 


Maintenant vng ou maintenant fee deuv 
Lamginent ou ilz ne peult aller ſeutz 

Et il va deffouz lombꝛe de ceulv 

Qui pas nentendent 


A queffe fin toutes ſes oeuures tendent 
Neantmoins ce bien les ſeruir luy rendent 
Qui lemainent/condupfent et attendent 
En la maiſon 


GEt ſil treuue quelque foie fa ſaiſon 
Que bel acueil luy donne lachoiſon 
Soſer compter et dire ſa raiſon 
Gn trefgrant crainte 


St de faire a fa belle fa pfainte 
Adoncluy faitinquificioy mainte 
Tant queffe voit que ceneft mye fainte 
De ce quil dit 


€. fi 


EGSt luy donue vng courtois eſcondit 


Meſſe deſpoir que refus contendit 
Vng autre fois vng bon mot luy rendit 
A longue attente 


Et il le pꝛent pour fop a for attente 
IJeneſt ioye que celle heure ne fente 
Ny neſt douleur qui fe iour fe ioꝛmente 
Ne qui fefmeuue 


Oꝛ pꝛent deuiſe ou bꝛodeure neufue 

Dung beau mot fueille ou lectre quif treuue 
St lappoꝛte fans quenuffen deſmeuue 
Faicte de point 


Seſſus fa robe ou deſſus fon pourpoint 
Du en aneaufv filne fe bꝛode point 

Du queffe part feffe up fiet a point 
Sur luy aifleure 


Di fait Senit et dꝛappiers et tailleurs 
St iopelliers / oꝛpheures / eſmailleurs 
Et files met fane pomt ſongier ailleurs 
Tous en beſongne 


SEt chaſcun met en oeuure ſans raiſonne 
En ce faifant folles oeuures eſſongne 
Betout apꝛent / de tout penſe et ſongne 
En amendant 


SEt en deuient plus chautt et entendant 
Le ieune aage de fon aage pendant 
TCar cil qui eſt a fon defirtendant 

a ewplorctant 


St Baioner a effe et eſbatant 

Verge ou annel du fier luy plaiſt faut 
Quiffeprent ef Cup redonne autant 
Aſſeʒ luy tarde 


Quif ſoit tout ſeul affin quif la regarde 
Gt quil fa baiſe g treſchiere fa gatde 
Tella if ayme trop mieulſx en fa garde 
Que cent marc; doꝛ 


Ceſt fon efpargne et riche trefoz 
Et fiffa Beuka (on gredeioz 

Ca veprent et fa veult veoir encor 
St du dop traire 


Eat quanque vient delle ſouef flaire 
Ainſi en fait comme dung reliquaire 
En memoire dung gracieux viaire 
Qui (up plaiſt ſi 


Quil luy ſemble pour Srap quif ſoit ainſi 
Quoncques delle rien ne vient neſt iey 
Quifne dope plaire a chaſcun auſſi 

Œt fifaduient 


Que fi a point de fes amours luy vient 
Qua fa dame quefque pou en fouuient 
Du queflup veult aucun Bien fe deuient 
Et fif parcoït 


Que fe fembfant delle ne le decoit 
aie quer or gre fon ſeruice recoit 
Et queffe veult Le faire tef quif fort 
Bi bon quif vaille 


Bauoit honneur en quefque fieu quif aiffe 
Soit en atmec/en iouſte ou en bataille 

Gt que touſiours dauoir renom fup chaille 
Sans nul meffait 


Pꝛent courage et fefforce de fait 

Et fifna cueur / amours tout neuf luy fait 
St kenhardiſt ainſi et len parfait 

Seſtre vaillant 


Entrepꝛenant / pꝛeſt / legier et ſaillant 
Soit a deffendꝛe ou en aſſaillant 
“Jane fera auv premiere fente failfané 
Juſqua la mort 


Aufneftiamaie a telle heure recoꝛd 
Foꝛs de penſer a droit non pas a tort 
Sa dameen puiffe auoir bon rapporé 
Et fit eſt clercs 


“fffaitliures en rimes ou en vers 

En bons motetz et en chantz bien diuers 
Aufne fera cauteleux ne paruers 

Et fe par fectre 


Du meffage quifp vueille tranfmectre 

SElle luy Seuft quefque hault fait commettre 
Et luy fait feconrage au cueurmectre 
Œtinaintenir 


fFueiftet 


Ainſi amoure fait honneur maintenit 
Gt conars a pꝛoueſſes aduenir 

Gt les treſbons meilleurs en deuenit 
Se keurs perſonnes 


Quant ilʒ ſeruent a belles et a bonnes 

Qui deufp chaſſent toutes oeuures felonnes 
Sans treſpaſſer de beaulte les bournes 
Tantoſt ly Some 


Gn amende de fes condicions 

St pꝛend aucunes haultes intencions 
DSoulv en parler et en armes fpone 
Æt fer Sopant 


Au mieufp faire que autre pouruopané 
Villenies et mal parfer hayant 

Œten tout bien il eſt foꝛt receant 

Si le conduyt 


Adonc bonte et deſir le conduit 

Si quen bonte deuient parfait et duit 
Tomme le ſuccre en la chaleur recuit 
Quant il eſt pꝛeſt 


Dar recuites et maint diuers apꝛeſt 
Quef part quif ſoit ou en don ou en pꝛeſt 
Jamaie ne fait ſi bon bien ou il eft 
Soncques laidure 


De ieuneſſe qui fop meſmes endure 
Et qui eſt a paſſer forte et dure 

Seſt par amours ramenee a meſure 
Et bien paſſee 


Gt de mainte grant foleur rapaſſee 
€ fa cuydance oultrageuſe caſſee 
Dont ieuneſſe doit eſtre laſſee 
Œtieunee gens 


Qui Seufent efiteopfeufv/nedfitens 
Quamoute fait puie foingneup et difigene 
Pꝛeſtzʒ de feruir/raffie/courtois et gene 

Æn tout feruice 


GSt tient fut eufy fa court et fa iuflice 
Et feur oſte Fa beiaunie nice 

Et les retrait de maint oultrageux Bice 
Et de diffame 


Si lee mue amegriſt et affame 

&n fheure fes affaicte et recfante 

21 Bien obeir au vouloir de leur dame 
Et fi p Seiffent 


Et pour auoir vng ſi hault Bien trauaillent 
Dont cueur ct coupe et vertu ſe reueiffent 
ÆtSafent mieufo/ia nuf ne ſen merueillent 
ar quant Bien quie 


A toue fee biens quau monde font conquis 
Ln vain na pas trauaille et requis 

Qui a Bng cueut de belle dame acquis 
Qui ren fup Seufé 


Gt a vertu ef bon renom leſmeut 
Son pꝛeu deſire de ſon mal ſe deult 
Œtfup donne fe confoꝛt quelle peufé 
Œtpour certain 


Teſt le plaiſir qui nous eſt plus pꝛouchain 
Et fa fourte de reconfoit humain 

Et le parfait de tout defir mondain 

Se nous tenons 


Que de femme nous naiſſons etSenone 
SEt par elles noz ioyes maintenons 
Brans et nourris et bons en deuenons 
Et que nature 


Nous en donne naiſſance et nourtitute 
Amendement / ioye et bonne aduanture 
Zôcquee fes deuõs noꝰ apmer p dꝛoicture 
Et ſommes faufo 


Defnatutef Bifaine et deſtoyauſx 
Deuergondes/ntauftais et Beftiaufo 

Den fait nen dit noꝰpourchaſſõs feure maulvx 
eufp qui ſen rutent 


Au ieu dee des/ou pfue fouuent ſamuſent 
Du a fupr coquare qui fes abufent 

Du a chaffer /corpe/tempe et robbes vſent 
Le corpe feur fue 


Daler apres fa poure beſte mue 

Lung cape ct bꝛait/ et fautre leſpieu rue 
Et fa fin eſt quen Bng latz on fa tue 
Du effe fenlace 


€ loir 
Quant eftôe moy / qui peult chaſſer fi chaſſe 
Oncques ne fut ſi gracieuſe chaſſe 
Que deſduit qui parle face a face 
2Bef comme fange 


Lopfcau feffozce/ et fe cerf Sa au change 

Le chien fe pert/ct fe faufconniet fén fenge 
Ee fangficr ront des dens coꝛps / lin ge cfange 
Leur faifon ceffe 


Oy ſeauſvx muétpfumes cerfs mmẽt Peur rai 
£ce cf ẽs Gurfent/efontennupepteffe  (ffe 
Paie fe defduit amouteup ne fe faiffe 

Tant efipfaifant 


Qui maine par ſeniblant er taifant 
Son pas en Bruit et en noifce faiſant 
Qui en pa/l neftmpe fr aiſant 

Je ne vous mens 


Amours frouua pꝛemier haulv inſtrumens 
TWhancons / dances / feſtes / eſſatemens 
Tlouftes/effais/Beboure et tournoiemens 
Pꝛeaulv et treilles 


Et tournelles a courtines de fueilles 
Et fiſt faire les galles et fes veilles 

Les ieus/lec riez et fes autres merueiſles 
Dont ioye fourt 


Amours refait fee nices ef reſſourt 
Auf neſt finice/fi ſot / ne ſi lourt 
Qui naman de de venir en fa court 
Etqnant fauldꝛoit 


Que fa grant coutt ct for pouoir fauldꝛoit 
la plus a nuf de ioye ne chauldzoit 

Lon ne fcauvoit que plaifanceBaufdroit 
Dont fa Baleur 


Maintient a dꝛoit fe corps ct fa coufeur 
Dource ſoubſtiens a droit et fan fofeur 
Que er) amoute a plus iope Que doufeus 
Quant if ſuy duicte 


Eoͤppinion quapree luy re tecite 


Et fa taifon Bien fonguement deſduicte 
Elle luy fut en prefent contredicte 
Jung cheuafier 

cc À 


Veſtu de noir affes fut fefcoffier 

Hans bꝛoudeuſe / ſans chaine ne coffier 
Qui fe feoit au coſte dung piffier 
Denfif et paffe 


Gt ne menoit tis / feſte / ne galle 

aie luy ſembloit fa doukeur dure ef malle 
dar chaſeun iour ik tournoit par fa ſalle 
Penſant touſdis 


Œt ſembloit bien poꝛter cueur maladis 
Et ne ſtoit rien dont il fuſt vebauldis 
Si diſt aloꝛs / five voʒ plaiſans dis 
Sont a louer 


¶ Ne fecond fortune. 


à Our paſſer tempe Je batre et iouer 





Pa” Duboue tendes 


Me iene fcap comme Bousentendes 
Loppinion quede ces cas rendez 
Ne kes raifons dont Sous fa deffendes 


Si non quayeʒ 


Lee maufp damoure froppetifeffaies 
Quant ſi treſbien en eſtes a paies 
Que deſia font de voʒ comptes rapez 
Et oblieʒ 


Je crop auffoꝛt quen eſbat fe dieʒ 
Autruy ſen deult etBoueBouc en rieʒ 
aie peut eſtre quoncne fuſtes lez 
A doictes certes 


Sinen pfaignez fee doufeure et fee pertes 
MNefesennuys quonpa fans deffettes 
€t Bien pouce; par parofes appertes 

Gn dire affe; 


Car voz maufy ſont dieu mercy ia paſſez 
Et en) bon point er eſtes repaſſez 
Etiname autres en font mors trefpaffez 
Dar tefeflat 


ais puis quif vient a entrer au debat 


Fueillet 


N ar Bienne ſiet de rien trop deſlouer 
aie de fa fin ne vous puis anoncet 


Be ce pꝛopos qui entre noue ſembat 
Tel compte hault qui apꝛes en) rabat 
Vous racompfez 


Les haulvo plaifire/fes iopes et Fes Bones 
Duieune cueut eſt par amours montez 
Mais fee doufeute ne les naufo ne côptes 
Dont en ya 


Quoncques en amours fe lya 
Œtquifouffert a certes fes pa 
Gn fa Bie/ef puis les oublia 
Œt fi font telles 


Quif en pa plus dee frope pare moꝛtelles 
Dour enrager et troubler les ceruelles 
Dec plus faiges a toutes feure cauteffes 
Œtpourpetfer 


Juſques au cueur et iuſques au ficher 
Et qui va fa fa plaiſance chercher 


Le Gien quif a fup eſt vendu trop chier 


Je ne dp pas 


Que cenfo à font damours vng dꝛoit treſpas 
Et y paſſent en pꝛenant leur repas 
Sont arreſter en ſi perilleux pas 
Es haulvx larris 


Soiuent viure ne dofane ne marris 
Mais paſſent temps en eſbas et en ris 

Et ſen trouuent gras / gros et bien nourrie 
Quoy quiſʒ pꝛomectent 


Mais ceufo qui coꝛps ef penſee y mectent 
A vne ſeule a qui if ſe ſoubʒmectent 

Et du tout hoꝛs de liberte fe mectent 
Œtiopequierent 


Souuent en dueif ef en angoiffe ſe fierent 
Au droit reboure de ce queifsrequierené 
ent doufeurs contre pfaifir acquierent 
Longues etfees 


Qui font en cuenremprainptes ef fecfféce 
Et fifs en ont quefque ioye ceffées 
Touſiouts font fs de trifteffes meſlees 
Et dangereuſes 


Du pour crainte pour mal patfer doubéeufes : 


Dua lhonneur de fous deux perilleuſes 
Du trop comtes ou trop ſouſpeconneuſes 
Pour moy le dy 


Qui des pieca en amours entendy 
St a vne de mon cueur matendy 
Qui gardon oncques ne me rendy 
Tant que ien ſuis 


Gn tel party quauoir fantenepuie 
Je meurs ſus bout / et neuʒ oncques de puis 
Aiſe de cueur / bon iour ne bonnes nuits 
Mais te me tais 


De mon fait et delaiſſe en paiv 
Sifmeftmafprie/autree ſe nen peuent mais 
En ce queſt fait na remede iamais 
Sautres parlons 


EtfeSerite entondꝛe voulons 

Tontãps les biens et fes mauſx quecefone 
Du les dolans pour qui nous nous meffone 
Dontdemenes 


SEt longuement trauailles et penez 
€Saffes/actaine/affaiffis pourmenes 
Dis que fe cerf qui des chiens eft Sannez 
Pꝛemierement 


Amours rauiſt fes cueurs ſubtillement 
Et eſt on pris ef ſans fcauoir comment 
Et au pꝛemier ſemble efbatement 
Aſſez legier 


Sn cuyde Bien fans pouoit eſtranget 
ais qui cuide mieulx fe chemin changer 
Den ſaillir plus ſe treuue engre gier 

GEt vous pꝛomect 


Et qui plus foꝛt dy penſer ſentremect 
La penſee a quoy il ſe ſoubzmect 

Pour ſen guecter bien ſouuent le remect 
Ainſi labeurent 


Éommefa perdꝛis quen la tonnelle queuurẽt 
Jouans p vont ef triſtes p demeurent 

Leur mal leur plaiſt / huis de leur Bie pleurent 
Leur cueur fremye 


€ lo viii 
Souuent leur cueur qui de doufeut larmye 
Pour vne amer dame et amye 
Qui ne layme ne ne laymera mye 
Oꝛne repoſe 


Le doufoteuv qui en for cueur pꝛopoſe 
Qui luy dira/ mais dire ne luy ofe 

Et peuft eſtre quif penfe autre choſe 
£a occuppee 


Œhfa raifon et fa Bouche eftoupee 
Langue np fert plus que ſelle fuft coupec 
Et fa penfeceft fienuefoppee 

Et ſi enſerre 


Quif ne fcet Bout ne fin ne mer querre 
Sit eſt au cief ou fif eſt er fa terre 

Si porte au cueur frontiere de guette 
Æn [op counerte 


Et cueut noircy fouuent ſoubʒ robbe verte 
Plaiſir lactrait et dangier Fe deſerte 
Acueil le laſche / durte veult fa perte 
Amours le triche 


Et eſt large en offre ef en fais chiche 
Tar il le mect de tous poine et affiche 
21 cef apmer qui fen tient ſot et nice 
Ceſt bien Soue 


De fup offrit ce queſt ailleurs Voue 
Vng tel ſeigneur doif efire Bien foue 
Qui de fon don eff toft defauoue 
Quel diuers hoſte 


Qui offre aſſeʒ et puis oſte 

Et qui puis appelle banny decofte 

Soing dãppꝛoucher / et pius tourne la voſte 
Mais pꝛeneʒ oꝛe 


Quelle ait de fup quelque peu de memofre 
IE prendra toften fee ſemblans fa gfofre 
Et lendemain retournera encore 


Æn fon hoſtel 
Au lieu veoir en ville ou en chaſtel 


En ſon ſemblant / il ne fera pas autel 


Veeʒ ſa ioye tournee en dueif moꝛtel 
Et raualee 


cc fi 


St fa chiere deuenir adofee 

Sraiſſe/ couleur en troys iours efcoufee 
Des peufo mailleʒ et fa face fueillee 
Dipenfeet fonge 


See mains deſtoꝛt ef fes leures de ſronge 
St ne choifift fe vꝛay de la mencçonge 
route nupt Beiffe en fantofine et fonge 
ZTant foit effe grande 


Et ne reſpond a rien quon fur demande 
Ne ne luy chault qui pꝛye ou commande 
Ne na ſaueur en vin ny en viande 
Mangeue fans fi) 


Dif quiert Fe bꝛanſte if Ba querre du pair) 
Le fronc luy ſue ef luy tremble fa mat 
ta et vient ef fetranaiffe en vain 
Vers effe enuope 


Lectres efcript/mectmeffagiers en Bope 
St charge lung quoy quif ſoit quiffa voye 
Et quiyeſt quiſla ſert et qui la conuoye 
Selleſt ſoigneuſe 


Du ſe ſa chere eſt melancolieuſe 

21 qui elle pert ou frfeffe eftiopeufe 
Luy reuiendꝛa qui eft chiere piteufe 
Le tire a part 


Et dit quifnpa peu parler fore a fard 

dar fa efloit quefque autre bien gaillard 
Gt quil eftBien fof que bꝛief ne fen depart 
Loꝛs fantafie 


Nage de cueur foufpecon frenaſie 

Le furprennentauecquee ialouſie 
Si fauft en fup doufceur ef courtopfie 
2 ceffe fope 


Qui lup dure peut eſtre fous es mope 
Et Sarompantfee chaynes a dou dope 
GEt les foufpire enfrerompent fa voix 
Tout foꝛcene 


Ne me fembfene faige ne fene 

ant fe demaine et en eftmaf mene 
Et fe clame damoure mal affene 
Et barate 


fueiffet 
EGt ſg compfaint de fa grant fopaufte 


Du mauldiſt fa dame et {a beaulte 


Et La blaſme de fa deffopaufte 
@af aduenant 


Et ſe fouffife et Ba entrepꝛenant 
£a ou 1fna ne fop ne conuenant 
Octroy / ſeurte / droit ne le remenant 
Noncq ny aduint 


Et croit de vꝛay ce que oncques nauint 
BEt iure dieu dis foys ou x v ou Bingé 
Quel ayme tel dont onc ne luy ſouuint 
St deuient maigre 


TChagrain /felon et rioteux ef aigre 
TChaſcun luy nuyſt rien ne luy eſt alaigre 
Tout luy meſſiet et reconfoꝛt len aigre 
Car fimaf nee 


Deninieufe/dangereufe et damnee 
GEſt de nature et fi fort defordonnee 
Jalouſie fa fofe et forcence 

Que des queffe entre 


Pedane le cueurquinous eff fe droit centre 
Œt le miffieu et du cueur et du ventre 

Don Bien ſen fuit fe if a pour dedentre 
Sans nulzʒ refpis 


Sp neſt venin de ſerpens ne daſpis 
Je de dragon qui ſoit fait g deſpis 

Qui peuft au cueur ef au coꝛps faire pis 
Ne pfus dayr 


Qui eſt ialoux Beuft ſes amis hayr 
Tout — / courroucer enuahir 
Et de chaſcun coup qui fe veult trahir 
Œt fes lecons 


Dont de noiſes / dargus et de tencous 
De repꝛouches et de males facons 
Et croit rappoꝛt / ſonge et ſouſpecons 
Dur tous et toutes 


Ne na repos ne que [if euſt fes gouſtes 

Oꝛ mect aguetz / eſpies et eſcoutes 

Et luy croiſſent touſiours nouuelles doulces 
Oxꝛ Seuft iouer 


 Œtchercherce quif neBonfdront trouuer 
Don mefchief accroiſtre ct efprouuer 
Œttancone et maufuaifties armer 

ar fans faillir 


Jalouſie quifon oſt aſſaillir 

Fait en Somme tout honneur deffaillir 
Ne dont elleſt ne peult nul bien ſaillir 
Sieu fa confonde 


Et au parfond de la terre la fonde 

Tar elle empoꝛte ſon effect en ce monde 
Sedans fon cueur en mauluaiſtie habonde 
Et la dolente 


Dautrup plaiſir fe meurtriſt cf toꝛmente 
Etafe mal en quelque ioye en fente 

Et veult faire dautruy bien propre rente 
TComme on teſſerue 


Et ſranchiſe tenir eſclaue ef ſerue 

SEt que lautruy plaiſir au fier fe aſſerue 
St que on layme fans ce que on fa deſſerue 
Dar droicte force 


Et il neftrier quẽ franc vouloir effoꝛce 
Foꝛs Beau parler qui la langue neſcoꝛce 
Et doulo pꝛier autrehien np vault foꝛs ce 
Si meurt tout Bifs 


Homme ialoux comme en enfer rauis 
Sil voit queſ bas ou feſtes ou conuis 
Nentrepꝛennent ſinon a fon deuis 
Les gens le fuyent 


Dee dits moꝛdent / ſes paroles ennuyẽt 
Leufp quifs veulent ſon mal a fup affuient 
Fous ſen mocquent et ſen farcent et huyent 
Et luy ſacoutent 


Tar telʒ gens croient ef toſt eſcoutent 
Be mab en pis le nourriſſent ct boutent 
Ainſi de Puy ſacoutent et arroutent 

Et ſon vin boiuent 


Ou autre pꝛeu ſilʒ peuent en recoiuent 
Quant {on vouloir denquerit apparcoiuent 
A [es deſpens leſcoutent et decopuent 

La court ſa chance 


€ivpf 
Œtfup couſte a ſcauoit fa nieſchance 
Dar enquerte de fait/de chief en chief 
TE p entre pfus auant de rechief 
ais hault cueur dhomme 
Que courtoyſie ef loyaulte renomme 
Si peult bien auoir ſoing et penfeecomme 
Sans que point ialoux on lappelle ou nõnie 
Il gardera 


£a Bonne amour de ce quif apmera 
Et plus craindꝛa ct perde il doubtera 
ce quil aynie plus fon deuoir il fera 
Sans riens meſpꝛendꝛe 


Œt fans blaſmer / actainer ne reprendre 
Ne ſeigneurie en rien entreprendre 
Meefpier/nefcouter/ne furprendre 

Ne pꝛes ne foing 


Et ce penſer ſappelle amoureux ſoing 
Au cueur empꝛent comme moyen en coing 
Et ſiet du bien et ſoit foꝛt ou beſoing 
Mais retournons 


Au dꝛoit propos qua pꝛeſent demenons 
Pour les parties que nous deux ſoubſtenons 


De lamoureupy tormentẽ et pꝛenons 


Quainſi aduiengne 


Que hoꝛs du cueur ialouſie remaine 

Ou quelque bien ou reconfoꝛt luy vienne 
Dar quoy du mal pafféne luy ſonuienne 
Oꝛ reuiendꝛa 


Veoir fa dame et ia ne ſen tiendꝛa 
Toutes fes foys quif luy er) ſouuiendꝛa 
Ne tempe ne fup par raiſon nactendꝛa 
La penferont 


Vnas et autres qui ce regarderont 

Et ſil foubffient fe eur au coꝛps luy ront 
Et (if pSa fes gens en parferont 
£ungnommera 


Les paroles / ou les controuuera 
Œt quelque ſoit fon fait deſcouurera 
Lectres cherront en quoy on trounera 
Dedans encloʒ 

cc iii 


Noms ef ſignes dont if ſera deſcloz 
Ee quiltenoit couuert encloʒ 
Asonc fera fe compaignon foꝛcloʒ 
Pen approucher 


Ne fa porte regarder ne toucher 
Quant il ſcaura tes choſes repꝛouchet 
Et ſen ira de fin de ſpit coucher 

Lors meſdiſans 


En parleront ef feront Soir di ſans 
St enuieuv luy ſeront renuyſans 
Qui en diront mofsaigres et cuyſans 
Dour leſſongner 


Et fcanont Bien contre luy teſmoigner 
Sil a de neuf aſſez abeſoigner 

Et foifon mal pour fon cueur enfoigner 
Triſtre et mal mis 


De bꝛuit be gens / de doubte dennemis 
Luy obeiſſent ſimple / coy / et remis 
Sans mot parler ne fans en faire pie 
Don cueur macter 


Dangier cherir / et enuieux ffafer 
Qui ne puiſſent de luy mal relater 
Et fa grace malle bouche achapter 
Par quelque don 


Dont il naura ia Bien fait ne guerdon 
Et dautre part ſe bien fait y regardon 
Faunlt quifcrpe a fa dame pardon 
Œarpenfera 


Que ce meſchief pat fa faufte fera 
Gt deſoꝛmais dc luy fepaflera 
Qu peuft eſtre iamais ne laymera 
Du celle a cueur 


Denon vouloir laſcher pour nulle peut 
Pour tout oſter le bruit ou la rumeur 
Loing ſen ira deuers frere ou ſeur 

Et le meſchant 


Qui fa foleur va ainſi empeſchant 
Ira apres ſecretement cherchant 
Soit en guiſe de moine ou de marchant 


Semuſſera 


«Ur EC (os 


et 


Eten buiſſons de iour ſembuſcheta 
Viſaige / mains et nez embouſchera 
Ouñ en foſſeʒ de nuit treſbuchera 
Du eſcherra 


Du dung creneau / ou dune hault mur cherra 
Et au cheoir du coꝛps a luy meſcherra 
Dont le renom de tous deup deſcherra 
Et defcroifira 


Ou en afant aucun fe congnoiſtra 
Qui deſir de Le congnoiſtre aura 
Dont Le mefchief et fa rumeur croifiia 
Et fera fore 


En avant perif et dhonneur et du coꝛps 
at mouft dautres auffi Sous en font hoꝛs 
Dartefs effais ef perilleux effore 

Si retourra 


Du iamais delle nappꝛouchera 

Du ce pendent fa dame fe mourra 

Dont toufioure feuf doufoureux demourra 
Se font fes qaiges 


Les haulv plaiſirs / les done et fes hoſtaigee 
Quont les amans qui pout fes aduantaiges 
65 entrent ſotz et en retournent ſaiges 
Et bien apꝛis 


Teſt fa chaſſe dont feBeneuv eſt pꝛis 
Ceſt le fots qui retourne a meſpꝛis 
Et meſtier dont le maiſtre eſt repꝛis 
Sont fes eſbas 


Dont font difcore/riotes et debas 

De chief / de coꝛps et du chaſtel ca Bag 
SEt qui a mis mainte cite au bas 
Sano retourner 


dar amoute fait cueur damans beſtourner 
Et de ſon dꝛoit eſtat le deſtourner 
Eten honneur pat ſon pouoir tournet 


Sens inſuffiſible 


Et ce qui doit aider eſtre nuyſible 
Gt puiſſance de venir impoſſible 
Et ce quon voit apparant inuiſible 
Sur tẽ doubter 


Gt en doubte ſeurement trop fe bouter 
21 fon pꝛeu mal fon contraire eſcouter 
Doufente croire et raiſon rebouter 
Ceſt Bien greuable 


af vicieulv fermeté variable 
Arreſt mouuant / ligierete eſtable 
SDolant /confoit feaulte deceuable 


Joye eſplouree 


Lofereprouché honneur peu honnoree 
Aigre doulcenr / beauſte deſcolloꝛee 
Hayneuſe paix ( grace aduoitee 
Cueur cnuieufp 


Œoutronv eſbat / ien melancollieux 
Nepos penible/toꝛment gracieux 
plaiſant ennuy et pſaiſit ennuyeux 
Selle ennuelle 


Chaulde friſſon/eau ardant /fen gele 
Certtain efpoir de foufpecon meſte 
Terribſe Bruit « fecret deccffe 

Corps fans fentir 


Œtpenifance auant que repentir 

Et vꝛay cuider qui ceft faiffementie 
Doufoir fans vueil et fans gre confentir 
TWrainte haſtiue 


Seroit pour hardieſſe craintiue 
Deſ / irfoꝛce et crainte Soufentiue 
Aduus muſart / muſerie ſubtiue 
Clarte obſcure 


Loyal meſchief / deſloyalle dꝛoicture 
Tonſen dunert / deſconurant couuerture 
Temps fans exploit / paine à lauenture 
Pour cemaintienne 


Et pour eſbatre a cefte fois foubftienne 
Lonneur gardant que des Dames ic fier) 
__Quenamoute a plus de mal que de bien 
Adonc ſe teut 


ar tout ke cueur ferre et dolenteut 
Me ſes leines contretenir ne peuft 
Loꝛs ſe pꝛemier ſes raiſons ramenteut 


Sans p muſer 


Œ&fs 
St Sa dire pont fa part excu fe 
Frere / celluy qui doit damours tufer 
Qui de ſes biens ne ſcet a dꝛoit vſer 
Gt qui en vſe 


Si folement que ſans ioye ſyvſe 
Soy meſme ſe deſtourbe et excuſe 
De bien fe fuit et on cuenr Le refuſe 


Dar fa foffpe 


Œefttout pag luy fifa melancollie 

Paie quant'amoure qui fee cueuts amollie 
Et fait entrer en penfeeiofpe 

Comme ap compte 


Dar qui vertu eft en vertu dompte 
Ja pour choſe que vons ayeʒ compte 
Namen dꝛiret fon loʒ ne fa bonte 

Ne ſa value 


Ne doit eſtre fouffecne pollue 
Pourtant ſaͤucuns ſen font ioye tollue 
Par condiute meſchante diſſolue 

Si ſe decouent 


Dar en vᷣſer autrement quifs ne doiuent 
Œt maffoyer en La fin en recoiuent 

T6 font Sorfap/ceft raifon quifs fe bopuent 
Œtneantmoins 


En ceſte fop ie demeure ef rentgine 

Que fagecuentgattrempert treſhumains 
Dour Bonne amour fine peult valoir maine 
Tant eſt courtoiſe 


ar pour enuy quifup Bient ou voiſe 
Dout Bien ſouuẽt aup fine ansoureng poife 
Due ioye contre nuffe maulx poife 
Zupplica 


Le doforeuv quoup fa reppfica 

Et fon propos de touc porn appfica 
Dur Sn ſeul mot quadoncif deſclica 
Et dift fans plue 


Qucfque choſe quen dieʒ au ſurplus 
Bucif eſt touſiours fa fin / la clefa lhus 
Du tous les faiʒ amoureux font conclus 
Et plus nen dy 

cc iiii 


¶ £acteur 


nant chaſcun feurdebatentendp 
€ DURE j Valleur / bonte / hault cueur et Bon deuott 


St que lung diſt Le autre deffendp 


St que nul deulvx pour mat ne fercdp | 


Les Snge en dirent 


A feure pfaifire/fes autres confredivent 
aie fee dames fe parler deffendirent 
Ne plus a loꝛs enquerir nen fouffrirent 
Loꝛs qui ſetoit 


Celluy qui Bien du debat iugeroit 
Et a tous deuð loyal dꝛoit en feroit 
Et chaſcun diſt que len y penſeroit 
Aſſez penferent 


Et longuement de parler fe ceſſetent 
Puis leur parler apꝛes recom mencerent 
Et leur aduis dirent et anuncerent 
Pluſieurs nommoient 


Diners pꝛoces que ſages renommoient 
Qui auoient ayme et qui aymoient 

Et leur vertu et leur bon ſens ſommoient 
Et vꝛais fais 


Et les nommoient fane gabe et fans truffes 
Vne dame quant ef vint a fa fois 

Alla nommie/fe Bon conte de foyʒ 

Dagect entier 


Treſnoble iehan de phebus heritier 
Et qui poꝛte ſon eſcu en quartier 

Et touſiours ſuyt lamoureux meſtier 
Quant on louyt 


Ainfinommet chaſcun ſen eſiouyt 
Comme celluy qui dhonneut en ioyt 
Noncqueꝰ nutʒ deulx fa court ner deffouit 
Ains fe ſoubzmirent 


Gn fon decret / et ainſi luy piomiſdꝛent 

Et deuant fup en iugement ſe miſdꝛent 
Œt fes dames leur pouoir fup commiſdꝛent 
En fon abfence 


Toutes dirent quif a ſens ef fcience 
st de chafcun efcouter pacience 


Fueillet 


Œtenamoute treſgrant experience 
Si grant ſcauoir 


Œt — pour congnoiſtre le voir 
&tauilBauft Bien a belle dame auoir 
Auſſi ſon poꝛt 


Sy en fait aſſeʒ teſmoing et rapport 

TWar il poꝛte er mot pat depoꝛt 

Comme celluy quamours maine a bon poꝛt 
Jay belle dame 


Qui ſans paine nauind oncques a ame 
Et ſans fentir fe mal et lardant flame 
Qui le greigneur damoureux enflame 
Dꝛ fa il Beffe 


Til doit ſcauoir queſt lardant eſtincelle 
St congnoiſtte fe plaiſir que lon cele 
Œt Bien iuger fans que nufen appelle 
ZAinficoncfurent 


St dung accoꝛd dames et feruanefirené 
Auſſi les deux de bon cueur le voulurent 
Bien firent quant ſi bon iuge eſſeurent 
Sans reſpiter 


Qui en Saufp fais ſe ſcet Bien delicter 
GEt par honneur loyaulte acquiter 
Et a phebus de vertus hanter 

Qui tant fut pꝛeux 


Ettant hait chetifz faitz et honteux 
Œttant ayma fee delictz delicteux 
Treſdur aus fiers et aux foiblez pite ux 
Comme ie ſent 


Oꝛ fut adonc fe noBfe conte abſent 

Gn oſt arme comme honneur fe confent 
Pour ce firent tous dung commun aſſent 
Quon eſcriroit 


Tout ce debat ou tant quil ſouffiroit 
St quau retour loir phebus le liroit 
Et ſi luy plaiſt fon aduis en dnoit 
Et ie qui yere 


Seul clerc pꝛeſent eſcoutant pat deſriere 


€ foi 


Zout Le debat / les poine et fa maniere Si lay eſcript de penfee fenfitiue 
uzlorerequie par courtoife priere Pource fuppfie 
Queie fefcrine 
Be ie nap Bien ceffe choſe acompfie 

St dieu me garf que tant comme ie Pine St la raiſon des deu parties empfie 
Contre Le gre de fefs dames neſtriue Qui mieufy fcauva Le demourant fi ſupp lie 

¶ £a complainte du prifonnier damours 

faicte au iardin de pfaifance 


A = 
Là 


= 
A 





MO Recde madame e loĩg de mõ Vouloir  Lar fiie fa tenoie encfofe 

Plain de defire raintetoutenfemble Seſir me pourtoit treſbien occire 
Le cueur me fauftete parler me trẽble 

7 Quät dire ie dop ce à mefauftBoufo  Aupoureprifonnicr madame 






Seufie ditz / belle vous me faictes doufoir Sonneʒ faumofne de lieſſe 

ais au beſoing crainte mon pꝛopoꝰ memble p du tout en ceſte deſtreſſe 

Oꝛ ay ie mis treſtoutes a nonchaloir efpendu mon plaiſit par mame 
Dour vne feufe a qui tout Bien ſaſſemble €raintemaffauft/defir menftame 
Ge oferap ie me deſbucher du tremble Sanger eflargir ne me faiffe 


Dour requerir ce qui me peuft moult valoir Teſt par craindre et douBter blaſme 
Que fidure p ꝛiſon me blaiſſe 


Comment ofera £a bouche dire Faictes icp voſtre fargeffe 

Ce que Le cueur pas penfer 9 Cat oncques mais ne requis ame 
Comment requerray ie fa choſe 

Que ie nay pas le hardement deſcrite Ou mon deſir maſſouuira 

Se pꝛiere attraict eſcondire Du ma triſteſſe moccita 

a ioye me fera foꝛcloſe Dour vous belle prouchainement 
ais en dop te point plorer ou tire De mon cueur quiert fafegement 


cha penfee fera defcfofe Su mafque pour feruirifa 


41 


fueille 


Vng de cee deux me guerira 
Neſpoir pfuene me mentira 
Si iay de parler hat dement, 
Zoui Bien ou tout mal men ira 
TCar quant voſtre Bouche dira 
Ouy ou nenny / tant ſeulement 
Elle afferra le iugement 
Dont mon dueil o moy fineræ 


Traiſtre plaiſir et amoureuſe ioye 

Aſpꝛe doulceur deſconfoꝛt enuieux 

Nis en ploꝛant / ſouuenir oublieux 

a compaignent/combien que feufie ſoye 
Dedans mon cueur en ombre de mes peufo 
Ceſt mon treſoꝛ / mamour et ma montiope 
De quoy dangier eſt ſur moy enuieux 

Bien fe fera fifme voit auoit mieulx 
Quantifa dueif de ce quamours menuoye 


Moꝛt fur fe pied faignant dauoir plaiſir 
Eſira ine dedoloꝛeuſe eſtraine 

Ce iour de fan renouuelle mapaine 

Par trop craindꝛe ef pat trop hault choiſir 
Jap peu defpoir et beaucoup de deſir 

Le corps faiffp et fa parofe faine 

Acouche giſt au lit de de ſplaiſir 
@ondofentcueur/e mom coꝛps ſe pourmaine 
Pour veoir ce qui ſi griefuement me maine 
Quil men conuient en cheminant geſir 


Niche deſpoir et poure dautre bien 

Combſe de dueil et vuide de lieſſe 

Je vous fuppfp ma ſoyalle maiſtreſſe 

Ne me tollez ce que ie tiens pout mien 

Dtie fe pers / ie nauray iamais bien 

Œeftfefpargne de toute ma richeſſe 

Souffrir pour vous / helas ie vous vueil bien 

À nap rien mieufo que fe mafqui me bleſſe 
apme trop mieulx enduter qui nie laiſſe 

ais que pitie me retiengne pou fier 


le nap pouoir de viure er fope 
Et fine puis mourir de duteif 
Œtne ſcay hair ne/ ne vueil 
Celle qu telle doulenr menuoye 
Helas et commenter gueriroye 
De fa doufeur dont ie me dueil 
Qun iour amours abandonnope 
Bien fcap qun gracieux acueif 


t 
ce retrairoit pat Bo doulv oeil 
Et puis bꝛief ie recommenceroye 


Helas ma courtoiſe ennemye 

Et mon gracieux aduerſaire 

Pont vous peuft mor deſplaiſir plaire 
Quimocaft/et finen meurs ie mye 
Mon cueur qui de grant douleur lermye 
Me ceſſe de crier ef bꝛaire 

Ceſt pitie / dont en vous eſt endoꝛmye 
Du celle a autre part a faire 

us ie donc fait pour tout maftraire 
Dane auoir iope ne dempe 


Je Bic le temps que ie foufope 

Viure en eſpoir deſtre ioyeux 

Et oye quifmen fuſt mieulx 

Mais ie pete ce que ie attendoye 
ap pat eſpoir eu de fa iope 

4 ne foufe plus fe maiſt dieux 

Autre a ce que demandope 

Qui maintenant meft ennuyeux 

a demon Bien enuieux 
effors que premier me dofope 


Sehoꝛs dehoꝛs / il vous fauft deffogier 
Seſir fans ioye et penſer damours 
Tant aueʒ fait a mon cueur de Sos tours 
Quif npa plus pour foie que fourrager 
Nonchaloir Beuft deſoꝛmais herbeꝛger 
Auec oubly pour moy donner ſecours 

e vous receuʒ vng peu trop de ligier 

portes vous /alleʒ fogieraiffcuts 

Napꝛoucheʒ pf?de mon cueurles faufpBours 
Trop ap veſcu ſoubz voſtre dur dangier 


Ain ſi que bon Sous fembfera 

Gt que voſtre plaiſir fera 

Ge Bueif a voſtre grace attendre 

ar foit greigneur mon maf ou foif moindre 
Quant Joue Boufdres ifceffera 

Ce que de mop o1donnera 

Voſtre doufceur/ifce fera 

Se mon pouoit fipeuft prefent eſtendꝛe 
Ln cepoint mon tempepaflera 

Se mon cueur ne fen.faffera 

Œt beuft iftout de donfeur fendꝛe 

TE ſeſt Venu amercp rendre 

Ainfique Bon Bouc fembfera 


Duant Bngiont fuis fans queie voye 
Vng feufpfaifir que mes peufp ont 
Toutes fes fieffes qui font 

Dine me mettroient pag en iope 

Plus me dueif que fiie perdoye 

Tous fee Biens quiia mauiendꝛont 
Mais fif vous pfaift que fa reuope 
aise doufeute fout acoup fer vont 
Qui au departir reuiendꝛont 

Plus dures queie ne Boufdrope 


Au feu au fen/quitreftout mon cueur ard 


€ ir 
Dar Sa Brandon fire dung doulx regard 
Tout enffame dardant defirdamoure 
Brace / mercy / confoꝛt et Bon fecoure 
Ne me laiſſeʒ bꝛuſter fe dieu Vous gard 
Flãme / chaleut / ardeur par tout ſeſpart 
Gſtincelles et fumee ſans part 
Embꝛaſe ſuis du feu qui croiſt touſiours 
TDirez / bouteʒ / chaſſeʒ / tout a leſcart 
Et dur danger getteʒz de toute part 
Œaue de pitie de lermes et de pleure 
21 faide las ie nap confoit baiffeute 
Auance; Boue/ou vous Biendtez trop tart 


¶ La lamentacion faicte au iardin de 
pfaifance du poure feruiteur fane guerdon 


Dufpirs tirer pat defconfoit 
Be fa biſme de mes penſees 
Zueil de plus en plus fort 
De nuffe attente de confort 
Souuenir deiopes paſſees 
Zoutes ces choſes amaſſees 
Dont en mon cueur couuertement 
GEn lombꝛe de ſemblant qui ment 


es maulv qui fault que nul ne voye 
Sont au plus parfond de mon cueur 
Et ſemblant fains que ioyeux ſoye 
Par mes peufv qui rient ſans ioye 
Defamoureuv tis dedouleur 





Ainſi em pire mon malheur 
Et fais mes maulv plus doloꝛeux 
En faiſant ſemblant deſtre heureux 


Gt la choſe par quop ie cefe 

Tes maufp eft pour garder lonneur 
De mon ennempe mortefle 

Dar quite feuffre doufeur feffe 
Qua fa mort me feroit Bon eut 

Je fup crains faire defbonneur 

Et elle na pas eu regard 

Auv maulv dont iap ſi large part 


on cueur veult ma Bouche contraindre 


Beceflermes maufo qui laſſaillent 
Hetas mafp pourroit attaindꝛe 

Tar femblantne ſe veult pas faindre 
Malare fa bouche / ſouſpirs parlent 
Et malgre fes yeulx lermeʒ ſaillent 
Et la face ſe moꝛtiffie 

Que rigueur de dꝛoit maf fignifie 


Que Bauft que fa bouche fe faife 
Quant fembfant fait tout Le contraire 
PBuaftef double fa malaife 

Et le dueifdefcouuert appaife 

Se tant Sauftmieufy dire que faire 
Puis que fe dire peuft attraire 
Quelque petit peu dafegence 

St que fe taire eftagreuance 


Helas coꝛps de frefBeffe feutre 

mment Souenommera ma bouche 
Autrement que ma feufe dame 
Apeu que fe cueur ne me pafme 
Quant Le dire a la langue touche 
Helas auant que ie fe couche 
Ee plus befqui fepourra faire 
Pour voſtre grace noue deffaire 


Plus enuys ma plainte ferap 

£a faire tant plus menupra 

Ain ſi mon mal empireray 

Sont moꝛt pꝛes ma dame ſeray 
Et loꝛs que la moꝛt me pꝛendꝛa 
Deuv Biens enſemble me viendꝛa 
Je ferap quitte de languir 

Et a franchp deplue mourit 


Oꝛ toncludʒ que me plaindꝛay 

Et diray ce dont ie me dueil 

on vouloir ne contraindꝛay 

He mon ſemblant plus ne faindꝛay 
Tar plus ne puis cefer mon dueif 
jf fe monfire de cueur ct doeil 

Et auffort quant laffolleroye 

Ja pource bon gre nen aurope 


Puis quainfieft / 0x np a mais 
Que deſcharger fee griefs fais 
Dee maulv apres doſoꝛeux 
Bont ie fuis derope deffais 


et 
Ceſt a vous que ma pfainte fais 


TCueur rigoꝛeux 


dar pour vous ie ſuis langoꝛeux 
Seſert ſus tous les amoureux 

€ tmene a deſeſperance 

Vozʒ regardz doufp ef fauoureup 
Gt So; doulx parfere doloꝛeux 
Plains defperance 


Du ie adioufte grant ſcience 
ont murdꝛy ei mis en Balance 
De metuer a mec propres Mains 
aïe meflier neſt que ie mauance 
Pluſtoſt mourir / car iay fiance 
Quapꝛes mes plains 


ec cris/mes piteux recfaine 

Lee douleurs dont ie ſuis tout plains 
Ne me laiſſeront queres viure 

Dieu le vueille/mais ie vueil ains 
Quon ſache pourquop ie me plaine 
SEt qui me liure 


Lee douleurs ou mon cueur fer pure 
Puis fope de viure dcfiure 

Ainfi comme fa mort vouldꝛa 

Et feffe neft ou foffe ou pure 

Je ferap des premiere deliure 

Si conuiendꝛa 


Que toſt meure / ou elle fauldꝛa 
Se faire ce que pꝛetendꝛa 
TCTombien que delle ne nie chault 
Se riene a elle nen tendꝛa 

ar iay dueil qui fe contraindꝛa 
Selle deffault 


Oꝛ puis que ceferpfus np vault 
le vueil maintenant commencet 
Et que au foꝛt ſe dire le fault 
Combien que delle ne me chault 
Vous fouuient if du doufp affaufé 
Que mefiuraftes en ſurſault 
Dans efcrier 


Par regard ce fuBtifarcer 
Que Bo pouf firent deſcocher 
Acompaigner de bel acueil 


Dont pour vous vins mercy crier 
Et voſtre fureur prier 
Damonreuv Bueif 


L£ore mefeifies vng doufo recueil 
Et vng treſgracieux acueif 

Æt doufcemnent ma plainte oupfies 
St Sngamoureup regard doeif 
Me donnaſtes opant mon dueif 
Puis refpondifies 


St ces pꝛopꝛes parofes deifies 
Sont mon cueur affes eſiouyſtes 
Si ieſtoye digne daymer 

St ce fuſt vꝛay que vous me dictes 
Das ne ſeroye de dames quittes 
<Ceft le parler 


Cil qui fut maiſtre ouurier 
Aſſez toſt apres en aller 

je conuint / ſi me departy 
Pour noſtre embuſche celer 

Ne ofap adonc plus demouter 
SEy ce party 


en affap de iope partp 

ar en ces maulx granit Bien fentp 
Souuenteffoie ainfireuine 

Que de mes maufs Joue aduertp 
Ættant en fin Sous conuertp 
Queie p patuine 


2 pfufieure gracieux fine 
Sont pfufieure foie iopeuv deuine 
Dar parofee nonautrement 


Oncques plus grant Bien ne maduint 


SEt auſſi aloꝛs pfuemetine 
Que allegement 


Douffiffe de vous nullement 

Se neſtoit honnoꝛablement 

Tar tant chierement Sous aymoye 
Quaiſe y eſtoye et content 

Be vous veoir tant ſeulement 
Aller la voye 


Helas et quant oupr pouope 
ee doufo motz / tant furent de iope 
De voſtre belle Bouche yſſir 


C. lxiũ 
ZTant de haulv plaiſirs y pꝛenoye 
Que ie ne fcauope on ieſtoye 
Jamais mourit 


Ne peuſſe / non pas enuieillir 
Tant y prenope de plaiſir 

Que nul ne fe pourroit iuger 
Vng ſeul mot de bouche ouurit 
Ge faifoit de cent Biens iouyr 
Œtoubfier 


Tent maulx / oꝛ me fauft eflonguer 
Se chaſcun / et me aller mucer 
Dour fa noiſe de mes haulx crys 
Je ne ſcay que la moꝛt huchier 

Et elle me veult appꝛouchier 

En ce point viʒ 


Si me ſemble qun iout vault dix 
Je parle et ne ſcay queie dis 
Quant ie cupde affer ie retourne 
Se on parfe a mop ie fes enuis 
Se ie reſpondz ce meft aduis 
Ain ſi me attourne 


Foꝛtune qui contre moy tourne 
Sont mon entendement beſtourne 
Quant ie deuſſe dormir ie veille 
En vng lieu iamais ne deſtourne 
Je me lieue auant quil adiourne 
ZTout me traueille 


on viſage fe deſpareille 

Œt me ſemble eſtre grant merueille 
Quant len parle de mon maintien 
Tout ceque ioys pat Bne aureille 
Sault par fautre ce qui conſeille 
Pour aucun bien 


Malgre luy ſcay et nen faistier 
Je ne vueil nul autre moyen 
Que fa moꝛt lamenter / vous mia 
Dite iamoye fut toute rien 

Voʒ yeulx ont tiſſu Le fier 
Dontie Jouepuis 


aie ie ne puie eſtre repris 
Be Jous auoir choiſy / mais prie 
TCar de gracieufe ſtature 


Qui portes lee Los ef le prie 
Et de tout ce qui eſt comp ꝛine 
Œn creature 


Du coꝛps compoſe par meſure 

Be maintien condupt pat dꝛoicture 
Et de grace beaulte de Biaire 

GEt qui le voir vouſdꝛoit concfurre 
Tous fee autres faits de nature 
Sont a reffaire 


On ne peut compataifon faire 
Tant fut employe a vous faire 
Loꝛs fut acheue fe chief doeuure 
Du riens noublia a parfaire 
Foꝛs ce quitouche mon affaire 
Œartoute autre oeuure 


It appert/fe fait fe defceuure 

pinage dargent ou de cupure 

Neſt pas pfus proprement taiffie 
aie fou63 cefte Beaute ſe requeuure 
Lafpre rigueur qui fift ceſt oeuure 
a mafadie 


Qui puise ne peuf eſtre affectee 
Gt qui ia ne fera greuee 

Tant que fa mort laura empꝛis 
Helas pour piteuſe aduanture 
Bonne luy auez louuerture 
Point ne men rys 


Oncques vers vous vng ſeul meſpꝛis 
Noncques choſe ie nentrepꝛis 

Dont congie ne vous demandaſſe 

He oncques ie vous deſobeys 

Se tous puiſſe ie eſtre hays 

Sans auoir grace 


Je mocciray ains que ie face 
Ehoſe dont vons courronſſaſſe 
Vous le ſcaueʒ autant que moy 
Oncques rien ie ne vous iuraſſe 
Ne faiffp que ie nacheuaſſe 
Heſas pourquop 


Mauezʒ vous donc faiffp de fop 
Au beſoing mauez laiſſe cop 
St au pluffoꝛt de non deſir 
che laiſſez en piteux defrop 


Fueillet 


Que vous ſemble que faire en doy 
Diute ou mourir 


Fait mauez autre Sefpfaifir 
Quant ver Joue mefeiftes venir 
Premier pour accointance auoit 
De feiftes tant de deſplaiſir 

Œn reſpondꝛe et en mon oyr 

Que mon vouloir 


on cueur ma Bie ef mor pouoie 
Vous donnap fane iamaie rauoit 
Quant en ce point me voyeʒ 

Se monſtre ne meuſſez non chafoir 
Jeuſſe adoncques fait mon deuoir 
Œateftongnez 


he feuffe/et point eſtre erplopes 
Feuſſe et oꝛes ne puis venir 

21 ce Bien ceſt vng des mefcHiefs 
Et puis fi ſuis a moꝛt iugieʒ 
Dour mon feruir 


aie deuffap ie cent foie mourir 
Dine Sous vueil ie pas apr 
Combien que ma mot defirez 
Voſtre me fais fans repentir 
Dine vueil pas ma fop mentie 
Æoufioute ferez 


Celle que mon cueur gardeʒ 
aie an fort vous met) greuez 
Dane point auoir dallegement 
Je fuie ia a la moꝛt liureʒ 
Dane point en eſtre releueʒ 
Tant plus bꝛiefment 


Pꝛendꝛont mes douleurs finement 
Car en mourir plus ſeurement 
Gt quant auſſi Sous apmetap 
Sueil en aurieʒ aucunement 

Gt ce fera le vengement 

Que ien pꝛendꝛay 


Des aſpꝛes maulx que poꝛteray 
Malgre vous bien me tiendꝛay 
Pendant que ie ſeray en Sie 
Jamais autre que vous nauray 
Ainſi de vous me vengeray 


Don ennempe 
¶ Helas encor fauff que ie dye 
Dont Bient ceſte mefancofie 
A quoy ap ie mon bien forfait 
Pautre aymer neuz oncques enuye 
Pourquoy meſtes vous eſlongnye 
Que ay ie meffait 


Que dira amoure dung tel fait 

le cuidope eſtre tout veffait 

Et auoir dame pout touſiours 
Helas et iap tout le deffait 

Je meurs de paine et nap riens fait 
Je noye en plours 


Je meurs par deffauft de ſecours 
Quant ie cuyde iouyr damours 
Je iouys de moꝛtelle hayne 
Dour vne entree de doulcenrs 
Suis mis en flãme de douleure 
St de ruyne 


Non pas doulceurs ſans plus par hayne 
aie pour parole deſoꝛmais 

Helas qui euſt penſe iamais 

Que ſoubʒ ſi doulce medicine 

Fuſt la mort/ne ſoubz tel courtine 

Di piteux mes 


Ne ſi doulouꝛeux entremes 
Touureurs ont ilʒ tant dangleʒ 
Quon p peut Bien et mal couurir 
Je croy quifnaduint oncques mais 
Las oꝛ eſt il aduenu mais 

Pour en mourir 


La charge et fe dueil deſcouurir 
Je cuide que ce defpfaifir 

Meſt aduenu par deſtinee 

Je doyue aymer ſans iouyr 
Et en fin de doufeur mourir 
TCeſt ma penfee 


£a fentence eſtoit oꝛdonnee 

Et Joue laueʒ excecutee 

aie mieule me pleuſt que autre leuſt fait 
Dane fouffer voſtre renommee 

Se ma malheurete foꝛſennee 

Ieme deſplaiſt 


C. lxiiii 
Quant ma fortune vous deffait 
Et oncques mais de pateif fait 
Se Joue meuue er nuf Bfage 
Nature neuft gueres meffait 
elfe neuf fait ſi imparfait 
Quen ieune aage 


Feuſſe moꝛt / mais grant aduanture 
Vous fut / car aumoins ce dommage 
Qui Sous touche neuſt pas eſtee 
aie voicy que iay en courage 
Jamais pour en mourir en gage 
Me pout donnee 


Que ape ne pour amytie 

A nul viuant fa Berite 

Ne nommerapy de voſtre nom 
Tar ce ſeroit trop grant pitie 
Se dame de telle beaulte 
Auoit renom 


Par mon malheur autre que bon 
Mais a vous et a autre non 

Ze vous meſmes me plaindꝛay 
Sans requerir de gueriſon 

Tar ie ſcay bien concluſion 
Que ie mourray 


Mon pas ſi toſt que ie Vouldꝛay 
Tar ſans ceſſer ce vouloir ay 
Et quant vous oꝛreʒ teſmoigner 
Que piteuſement mort ſeray 
Pour vous que tant ap et auray 
Di vous requiert 


St ſupplie de cueut entier 

Que vous vueilleʒ pour mop prier 
Se fa perfonne auez Baye 
Juſques a fon iour derrenier 
Aumoine vueilleʒ lautre auancier 
le Sous en pꝛie 


Puis que de ma douleur cruelle 

Nya femme / fille/ne ancelle 

Qui men peuſt donner gueriſon 
Mais deuant amours ien appelle 
eff Bien dꝛoit que chaſcun mappelle 
Le ſeruiteur ſans guerdon 


dd ii 


Fueillet 
¶ Comment au iardin de blaiſance eſt fait debat de lbomme 
marie et de lhomme non marie 








— — 





¶ homme non marie commence 


Dur cuider courroux eſchiuer 

| St paſſer temps aucunement 

Vne des nuytz de ceſt yuer 
Commeie faiʒ communement 

enap Sngieune ſacquement 

Touchier er) mon nouueau mefnage 

Lequel eftoit nouueffement 

is au fien de mariage 





if eſtoit pfaifant homme ef face 
St en luy Bean maintien auoit 
Et bien a mefure fangage 
Pour lemployer ou if deuoif 
Beaufv comptes et dictes faifoit 
Quil diff et ſi gracieux mots 
Queie ne fcap on il trouuoit 

Ce quif difoit a tous pꝛopos 


Teſtoit merueiffes de foupr 
Diſoit que point ne fe faignoit 
Dar force faifoit efioupr 

on cueut qui en fermes baignoit 
Et de [on Bien me contraignoit 


Dubfier fee biens de fortune 
Di doufcement quif eſtaignoit 
Le feu quimes doufeure allume 


Œtpuie de fa harpe touchoit 

St dautree mouft beaulx infirumens 
Sique fhoftef retentiffoit 

Ses doufp accoꝛdz et verboyment 

Je me pꝛins a lire en rommant 

Puis de pfufieute choſes patfafmes 
Œtmetiné en efBatement 

Juſques atantquenous couchaſmes 


GEt combien que enffione dit de fout 

Gtdontifnouspeut fouuenir 

Et deuiſe iuſques au Bout 

DSu temps paſſe et aduenir 

Si ne fe peult oncques tenir 

De dire encoꝛes fur le linceul 

Auecquee mop vous fault Benir 

Se neſt riens que dung homme feuê 
¶ Loꝛs luy reſpond ledit 
non marie 

TComment ſentend voſtre parler 

Spys ie / beaulx amy ie Bouc prié 





Ne par ou Boules Bose affer 
Qui me requereʒ compaĩgnie 
Se penſeʒ que ie me marie 
TCommie nagueres auez eſte 
Je Sous dp par ſaincte marie 
Que ie nen ay pas voulente 

¶ Ehomme marie 
Si fault il que vous fe ſoyeʒ 
Siſt le compaignon marie 
Et que Bnefois vous leſſayeʒ 
Quant Sous aures Bien harie 
Jay longuement droit charrie 
Et nay ſceu garder dy verſer 
TCar quant iay en droit arope 
On ma endoꝛmy ſans berſer 

Le non marie 

Endoꝛmy dea / il meſt aduis 
De vne chofe ne me pfaift bien 
Que nuf homme pat fon aduis 
Ne men hourderoit mafgre mier 
Tombien que ie crop quif neſt rien 
Que on ne trouuaſt pour deuiſer 


aie quant vng homme a le chois fier 


doit a for fait aduiſer 

¶ Le marie 
Quant Joue fetes Bien aduife 
Dar dicu Sous Sous marirez 
Nous auons beacoup deuiſe 
aie cropeʒ moy / ſi le ferez 
ar par ce point auoir pourrez 
Bien et honneur et ſans diffame 
Et auecques ce Sous en ferez 
chieulo pufe/et Siures fane blaſme 

Lenon marie 

Dane blaſme Beau five/et quefmal 
Ay ie fait que me repꝛouueʒ 
Voys te courir ne a mont ne a Bal 
Nompꝛe fes Bupe qui font fermez 
Je me tiens «Lo et enfermeʒ 
Et ne boy que de la ptiſanne 
Ainſi marier me pardonnereʒ 
Auſſi certes ie ſuis trop ieune 

Σe marie 
Dncquesieune fenime nayma 
Si parfaictement vng Bieif homme 
Quelſle fait le ieune / ſelle a 
Zequop prendre merie ſomme 
St ſi ne ſera iamais tant cõme 
36 ſentrayment quif; nayent aſſeʒ 


C. lxv 


Et plus que ceulx qui ont grant ſomme 


argent et font vieitz ef caſſeʒ 

Σe non marie 
Voire mais de prendre (a charge 
Dune femme et ie nap de quop 
foutrit lee enfans fefle encharge 
me Bauldroit mieufy tenir cop 
Je pourrap Bien dire pourquoy 
je Sine mettre en ceſte fefte 
Jayme plue icp me tenir a requop 
Me tenir que rompre fa teſte 

¶ £e marie 
es enfans fi portent nupfance 
Vng petit qui Bien p regarde 
Aincoys a en iope et pfaifance 
Tant quon les nourriſt et garde 
Duktre plus ce neſt par meſgarde 
Voſtre femme aura de fauoir 
Auſſi qui garde et contregarde 
Alêne peut iamais pou auoir 

Le non marie 
Varlet de chambꝛe et nourrice 
Fault auoir dontonafacure 
ZÆout fe cueur de paour me herice 
Quant ic penfe a ceffe aduanture 
Gt fi crop quif neſt creature 
Quine craigne a ſi bouter 
Veu le meſchief quon p endure 
Æef fier fait Bien a doubter 
¶ LEe marie 

Lee ſeruiteurs et chamberieres 
Dont vous dictes quon a fe ſoing 
On ne ſen doit charger de gueres 
Sil aduient quon en ait beſoing 
Faictes pꝛouiſion de baing 
Et du ſurplus ne vous doubteʒ 
Tar il ne griefue quel vng baing 
Teſmoing ceulx qui fi font bouteʒ 

¶ Ee non marie 
Par ma fop fire vous auez 
GEſte pꝛins a fa ſouriſſiere 
Œtapree ce vous ne ſcaueʒ 
TComment me mettre er fa ratiere 
Je napparcoy autre matiere 
Qui de mon parler vous eſmeuue 
La raiſon yeſt toute entiere 
Vous aue; fait premier leſpꝛeuue 

Σemarie 


Quant Sous autes bien proue: 


Tous fes eſtas de cefte vie 
Vous naurez pas en tout trouue 
hoſe qui foit pfus affouupe 
Que mariage et ſans enupe 
Quant if fi porte doucement 
eff toute pfaifance raupe 
aie quon fe entrapme feufement 
¶ Le non marie 
Doire ſil eſtoit tempe de paix 
Quon ne papaft taiffe ne guet 
ais if fauêt poꝛter tant de faits 
Dites que chappeaulx de minguet 
Que fi vng homme ne Bit daguet 
Et ſil auoit cent nuiffe liures 
Si ſeroit il poure muguet 
Œt de fon auoir toſt deliures 
¶ Le marie 
Quant de guet il eſt neceffaire 
Auſſi eft de faire fa porte 
le ne puis dire fe contraite 
Nous fommes tous de ceſte forte 
GEt puis il neſt querre fi forte 
Qui ne deffine apres fon cours 
Gnce point ie men reconſoꝛte 
Malheur ne dure pas touſiours 
¶ Ee non marie 
Berne bouter en ce danger 
GEt ne men poucoit repentir 
Je me lairroye auant manger 
Que voue my feiſſieʒ conſentir 
Neantmoins que feuſſe ſi martir 
De prendre femme tencereſſe 
Jameroye miento fans en menfit 
Quelle fuft de fon corpe pechereffe 
Le marie 
Vous fcaue;quiffauft endurer 
Ses femmes en pluſieurs manieres 
Quant auec elles veult durer 


Œt veult Biure ſoubz leurs bannieres 


Sil en eſt qui font couſtumieres 
Betencerceneftpas merueilles 
Mais ſilʒ commencent fes pꝛemieres 
If fauft faire grandes aureilles 

¶ £enon marie 
It fauldꝛoit donc que iemafferue 
Qui (uie en loſtel fe greigneur 
Et que comme Batfet ie ſerue 
Gt ie dois eflre le ſeigneur 
Ja ne me viendꝛa tel deſſonneur 


Fueillet 


Tant que iauray fa vie au coꝛps 
Et ſi ny auez point dhonneur 
Sa fa voſtre ane; amoꝛs 

¶ Le marie 
La mienne neft pas fa pfue mafe 
aie quant if adnient queffe nopfe 
TE fauft que ce morcel ie aualle 
Œtque daufre part ie menuopfe 
St puis toſt elle fc accopfe 
GEt quant ie reuiens if np pert 
Faire le fauft/dont il me poife 
Qui plus leur eſt mal plus y pert 

¶ Le non marie 
Œt font ilʒ toutes er ce point 
Œt de telle condicion 
Quant a mop ie nen vouldꝛoye poiné 
Sifs nauoient autre infencior) 
Œatif neſt telle paffion 
Que quant femme a male Bouche 
Je congnote leur appꝛeſſion 
ieulo que on ne fait for a fa tourbe 

ematie 

Ha dea/ifen pa qui font 
Bien humbles enuere leure marpe 
Et qui mouft de plaifir leur font 
Et fes offent de granepetif 
Œtnen fopesia ſi marris L 
ar contre deu qui font noifiôfee 
Tant a oꝛleans comme a patie 
Œn a cent doufcee ef paiſibles 

¶ Le non marie 
He benoiſte dame if y fault 
Tant de menues tricquedondaines 


Que autant vauldꝛoit a vng aſſault 


Eſtre frappe de trois dondaines 
Te font purgatoires mondaines 
Se croy ie par mon iugement 
A Bien conſiderer fes painee 
ous ſcaueʒ aſſez fiiemene 
¶ Le marie 
Laiffes moy er paiv ceſte paine 
Bon gre dieu fant vous p penfes 
Loppinion neft pag Bien faire 
Que partant de foie recenſeʒ 
ropez mop et vous auancez 
Puis que tefiffe Sous fault boire 
Clignez focifet Bouc p fancez 
Lomme fait vng Becquet en loire 
Σenonsmatie 


Pꝛinſtes Sous point iour de confeif 
Le feiſtes Sous ſi deleger 
boue ſemble il point en cas pareil 
On ſe doiue tant abꝛeger 
TWhaſcun deueroit Bien ſonger 
2 ce qui ſen peut enſuyr 
ais en haſte na que targier 
On ne peuft fon malheur fuyr 
¶ £emarie 
Detenir que ce foit malheur 
Beau five/ceneftpae bien dit 
Si Sous tenes certain et feur 
Quifeft malheureux et maudit 
Qui fes ſacremens contredit 
Et ne feur porte reuerence 
21 6on doit leur eft interdit 
ZBauoir Bien en perfeuerance 
¶ Le non marie 
Je fcap Bien quon doit honnoꝛer 
Dieu / legliſe et les ſacremens 
Gt ſi ne pouons ignoꝛer 
Que nayons les commandemens 
Mais quant fee ponres facquemeng 
Æn teffe bataille fe boutent 
Lon ditqueifsont tef;toumens 
Te neſt pas meruciflee ſilz doubtent 
¶ Ee marie 
Dar moy ferment ceſt Bel eftat 
De mariage quoy quon die 
Et y Bit on Bien fans debat 
Sans iniure et fane villennie 
Pourueu que chaſcune pattie 
Vueiſle complaire er) fon endroit 
Dans que famout ſoit impartie 
Autrement tout rien ne Bauldzoit 
Σcnon marie 
Autres en ont eſte trompes 
Tant que chaſcun fe Soit a loeit 
Et ſainſi eſtoie atrappez 
Dar ma fop ie mourroye de dueil 
Et ſi pas faire ie ne vueil 
TChoſe tant pꝛeiudiciable 
Ne trouuer a perfonne acuei£ 
Quineme foit feut et feable 
¶ Ee marie 
Pꝛenons fa choſe au pie aller 
Quon ſe trouuaſt en ce meſchief 
Et puis ne oſe len parler 
Que pis nen viengne de rechief 


C. lovi 

Qui fe rompꝛoit ef coꝛps et chief 
TCupydant coꝛriger ce defauft 
On nen viendꝛoit iamais a chief 
Plus en parle on et pis vault 

¶ Le non marie 
Auant que deuenir coqu 
Jaymeroie mieulx par mor ame 
Que ie nenffe ia tant veſcu 
Œtque oncques ie neuffe eu femme 
Dour ceie prie a nofire dame 
Se ne maduife toft ou tard 
Que de cenom vil et infame 
St de telʒ autres maulx me gatd 

¶ Le marie 
Touteffois quant il aduiendꝛoit 
2 maf Venir que le fuffies 
Cꝛoieʒ bel amp quil fauldꝛoit 
Quen gre Joue fe recueilliſſieʒ 
Etqueauffi vous fe aualliſſieʒ 
TComme lait ou miefen bouche 
Du autrement que vous euſſieʒ 
WChaſcun iour Bne douleur farouche 

¶ Le nor marie 
A6 fontaucune qui fe feroient 
GEt loubliroient incontinent 
Et pluſieuts auſſi ne pourroient 
Le paſſer en diſſimulant 
Se ie voy doncques vng galant 
En lhoſtel ou en plaine rue 
Auecques ma femme parlant 
Dois ie faire bouche courue 

¶ Le marie 

Dup certes ſi vous Boules viute 
Be telles danrees marchaut 
St aucunefſfois faire lyure 
Œtau ſoir Fe premier couchant 
Neſt pas homme Bien mefchant 
Be ſen donner mak temps ſil eſt 
Vng coqu qui a Bien lourt chant 
Dit autant qun roſſignolleſt 

¶ Le non marie 
Sil vit autant ſi neſſe pas 
Quif ſoit a chaſcun ſi plaiſant 
Et fi pa Bien dautres cac 
Dont ie fui et ferap taifant 
Lefquefs iap trounes en liſant 
En plufieure liures que iay leuʒ 
Qui en parlent bien plus auant 
Que la roſe et matheolus 

dd iiii 


d£emarie 
Quant eft du liure de Fa rofe 
lien parte que Gien a point 
Et qui bien entend fa choſe 
Dec feminesifne meſdit point 
Paie matBeofue fut efpoint 
Be laguillon de fon ampe 
Pource en parfeif en cepoint 
Quife craint ne ſi boute mye 

¶ Le non marie 
Bigame ferope mieufv enuis 
Si faiffoit que marie fuffe 
ar if faufdroit a ce me afferuie 
Du ia nauiendꝛay que re puiffe 
Paie fainfieftoit queie peuffe 
Trouuer fiffe douce et paiſible 
Du mon cueur et mon plaiſir euffe 
Bpy tendroie fif eftoit loiſible 

¶ Ne marie 

Vous trouuerezʒ bien a choiſir 
TFlp en a aſſez de belles 
St pource prenes le loiſir 
Sauiſer ces ieunes pucelles 
Et quant vous aures Beufefqueffee 
Vous plairont mieulx / pꝛeneʒ en vne 
Tomme or fait au ieu de merelles 
Œarifneft tef Gien ſoubz la fune 

¶ Le non matie 
Je ne le cuydaſſe iamais 
Ace queen ap oup dire 
Æt Seu en pluſieurs fiuree/maie 
Vous eſtes mon amp Beau fire 
ler ferap fefon voſtre dire 
Quant dictee que ceſt mon pꝛouffit 
Mais ie np vueil pfue contredire 
offre confeif fi me fuffit 

¶ Le marie 

Adoncques il me mercia 
Et (offrit de ſi employer 
Bien acertes me pꝛia 
Que ie fe voulſiſſe eſſayer 
Et diftque pour p deſployer 
Brant partie de fon auoir 
Si ie luy Soufope enuoper 

¶ Le non marie 
Ain ſi ke marie me print 
Dar fon denis tant ſermonna 
Œt fur ce ſommeil me furpriné 
St ainfiforreloge ſonna 


fucitfet 


Nufbenoueplueneraifonna 
ar huyt heures frapper opfmce 
Lung enuers fautre fefourna 
Et en ce point nous endoꝛmiſmes 


Gt pource que ie fup pꝛomis 
Dont ie ſuis encoꝛ Bien recore 
Sy aduifer et me ſubmis 
Sobeir a tone ons accoꝛs 
Fay defia donne cueur g coꝛpe 
A Bne a qui ie luy ap fait dire 
De faqueffe ienattene fore 
Le receuoir ou leſcondire 


Si fup fuppfp trefBumbfement 
Que fe plus Brief queffe pourra 
Dueiffes donner afegement 

A mon cuenr/ou if fe mourra 
Combien que ce quete vouſdꝛa 
Je fuie et dois eſtre content 
aie ſil (up plaiſt effe Serra 
Quirneftpaeaifequiattant 


¶ £e linte dee dames a icelles baiſte 
au iardin deplaifance pout les infirus 
re et doctriner en quelle maniere elles 
ſe doiuent tenir et conteni 





Ê Lit C. lv Vii 
JSliure petit pꝛiſeronk Auſquelʒ len doit pour ce laiſſer 
Dames fe amẽdees ney ſot Que toſt peut fon pris abaiſſer 
Dour ce vueil ie courtoiſeſit Qui moult bien Garde ne fe pꝛent 
enſeigner auv damescomét Se folloiet raiſonnablement 
6 Slles ſe doiuent contenir 
En leur aller en leur venir Selle en fait trop ne tant ne quant 


En leur parler en leur taiſer Si dient que ceſt grande hardiſe 





De doiuent moult amefurer 


On dit quant fente trop parolle 
Apꝛinſe eſt de malle eſcole 

Sine peut faillir que ne die 
Telle patoffe/tef fofie 

Dont ef eff a La foie blaſmee 
Dource doit efire ameſuree 
Chaſcune dame de parler 
Quelle ne ſe face blaſmer 


Et dautre part le trop taiſir 

Ne reuient pas trop a pfaifit 
Tar moult en fait moine a pꝛiſer 
Quine fcet fee gene appaiſer 
Pour ce ne fcet dame que faire 
Quant a layme eft fideBonnaire 
Quelſe fait pat fa courtoifie 
Soulas et Belle compaignie 


St auv allans et aus Senanse 
Doient cheualiers ou fernane 

Œt faire chaſcun fefon prie 

Et ſi reſont ſi mal apꝛis 

Que loꝛs ſen Bantent pluſieurs 
Ætôientque font plaines amoure 
Et celle ne les prife Bng bouton 
Se par ſa courtoiſie non 


Auf en cent ans ne penferoit 
Pource ne ſcet que faire doit 
Tar ceffe ne fait beſle chiere 
Loꝛs dient ifs /effe eſt trop fiere 
Du oꝛgueilleuſe/ou nice ou fofle 
En defdaignant de fa paroffe 


Si luy imectent fur Siffain blaſme 
Et Bien faichies que mainte dame 
De retrait fouuent de feruir 

De foffoper et de courir 
Pluſieurs auſquelz effe feroit 
Beau fembfant fene fe doubtoit 


Et quon lauroit toſt deſſoubʒ mife 
Son fa tenoit en vng plain) lieu 
Zoſt auroit fouffert fe Beau ieu 


Itz ne fcauent quifs vont diſant 
Acenetientnetantnequant 
Mainte dame pat fa franchiſe 
Fait Beau ſemblant / quen uulle guiſe 
fe vouldꝛoit penfer villenuie 
Quoy quelle face quop quelle die 


Oꝛ eſcouteʒ ie Boue diray 

Ainſi que pꝛomis ie Sous ay 

Et ſe croire Boue me vouleʒ 

Sa toꝛt neft:ia blaſme naures 
Sau monfüer alleʒ ou ailleurs 
Bardezʒ vous de trop ou de coute 
En treflout temps tout le beau pag 
Allez/ g ſi ne paſſez pas 

Trop deuant voſtre compaignie 
Quon le tiendꝛoit a villennie 


SEn voſtre cueur poueʒ penſer 
Que le courir ne le troter 

A dame ia bien ne fera 
Œtnemufesne ca ne la 

Mais dꝛoit deuant vous regardez 


Vng chaſcun que Sous congnoiſſeʒ 
Salueʒ debonnairement 

Ce ne vous couſte pas gramment 
Et moult en eſt tenu pour chier 
TCil qui ſalue voulentier 

Il neſt pas large de vous donner 
Qui eſt eſchars de ſaluer 

nuie me donroit cil dix mate 
Queſt de moy fafuer efchare 


Dar cefle amour ceftup deffene 
Retenez Bien ceſtuy Beau fene 
De fon regard ameſurer 

Que tant fp trop font a blaſmer 


Que dame regarde ſouuent 
Aucun et af garde ne prent 
Tant en chiet en grant erreur 
Gt croit que ce ſoit par amour 
Neſt pas merueille fil fe croit 


Du ſoit a toꝛt ou ſoit a dꝛoit 

ar ſouuent dit on ie mer) dueil 
Les regarde font damonrs meſſage 
Selle ke fait de cueut volage 

Auffi toft feroit a auftrup 

Vng retard comme a ceſtuy 


Ja de femme qui Bain cueur ont 
Zes yeulv ſtables ne feront 

Ains tourneut plus menuement 
Quefprenier quant laloe pꝛent 
Ain ſi fe font par regarder 
Maintes dames fouuent blaſmer 


Saucuns de voſtre amour vous pue 
Bardez ne Joue en Banter mie 
eff Siffennie de Sante 

Gt fi Souefe Soufes amet 
Teulx neft plus ſamour cefee 
Aqui Bone en ſeres vanteee 
Tantoſt ſe apparceueront 

Ne ſcauent dames quelles font 
Quant nayment moult celement 
Quon voit ce aduenir ſouuent 
Quon pꝛiſe tel choſe petit 

Quif plaiſt moult et eſt abelly 


Auv dames eſt il aduenu 

Quon a tel homme vil tenu 

Quon ayma puis deſtraictement 
Et celle euſt fait Vng grant ſerment 
Que iamais aymer ne Le deuſt 
Moutt a grant paine leuſt ia creuſi 
Pour Bon loʒ ie le vueil taiſier 

Gt ſi fait la dame a blaſmer 

Qui ſcet fa blanche chair monfirer 
2 ceufp de quineft pa pꝛiuee 


Aucune faiffe deffermiee 

Sa poictrine affin quon voye 

om faictement fa chair blanchoye 
Vng autre laiſſe tout degre 

Da chair apparoir au coſte 


Fueillet 


Lautre ſes iambes trop deſcueuute 
Pꝛeudons ne loue pas ceſte oeuure 
Tar cauftife toſt decoit 

fol cueur daultry quant il fe voit 


Pource le ſage bien dit ſceuſt 
Que oeif ne voit au cueur ne deufé 
Blanche goꝛge / blanc cof/Bfanc Pie 


Blanches mains monſtrent ſe meſt vie 


Que blanche ſoit deſſoubz ſes dꝛaps 
De ce ne meſpꝛent elle pas 

De deſcouuerte £a fe voit 

Et fi doit Bien dame ſcauoir 

elfe qui ſounent fe deffie 

Voyant fa gent fait villennie 

Dh dit ceft ſigne de pufage 

Dour ce fa tient on a maf (age 


Ne de nul ioyau ne pꝛeneʒ 

De deſſeruy bien nefaues 
Dune veeʒ a deſſeruir 

ZLefs iopaufp ne doit retenir 
Nulle dame qua honneur bee 
Et qui ne Beuft eftre blaſmee 
Et Bien ſachezʒ ſelle fe pꝛent 
Til qui kuy donne cher luy vent 
ar toſt luy oſte fon honnour 
Le ioyau donne par amour 
Neſt mye du tout a pardon 
Ains couſte chierement tel don 


Que mouff fait dame cher marche 
Quant ane et coꝛps font empire 
St quant dame tel ioyau prife 
Sachie ce Vient de courtoiſie 
Quant courtoiſie luy fait pꝛendꝛe 
Ne ſe peult point au long deffendꝛe 
Que par ce ne face meſchief 

Eta dieu ef au fiecfe grief 

dat le prendre fi fa decoit 

Queffe np peult faufuer for dꝛoit 
Ains fup fait faire tefouftrage 
Quelle er) fauffe fon mariage 


Di font les ioyaulx frop vendu 
Pource vous foit il deffendu 
Saucun parent vous veult donner 
Joyau / ne deuez refuſer 

Belle courroye ou beau couſteau 


Auinofniere/affiche ou aneau 
Mais quil np ait intencion 
Entre vous deux fide bien non 


Vꝛenez le tout ſeurement 

St len mercier bonnement 

Œt ſi len tenez pour ſamour 

Moult pluſcher que pour fa vallour 
Mais grane dons appertement 
Æoutes a pꝛendꝛe vous deffend 
ar ſouuent a prendre et donner 
Fait bien toſt folie penſer 

Et tel foſlie pfaift fi fort 

Quelle ne craint peche ne moꝛt 


Sur toutes choſes de tancer 
Dueilieles dames chaſtier 

Ja preude femme ne ſera 

En qui tancer embellira 

Ne bonne dame neſt elle 

Ains a tort qui dame fappel 
Dar droit nom fappefle ribaulde 
Femme qui de tancer eft baulde 


Tancer ne peuft eſtre ſans ire 
Et elle trop fort cr empire 
Femme neſt 6effe ne pfaifant 
Quant ef eſt de tancer atdane 
Ains ſemble quef ſoit forfennee 
Femme de tancer embꝛaſee 

Ze voſtre valeur mouft vous toult 
Je tant fait que le cueur eſcoult 
Sp remaint fee ne courtoiſie 
Ains cruaufte et Silfennie 

Leur Biennent auecfe courroux 
Qui les biens en oftenttrefious 


Et toſt vous font tel choſe dite 
Qui voſtre bon renom empire 

TCar on le voit tout autrement 
Quant vous parlez en repꝛouchant 
Que ne ſcaueʒ ſi fait auez 

Le peche quauftrup repꝛoucheʒ 

Et ce que vous ſcauez en vous 
Reprouches aultruy pat courroux 
Don vous dit let fi le ſouffreʒ 

Ja treſpire Bone nen ſeres 


Ains Sous er ſcaura dieu bon gre 


fo Suit 
Gt feficefe pont Berite 
Et tous les ſages qui loꝛront 
A Gien le vous atourneront 
Qui Vous dif honte par courroux 
Soy meſmes honniſt non pas Joue 
Et vous ne pouez mieulx honnir 
Femnime tancant que pour taiſir 
Le cueur an ventre (up creuez 
Quant reſpondꝛe ne luy vouleʒ 


Sa bouche malement conchie 

Telle quautrup diſt villennie 
Toucher moꝛceaulx mieulx aymetoye 
SEn aultruy bouche quen fa moye 

Ma dieu nau ſiecle ne fera chiere 
Femmie de tancer couſtumiere 

Apꝛes vous dp que de iurer 

Dames Sons vueilleʒ bien garder 
Pource vous vueil moult chaſtier 
De trop boire et de trop mangier 


En dame ne ſcay villennie 
Nulle plus grant de gfoutonnie 
Bloute deffus gfoute defire 
Honny foit qui tel femme honnire 
Tourtoiſie / beaulte / ſcauoir 
Nepeult dame pure en ſoy auoir 
Duftreinentnuffe pꝛoueſſe 

Aa dame ſouſpire dyureſſe 
Treſtous les biens qui ſont en luy 
Quant elle eſt pure font perp 


Dat yureſſe eſt maint homs perdus 
Quelle toſt tonte ſes vertue 

pureffe eſt treſ villaine tache 

TCil qui ſenyure trop fort peche 
purene conguoiſt droit ne toꝛt 

Paꝛ yureſſe font pluſieurs mort 
Quelle nuyſt dedans et dehoꝛs 

Et conchie lame ef fe coꝛps 

Aufne Sous peuft ſi grans maulx dire 
Zpureſſe quencoꝛ ne foit pire 


Sp fp de dame qui fenpure 
Elle neft pae digne de viure 
Ce villain Rice eſt trop grant 
21 dieu et au fiecfe puant 

Et qui de gre gift en paour 
Nul ne ſuy doit poꝛter honnout 


le dpqueiladuient ſounent 
Telle fe honniſt maffement 


Duie queffe congnoift bien fa maniere 
Sine fe garde peu fa chiere 

St qui de gre fe veult honnir 

Nukne la doit chiere tenir 

Bien eſt honnis et honnis ſoit 

St homme et femme qui trop boit 

A qui le vin neſt mye ſaius 

éheffer le doit ou boire moine 


La dame qui dungfieu ne femue 
Quant vng grant fire fa ſalue 
Gt ceffe qui fe tient effouppee 
On dit / mal cftendoctrinee 

Et dire peult on tout de plain 
Queffe paroffe a tout Le frain 

Di ſemble quetfe foit af faine 
Du de fee dens ou de fafaine 
Je ne dis mye que fe goꝛget 
Œfioupper (e it leur meſſiet 


La dame ne tenez pout nice 

Qui fagement cueuure fon Bice 
Me ceffe ne fenes pour fage 

Qui trop cueuure fon Beau Bifage 
Gn toutes femmes fe Bean Sie 
Eſt Le plus pfaifant ce meſt Bis 
Neia Bien Belle ne fera 

Femme qui beau viſage na 


Jamais grimaſſes remiſeee 
Soiuent eſtre bien eſtouppees 
Belle bouche /belles dens / beau nez 
Beaulvx peufo/cfer Bi peut eſtouppez 
Sit aduient que vous cheuauchez 
Par Boic eſtouppees foie 
GEſtouppees au monſtier alleʒ 
ta kentree fi Sous deſtouppez 
Œtdenanttoutes gens de prie 

Bi vous aucz mal plaiſant ris 
Sans blaſme voſtre main poueʒ 
Mectre deuant quant vous rieʒ 


Dante qui a paſle couleur 
Ætquinamie bonne odeur 
Se doit par matin deſieuner 


fueiftet 


Don Bin ceffe feuffe confoutee 

Et qui mangeue Bien et bien boit 
Meilleur couleur auoir er doit 
Vous qui mauluais odeur auez 
Quant la paix au monſtier prenez 
Entretant vous niectes en paine 
Be bien retenir voſtre afaine 
Brains de fenoil ou de commin 
Vous deſieuner ſoir et matin 


Quef que ſoit a qui vous parleʒ 
Gnſus de luy ſivous teneʒ 

Qua fup voſtre afainene viengne 
Gt dautre part fi Soue fouuiengne 
Quen fuittant ne vous Baifent nufz 
ar maufuaife odeur gricfue plus 
Quant Sous eſtes plus efcHauffee 
Sachez ceft Serite trouuee 


Vng autre Beau fene Bone aprene 
Ne tenez aucun en deſdaing 
Quine fait pas a meſpꝛiſer 

Pꝛeneʒ vous garde que au monflier 
Vous contencez moult fagement 
Œarfa Sous voient maintes gens 
Auinotent fe maf et Le bien 


Gt fi ſcaneʒ fur toute tiery 

Le tefmoingau monſtier aues 

Bon oumaufuaie touſiours laurez 
Bien ſiet beleſtre au monſtier 
Tourtoiſement agenoiller 

Œtipar belſe deuocion 

Faire de bon cneur oꝛaiſon 


Bemouftrire/de moult parler 
De doit on au monſtier garder 
Monſtier eſt maifon doꝛaiſon 

On ny doit dire ſi bien non 

Ne laiſſez pas yeufv aller 
Follement comme apꝛins auez 
Tar quiles peufv a trop muables 
On dit fes meure neſt mye eſtables 


Quant keuangile Fire oꝛres 
Gn eftant feucr vous deueʒ 
Di Joue figues courtoiſement 
Apres ct au commencement 


Quant vous deues afer offre 
Denfes de vous ef conter 
Que par riſe neparmufer 

Ne faictes gens de vous parler 


A leuer coꝛpus domini 

Vous deueʒ dꝛeſſer entrecy 
Joinctes nains ceffe part aler 
Bu chief et du coꝛps fencfiner 
Puis vous deueʒ agenoiller 
Et pour tous chreſtiens prier 
Si ne vous enrefeue;ia 
Tant quon dira per omnia 


Et ſe Sous eſtes trop peſans 
Par maladie et parenfane 
Heures / pſaultier / lire poues 
En feant fi vous fee ſcaueʒ 
Le que homme / femme ne peufé 
Sans blaſmes laiſſeʒ luy eſtuier 


Quant la meſſe ſerachantee 
Et la benediction donnee 

Et vous en denreʒ retourner 
Laiſſeʒ la place ſeparer 

Gt tous les autres vng a vng 
Aler et encliner chaſcun 


Et ſe vous compaignie aueʒ 

De dames Bien fe actendez 
toutes portes grant honneur 

Œt £a plus grant et fa plus meur 
TComme plus eſteʒ de grant affaire 
Plus courtoife plus debonnaire 
Dopes quant elles fer) pront 

Se Vous en aleʒ :ainfi feront 
Toute femme qui honneur tient 
TCar toute vilennie en vient 


Se vous aueʒ bon inſtrument 

Be chanter a chanter haultement 
Beau chanter er lieu et en temps 
Œeft vne choſe moult plaiſant 
Mais ſacheʒ que par trop chanter 
Peult on bel chant auiller 


Et pource dient maintes gent 
Beau chanter ennuye fouuent 
Æn toutes chofes a mefure 


oi 
Date eftaif qui famefure ce 


Se Vous eſtes en compaignie 
Se gene de pꝛis:et on vous pꝛye 
Ze chanter/ne deueʒ laiſſer 
Pour vous meſmes ſolacier 


Quant vous eſtes pꝛiuement 

Le chanter point ne vous deffent 
Voʒ maine mouft nectement garder 
Voʒ ongles ſouuent recopper 

Ne doiuent pas fa char paffer 

Que oꝛdure ny peuft amaſſer 


A dame malement aduient 
Quant elle necte ne fel:iené 
Aneandie et nectete 

Vault moult mieufo que beaulte 


ZToutes les foys que vous paſſeʒ 
Seuant autruy maiſon gardez 
Que ia pour regarder dedane 
Se Sous arreſter / ne paffane 
Ne courtopfie deueher 

En autruy maiſon ne muſer 


Tel choſe fait aucun ſouuent 
Æn fon hoſtel premierement 
Quon ne vouldꝛoit pas quon viſt 
Aucun deuant fon huys Veniſt 
Et ſe vous entrer y voulieʒ 

A lentrer vous eſcouſſieʒ 

Si quon ſache voſtre venir 

Par parler et par eſcouſſir 


Qua nul ne ſe voyrement 
Embatre deſpourueuement 
TCar il ſemble quil ſoit agais 
Et quant fe peult garder en paiv 
Same ſans cry/ ſane vilennie 
Moult fait bien appaiſer fa Sie 


Bardezʒ vous dame Bien acertes 
Qua nianger ſoyeʒ bien appertes 
Ceſt vne choſe que moult on pꝛiſe 
Que fa fout dame bien apꝛiſe 

Tel chofe tourne aBifennie 

Si peuſt fitoftauoir mefprie 


43 


Fueillet 


Qui neſt courtoyſement apꝛis 
Au mangie Joue deueʒ garder 
Demouft rive et de moult parfer 


Se vous mangez auecques autruy 
Le plus bel tournez deuers luy 
Naleʒ pas pour Sous effifant 

Le meiffeur/na Sous appliquant 
at ne feroit pas couttopfie 

Et fi dit on que gfoutonnie 

Auf Bon morfef ne mangera 
HDutrop gros ou frop chault fera 
De trop gros fe peuff on eſtrangler 
Se trop chauft fe peuft on eſchaulder 


Teſt tout vng moꝛcel auale 
Sont on eſt par tout amende 
Æt dont cif fe peult tenit 

Qui fon honneur Beuft retenir 


ZToutes fes fope que Bouc beuueʒ 
Voſtre Bouche Bien effupez 

Que fe Bin engraiffe ne foit 

Qui deſplaiſt mouft a celluy qui boit 
Bardeʒ que voʒ peufo neffupes 

A celle fope que Sous beuueʒ 

21 fa nappe / ne voſtre nes 

ar mouft blaſmee en feriez 


Si vous gardes de ſenglantit 
Et de voʒ maine trop engluer 
Gn autruy maiſon ne ſoyeʒ 
Trop large ſi vous y mangeʒ 
Aeft courtopfte ne pꝛoueſſe 
Sauttuy choſe faire largeſſe 
Et comnment quil ſoit atourner 
Autruy manger / ia ne blaſmer 
Ne gouſter fine vous agree 
la de ce ne ſeres blaſmee 


Seffendꝛe Sous Bueif a fa fin 
chentir ainfr comme lartecin 

Trop eſi grant Bice de mentir 

Auf ne doit aymet ne ſeruir 
Dame quipar couſtumement 
Trop fait a blaſmer laidement 
Œieufp naimeroit eſtre naurer 
Pꝛeudoms que de menteur trouuer 
TCertes il nauroit mye toꝛt 


Eat dieu hait mencongier fi fort 
Qui de mentir eft couftumiers 


On peuft ien fe naure guérir 
ais quina honte de mentir 
Ik pert fi laidement fon prie 
LQua dieu et au ſiecle en eft Bi 
Pꝛeudome ne layme ne fe prife 
Et quant (aie eft ſi mal miſe 
Quil nya point de verite 


Je ne ſcay point daufre bonte 
Puis que la verite y fault 

Auf bien ne fcap fe dieu nie ſault 
Pour ce vous dp fr vous aymeʒ 
Bardeʒ que point Sous ne menteʒ 
ar ceffe bouche fioccit 
QuiSoufentiers menconge dit 


Mainte dame quant on Fa pꝛye 
Samours en eff ſi eſbahye 
Quelle ne ſcet quelle doit faire 
Ne comment ſamour eſcondire 
Mais ſi elle taiſt ef mot ne dit 
Nelle octropenp efcondit 

TCe fup Bient de fimpficite 
Lots cupdeif auoit trouue 
Legierement ce que if chaſſe 


Chaise tef eff en fa dꝛoicte traſſe 
Qui ne peuft mpetout ades 
Auſſi eft cif de faiffir pres 
Pource ceffe ne fefcondié 
Aſſeʒ toff fe preffe petit 


Et facBiez ce neft mye aff 

es fe Gien aymer fe Soufes 

Se luy deuez Vous faire au pꝛemier 
Faire de voſtre auoir dangier 
Ætefcondire pfainement 
Quamour qui Bient legierement 
Neſt fipfaifantne tant nagree 
Com ceffe qui eft acHaptee 

ar quiplus eftfp mal engres 
Plus eſt doufce fante apres 


Apꝛes fa pfupe fe Beau temps 
Plus agree/pfue eftpfaifane 
autre part amour ocfrope 


Sitoſt nen eſt pas ſipꝛiſee 

om efle quen a par dangier 
TCar fup amant pourra cupder 
AQun fautre fait fitoft comme luy 
Gt pour cefa tiendra plus vil 


Et cequeffefaittontaBng 
Seroit auſſi toſt chafcur 

Et ſe vous aymer ne voules 
Sacheʒ Bien que vous meſpꝛeneʒ 
Quant toftne leſcondiſſes mye 
Auſſi eſt du taiſer folie 

Car fe taiſer Le fait veoir 

Qua bous fe aude bien orner 
TComment eſcondire deueʒ 
Vous appꝛendꝛay. Oꝛ entendez 


Oꝛ diendꝛa qui ne ſoit Sous 
Et ſe fera mouft angoiſſoux 

St moult deſtroit de voſtre amout 
Et dira dame nuyt et iour 

Me fait voſtre beaulte languit 
Ne plus repoſer ne doꝛmir 

Ma ioye me faictes changer 

Œn plaintes/en-foufpir/ en plout 
A Bous me plaine de ma doufour 
Qui ma face fait fipaftir 

Et maigre et mathe deuenit 


Se en vous mercp ne truis 
Autrement mercy ne puis 

Quant ie Boue voy iay fi grant ioye 
Quif meſt aduis que te dieu Bope 
Le doufo regard tant me deficte 
Que toutlautre defif en quicte 


on cueur ne voit rien qui luy plaiſe 
Ne quifnp face fi grant aife. 
Quantie ne Soue Sop/en penſer 

che fauft treſtout mon temps vſer 


Quant iay plus prie plus me debꝛiſe 
Auantap ma penfee en vous mife 
Œftandre/pfaindreet foufpirer 

Ge fait et veilleʒ  greuer 


Ain ſi dame pour Sous fanguie 
De iour en iour meſt du pie 
Oꝛ perra qui vous ferez 


€: 
De la moꝛt guerit me poueʒ ii 
ous effes ma Vie et ma moꝛt 
Ma doufeur et tout mon confort 
2e Jous Brent tout ef deBoue meult 
Et quaider et greuer me peufé 


Dour ce vous prpe pour dieu mercy 
ercp dame/pour dieu voſtre amp 
Mercy mercy / ceſt la fin 

Sicomme mon cueur eſt vers vous fin 
Si me doint dieu de vous ioyr 

Tar dautre choſe nay deſir 

SEſpoir ſe il Voſtre Vous a 

En chantement ainſi fe plaindra 


Same pour qui ſouuent ſouſpire 
Nuyt et iour me faictes douloir 

Se vous me tient grant ſouſpir 
Pour vous me dueif ſans deſdouloir 
De ia mercy deuez auoir 

Dame bueilleʒ mop fecourir 

TCar voſtre fus fane deceuoir 


Voſtre gent coꝛps / voſtre cler Bis 

Qui tant me plaiſt a regarder 

Ont mon cueut en mauluais point mis 
ar de vous ne fe peuft faoufer 

ee peufv deutope blaſmer 

at par eufo eft mon cueur trahis 
Tout fe coꝛps fup font comparer 


Quant voy ces opfeaufy efiope 
Dour fa doufceut de fa manſon 
Lots chanter pour mon niaf couutie 
Nay de chanter aufre raiſon 

Bent cueur/gent corpe/cfere ſaiſon 


Pour vous me conuiendꝛa mourit 


Se de par vous nay gariſon 


Same ſe ie pour vous rte dueil 
Souffrirt Le vueil ſans repentit 
Quant pourra regarder mon oeil 
Voſtre grant Beaufte pat loiſir 
De tous maufp me poueʒ —— 
Ne iamais plaindꝛe ne me vueil 
Faictes de moy voſtre plaiſir 


Vendꝛe / donner ou engagier 
Ne poueʒ dame plainement 
ee ii 


at franc mercp Bous requrier 
ar voſtre fuis certainement 
Dour paine ne pour grief toꝛment 
Ne fe doit amant efmaiet 
Defhait ait qui dapmer fe repent 


Quant vous fa plainte opeautez 
Tout ainfifup refpondrez 

eau fire certes a mor vueil 
aurez Bone ia de par mop dueif 


Et ſe vous pour mop Sous veilleʒ 
Sachezʒ bien que fol cueur aueʒ 

De voſtre bien / de voſtre ioye 
Dane faillir Bien pe ſeroye 

De voſtre mal me peferoté 

Tant comme ie dop aymer pat droit 


Vous amp et toutes voſtre ent 
Et bien faiches certainement 
Que nuf iour autrement nauray 
Ne ia ſe dieu plaiſt ne feray 

Autre amy que cil quamer doy 

A qui iay pꝛomiſe ma foy 
MHamour / mon cueur ef mom ſeruiſe 
Par loyaulte de ſaincte egliſe 
Lamour que dieu ma comniandee 
Ne fera ia par mop fauffee 

Dif faura qui fa doif auoit 

la fe diable npa pouoir 


Que ia telle Bifennie face 

Dont cif quapmer me doit mechaſſe 
Bien deuroit fi hait mafBie 

Sen moy fcauoit telle Bifennie 
chieulx me Baufdroit de mourir 
Seroit if de meilleur auſſi 

A luy ſeul me conſeilleray 

Sit fe me lo ie fe feray 


Ne ſcay queen moy veu aueʒ 
Mais Bien perf que vous me teneʒ 
A fa plus vice/ a fa plus fole 
Quant dicte mauez tel parole 
De tel beaulte ne ſuis ie mye 
Quelle face penſer folye 

Gt certes ſiie teile eſtoye 

Plus nectement me garderoye 
Œ@ouft hairroye celle beaulte 


Fueillet 


Pour quoy ie ſerope en vilte 


Dour beaulte ne le dictes Vous pas 
Mais pour eſſaier et pour gas 

Si me pꝛiſeʒ ſe dieu maiſt 

Quant vous me pꝛiſeʒ ſi petit 
Que de moy voulſiſſieʒ gaber 
Mais ie le lairray oꝛes eſter 


Et ſe iamais vous mer parles 
Mon cueur ſi perdu aures 

Que trop mal gre vous en fcauray 
Sen fieu ou vous fopes nirap 
ais me plaindꝛay a mes amis 
Par tous fes ſains de paradis 

Je ne le dy pas en riant 

hais ainfique par maftafent 

De ce mouft chaftier vous vueil 


Que Vous merefpondes oꝛgueil 
Ne choſe qui tourne aouftrage 
TCe Sous tiendraifa plus fage 
De Sous ainfi Sous comptez 
Satoꝛt neft ia blaſme naures 
Ains en aurez pꝛis et honnour 
Et fe Sous beeʒ a fa mour 

ar is fup auez grant dangier 
if eft tout fie de foctropes 


Se vous apine donf comte if dif 
fe fairra pournuf contredit 
Quifne reuiengne a fa priere 

Be toutes gens efi fa maniere 
Que pfue ſe pfaint deftroictentené 
if quipfus angoiffe fent 

Que ne face cif qui fe faint 

Car quant plus geffe pfus eftraint 


En fa fin de mon fiure vueil 

Parler damours ou derrain ſeueil 
Maintes gens patofer damours 

Et fine fcauent fp pfufioure 

Que ceft/ ne dou ce peuftBenit 

aie faucun amant pat loiſir 

Deuft a ces nouueaulx vers entendre 
Quant queft damours p peuft entendre 


Robert de bloyse y fiftefcrire 
equifen ſceuſt penfer et dire 


Lx oꝛreʒ donc appertentent 
amours fout fe commencettient 
€ourfopfie Bopfinete 

Dfage dcbonnairete 

Peau parfer/doufce contenance 
Sans regars / doulce acointance 


Beaulte plaifanceamonreufe 
Sur toutes autres riant nature 
Fait qui ſy lung a lautre plait 
St tantoſt grant aiſe leur fait 
Quant ly vng peult lautre guerit 
Aler / venir/parler/ ſeruir 

En ſemble leur eff gant ſoulas 
GEt ainſi ſont ia pꝛins au las 


Duis que ly vng lautre deſire 

Et ne le voit / pour luy ſouſpire 
Dar le deſir vient au penſer 

Lois eftif pꝛis ſans eſchapper 
Tar tant luy eſt plaiſant et doulx 
Le penfer eſt ſi ſauouroux 

Tant luy agree/tant luy plaiſt 
Que toutes autres choſe laiſt 


MBopre/manger/dozmir/iouer 
Œntrefaiffe pour fe péfer 

Le penfer fup fait figrant aife 
Quil neft choſe qui tant fup pfaife 
at quant famour eft Bien empꝛiſe 
Le penfer tant plus Le debꝛiſe 
Quen penſant foufpire ſouuent 
Oꝛ fe plaint et baiſle et ſeſtant 
Par ce deuient deſcouloꝛeʒ 

Paſſles et maigres et rufez 


Et quant ont temps deregarder 
Ly vng lautre font ſans ſeiller 

Se ce neſt il nulle meſure 

Ains leur ſemble que peu leur dure 
Qui touſiours regarderoit 

TCe qui fapme peu luy ſeroit 
Daiches que fa beaulte y eſt 

Au regard fault il conqueſt 


Selle ny eſt luy eſt aduis 

Que ce ſoient roſes et lis 

uv yeulv ſemble moult belle ef gente 
Choſe qui au cueur atalente 


Clovi 
at fergene font fee peufo au cueut 
Te quilʒ ne peuent anuffeu£ 
Tontredire ne refuſer 
Que ne leur faille regarder 
Souuent ce que fe cueur defire 
Et le cueur pat fes peufo remire 
£a grant doufceur que feuffre amant 
Et par fes peulx au cueur defcend 


Die fu doufceur /0p /et quel 
oufentiers a tout fe moine tel 
Que toute choſe belle et gente 
Au regarder mouff attafente 

Et fi fait conqueft affe; grant 
Qui fait au cueur tout for tafent 


Veoirs et nya point de prouffis 
GEn mainte chofe ou a delit 

Amis tourne founent greuance 
Le nefiif nufle doubtance 
Quetefchofe atfafante affomme 
Qui moult griefue a fa perſonne 
Que chauft ia ce ne penfcra 

Qui Bien damouts en point fera 


ais [if peuft faire fon talent 
If pufc peu feremenant 
Aduiengne qui puift aduenir 
ais fifpeuft faire for plaiſir 
Dans faiffe ce que pie fup eft 
Plus fup agree quatre fai 


Teſt le regard qui fup pfaiftfant 
Qui fa cefe en regardant 

Le doufy regard fi foꝛt fup nupt 

Que ſon cueur meſmes en eft deſtruit 
Tout ainſi comme dung homme yure 
Quant if plus boit et plus ſen pure 
TComme plus fer pureet pfue boit 
ant que boire Le decoit 

Et quif p pert fens et fante 

Ain ſi vous dp pour Betite 


Comme plus tegarde fp amant 

Plus faffofent en regardant 

omine fa fofie plus regarde 

Ne daffofer if ne fe garde 

Quant fe regard plus fe cueuragtee 
ce ff 


Loꝛs eff fa faincte en faincte enteʒee 


amours qui par fee peufo ſen va 
Au cueur /ef teffe pfap fait £a 

Que dangoiffe le fait fremir 
dCoufeur muet et treſſaillit 

Par lee peufo Ba fa droicte Bope 
Le cop:car au cueur qui fe defuope 


Si luy touft fon ſceu / ſa raiſon 
Quif ne peuft penſer qua ce non 
aie fe cop Bent par teffe douleur 
Que if oubfpe fa douleut 

Ne tant nequantne fe efinape 
Be fa doufeur ne de fa pfape 

Se prent adee a mieufo valoit 

Et fiSous die 1e bien pour Boir 

Ce font ceulx qui font a prifer 
Quamours daige iuſticier 


des mufarequife vont vantant 
De dꝛoicte amour ne tant ne quant 
Ne ſcauent foꝛs ſeulement lombꝛe 
Dung fof penſer qui les encombꝛe 
Et pour cequisonttoftapris 
Dient quif font damours foufprie 


aie chaſcun faige croire doit 
Quamout fi haulte chofe foit 
Queffe noncques tant ne ſemblaſt 
Quen cueur Bifain fe Habergaft 
Et ceufo qui font oꝛgueilleux 
Entre fup eſt deſdaigneux 

eufo quiVeuffent amans blaſmet 
Teulbv fait if plus vilem ent aymer 
Et les mect en plus grant deſtoit 
De maiſt dieuvif fait a droit 

Sil fen venge ſi fainctement 

En droit de mop bien mp conſent 


Qui contre for maiſtre ſoꝛgueille 
Bien eftraifonqueif fe dueille 
Quenaure et na pouoir en ſoys 
Lee duce/fes contes ne les roys 
Ees plus vaillans ne fes meillours 
Nont nulles forces vers amours 
Soufftir fes conuient ſans dangier 


Quant amoure fes veult iuſticier 


Fueillet 


Et ſaulcun deffendꝛe ſe veult 

Tant plus luy griefue et plus luy deult 
Quant cuide mieufp eſtre eſchappe 
Tant eſt il plus foꝛt attrappe 


Amour eſt de trop grant deſroy 
Amour ne craint ne duc ne roy 
Amour ne craint eſpee tranſchant 
Amour ne craint nul feu ardant 
Amour ne craint eaue parfonde 
Amour ne craint treſtout le monde 
Amour ne craint pere ne mere 
Amour ne craint ſeur ne frere 


Amour ne craint foible ne foꝛt 
Amour ne craint peril de moꝛt 
Amour ne craint lance neſcu 
Amour ne craint dard eſmoulu 
Amour fait fee fances bꝛiſer 
Amour fait cheuaulx treſbucher 


Amour fait les tournoymens 
Amour fait eſbaudir les gens 
Amour enfance courtopfre 

Amour hait toute Bifennie 

Amour confreuue fee chancons 
Amour fait donner fes beaulx dons 
Amour ne fcet riens de pareffe 
Amour eft mere de largeſſe 


Amour fait hardis / mais couare 
Amour fait fargee fee eſchars 
Amour fait paiv/amout fait guerre 
Amour fait bꝛiſer mainte ferre 
Amour fait faire maint affauft 
Amour monte du bas en hault 
Amour du hault en bas defcent 
Amour trop grant chofe entrepzent 


Amour ne fcet garder raiſon 

Amour faulſe religion 

Amour faulſe maint mariage 

Amour fait changer maint courage 
Amour ne fcetefire certaine 
Amour les ſiens met en grant paine 
Amour eſt bonne / amour eſt male 

Amour fait mainte face paſle 

Amour fait a plufieurs greuancee 
Amour fait maine biens fans doubtan ce 


Je ne vous los / ains vous deffend 
Aymer cil qui pſus y entend 

Et qui plus en cuide fcauoic 

Eſt le plus fol a leſtriuer 

Le plus fage fe mieulx apꝛis 

En eff fi ſouuent eſbaizʒ 

Que ifnen fcet confeiffer 

Du faiffer ou en commencer 


Aufne fen foit a quop tenir 

Quon Voit Bien fouuent aduenic 
Et ceſt couſtume des ainane 
Quant ilʒ ont bon lieu et bon temps 
Et il fes font Bien pourpenſe 
Comment diront leur voulente 


Au beſoing ſont ſi eſperdus 
Que ſens et parole ont perdus 
Me chofe Bonne leur ſemble 
Foꝛs efire deu a deux enfemble 
Se quierent pfue de compaignpe 
Tout feut foufas toute feur vie 
GEſt main et foir de deuifec 


Pꝛemierement ef confeiffier 

Teſt merueifle que maintenant 
Treuuent dont1f; paroferent tant 
Sung iour vng an entier duroif 

Ja patfement ne feut faufdroit 

Tel deduit ayment et tefieu 

Et moult fouuent Bien treuuent fieu 


Voulentiers femet a fencontre 
Ly vng de fauter rencontre 
Œtquif vient defpouruement 
i£ne fcet quefmalfe furprent 
Que fes genoufp fe fait trembler 
Et fes oꝛeilles font corner 


Le cuenrmefmement treffauft 
St toute feur force feur fauft 

Et fa coufeur feur fait muer 

SEt tous fes yeulv atinceler 

Tous les membꝛes leur fait fremir 
Qua paine fe peult ſoubſtenir 


aie nufne ſcet point tel doulour 
Sil neſt moult fort empꝛis damour 
Quant lamour eſt plus enfoꝛce 


€ fovii 
Eſt il pluſtoſt courrouce 
Et fife courroux acroiſt lamour 
Et les met en plus grant ardour 
Œten plus grant enuie daymer 
Et ſe vous len voules blaſmer 
Leur eſtre pour fee chaſtier 
Pource ne fen vouldꝛont faiffer 


LS aſtieʒ amant tout a dos 
Tant fera damet plus engros 
Quant Sous fe chaftieree 

Et pfus damours fefchaufferes 
Becene vous de[die te mpe 
Quamans napent trop male Bie 


Oꝛ ſont ioyeux / oꝛ fontires 

Oꝛ enuuieʒ /oꝛ couxrouſſeʒ 

Zoſt ont leur courage changeʒ 
Mais grant merueille ay de cela 
Quil aura maf/et ne fara 

Ne peuft eſtre a fon aifent 


Di fait ie dirap Bien comment 
Amour mouft copcment ſoubzentre 
Empꝛes fecueur dedans fe Bentre 
Se penfer a (on doubxdefic 

Quen deſire fe fait languir 


Maintes gene de haulteur foné 

Qui ne fcauent quel mal 1f ont 
Tantoſt quifs fentent fa doulour 
Tout ainfieftifde lamour 

Dꝛ foit / dis tu quamant defire 
Dpf/quop=ceft ligier a dire 

Die Le mop donc cé qui luy pfaift 
Souuent veoir effe £e deffaift 

Dcestu dont Bien quefs maufy fee tient 


Œt dont if Ba et dont if vient 
Nenny / ce eſt vꝛaye raiſon 
at ainſi qun petit clergon 
Lit fa lecon et point nentent 
Zu commencer ce quifaprent 
Ainſi ne fait nouuealux amant 
Jacoit ce quif fort defirant 

Se regarder ce qui fup fiet 

Ne fcet pae ce qui luy eft grief 


Comment feroif au commencer 
ee iiii 


Auts Borne ſages de bel meſtier 

Neſt merueilles fe meftaduie 

Don ne (cet ce quon a apꝛis 

Que if naptiftne ne ſceuſt oncques 
Te peuft Bien efre/ox me dp doncques 


Puis quamoure fait fes gene douloir 
Queffe doufceur peuft ifauoir 

De fon Bien Bueifopr comment 

La doufeuc quefe amant fent 

De eft ſouſpirer et bailler 

Detit dormir et grant veilleʒ 

Dane froidure fentir trembler 

Et fans trop chauft fouuent ſuer 
Mangier petit et Boire mains 


Gſtendre / plaindꝛe ef eſtre ſains 
Seſcouloꝛer et amaigrir 

Et matz et paſtez de venir 

St tout ce Bient de trop penfer 
Sine fer peult on faouffer 

Le pencer tant fort Fe deficte 
Que tout autre defit er quitte 
Sarper/tumBer/chanter/dancet 
Ne pꝛiſe valloir vng denier 
Autre ioye nautre ſoulas 


Ne luy ſemble eſtre que gas 


Œnpenfer met toute ſentente 
Te ſt ce que plus fup a talente 
Tant y ſont ſoulas et douleur 
Quif en oublie fa douleur 

Et quen cil qui nudʒ fe baigne 
Et de la donleur ſe meſhaigne 


TCe choſe aduient que Sous amer 
Sur toute choſe Le celer 

Apꝛendꝛe vueil tous ces amans 
Les deup courtoiſies plus grane 
Quon puiſt fcauoir/fune eſt damer 
Et lautte apres eſt de donner 


fueillet 


hais chaſtune tient eh vng point 
Barde le donneur ou if — 
ar fifn eſt donne ſagement 
Mocque en eſt de maincte gent 


Si dient mains que par follie 
Sonnent non pas pat courtoiſie 
Tout autel eſt il de lamant 

Sine celle bien ſon tallant 

ar ſil dit fon eſtre a pluſiours 
Ne peuft pas Bien iopr damoure 


Quon ne ctoif pae quif foit amerres 
Mais effaieres et vanterres 

Sine ſi ofe on fier pourtant 

Tant ſache monſtrer 6eau fembfant 
Son pourtant ſe ne griefue mie 
Aile amant tant fort fe fie 

A aucun qui fa efprouue 

Se fin cueur et leal trouue 


Et ſi le croif ef apme tant 

Que celler ne luy vueille neant 
Se par ſcience ſe complaint 

A luy damour qui leſtraint 


Aufne doit tenir en vantiſe 
Car af apme tant et pꝛiſe 

Que fon dit voulentiers en toufé 
Ix tuy plaiſt et deficte moufé 
Qua paine fe peuft if fouffer 

Se ſon efire fouuent compter 


TCar Joufenfiere rapporte a bouche 
TChaſcun ce que au cueurfup touche 
ere tous aufres fe doif cefer 
Amant et couurir fon penfer 

Si font courtoifie et fcauoit 

Tar nul qui ſoit ne peuff auoir 

Sens en ſon cueur ne peꝛte ou gaigne 
Sil ayme ou fine aime ame 


¶ Ép apres enfuit comment au iardin de pfaifance 
deu damee/fune nommee la noire / fautre fa tannee 
fe deBatent de ſeurs amours 


¶ St commence par vng Birefap 


Z 
2 
Z 
Z # 
Z 
CA 
Z 
Z 
Z 


N 


AE 


Sn amours trop defconfortece 
Qui ſe font a vous rappoꝛtes 
Pour iuger vꝛap de leurs querelles 


Le dames iapporte nouuelles 
ANE deu femmes cointes et belles 


Embuſche me fuie derriere effes 
Pour opr feure plaintes morteffes 
En efcript fee ap appoꝛtees 

es dames çc. 


Point ne fcauent Lee iouuencelles 
Que feutre parofes telles queffes 
Aye iufqua vous tranſpoꝛtees 

Si ſoient par vous confoꝛtees 

Se iamais font deſſoubz voz effes 
ches dames çc. 


¶ Lacteur 


ODuloir meftprine deſcrire icy 
Quen la ſaiſon quarbꝛes floꝛiſſent 
Hoꝛs dung manoir aux champs icy 
Dour vbeoir fes biens à de terre yſſent 
Et comme opfeaufp ſe reſiouyſſent 
Quant Sopent leurs pere arriuer 
Ainficomme herbes reuerdiffent 


€ lovii 


D 


us £a farnce 


2 liſſue du temps diuer 

Dar vne fofficitaire pffue 

En vne fente me vins rendꝛe 
Qui eſtoit painte et tiffue 

Se fforettes ef de betendꝛe 

£a maint roffignof et cafendte 
Dis fur arbꝛes chanter mouft bien 
Et en chantant en bas deſcendꝛe 
Sont fa veue me fift grant bien 


Bꝛef / le pfaifit que ie p prenope 

ee maufp tant oublier faiſoit 

Qua efîre ioyeux ia prenope 

on cueur a qui fout deſplaiſoit 
ar nuf des opfeaufo ne taifoif 
Deute font fideuant eufp me Beiffen£ 
Aincops chaſcun deufy fe aifoit 
Achanter chans quirefioupffent 


Par fe ſantier mepourmenope 
Regatdantfes herbes et ffeure 
Ainſi a mes maufp fin tenoie 
Qui font effite de doufeure 
ar vng homme noye en pleure 
Gn ce fieu fe fuftrefiop 

Du if euft efte de malheurs 
Plus plain queie nap point op 





44 


En cheminant ce doubʒ chemin 
Je neuʒ gueres auant eſt e 

Que trouuay luyſſet dung iar din 
Ouuert / loꝛs deuant marreſtay 
Adonc penſay que pour leſte 
Aucun pꝛenoit dedans leſbat 
Dieux ſoubdaine Boufeute 

Sy entrer fane plue de debat 


Oultre fe iardin vne efpaffe 

Auoit vng hoſtel treſplaiſant 

Ou ientray / ouy ains quariuaſſe 
Bens qui grant Bruit alloient faiſant 
Si fuʒ vng petit deſplaiſant 

Que ne fcanoie de leur eſtre 

chais ie cuide que de pꝛeſent 

Bien ſcay quefs gene ſe peuent eſtte 


Bꝛef / au iardin me retray 

Mais a lentree ne vis perſonne 
Sont fus Bng petit eſbay 
AQuenufen ce lieu mot ne ſonne 
Vne maiſon pat ſemblant bonne 
Seoit a vng bout du vergier 
Qui bien pꝛopꝛement y conſonne 
Dour en eſte ſi heb ergier 


Si vins a lhuis de lamaiſon 
Marchant tout bellement le pag 
Et loꝛs entendy la raiſon 

Dec deux femmes qui par compas 
Deuifoient ſans celer pas 

Lune a lautre leurs entrepꝛiſes 
Qui me fut vng plaiſant repas 
Soyr femmes ſi bien apꝛinſes 


A leure que la iarriuay 

Jeutendy bien a leur langaige 

Qui auoient fort eſtriuay 

Auſſi le monſtroit leur Bifage 

Bꝛef/leur conſeil et leut ouurage 

Neſtoient que fur faiz amoureux 

quoy ie prins paine et courage 
eſcouter leurs cas malheureux 


Loꝛs membuſche en vnglieu noir 
Du ie crop que nuffes dentre elles 
Se meuft veu la remanoir 

Dans auoir clarte de chandelles 


illet 
Ainſi pour oyr des nouuelles 


Seſcouter pꝛins tant pacience 
Que iay cy eſcript leurs querelles 
Sonc fans charger ma conſcience 


/! De mop a elles np auoit 
Qun petit traffis entredeufo 
Autre deftour ne me ſcauoit 
Barantir de La veue deufo 
Ain ſi ioy feurs cas piteux 
Quie ie retins Le mieulx que ſceu 
Mais ſouuent eſtoie doubteux 
Seſtre en mon embuſche aperceu 


Et pour leur fait mieulx conceuoit 
21 fa Befture pꝛins fort garde 

Affin que peuffe aperceuoir 

Si ioye on defpfaifir les garde 
ais tant plus feure habiz regarde 
Je ne fcap que faite de dire 
Quamoure feepicque de fa darde 
Du feur maintien me fait mefdire 


Lune auoit fa robbe tannee 

Qui bien et beau fup aduenoit 
Plus Beffe ne Bis de lannee 

De keſtat quelfe maintenoit 

Vng bonnet fes cHeueufv tenoit 
Et par deſſus vᷣng queuurechief 
Qui ſouuent affoit et Benoit 
Tant fup faifoit fe Bent mefchief 


Bien me fouuienf que fa faincture 
E floit faictedung * noir 

Barde ne pꝛins a fa ferreuſe 

Doi fut /ie fe cuide ſcauoir 

ais Bien Sous vueil ramenteuoir 
Que fa robbe eſtoit doublee 

Hung veloure /ce cuide de Bois 
Qui eſtoit de couleur violee 


Encoꝛes eſtendy ie mes peufw 
Dur fa couuerte des tetins 
Affin que deiffe fe vꝛay mieulvx 
Ses coufeuts que telles ie tins 
Son fa; fut noir/cefa retins 

Gt fa piece de deſſoubʒ noite 
Be damas fut /ou de fatine 
ais ie ne fcap pas fequefcroire 


En fon habit Fa regarder 
Jlneftcueut tant ſoit damour fae 
Qui fe fceuft de lamer garder 

Du if fait damours fee ſoulas 
Vng amant tumbe en ſes las 
Reffuſe delle par reſponce 

A grant dꝛoit pourroit dire helas 
£a plus du monde me renonce 


Mouſt ſenibloit femme de facon 
Et au maintien et au fangaige 
Aprine auoit bien fa fecon 

Que doit fcauoir noble courage 
Je crop quelle foit bonne et fage 
Se tantqueie mp fcap congnoifire 
Et que nature en fon ouurage 

£a fifi pour pfue fon loʒ acroiſtre 


Lautre auoit vne noire robbe 
Et ſembloit a fon parler fort 
Vne femmie que fon defrobe 

Du aquiamoute fait grant toit 
Zouteffoiz fefon fon gent port 
Tlene mefuffeaduifeoncques 
Queffe euft porte nuf defconfozé 
Œnnuffe maniere quefconques 


Da robbe me ſembla doubfee 

Ne plus ne moine que fautre eſtoit 
Et de meſmes confeur Siofee 
Mais figrant pompe ne poꝛtoit 
Le goꝛgias quelle mettoit 

ut noir et le lacet auſſi 

Autre couleur ne la veſtoit 

Que les trois que iay nommeʒ cp 


Ze tout habillement de teſte 

A fa compaigne reſſembloit 

Mais pas ne tant femme de feſte 
Que la tannee ne ſembloit 

En parfant la Bois luy trembloit 
St puis pat fois changeoit couleur 
TComme celle ou ſaſſembloit 
Soubʒ gent maintien dure douleur 


Be tanneeftoit fa faincture 
St doꝛ ioyeuſement garnpe 
Mais bien ſembloit a leſmailleure 
Femme de plaiſance gatnpe 


€ koviiii 


Car de fermes grant compaignie 
Dix aux mordans a fa boucke 
Qui demonfiroit parraifon viue 


Que grant dueif font gent cueur emboucle 
>? Œntreeflenoifene tenfo 


Me Bie foꝛs que parfaiʒ efbas 
TChaſcune auoit vne chanſon 

En fa main dont vint fes debas 
Et parfoient / puie hault puis bas 
Mais ieſtoie delles ſi pꝛes 

Que ientendy au long leut cas 
Ainſi quil eſt mis cp apꝛes 


Tantoſt mes tables appꝛeſtay 
Dour fes chanſonnettes efcrire 
Paie cettee gueres narreſtay 
Quefune commenca a fire 

Lots eſcriuy de chaude tire 

Le dict de fa canon premiere 
Qui me ſembla Bien au vꝛay dire 
La rime dune bonne ouuriere 


effe qui fa chanſon liſoit 
Gſtoit ceffe qui lauoit faicte 

A fa compaigne deuifoit 

Le cac pour quop £a fiſt fi faicte 
Je ſoye fe dift effe deffaicte 
Veeʒ tout mon ca efcripé 

Di ſuis ie de confeifrefaicte 
Dar Joue en lonneur ieſuchꝛiſt 


Loꝛs fa mpeufo veſtue dit 

Voſtre cas et le mien font deux 

Et ſi eſt mon cas plue maufdit 
Que le voſtre et plus plain dedeulv 
Sune perſonne ſuis amoureuvx 
Que chaſcun iour puis veoir doeil 
Mais mon fait eſt fi malheureux 
Que nay de luy riens a mon vueil 


$ —— — 

elas / ie feuſſe bien heureuſe 
De vbeiſſe vne heure le moys 
TCelluy de qui ſuis amoureuſe 
Mais ie ne le voy nulle fois 
Œncoz ſi ie oyſſe ſa voix 

Se me fuſt vng grant reconfoꝛt 
ODꝛ aduiſeʒ de no; deux dꝛoiz 


Eaquelle fe pfaint le plus à fort 
Σactenr 


TR ECEes motzʒ fa noire veſtue 
Doit fa chancon de fa compaigne 
Et puis apꝛes pas ne ceſt teue 
Ains ſeſmerueille g fe ſeigne 
Luy diſant / ſeur ie Vous enſeigne 
Etmonfire par viue raiſon 
Que mon cueur plus en lermes baigne 
Que le voſtre en toute ſaiſon 


¶ Chancon 


Oꝛt me ſeroit de lenduret 

Le mal que ſeuffre a toute heure 
Dour Bng ſeul de qui ie ſuis ſeure 
Que foing de mop nepuie durer 


Dane fe veoir ie puis affeurer 
Quifneft plaifir qui me fequeure 
Foꝛt me feroit cc. 


Et ſi oſeroye iurer 
Que ſon cueut auec moy demeure 
Et que le mien qui plaint et pleure 
Gſt vers luy pour p demeurer 
Foꝛt me ſeroit ec. 

¶ Ea tannee⸗)), 
De voſtte amp ne vous ſouuient 
Auſſi ſouuent quamoy du mien 
TCar fa choſe ou loeil nauient 
Le cueur ny penſe gueres bien 
Aufne ſiauroit nombꝛer combien 
Quap de mal quant mon amp voy 
Œtquenefup puis dite rien 
Be fa douleur que ie recoy 


Je Sous reſpondꝛay fut cecy 
chais que voſtre chancon ie voye 
Au regard de voſtre fonfcp 
Quant eff a mop fiie lauoye 
Je cuide Bien ſcauoir fa Bope 
Ben efiretantoft dehoꝛs mife 
Aumoins (en fieu fapperceuoie 
Du fceuffe parfer a ma guiſe 

£a noire 


Aueiffe 


t 

Dees cp fa chancon fifes fa 

Je ny vueil ny ofter np mectre 

Jay tant de malheur qui eftfa 

chis en eſcript dedans fa lettre 
Autre que vous np vueil commettre 
Paur iuger ſi iay bien ou mal 

Au plus fage me puis ſoubʒmettre 
Tout mon proces en general 


Σacteur 


Die fa veſtue de tanne 
Commenca five ledicte 
Tandis mec tables oꝛdonne 


Puis deſcrire tant macquit e 
Que cp deſſoubʒ recite 
Ne plus ne moine que fentendie 
SEvxcepte fa diuerſite 
Bee motz quilʒ dirent entendis 


¶ Chancon 


À Quant mon amp ne Bopen lieux 

J Due fceuffe parfer a fup 
Certes if;neme font quennup 

Efireaueugfe me Bauffift mieufo 





Aumoins ieneuffe fonfcp fieufp 
Se doufp maintien gracieulx 
fe peuffe Seoir pour fe iourduy 
Plus ne gc. 


Mauldit foient les enuieux 

Et fe faulx dangier ennuieux 

Qui eſt marry du bien dauftrup 

Helas /contre euſx mal me pourſuit 

Æt ſont mes ennemis moꝛtieux 

Plus ne ce. 

Σatannee 

Di par fa fop que Joue deues 

Seſclareʒ moy fe dieu vous gard 

Saullre Bien Sous ne receuez 

De kuy foie fans plus fe regard 

ar vng amant feroit coquatd 

Difne trouuoit ou fieu ou pface 

Dour deuifer foit toſt ou taré 

A fa maiſtreſſe face a face 
Q£anoire 


à Luc ne vauldroit nauoir poit dyeulx 


Adea/ſommes noue en telʒ termes 
on amp eſt il hoꝛs du ſens 
Vous er patfes comme clerc darmes 
Denfes quif eſt treſcongnoiſſans 
Œuides ſi ie Bop ou ſens 
Que dangier fur noue gette loeil 
Que nous ſoyons ſi innocens 
Se monſtrer lung a lautre acueil 
La tannee 
Mon amp eſt de mop bien loing 
Et a long temps que ne le Bis 
Mais ſil eſtoit la en ce coing 
Auec les dangiers qui font vilʒ 
Ca belle (eut ie dous pleuis 
Que ie luy feroye ſcauoir 
Fuſt par fettre ou par deuis 
Ce que feufement puis auoit 
¶ La noire 
Dour querir famoureup mal 
Ne fauft il foꝛs que deuifer 
BDeuant ch afcur en general 
Dans plus grant remede aduiſer 
Bi fait deaf fon doit Bien Bifer 
A trouuet fa place fecrete 
Du fon peuft affes rauiſer 
Lamant de quop on a fouffrefte 
£a tannee 
ELhonneur qui eff en fage dame 
Eſt comparee au fort rochier 
Qui ne peut eſtre ſurpꝛis dame 
fe que nufne ſcait eſtocher 
Donne Joue ſcait mal repꝛouchet 
Dour dieu garde; vous de meſpꝛendꝛe 
Seuant oiteup ne fault clocher 
Jen Bop trop de ſotes reprendre 
£a noire 
Deieneuffe eſte aduifee 
Encoꝛes na mpedivane 
Jeuſſe effe femme mefprifee 
Par male bouche mefdifans 
Mais quant ie Beisfeure faits nupfane 
Foꝛce me fift changer maintien 
ÆtredouBterfeure mot; cupfane 
Que trop dommageables ie tien 


Ainſi ie languis ſans maldire 

St voys courant ma penitence 
Faifant fembtant que nay point dpre 
Ou ie nap foꝛs que defplaifance 


C. lvxx v 
Gt ſil aduient quon ioue ou dance 
Ou que lon chante / ou que lon rye 
Je mp mets en lye oꝛdonnance 
Tombien que ſope au cueur marrie 


Nas ie ſuis loing de mon deſir 


Et fi voy chaſcun iour ma ioye 
Je nay foꝛs que de loeil plaiſir 
Darfer/toucherie noſeroye 

Rien nay de tout ce que vouldꝛoye 
Les eſpyes ſont au paſſage 

Trop redoubter ne les pourroye 
Qui ne lescraint / il neſt pas ſage 


Je ſeuffre mal ardant et chault 
St voy a loeil ma gueriſon 

A nul qua mon amy nen chault 
Las mon cueur eſt trop empꝛiſon 
Jappelle de fa trahyſon 
Dandgier moſte mon bien a tort 
Puny ſoit de ſa meſpꝛiſon 

Ou luy enuoye dieu fa moꝛt 


Et cuideʒ vous quef plaiſir ceſt 
Quant ie me treuue en vng monſtier 
SEt que le mien amppeſt 
Parlant a guillaume et a gaultier 
Par le ſacrement de lautier 

Sa veue meſt ſi treſamere 

Que ne dy heures ne pfaultier 
Nene penſe a dieu na fa mere 


JEme ryt / auſſi faiz ie a luy 

chais ne parlons foꝛs que de dueil 
ZTrop ſommes ſubgectz a autru 
Quant riens nauons de noſtre vueil 
Se receuons ou aiſe ou dueil 
Reconforter ne nous ſcauons 

Ne monſtrer lung a lautre acueil 
Oꝛ regardezʒ fe bien auons 


Nenny / ie le Sous vueil pꝛouuet 

Regardez vne femme enceinte 

Quant effe peut er lien érouuet 

Le fruict on ne fcait faire attainte 

Certes de mal eſt plus attainte 

Quelle neftoit dcuant fa veue 

Et eſt ce qui luy fait contrainte 

Locifqui a fapfaifance veue fé 
i 


Ain ſi bareillement ie Bop 

Chaſcun iour fa rien que plus apme 
Œtnp oſeroye fur ma foy 

Toucher pour doubte dauoir blaſme 
Le grant feu fene Bien qui menflamme 
Et finefe pourrope eſtain dꝛe 

Ma querifon par noſtre dame 

Voy Bien ef finp puis atfaindre 


Je fuie punye a fa rigueur 
Le feu Sop qui me fait Bruffer 
Et ſi nay pouoir ne vigneur 
Ne pouoir de mop tecuffer 
Je ne ceffe de calculler 

Dour trouuer remedes diuers 
Et ne faisque deffimuler 

GEn paſſant eſte et yuers 


Ainſi ma ieuneſſe fe paſſe 
Gh attendant dhuy a demain 
Et fauſt que mon regard compaſſe 
Seuant faut» dangier linhumain 
Trop Bien de lettres de ma mait) 
Luy baille quer tempe fapparcop 
Au ſurplus ma feur foir ne mai) 
Certes autre Bien nerecoy 

€ £atannee 
Se Boue portez grant defpfaifit 
a feur/ce neſt mye merueille 
ar vous ne pouez pas choiſir 
Œe que voſtre cueur vous conſeille 
Vous auez fa pulce en laureille 
SEt ny ſcauez remede mettre 
Dautre part/dangier vous traueille 
GEt ne parleʒ foꝛs que par lettre 


eus font fee maulx que vous aueʒ 
Defquef;a mop ie vous voy plaindre 
Nenufs autres pfue np ſcaueʒ 

Qui facent voſtre cueur eſtaindꝛe 
Las moy/ie me dop bien compfaindre 
TCar il pa trop fonqgue efpace 

Que ie nap fceu Beoir ne attaindꝛe 
Celluy qui tous fes parfaits paſſe 


Helas if eft fi koing de moy 
Quilne me feroit pae poffiBfe 
Bpalfer/dont ceft grant eſmoy 
Que fon gent coꝛps meſt inuiſible 


Æuciffet 


on maler eff fitree ferrible 
Qua Gien petit quenetrefpaffe 
Pleuſt a dieu quif me fuft Bifiôte 
Celluy qui tous fes parfaits paffe 


Las trop ennupe qui attend 
Apres Somme detefaffaire 

ar de grans Biens en fup a tant 
Que nature ne puift mieufp faire 
Luy feuf doit ma doufeur deffaire 
eff des acompliz fouftre paffe 
Certes en up na que reffaire 
Eeffup qui toue fes parfaits paffe 


Rien ne meft pfue meilleur np a 
Helas et ie se fe Bop point 

Oncques ma Bouche nenpa 

Que fa bonte mon cueur ne Baif point 
ais if me Ba trefmafapoint 

De ce quif eff de mop ſi loing 

Si ien meure dieu fe me pardoint 

On Sopt lamy au grant beſoing 


Je cuide quifne foif point aife 
Duie quautrementif ne me voit 
Et quif feuffre pfue mefaife 

Que fi fouuent mapparceuoit 
Touſiours if meramenteuoit 
Quif penfoit en mop ioure ef nupfz 
Œtauaiffeure penfer ne deuoit 
Dour oublier tous fes ennupe 


Vng moys ne me duroit qune heure 
Quant il demouroit pꝛes de moy 
Helas maintienant if demeure 

Si loing que point ie ne Fe Bop 

It neſt Bien aife ie crop 

Œarif ne fcait fe Biue ſuis 

Sit fuſt cp/ce fuft par ma fop 

Dour oublier tous ſes ennuys 


Oncques mais ne dis a autruy 
fe par conſeil ne deuiſant 

Ce que vous compte de celluy 
Qui eſt entre les beauſx luyſant 
Pourtant naffes aiſleurs diſant 
Mon ſecret que dire vous puis 
ar ſienne me tiens treſpꝛiſant 
Dour oubliet fous fes ennuys 


Aſffin quenul debat ne ſourde 

Taiſieʒ voſtre fait et fe mien 

at Bone feties ſote et lourde 

Si iamais Sous en difies rien 

Doue maues dit de voſtre bien 

Au fong cecrop voʒ entrepꝛinſes 

Leſquelles ie celeray bien 

Pourtant gardons deſtre repꝛinſes 
¶ La noire 

Tropyez de fout ce que me dictes 

Jamais vng ſeul mot nen dirap 

Tar oncques nul mal ne me feiſtee 

Be Joue certes ne meſditay 

Zoufioute fe dꝛoit chemin iray 

Tandiz quenſemble hanterons 

Dont rien ne me conſentiray 

Quon ſaiche ce que nous ferons 


Mais pour au pꝛemier point venir 

Dur fa chancon que vous ſcaueʒ 

Oſerieʒ vous bien maintenir 

Que płus de mal que moy auez 

Je treuue So; mot; enclaueʒ 

Œt fi fondes a faire pfaintee 

Quil ſemble quentreaggraucs 

Ne ſe plaingnent foꝛs que par faintes 
¶ £a tannee 

TChaſcun fe deult de for) angoiſſe 

Lung en a plus et lautre moine 

Tllneftmeftier que Boue congnoiſſe 

Le maf que feuffre foir et maine 

aie deuant tous iuges humains 

2 debatre no; ras enſemble 

Mes mauls font plus inhumains 

Que les voſtres ſeur/ce me ſemble 


TCar vous voyeʒ par chaſcun iour 
Ce que plus deuez deſiret 
Qui vous eſt vng plaiſant ſeiour 
Et qui vous garde dempirer 
Mais moy ie ne ſcay ou tirer 
Dour veoir ce que ie demande 
Œtne meſbas qua ſouſpirer 
Dieu vueille que mon mal amende 
¶ La noire 
Quant on voit ce quon ayme bien 
De Bcoirtrop plus on a deſir 
Que fifes yeulx ne veiſſent rien 
SDe choſe oufe cueur prent pfaifit 


C. loxvi 
aie chaſcun ne peut pas cHoifit: 
Zous les iours voy ma gueriſon 
Et noſe remede ſaiſir 
Tant redoubte foꝛt trahiſon 

atannee 


! Ærabifontedonbter deues 


St les embuſches de dangier 
Et quant en lieu lapparceurez 
Se luy Joue deues eſtrangier 
Sur vboſtre amp na nul dangier 
Aumoins quant fe voyeʒ a loeil 
Sil fuſt en pays eſtrangier 
Toutes deux euſſions pareifouei£ 
£a noire 
Dedueifrecop kꝛop plus que Bou 
le Sous dirap comment et quop 
Nous fommes er crainte de tous 
Le mien amp etautant mop 
Et fe Bien pres demop fe voy 
Vng feuf mot ne luy ofe dire 
Mon pas touchier du petit dop 
Neſſe point pour mourir dpre 
¶ La tannee 
Du certes/mais fouteffoie 
Dh p peut vemede trouuer 
Touſiours neft pas le loup au bois 
It fault pſus dung ieu eſpꝛouuer 
Dar tefmoinge Le peut len pꝛouuer 
Lee fait; damoute en aucun lieu 
Denconges doit fen controuuer 
TCombien que fe vꝛay ſache dieu 
a noire 
Femmes mariees ou filles 
Faillent ſouuent a leur attente 
Et maintes fois fes plus ſubtiles 
On fe vopt chaſcun iour de rente 
Jouer me fault le ieu dattente 
Mon cueur eſt ia en gaige mis 
Mais dangier a pou pres Fe tente 
Le pire demesennempe 
Σatannee 
Œfpoitaues en attendant 
Que fortune Sous aidera 
Ze fa roe Sont defpendant 
Lee biens damours dont Boue fera 
Dngiour fe feſtu tournera 
Rien na Beu quine fcait qur fout 
Paie mop iamaie ne refferæ 
Se de lamy ne voy retour 


fi 


La noire 
Quant voy mon amy que tiens cher 
Œropes quete ſeuffre grant paine 
Puis que ie nen oſe appꝛoucher 
Tar deſir ſans ceſſer mattaine 
De mainte penſee ſoubdaine 
Gt ſe ce neſtoit mon honneur 
De mot) mal ſeroye ſaine 
Du allegeance a ma doufeur 
La tannee 
offre mal eft Bien pou de choſe 
Quant a Le comparoir au mier 
ar Joue voyeʒ en chambꝛe cfofe 
Chaſcun iour voſtre amp treſbien 
GEt ne luy poues dire rien 
Cela Sous eſt vng grant traueil 
aie a dite du Bien Fe bien 
on dueif eftau voſtre impareil 
£a noire 
Comment ſe peut faire cecp 
Que vous aues plus de foufrp 
St fe cueurpfue de dueif tranſſi 
Que moy dofente 


Qui voy par chaſcun ionr de rente 
Daffe a dee mope plus de trente 
Lomme quiplue damours me fempte 
Que ie ne puis 


Venſer ailleurs ne iours ne nuytz 
Suqueb en teleſtat ie ſuis 

Que lamer de dueil et dennuys 
Noye mon cueur 


TCar luy qui eſt mon ſeruiteur 
Se peut parfet a moy aſſeur 
Tant a de dangier grant freeur 
£a faulſe guette 


Qui enfour mop toufioure furefte 
Et ſemble quautre part ne quette 
Qua defirupre quefque iehannette 
Dar fon raport 


Paie anant me doint dieu fa moꝛt 
Auf (oit fi fuBtifne fifort 

Que par fup mon honneur foit mort 
Ain ſi en tranffe 


Fueillet 


74 lue que femme qui ſoit en france 
Pꝛes de mamour languys et trance 
Dꝛ regardes fe a oultrance 
Suis combatue 


Defir maffauft/defir me tue 
Dautre part dangier fefuertue 
Se faire ma ioye abatue 

Des fa de quoy 


Deuant ma face fetient cop 
Lamy quima promis fa fop 
Œtnofe pas du petit dop 
Toucher a fup 


Denfes comment ne quel ennuy 
Teſt deſtre en crainte dautruy 
Autant lautre iour quau iourduy 
Point ny voy mieufo 


Je nay pfaifir que par mes yeulx 
Pour deuiſer ditz gracieux 
Comme font amans en tous lieuxl 
Poſſible neſt 


Sur ce point me faictes arreſt 
Que mieufp que vous ie ſcay que ceſt 
Jay eſſaye perte et acqueſt 
Me dictes point 


Que ne trouueʒ Bo lieu a point 
Pour dire lamer qui vous point 
Car iamais dieu ne me pardoint 
A mon beſoing 


Si ie nay quis et pꝛes et loing 
Et remerchay maint ſecret coing 
Du dangier par ſon haſtif ſoing 
Neuſt gette loeil 


Mais oncques ne fut a mon vueil 
Que ie ſceuſſe compter mon dueil 
Ne trouuer fieu tef que le vueil 
Dour mon cas dire 


Lung moꝛt ef fait ſemblant de rite 
Loeif dautrup er plus dung lieu fire 
A coup de fanque ne fauft mire 

La mont p touche 


Regarder fauft ou ſhonneur kouche 
Vng mauuais coup rue de Bouche 
Abat fe fpon et [a ſouche 

Honneur Jauft mouft 


Lee honnoꝛables par font Sont 
Du fee ſotes craintiues font 
€ariamaie ne fe trouneront 
Œntrefes bonnes 


7 quifs ont paſſe les bournes 
ee treſhaulx aromplies perſonnes 
Autant roynes que baronnes 

En la parfin 


On ſcait qui Sale droit chemin 
€efer ne fepeut larrecin 

Qui damoure nentend fe latin 
Aille a leſcole 


Car quant vng ſaige ayme vne fofe 
honneur des deux amans fer vole 
Dour Bne ſeulette parole 

Mal oꝛdonnee 


Sont lamour eſt habandonnee 
Gieufo vauldꝛoit eſtre empꝛiſonnee 
Que de manuais loʒ eſtrenee 

Ainſi concludz 


Qui vault trop mieufo de plus er plus 
Zaire ſon vueil en fieu recfuz 

Que deftre furprine a Ca gluʒ 

Dar fof fangage 


DBrieffif fauft effre en amoute fage 
Left meftier de fuBtif ouurage 

Du auoit fauft toufiours Son courage 
Aefe rapoꝛt 


Que font kes yeulx art eut a fort 
Dour eufy ie fuz et ſuis dacoꝛd 
Samer fomme dont iap fa moꝛt 
TCar ie ne puis 


Trouuer facon ne iour ne nuytʒ 
Be luy compter Le mal ou fine 
Si meurs de ſoif empꝛes le prie 
Et ſi ap fait 


C. lvx vii 
Seuoir pour luy dire mon fait 
St comment famour me deffait 
aie quant iap Bien fait et reffait 
Je ny Sop tour 


Ne bon affeur ne ſeut retour 
Et meurs en lamoureux eſtour 
Et neſt nulle portant atour 
Plus adollee 


Ne en tous cas plus deſolee 
Et vous parfez a fa volee 
Diſant queſtes plus affolee 
Que moy/helas 


Qui voy mon bien et mon ſoulas 
Seuant mop de noſtre amour /las 
Tar il tient mon cueur er fes latz 
St iay le fier 


Pourquoy tous deux noue vouldꝛions Bien 
Faire lung a lautre du bien 

aie que perſonne nen ſceuſt rien 

Foꝛs que nous deux 


Qui ſommes ſi treſnialheureux 
Que ne pourrions dire noʒ deutʒ 
NLe nous trouuer en lieux tout ſeulx 
Sandgier noue garde 


Ceſt luy qui eſt noſtre aduangarde 
Autre que ſuyne nous regarde 
Noſtre Bueifet ioye retarde 

Oꝛ ſoyeʒ ſeure 


Quit neſt plaiſir qui me ſequeure 
Quant mes peufy rient non cueur pleure 
Dez fa comment mon fait demeure 
Quen dictes vous 
¶ La tannee 
It ſemble que voſtre courroux 
Œfface les autres treſtous 
Le mien mettez tout au deſſoubz 


Veu que nay 


Plaiſir de loeil ef que ne ſcay 
Veoir ce que plie iapmertay 
Je ne (cap paeque ie ferap 
Quop que die; 
ff iii 


45 


Que Brief eſtre morte Sonfôries 
ar quant le mien trauaifautiez 
le ſcay Bien que ſouſhaiterieʒ 

Le voſtre auoir 


ar comme pouces fcauoir 
Je ne puis nul Bienteccuoit 
Ne mon amy apparceuoir 
En lieu du monde 


Darquop if fauft que Bone refponde 
Que ma doufent eſt plus parfonde 
Que fa Boffre/et que en faronde 
Aa ſi troublee 


Bien dop mauldire for) allee 
Quia toute ma ioye emblee 
Plus triſte na er laſſemblee 
Pour bien aymer 


Par deca ne dela la mer 

It ne Joue fault mon dueil blaſmer 
Tar certes il eſt plus amer 

Que ne ſeroit 


Le voſtre quant il doubleroit 
Mon cueur fage vous en feroit 
Quant le vꝛay vous declaireroit 
En tempe et lieu 


Gt ne cuideʒ que ce ſoit ieu 
tre faictes ferment ne veu 
Queſtes plus trifte/car par dieu 
Ie nen eſt riens 


Et ſi deuant toutes maintiens 
Quen vng iour aueʒ plus de biens 
Quen toute lannee nen tiens 
Œtmentaporte 


A gens ſages de nofîre forte 

Qui iugeront / ie mer) fais forte 
Que plus de mal que vous ie poꝛte 
Œntoue endꝛois 


Œarifneft heure auv douʒe moys 
Que ne fope bien mille fois 

GEn diuere penſemens efiroits 
Daller vers luy 


Fueillet 


St ſe ne craignoye autruy 
Je cuide que des au iourduy 
Iroye ſans doubter ennuy 
En pelerin 


Gt yroye ſeule ſans fit) 

Mais la grant longueur du chemin 
Men retarde ſoir et matin 

Las eſgaree 


Bien eſtes de ſens ſeparee 

Qui vous teneʒ deſemparee 
Plus que mop qui ſuis demouree 
1 Bpdc de ioye 


Sans riens veoir de ce que ie vouldꝛoye 
Tar fe deuant mop fe veoye 

Se mes maufy tantoſt gueriroye 
Seure en ſoyeʒ 


Et vous qui le voſtre voyeʒ 
Sictes que pfue Bone eſmayeʒ 


Que moy / certes pas ne croyeʒ 
Quif ſoit ainſi 


Œar ſi le mien eſtoit icy 

Poſe quil neuſt de moy mercy 
Da veue oſteroit mor) ſoulcy 
Encoꝛes au fort 


Je Soue vueil pꝛouuer quaties tort 
Vous fcaues bien quil neſt point moꝛt 
Quant deuant vous eff ſain et fort 
En chambre cloſe 


GEt moy a toute heure ſuppoſe 
Que ke mien nait de quefque choſe 
Defpfaifir/ouque mal repoſe 
Pour mon amour 


Du quon luy face Png mauuais four 
Du quil ſoit en mortefeftont 

Du quif ſoit en meſchant ſeiour 
Touſiours en doubte 


on cueur de plus en pſus fe boute 
Quant on ditnounueffee/tefcoute 
Dour entendre fi ioxrap goutte 


Se ſon affaire 


at quant penfe a for doulx Biaire 
Quon ne ſcauroit pfus parfait faire 
Qui ne fut forme que pour pfaire 
Lors mon defir 


Che fait comme morte defir 
Adonc me fauft tonte a foifie 
Poꝛter fecret mor deſplaiſir 
Affinquaucun 


Ne dpe de mop en commun 

TCeſte la en ayme trop Bng 

Ain ſi ne ſappercoit neſ vng 
Se mon penſer 


Je nay cure de mauancer 

A touſiours moꝛnement penſer 
Æoute troublee vois dancer 
Comme ioyeuſe 


TCombien que ſoie ennuyeuſe 
Mais pour me monſtrer gracieuſe 
le faintz neſtre point ſoucieuſe 
Ne defpfaifante 


Œtfifaduient quon rie ou chante 
En ce point nauree et meſchante 
Auecques fes ioyeulx ie hante 
Zouſiours penſiue 


Oꝛ regardes comme ieſtriue 

Au ecques ioye et ducif reſtriue 
Lung entretiens / lautre ie pꝛiue 
TComme perfonne 


Qui (a vie a mort habandonne 
Teſt tout vng qui toffe ou donne 
le nap denuffp chiereBonne 
Telle que vueil 


Auf ne peut appaifer mor dueil 
otre ceffup que ie ne Bop doeif 
Dour luy defire Le fercueif 

Et fin de vie 


Pour faite fortune affouuie 
Qui a ma pfaifance rauie 
Et en Sie nef pat enuie 
Quelle a fur mop 


vo diii 


NAuie moy qui nul bien tre recop 


Rien qui meſiouyſſe ne Bop 
Plus malheureuſe napercoy 
Zouſiours er paine 


TCa et fa pat tout me pourmaine 
Malade / et contrefais fa ſaine 
Di regardezʒ ſi ie ſuis plaine 

De deſconfoit 


Den plus dire me tais au fort 
aie hier en mon dueif plufforé 
De faire vng rondeau fus daccoꝛd 
Du mon cas maint 


¶ Nondeau 


Glas douleur meſtraint 
Angoiſſe me court feure 
jifle foie en vne heure 
Mon poure cueur ſe plaint 


on malheur me contraint 
A deſirer que meute 
Helas doufeur. cc 


a penfee nataint 

ZA tiene quime fequeure 
Pour mon amp demeute 
Gn dueif quineft pas ſaint 
Helas douleur.gc 


¶ La noire 

Lus de moy na deſconfoꝛt ee 
MSeuant tous loſe maintenir 

ut na ma doufeur ſuppoꝛtee 
Jemen (cap bien a quop tenir 

Sofire cas voulez foubftenir 

Œontre moy/ mais iugez a droit 

Zoꝛt Sous deuroit apattenit 

Qui bien iugeroit oꝛendꝛoit 





Jay tout voſtre dueil eſcoute 
Et le rondeau que mauez dit 
Amours Sous a trop cher couſte 
Se voſtre cac eft fi mauldit 
Plus ne Bueif faite contredit 
Tet fe pfaint en parolle fort 
Qui dedans fe courage vit 


ff üii 


Ffueillet 


Maintien et vueil ſont mal daccoꝛd 


Nous laiſſerons en paix cela 

Dieu vueille garir voſtre mal 

Lifes fa chanſonh que Bees 

Du mon cas giſt en general 

Loue fcauez quen eſpecial 

Zoufioure vous ap dif ma penfee 

St mon fecret plus principal 

Se mon amour encommencee 

¶ Chancon 

Plus de moy na que le cueur et le vueil 
Ceſt fa cherte «fa fin de mon dueil 
Meilleur ne puis recouurer ſoubʒ fee cieulx 
Je fuie Bien ſeure que ne puie choifir mieulx 
aise a grant paine fofe regarder doeif 


Las de danger ſembuſcher doubte fant 
Quif me ſemble quen toute pface tend 
A mefdire fur noſtre amour cefee 

Dfue de mop na.gc 


an gent amp Le craint Bien fout autant 
tcongnoift trop que fon eh mal con tent 
Ætquif en a des douleurs grant meſtee 
Dfue de mop na.cc 

€ La tannee 
Voſtre chancon me ſemble Bonne 
St eſt biey ſelon voſtre cas 
Dour Bien faire le los Vous donne 
Mais touteſuoyes vous naueʒ pas 
Le cueur par amours ſi au bas 
Que vous en monſtreʒ fe ſemblant 
Zous Jo; ennuys ne font queſbas 
Snuers ceulx que voy enſemblant 


Nappoꝛtons nous er a raiſon 
Du que noſtre debat fe cele 
Pꝛenons deux femmes de renom 
Trop foubftenez voſtre quereffe 
Quant eſt a mop ie choiſiz celle 
Qui eſt ducheſſe doꝛleans 
De mon droit me ſubmetz a elle 
Plus qua fous iuges ancien 

La noire 
Dour ſoubſtenir vꝛay voſtre tiltre 
Je croy que plus dame de bien 
Neuſſieʒ ſcen choiſir pour arbitre 
En faueur ne iugera rien 


Oꝛ de ma patt ie vueil treſbien 
Pour iuger ma douleur extreme 
SEt pour fenit le party mien 
Da ſeur conteſſe dangoufefme 
¶ La tannee 
Autre fois vng debat pareil 
Je vis deuant elle debatre 
Et y eſtoient en ce conſeil 
Ses autres dames trois ou quatte 
Affone vng iour vers fa eſbatre 
Æt leur deuiſons tout le fait 
Je ſuis laſſe de my combatre 
Dour dieu que mon conſeil ſoit fait 
La noire 

Allons y ſans plus ſongue attente 
Se ſont dames de ſage affaire 
Quant eſt a moy ie fuie contente 
Si le iugement Seuffent faire 
aie if fauldꝛoit celer et faire 
Que fe cae noue foif aduenu 
Combien que fcaues fe contraire 
Veu le debat quauons tenu 

¶ La tannee 
Ceſt Bien dit / tenons ceſte Sope 
Seuant effee a ma requeſte 
AffinqueperfonneneBope 
Pour quoy noue faifons ceſte quefte 
Ne que noue auons en fa teſte 
Qui fofie fait et fa congnoift 
Gn fa fin en demoure Befte 
Dour fa faufte quifrecongnoift 

£a noire 
Pour fa nouueffetfe faifon 
Qui eft verdoxant efiofie 
pflons Dore de cefle maiſon 
Du nauons que melancolie 
St allons faire chiere lie 
Les dames noz cas iugeront 
Plus en parler neſt que folie 
Jauoue ce quiſʒ en feront 
Σacteur 

Loꝛs fes amautes fe leuerent 
Gt a leur debat pꝛindꝛent fin 
En mon embuſche me faifferent 
Et allerent vers fe iardin 
Sepuis par vng couuert chemin 
Vins ou faiſoient manſion 
La trouuay ancre et parchemin 
Pour mectre mon intencion 


Di ap defcripée fa grant merueille 
Zout au plus pree de leur Boufoir 
Et comment cafcunetraueifte 
Dour fon malheureux cas douloir 


C. lxxivx 
St puis ei fit pour mieuſv Baloir 
Poꝛtay aux dames fe debat 
Qui men veult malne peut chaloir 
Je ny penſe quen tout eſbat 


¶ Comment au iardin de plaiſunce Vng des amans 
deſcript ſa comparaiſon des biens et des maulx qui 
ſont en amours. 


Z 

Honneur damours et fa nobleſſe 
Re paſſe tempe et fa lieſſe 
Aucune ont effeue fi hault 
Que tout fe Bien et fa richeſſe 

Se roy / de prince ne princeffe 

Le mendꝛe Gien damours ne vVault 

Des biens pa/doubter ner fault 

Je fe [cap bien ie le concede 

aie ceft Bug hoꝛrible defauft 

Quant if fanft que fe mal epcede 


Aſſez en parfe par taifon 

Le mopne qui fiſt le blaſon 
Intitule fauffes amoure 

aie feufement for oꝛaiſon 

Je dreffa qua fa defraifor 
ZÆPamoure et aup eftranges toure 
Bont ifen alegua defoure 

Je ne [cap fien fon viuant 








Iſ p auoit vſe fee ioure 





aie if parfa comme fcauant 


Afin que iefuite redicte 

£a choſe aufrement quif na dicte 
Je dirap. Car premier fee Biens 
Siray damoute/if ef ficite 
Que pꝛemietement ien recite 
Delon fee grane praticiens 
Apꝛes defcendrap par mopene 
se maufv en amoute contenus 
Tar ie crop que fes plus ſciens 
Par amoure font fofs deuenue 


Pꝛendꝛe lee dif; matheolus 
Que dedane fon liure iap feux 
eme feroit paineperdue 
ar cene font point noʒ eſteuʒ 
Dour parfer damans reſolus 


fon ob ſtant que pas ne largue 
Sur toute chofe de value 
Amon ententeiepropofe . 
Dar aucunemaniete deue 
Dupure fe rommant de fa rofe 


Matheolus parfe comme vng 
Machant qui congnoift en commu 
Amours teffement queffement 
ais par fe rapport de chaſcun 
Lefiure maiſtre iehan de meun 
Darfe Bien damours autrement 
TCar il pꝛent generalement 

Amour pour vertu et pour vice 
Par quoy a mon entendement 
ZSuyure ke Bueif mais que ie puiſſe 


Amour en generalite 

Siffinie eſt equalite 

Be courages vnis enſemble 

En vne meſme voulente 

Amour Seuft de neceſſite 

Que kung cueur a lautre reſemble 

dat quant amour deuv cueurs aſſemble 
Pas ne met fonintencion 

Quif fauft que tout fe deſaſſemble 

Par hayne ou autre occafion 


Ainſi donc ſe laſſemblement 
Samour eſt tekque nuffement 
Ik ne fe peult bien comparer 
Je concfue neceſſairement 
Que damour fe ſeparement 
Ne fe ſcauroit aſſez ploꝛer 

SEt puis doncques que ſeparer 
Vne fois amour il conuient 
St au depart mal endurer 

Du eff le plaiſir qui en vient 


Que vault amourenfe afiance 

Qua ceuf» quiprennentpfaifance 
Ce neſt qun pfaifir a qui veult 
Lequel par vertu ou puiſſance 

A commune reiouyſſance 

Le vouloir de chaſcun ne meult 
Lung ſen loe lautre ſen deult 

Lung ypꝛent repos ef eſbat 

Lautre y fait tout le mieulx quif peult 
Gt ſi ny treuue que debat 


Æucrtet 


Dur paie de damnation 

La loy nous donneinftructior) 
PDapmerfunafautre et fe commande 
aie pour Srap fa diſtinction 
Bentre amout et difectiory 

y eſt merueiffeufement grande 

ar difection ne demande 

Si non amour ſpirituelle 

aie amour humaine eff friande 
Be delectation charnefle 


La ou dieu dit/difiqite 

Vos inuicem/ceft Berite 

Quif noue commande/entreapmiez Sous 
Voire en amour de charife 

Permanente en profperite 

Autant quer pleure et en courroux 

Ceſt amour doit eſtre entre sous 

Dar charite en chaſcun fieu 
Ætentramert fungfautre toue 

Ainfi comme none apma dieu 


En ceft amour qui eff fi orne 
Œefmement fa rigfenoue donne 
Quon doif apmer fee ennemis 
Non pae pour leur propte perfonne 
ais pour caufe que dieu foxdonne 
Œtpar commandement fa mie 
Ainfiennemie bone amie 
Boiuent eſtre diuinement 

Gt par tel amour eff promis 
Atoue vrays amane ſauluement 


Be ceft amour parferfondfeute 
Ainfique fimpfement ienfens 
Aucune pa par aduanture 

Quinen ſeroient point contens 

Car keurs cueurs nont point aſſiſtens 
Aus ſens dc fa ſaincte eſcripture 
Mais au fait damours de nature 
Vng iour ne monte pas vne heure 

A oupr aucune lecture 

£a ou kung rit que lautre pfeure 


Le dieu damours fiſt vne foie 

Vng grant diſner en ſon palais 

£a ou tous amans appella 

Sur paine de froiſſer fes loix 
Dieufp et ieunes / bons ef mauluais 





Tout p Bint)nufnetecufa 

A cHafcun fon fiege Baiffa 

Gt furént toue enfembfe aſſis 
Lung deca et fautre defa 
Quatre a vng pfat ou fiv a fiv 


Au Bout de hault touf a part fop 
Suit Le dieu damoure comme roy 
Qui tous veoit fane tien fup nupre 
Dint vng grant clerc touchant £a loy 
Bamoure quant fut a recoy 

Quien Sng fiure print a fire 

Louer amoute/puie fee deftruire 

St loꝛs amouteu® a puiffance 
Lung de ploꝛer faufte de vire 

Beup nauoient Bne contenance 


Ce liſeur fune fois comptoit 

Bicn damoure/puie fes rabatoit 
Ætadoncques des amoureux 
Eung ploꝛoit et fautre frottoit 

Ses maine deiope/fautre gratoit 
Sa teſte et tivoit fes cheueufo 
Adonc fe dieu damoute iopeuv 

Se veoir feure faces merueiffeufes 
Jura quif ne feroit pae mieufo 
Ænpreparer aux amoureuſes 


Apꝛes tout boire et tout mangiet 
€Safcun ſe pꝛint a deſrengier 
Quant le roy fut hoꝛs de la table 
Sen allerent en vng vergier 

Loꝛs fut commis vng meſſagier 
Pꝛopre / diligent et affable 

Lequel alla de hable en hable 
Toutes amoureuſes ſemondꝛe 
Se par le dieu damours doubtable 
Dour venir deuant luy reſpondꝛe 


Toutes vindꝛent / bonnes et belles 
Tant bourgoiſes que damoiſelles 
Et ſoꝛs np auoit ſeruiteur 

Qui ne paraſt ſieges pour elles 
Fuſſent ſur bancs ou ſur ſcabelles 
Et le roy au hault par honneur 
Adonc commence fe lecteur 

Les faits damours dite et narrer 
St loꝛs amoureuſes en cueur 
Lune rire / lautre ploꝛer 


C. love 
Tout Le dieu damours regardoit 


Lune boire et mangier perdoit 

Du ſouſpiroit ſi tendꝛement 

Que chaſcun ſon dueil entendoit 
ÆŒtfautre fes mains detendoit 

En ſigne deſiouyſſement 

Lune monſtroit ſigne comment 
Faitz damours trouuoit gracieux 
Zautre auoit par gemiſſement 
Touſiours ſle mouchouer a fes peufp 


Le lecteur a fire fina 

Quant le dieu damours oꝛdonna 
aie ne doutez quen ceffe table 
Telle fut qui petit difna 

Puis paffer tempe on fes mena 
En vng beau Bergier defectabfe 
St fa defeftat variable 
Samours par amans et amantes 
ut oup maint dit lamentable 
Gtauffi des chofee pfaifantes 


Ainfi train damours eſt diuers 
Lung y Sa droit lautre a trauers 
Lung y pleure fautrep chante 
Lung p eft doulx fautre peruers 
Buef/lee contenances par vers 
On nen ſcauroit mectre en cinquante 
Œtaffin que mieulx ie compfante 
TCe liuret durable a touſiours 
Dar exemples plus de foivante 
le prouuerap fe train damoure 

¶ £acteur 
Œnracomptantaduantures aduerfes 
Bu train damours fant bonnes à peruerfes 
Æontraint fera mon ſimple entendement 
A compoferplufieute rimes diuerſes 
Æarif pa de grandes controuerfes 
Ains que pouoir donner bon iugement 
ais ie requier et ſupplie humblement 


A toue liſeurs dp mectre amendement 


St fuppozter mon imbecifite 

Tar pfufieure peufv Soient pfue clerement 
Que ne fait vng. Et au commencement 

Ge vueille apder £a faincte trinite 


Ainfi comme genefe met 
Le chief primitif des bigames 
Au Biel teſtament fut lameth 


Qui Sonfuf aymer plufieure femmes 
Si que pourfes peches infames 

De luy et de fa progenie 

Au res dec fept Biuantee ames 

Dieu perdit humaine fignie 


Dar foffe amour de dominer 
Nembꝛot auecques fes complices 
Firent fa grant tour ordonner 

Se incomparables ediffices 
Mais ſon amour plaine de vices 
Petit luy donna dauantages 
Quant ſur les meneurs des offices 
Vint confuſion de languages 


Sn effect dentrepꝛiſes haultes 

Loꝛigine et commencement 

Vint damours / mais de grandes fauftes 
Se treuuent a lacheuement 
Bꝛef / amour generalement 

Eſt fa fontaine radicale 

Du boit tout noble entendement 

(hais ſouuent £a fin en eſt malle 


Dour amours on courfmone etBauft 
Dour amoute on iouſte a ouftrance 
Pour amoure bondiffent cheuaulx 
Dour amoure on bꝛiſe fa fance 

Dour amoure on donne cheuance 
Pour amours fouton habandonne 
Pour amours ſouuent robin dance 
Pour amours maint bꝛocart ſe donne 


Amours trouua linuention 

Be faire chappeaufv de florettes 
Amours donna finfiruction 

Se faire fonner fes mufettes 
Amoure fiſt chanter bergerettes 

Et reſueiller les paſtoureaulx 
Concluſion par amourettes 

Sont fais cent mille tours nouueaulx 


Amoureupyx ſont touſiours er point 
Les cueuriofie contine Verdure 
Amonreuy ne vieilliſſent point 
De feur ſemble tant quamour dure 
Amoureuv de chagrin nont cure 
Amoureuv defprifent fouffi 
Amoureux cupdent que nature 
Touſiours fee cntretienne ainſi 


fFueillet 


Quant amans lung a lautre aſſemblent 
Tlamais leur cueur ne penſeroit 
QueBne foie fault quifs deſaſſemblent 
Et que impoffiBfe leur feroit 

Œtquia Bngamant diroit 

Tête fauft ta dame laiſſer 

ent mille foie ifiureroit 

De iamais nefarenoncer 


Qui deuant amans amours blaſme 
Entre eulx neſt pas fe bien vVenu 
amours ne fauft dire nul blaſme 
Qui Bien Seuft eſtre entretenu 

SEt combien quon p ait congneu 
Ses choſes quine vallent rien 

Si fault il ſoit gros ſoit menu 

Dire quil nya que tout bien 


Facon baneaufo toute mignoterie 
SEntaillemens fais en pierrerie 

Fut par amours pꝛemierement trouuee 
Verges et ſignetz et telle dꝛoguerie 

Que les ouuriers font en oꝛfauetie 

Au champ damours ont leur foꝛge leuee 
Facon dabis a fa goꝛre nouuelle 

Qui chaſcun iour fe change et renouuelle 
Partit damour qui en trouua luſage 
Digner cheneufp/paret fon beau viſage 
Se tenir genf)mignon ef goꝛgias 

Vne fois Viue damour qui fe courage 
homme ennoblit/et fait fe perfonnage 
Plus odorantqueneftfe muſglias 


Nubis / ſaphirs / turquoiſes / ddamans 
Marchaſſites / groſſes perles axamans 
Furent peſchees vne foie er fa mer 
Dour refioupramantes efamans 
Fuffentangloie/ou picare/ou flamans 
Du dautre fieu qui fe puiffe nommer 
Defoure/fatin pour faire les atours 

Et les habis ne fut que pour amours 
Pꝛemier troune/efcarfate migraine 

Et les one d1ape quon fait define faite 
Ne furent fais que pour kes amoureux 
Quine quierenttrauaif/fouffinepainre 
aie que gaudir en pfaifance mondaine 
€oncfufion tout Bien fut fait pout euſx 


Lee fore chaſteaulx / villes et foꝛtereſſes 


Vindꝛent premier damours ef fes haulteſſes 
Dour fes amans garder dec enuieux 
Amoure trouua premiet fes fubtifleffes 
Lee petie toute/ cautelles et fineffes 
Ætnpa bruit qui neſt ingenieux 

Amours trouua tous petis mot; nouteaufy 
Lart de faire balades et rondeaulx 

Lart de dancer moriſques / baſſes dances 
Branfs/tordione/et cent mille plaiſances 
Que amours trouua quant il vint er auant 
La maniere dec Belles contenances 

Lee refponces dce doufces elegances 
Brief / amoute fait fur tout bone ſcauant 


Qui nayme rien / neſt pas digne de viure 
Car amoure eft fa cronique vꝛay fiure 

Du fes beaulo faits font trouueʒ et comprine 
ef fe dꝛo it poix /la balance et fa liure 

£a ou tout Bien ę fout honneur fe liute 
Œquafement fans en eftre repꝛins 

Rien/fans amours ne font fee grâe feigneure 
SGn triumphe / en bꝛuit / en grane Bonneure 
Ne ſont iamais ſans amours regardes 

ar par amours font les cheuaulx bardes 
Bourdons poꝛtes / ou fa fance en) fa main 
Arbaleſtres / et les gros are band es 

Lee coꝛps armee pour mieulx eſtre gardes 
Brief ſans amours fe cueur dhõme eſt vilain 


Dour mieufp faire fes oyſillons ſanluages 
Pꝛiues auy gens/amoure frouua des cages 
£inception pour fee auoit pree fop 
En tempe diuer quif fait froit aux bocages 
St ne ofent pae efinouuoir feure fangages 
aie fe tiennent couuers et a recop 
LE quop amours Souft {a facon trouuer 

e fce faire chanter au temps diuer 
Aupꝛes de fop et fes ſalles pfaifantes 
Bien chauffces/cfercerefpfandiffantes 
Et fa oꝛres fate gefee ou pfupe 
Des opfiffonsfes Boiv armonifantes 
Mille chancons amoureuſes difantes 
Concluſion / ceſt Bne melodie 


Æn general affin de paruenir 

Au pꝛincipal point que ieBueiftenir 
En ce proces que damours iay intitule 
Te que damours iay Voulu pꝛeuenir 
Neſt ſeulement que affin de ſubuenir 


Cloxvi 
A mon eſpꝛit ainſi que vVngpreambule 
le p ap parle damours er) general 
Dar cp parla / mais fe point principal 
Icy aptes iay efpoir de defouire 
Et par expꝛes en ſingulier dcfcrire 
ZBont$intamour/affin que defcouuerte 
Doit fa caufe pourquop iap voulu dire 
Que file don damours eſt a effire 
Que grandement fen doit douter fa perte 


¶ Lonime dieu fe pere/fe fig 
ct fe faint efperit deuant que 
creer fe monde effoiét gardane 
amout entre enfp/faqueffe eft 
indeficiéte / ef p amont creerét 
femonde. 


€ grant dieu iupiter tadis 
Auec minerue fa deeffe 
Vny en fon beau paradis 
Dar amour duraBfe fans ceffe 
Admonnefe pat £a fageffe 
Be minerue fa fete et munde 
Plaine de toute gentiffeffe 
Siſpoſa de faire fe monde 


Jupiter et fon amoureufe 

Dout feur amour ris 
Vouldꝛent £a terre tenebꝛeuſe 
Hoꝛs de ſes tenebꝛes oſter 

Et diſt ſeulement iupiter 

Doit faicte funtiere/ct fut faicte 
Incontinent fane point donbter 
La refupfit amour patfaicte 


Quatre coupe apres deuifa 
Seuiſeʒ natureffement 

Se quop fe monde compoſa 
Dour dite foit fait feufement 
Tar minerue prefentement 
FLoufioute auoit a compaignie 
Ainfiqueraifonnabfement 
rap amant doit fa vꝛaye ampe 


Entre iupifer ef fa dame 
Dar amours fane decepcion 
Eſtoit vne diuine flame 
Lee deup tenant en vnion 
gg i 


46 


Bamout fans feparacior) 

Œt fa en feur faint lieu parfait 
Regarderent feur action 
Apres que femonde fut fait 


Que eufv deux ny auoit ſeulement 
Auec funion deuant dicte 

Parquoy a feut entendement 

Leur ſembla quif feroit ficite 
Sauoir de ſeruans evcercite 
Etcommefopaf amoureux 
Douftiupiter creer fout viſte 

Dec beaute feruiteure glorieux 


Faicte cefte creation 

Danges/fut pour faire ſeruices 

Et monſtrer fevaftacion 

De iupiter ef fa complice 

Gn leur fumptueup cdiffice 

Et furent iceulx (uruenue fefs 

Et de fi haultain attifice 

Que 1f5 eurent tous coꝛps immortels 


Tant furent ces feruiteure beaulx 
Que impoſſible eff a a langue Humaine 
De dire en termes ſpeciaulx 

Leur qrant beaulte fouueraine 
Gntre eulx fut mis vng capitaine 
Que minerue tant eſtoit bel 

Comme damours fa chaſtellaine 
Fiſt appeller luciabel 


es ſeruans en beaulte parfais 
Dar doufceur et par courtopfie 
Vnis a famout furent fais 
Deiupiter et de fampe 

Et fineuft efte par fofie 

Encoꝛ fuffent/cafcun fe fcait 
En famoureufe compaigiie 
ais fof ne croit fant quifrecoif 


Luciabel iectant fes peufw 

Seſſus fe dieu ef fa deeſſe 

Viuans comme amans gracieux 

fut enuieuy de leur nobleſſe 

Et neut pas en fup fa fageffe 

De veoir famour grande et notable 
Dequoy laymoient maiſtre et maiſtreſſe 


fueillet 


aie voulut eſtre leur ſemblable 


Luciabel fans faire doubte 

De perdꝛe lamour de fon maiſtre 
En vne heure ſoubdaine toute 
21 luy ſemblable voulut eſtre 
Et de fait pout le deſcongnoiſtre 
Fiſt vne ſi fole aliance 

Que pareil le voulurent mectre 
Aiupiter et fa puiſſance 


Loꝛs iupiter conſidera 

Se ces mauldis ſeruans loultrage 
Œt ſans plus actendꝛe iura 

Les chaſſer de ſon heritaige 

Defait pour leur mauluais couraige 
Gntre eulxy eut fidure guerre 
Que tous mis a honte et dommage 
Furent au centre de fa terre 


Ainſila Belle aniour perdirené 
Que auec minerue auoir foufoiené 
St autant en bas deſcendirent 
Que hault monter ilʒ pꝛe ſumoyent 
Et daultant que Beaufy if eſtoient 
Furent fais et abhominables 

Et fa ou anges ſe nommoyent 
Sontnaintenant appeffez diables 


Pour fe foufas et fa fieffe 

Que ces faulx feruiteure auopené 
46 font maintenant en deftreffe 
Si grande que plus ne pourroient 
Maiſtre et maiftreffe fes apmoient 
Et par vne fofie appette | 
fauftque banis damoureifs foiené 
Le feux fut vne dure perte 


Dautant que ceft amont certaine 
Leur efloit donfceet amiable 
Point ne fauft doubter que la paine 
Nen treuuent beaucoup plus greuable 
Pour nom dange auoir nom de diable 
En vne heure ſoubdaine ct bꝛiefue 
Perdꝛe vne amour incomparable 
“Aewtime fa perte treſgriefue 


Que prouffita a luciffer 


Auoir obtenu amout teffe 

Et puis efire mie en enfer 
Dour fa feparacion delfe 
ondamne a paine eterneffe 
En lieu obſcur et malheureux 
La ou fe faufo amant appelle 
Tous fee deffopaufo amoureup 


Je crop que merffeur euft efte 

2 fucifer cf fes compficee 

Jamaisẽ nauoir Seu fa fatte 

Ses beaulvx et amouteuy deficeg 
Quant par oꝛgueil plain de tous Bices 
Enfer fut eſtably pour eulx 

St la feront mie au ſupplices 

Tous lee deffopaufo amoureux 


Las / ilz fuſſent en grant honneur 
Se bien euſſent entretenue 
Lamour de dame et de ſeigneur 
Que par eulx meſmes ont perdue 
A caufe de quoy leur eff deue 
Seſtreſſe en vng lieu rigoꝛeux 
£a ou paperont feur defcendue 
Æous fee deflopaufp amoureux 


Prince / doit eſtre dit de hayne 
TCil qui perdit lamour des cieufo 
ar auecques luy il emmaine 
Zous fes deffopaufo amoureux 


D vicieux 
Pꝛeſumpcieux 
TCeſt mal mene 
Lamour que a deux 
Bu dieu des dieux 
Vous futdonne 
Jamais fine 

fe decfine 


Neuſt lamour dentre Sous efeufo 
Chaſcun de vous euſt gouuerne 
En amour et en paix regne 

Se neuſſeʒ eſte oꝛguilleux 


O quelle angoiſſe 
Dueffe deſtreſſe 
Poꝛter deues 
Qui ſans lieſſe 


Ckuvxvii 
En grant triſteſſe 
ZTouſiours viues 
Et bien ſcaueʒ 
Que refeuez 
Jamais ne ſereʒ de loppꝛe ſſe 
Mais touſiours plus fort aggraues 
Trop mafement garde auez 
Lamour de maiftre et de maiſtreſſe 


Maſtin bourreau 

Qui fus tant beau 

St tant lucidique 

Becte er leau 

Æuacfaneau 

Bamour nique 

Lieu pacificque 

Lieu angelique 

Zu auois en ce beau chaſteau 
Gn gardant lamour auctentique 
Neſtu pas bien diabolique 
Dauoir perdu fi chier iopau 


Fay cela que tu pourras 
Jamais ne recouureras 
Teſte perle pꝛecieuſe 
Touſiours en paine ſeras 
Tar iamais tu ne voyrras 
La compaignie amoureuſe 
Ne la face gracieuſe 

Se minerue gloꝛieuſe 
Jamais ne te trouueras 
En fa compaignie ioyeuſe 
Gn table delicieuſe 
Jamais ne a ſeruiras 


Mais ſentiras 
Et ſouffreras 
Daine a toufioure 
Zu ploꝛeras 
Ættrouneras 
Dour plaiſir plours 
Sans nul ſeiours 
Detont tesioute 
Œtadoncconfidereras 
Que ceft que du depart dbamoute 
Du if npa point de recoute 
Par ton fait fu le prouueras 
gg if 


Fueillet 


€ Comment au iardin de plaiſance Lamoureux 
eſt au purgatoire damoure / et pꝛiue de ioye. 





La ſaiſon que ſilla renouuelle 
Dee doulo timbres pour mieulvx 
cpthazifer 
Et oꝛpheus en fes deſduys appefle 
armoria/fes mufes aueceffe 
Dour doufcement fes Beoir oꝛganiſer 
Dueiffant lautrup en fecret deuiſer 
Seul a par mop en penfent auv dieux 
GEn vvng vergier entrap melodieux 


La regarday fur ces plaiſans ruyſſeaulvx 
Siuers plaiſirs de fa terre produits 

Fleurs et Boutons ei ces beauſx atbiceaufv 
Pluſieurs couleurs aoꝛnant ces rainſſeauſx 
ue enpure en haulteur de deſduitz 
pmaginant comme foue font conduits 

Dar droit accoꝛd / par fetre de nature 

Qui ſe regiſt / qui ne fedefnature 


Sur ces penſees galiope ſuruint 

En doufv arroy amenant ſes ſeʒaines 
Petis oyſeaulx en nombꝛe plus de Bingf 
Chantopent loꝛs / puis amphion y vint 


TT 


Fi 
= 


a 


Auecques par / foufffant fluſtes haultaines 
£a ne oupffes que voix de doufceute plaines 
ar midas vint ſa muſette coꝛnant 
Emphonia fut fee tours oꝛdonnant 


En fi doufo Bruit fait treſtout raiſonnoit 

ant quif eftoit cfariffie de iope 

Tellus auffi fes fiffes aoꝛnoit 

Gt ardeur ʒephiſus fe menoit 

Bame thetis en ces tours fe deſuoye 

St quant ie op de doulceur tel montioye 

Neuz de veiller ne pouoir ne demy 

aie malgre moy fur ce point mendoꝛmy 


En mon ſommeil par ſonge fuʒ rauis 
De ce Vergier / et poꝛte en vng lieu 

Moult excellent et fait a hault deuis 
ef le plus beau qui ſoit a mon aduis 
Sa grant Beauftenane bout ne millie u 
Ceſi £e palais cupido pfaifant dieu 

En tous endꝛois fais de nrerueiffenp ſtille 
Daffant loeuure de cifrops et totiffe 


Ce palais fut en fait Bien hault aſſis 

Athlas toufioure Le tenoit fur fon dos 
¶hambꝛes ropaufy/ de conuaufs plus de fiv 
Pilliers p eut doꝛ c dargent maffis 

Salles auffi de elephanons os 

Le tout ouure en ſi noble pꝛopos 

Quoncques viuant ne vit tel edifice 

Si bon / ſi beau / ſi grant et ſi pꝛopice 


En vng parquet au miffieu dung vergier 
Je vis damours le parlement 

St vint chaſcun en vng lieu ſarrangier 
Dans delaiſſer fa place ne changer 

ar ordre y fiſt tout eſtre propꝛement 
Doufp regard vint qui fiſt pꝛemierement 
BSens mectre en point vne verge en fa main 
Pource quil fut des huiſſiers ſouuerain 


Su hault ſiege loyaulte pꝛeſident 

A fes couſins /defir ef belacueil 

SEt deuant eulx a vne table eſtoit 

Plaiſant parler qui en oꝛdꝛe appelloit 

Les parties par vng treſdouls recueil 

— loꝛdonnãce et trefgracieufo vueil 
e fopaufte a plaider fout Le cas 

Jopye et courrouy firent feure aduocas 


Sangier gardoit du parquet finftoite 
St malebouche eſtoit contreroleur 
SEnuie y fut ſi rebelle et deſpite 

Qui par force de moꝛſure ſubite 

A ceffer fit mante dure douleur 

Mais il luy fut fecretaire donneur 
Zrouua coufeut de fopaufment efcrire 
Ce quifpfaifoit a fopaufte fup dire 


Dec cac peuf inis à deciſion 

Plus de deu cens par arreſt ef fentence 
Tar loyaulte iugeoit pꝛouiſion 

Le tout op Beoit ou confuſion 

Huy parties on impoſoit ſillence 
Appointement de dꝛoit ſans reſiſtance 
Furent donnees et iournees reniſes 
Lors a plüuſieurs aux pꝛouchaines aſſiſes 


Surant le cours de laudiance honneſte 
Be qui pat dꝛoit on ne fe doit douloir 
Vint vng amant hardy en fa conqueſte 
Qui auoit fait dicter vne requeſte 


Clovvpiii 
Par vng ſaige nomme humble vouloir 
Et diſt en hault pour dieu vueilleʒ auoir 
Pitie dung cueur en pꝛiſon detenu 
Luy octroyant ce qui eſt contenu 


Loyaulte loꝛs la noble pꝛeſidente 
Benignement ſa requeſte receut 

Et diſt ainſi / ie ne vueil eſtre lante 

Atel ſecours:mais pꝛouiſion gente 

Dueif oꝛdonner pour ceuſvx qui tont deceut 
Plaiſant parler qui fon cas apparceut 

Za requeſte publia par honneur 

En general dont ſenſuit fa teneur 


¶ Requeſte au ſouuerain dien 
damours cupido. 






—VVVpplie humblement a Boftre 
— K ſouuerainne puiffance/fetref 

Lunble ſubgect pꝛiue de ioye 
> Nues 20 être puis certain long tẽps 
paffe enca / ila Beu de fa doufz 
ce amertume / repeu de treſai⸗ 
re miel / faonfe de ſouef Se 
nin de voſtre efchanconnerie/deceu et abuſe p 
fes importuncs ſuaſions / et endoꝛmy er for 
de voz doubteus en ors / et Baries pꝛomeſſes 
par aucũs deBos officiers / aſſauoir / deſir / pen 
ſer / ſouuenir / acueit / e ſpoirẽ pluſieurs autres 
frauſdes / circonuenu et aueugle luy eſtant 
en curatelle ſoubz fa main de diſcrecion / au de 
ceu et fans auctorife deffe Bo? ap concede/träf 
porte œdonne p donnacion entre Liuans cõme 
appert par voſtre inſtrument fait et receu par 
Bofîre fecretaite cefe fe pfue hault riche gaige 
de ces poſſeſſiõs / ceſt ſon cueur / duquel il auoit 







deuant ladicte dõnacion foute pꝛopꝛiete/ ioyſ⸗ 


ſance auecques faifine et poſſeſſion paiſible. 
Di eſt il ainſi que luy Venu au plus emple nõ⸗ 
bꝛe denlx a eſte pat raiſon cõſeille de pourfui z 
uir fa recouurance de fon dit cueur / laquelle if 
peult cômeif dit deuement faire / actendu que 
fa lienacion dudit cueur faicte pat fedit ſuppli 
ant ne peut ou doifauoitBigueut/ne eſtre par 
dꝛoit roboꝛer/ pource meſmement quelle a eſte 
faicte par diuerſes cautelles / moiens / indeuz g 
euidentes deceptions. Œt pour ce que icelluy 
ſuppliant ſeſt delibere de briefment ſe excercer 
en aucune efpreuue de vaillance / ſon coꝛps ne 


gg iii 


pourroit bonnement entendꝛe a cefle entre, 
pꝛiſe ne vaillamment fop acquifer en iope cõ⸗ 
meifa bonne Soufente fe teffe deffence eftoit 
entrefup et foncueur/fequefcueurifa conſti⸗ 
tue feufet Bninerfafgouuerneur de fouc (ec 
affaires en ceſte partie. Œt fe parreffus ou au 
tement à dieu ne vueille / il eſtoit fruſtre de la 
reſtitucion de ſondit cueur / il ne pourroit par 
uenir fans dangier a fa haulteur de for deſir 
quieftacquifition dhonneur / et vengemẽt dus 
toꝛt et iniure inferee / g reſtitucion de merite / la 
quelle choſe ſuy tourneroit a treſgrief / euidẽt 
et in ſuppoꝛtable dommage « deſhonneur qui 
par fup feroit a ſuppoꝛter de la reſtitutiõ de ſa 
Vie naturelle. des choſes conſiderees «auf 
que vous eſtes tre ſpuiſſant de biens et tefque 
ne vouldries fut voz ſubgectz choſe acquerir 
qui ne fuſt lopaument et dehoꝛs toutes coſu⸗ 
fions / ſeducions et deceptions acquiſe. ‘ZE 
Bo? plaiſe de SofretrefBenigne grace audit 
fuppfiantrendre et reflituer fon cueur vaillã 
ment ct reaffement / tde fait £e refeuer de 
toutes erreurs € defaiffances er fa donnatiô 
deuant dicte par ignorance ou aufremcé coms 


miſes par tel ſi q̃ icelluy ſuppliant tiendra de 


Sous en fief ou en nom de croire ſondit cueur 
iufqs en fa fin de fesioure/ ç furce (up octrop 
es Sos Lettres patentes furce requifes/gifBo? 
ſeruira comme il a acouſtume mieulx a laug 
mentacion du nom de Fa deeſſe venus voſtre 
mere et de vous ene fe eſcondiſſeʒ en vien. St 
vous fereʒ bien. 





AN Laifant parler fa ſupplication 

à | \ Hauſt pꝛonõca pour fa dame entẽdꝛe 
Et loꝛs lamant pour fa peticion 

chieulvobtenir en humble affection 

Zes requiſt toſt de leur grace y entendre 

Mais lopaulte pꝛudente chancellerie 

Diſt /quil conuient que le Brap enquiere 


Pourtant requiſt oppinion auoir 

En moult bel oꝛdꝛe de tous fes aſſiſtens 
A fin de mienlo fa Berite ſcauoir 

Eten iugeãt de faire fon deuoir 
Comme appartient a fagee prefidene 
Et furent tous de ce cac decidene 

ais chaſcun eut oppinion diuerfe 
Dont plufieure fois lune lautre ren uerſe 


ueiffet 


Quant fopanfte Soit fa diuerſite 
Doppinions / et diuere iugemens 
TConſiderant fa grant aduerſite 

Zu ſuppliant / a ſa propfecite 

Point ne pꝛiſa foiſon de argumens 
Ains diſt tout bas / diuers entendemens 
Les ſentences font diuerſifier 

Et pluſieurs fois hoꝛs dꝛoit teſtifieʒ 


Gt puis diſt hault. La court eſt bien certaine 
Que fa requeſte eſt affes iuridicque 

aie ce fait cp touche fort le demaine 

Se cupido et de fa fop haultaine 

Veu que fe cueur a fe ſeruir fappfique 

Pource eſcriueʒ deffus vne auctentique 

£a ppointement tel que vous nommeray 
TCar de pꝛeſent autte nappointeray 


21 fox celer fe prudent ſecretaire 

Da plume print et fa requefte auffr 

EGt eſcriuit comme Bien fe fceut faire 
Son defitant pour a amour compfaire 
Et keſupliant eſtre plus endurcy 
Gtfopaufte dicta fon fait auſſi 

Que Joue Sopezqui eftcp coppie 
Afinque point if ne fuft oblie 


¶ Ledit ſuppliãt fera mene pat doufs 
regard deuant amours pource que fæ 
choſe côcerne fenterinemet de fes dꝛoiz 
cde fes manieres. Le côfeif fera fa Gen 
toute equife fauorifera fedit fuppfiané 


Amant loꝛs fut effonane du trouble 
Et fopaufte de ce fait mouft loua 
Mais a fa fin) 4plusne fe retrouble 
Be fon gent acte a demãde le double 
Au fecretaire /et fa court faduoua 
Œten feccet lamant a dieu doua 
De bien parfer a amoure pout fon cueur 
enon ob ſtant quif foit fon ſeruiteur 


Æantoftapres/fandience ceffa 

Gt ne fut plus riene appointe pout feutre 
Parquoy famant a regard fadreffa 

Et de faire fon deuoir fe pꝛeſſa 

À fin que plus fur ce point ne demeure 





dar quiattend en languiſſant demeure 
Œt ne trouue iamais les iours trop coute 
Qui eſpere remiſſion de cours 


Soulbv regard dit que voulentiers fera 
Le que appartient au pꝛouffit de fon cueur 
Mais vers amoure incontinent fera 

Le pꝛeſident / et Sous pꝛeſentera 

En vous donnant aſſiſtence et faueur 
Tar point ne fault puocquer a fureur 

Le dieu damours / mais pat gracieux point 
Le fault auoir ou on ne faura point 


Lamiant reſpõd. Je fcap que ie dop dire 
on caenequiert eftre gouuerne dpre 

Ne decourrous qui fout caffe ef empire 
Baſtant fe fene quantifp eft boute 

ais fe mon fait eftpat amours goute 
Jauray mon cueur ie nen fap nuffe doubfe 
De durrefus a ce ne le redoubte 


— ceſt inſtant loyaulte ſappareille 
entrer acop en lamoureuſe chambꝛe 
Seſſoubzs fe cief elle na fa pareille 

Tar roffignof iopeuv cueur p eſueille 
Dar fon doufo chans / auſſi fait fa cafendre 
Tout fedifice eft de criſtal et dambꝛe 

Soꝛ et de ſoye eſt la tapice rie 

Oncques ne fut ſi riche Broderie 


Loyaulte va et belacueil apꝛes 

Et puis defir/etpuie pſaiſant parlet 

Zes aduocatz furent loꝛs au plus pres 
Œtdoufp regard pat mandement expres 
Menoit famant pour femieufs faire afec 
Porc ne ouyſſes autre choſe quereller 

Que de doufceur ef pfaifant melodie 

Qui les dꝛays cueuts amoure fort a luy ſye 


Le dieu fut la/ chaſcun fe ſalua 

Et par deduit if fes fiſt receuoit 

Doufas auſſi qui fut fa fe leua 

Si fiſt plaiſir/et noblement monſtra 
Que a leans conduit et pouoir 

Si commenca doufyp bꝛuit a eſmouuoir 
Par tous mopens dont eſtoit vne mer 
Plaine de ioye au cueur qui veult aymer 


Longtempe dura des inſtrumens le for 


Cſovviiii 
Gt dec oyſeaulv et doulce raiſonnance 
Puis fopanfée qui ſcauoit fa facon 
A regarder fiſt acomplir fa lecon 
Tomme il auoit receu en oꝛdonnãce 
Soulv regard foie deuant amours ſauance 
Tenant lamant par le bꝛas a fa dexire 
Qui loꝛs voulſiſt ſeigneur de ſon cueur eſtre 


Et diſt ainſi. Sire en voſtre pꝛeſence 
Vous amaine ce gentif amoureux 

Qui au iourduy en haulte audience 

Se voſtre court a dit lexperience 

Qui tant ſetient languiſſant douloureux 
Et par maintien gentil et igoꝛeux 

JE peuft rauoir fon cueur de kuy deſmis 
Sont luſaige pieca vous a commis 


Et fut ce cas humble vouloir luy fiſt 
Vne requeſte a voſtre noble court 

ais fa court diſt que cefa ne ſouffiſt 
Œtne luy peut Baloir a fon prouffit 

De deuere vous promptement ne recouré 
Veeʒ le cas ſouuerainement qui court 
Gn ceſt party opes fe ſi vous plaiſt 

at if ſcet bien lentrecours de ſon plaiſt 


Amours reſpond que bien oyr vouloit 
Lamant en ce quif vouloit pꝛopoſer 
Et ſe de riens par raiſon ſe douloit 
TE feroit tant ainficommeif ſouloit 
Que pat Bon droit ny deuroit pꝛopoſer 
Dicommanda a famant dewpofer 
Tout fon Boufoir/et il par fa parole 
Monſtra affes quif Benoit de leſcolle 


¶ Lamant parte. 


Refpuiffant dien reluyſãt en nobleſſe 

Surmontant tous les pꝛeſens en 

haulceur 

Pouoir dautruy neſt que poure foleſſe 
Et tout plaiſir eſt repute rudeſſe 
Acomparer a la voſtre grandeur 
Ayeʒ pitie de fa dure rigueur 
Que trop long temps mon coꝛps a ſoubſtenn 
A loccaſion de mor cueur detenu 


Sur le doulvx fempe de mon floꝛiſſant aage 
Loꝛs que ienneſſe a moy poindꝛe tẽdoit 
gg ii 


Fueillet 
Diſcretion laiſſe par cueut volage 
En enſuiuant de vanite luſage 
Dans aduiſer fee maufp quelle rendoit 
A loꝛs eſpoir ſcientement me rendoit 
op promettant haulteſſe de guerdons 
GEt de par Vous mille plaiſirs et dono 


Tant pour le bꝛief de perſuaſions 

Ze Gel acueil regard et ſouuenir 

Su; abatu que fans euafione 

Contre faduis de mes concfufious 

Je ne me fcap garder ne detenir 
Sabandsner fans en tiens retenit 
on cueur qui loꝛs par moy fut defiure 
Tuot franc a vous / ainſi fu; enpure 


Et vous fcauez puiſſant dieu et robuſte 
Que tel acqueſt eſt de nulle valleur 

Ains doit eſtre repute pour iniuſte 

Heſmes de vous plus que de ceſar auguſte 
Qui dꝛoit gardeʒ entier en ſa haulteur 

Et puis que loꝛs ie Fe fiʒ en chaleur 

Dane par raiſon / tout fe fait modereʒ 

Et point fi fait moult aconſidereʒ 


Item auſſi vng ſeul cueur hoꝛs de compte 
Be cent milliers eſt peu de prudence 
Paie fe tenir a force eft mouft grant honte 
TCon ſidereʒ que fon fait trop peu monte 
Dour augmenter voſtre loz et iuſtice 

Et quant il eſt conqueſte par malice 
Fraulde et barat tantoſt reſtituer 

Il le conuient a for maiſtre tuer 


Si Bouc ſupply en toute humilite 

Que mondit cueur il vous plaiſe me rendꝛe 
Dout en ioyr a mor Btilite 

tie promets er verite 

Le retenir de vous et en fief prendre 

ar mor pouoir ne fi fcautoit eſtandꝛe 

A Saiffance fans auoit fa prefence 

Se fup qui eft fonguement er) abfence 


C£acteur 


oute à fore lamant Bien) enfendit 
De 6on vouloir fopt de bout en bout 
Et quant if vit fa fin ou iftendit 

ains vonllut Bien iterroguer de fout 


* 


Et il eſtant deuant luy en — 
Luy reſpondit fans riens eſtre furpric, 
Si commenca ainſi le dieu de puis 
Tupido 
Ha mon amp tu Beufo ton cueur rauoit 
St toy mefnies ſe mas par don fiure 
Tu [ces treſbien ou fu ce doyz fcauoir 
Que tout Drap don de cueur / coꝛps et auoit 
Neſt au donnant quantif fer eft priue 
Le cas de ycelluy en efttout eſtime 
SEt debatu tous fes ioure/droit en ſoit done 
¶ Lamant 
Si iay eſte par auant entendu 
Teſte doubte a bien eſte ſolue 
Tarie ſcay bien que iay ſi re ſpondu 
Que cueur donne ne doit eſtre rendu 
Sen le donnant fraulde neſt inuolue 
Et quant on fait ceſſion diſſolue 
En deceuant le donnant par complaite 
En ce naquiert nuf droit le donnatoire 
¶ Cupido 
Quant bel acueil/ eſpoir au doulv regard 
Te ont pꝛeſente aucun ioyeux ſoulas 
Deufo tu cella reputer a haſart 
Siſant quilʒ tout frappe fans dite gard 
Pour top Fier dung fs periffenp faz 
Se tu fe dits tu congnoie Bien ton cas 
Auoir eſte cn telle defraifor) 
Que imputer a mes gens trahiſon 
¶ Lamant 
Jay dit et diz / pꝛopoſe et pꝛopoſe 
Que iap eſte fi fort circonuenu 4 
Baucune Bo; gẽs leſquelʒ bien nommer ioſe 
Que par en hoꝛt mont fait faire vne choſe 
Douñut mon cueut eſt par force detenu 
GEt fe ie fuie ace meſchief Senu 
Dar feure mopene fubtifs et repꝛouuables 
Das ne les dits fraicteure et deceuables 
¶ Tupido 
Se fraulde pa/dereption ou dol 
Teſt tout pour toy et a ton ſeulpourchaʒ 
Quant ſans raiſon ne adus comme fof 
Zu inc a moy fe rendꝛe plain de dol 
Et le don fait de ton cueur debuchas 
Que deprefent en ae doufeure extremes 
Blaſmer nen peu par raifon à toy meſmes 
¶ Lamant 
Le fut vng traict de voſtre amoureux ait 
Qui mebleca de ta doulce pointure 


SGt me alicta fe iour dune ſaint marc 
En vng moult riche et treſgracie ux patt 
Du loꝛs ie ſtoye entre aladuanture 
Et fi fis apꝛes celle bleſſeüure 
onnation entiere de mon cueur 
Eſt il raiſon quelle ſoit de Bafeur 
¶ Cupido 
Dafabfe eſt elle celle neſt repꝛouuee 
Seuant le temps donnant perſcription 
Gn ceſte cp a eſte appꝛouuee 
Taiſiblement pat top plus que pꝛouuee 
Ma point eſte fraufde ou deception 
Tu as trop teu la cauilation 
Se tu te peufp aider de dꝛoit eſcript 
ar en ton cueur dꝛoit meſt pieca pꝛeſcript 
€£armant 
Diefcription ne Bouc aidera point 
De pat bon dꝛoit naues fe poffeffoire 
En iufte tifére/ot eftBng commun point 
Que chaſcun fcefque voſtre art mort et point 
Si douſcement quiffait perdre memoire 
Ne ie ne ſuis nedacier ne diuoire 
Se de matbre/fifusagrappefots 
Œt ſepare mon cueur fut de mon corps 
¶ Cupido 
Tu plains affez et dolouſes fee maulv 
Bricfsetdangiere/xpout fon cueur ſoubſtiẽs 
Gn repute moy et mes gens tous faulv 
€e nor obſtant if eſt cler que tu faulx 
ais des plaiſirs quas teceuz ne dis viens 
Je tay vendu pour vng feufmaldip biens 
Dour vvng ſouſpir quarãte penſees doulx 
Sont tu nas cauſe de te plaindꝛe de nous 
amant 
En Sous ſeruant iapy eus cent malles nuytʒ 
Pour vne bonne / et div pleure pour Bng ris 
Et ſil vous plaiſt compaſſer Bo; de duitz 
A fangoiffeufeamertuine ou ie fuis 
GEn contempfant Lee fermes et fes cris 
Lee grans dangiere/fee periffeux eftrits 
Du iap effe fa Brape experience 
Vous monſtrera quifp a difference 
¶ Cupido 
Tu es le ſeul qui es venu plaintif 
Monſtrant de fait que ne; pas vꝛay amant 
Au dois eſtre courtois fimple ef craintif 
Tomme leal feruiteuredoptif 
Dur / feꝛme et net comme Sng fin dyamant 
Et tu ten viens rudement proclamant 


Covvv 
Te que ne fit oncques nufanv ſůppoſtʒ 
Sont it appert quas ſauluage pꝛopotʒ 

¶ Lamant 
Mon mal me fait cent fois plus de meſchief 
Que tous fes maufy des autres ne me font 
Le grief daultruy ne me faitpoint de grief 
Je ne quiers me plaindre pont fe Brief 
Ses defpfaifire qui tien ne me furfoné 
Et fe pluſieurs Seufent dire quifs ont 
Aſſez de bien en vous feruant receu 
Je le crop Gien / mais ie net ap nulz eu 
¶ Cupido 

Vous nauez pas tous les ſouſpirs ouy 
Bec poures cueurs à pour Bo? ont eu guette 
Et finont riens de voʒ doulceurs ioy 
En ſcay nut/ ie Boustefpone que op 
Dont fes pfufieurs font pourris er) fa terre 
Les autres ont doufeurs qui lee atterre 
Étpout bꝛief oncques amant tant fuft fin 
Ne me fetuit fanc dofozeufe fin 


Charge qui eftoonnee fans eſpꝛeuue 
Me fait pour neant a louer ne a croire 
Elle reſemble Bne menfongeneufue 
Ain ſi que cueur paſſionne contreuue 
Pour paruenir a deſpite victoire 
Paie ſe tu [ces alleguer quelque hiſtoire 
Du amant ait eu de moy que tout bien 
Sy fe ſurpilꝰ/car ie le vueil treſbien 

¶ Eamant 
Je ne quiers a courroux Vous mouuoir 
Ne voſtre grace en langage icriter 
Du ie ſuis ſetfa voſtre hault pouoir 
Qui ne vous doy de ioye deſmouuoir 
Par cronique dire ne recitet 
Sine Sue ie er durte perſiſter 
Mais ſil vous plaiſt ien diray bien aſſeʒ 
Dar voz moyens murdtiz ct treſpaſſeʒ 

¶ Cupido 
Sy hardiment ce quas fur leſtomac 
Mais compte vꝛay ſans aller vacillant 
Seſgoꝛge top dekie /mop ce fac 
Paie fi tu menc ce fera vng eſchac 
Douttop maſcher en fon oeuure fiffané 
Je ne quiers plus detop reſpondꝛe tant 
Si vueil ie bien ſcauoit ſe diras vꝛay 
Saultrement eſt que ie y pouruoyrray 

Lamant 

Vꝛay compteray ou les hiſtoires mentent 


47 


Fueillet 


Tar ia du mien ny mettray quelque choſe 
Pluſieurs acteurs en leurs liures lamentent 
Les done damours que fes amans toꝛmẽtent 
Juſques a la moꝛt / cat dedans eſt encloſe 
Fauftſe enuie que iamais ne repoſe 

Be paruertir a fa corde fortune 

Pour eſtre a tous aug amans impoꝛtune 


Evemple auons de ce per narciſus 
Quirefufa equo Fa elfe dame 
Apꝛes cefa tel ardeur luy vint ſus 
Quil ſe noya comme vain et confus 
Ain ſi par vous paruenu rendit lame 
Equo auſſi eſtoit moꝛte en la flame 
Zardant defir ce dit methamoꝛphoſe 
Queſt a opt bien redoubtable choſe 


Same dido foꝛcena toute viue 

Par ſes amours / et mirra ſe pendit 

Gt piramus querant que plus ne viue 
TCuudant thibee eſtre par mort chetiue 
Seffinee / le cueur ſe pourfendit 

Thibee a loꝛs tel guerdon ſe rendit 

Quelle fe occiſt et eufo deux furent moꝛs 
Aduiſes doncques quel Bien Bonus fiſtes loꝛe 


Quant iaſon fut amoureux de medee 
fe layma ſi fort que on neuſt peu plus 
Vous fcaues bien fa faulſe deſtinee 
Tomme elle fut par deſpit foꝛce nee 
Sont ſon renom eſtoit pat tout diffus 
En vous ſeruant le roy anthiocus 

Et fa fille pꝛindꝛent fin deſhonneſte 

Tel guerdon a qui a amours ſapꝛeſte 


Voyeʒ fa fin des amours de parie 

A efaine/ce fut toutadoufeur 

Dofipenne plus Beffe que Fe liʒ C 
fappoincta point pour achiſlesgrant ti 
ais tourna fout en angoiſſeux malheut 
Tarquin fe fi hontore fa Bafeur 

Dont fucreffe moutut en grant mifere 
Ce fiſt farquin deſherilant fon pere 


Quant fatra fut du rop pharon prife 
Dar fa beaulte qui efloit merueiffeufe 
TFffayma mouft et fi donna franchife 
Aabꝛaham et grant richeffe acquife 
En ignorant queffe fuft fon efpoufe 


hais if en fut en paine dangereuſe 
Et luy conuint amours et tout quiter 
Pour la ruyne du regne euiter 


Dar fes amours dauid a berſabee 

Fut mis a moꝛt vꝛye pur et franc 

Et la plus part du peuple de iudee 

Par fentence de dieu fur eulx donnee 
Soubſtint par mort fa Sengeance du ſang 
arf eftant loꝛs penfif fur vng banc 

Dour euiter fur eulx famine ct guerre 

Soubzʒ fa mai dieu miſt fup/fes gens a terre 


Quel fin en eut fa fiffe cathon 

Quant cffe fceut for amp eftre mot 
Effe huma tont vng ardant charbon 
Ain ſi mourut fans defirer raifon 
Vous luy feiftes chafcun fe fcet ce fort 
Dar dalida mourut fanfon Le fort 

A pꝛes quifeut fes peufo ou chicfcreues 
Dees La côment Sos ſeruiteurs greuez 


Quel meſchief eut fa donfce giſmonde 
SDaymer guichari et il pour aimer effe 
Tancret fe pere en pꝛiſon bien parfonde 
Fiſt e ſtrangler richart fe pie du monde 
Et puis fon cueut porter deuane fa Befle 
En taffe doꝛ/ dont en doufeur crneffe 
Elle bꝛoya et beut mortel venin 

Pour compaigner ſon amy en chemin 


4côment fe peult voſtre honneur deſcharger 
Des cas qui font ſi diuers et inhumains 

De mourut pas fa belle du Berger 
Chaſtellame? ſi fifé. fon cheualier 
Qui fe murdꝛiſt par vous de fes deuv mains 
Donc puis fe ducapres tre ſpiteux pfaino 
La ducheſſe meſmes decapita t 
Lamont de troie Bienfort exlploicta 


Que dirons nous de fucreffe fane noife 
Qui de grant cueut curialus apma 
Leur fortune dentre eulx fut courtoiſe 
ais en fa fin er grant douleur 


Dur fa mere moꝛtellemnt pa ſma 


Dont grandement fes parens diffama 
Teſte hiſtoire noue en a miſe ſus 
tfa racompte le grant valeriue 


Lamant pꝛia nt fa dame fane niercp 
Finablement mourut en defefpoir 

Vng autre fut pꝛouchain de mort auffr 
Apant fe cuenr de mefme mercp 
Quantiftrouua en fofpitafefpoit 

Vng auftre puis fut mis en dueil ſcauoir 
‘Que de Sous fut nomme laquariatre 

Le font les ieux dont voue plaiſt a efbatre 


Mais comme fut Bng aultre amoureux 
Par morte amour a Bofire occaſion 
fmonfira Bien quif eftoit doukoureux 
Quant if Sous diff tant de mots rigoꝛeux 
Pꝛiant de fait Bofireconfufion 

Gtnon ob ſtant quen fa conclu ſion 
£tint pꝛopoʒ de vouloir repentit 

Don meſſage ne le laiſſoit mentir 


Pluſieurs fiures ſont entaſſeʒ et plains 

Be vozʒ telʒ fais ethiops et rommaine 

Les poetteʒ nen rappoꝛtent point moine 
Pꝛouuãs touſiours eſtre en angoiſſeux plaĩs 
Et mak finer fes plus fopaufp antans 

ais vous vouleʒ les plus aigres ſeruans 
A os deſtroitʒ lieʒ cueur et eſtaindꝛe 

Et ſi hardy perſonn e de fer plaindꝛe 


Gſſe Bien fait doſter de franc arbitre 

Vng leal cueur et fe faite tirer 

A voſtre loy et puis fans de dueil yſtre 

Le puniſſieʒ en doloꝛeux chapitre 

Dont pour garder naquiert que ſouſpirer 
BEt pluſieurs fois en plaignant expirer 
Et ſi naueʒ de telle paſſion 

Dur voʒ ſubgectʒ quelque compaſſion 


Sy Bous requiets pour nen eſtre du nombꝛe 

Zee guerdonner en ſi noble ſallere 

Que mon laʒ cueur qui ne vous fait quẽcõbꝛe 

Plus ſonguement nefoittenu foub; Bmbre 

Dauoir en fin dec biens pour Sous cõplaire 

Et ie pꝛonietʒ obeiſſance faire 

A Sous touſiours come iay dit deuant 

Sane me epempter deftre voſtre feruant 
Œ'£upido 

Se tu Seufy bien par bon fene moderer 

Eeffaict et fait des amoute deſſuſdictez 

Et a raifon comme il loiſe adherer 

Tu trouueras a bien conſiderer 


Clvxv vi 
Que leurs douſeure moꝛs a paines ſubites 
Ne ſont iamais cauſees ne confictes 
Pat mec courchas on caufes inipoꝛtunes 
Ains pꝛocedent de leurs faulſes fortunes 


Mais non pourtant ia parcoy clerement 
Que paſſion ta ſouffrance ſurmonte 
GSt que tu as en top entendement 
Oppinion que bonte deſment 

Par quoy raiſon y eſt miſe a meſcõpte 
Et quant tu diz que ie doy auoir honte 
Bu temps paſſe ce vient dimpacience 
Qui quiert deſdaing et nayme ſcience 


Sont ie ne vueil tout imputer a mal 
Te que tu ditz congnoiſſant ta fureur 
ais en franc don et octrop liberal 
EX tacorde mandement general 

h top quittant fufage de ton cueur 
En poutrueu que tiendras Fa teneur 


Du mandement qui fera deveprendte 


Zon cueur en fiefs ſans le plus ailleurs tẽdre 


Pourtant celer no ſtre tabellion 

Son mandement vous mandons enfoꝛme 
Dans au ſurplus pour la rebellion 

Dont il eſt ptain fureur de lyon 

Bonnet fup fauft diſcipline de noꝛme 
Pourquoy mandons que fans ce plus d õne 
Souuenir ait penſer en auditoire 

Et le mainent pugnir en purgatoire 


Et la ſoit if ſelon fon cas purgie 

Ains quifperuiengne en aucun don de grace 
Does fa fon cueur qui up eſt adiuge 

Tout fe ſurplus qui eft par fup iuge 

Nous oxdonnonsquon fe fiengne et patface 
Trois iours entiere fans amendꝛit fefpace 
If foit pat Sous durement toꝛmente 

Duis que de nous cefta tort guermente 


Au departir de ceffepenifance 

Ne fe faiffez iamais iour de [a Bie 
ais fup faictes ſuppoꝛt et aſſiſtãce 
Affin que a noue ne face refiftence 
TContre fa fop par fup a nous pluuie 
Ha pencee par Joue deuv fort raute 
Si gentement quil ne mecte en oubly 
Le riche don dont lauons en oubſy 


Fueillet 


¶ Lacteur 


Vant amours eut ſi grãt arreſt rẽdu 
Ce ler fut ſoꝛs du palais a fa porte 
Qui a lamant de for cueut pꝛetẽdu 
C Bien aſſailiy et trefbien deffendu 
Le mandement eppedie apporte 
Gt loꝛs lamant qui affes fe conforte 
Don mandement prenten 1opeuv deduit 
Dour ſen aider / dont fa teneur ſenſuit 


¶ Loꝛs fe pꝛent lamant 
a lire le mandement 


Ivpido parnofire ſeule grace 
dieu des amans. A tous ceuſx 
qui ces pꝛeſentes lettres ver⸗ 
ront amouzeuſe dilection. £a 
treſabũdãte plenitude de gra 
ce pꝛocedẽte dela hauſteur de 
noſtre deifique frefor ſeſtant 

Boufentiere au ſecours ef pꝛouiſions de noʒ 
feaufo ſubgetz / me ſmement de ceufw à fe dicé 
aucunemẽt greueʒ de la poutfuite de no; dꝛoiz 
ctordonnance/pour çe eftifque lunble ſuppli 
sation de noſtre feaf pꝛine de ioye / nous imeufé 
a fe pour ſuiuir er amoureuſet cde fa plaine fi 
beralite dc noftre grace / lequel cõme il nous a 
humblemẽt expoſe aucunes raiſons le mou⸗ 
uantadce/fong temps auoit oblige ſon cueur 
a noſtre perpetuel ſeruice ef en enidéte experi 
ence de ce lauoit mie en oſtage en noſtre couté 
ſoubz fa tutelle de noſtre treſſaĩcte mere fa de⸗ 
eſſe venus et de nous / mais pource q̃ cõme il 
a dit il a voulente de emploier fon coꝛpe en aus 
cun gẽt excercite de quoy il a eſtabſy chief ſon 
dit cueur ifne pourroit paruenir a ſon enten⸗ 
te fan icelluy/ laquelle choſe torneroit a grief 
dommage/defplaifir deſſonneur requerant 
ſur ce noſtre doufce pꝛouiſion ef leſtendue de 
noſtre grace. Par quoy noꝰ incline pat noſtre 
clemence a ſa iuſte peticion par fee pꝛeſentes 
fup auõs rẽdu et rendons / reſtitue et reſtituõs 
ſondit cueur. Mon obſtant leſditz donnations 
ou obligations en quefque moien de deceptiõ 
on autrocõmis ou fraicte dicelſe deſqlles no? 
releuons ledit pꝛine de ioye et tous dcffaufo 
en ceſte partie caffons et anuffone pourueu 


quiffiendra de nous en fief ſondit cueur tout 
ſon viuant. St au iourduy date de ces pꝛeſen 
tee Nous en a fait hõmage cfidefite/fur quoy 
noue auons vecen fa promeſſe et ſermẽt dicef 
fup Et fur ce certaines modificatiôe en ce re⸗ 
quiſes / de ſquelles auons cõmis c commettõs 
lexecution a noz Bien aymez et lopaulx ſerui 
teurs penſer et ſouuenir. Sp mandons et cõ 
mandons a tous noz officiers ef autres aqui 
il appartiẽt. Que icelluy priue de ioye laiſſent 
et ſeuffrent paiſiblemẽt ioyr deſdictes reſtitu 
cions ef graces par noue a luy faictes / car ain 
ſi noꝰ plaiſt il eſtre fait. Æône er noſtre aerin 
palais Lan cinq ceue ct vng / et de noſtre dei 
fique regne fe quatriefme 


Lors miſt lamant aupꝛes for cueur ſa lettre 
Pour luy valloir en tous cas necceſſaires 
Etpenfe bien non iamais fc ſoubzmettre 
Atel dangier ne de luy Fa deſmettte 

Pour quelque cas faut euſt griefʒaffaires 
Ain ſi fut prins par les deux comnuſſaires 
Œtpuie meneen purgatoire ſain 

Qui du palais eſtoit au dernier coing 


Vne maiſon demouft Bieif ediffice 

Qui par dehoꝛs eſtoit moult ten ebꝛeuſe 
Sſtoit ce lieu/mais dc foꝛt artifice 

Se gros merrien a ferrure pꝛopice 

Noire par fout dont Bien ſembloit fumeuſe 
La porte fut antrffois mouff pôpeufe 
Œtreffembfant a queuffes de dragone 

Gt les deux huis efloient hoꝛs des gons 


Le commun cry en eſtoit le poꝛtier 
Qui fur le ſueil eſtoit en ſa chambre 
Loꝛs a lamant aſſiſt vng hault tripier 
Sur fa teſte plus pefant qun moꝛtiet 
Qui tout le chief luy emplit de fumier 
En fe tournant fut europe premiere 
Quant iu ſpin feut a ſon gre batu 
Qui de thoꝛeau auoit forme Veſtu 


Quant noſtre amant ſentit fi dure flame 
Qui fe regard a la voix luy aidoit 

“JF ſe rendit a dieu et noſtre dame 

St riens plꝰ feur à briefuement rẽdꝛoit lame 
Sans plus aller auant il nattendoit 

Et ſouuenir quimonft le regardoit 





Qui fe teuſt luy difoit pont le mieulx 
Œarif Bervoit bien bꝛefment autres lieux 


Se ce toꝛment fantoft fut renuope 


au lac de plourꝰ à mouft de griefs many dõne 


De ces commis rndement fut conuope 
£a fut fe coꝛps dune dame nope 

Qui ſappelloit fa Belle mefantonite 
St fut pource que fa Belle perſonne 
Dar neptunue en forme dung daulphin 
Sa chaſtete rompit et miſt a fin 


ZTantoſt penſer de lamant ſe tint pꝛes 

Et fc tira ou puys de male bouche 
Lamant fer) Ba fort famentant apres 
Pource quif fault auoir vVng toꝛment preft 
Qui grandement et fup et fon cueur toucBe 
Si trouua la mourant fur Sne couche 

De cupure qui par trop fe repent 

Dource quif fut congneu dung ferpené 


Tant de regretz / tant de pifeup fonfpite 
Faifoit lamaut er ces toꝛmens diuers 
Que ceſtoit trop/maie en grans dcfpfaifire 
Lee deup commie tournoient fes defire 
St fce foufhaits furent courroux ouuere 
Si tuy furent ſi durs et ſi peruers 

Que ie qui des dehoꝛs kes veoye 
TCompaſſion ſur moy ien auoye 


Combien que puis ie ne peus veoir de loeil 
Œartontfboftef eſtoit noir ef obſcur 

Mais touteffois ouy touſiours fon dueil 
Quant il crioit / car ie ſaiſſay Le ſueil 

Et le ſuiuy dehoꝛs le long dung mur 

Si ſuis certain que ceſt amant eſt pur 
ont pour ſouffrir ceſtuy ſi Fc fera 

ar mouft de mauly toſt ſoub ſtenir aura 


Je oup depuis pat fa feneſtre dire 

Quif fut mene en forment quon) appeffe 
De noſtre refponfe engendꝛeſſe dpre 

Qui cueurs deſrompt / frappe / fiert et deſſire 
Et ne liny chauft qui ſen plaint ou appelle 
La eut lamant ſouffrette / dien ſcait quelle 
ar medula p fut fa faulſe beſte 
Auecques eîfe fes dꝛagons de fa teſte 


Puis futmene de defefpoir au gouffre 


C. lvxvxv 
Du vulcanus tiroit de fes canone 
£a fut plonge en chauldiere de ſoulphꝛe 
at ifconuient que ceffe douleur fouffre 
La hercules auoit mie fee pañons 
Pluſieurs p font dont ie ne fcap fee nome 
Tar ot np opt que tencer ef crier 
Et la bꝛiefuete de fa Bie price 


Finablement ie louy guermenter 
Treſtout le long de ce lac habitable 
Et pouoit on ouyr le toꝛmenter 

Ses batures et playes augmenter 
Oultre les mure du diuers tabernacfe 
Pour la fin de fon dernier friacfe 

Dh lup bailla en medicine gente 

Le ſupplice qui fe de longue attente 


Ce toꝛment fut vng puys au Bent final 
Qui eſt tout pfain de menue poiſon 

Ceſt vne abiſme / vng peril infernal 

Qui aup amans'ne tend que paine ef mal 
Dane p auoit de Bien quefque achoiſon 
Loda p fut mouft long tempe er prifor 
Apꝛes queffe eut par vng tige concen 
Dont fer baniſt ct fut lamant decen 


Aloꝛs getta lamant vngery hideux 

Qui treſpaſſoit par fon cry les haulx cieuſx 
Diapparceus pat fa voix fes grans dueilz 
Paie les commis pat fa rudeffe deulx 

Ne luy firentquefque choſe de mieufo 

Si mappꝛouchay pout fe veoir de mes penfo 
Œuidant defait quon fe voult mettre er roft 
aie touteffoisie men recullay toft 


Dour dduifet fe ponte qui foꝛſenne 

Je mappꝛouchay alore dune feneffre 
Bug fer garnye et dune barbacanne 
Qui en facon a vne croix moyenne 
Bettant grant feu a detre et a ſeneſtre 
Duie des fourches arant le pꝛe terreſtre 
Dont fus picque comme ceſt leur vſage 
Et puis ce fou me ſaillit au viſage 


Se ces fonrches fa ſubite pointure 

Gt la fureur du feu impetueux 

Dar feur deſroy et deſpite morfure 

Ge firent fore vne paour ſi treſdure 

Quen mon Biuant fi aigre dueil * 
i 


Si meſcriay / vez cp cac dangereux 
Auêne fe frote a Fa ronce moꝛdant 
Qui fi fort picque auec Le feu ardant 


Œtfur ce point ic fus font eſueille 
St mon ſonge fut loꝛs eſuanouy 


Fueiltet 


Di apparceuʒ que affes eus ſommeilte 
Doutquop aloꝛs fus tout appareifte 

Zu fonge efcrite ainfi que ie fe Sp 

Di Sous requiete tous qui lanez oup 
Pꝛieʒ pour ceufp qui font duree ckamours 
En ce hydeux purgatoire damours 


¶ Comment ledieu damoure pour reſiouyr amans et 
amantes qui font au iardin de plaiſance oꝛdonne faire 
ne chaſſe appellee fa pipee du dieu damours. 





et beaulx 

SEt que phebus parradiariong 
Tauſe keurs Baule ſignes geminauſx 
St que floꝛa pꝛoduyt a grans monceaulx 
Ffueilles et fleurs de couleurs variables 
Trop ont dur cueur filfes et iouuenceauf® 
Se par amours ne ſont entreamyables 


ND tenipe de Ser que tontee nacions 
he fes cueurs gays / iolis / plaiſans 
— 


Zes oyſillons des nues a monceaufo grans 
Pour le mal temps et diuerſe froidure 

Du moys de map ſeſpandent par Les champꝰ 
SGEulv degoyſans fut £a fraiſche verdure 
Pucelles font tandiz que le ver dure 
Chappeaulv deffeute meffez de ſouuenir 
Lieʒ defpoir affin que mieulx endure 


Le poure amant fee griefs maulx aduenis 


It neſt nymphe er mer/pre/ne fontaine 

Ik neſt fanfconfmauupe ne oyſeau deprope 
Durmernpaeflurgon/ne ſeraine 

Qui du pꝛintemps en ſon cueur ne ſeſgoye 
Tar neptunns tient ſoꝛe thetis ſi coye 
Quon peut ouyr fa turbe damphion 
Suparuaſus raiſonne / feſte et ioye 

Dung ſon remply de delectacion 


Tar eolus ſoubz fa verge tudente 

Zopte et refraint les durs ſouffletz trẽchans 
De boꝛeas qui pat peſtiferente 

Froide Sappeut defflue parmp fee champs 
Si que aux opfcaufv fait oublier fes chans 
Quant ʒephirus qui caufe fes fleureites 


Par fa doulceur dient les aſſaulo meſehans 
Amodereʒ et les dures moleſtes 


St loꝛs fesee la pulante deeſſe 

Darefee fleurs de fertilles moiſſons 

Si quelle peut a treſgrande fataeffe 

Nous departir fee biens que nous paiſſons 
Plus neſt beſoing que les glans amaſſons 
Soꝛenauant en fa foꝛeſt de donne 

ar fe dieu nous ouure fee paiffone 
Œtauv paſteurs (ee paftis abandonne 


Bachus aorne de floꝛiſſant couronne 
En temps de ver en maniere dung roy 
Laue ſon ſeptre et iuſques en automne 
Ne labat pas / ce neſt en grant deſroy 
Puis ycarus met dedans for charroy 
Vins a plante quil conduyt pat fes aers 
Cõme vng chartier en triumphant arroy 
Pour arrouſer landes et lieux deſers 


ominie parue paſſant fes regions 
Aetheliennes trouua fes paftoureanfo 
Œfpars ee champé par grandes fegione 
Sardãs leurs vaches / chieures et thoꝛeaulx 
Quant le pfaufire virent plain de vaiſſeaulx 
Du pcatue poꝛtoit ce douſx beuurage 
Habandonnerent bergeries et trouppeaulx 
Pour en boire / dont aduint grant dommage 


Pour mieufo entendꝛe lhiſtoire auckentique 
Que yginius racompte en ſon volume 
Datfant du dieu de liqueur mellifique 
Teſt de bachus ainſi que ie pꝛeſume 
Scauoir nous fault que macrobe reſume 
Que ou temps paffe en la ville rommaine 
On faiſoit feſte chaſcun an de couſtume 
Qui ſe nommoit fa bachanaliene 


Faicte en lhonneur de bachus ſouuerain 
Qui fut pere dycarus deſſuſdit 

Que yginius faingt eſtre dicu de Bi 
Lequel bachus donna fans contredit 

21 pcatue fon fifs par ſeul eſdit 

Da deite et fout fon tenement 

Tant que fee poetes ont ſouuent fait et dit 
ycatus eſt le dieu de Bin regnant 


Caril nous monſtre par ſon engin ſubtit 


C.lvxxvxvii 
Guidamment la maniere ct la foꝛme 
De cultiuer o le trenchant ouſtil 
La vignette eſtrinant contrefointe 
Vng iour aduint que vng bouc fait g diffoꝛme 
Vint extirper fe bourgeon ieune et tendꝛe 
Dont ycarus pour ce fait trop enoꝛme 
Cruellement luy fift fa pef eſtendꝛe 


Sncoꝛes le fiſt pꝛemierement 

Et fuſt fa pel des quatre vens remplie 
SEt puie gette en met finablement 
Dar ainſi fut fa Sengeance acomplie 
Des biens bachus qui eſt mifericors 
ten donne tant a qui le ſupplye 
Qui fait caufer les noifes etdifcords 


En ce pfaufitequeie Bouc ap compte 
Poꝛte pcarue du Bin detrois facons 
Lung eſt ioyeux et gap plain de bonte 
Qui ne appete que dances et chancons 
Stfautre quiert riottes et tencons 
Tant eſt de ſoy mal complexionne 

Le tiers vin dit baille les trois facons 
Qui trop er pꝛent a leſperit beſtourne 


Le cler ſoleil de motif pardurable 
Œnuironnant du monde fa machine 

Dar fa lueur qui fane fin eſt muable 

Fait apparoir par le hault ciel maint ſigne 
Lung monſtre froit/et fautre chaleur ſigne 
Thaſcun deufy a diuerſe demonſtrance 
ais ie nay pas ſcience qui maſſigne 
Pour en auoir parfaicte congnoiſſance 


SEt neantmoine en pꝛenant mon recours 
Se ſciences des anciens acteurs 

Qui ont eſcript des eſtoilles le cours 
Ainſi que ont fait les notables docteurs 
Comme le moindꝛe de leurs imitateurs 
Je vous diray de leur mutacion 

De parue quefce poetes ficteure 

Ont mis ou ciel par fimufacion 


Difant pour vꝛay que bachus for chier pere 
Tient ycarus er) fi grant preceflence 
Quif effieue affin de micufp appete 
Juſques au cief par clere demon ſtrance 
Gn luy donnant fa planiere puiſſance 
Be condupre vng chariot font 

ii 


Fueiltet 


Dee meilleurs dins que on peuſt faire finãce 
Pour ſubſtanter le poure genre humain 


Tant a volle pcatue pat fes aers 

Tant a couru par montaignes et plaines 
Tant a erre pat voyes ct deſers 

Tant a paſſe fur fleuues et fontaines 

Quif ſeſt trouue es regions loingt aines 
SEnuironne de cent mille dangiers 

Comme il paſſoit les fine aetheliennes 
Trouua es champs grant foiſon de bergiers 


Qui ſeſbahirent comme de grant merueilles 
Quant le plauſtre virent pꝛemierement 

Si bien muny de crocheʒ et bouteilles 
Moutlt Bien remply et planturenfement 
Jamais nauoient beu Bin aucunement 

Et touteffois fa couleur et beaulte 
Dartoutentre eufo efmeut ſi ardamment 
Quitʒ en beurent par grande nouucaufte 


deufo qui beurent ce Boite gracieux 

Ne keur coufloit ce crop ie gueres chier 

Tant Le trouuoient de gouſt delicieux 
Quifsnen pouoient fardant ſoif eſtanchier 
Tant et) beurent quif feut conuint coucfier 
Pour eufp doꝛmir et pour ferepos prendre 
Du autrement fee Beiffes trebuſchier 
Lomme fit deuſſent par mort leſperit rndꝛe 


Gt les aufres qui nen vouldꝛent taſter 
Quãt leurs compainge Birent tumber p terre 
Cuiderent bien treſtous eſtre enchanter 

St que ycarus leur vouſſiſt faire guerre 

Du par larrecins leurs bergeries conquerre 
Loꝛs ſe getterent ou parfond dung grãt pupe 
Du gyſt encoꝛ et ne fe fault plus querre 

En forme dhomme / car on ne le veit puis 


Quant ces beuueurs eurent doꝛmy long tẽpe 
Et reuenuzʒ furent en ſens raſſiz 
Bemanderent aux autres par contemps 
Du eſt ycarus pour luy rendꝛe mercie 

Loꝛs reſpondirent quifs lauoient occis 
Œuidane quil Souft fee bergeries piller 

De ce meſchief en furent ſi tranſſiz 

Que leute compaings en furent eviffier 


Lee puiſſans dieux doufy ef miſericoꝛs 


TConſiderans dycarus le merite 

Ont recueillp leſperit auecle coꝛpe 

Pour en faire mutacion ſubite 

En Bng der ſigne que pꝛes phebus habite 
Tant eſt digne/ pꝛenez dont fepempfaire 
A ce quif dit iuuenal le recite 

Que tout labeur poftuffe fon faffaire 


Liane mauly Bindrent fur fee atheniens 
Dout fa grant perte Bideufe dommageable 
Quantpcarue pout fee aetheliens 

Fut mis a moit/innocent non coufpable 
aie pour fuyr lincident redoubtable 

Be ceBif cas de repꝛehencion 

Plus ne diray de ceſte pꝛeſente fabfe 

TCar trop loing ſuis de mon intencion 


St pꝛoteſte que ce que ien ap dit 

Gſt en louant le ioliz temps de vere 

Œn toute fleur de beaulte reſplendit 
Œtque les boys font de fuciffes couuere 
Nymphes Bopt on ſoubz fes faufp Sera 
Aleurs grans queues abatans faroufee 
Les cueurs font fiers / les habitz font diuere 
Toute choſe eſt en ver Bien difpofee 


Ceſt vng temps ioyeux pfaifant cf gap 
Teſt vng temps damoureuſe lyeſſe 
Fait chanter fe ioly papegay 

Fait cauſer toutes fleurs a largeſſe 

Fait querir toute amouteufe adꝛeſſe 
Fait contraindre toutes beſtes enfembfe 
Teſt vng temps chaffant tonte deftreffe 
Teſt vng temps gracieuv ce me ſemble 


Loꝛs font les pꝛes de verdeur Verdoyans 

Et ſes arbꝛes de grans fueilles fueilluz 
Fleunes et fons par Vndes Sndopane 

Vont arrouſans noz grans rofeaufp rafus 
fo; gros montons couuers de peaulx peluʒ 
Dont par pan es paſtiz en paſture 

Cheures cheureaulx / Saches g veauſx veluʒ 
Bꝛoutant en ver ioyeuſe nourriture 


Amours à fait tous haulx faifs entreprendre 
Sans repꝛouche/mais que on ne ſe deſuoye 

Du tẽps de ver me Bint par fa main prendre 
Sedans mon lict ainſi que ie dozmoye 

En me diſant / lyeue top pꝛens la voye 








Pour me ſuyure de cueur eutencieux 
Monſtrer te vueik ce df fault que amant voye 
Dour euiter maint tour nalicieux 


Pꝛey vng papier ce me diſt⸗et eſctips 

Te que vetras ce fera pour ton) bien 

Dans teſbahir pour plaintes ne pour cris 
Que tuopee/cartout cela neſt rien 

Voyl eſcoute / entendz bien et retien 

Que diront ceulx à en mes fafzprine autay 
Je fup refpond;/puiffant dieu tecrier) 

Zreſ Soufenfiere au mieulx que ie pontrap 


Zan mil quatre cens Snse auecnonante 
Le pꝛemier iour de may treſgracieux 
Que la terre mect tout ſon entente 

A ſoy parer dhabiz moult pꝛecieux 

Je me treuuay fe cuenr ſi treſiopeux 
Que iay ſuyuy ſans ſcauoir que ie face 
Le dieu damours en moukt de diuers lieux 
Ains que auroꝛa monfire fa cfere face 


Love zephirus les aers affoit courant 

Qui toutes fleurs faifoit efpanoupr 

Dar fa doulceur / vng doufp fon murmurant 
Alloit faiſant / gracieux a oyr 

Œn fefcoutant veiʒ Sng fleuue courir 
Anivonnant vne belle praperie 

Selectable affes pout eſiouyr 

ous fes humaine / ceſtoit lien de farie 


Amoure me dift/fup mop de pꝛes Beau fifs 
Voycy fe fieu ou ie te vueil mener 

Du ie tendꝛay mec gluons et mes filʒ 

SEt lanceray mes done empoifonnez 

Be faulx ſemblant / regardʒ de ſoꝛdonneʒ 
Pour ſubiuguer ſoubz ma rauiſſante trappe 
Tous les humains qui de mere font nez 
Sans que vng tout ſeul mes fats eſchappe 


Tar iay venus ma mere fa deeſſe 

Qui meſt touſiours gracieufec propice 
Zelict auſſi qui iamais ne mc laiſſe 

Vng quart dheure ſans eſtre a mon ſeruice 
Et oyſeuſe ma treſbonne nourrice 

Pm mafairta ſi gracieuuſement 

Be ſon doulo kaict repeuʒ plain de defice 
SDedanes ſon fangttefcurienfement 


C. lvxov vii 
ZTantoſt apꝛes me monſtra la fontaine 
Du narcifus dame equo reffufa 
Le peuplier où parie pour heſaine 
Voult efcrire quant zenone amufa 
Larbꝛe ou pBifie pour demophon mufa 
Le meurtrier blanc ſoubz lequel pirame 
Piteuſement fes piteux ionre vſa 
Dour thibee quil ayma ſans diffame 


A tant amours entra en vng pre Jerd 
Sdiffie de par dame ieuneſſe 

Qui de ioye et ſoulas fut couuert 

GEt de pfufienre flouſſant en ſyeſſe 

Se toutes fleurs pa grande largeſſe 

Foꝛs de foufcp et de melancolies 

Menues penſees iamais croiſtre on ne laiſſe 
Tar les roſiers y ſemblent plus iolyes 


Gnlieu de hayes roſiers hauſx a merueilles 
Entour ce pre font planteʒ a foiſon 
Dortanerofes blanches et vermeilles 
Redolentes ainfique de raifo 

St amours en lieu dune — 

Sedans ce pꝛe tendit deux pauiffone 
Soubzʒ deux arbres vers cp toute ſaiſon 
Moult Bien peuplez de diuers opfiffons 


Tomment amours au beau pꝛe de ieuneſſe 
Darfa a mop en moult grande lyeſſe 
Œnchargant par expꝛes mandement 
Œtcommandant de fon commandement 
Faire vng eſcript de ce queic Berrope 

Et que louper ct querdon en auroye 

Tar ilʒ vouloient faite vne pipee 
Amours qui ſcait de piper fa maniere 

Ge faiffa ſeul / de moy fe tira arriere 

Dour mieufv daguet fes beſtes efpier 
Atant fer Sa ef ie pꝛens mon papier 


Quant amoute fut dedans cepre enfre 
Arencontre 

Toute fa gent denant par oꝛdonnance 
£up faite honneur et haulte reuerence 
Moult font ioyenx toue de fa Bien Benne 
one defirane auoir fa bien vueillance 
donfiderant que toute fa pfaifance 

Gſt deſſoubz Puy gardee etimaintenue 


Je veiz premier Bna homme gros ïe couté 
nt 
43 


Juciffet 


Defantetfouté 

Fleugmatique et mal complevionne 
Quia dormir eſtoit tant adonne 
Que a grant paine ſe pouoit remuer 
Teſtoit repos de fon ſens beſtourne 
Due oyſeuſe anoit ainſi attourne 
St lamenoit pour amoure ſaluer 


Puis vint delict Le chier filʒ de lyeſſe 

Auec ieuneſſe 

Œt fe tenoient pat ſoubz fes bꝛas eulx deux 
Dane mal penſer comme font amoureux 
Qui vers amours courent le fafut rendꝛe 
Dauffant/dancant/et faire pluſieurs ieux 
Et leur ſemble quon ne peut faire mieulx 
Et quil neſt nul qui les puiſſe repꝛendꝛe 


Bien pꝛes damours ſapꝛoucha doufp regard 
Qui ſon regard 

Settant ſur luy tant amoureuſement 

Que voues deuſſeʒ a ce veoir clerement 

Quil le deuoit tout mettre en ſes yeulx 

Bien fut nomme de ce nom pꝛopꝛement 

Son oeil ryoit ains la bouche ſouuent 

Tant eſtoit doulx / amyable / et iopeux 


Dame beaulte fut toutes chier tenue 
GEſtoit v enue 

Seuers amours pour luy offrir hommage 
En luy baillant fon gent coꝛps en hoſtage 
SEt pont ſalut vng doulx baiſier fup donne 
Mais quãt amours cõgneut ſon frãc courage 
Luy reſpondit / treſgracieuſe ymage 

Chiere beaulte mor) pouoir tabandonne 


Seuers amours Ba venir Bel acueil 

Qui pat recueil 

Sembloit chaſcun trop bien enfretenit 

Teſt il qui fait ee amouveuy tenir 
Auecques luy paifibfee fans tencone 
Zoufioure fce fait er iope maintenir 

Pour fee griefs maufv damoure € foubftenie 
Zant fcait chanter grarieufes chancone 


Vne dante pres damours ap choiſie 

Que courtoifie 

Di} appefloit pour fee doulx faits courtois 
Das ne ſembloit fee ducs garamentoys 
Qui par crueur enſemble fe deuoꝛent 


Sytraict fut dhonneur le boh bourgois 
Et nomme en fa ville de bloie 
Du toutes gens pat effe fe honnoꝛent 


St doulv parker ne fetient pas arriere 
Tar fa maniere 

Scauoit if bien patfet et beaulv dits 
Dane que de luy nufs ne foit efcondig 
Tant contente de fait ou de parofe 

Et mefmement ces ieunes eſtourdis 
Fait nuyt etionr naiſtre fane contredis 
Auecques fup pour ouyr fes friuolles 


Chiere pifie mifeticordienfe 
Œtgracieufe 

A tous amane quifs veulent requerir 
Pꝛeſte touſiours au beſoing ſecourir 
Vint ſaluer le gentif dieu damoure 

Luy promettant que iuſques au mourirt 
Ne laiſſera nullement encourir 

Lee amouteuv fans leur faite ſecours 


LÊme Bien cefer qui fait tout fecref taite 
Secretaire 

Ze doulx parler qui luy donna loffice 

Vint vers amours plus ſimple q̃ vng nouice 
Le ſaluer en petite harengue 

Bien pou parler doubtant le maleffice 

Be trop parler qui eſt vng treſgrant vice 
Mais ceſt vertu qui refraint fa langue 


Quant bien celer euſt fait obeiſſance 

SEt reuerence 

Au dieu damoure /loꝛs vint fa mieulx amee 
Dame feutte de pied en cap armee 
Quiceinte auoit leſpee de hardieſſe 

Pour combatre en champ de renommee 
Faiſant pour noue a bel acueil deſtreſſe 


Apree ſeurte va venir doulx penſer 

Qui penſer 

Sembloit auoir la couleur mathe et palle 
dôme fifeuftau cueur freeur trop muece 
La face auoit morte et deſcouloꝛee 

out fon pfaifir et cure principafe 

Gſtoit penfer/vien ne paiſt ne auafte 

Ne que fait beſte de fain afangouree 


Que dame plaine de grant ſcience 











Œeftpacience 

Qui feuffre tout et nul ne contredit 
Dour imure ne pour mal qui foit dit 
Zout prent en qe le feruice damours 
éCefte dame vng Bas ſalut rendit 

Au dieu damoure quifore fup refpondif 
Qucle eft a luy auſſi Bien que tou ſiours 


Tantoſt apꝛes que pacience euſt fait 
Honneur parfait 

Au dieu damours quelle aimoit ſans faintiſe 
Vng Somme Die qui par grant mignotiſe 
En fce habitʒ auoit faicte maint taiffe 

Da robe fut de coufeur verte et grife 

Dur fe bꝛas droit portant ceſte deuife 

Je fuie efpoir qui pour ainans Bataiffe 


Sur vng thꝛoſne pare triumphamment 
Et richement 

Vis triumpher en grant magnificence 
Vne pꝛinceſſe emportant lexcellence 

Et tout fe pꝛied e beaulte naturelle 
Si ma plaintiue et ma rude loquence 
Pouoient toucher ſa doulee contenance 
Et ſes facons ie vous compteroie delle 


Si ie repute mon rude ef baſile 

Eſtre inutile 

Pour blaſonner beaulte tant excellente 
Evxcellamment ſur toutes triumphante 

Je nay pas toꝛt doubtant eſtre repꝛis 

Mais iay congneu par taifor apparente 
Quil Sautt trop mieulſx p mectre fon entente 
Doit Bien foif maf que cefer for hault pꝛis 


GSt ne crop point que nature fceuft faire 
Mevarfaite 

Dngtefchiefooeuute en feaufte magnifique 
Be fa beaulte ie ue Sous [cap que dire 

Dng fer Bifage/refuifant/angetique 

Vng coꝛps farctis auffi dur que vne picque 
TConcluſion fur fop na que redire 


Et auecques ce queffefoit ieune ef Belle 
Freſche et nouueffe 

Da chair de Srap qui fut ſi richement 
Neueſtue dung pompeus Beftement 
Que mon regard ne fe pouoit faffer 

De contempler fon doulx entretenement 


€. lovxv Bis 
Bontpfue a plain vous pourrap dire affes 
Da robe fut faicte de drap de fope 
De couleur iaune comme fin oꝛ luyſant 
It neſt homme qui ceſte robe voye 
Qui nait au cueur grant ſonkae ef grant ioye 
Tant eut de luſtre gracieux et plaiſant 
Œt pour eſtre de facon Bien diſant 
Œt tout au fout de petfe dpapree 
De tel longueur quel trainnoit ſur lapꝛee 


Ceſte dame de beaulte ſinguliere 

Dont ie Vous ap defcripte la ſemblance 
Gſtoit damoure mignonne ek ſinguliere 
Si quelle eſtoit conſierge et treſoꝛiere 
Dee biens damourse/de toute fa finance 
Nommee fut de fon nom iouyſſauce 

Be fon office/deuoit fee amoureus 
Reconforter de toue maufp douloureux 


Au pre de (op auoit deux damoiſelles 

Bt au deſſoubz Bng efcuicr chantant 
Doulces chancone notes plaiſans er belles 
Bien racomptant fee deuiſes nouuelles 
cuydãt bien plaire aux dames pour ſon chãt 
aie pour chanter et parler ne fiſt tant 

Que acquerir peuſt en amours iouyſſance 

Se Bne dec dames ne fes mectoit en chance 


Lune des dames qui eſtoit Fa aſſiſe 

Gſtoit la dame de richeſſe 

De maintes gene ſuppliee ef requiſe 

ar a grant paine peuft on de fon empꝛiſe 
Venir a chief fi non par fon adreffe 

Vers fautre dame qui beaulte eſt nommee 
ar richeſſe eſt de trop mieulx renommee 


Gt ſi aucun par amoureuſe queſte 

Se iouyſſance Beuft fa grace acquetit 
Hantoft if fauft quif baiffe fa requeſte 
Juſte / ciuile / raiſonnable et honneſte 
Entre les maine de troie pour requerit 
Que iouyſſance ſuy vueilloſecourir 
St fi ricHeffe pꝛent fa requeſteſen gre 
Tantoſt la met a ſouuerain degre 


Dame richeſſe a plus haulte puiſſance 
Que nont beaulte et loyaulte tous deux 
Tar ſelle met quelqun en audience 
Zofifup acquiert lamour de iouyſſance 
gg iiii 


Jueitfet 


Dour fe querir dec dure mauſv ſangoureux 
Œt Beau chanter demonrra douloureuv 
Longtempepeuft efîre et Beaufte auec fup 
Di de richeffe nont quefque pou dappup 


Tant plufienre ont ſouuent maufdit heure 
Que nufpoure homme fut onc de mere ne 
Diſant quen vain nuptet iour re fabeure 
Puis que autremẽt na riene quifup demeure 
De fon fabeur tant eſt mal fortune 
Œtneantmoine Soit on predeftine 
Bngtrefponre hõme au vray amoureus eſtre 
Jacoit ce quif sait donne famour peut eſtre 


Dine ſouhaitte poutefe se richeffe 
Mais le moter qui a non fuffifance 
TCar a tous deuv pa dueif et deftreffe 
Et a moien na que iope et ficffe 

Du toue plaifire croiffent er affluence 
Brant trauaif a pour acquerir finance 
Et grant fanguenr eft viure en pourete 
aie au moien giſt Fa feficite 


Dour ce conclus par raiſons apparentes 
Que pour acquerit iouyſſance en amours 
Trois moyens font comme adzeffes et ſentes 
Du tous amane pourchaffent fene et rentes 
Dour oBtenit confort /apde « fecoure 
Defquef;mopene ic Boue ap dit fe couts 
omine Biraife ſonbz Gergerie rufiique 

Le met au long en Sne bucolique 


Tant euſt amours de fafue dhonneurs 
Qua grant paine men ſouuient il du tiers 
Œtneantmoine ie Bei; grane mineurs 
Rope cprinces/duc;/contes ſeigneurs 
Barons / marquis fup efîre fes renfiere 
Dieffree « cferce/Bigots/mopnes/cfoifirrers 
Jay veu faiffer fes faine lieux ſolitaires 
Dour eſtre fais ferfs damours tributaires 


Amours voiant fon train curial 

Pꝛeſt dobeir a luy entierement 

Se va ſeoir fur Bng hauſt tribunal 
Monſtrant par ſigne de fon ſeptre royal 
Faire ſilenceet par commandement 

Si quil puiſſe decfairer pfainentent 
Seuant chaſcun fa haultaine puiſſance 
Æore tout fe taiſt / et puis ainſi commence 


Semogoꝛgon apꝛes mil ane eſtoit 

SEncoꝛes yſſu de fa roche marine 

Que mon ropaufme en vigueur floꝛiſſoit 

Et mon eſtat deffue toue triumphoit 

Dar ma Bertu qui fe fiecfe enfumine 

Ne oncques pure ne tumba ey ruyne 

Aine ma puiffäce toufioute croift et augmẽte 
Tant que ſans fin demourra permanente 


arfore que dieu forma a fa fembfance 
Somme et femme pour fe monde peupfer 
SDame nature Vers mop print afiance 
Sn me donriant fa pfaniere puiffance 
Dour diuere ſexes faire enſemble coupler 
Contre atropos quitend a deſpeupler 
TCe que cfoto et mop ediffions 

Et le defaite par [ce ſedicions 


Je fuis epfraict de fa lignee des dieux 

on pere efloit dieu et treſpinſſant rop 

Da mere tient fon thꝛoſne gloꝛieux 

Œntre fee fignes nobles et Sertueuf» 

Sn grant honueur ef triumphant arrop 
Tant ſuis puiffant que par fon defarrop 
Jap fubinque empereure/rope et contce 
Zöt les acteute ont efcript fes Sauf côptes 


Tant eut parie ma mere en reuerenre 
Quant mercure enfre les troie deeffee 
Leffeut pour inge/qui fup donna fentence 
Gn contemnant de pafae fa fcience 

St de iuno fee diuines richeſſes 

Pour ſarreſter ſeulement aux pꝛomeſſes 
Quelle luy fift/que fa plus beſle dame 
Be tout fe monde luy bailleroit femme 


Tanloſt apiee en f'iffe cythatee 

Je lenuoiap pout rauir dame helaine 
Quifamena a trope fa contree 

Quipuis en fut dhonneur defBeritee 

Sont fes tioyens en eurent doufeur ef paine 
Et qui pfue eff maint autre grant demaine 
Ay foul dꝛoye en douloureuſe abiſme 
Dunufne fcet des angoiſſes fa difme 


Je fiʒ tarquin a force prendre fucreffe 
Quant par amour ne fe Bouft confentie 
Sont fa fin fut dueif/doufent et triſteſſe 
Qui des tarquine effaca fa nobleſſe 

En les faifant du regne departis 


Np oncques puie 4 romme fane mentir 
Ne fut fait rop dit tutilinius 
Dour Sengeance du fait de tarquinius 


Je fix dido bꝛuſter ef mectre en cendre 

Dour fa perte de for amp enee 

En haulte mer ie fi; noper leandꝛe 

Et fiz phifie dedane vng arbꝛe pendre 

Pour demophon qui leut habandonnee 
pfifilre femme mal fortunee 

Voyant iaſon luy faillir dc pꝛomeſſe 

Voult mieulx mourir que languir en deſtꝛeſſe 


Que dirons nous de ypermeſtra 

Qui deſtruit a fon amour linceus 
Jacoit ce que noue teſmoigne Fa ſectre 
Que for pere Fa fiſt en pꝛiſon mectre 
Et toꝛmenter ce dit bocatius 
Pareillement du villain theſeus 

Qui eſchappa au moyen dadꝛienne 
Bu fier monſtre dont il eſtoit en paine 


Trop fut dauid en amours curieup 
Quant if fouiffa dhomicide (ce maine 
Si fiſt fanfon qui perdit lee deux peulx 
Et fafomon qui adoꝛa lee dieu 

Sy ce faifant ne defaiffit pag moine 
Ballus qui fut vng dee ſages rommains 
Tant eſchauffe de ma treſardant flamme 
Quen fa parfin ie Le rendy infame 


Œt oꝛpheus crudice apma tant 

Quifne doubta fee infernaulx palus 
Quif ne couruſt iuſques aux portes batant 
Pour rachapter erudice en chantant 

Quon luy rendit en faueur de fon lutz 

Dar mon pouoit ſi Bainquit gatiffue 

Et fis onide mectre en fi grant peril 

Quif fut par mop enuope en exil 


Je fubiuque emperenre/rope et princes 
Barons / marquis /toutes nobfee perſonnes 
Bourgois / marchãs / poures/ riches minces 
Se tous eſtas et de toutes pꝛouinces 

Dane differes / ſans ſeptres ne couronnes 
mõ hault pouoir ſeſtãt iuſq̃s au.ii. Bourne 
Que mon Saffaf hercules miſt er) mer 

Dar tout me faie doubter/craindze ct amer 


C. lxxxivx 
Concluſion / ie ſuis le plus puiſſant 
Roy terrien deſſoubz ſeſpere ronde 
Ma vbertu Batoufioure en accroiſſant 
Tar enricheffe me tiens plus floꝛiſſant 
Que alixandꝛe qui par fa grant faconde 
Ttois iours entiere futrop de tout fe monde 
ar mon regne ef tant agreable auv dieux 
que ie pfpete toufioure de mieufp en mieufo 


Tant fuie puiffant et Sertueup me fene 
Quif ne me fault nouueaufy are ne cautelleꝰ 
Dour deceuioir fes Humaine pat feure fene 
ar if; Biennent a mifliere et a cene 

Sans les prier ſonbz mes tentes nouueffes 
le recop tout ſoit maffes ou femelles 

Qui fitrouuentia grant beatitude 

Defire ſoubzmis ferfs a ma feruitude 


(aie par maniere de prendre efbafement 
Pour recreer fes iopeufp eſperis 

De mec ſubgetz qui ont parfaittement 
ie tout feur cueur et leur entendement 
Ame feruir tant font de moy ſurpꝛis 
Dour fee dedupre iay icp entrepꝛis 

Faire vne chaſſe en forme de pipee 

£a ou fera mainte beſte pipee 


Rap tempe et lieu et gent moult conuenable 
Dour acompfirtoutee mes Boufentes 

Je ſuis oifif/iap iardin defectabfe 
ZDedanefequef a maint arbꝛe notable 

Sont nufne (cet dee fruit; fee grane bontes 
Se mes vaſſaulx qui font entafentez 

De me feruir er toutes mes affaire 

Pour mee pfaifire acomplir et parfaire 


Je fis tadie pfanter vng arbꝛe Bert 

Que ie nomme de ce beau nom deduit 
En vng lieu bas tant paifible et ſecret 
Et foficite quif ſemble dung defert 

Du nuffe foie npa noife ne bꝛuit 

Œt fa au tour par Sng (uBtif conduit 
Court eaue quipar Bnde eſpandue 
Mouille dentour lhetbe poignant et dꝛue 


Combien que larbꝛe de deduif queie die 
Doit fitue fou63 [a roche marine 

Œntre fiffa et entre caribdis 

Dour la riche qui menaſſe rupne 


fueifet 


St nonob ſtant la noble metfaline 
yeſtriua fa pluſpart de [a vie 
Qui ſen partit laſſe et non aſſouuie 


En ce bel arbre de deduit gracienx 

Mes for gluons et fiffes ferap tendꝛe 

Dour deceuoir par att malicieux 

Zous oififfons mignone deficieuv 

Et qui veullent a ceft arbre contendre 
ame Beaufte vueillez doncquee entendre 
2 ces filles puis que ie Bone en charge 
Autre que vous nen doit auoir fa charge 


Due dame oifeufe Bo? naueʒ pas grãt paine 
Be chercher pais et ne vous faffe; pas 

Gif eſt beſoing quauec moy ie Sous maitre 
Dour eſpandꝛe de famourenfe graine 

Dont fes opfeauf» Scuffent prendre repas 
Repos pa apres cours pag a pag 

Den feffropet fes gluons redꝛeſſer 

ar de labeur ne Seuft fon coꝛps faffer 


Zireʒ vous pres veneʒ ca douſx parfer 
dar voſtre office noue eff bien aduenante 
Dienez le bꝛay ne ce ceffes dappelter 

Tous fes opfeauf» que Sous oꝛreʒ parler 
Dour fes faite retraire ſoubz fa tente 
Ætdoufp regard tiendra fa rethz faiffante 
Auec defirt muffez en quefque coing 

Dour nous feruir quant if fera beſoing 


Suite ne craint onte/paour ne menaſſe 
Aemaffe bouche / ialouſie ne dangier 
Jenya rien que pour mop efne face 

Tant eft fougneufe dauoir ma Bonne grace 
Duef fen feroit tuer cfedanger 

Ge pra donc chaſſer par ce Bergier 

Dour faire pffir les oyſeaulx dee buiſſons 
Que ie prendrap par fubtiffes facons 


Jap dec gfuone kant que ceft grant merueille 
Et des filles de plus de cent manietce 
Flamaienuftempe mon efperit ne ſommeille 
at fonuent pat ma difigent Beifle 

@oufft doifeaufp met; ſoubz mes trapee be⸗ 
fieres 


Merles /mauluis / mezeuges et moine aulx 
Bꝛuians / verdꝛiers / thardonneretz / pincons 


Cailles / conffone/coueiffes ef coꝛbeauſvx 
Aloues / atrondes / calendꝛes eſrondeauſvx 
Mouchetz / vanktours / eſpꝛeuiers et faulcons 
Cocus mittes de diuerſes facons 
Ay attrappez ſoubz ma rauiſſant trappe 
Siſant quheureus eſt dif qui en eſchappe 
Lacetur 
Apres quamours euſt ſes gluons tendue 
St beau patler euſt fait tous ſes appeauſx 
Se tous climatz oiſeanlx font defcendue 
Maiſgtes / menus / maloſtrus / moꝛfondus 
Zãt afſames quilʒ nauoient quefee peauf» 
qui ſoubz fa rethz cheoiẽt a grâe monceauſx 
De tous plumages et de fontes eſpeces 
Be diuers aages et de differens feves 


Loꝛs bel acueil met fonte difigence 

Be recueiflir fee oifeaufv ſoubz fa tente 
Si fait pitie/courtoifie/pacience 

Thaſcun dentreufp de les prendre ſauance 
Dour fes poꝛter par vne efiroicte fente 

GEn lieu obſcur prifon de longue attente 
Bout Bien cefer eff garde et conneftabfe 
Lomme de foue le plue ferme et eſtable 


Dieu [cet le dueif ef fes pitoiables pfaine 
De doufeure plaine que ces poutres chetifz 
Affoient faifant par montaignes et pfaine 
Toꝛdãt leurs mais faifant de regrets maintz 
Aſſez humains pour dure cueurs conuertie 
Les plus fubrif; vers les plus abeſtis 

Gt retentifz a mener defconfoit 

Tant que ſouuent iſzʒ deſiroient Fa moꝛt 


Lung fait for pfaint er maufdiffant dangier 
Qui fup a fait vng treſgrant deſplaiſir 
Quant if luy fift 6cfacueif eſtrangier 
ŒnfecHaffant du gracieuv vergiet 

£a ou gifoit fon fingulier pfaifit 

Lautre maudit qui Fe fift onc choifie 

SDame en amoure quine Beuft fecourir 

Dar quop [up fauft fanguit et puis moinit 


Lautre mauldit et anathematiſe 

Male Bouche qui par fon faulx langage 
out noble cueur et Bertuenfv defprife 
Ce fut ceffe qui de fon entrepꝛiſe 

Le deftourna dont if eut grief dommage 
Lautre maufdit par deſpiteux courage 





Jalouſie quipar treſgrant rudeſſe 
Æ£upa tollu pfaifir/iope/et lieſſe 


Sntre ſeſquelz pouree/pfaintifs meſchans 
Je vise deux cueurs deſſus tous doutoureux 
Moult deſirans recouurer les Vers champs 
Ains quiſʒ fuſſent ey amours malheureux 
Dane pitie dont viuent en deſtreſſe 

Lautre plaignoit fa floꝛiſſant ieuneſſe 


¶ Na complainte du premier 


Amours amouts ic vous fais ma cõplainte 
Sn ſouſpirant de cueur moult tendꝛement 
Ma grât doufeur qui neſt pas de Go? pfainte 
Je fe congnoie a loeil trop clerement 

Quant me fasffe; ſi miſerabſement 
Œntrefcs mains de dangier mon aduerſaire 
Brief / ſi ie nay de vous allegement 

Plus meſt fa mort que fa Be neceſſaire 


Se mes deuv peufp pfeurerap ferme mainte 
Anse que ie puiffe recouurer entietemẽt 

Moy Bon renom / ma fouenge eft eſtainte 

Œt mon honneur fe pert vilkainement 

Je pleure et pfaine pfue douſoureuſement 
£ctempe perdu/car if me doit defpfaire 
Bont fe regret one fait dire fouuent 

Plus meſt la mort.ge 


Amouts amouts ce neſt quabus et fainte 
Se Voſtre train / ie le Voy maintenant 
Jen Sie en dueif/en doufeur et er crainte 
En gricf fouffi/en paine et toument 
Di Sous ap ie ferup mouft fonguement 
Danse receuoir papement nc (afaire 
Secourez moy / ou veritablement 
Plus meſt ſa moꝛt. c 

Lenuoy 
Prince damours ie Bouc pꝛy humblement 
Donnez confoꝛt a moy pitenx affaire 
Du autrement et tout finabſement 
Plus meftfamot.gc 


¶ £a complainte du ſecond 
Sn doufeur Bitquipourete guerrope 


En duel languiſt qui eff trop amonrenp 
En douleur Bit qui na point de monnope 


C. vc 
En dueil languiſt fout homme ſouffteteux 
Sn dueif languiſt qui a melancolie 
Mais ceſt la moꝛt que daymer ſans partie 


En dueil languiſt qui eſt banny de ioye 

Œn douleur Bit qui a perdu fes yeufx 

En dueil languiſt quinupt et iourfermope 
En douleur Dit cueur treſſerre enuicux 

En dueil languiſt qui neſpere auoir mieulx 
En douleur vit qui eſt en ialouſie 

Mais ceſt fa moꝛt. c 


En douleur Bitqui en ſouſpirs ſe noye 
Er dueil languiſt cueur auaricieux 
En douleut Bit qui damour prent fa voye 
En dueil fanguift cueur trifle fâgoureuv 
En doufeur Bit qui deuient poure et Bienfo 
En dueil languiſt qui a perdu fampe 
Mais ceſt la mort.c 

Lenuoy 
Pꝛince damours/puiſſant vVictoꝛieux 
Secourez mop en amoute ie Bons prie 
Qu ie nauray iamais Le cueur iopeu® 
Car ceſt fa mort que daymer fans partie 


€ £a compfainte du tiere 


Tous ieunes Gene nourrie cn grant maifon 
Sfprie damours fans caufe et fans raifon 
Pꝛenez exemple au ce tropllus 

Et vous femmes mire; vous cr) iaſon 

2 qui medee enſeigna fa toiſon 

Su roy Dethes/ et puis ne lapma pfus 
Qui fe voyant de luy miſe en refus 

En deſmembꝛa fon fifs egialus 

Œn fonieuneaage ç fa grande beaufte 
Mille tefs maulx font ainfiaduenus 

Dar le pourchas et deſers de Berne 

Du en amoure na fop nefopaufte 


Quer aduinf if au fage fafomon 

Au rop dauid/ a loth ç a fanfon 
@irro/belie / narciſus / edippus 

Pen mourut pas le fort agamenon 

Qui deuant troye acquiſt ſi grant renom 
Qui fut des grecs fe chief ct par deſſus 
Clit emeſtra fa femme et egifirue 

£ont mie a mort ç de Vie foꝛclus 

Dont heroeſtre Senga la cruaufte 


Fueillet 


Gite tefsinaufy ſont ainſi aduenns 
Par ſe pourchas. c 
Car en amoure.cc 


Sydo qui fut femme de ſi grant nom 
&t qui veſquit tant Bien vne ſaiſon 
Apꝛes la moꝛt ſon mary ſitheus 
£a laiſſa pas enee en tra hiſon 
Autant en fiſt a philis demophon 
Helene auſſi au roy menefaus 
Dautree aſſez en amours diſſolus 
Commne Bercuyfee et ſardane palus 
Gt ont perdu tels noms de ropaulte 
ille telʒ mauſx. cc 
Par fe pourchas.cc 
Tar en amours.c 
Lenuoy 

Pꝛince:iadis comme matheolus 
Parlant quif en eſt peu ou nulʒ 
Quiſʒ nayent enfrainte pꝛomeſſe ef fopaufte 
Mille ref; maulx. c 
Dar fe pourchas. ec 
Tar en amours. c 

¶ Lacteur 
Quãt ces pfaitifs eurẽt pfaine ſeurs doufeutꝰ 
Gn regretant leur treffole ieuneſſe 
HBectant pat fair foufpire)fermec ef pfaine 
Dour arroufer leure facee fans confeure 
Dar foffe amour qui keur cueur naure bleſſe 
Loꝛs vint efpoir qui par iope et lyeſſe 
Les confoita dune chanſon mignote 
Dont iap eſcript Le dicte et fa note 


¶ Virelay en chancon 
le ſuis eſpoir doulx et ſolacieux 
Plus deficat que fa manne des cieuſx 
Dfue nourriſſant que neftnuffe paſture 
Tar de mon nom fout cueur damãs pafinre 
Tant ſuis trouue de gouſt delicieux 


Dit vient a moy quelque ſedicieux 

Dour menquerir pat art narracieux 
Seſquelz ie fuie reſpons ie a faduanture 
Je fuis efpoir.cc 


Digne dhonneur opel treſpꝛecieux 
Humble maintien/Banft/doufo et gracieuv 
Juſte  fopaf/puriet net denatnre 

Le dieu damonre qui ma en nourriture 


a fait chanter ce virelay iopeux 
Je fuie efpoir, cc 


¶ Autre cHancon en forme de blalade 


Combien que amoute quifoue amãs regẽte 
Tiengne enferme dedans [a maiſon baſſe 
En charire obſcure preffe de longue attente 
Mains poures cueurs par fortune dofente 
Et nont płaiſit qui de riene fes fouface 

Si permet il par ſa begnine grace 

Dour fes traicter auſſi pour fee penſer 
Quauec eufo foit eſpoir et doufv penfer 


Gn attendant de beaufte et richeſſe 
Auoir confeif/confort/apde et fecoure 
at fe nuf; deufo daigne prendre fadreffe 
Dour fuppfier famoureufe maifireffe 

£a treforiere ioupffance damoure 
Œfinectra hoꝛs des pꝛiſons ct des toute 
Les pufonuiere qui tronueront facon 
Que de richeffe papera fa rancon 


Car quant aucun eff receu en oſtage 
Gn fa prifoh de quelque grant fcigneur 
If ne fort point fane paperfe truage 

2 tout Le moins / ou fif np laiſſe gaige 
Ducaution/pfaige/ou fideiuffenr 
ais en ce cac beaulte tient ſa rigueur 
Tant que de prifor ne eſchappe 

Bi na argent quifne faiffe fa chappe 


oncfufion/ie ne Bop en ce monde 

Subtil mopen/cauteffe/ne faface 
Beaulte / vertus / honneur / bꝛuyt ne faconde 
Sloquence ne ſcience patfonde 

Foꝛce de coꝛps ne darmes qui rien face 

Pour acquerir quelque amoureuſe grace 
Quina faneur de richeſſe / combien 

Qucteffe amour ne vallut oncques rien 


Puis que ie nay de tuſſes leſoquence 
De focratce fa langne melliflue 

fe dappoffo fa diuine ſcience 

Dour efcrice dhomere fa fentence 
Bont fe ſtile des haulx ermes afffue 
Evxcuſeʒ donc fa pleume ſuperflue 
Qui deſcript en termes gros et lours 
La pipee du gentil dieu damonto 


¶ Commient auiardin de plaifance laduocat dce dames 
fe treuue qui obtient arreſt pour effes contre eufp qui dient 
mal delles / et ne ſauluent feur honneur femenin par faufo 
parſer qui treuue fauſſes paroles. 


92 


(_ Siaufo pfer 


Le 


N!la faifon oufes feurs de heton 
Auecques dépnes € fe franc paffemon 
Laiſſent tourner feur verdure en ieu 
neſſe 
Et elicie a perdu fa haulteſſe 
Du doulo tithan et du doulx zephitus 
Dar boꝛeas qui tous fee tient recfue 
Tant cop celles tiennêt feutre cueurs en ferre 
Pource que foie froidure fee atetre 
Dane fexee eut denpe pafiure 
Œtpuie certe fait a fee gens cloſtute 
Dont neſt viuant qui nait de ce greuance 
Mais du recteur du pain temps cfperance 
Reſſourt es cueurs tout ioye fane feiour 
En vng penſer me trouuap lautre iour 
Soit accueilſſy de regrets douloꝛeux 
Æn reputant noſtre eſtat malheureux 
Ainſi penſant fe chief bas et enclin 
Leſpꝛit trouble tous fee ſens a deckin 
Ne cueur marry et tous les cueurs humides 
Les nerfs eſtains et Saince de ſang vuides 
En vng ſectet ou feuf ne complaignoye 





Dauoir perdu fa plus entiere ioye 
Quoncques naduint nadulendia a nuf hõme 
Sont font pluſieurs à en perdent feur fomme 
ar cefloit iope aiant perfection 
En tant que peuft noſtre condiciory 
Par tous mopenseftentiere et parfaicte 
Di ma efie cefteiope foubfiraicte 
Dar Bng feuf cop dont mon malheut boubfe 
Mon dofant cue ur eſt noye en ce troubfe 
pꝛſ⸗ 
Ar trop entrepꝛẽdꝛe en mon ame les 
À doufozeuv plains et regrets qui fors 
Z me Senoient au dertant. Lombier 
touteffoys que fa caufe en fuftraiz 
ſonnable se fus de mon ſens debifite / teltemét 
Que ie fofoiope fans dounir comme fantafti ; 
que ouffre forde et côdicion de nature. Ei doꝛ 
mãt ie veilloyeg dounope en Beiffant. Œten ce 
point demourant me fut aduie que Seiffe Ses 
nir a moy vng feignenc mouft honnoꝛable qui 
fe faifoit ſoubſtenit p fee bꝛas a Sngieunc che 
ualier. Gt fe feigneur eſtoit par fébfant ancien 
CE 





49 


et mouft plain daage / tellement que on ne pois 
oit iuger fa quãtite de fes ans. Da robbe eftoit 
de drap do: toufe batue / et fon chief eſtoit fpe 
eteftraint dung queuurechief enſanglẽte. Et 
icelle ſa robbe nouuellement percee a foꝛce en 
pluſieure lieux. Quant il me appꝛoucha il me 
bouta de vng lourt baſton pfain de neux quil 
tenoit en famain/gainfiquifpouoit parler me 
diff. Songe tu ainfi 4£6efoing eft plꝰdu prédre 
ficofreme dune perte qui eftinrecouurable tel 
Le trifteffe ne te peuft pronffiter ne a auftrnp. 
GEntẽs a mop qui fuie fe plus douloꝛeuſemẽt 
acueilly de tous les viuane / et combien que ne 
me cõgnoiſſeʒ a pſent ſi mas tu Ben autreffois 
non pas —*— mal appoincte cõme ie ſuiꝰ a pꝛe 
ſent. Je ſuis honneur femenin qui na gueres 
paffap paꝛ fa foꝛeſt de deſplaiſance / g fus eſpie 
par fes brigans € ſouldoyers de malebouche 
qui ſoubʒ vmbꝛe denuie auoient mis embuche 
contre mop. Et Fa ap eſte tout batu et deffirep 
eulvx daucuns quifs portét nõmes fauffes fan: 
quee/fant que fus mon coupe iay pluꝰ de mifle 
pfaies et pſus de coupe que er) Bng eſchiquier 
if npa de poine . Duincipafement empꝛes mor 
cueur qui moult a eſte pꝛouchain de mort par 
Bng coup de lance ferree de deſplaiſir. Touteſ 
foys ce cheualier qui me ſoubſtient ſuruint da 
uanture en £a neſſee / ſi nenhardy a tirer hors 
de la pꝛeſſe. Si poueʒ veoir en 4f point ie ſuis 
pat ma robbe qui tant eſt decoppee / mais pour 
ce que ſuis debilite de ma vigueur q̃ pat guer 
re ne pourroye aucun ſecours auoir encontre 
mes ennemis par deuant dame raiſon Pour 
illecques faire ma cauſe debatre pour vng rap 
poꝛt / cõbien que mon aduocat eſt pꝛeſt de y fai⸗ 
re tout bon deuoir. Voicy la iournee qui a ceſte 
heure fe tiẽdꝛa ſi veulx Bic qtu ſoyʒ deuãt: car 
entrepꝛis ay dy mener la tous mes ſeruiteurs 
et amys / deſquelz ie tiens fung:cat p experiẽce 
tu mas monſtre que tel es tu cheualier. Auſſi 
deſire fort fa pꝛeſente en ce cas / pouꝛce Bueiffes 
aucunement ſurſeoir fon angoiſſe / et meſmes 
iuſques au fieu de laudience. Dur ce point me 
ſembla que iememeiffe en Sope apꝛes eufp/et 
prenope en mop ferme propos de veoir Fa fin de 
ceſte fantalie. Suiuansdoncques Honneur fe 


Fueillet 


menin et ſon cheualier /point ne ſentoye mx 
douleur engregier: mais le deſir que iauoye de 
plaider ſa iuſte querelle me faiſoit legieremẽt 
paſſer et ſuppoꝛter toute paine en chemin / g tel 
lement que en bꝛief temps arriuaſmes deuant 
laudience en laquelle pꝛeſidoit Raiſon fa treſ⸗ 
noble royne/a laquelle aſſiſtoit droit pꝛod hom 
mye / bon aduis ef ſain iugement: et fuʒ moult 
eſmerueille de fa beaulte de ceſte court:cat tous 
te ordre p fut moult Bien gardee / et chaſcun p 
fut affis fefon levigence de fa ppriete. La Biné 
noſtre honneur femenin / qui par raifon eut oz 
donnance de ſeoir empꝛes les aſſiſtans / ſi fut 
la cau ſe pꝛoclamee par le greffier. Loꝛs ſe leue 
rent les aduocatz des parties au dextre du par 
quet fut vꝛay rappoꝛt / c pꝛint a faire la deman 
de de lacteur / etenoit en ſa main aucũs verꝰ er 
latin quifs auoient eſtes cauſes de fa nouuelle 
fefion bleſſeure de fon maiſtre honneur feme 
nin / et eſtoit acompaigne icelluy vꝛay rapport 
deplufieure notables gene / comme il me fers 
bloit que deſia ſont tous treſpaſſez / Entre leſ 
quelz Jehan bocaſſe / Maiſtre alain chartier 
Maiſtre martin fe franc/caucune viuans qui 
ſoub ſtenoyent $ng Gomme non congneu qui 
auoit dicte leſdis vers / et eſtoit la meiſgnie de 
male bouche. Cil auoit empꝛes luy fon aduo 
catnomme Faulv parler ſeniblablemẽt acom 
paigne daucuns treſpaſſez / comme Hhichelet 
iuuenal / maiſtre Jehan de meun acteur du li 
ure de la roſe St aincois que vꝛay rappoꝛt euſt 
entame fa matiere fanfs pler voult alleguer 
Souſpecon ſoubʒ raiſon diſant que elle eſtoit 
femme / et que elle ne pourroit eſtre ſeulement 
que ptie ef non pas iuge en cas / mais dame rai 
fon kuy fifiSneinterrogatoire. Scauoir mo 
fe fes hommes font point raifonnabfesiloifé 
que oup donc iffauft queifs Sfent de mop com 
me de Pa mere de tonte equite ciuflice. Duie cõ 
manda a Brap rapport de defcfairer fa matiere 
deuant effe/c deuant les aſſiſtans. Elle auoit 
Gien empꝛint er ſa memoire fa matiere/ auſſi 
auoit grant ferueur de ſoy monſtrer bonne et 
pꝛudente / ſon aduocat fi commenca ainfi ſa 
deuocion. 


Treſiuſte dame en à tout loʒ hab onde 

Qui par vouloir dung dieu er trinite 
Eftes tranfmife er ce falible monde 
Comme ceffe qui npa feconde 

Dour tuftement ponderes equife 

Sans varier et fane dupficite 

ais en) afant rendre fa recompance 

Se tout merite et paine de foffence 


Plainctifʒ venons a caufe raifonnabfe 
Dour imployer voſtre iuſte ſemence 

Sur vng faulx cas mauluais et deteſtable 
Trop deſloyal / inhumain et greuable 

Se tous france cueurs ou habite pꝛudence 
Len congnoiſtra bien negligence cas 
Quant il ſera deduit des aduocas 


Vous ne vouleʒ quame ſon voiſin bleſſe 
Auſſi ne fait iuſtice tempoꝛelle 

Et qui fe fait if atouche a nobleſſe 

Dar ce quil fait a ſon voyſin rudeffe 
Quimainteffope luy fait dofant mortel 
Mo dits font tefs/Boftre facon eft tefle 
ŒrBofhe eſtat que qui p fait px 
Ne doit ſeruir iuſques il ait fatiffait 


Vꝛay eſt auſſi que femme Sfurpee 

Par faulſe fangue ef par deſtraction 

Fait pie au cueur que cops tranchant deſpee 
Tar quant femmie eſt en ce point decoupee 
Enuie y mect ſoy apꝛobation 

St puis apres continuacion 

Fait croire faulx entre fee meſdiſans 

Pis en vng iour que de bien en div ane 


Be tant auffi que leſtat cperfonne 
Loffence eftpfue et pfue grant fe monte 
Duque fon nom eſt digne de couronne 
Quant en up croiſt bonte & bien faſonne 
Soit en valeur / ſoit en grant epcercite 

Le fo3 extant par parofe mauldicte 
Deufent auoir pugnicion plus griefue 

Et font vaincuʒ par fentence plus riefue 


at quimefdit de prince ou depuinceffe 

En plus punp que qui mefdit dung moindre 
Auſſi celluy qui plus Bifainement peffe 
Vng cueur qui fai fon treſoꝛ g richeſſe 

Ze tout fonneur ſans fauffete côprendre 


Cxcii 
Plus que dung moindtꝛe il en fait a tepꝛẽdꝛe 
ar loffence contre menus commiſe 
Facillement eſt par don remiſe 


On ſcet chaſcun pꝛeeminence 

GEſt par droit deue a honneur femenin 
Quel grant honneur cquefreuerence 
Auctorifant [a baufte evceffance 

£up doit en fief fon cueur noBfe et Benin 
Et quine veult def Sopes du chemin 
De droicture fup doit louenge et bien 
Comme avng dieu du ſiecle terrier 


Et qui ſon loʒ extimacion 

Tupde de fait reſtraindꝛe ou inoꝛet 

IE fe decoit par exaltacion 

Treſdigne et iuſte en fait relacion 

Tant quif perdit/on le doit honnoꝛer 

Tar ceſt vng bien pour tous biens colloꝛer 
Vng cueur mõdaine vngioyau pꝛecieux 
Qui apꝛes fleur rend fruict delicieux 


Son nom eſt immoꝛt el permanable 

Son loʒ ef loʒ qui tous fes loʒ pꝛecede 

Da fame eſt fame a touſiours pardurable 
Don bien eſt Bien fur tous autres durable 
Son bꝛuit eſt bꝛuit qui tous autres excede 
Son ſens eſt ſens qui tous ſens ſuccede 
Da gloire eſt gloire a couronne oꝛdonnee 
Et fa valeur eſt valeur couronnee 


Qui craint honneur eſt digne de lauoir 
Qui ne fa craint/f requiert auoir blaſme 
Qui craint hõneur fe peuft apparceuoïr 
Qui ne fa craint doit Bonte receuorr 

Tar il ſoblige a trop hõteux diffame 
Pꝛincipalement le hault honneur de dame 
Soit on cremir / doubter tenir chier 
Sans fe ſouffrir cheoir/ ne treſbucher 


SDont qui actempte ou ſiniſtement touche 
A fr hault bien meſpꝛent oultre meſure 
TCar il meſpꝛent et contre vꝛay il touche 
Les aigres motz pꝛocedent de fa bouche 
Qui a honneur femenin fait bleſſeure 
Se tant fait il plus griefue foꝛfaicture 
Quant le foꝛfait eſt mis en hault degre 
Et acquiert on tant plus mauluais degre 
ii ii 


Oꝛ eſt ik ain ſi treſnoble c faincte dattte 
Que ceffup qui fa cauſe du proces 

Du de ſtriment du petif de fon ame 

A cp efcript vᷣng grant monceau de blaſme 
€ontre femmes contenans plus dexces 
Quifs ne firent par leurs vilains decee 
Be paradiefes anges miferabfes 

Qui treſtant font peruers ef deceuables 


Sont pour tous cueurs a iuſtice inciter 
Et pour monſtrer loꝛreur de ces eſcripʒ 
Et de tous ceufo qui veulent ſuſciter 

St ont voulu faulſement reciter 

TContre femmes argumens et meſpꝛis 
Je np croy fi franchement leurs eſcrips 
Par deuant vous comme par deuant iuge 
Qui ſainement et ſans fureur tout iuge 


ar telz eſcripʒ doulx honneur femenin 
Gſt appoincte comme poueʒ veoir 

Tant quil ne peuft aler aucun chemin 
Du il ne treuue enſeigne du venin 

Que ces parleurs ont par tout fait plouuit 
Dinon enfant queffe fuf conuertie 

Dar deuant vous pour iuſtice obtenir 


Si ma pipe que poꝛte fa parole 

Gt que fon cas en equite deffende 

Pour vous monſtrter par efcript et par role 
Lee motz parfane de ſi noble efcoffe 

Que len ne peult corrigier fane amende 
Si vous requiers que chaſcun p entende 
St vous oꝛreʒ reciter mots oblicques 

Qui pꝛocedent de meurs diabolicques 


TE dit par cecy que femme eſt choſe faincte 
Trop tenant/e chofe trop mauldicte 

Qui de tromper et Banter eff faincte 
Impetueuſe a deceuoit fans craincte 
Lomme ceffe qui eff pour ntaf effitte 
Œtquipfeurent ne farine petite 

Poſe que ſoit pout le terme dune heure 
Be deceuoir entierement labeure 


Ha que voycy parole bien oꝛrible 

Combien que ſoit ſaulſete Bien controuuee 
at noue trouuons er) geneſe en Bible 
Qui doif efire a tous Bitiane credible 

Dour ce quelleſt fainctentent appꝛouuee 


Sueiffet 


Que dieu Bouffift par parofe trouuee 
hommie ef femme / et fout ce que en eulv fait 
Dans riens mauldire en parole nen fait 


Femme neſt point faincte de fanature 
Œar choſe faincte efl approuuce nuffe 
Femme eft de dieu humaine creafure 
Dateiffe a lhomme en condicion pure 
Gt ſi neft fop que ceſte rigle anulle 

Et crop mes ditʒ en auctoꝛiſant tulle 
Que femme a condicion fragille 

le fe confeſſe / auſſi fe dit virgile 


Mais virgile pat for auctoꝛite 

Nauiſe point femme de quelque mal 
Gn alegant ceſte fragillite 

Ains nous admonnefte vne debilite 
Maturelle fans cas efpeciaf 
Notifiant que honneur pꝛincipal 

Si eſt en elles ſans comparaiſon 
Tant nobles ſont et de cueur et de nom 


Puis dit apꝛes celluy qui les accuſe 

Que femme enſainte par aucune aduãture 
Son dentre eſtraint par ainſi elle abuſe 
En (op celant toſt congnoiſt on fa ruſe 
Qui plus celer par raiſon ne ſe peult 

Puis dif ainſi que luxure la veuſt 

ZToute embꝛaſſer « ffacter « baiſier 

Par ſon amour quon ne peult apaiſer 


O dyana de chaſtete deeſſe 

SEt vous bꝛiges tant chaſtes cpudicques 
Que direʒ vous a fi faicte rudeſſe 
—— honneur aſſault abat et bleſſe 
Que fon repute voʒ faitz et fes oblicques 
Inuocquer toſt toutes vertus cofficques 
Œt demandez pugnicion plus griefue 
Dur luy frapper de voſtre pfaifant triefue 


Si chaſte honneur neftadee foubftenus 
Par fee femmes viuãs neftquife tiengne 
€ar des hommes foient gros ou menus 

A trop grant paine en trouuereʒ Sous nufs 
Qui foppofite de tous cas ne maintiengne 
Que leur chault if 4e chofe aduiengne 
aie quilʒ puiffent les femmes diffamer 
Etpfufieure foys a trop grant toꝛt blaſmer 


Mes dames ont renommee treſhonneſte 
Loyal « ſoing qui de trop pꝛes fa garde 
TCremeur de dieu qui fort fee adimonnefte 
En chaftete/de qui fes fains font fefte 
Œt leur honneur de ce fes contregarde 
Contre coppies on na que flaterie 

Tous plains dabus c fauffementerie 


St quant il dit que femmes doyuẽt boire 
Soubʒ fa doufceur de miel venin moꝛtel 
Je die que ceft matiere trop notoire 
Quinacoufeur par qui on Fe doif crofre 
ais fon mefciefpourroit Bien eſtre tef 
Qurf forgeroit de tel forge couſtel 

SEn machinant ceffe deception 

Comme a cp mie par alegacion 


Apꝛes il dit q femme non feable 

Si neſtpoint fẽme dont on fait faufo rapport 
Ceſt fentence fauffe c abhominable 

Gn tous 666 lieux par 66e fens repꝛouuable 
En quoy ne doit auoir aucut) ſuppoꝛt 

St cil qui prent en tefs eſdiz deport 

Soit eſire dit perpetuef infame 

hurtrier de loz / et extendeur de fame 


Femme eſt dicte de tous maulx 

Tauſe moyenne / c pꝛincipe de quetre 
EtBous ſeigneurs des nobles ſens royaulv 
Adiouftes foy a ces langages fanlv 

St tant de biens pouez par danie acquerre 
SDames vous ont emplye voſtre terre 
uftipfiantSo3 eureuſes fiances 

Tant par vertu que par leurs gouuernances 


TConſequamment if mect cp des langaiges 
Si faulvx / ſi vicʒ ſi deſoꝛdonneʒ 

Que point ne craignẽt commẽt telʒ oultrages 
Les laiſſe la / car par mauluais vſages 

bre feront remis ne pardonneʒ 

Ze mefdire contre honneur femenin 

Que chaſcun feet a fout Bien eſtre enclin 


aie if loiſt Bien pourtant que ie refp8de 
A ce quif dif que fa femme damna 

Dour obeir au ferpent tout le monde 

St qui par ſa deceuable faconde 

A moꝛdie au fruict adam elle inclina 


€ wii 
at de ceffe Geute innocence fina 
Et mort entra en puiffance eBiqueuc 
Qui fout petit en eptreme rigueur 


Daint auguſtin nous tend toute fofue 
Teſte matiere / et dit en Brief langaige 
Quelle pecha du ſerpent inuolue 

Et non pas tant par faulte diſſolue 
Tomme pat fait par mobile couraige 
at foibleſſe de non humain Sfaige 
La fiſt trop croire a fa ſubiection 

Se lucifer / dont fauft fa queflion 


Mais adam eut impꝛeuſe pacience 
Autant ou plus que homme aura iamais 
Et ſi ne ſceut par quelle pꝛouidence 
Entre ces cas ouurer en reſiſtance 
Parquoy ſur luy fut plus pefant fe faiz 
Car dieu apres rapaiſant leurs meffaiʒ 
Ne pꝛint pfus fa femme que fbonime 
Dugnpt au feu par fe mors de fa ponte 


€ ecp appert/car adam fut repꝛis 

Plus afprenrent que eue ne fut div fope 
Comme ceffup qui plus auoit meſpꝛis 
Tar il ſe vit de vergoigne ſurpꝛis 

Ses mandemens qui furent treſpaſſeʒ 
Dont par ce furent tous fes iours entaſſeʒ 
2 paine auoir et pour viure des loꝛs 

Ala ſueur penible de fon coꝛps 


Puis ont eſcript apꝛes les accuſeuts 
Comme honneur femenin grant martire 
eff que femmes ont abuſeʒ pluſieurs 

Tant fages cferce comme puiffans feigneure 
Les deceurent/ainfiSeuffent if dire 
Œtnuffement ne fe peuent contredire 
Lomme dauid/ariftote g ſanſon 

Virgile aufſi / fe rop fafomon 


Et ie reſpons auſſi que dauid faBufa 
Par luy ſans autre aduiſant betſabee 
TCar dung regard impudique il vſa 
Dar quop depuis trop il ſi amuſa 

Et fon mary acop ſoubzmiſt defpee 
dar fa feminie par dauid appetee 

Je fcauoif riens pat fa concupifcence 
aïe tout ce Bint de daurd limpꝛudence 


Ariſtote qui gouuernoit le roy 

Ale vandꝛe / par fon ſens tant prudent 

Si fut ſoubzmis par vng grant deſarroy 
Dar fon plaiſir et fon lubꝛicque arroy 
Bontif faut dire par Gng vꝛay iugement 
Que fa femme ifdeceut fauffement 

Ainſi certes effene fe fiſt pas 

Sa voulente aine euita fe pas 


Sanſon fut fort / maïs euidant fofie 

A dalida fut dite fes fecree 

Qui luy eftoient deffendus fur fa Pie 
Tar philiſtins fa gent fon ennempe 
Cela ſcauoir queroient par expꝛes 

GEi ſut doncques contre les vꝛays decretʒ 
Be prudence dont luy er aduint mal 
ais fofie fut de ce cas pꝛincipal 


Semblablement dirons noue deBirgife 
Que oncques femme ne fe deceut en rien 
Mais luymeſmes par fon fene trop habile 
£a Soufut mectre a deception virgile 
Dour infamer fon honneur et for) bien 
Œffe p pouruent en reſiſtance / combien 
Que virgile fauffentent fa deceut 

Se maufuais art/de quop iouet il peult 


St ſalomon quantif ydolatra 

Gn obliant dieu et tous les biens faits 

Qui cela par ſon dꝛoit debatra 

Que la femme tel fait luy impetra 

La femme nemportera pas fe fai 

Mais quant Sommes font par amours fi fais 
Qui perdent ſens / Les femmes if accufent 
Diſant par tout que femmes les abuſent 


Folie abuſe doncques et decoit lhomme 

fon pas fa femme a qui fe toꝛt on baille 

Pat quop ie dp que qui fauffe fa nomme 
Plus que ſhhomme / ne ſcet qui£ dit er fomme 
Et fa raiſon neft digne queffe baille 

@ais contre elles Bng cueur Benineup faiffe 
Dans aduifer ne fenuere ne fendroit 
Œtmefdifans mectent tout a lendꝛoit 


Dourquop ne ſont tous fe biens fais cueilliʒ 
Dane efîre tant coppies ne efcrips 
Œtpourquop font fes faufo motsrecueiffis 
Et les fopaufv champions acueiffiz 


Ffueillet 


Par enuieup ef deſtoyaulvx chapitres 

Sinon pourtant que faufp cueur et regiſtree 
Sont touſiours a tous maulx diffamatoires 
Et les loyaulx effacent des memoires 


Gt touteffoys en ſomme ſont tecluſes 
Pluſieurs vertus et montes a grant tas 
Qui des hommes ſont arriere et fecfufes 
TCar iß les ont par tiffles ct par ruſes 

Les meſpꝛiſans /ne leur deſplaiſe pas 

St trouuerez en pluſieurs ſur ce pas 

Pour vng chaſte cinquante pꝛeudefemmes 
Amans honneur et trop craignant diffames 


Au ſemblant pour vng homme aumoſnier 
Trente femmes plaines de charite 

Pour vng deuot vngautre trentenier 

Dour vvng bien ſoubꝛe vng millier tout entier 
Qui ſans iurer maintiendꝛont verite 

Ayant doufeur defa pourete 

Que leur pꝛouchain et leur Sopfin endure 

SEt dont fes hommes mainteffope peu curét 


Quantes femmes auone nous peu fcauoir 
Dar cp deuant fotafement venimeuſes 
Impoſſible eff toutes ramanteuoir 
Telles qui ont en honneur fait deuoir 

Gt que treſtant on les repute en rufes 
Œtfeure oeuures fainctes et courageufes 
Ambelliſſant au iourduy mains volumes 
Plus que du paon ſes luyſantes plumes 


Nauons nous point que rachel et ſarra 
Trop loyalles furent par leurs ſageſſes 
Et rebecca de ces troys on verra 

Que leur honneur a touſiours apperra 
Juſques a ce que cief et terre ceſſent 

La bible meſmes et legliſe confeſſent 
Quelles furent a honneur eſpouſees 
Vous fes voyeʒ benoiſtes expoſees 


St hieremye fa lamentacion 

fut par fefpuit deſtre pꝛophecie 
Sipfaint touſiours fes filles de ſion 
Les inafant a leur deuocion 

Dour fpre dieu eftrepfus adoufcie 

Et ſi trouuent par eufo eſtre abolie 
Souuenteffoys ef en ciel et en terre 
Dar feur requefte/ef finement de guerre 


Heſter fa dame en Sonneut trauaillant 
Dour font fe peuple obtint mifericorde 
Quant fon feigneur a faire fe vaillant 
Les vouloit tous murdꝛir ef aſſaillant 
Et touteffoiʒ fa grace leur accorde 

Par les bontes de celle que recoꝛde 
Qui lempetra encoꝛe ſa deffence 

Mais ſur elle fut telle malle offence 


Dame iudich par Bictorieufe empꝛiſe 
De defiura dholoferne puiſſant 

ESt luy fruſtra du tout fon entrepꝛiſe 
Quaut il vouloit que fa cite fuſt pꝛiſe 
Œtdefmofir fans determiner quant 
Lors fa dame de beaulte triumphant 
Decappita par nupt fon ennemy 
Dour defiuter fout for peuple dennup 


St thamaris ceffe Same au cueur franc 
Sentant fa foifde mox Le grant rop 
Lefifénoper du tout er Humain fang 
Tar il auoit cruellement treftant 

Be ſang humain reſpandu a defrop 
Dr en fut il acoup faouf/par quoy 
Pluſieurs autres en furent preferues 
Qui a grant tort euſſent eſteʒ greuez 


Auſſi furent douze dames ſebilles 
Pꝛophetifans fa Senue dieu treftoutes 
Nobles dames ef princeffes debilles 
Qu tant firent defcriptures ſubtilles 
Que au iourdup en diſtillent les goutes 
Elles furent en Bonneur fee efcoutes 
Dour anoncer Bne vierge propice 
Touſiours pucelfe etauec ce nourrice 


Same ſabba Bng ſermon Ba oupr 
En fieu foingfain/fitrouua vne plãche 
Qui du coupe dieu en crois deuoit iouyr 
Loꝛs par deffue ne fe Beuft efiopr 
Ains par illec feaue courant detranche 
Dane aduifer a deptre ne a tranche 
Pꝛophetiſant fainctement fa endroit 
Que fur ce boys le filʒ de dieu pendꝛoit 


Patlons apres dec vertuz des papennes 
Si en auons par tout de moyennes 

Et par eppꝛes entre les pl?anciennes 
Dame vertu pour autruy et les ſiennes 


Cvciiii 
Et font ces fais nobles et Sertueufes 
Andꝛomacha auecques fes neuf pꝛeuſes 
à touſiourꝰ tidrêt höneur deſſoubz leurs eſtes 
Que grant renom ſe treuue en eſcript delles 


St il fault alleguer noſtre dame 

Lee dirges qui font en paradis 

Ceſt gꝛant deffault / grant honte et blaſme 
Aceulx qui Sont contre lonneur de femme 
Sſcriptz telʒ mots et de ſhonneſtes dits 
Tar dieu ne pꝛent ne print oncques iadis 
Que gens qui ſont ſans repꝛehention 

St qui layment ſans quelque fiction 


Mais medifâs pour mieufo garder leur o1dze 
Contre femmesprocedent pareppres 

Quilʒ ne veulent attoucher ne remoꝛdꝛe 
Tontre leurs ſens / car ſans cheuille toꝛdre 
Œn paradis dieu ne ſoit trop pres 

ais dec femmes deuant et apres 
Dueuffeut il Bien deſgoꝛger leut Beni 
Pour faire honte a honneur femenin 


Vng empereur fut nomme alexandꝛe 
Perſecutant merueilles chꝛeſtiens 

Trop deſirant le ſang humain eſpandꝛe 
Mais touteffois pour euiter eſclandꝛe 

De dames ou furent tant de biens 

Lup remonſtrent que donneur nauoit riens 
Le deſtournerent de ſa rudeſſe amere 

Vne il en creut / car elle eſtoit ſa mere 


Pluſieurs dames amans honneſtete 
Œutretoue honnoꝛables et bonnes 
Sainctes et ſages et gardans chaſtete 
Dignes dauoir du tout honneut couronnes 
GEt fault il donc par aucunes perſonnes 
Leur honneur eſtre ſans dꝛoit ſuppedite 

Et delles ſoit honte a toꝛt recite 


Au pꝛouocquant eſt trop euidente honte 
Se reciter deſhonneſtes querelles 
Mais on en tient au iourduy quelque compte 
ar quant fe Bet a fa ſeruelle monte 
Becficquet fait fes langues fur elles 
Douuent faflauft contre fes damoifefes 
Œncôtrounant furefles grans meffaiz 
Lefquefs ne furent oncquee penfes ne faits 

ü Wu 


En dames ſont toutes bontes trouuees 

Dar dames font tous vꝛaiz cueurs enhaulteſſe 
En dames ſont toutes verturs eſpꝛouuees 
Par dames ſont les deſirans en pꝛoueſſe 

En dame font dhõneur fous fes donfy faictz 
Par dames ſont nobles tenus er bꝛuit 

Par dames ſont vaillances eſprouuees 


Dame eſt Le chief dhonnoꝛable entr epꝛiſe 
Danie eſt lebaſt de toute Siffennpe 
Same touſiours fes vaillans auctoꝛiſe 
Dame par droit deſhonneur ſi deſpriſe 
Dame hait trop les enſuiuans enuye 
Dame tient chiers fes notables et preux 
Dame enrichiſt les cueurs cheualereux 


Oncques vailkant noyt daame nõmer 
Qui neuſt ce nom en toute reuerance 

Gt qui faulſes fes cuyde renommer 
Veult totalement leur honneur aſſommer 
St tout plaſir meurdꝛir ſans reſiſtance 
Et ceulð qui font a telʒ gene aſſiſtance 
Font de fait aloꝛdꝛe de nature 

t font dignes de viure en paſture 


outce requiere a ma concluſion 
La fententeñce de Sous fa ſouueraine 
St que tous ceufo tant plains dabuſion 
Soient iugeʒ auoir confu ſion 
Soulcy / dueil / grief / deſplaiſir et paine 
Gt que tout ſoit rendu en fon demaine 
Noſtre offence ainſi que droit Fe veult 
dar Sous voyes que iuſtement fe deult 


En pꝛoteſtant contre ſes meſdiſans 
Bailleʒ en prompt fe beſoing eſt replicques 
Et ſi ſont plus de fi faulv attiſans 

Du noſtre honneur faulſement accuſans 
Pour dupliquer par termes iuriſdiques 
En reſprouuant tous fes moyens obliques 
Faulx cauteleux / men ſongiers g menteurs 
Fraudufateurs de ceueurs et menteurs 


Aiſon ſi eſt vne treſnoble royne inter 

pellee en ceſte cauſe pour iuger tout 

Bien oyr fâgintermeffer aucune inter 

£ ruption ainſi que a propofe vꝛay rap 
port combien quelle ſceuſt tout le merite de cef 
fe caufe.par ce que effe Soit Bonneut femenin 


fueillet 


ainſi blecie en ſa pꝛeſence et ſi enoꝛmement à 
ſembloit plus languir que viure comme anſſi 
que pluſieurs fois hoꝛs kaudience elle auoit op 


partie aduerſe/ ainſi ne veult appointer ac 


ne choſe ains fiſt ſebir hõneur femenin qui ſeſ 
toit leue a faconcfufion de ſon aduocat. Loꝛs 
regardãt a fa ſeneſire voukut oyr faulv par⸗ 
fer de fa partie ree comme lacteur non cõgneu 
et dautreꝰ ſes adherens / lequel ſe Lena ſe def 
fubla vng bien peu/puis commenca ſon introi 
te en ce point. 


D vous venus et pꝛoſeipine 
Qui aueʒ puiſſance diuine 
Faictes cp cupido venir 

SEt mamona qui tont encline 
Ffemme par nature et rapine 
Dont noſtre cauſe ſoubſtenir 
TCat ſe laiſſans diffinir 

Zout homme nous poutra venit 
TCaron nous vbeult contrarier 
Bon fait au pꝛincipe obuier 


Dame raiſon eſt tedoubte 

Se noſtre cauſe eſt bonne 

De fera pat trop mafpfaidet 
aie celleſt pat Sous efconfee 

St meurement dauis gouſtee 

Le ſaulueur nous pourra aider 
Nous ne voulons ame oultrager 
Ne ſonneur ne fa fame dame 

On ſcet bien quelle choſe eſt dame 


Si Joue noue voules intetdire 

£e murmure et femefdire 

Dequop noue fufmes er couſtume 
Aoue pꝛoteſtons cp de fout dire 

Ben appeller par deuant ire 

Qui pour nous ſoubſtenir ſe fume 
Touteffoiz ie Sop et pꝛe ſume 

Que Sous preferes comme empfante 
Tout ce fait ains fe prononcer 

De ce quifp fauft obicer 


Œt fe Bonneur femenin eft fade 
“fnoue ferra en noſtte Sfage 

Et fe tiendra au mafquifa 

TCar pour nous il na quefque ouftrage 
Srief / deſplaiſir honte ou dommage 





3e fuis trop feut decefa 
Bontprotefloit fant quil viura 
Dire tout ce quifnous plaira 

ut luy comme fur nofireennemp 
A qui deuons troubfe ef ennuy 


Et leuerons fur luy leſte 

na beau cas de nouuellete 
Netabliſſement contenante 
Affin que ſans difficulte 

Se fa fante ou auons eſte 
Puiſſons ioyr doꝛenauant 

Dous ſignifiant maintenant 
Que pourſuiuons tout ſi auant 
Que noſtre droit ſe peult eſtendꝛe 
TCar en ce ne pouons mefprendre 


Apꝛes ces pꝛoteſtacions 

Dour tous noʒ roi ef actions 
Zenit en durable Valeur 
Atoutes murmuiations 
Pꝛopoʒ et cauiffations. 

Se partie qui a douleur 

Se noſtre floꝛiſſant eut 
Reſpondꝛons pat Pre couleur 
Dans varier aucunement 

Et diſons pꝛincipalement 


Ie eſt vꝛay que femmes font telles 
Que dieu les fait belles et laides 
Bonnes ou malles ne men chault 
De ce nous auons fur effes 
BDeception/fauffete/cauteffes 

En pluſieurs lieux et bas et hault 
Ef if dif que cefet fes fault 

Dans reuelfer de plain faufé 

Et nen fauft point ouurir fa bouche 
Quai dicat / hee ie np touche 


Honneur femenin Seuft quon cefe 
Ses meffaiz et que fans nouueffe 
Chaſcun a toufioure fee celle 
Mais if pa vne eftinceffe 

De Bien/if fauft quon fe reuelle 
Afin que chaſcun fe publie 
Ainfiquefque choſe quifdie 

de neftquefauffe ppoctifie 

En fon cueut defirenôme bon 
Quipatife vng tel charbon 


ev 

Boncques ce maiſtre cp pꝛopoſe $ 
Tout fon cas iniutier ofe 
es maiſtres ef moy pat ſes ditz 
Fault il point que ie my oppoſe 
Et que a tout ie me diſpoſe 
Dane quitz ſoient point eſcondiz 

fa compte du temps iadis 

e bonnes femmes neufou dix 
Jen compterap a foppofite 
Affin que liniure foit quitte 


Thamar conſcript par abuftete 
Dares et puis razans ſon frere 
le congnois bien ceſte matiere 
Same raab fut auſſi de la mere 
Ze bech pꝛocede limpꝛopere 

Et par voye non legitime 
ame raab fut de tel regime 
Quelle ſenclina a tel terme 

Et chaſcun ſcet par leſcripture 
AQuon leur a impute liniure 


es maiſtres qui ſont cp pꝛeſens 
Dont Bonnes etnotaBfesgene 
Et leſquelz on ne doit defdire 
Diontefcript pat feure haulx ſens 
€ontte femmes maufo euidens 
Tellement que doit Bien fuffire 
Etfaucun fur ce vouloit dire 

Dar quopifsnont voulu defcrire 
Lee biens en femmes contenus 
Dour ce quitʒ ne font point tenus 


Auſſi male bouche a office 

De rediger pat efcript vice 

St Sertustaire etabofir 
Non ue fe peuft de mafeffice 
Accuſer / car ifeftpropice 

A ofter honneur et tollir 

A tout Bien faire abolir 
Oeuure pat iuflice tiffue 

Tar trop faufuage en eft liſſue 


Pourtant noue donnone gran nouuelle 


— qu oy ceſt que tant on trauaille 
empeſcher nous et noſtre fait 
Combien quen Bain on fe conſeille 
at au voyant doeif ou doreille 
Nous parferone er tout endroit 


St qui cent fois fe deſfendꝛoit 
ent fois La deffence perdꝛoit 
ar pointnen fault obtemperer 
Qui contre Beuft perfeucrer 


Dource quetons finabfement 
Que pat voſtre Bon ingement 


Nous ſoions abſoubz france cf quittes 


De fa demande meſmrment 

GEt peticion qui ne ment 

Se ces choſes pat fes gens dictes 
dar leuts raiſons ſont trop petites 
Pour nous inferes confredictes 
Œtnousofter du poſſeſſoire 

Ou auons eſte iuſques a oꝛe 


St ſoit dit par diffinitiue 
Que noſtre non par dure et viue 
Tant que le monde aura dure 
Et quaions auctoꝛite viue 

De remoꝛdꝛe fa ſucciue 

Lignee qui fera foꝛmee 

Et parole deſhoꝛdonnee 

Nous ſoit permiſe et accoꝛdee 
Œtenauons poſſeſſion 
ZTouſiours ſans intermiſſion 


Octroyeʒ nous dont bꝛiefet couté 
Letout veu licencie de court 

A tout fe moine infques au rappel 
Car Vous ſcaues que fe temps couft 
Et chaſcun fait a noue appef 

Si Sous fault Biffe ne chaſtel 

Dour garnifor fe monde eftéef 

Que nous auous par tout grant poꝛt 
Tontre nous tous foit droit ou tort 


¶ Lacteur replicque 


Vant Sngefcoutant ſommeille 


Réprouocquaut fi fe traueille 


Et le fommeiffup cloſt loꝛeille 


% Dar Pope facille 
Loꝛs fauft que a patfer fefueiffe 
Quant fes cueurs excite adueifle 
Et lengin toff fe appareille 
A fa Soip habille 


Femme en bien eft Bien vtille 


t 
Mais elle neſt point agille 


Pour courir par mp Bne Bille 
Quant enuie Beifle 

Femmie er mal et femme Bine 
Qui des fours fait plus de miffe 
Bungpoint feuf tant eft fubtiffe 
Doint ne faparciffe 


Doutquop effe que deffauft 

Dont tous de feure premiere ſaulx 
Brans et haulx 

Et loꝛs font plaine de ble ſſeures 
Les pꝛeferans de tefsmaufo 

Sont tons ſerpens et crapaulx 

A qui tous biens ſont iniures 


Vant fault parler a lintencion fes 

maiſtres tout fe qui fup eſtoit en⸗ 

ioinct vꝛay rappoit quiauoit deuãt 
pꝛoteſte de repficquer a fes auctoꝛi 
tes. Leſq̃lles if fcauoit eſtre frinofee. Touteſ⸗ 
foie pour efucider fa matiere ef pour tenir pro 
meſſe. Et auffi pour faire valider fes protefiæ 
cions cõmenſa a repliquer en fa maniere qus 
feufuit. 


Iniuſte concluſion 
Inferant deriſion 
Seſdain mal et leſion 
Seclaire labuſion 
Qui giſt en ſon cas 
Mais clere deſſiſion 
Du meſchiet euaſion 
A honteuſe viſion 
Plaine de fatras 


GEt quant aucuns aduocas 
Font maſſes fardeaulv a tac 
Beplaitsiniuftes et matz 
Oſter fa fin neftpae 
Dans:iffufion 
ar verite en toutes pare 
inableuient fe mect bas 
Faulſete et ſes eſtas 
Que point nen font leurs cabas 
Sans diuiſion 

¶ Vꝛay rapport 
Pourtant dame raiſon et pꝛudence 
e ſemble que pour [up reſpondꝛe 


Sn replicquant en bonne entente 
Ligierement le puis confondꝛe 
Tar fon malheur ne fe peult fondre 
Ne fauffete eſtre extaincte 

Dane eſtre congneue et attaincte 


Ił a pour pꝛinceſſe inuoque 
Venus deeſſe et nammona 

Et pꝛoſerpine a conuocque 

A tous meſchiefzʒ et policena 
Et treſtout ce quil diffama 

Se choſe trop digne de memoire 
Quant il requiert tel adiutoire 


Apꝛes if dit pat fon langage 

Qui les deſment ſans mot ſonner 

Mais deuant tous fault bien longs aages 
Quant fait fon maifiredefordonner 
TFlaude pat mal forcener 

Et pour bourdes touſiours accroifire 
Faire ces mefdifans acongnoifire 


Quantifparfe de publier 
ontre dames aucune meffais 
SZemonſtres quon doit oublier 
Dane teciter tous fee Biens faiz 
Tfdemtonftre bien que fi fais 
Font ces maiſtres quifs ont vſe 
De ce tout fa ont meſute 


Honneur femenin ne quierépoint 
Que fon publie ne procfame 

Son fait / donc reſpondꝛe a ce poiné 
Se neſt laideur ne nulle fame 

Auſſi ne doit on iamais dame 

Dire quelque choſe mauuaiſe 

Ains requiert honneur quon ſe taiſe 


Mais le Bien eſt dc tel merite 
Quifne doit geſir er obſcurte 
Dour ce villainement facquitte 
Qui fe dit en langage pur 

TCar menterie a malheur 

St tache touſiours a deſtruire 
Ce que verite ſcet conſtruire 


Apres quant if dit et extime 
Thamar / et raab / et rachiel concubines 


Cvcvi 
Ses imputanse kout a commune 
Ses allegeances ſont peu fines 
Mais ce faulſetes interines 
Luy font fout dire en general 
Et deſgoꝛger / ſoit Bien ou mak 


Auoir concubines pluſieurs 
Sſtoit adonc permis au roy 
Tar ceufp qui eſtoient ſeigneurs 
PDouoientandirentrois mopg 
Ses enfans plus detrente trois 
Et vne femme nen peutfaire 


Qun en fan/ceft pour ſatiffaire 
Au fait de fes autres paroles 
Se echo et des autres apres 
Elles font vaines ct friuoles 
Et nya choſe touchant pꝛes 
Quon ne puiſſe par mots expres 
Tonfondtꝛe et tout anyentir 
Tar tout pꝛocede de mentir 


Puis que de ces pꝛoteſtacions 
Qui ſont comme non vallables 
ÆEtmieulp font deteſtacions 
Drocedentes des fais deteſtables 
Fais et forges au coing du dpabfe 
Qui feé tiennent en ce malhent 
Dar quop font de nulle valeur 


Dourfant faufs parler dctracteur 
Plain de faufv et mortel poiſon 
Laiffe ton cas Sain ct facteur 
Seuffre droit Siure en ſa maiſon 
Me confreuue pas achoiſon 
Se dames metfre en deſarroy 
Et me reſpons / mais ſcez tu quox 
¶ Faufp parler 
Dour vous reſpondꝛe vꝛay rappoꝛt 
Jay bien Bonne ct iuſte querefte 
St eſt vray que vous aueztort 
Diniurier tant na ſequelle 
ar iay faulſete dien foit quelle 
Be fauftes et maulv reueler 
Et de Bien exſtaindꝛe ef celer 
¶ Vꝛay rapport 
Se ta dꝛoicte inclination 


Eſt a mal dire ct bien taire 


Tu dois auoir punicion 
Quant fe Bien tu ne Seufy tefraire 
Et poſe que ceſt le contraire 
Gſire vꝛay / ſi nen ditz tu rien 
Puis quil pa couleut de bien 
€ Faulv parler 
Si ie vouloye reciter 
Du bien fe dien /ien auroye noiſe 
Mais ſi ie voy Bien ſuſciter 
Aufne croit comment il men poife 
Et ne men chault quef part ie voiſe 
ais que puiſſe dire et oyr 
Ehoſe pour mee gene tefropr 
¶ Vꝛay rapport 
Queneprenstu donc autre voye 
Que contre femenin honneur 
Ta compaignpe fe reſioye 
Doyr racompter deſhonneur 
Tant ailleurs ceſt trop grief malheur 
Be loʒ des dames repꝛouner 
Quon doit fur tous fo; extimer 
¶ Faulſv parler 
“ff ſenible qui Sous oit parler 
Que femme ne deffaillit oncques 
Et ſi me vouleʒ raualler 
Comme non ſachant rien queſconques 
Penſer bien a tout puis adoncques 
Vous pourrez bien teſufier 
Son les peult bien iuſtifier 
¶ Vꝛay rapport 
Je ſcay quif neſt fenume neſ vne 
Duine peche bien a fa foie 
Touteffois non pas ainfi comme 
Zu fe maintiens par tes Sk roys 
Tous tes pꝛopos font fideftrope 
Quif ſemble quoncques ne fut femme 
Quine foit reputee infame 
€ Faufv parfer 
Je fcap Bien a faBctite 
Tombien quen vis ie le confeſſe 
Quentoute generalite 
La femmie neſt point pechereſſe 
Mais mallebouche tant me pꝛeſſe 
De dire mal quil neſt moien 
Qui iamais ſache dire bien 
¶ Vray rappoꝛt 
€tSouseftes Bien gene damnes 
Quiainfi efc£andes fe monde 
Et deue; bien eſtre bannes 


Fu eillet 


Danooir malice ainſi parfonde 
“if fauft Gien que dieu vous confonde 
De maintenir telle peruerſe 
GEt voſtre bien fin ſoit diuerſe 
€ Sauf parler 
La fin fort teffe queffe peuft 
fous ſommes faulx et immoꝛtelʒ 
Faulv parfer dure tant quil veult 
Et fes ennemis ſont moꝛtelʒ 
Nouese reperons es grans hoſtelʒ 
1 defpit de vous et raiſon 
Et ferons en toufe faifor 
¶ Vꝛay rapport 
Bꝛaſſeurs de poiſon 
Voſtre trahiſon 
Fait a bon blaſon 
Moꝛtelle lecture 
€ Fauſv parler 
Jfnpa maiſon 
Thaſteau ne donion 
Dour quefque achoiſon 
Du fon nenous quiere 
€ Drap rapport 
Tous maufs enfaffez 
Tous bienp rabaiſſeʒ 
En dueif coupaſſeʒ 
Gn treſardant raige 
€ Faulſv parler 
On en parle aſſeʒ 
Mais ferez caſſeʒ 
Et fault que paſſeʒ 
Par noſtre langaige 
¶ Vꝛay rapport 
Vo fangaige point 
Mais par quefque point 
Vous ne craigneʒz point 
Diuers iugemens 
¶ Faulv parler 
It eſt Gien apoint 
Voſtre contre point 
Ne picque ne point 
Que Bien doufcement 
¶ vꝛay rapport 
Seueʒ Vous ine ſdite 
Dar voſlre faulſe ire 
Œt ſane vous deſone) 
Sur vne perſonne 
€ faufv parler 
Ceſt pour faire rire 


Femme tontne cf Sire 
Œt ſouuent ſe mire 
Quant on leſguillonne 

¶ Vꝛay rapoꝛt 
Œonfeffon que maintes 
Femnmes ont empꝛaintes 
Dec vertus treſſainctes 
Œtde grant value 

¶ Faulvx parler 
Paroles abſtrainctes 
ais ien fais mes plaintes 
en donnent contraintes 
En treſgrant malheur 
¶ Vꝛay rapoꝛt 
Dictes hardyment 
Voſtre penſement 
Lale ſentement 
Œeftaffe;congnerr 
¶ Fauſv patlet 
Drap meſt vng toꝛment 
Que treuue foꝛment 
Toute parement 
Qui eſt en moy ſceu 
¶ Vꝛay taport 

Verite eſt vertu qui font command 
Et ſi reſſourt dabiſmes tellement 
Que ſon menteur finablement attaint 
Bout fon bꝛaſier apꝛes fe feu deſtaint 
Quieftprine/nupfant et tenebꝛeux 
Tar le fofeil de fes rape hallereux 
@ocque tous cferce apres lobſcurte 
Et dc tout autreempefche fa carte 


Semblablement apres ce diuers trouble 

SEt meſdiſans de male bouche et enuye 
Cõuient treſbien q̃ honneur femenin doubte 
Sans que iamais qui quen parle fe trouble 
St que femme er) ſoit plus affinpe 

Je quelle ſoit par meſdiſans raupe 

TCar vne foie vertu miſe er) Gauft 
Legierement ne pent auoir deffauſt 


Pource fault il que „ous nous confeſſeʒ 
Pubicquement voſire maſiuolence 

En declairant par quop fant oppꝛeſſeʒ 

Dont leurs hõneurs / par mot; quauez dxeffes 
Par les moyens de Bo; faits et ſcience 

Dane pꝛocurer choſe deſhonnoꝛable⸗ 
TContre honneur femenin fe louable 


C. vxc vii 
¶ Faulo parker 
Je confeſſe bien quennis fe face 
Tar ceſt contre loꝛdꝛe de ma maniere 
Que femmie fut iadiz bien fait et grace 
Teſt ce encor qui a homme fait pface 
Dꝛ p maintien bon os en fa dꝛoicture 
Mais que femme parfaicte creature 
Doit en tont Bien ſans nu villain meffaifs 
lene fe croy/ ne ne croitap iamais 


Tar pluſienrs ſont mal inclinees 

Dar fofconfeif a Bonfente mauuaiſe 

Qui founent Seufent feure vaines deſtinees 
Et en feur mal ſont treffoꝛt obſtinees 

Tar leur malfait iamais ne ſe reparera 

Si ie dy tout il ne Bone deſplaira 

A pꝛendꝛe tout font dinerfes perſonnes 

Si conunient bien quif en y ait de bonnes 


Ce non obſtant par ma confeſſion 

Neceſſite ne leur vueil impoſer 

Se laiſſer noſtre poſſeſſion 

Œarnous pouons bien ef pat ſucceſſion 

Œontre dames mak dite et pꝛopoſer 

Gt tous ſes faits fauffement expoſer 

Ceſt noſtre droit et raiſon naturelle 

Touſiours fera et ei) ce monde telle 
¶ Vꝛay raport 

Faulſe langue veninieuſe 

Trop moꝛdant / trop dangereuſe 

Œn fes moꝛs trop angoiſſeuſe 

Deriffeufe 

Et fans refpit ouſtrageuſe 

Que penfc tu doncques faire 


ot accointance eft doubtenſe 
Æa voulente rigoureuſe 

Ta facon ſouſpeconneuſe 

GEt ſongneuſe 

Tu es choſe enuieuſe 

Et qui ne Seufy plaire 


Tu es pꝛeſt a tout mal faire 
Se tous maulv dire et retraire 
Et Seufo anx vertus deſplaire 
Pour attraire 

Lens a ouyr le contraire 

De bonne oeuure et vertueuſe 


ff f 


fuciffet 


dt en ce point vueil deffaire 
Honneur fe treſdebonnaire 
Mais fe diuin ſagittaire 
Pour ſallaire 

Te rendra en ton affaire 
Moꝛt aigre et fangoureufe 


Doiv dafpicet ſerpent ines 
Eſclandant Sois femenines 

Dar fee paroles legieres 

Sont du diables meffagieres 
Tueillir fleur fur Ces eſpines 

Fait delaiſſer les racines 

Tar fee pommes font fenies 
Comme on Soit par leurs mefgnies 


aie fee ffeure et odeurs fines 
Dar ce quelles font voiſines 
Bee chardone/feureodeure chieres 
Sardans ſaines et entieres 
Ainſi les vertus diuines 
Dar fenre goꝛges interines 
Blaſmees ſont les bergieres 
Daftonreaufp fur les frontieres 

¶ Lacteur 
Raiſon Bopant fes aduorafs debatte 
Œt fouBftenir feur cas comme dit eff 
Dour fa rigueur des felon s abatre 
Voult fur fe tout pꝛoferer fon arreſt 
Et chaſcun deufo fut ententif et oꝛeſt 
Dour onpr dire fur Fe cas pꝛetendu 
Qui deuement eſtoit en tel appreft 
Bien aſſailly / bien auſſi deffendu 


Si fiſt crier que chaſcun fiſt ſilence 
Dour mieulv fon arreſt pꝛoferet 

Car mouft de gene furent a laudience 
Qui fut ce cas ouprent conferet 

Aloꝛs raifon ne voult plus differer 
Vꝛay iugement / equite et iuſtice 

Voult fopaufinent en elle mederer 
Tout ce qui chiet au cours de ſon office 


Pont demanda a fee deux aduocatz 
Se itʒ vouloient fa ſentence eſtre dicte 
Gt ilʒ reſpondent que fa valeur du cas 
Gſtoit aſſeʒ pꝛouuee et contredicte 

Que chaſcun Beuft eftre aſſoult et quitte 
Du condamne fif vient ainft a point 


Lors fa dame qui pat fout tant prouffife 
Don exoꝛde commenca et) cepoinf 


Raiſon royne dce haulvx entendemens 
Tauſe et moyen de tous les elemens 
ZBameen valeur/la pꝛinceſſe dhonneur 

A tous ayans Bone et ſains iugemens 
SEt qui ayment fee Brape commencemens 
DSe toute paiv et finement derreur 

Salut en dieu fe haultain empereur 
Œten fa loy treſhumble obeiſſance 
Regenter ſoubz noſtre aide ct puiſſance 


Voulons tenir concorde ef vnion 
Œtabofir toute diuifion 

Anoʒ ſubgectʒ ainfi que deuone faire 
Dour euiter toute rebellion 

Du plufieure foie de ſang effuſion 

Œt pat ainfien deuone fatiffaire 

Sn querant ce qui a dieu dort pfaire 
Le font vertus et auflifauditoire 

Se tous vices Bifement noue defplaire 


Gt pource eftif que pour vnioy mettre 
Auecques ceufo qui fe Seufent ſoubzmettre 
Anoʒ rapoꝛs/ iugemens et deſtroitz 
Voulans de fait extollir et demettre 

TCe que rigueur et femme y veult permettre 
Qui pluſieurs fois fait varier noʒ ditʒ 
Pource faiſons le ſigne de fa crois 

Sn inuocant fe treſſaint nom de dieu 

Dour aſſiſter aux pꝛeſens er) ce lieu 


En ce cas cy le tout conſidere 

Le tout Beu et fe tout pondere 

Le tout gouſte par faueut fade et mure 
La court perfcript vng cas immodere 
Moult torture et fans caufeinfere 

Dont fort greue le complaignant demeure 
Et affin quainſi chargie ne ntente 

Nous en dirons par declaracion 

Ceſte prefente determinacion 


Bi decfaire comme dif vꝛay tapoꝛt 
Que ce pendant a eſte de grant toꝛt 
Ainſi batu de pfapes plue de cent 

Et fa acquie par deuant noue ſuppoꝛt 
Be telineffait et oultrageux fupport 
£a Bien fait/et fa court ficonfent 


En fe difant treſpur ef innocent 
Ses iniures contre luy pꝛeferees 
Œtles dirons contre nous inferees 


ar homme apant er) fup raiſon humaine 
Mettra pouoir/trauaf et paine 

A ſoub ſtenir honneur en Bonne attente 
Tar ceſt moins mal que tollir vne rente 
Du vng Bien meuble a vne noble dame 
Que de blecer contre raiſon ſa femme 


Fame eſt en femmes Bnelupfant couronne 
Qui ſadonne de tous biens enuironne 

Et fa ciarte fait en tenebꝛes luyre 

Femme dhonneur fa maifirife guerdonne 
St deuant tous eternel fo; (up donne 

ax effe fait mouft de vertu couftruire 
Æennne eftqui pat fonte fe doit defruire 
Ze nant honneur en vng troſne et gloire 
St homme na autre aide ou adiutoire 


Bonne et pure pierre pꝛecieuſe 

Qui eſt touſiours en femme vertueuſe 
TComme en oꝛ fi) par dꝛoit compas aſſiſe 
Monſtrant er elle vne lueur ioyeuſe 
Qui coꝛrompt tout erreur tenebꝛeuſe 
Tar verite lumiere luy attiſe 

oi fa ſoubſtient/loyaulte lauctoꝛiſe 
Bꝛace fup fait ſuppoꝛt et aſſiſtance 

Et gloire apꝛes fa pꝛeſerue doffence 


Sont ces faulv iniques et peruers 

Qui eſcriuent par pꝛoſe ef par vers 
Tontre tef Bien parole deteſtable 

Siſons de fait menteurs par diuers 
Auſquelʒ par droit font patens et ouuers 
Les huys denfer et fa voye dce diabfee 

St les pꝛiuons de fous lieux honnoꝛables 
Pꝛincipalement par fa voye et chemin 
Qui font donnes a honneur femenin 


Et faulv patfet plain de Beniry mortel 
Nous decfairone vng murdꝛier criminel 
SDung fif; de diables auecques fee complices 
Si ſoient mis en toꝛment eternel 

Car il deffend tout honneur temporel 
€ontratianttoutes vertus et vices 

Et puis quiſʒ ſont ſi plains de malefices 

Se tout honneur fa poꝛte leur ſoit cloſe 


| C. vxc viii 
Ainſi que droit fur leur cas le diſpoſe 


Dar fa ſentence et arreſt que donnons 
Dubficquement vꝛay rapoꝛt appꝛouuons 
Dec bons pꝛopos / ſon loyal pfaidope 

St faulyx parler par tout dꝛoit repꝛouuons 
GEt ſes facteurs auec luy condamnons 
Enſemble ceulx qui les veulent aider 

Les declairons tant quon peut ſouſhaiter 
Deſtoyaulx/faulx/ iniques et mautoit 
Damnez enſemble auecques leurs meſditz 


St aux dames adiugeons leur honneur 
Tler/quitte/franc de neffait et de erreur 
Et pat expꝛes des fauftee evpofece 
at faufv parfet le Venimeux menteur 
Par malice de fon furieuv cueut 

Lee controuna pour eftre propofece 
Soient doncques fes dames difpofees 
Atout Bonneur/car par nofire fentence 
Nous impoſons auv meſdiſans fifence 


Pꝛes la pꝛobacion de ceſt arreſt hon 
neur femenin et vꝛay rapoꝛt g leurs 
adherens remercierent dame raiſon 
JE de fa bõne iuſtice / mais dautre part 
faulx parler qui ne peut laiſſer fes iniquites & 
malices eſquelz if eſt endurcy diſt quif appelle 
voit par deuant yre. Touteffoys Naiſon tin t 
fon appellacion cõme friuolle/ et ne voult dif⸗ 
ferer pour icelle Adonc icelluy faulx patler 
cõme par maniere de ieu diſt quil eſtoit quitte 
de payer lypocras. Sur ce point Dame raiſon 
pꝛint hõneur femenin par vng des bꝛas ç for) 
cheualier pat fauttel et fe mirêt hoꝛs du parc⸗ 
quet ct fes affifians auſſi/ et ainfine fceu; que 
tout deuint. Mais afin doublier ma premiere 
melancolie de pale tẽps ap cp redige p efcripé 
£a decepcion de fadicte court ſelon ce quil men 
apeu fouuenit, 


Meſdiſant poingt 


: Quantif voult oingdꝛe 


Faingt et enoingt 
Sn fien de poingdꝛe 
DSDame deloʒ 
Aduiſeʒ y 
Par fe propos 
Quauesicp 
Bla ii 


Fueillet 


Ne donnez place En macquittant me deuez auoir quitte 

A faulvx parfer Mais ſaucun mot il ya mal dicte 

Tournez fa face Je Bouc prie pour dieu quon me pardonne 
Laiffez fe aller ar ie vequiere en Bonne Serite 


Honneur tenir er fa profperite 
Pꝛenez en gre mon petit faBeur 


le fap empꝛine pour conferuer Honneur A mon pouoir du fene que dieu me donne 
En Bonne femme en for auctorite Vous dames dont en qui Sonneurfoifonne 
Regard napez auv mots a fa couleur Le tel traicte voſtre aduocat dires 
Recongnoiffant que de Bon cueur Tout bellement fif vous pfaift le lireʒ 


¶ Apꝛes que le dieu damours ent fait faire au iardin de plai 
fance fa chaffe et pipee. Œt que faduocat dce dames eut 067 
tenu arreſt contre ceulx à nc faufuent Bonneur femenin par 
faulx parfer qui côtrenue fauffes paroles Les amans firent 
Balades iopeufes ef amoureuſes ainſi quif fenfupé 









Siftup pfaifo 
Dung feuf regard mon cueur enluminer 
Laintes / ſouſpirs confis 


en grief ardure Tant a en tout excellante figure 

Zsoufeur/trifteffe et fie Doulce/ plaiſant / Humaine ct ſuffiſans 

lamentans Que puis Bien comparet fa figure 

Œtenfanqueur qui lon⸗ Au roy phebus ſes regardz attrayans 

guement me dure Qui fait fa chappelle reſplendiſſans 
Par vꝛay defir employe le mien tempe Dar fa nette verriere ſans caſſer 


Mais ces grief; maulx à ainfi me guerroians Treſtout ainſi peut ma dame ſachans 
Feroit ma dame aſſez bꝛiefment finer Dung ſeul regard. gc. 


Dame dbonnent/fe ne preires er) cute 
Lee maulvo du cueur qui eſt obeiſſans 

A Bo gent coꝛps fa lumiere obſcure 

Be Vos reffuʒ eſtainderont par temps 
Mon dolent cueur ſen eſt vie partans 
Æt vueilleʒ donc humble dame ſans per 
Pat So doufceur quantifen fera tempe 
Dung feufregard. cc. 


¶ Autte Bafade 


Juſi q̃ en may fait la douſce rouſee 
Lee biẽs de tre en doulceur amoiſtir 
fait fa beaulte de ma treſchere amee 
mes maufy ceffer tie fa puis veoir 
ar ſe pout fup endure ardant deſir 
Vng feuf regard quât de fes doufp peufy fap 
Madoulciſt et fait en bon eſpoir tenir 
Aluy ſeruir tant comme ie viuray 


at fa beaulte dont elfe eff figuree 

Me ramente que ie ne puis ſouffrir 

TZant de griefuete er cueur ne en penſee 
Quelle ne puiſt a cent doubles merir 

Sont quant amours dung ſi doulx ſouuenir 
Veult arrouſer mon cucut/nuf sait efmap 
Den efperant mercp me veult offrir 

A luy feruir.ec. 


Be doufy regardz pat amans eſiouyr 
Œtaucc ce queffe eſt enluminee 

Glle eſt dung fi eau maintien paree 
Et de doufceur que fout cueur adoufcir 
Peut / et ainſi que rouſee nourrir 

Vng cueur damant et faire doulx ct gap 
Si que bien doy humblemeut obeir 
Aluy ſeruir. c. 


¶ Autre Balade 


Vis que pitie eſt pour moy endoꝛmye 
À Et doufceut eſt cõuertie en durte 
frâccuet netruie/grace meſt eſtãchie 
Amoure ne Beuft Beoir ma fopaufte 
Ses confeiffiere ma Pie plaine pleure 
Maulvegriefuete ccroiftennupecuent defure 
Ainſi mettent bãny de tout confort 

Hayr ma Sie ct deſire ma mort 





C. vcix 
Je nen puis mes / ſe me plains et garmpe 
Quant humble cueur ne trait humilite 
Haulte bonte et de valenr garnye 
Truys ſans doufceut g coꝛps gap ſans pitie 
En vberite ne trous qui me ſecoure 
Raiſon me nuyſt / dangier meſt audeſſure 
Beaulte me fait pourſuyr a effort 
Hayr ma ie. ec. 


Dame pat qui ne puis auoir ape 

Joye / deduyt / paiv/ honneur ne ſant 

Pour vous amer ay haye ma Bie 

ais quant ie voy que vous mauez enfpe 
Si amours que encoree voye lheure 

Que Sous ſcaueʒ que me faictes a toit 
Hayr ma vie.gc. 


¶ Autre Balade 


Oures maulditz triſtes maulx et 
Adolene 

Bannyeoe de ioye ef damoure rez 
7 pute 

Barnys de dueil/ſubgectz et Famentans 
Deſoꝛes mais dopuent eſtre appelleʒ 

St de tous yeulx chaſſez et deboutez 
Quant de mes biens ie pers la ſeignenrie 
Dfuenapmea viure eſt mes grez 

Si pꝛens congie a lamoureuſe vie 





Tar de tous biens ieſtoye expectans 
Soulas /deduyt/plaiſance auoye aſſez 
Oꝛ ſeray deſoꝛmais mandiens 
Daque/penfifs/aôue et amourne; 
Paſle/ ſouille/tainct et defcoufoures 
En tel labeur ay mie ma maubrunpe 
En ariefdoufeur fuie repris et bouteʒ 
Si pꝛens congie a famoureufe Sie 


Œnfement fuie nuyt et iour ſouſpirans 

Ze ducif et dire ſuis ades acoſtez 

at com plus fuie et ſupplians 

aie ne fuie oup/Beu/ntefcoutcs 

Plus crp mercp ct plue ſuis deboutez 

Plus dp mon gref / plus meſcoppe compagnie 
Plus me complains / moinꝰ a on de mop pitiez 
Si pꝛens congie. gc. 


¶ Autre Balade 
lꝛ ſꝛ iii 
51 


Ne belle ente floꝛee 
Laquelle neſt fructifiant 





Tar ſloꝛie eſt de beau ſemblant 
Eh beaulx maintiens et attrayans 
Si differans a verite 

Que krouuer ny puis en nul temps 
Vng tout ſeul grain de loyaulte 


chais p trouue ie nen doubte mpe 
Pꝛomeſſes de grace faillans 
Sembfant damour fans eſtre amye 
St ie ſuis a ce penſans 

Je tiens que ceſt dommage grans 
Que nature auec ſa beaulte 

Ny miſt par grace concoꝛdans 

Vng tout ſeul. gc. 


ar fur toutes eſt adꝛoiſſie 

Se beaulte qui eſt deduyſans 
Tar quant voy fa face polye 

Et de fee doulx vers yeulx ryans 
Vocatifʒ fes regardz plaiſans 

£a fembleif quil nait faulſete 
aie point nya ſi en ſuis dolens 
Vng tout feuf. ce. 


¶ TAutre Bafade 


Ature et amours gracy 
À Se ce que fiBef foune 
Œut fa belle a qui mottry 


Quant par fa fienne bonte 
Et par fa doufceur fouee 
Seſt en mon cueur encharnee 
Seſir par doufce penfee 


Sſpoir me conforte auſſi 
Quime promet que pitie 

Auta Bonne amont de mp 

De vneil viure er) gayete 
ZTouſiours tant que auray duree 
Et auoir de voulente 

Pefir par doufce. cc 


Si en loue amours quant ainfi 
Ay le mien cueur aſſene 

A celfe qui ſans nuf fr 

Dit en parfaicte bontr 


Deut Bien ma dame eſtre appficquee 


Dont par luy be cueur magree 
Si que en mon ſens ay fonde 
Seſir par doufce. cc. 


Duince/amoute a ente 

Er mop pfaifance et fondee 
Dar efpoir qui ma donne 
Seſir par doufce. ge. 


¶ Autre Salade 


à ODur viure amoureuſement 
Sn ioye dhonneur paree 
JEt parler plus noblement 
DAuoir plaiſance a duree 
Se bonte enluminee 
Doit bien amant pat deſir 
Amours ef dame ſeruir 





TCar par ces deux pꝛopꝛement 
ER en cueur damant entee 
Plaiſance tant doulcement 
Que com plus fait arreſtee 
Œn cefte Pie honnoꝛee 

Tant plus Bucif ſans depattir 
Amours et dame feruir 


Si en loue amours humblement 
Qui par ma treſchiere amee 
Tient mon cueur ioyeuſement 
GEn vꝛay deſir par penſee 

Sont eſperance ſecree 

je fait au mieufp maintenir 
Amours et dame. ec. 


Pꝛince/ home de renommee 
Qui veult a honneur venir 
Soit Bien pat voye oꝛdonnee 
Amours etdame.gc. 


¶ Autre Balade 


Inſi que vng cerf qui ſouuent eſt 


chaſſe 


En la foreft des chiens a grant 


ſoiſon 


Œt de diuers veneurs menaſſe 


TComme quil peult en aucune ſaiſon 
De eſchapper chaſſe fort par raiſon 


Que il tant fuye quen la fin eft pꝛis 
Sung veneur foubtifet Bien apꝛis 


Gn cel eſtat ap eſte fi ſacheʒ 

Œn fa foꝛeſt damours que tant pꝛiſon 

Dar maintes fois Berfes et deſchaſſeʒ 
Sung doufp régard/fane autre meſpꝛiſon 
aie fe fuyr ne ma fait guariſon 

at iap eſte en audacet furprie 

Dung Beneur.cc 


Ce fut Bag doufp regard bien adꝛe ſſieʒ 
Qui me donna darrefter achoiſon 

Dar ceregard fue prie et enfaiffies 

Es lac damoure amoureufe pꝛiſon 

La fue ie prie fane nuffe trahiſon 

Dar fe pouoir donfaffe; mieulx meſpꝛis 
Sung Seneur.gc 


¶ Autre balade 


€ tout ce quon peut dire 
Soient mauldis medifane 
Tar maint cueur ont fait martire 
AP trop quoncque de mal tant 
Ne firent cueur nul ſentir 
Quiſʒ me font pat leur mentir 
Tar en monſtrant belle chere 
Me trahiſſent pat derriere 


Non pourtant ioſe bien dire 
Quoncques en tout leur viuant 
Auliout par ieu ne par yre 

GEn maintien ne en ſemblant 
Ne peurent en moy veir 

Niens dont on peut mal tenit 
Sont pat fauffete dobliere 

e trahiſſent. c 


TCe qui les meut/feur vient dire 
€atif;me Bontrequerant 
Que teur Soufoir vueille effire 
Son ferap/car iap fnffifant 
Ailleurs que iay en defie 
Œtpout ce que obeirt 

Je ne Sueifaleurpriere 

Me trahiſſent. gc 


¶ Autre balade 


Arte plaiſant on maint toute bõte 

Sẽs et Valeur / hõneur et courtoiſie 

Simpleſſe / auſſi bonne loyauſte 

Shumilite et de doufceur garnie 
Di choſe ap fait qui Bouc defpraife ampe 
Aioinctes maine mercp Bone en demande 
Tar en meffait dame ne gift quamende 


Detceu me fui ef fi ap efperance 

Du fait qua mop dame efice coutcre 

Helas pour quoyoncques neuʒ Soufente 
TCueur ne penſee a voſtre Villennie 

GEt fe fait lay fautfete me maiſtrie 

Qui ma ſurpꝛis/ceſt droit qua Boue ſamende 
TCar en meffait.cc 


Defirant fuie ef toufioure ap efe 
om vꝛay amant fans penfer a fofie 
Be vous feruit/et pour dieu quer pitie 
Ærefdoufce dame foit Bofîre pre Bertie 
Et que franchife foiten Sous efmape 
Diquefefpoitque iap perdu me rende 
Tar en meffait.cc 


¶ Autre Bafade 


N pꝛiſoy ſuis en vne tour ſi forte 
Que ie ne ſcay ſe ia en yſtray vis 

V " Lacifncfinufquipoint me recõfoꝛte 
W feneft eſpoir qui ſeſt dedã mop mie 
aie tous fes iours er ſanguiſſant ie Bic 
ÆBauoir mercp de fa pfaifant figure 

En qui mon cueur amietoute fa cure 





PBangicten tient foufionre cfofe fa porte 
Et malle bouche en garde fe pontprie 
Chaſcun des denv touſiours me defconforte 
Se itz ne fuſſent if me vient en aduis 
Quencoꝛe peuſſe ie eſtre tenu amys 

Se ma dame par qui maint mal endure 

En quimon.gc 


Au dien damours vueil prier quik enhoꝛte 
Lee Srais amans a Bien faire touſdis 
Et auſſi que ie (ope de fa forte 
Tant que fope de famour enrichie 
SEt que danger ne ſoit plue fi hardis 
Me maffe bouche dauoir ceffe encfofture 
En qui mon cueur.c 

fr Fr iiii 


Fueillet 


¶ Autre balade 


Ame par qui mainte paine endure 
Duret p vueil/a vous ſeruir engrãs 
grãt bien me peut venir de voꝰ aimer 
Aimer auſſi defire de Soue partans 
Dartempe dame mauroit mort en fee fac 
Las quantie fuie a Sos beaute; penfane 
Dans Joue ne puis auoir vng feuf fofas 


A vꝛay efpoir veneʒ mop deporfer 

Poꝛter me fauft griefuete grace attendans 
Tendans dame a faire Bo deuifer 

Difer p Bueif/Bien eft appertenane 
Tenans fa rigle que amours liure mas 
Matz ſuis dame a qui ſuis obeiſſans 
Dane vous ne. cc 


Ainſi conuient nuyt et iour ſans rufer 

Vſer mon cueur dame en douleur ſentans 
Sentans le mal que pouez affiner 

Finer meſtant ou tont eſtre ſouffrant 

Franc cueur vers moy de doulx efpoit le pas 
Pas ne ckoeʒ dame treſſoufiſans 

Dane vous ne puis.c 


¶ Autre balade 


Autrier par melancolie 
Sni gabant cuydoye aymer 
Si trouuay dame iolie 
= Qui damours pꝛint a parler 
TCertes ie cuydoye ioner 
Mais ie men remembꝛay trop tart 
Zef fe cuyde chauffer quif ſart 


Di fuie furprie que nay mie 
Pouoir a ce reſiſter 

at ma penfee rauie 

Ay / ſi que ne puie durer 

Trop eſt griefle mal daimer 
Tar qui nen ſcet moult bien lart 
TZel ſe cuyde. cc 


Sage eſt qui fe chaſtie 
Dar moy / car de repꝛouuer 
Du de faire villennie 
Amours cher comparer 
£e fceut ct de trop parfer 


Auſſi qui bien ne ſi gatt 
Zel ſe cuyde. c 


¶ Autre balade 


Œnconfre ſoit des beſtes feu gectãs 
Que iaſon Bit querant fa toiſon dos 
À Ou trãſmue d hõme en beſte fept an$ 
Ainſi que fut nabugodonoſoꝛ 
Du nope ſoit en fa met ſans alaine 
Pis que ionas au coꝛps dune balaine 
Œt de fait ſoit mie auec tantalus 
Du proferpine en finferrraf paîne 
Ætpis que iob foit en griefue fouffrance 
Tenant prifon er fa tour dedalus 
Qui mal vouldꝛoit au royaulme de france 


Quatre mois ſoit en vng viuier chantant 
£a teſte au fons comme fait fe Gutoz 
Dunif ſoit mis entre meuſes flotant 

En Bng moulin conne fut faint victoꝛ 
Du if p ait querre ou perte villaine 
Comme ent trope er fa pꝛin ſe dhelaine 
Du condamne comme fuf narciſus 

Du acBipe comme abſalon pendus 
omimeindas en Bne ſeiche branche 
Qui mal vouldꝛoit.gc 


Hafadepie quoncques ne fut amant 

Et quon luy coule parmy ſoy ſon treſoꝛ 
St quen fa fin le voit on detirant 

Et quau turc foit Bendu denier comptant 
Pour eſtre mis au harnois comme Vvng toꝛ 
Du trente ane ſoit comme fa magdaleine 
Sans drape veſtir ſoient de finge on de laine 
Et puis pꝛiue de fa chartre ieſus 

Bee biens iuno/ et des foufaeBenue 

Et du dieu mars ſoit pugnya ouftrance 
Ain ſi que fut roy ſardanapalus 

Qui mal vouldꝛoit. cc 


Pꝛince/poꝛte ſoit des cerfs eoſus 
En la foꝛeſt ou domine ckanchus 
St puis banny du pape deſperance 
ar digne neſt de poſſeder vertus 
Qui mal vouldꝛoit.ec 


¶ Autre balade 


 Mncticné compte vꝛayement 
Se choſe que face ne die 
Appellene ſuis nuſlement 

Er quelque bonne compaignie 
Tout mon fait neſt que mocquerie 
Soit acertes ou autrement 

Scaueʒ Joue pour quoy ie vous prie 
Pour ceque ie nap point dargent 






Si me fauft tenir fobrement 
Et endurer fa mafadie 
Œtregarder Bien doulcement 
eufp qui me feront couttoifie 
Tar on voit famp et fampe 
Au beſoing et non antrentené 
Deſeſperer ne me dop mic 
Pource que ie nay. c 


Se diuere eftfe temps pꝛeſent 
Œtie Bop foꝛtune endoꝛmie 

Glle ſe reſueille ſouuent 

Dit kuy plaiſt ie luy en ſupplie 
Mon eſperance neſt point faillie 
Qui bien attend ne ſurattend 

Je ne crop point que dieu moublie 
Dource quete nay. c 


Pꝛince/ a tout homme ſignifie 
Qui naura la bourſe garnie 
Me fe mectepoint entre Gent 
at par tout chaſcun me regnie 
Dour ceque se nap. cc 


€ Autre balade 


Stre trop france ſoy fier 
Au Beau parler demainte gent 
A fait maint Somme mendier 
Etefiredefpourueu dargent 
Si dis fefon mon iugement 
Que ce ſeroit bonne maniere 
Se treſtous fee teuv bonnement 
Auoir touſiours vng pie derriere 


Œifquife veult acompaigner 

Si doit bien regatder comment 

Tar il fe met en grant dangier 

Qui ſacompaigne follement 
Pluſieurs maulx en viennent ſouuent 


di 
St pour auoir langue legiere 
Te ſeroit fait plus ſagement 
Dauoir touſiours. cc 


Defpendze ke fier) de legier 

Ne vient point de grant ſentement 
Se foffce femmes accointer 

Qui font defpendre follement 

Gt puis apres ot) fer repent 
Quant riens na en fa gibeſſiere 
Ce feroit bien expedient 

Dauoir touſiours.ec 


Pꝛince / faictes publicquement 
Crier pat chaſcune barriere 
Que chaſcuy aitentendement 
Dauoir touſiours. ec 


¶ Autre balade 


Leſt certain) qun iour de la ſepmaine 

Heſt adnenu treſmerueilleuſe choſe 

que ieſtoye ſeul o la pfue ſouueraine 

entre deux dzaps ſentãt lauẽde g roſe 
TCouche tout nud / mais quant ie feux 

encloſe 

Œntremes bꝛas frop me fiſt choſe amere 

Quant elle diſt a fa fin) et par cloſe 

Tenez Joue cop iappeffcrap ma mete 





Quant ie foupe mouftfus eſmerueilleʒ 
Œtquenuers moy effe fut ſi ſauuage 

Mais riens ne diff tant que fuſmes coucheʒ 
Aduis meftoit queffc faifoit Fa face 

Quant iapperceus que deſſus for viſage 
Lermes couroient en diuerſes manieres 
Bifant touſiours tout bae en fon langage 
Tenez vous cop.çc 


Quant mon Boufoir fut fait et acomply 
Dour celle foie eff fa choſe patfaicte 
Jen ens ſe cueur de grant ioye remplp 
Tar ie viz bien que fa choſe luy haitte 
Loꝛs fa baiſay en fa doulce bouchette 
Dont en riant me faifoit belle chiere 
&tne diſt plus ce que ie Joue repete 
Teneʒ vous cop. ec 


Pꝛince damoure / ſi belle godinette 


Fueillet 


Sente de coupe auecques beau Braire 
Ne doit pas dire tant ſoit oꝛguiſlouſette 


Teneʒ vous cop. ec 
¶ Autre balade 
%, 
Bont me fourie fortet efmape 
V4 Lee dee me faillent cfa goute me préé 
Si me demandent aucuneffois fa gent 
Dont ce me Bientquefatfefte me pelle 
Mais ce me fait a parfer proprement 
Boire fans foifet cheuaucher fane feffe 


&nepuie plas ainfiqueie foufope 
dar vieilleſſe maffauft trop duremẽt 





aie qui pis eftef ce dire fofope 

Je ne puie pie iouer de linſtrument 
PBuqueffouuent fee femmes ont grant iope 
Pource nont cure demon appꝛouchement 
Sont iay perdu fout mor contenement 

Si nya celle qui vieillart ne mappelle 
Pource que iay maintenu longuement 
Boire ſans foif.ce 


Au derrenier point ie ny retourneroye 

De cheuaucher ſans ſelle nuffement 
dar tout fe cul ie my eſcoꝛcheroye 

Boire ſans ſoif fait on communement 
Jey pert Bien a mes yeulx ſeulement 
Qui rouges ſont comme charbon deſtoille 
Tetzʒ kes auront les autres ſeurement 
Beunuãẽ ſans ſoif et cheuauchans. cc 


Pour ce ie die a mon eſſient 

Quit vauldꝛoit mieulx qui na bonne ceruelle 
Soy repoſer que menu et ſouuent 

Boire fane foif.ce 


¶ Autre balade 


XANta foreftoennupeufe frifteffe 
Vng iour mauldit qua part mop che 
minope 

) Si rencontray lamoureuſe deeffe 
Qui mappella demandant ou ialloye 
Je reſpondy que par foꝛtune eſtoye 
chis en exil en ce bois long temps a 
St qua bon droit appeller me pouoye 
Lhomme eſgaꝛe quine ſcet ou il Ba 


En ſoubzriant pat fa treſgrant nobleſſe 
Me reſpondit / amy ſe ie ſcauoye 

Dour quop tu es mie en ceſte deſtreſſe 

A mon pouoir voulentiers taideroye 
Tar ia pieca iay mie ton cueur en voye 
De tout plaiſir ne ſcay qui len ofla 

Di me deſplaiſt qua prefent ie te voye 
Lhomme efgare.cc 


Helas dieie/fouuerainse pꝛinceſſe 

Mon fait ſcauez / pour quop fe vous diroye 
Teſt par la moꝛt qui fait a tous rudeſſe 
Qui ma tollu celle que tant aymoye 

Et qui eſtoit tout leſpoir que iauoye 

Qui me guidoit /ſi bien macompaigna 
En fon viuant que point ne me trouuoye 
Ehomme eſgare qui.cc 


Au eugle ſuis ne ſcay ou aller dope 

Be mon baſton affin que ne fouruoye 
Je Bois taſtant mon chemin ca g la 
Teſt grant pitie quil conuient que ie ſoye 
Lhomme eſgare;c 


¶ Autre balade 


Ay eſte de la compaignie 
Dee amoureux moult longuement 
Et ma amours dont le mercie 
Bone de fes Biens largement 
ais au detrait ne fcap comment 
on fait eft venu au contraire 
€t a parler ouuertement 
Tout eſt perdu / ceſt a refaire 


Tertes ie ne cuydoye mie 

Quen aymetr euſt tel hardement 
Tar chaſcun diſt que ceſt la vie 
Du ifa plus defbatement 

Helas iap trouue autrement 
Œar quant eff lamoureux repaire 
updoie Biure ſeurement 

out eſt rompu. cc 


Au fort en amours ie maffie 

Qui maydera aucunement 

Pout lamour de fa ſeigneurie 
Que iay ſeruye loyaulment 
Noncques ne fiz par mon ſetment 


Choſe qui luy dope defpfaire 
Œt non pourtant eſtrangement 
Tout eſt rompu / ceſt a refaire 


Amours oꝛdonneʒ tellement 
Que iaye cauſe de me taire 
Dans plue dire de cueur dolant 
Tout eftrompu cefta refaire 


¶ Autre balade 


Sngiour allãt meſbanoier au chãps 

Dour eſcouter des oiſillons kes chãs 

) Sme fõt triſtes doforenve meſchans 
De dueil atains 


Tout a patt moy er pitie me compfaine 
Faiſant regretz / maintes fermes et plains 
Se m6 las cueur cõme lung des plus pfaine 
Saſpꝛe infoꝛtune 


Si me ſouuint des oeuures de fortune 
Be fa facon a pluſieurs importune 
Sans quif p ait fop ne taifon aucune 
ar effc frappe 


Ou elle veult foit top on duc ou paye 

Et les mignone quelle tient (ou; fa chape 
Ont Beau crier cat effe feut eſchape 
Darquefquecoiug 


Gt bien ſouuent ceffup qui er eff loing 
HLourty en paine en douleurs et en ſoing 
21 dee biens delle plus quil ne fuſt beſoing 
Mais ie ne ſuis 


Pour eſpuiſer leaue de ſi parfont puis 
Ge a bon maiſtre et affermes apuis 
TContre ſequel parler ne vueil ne puis 


dCeft dieu en ſomme 
¶ Rondel 
A dame qui mauez point 
Au cueur dune afpre pointure 
ie mauez en piteuy point 
a dame. çc 


Paintre fine pourrait point 


CE 
Dofite beaulte en painfute 
Ga dame. @c 
Au cueut due. cc 


¶ Autre balade 


Mant et dame agentie 

Ærouuap hier proprement 

Til crioit / amours ape 

Mercy au cueur qui katent 

e amours pour moy griefuemẽt 

Sſtes en mon cueur entee 
Di ſoit ainſi vꝛayement 
Puis quil Sous plaiſt ie lagree 


Pour ce ſans eſtre aſſeruie 
Diſt il ma dame au coꝛps gent 
Setes vous de moy ſeruie 

Et amee entierement 

SDiſt celle / on doit bonnement 
Amer celer a duree 

Et ſi reſpondz humblement 
Puis quif Soue. ec 


Non pourtant dame iofie 
Suis point de deſir foꝛment 
Qui me ſemont que ie die 
ABous mon trefgrief toment 
St celle dit doufcement 

aie que mo honneur gardee 
p foit diccufp/Sofre tafant 
Puis quil Soue. ge 


¶ Autre balade 


Ature loue haultement 
ar elle a voulu foꝛmet 
Beaulte fi habondamment 
En celle quamours amer 
Me fait de cueur ſans amer 
at tant doulcement menhoꝛte 
Que par vertus de penſer 
Sn plaifance me deporte 


at quantiepuie proprement 
Dar penfee pmaginer 

a cBiete dame au corpe gent 
Et fon maintien quina per 
Seſir me fait fonfpirer 


Fueillet 


Mais eſpoir me reconfoꝛte 
Si que par grace eſperer 
En pfaifance.cc 


¶ Autre balade 


x 


D dontre peche auſſi fier que fpons 
Dour venir a grace fenfibfement 

Di luy fait en for cueur hoꝛriblement 

Le trop dounir trois Bices effeuer 
Dequop fp homs par np matin leuer 
Deuure ct de point feroit ceſt mes recoꝛs 
Be ces vices vertus par impetrer 
Zanation dame et prouffit de corp 





Some 


ar par matin feuet fane defraifor 
eut Dome feruir dieu honnoꝛablement 
Decondement en eſt mieulx fa maiſon 
Souuernee par raiſonnablement 
Ættiercement fait raiſonnablement 
Diure fon corpe ef de mains maulx cutet 
Se curieux Joufoire fans fanfv accore 
at on en peutennere dieu conquefter 
Sanacion dame.gc 


ais quant on) doꝛt ſans es pꝛouiſions 
De ces vertus / pareſce afongement 
Get en fon cueur dauoit fee viſions 

Be dicu feruit ce quifpert fonguement 
Sont lame eſt curee fetierement 

ar fois deſirs ne luy foiff compofer 

Gt Le perfeuoir fait difpofer 

Son corps fouuent en douleurs diſcoꝛs 
Sicomme peut pat trop dounit trouuer 
Sanacion dame, gc 


¶ Autre Balade 


2Vcuns mectent par vſage 
Leur eſtudie à conqueſter 
Terres / meubles g heritage 
Wpar vng grant treſoꝛ amaſſer 


Mais te crop de vray ſans errer 
Quelque richeſſe qui habonde 
A ce que puis ymaginer 

On na que fa Vie en cemonde 


Ar trop doꝛmir perf troie vertus (y 


Dont il pourroit eſtre viſiblement 


TCar ie voy gens de grant parage 
Qui laiſſent tout au definer 

Clergie et gens plaine de parage 
Dar alivandꝛe puie pꝛouuer 

Qui de largeſſe neut fon per 

Qui tint mainte table ronde 

Que combier quon peut Santé monter 
On na que ſa vie en ce monde 


Tertes ly Bonie fait or ouurage 
Qui en Honneur veult fa Bie vſer 
ar honneur a teftefmoignage 
Quif durera fant com durer 
Dourra fiecfes/a bꝛief parler 
Saige eftqui er) Bien fe fonde 
at a raifon confiderer 

On na que. c 


¶ Autre balade 


Jargẽt neſtoit ptꝰ puiſſant à nature 

Ne tout le ſens quelle peut doctriner 

Dar ſentement de diuine eſcripture 
WDy ne pourroit riẽs au pape impetrer 
Tar il eſt Srap que ſe nature auoit 
Choiſy Bug clerc qui ſceuſt fire er) dꝛoit 
Be tonte ſens ou bon cferc pꝛent argu 
Naucoit il ia defimpetrer vertu 
Suffiſamment ſi argent ne luy aidoit 


TCar ſens « fop/raifon/droit meſure 
Fait Bien ſouuent argent ſuppediter 

Au iuſte fait que ie dy par figure 

Vueil retoutner/car argent cefttout cler 
ET ſi ame que chaſcun le tecoit 

Et fe clerc qui nature concoit 

Alloit a court dargent et dhabit nud 
Tout fe latin quil auroit retenu 

Luy Saufdroit pou fargent il ne nommoit 


Si me meruecilſe pour quoy nul met ſa cure 
Deſtudier ne for chief eſtonner 

aie non pour fant on voit pou creature 
Sur fa diuine efcripture fonder 

Ne eſtre clerc ainfi quefire on ſonloit 

Mais ceufp qui ont fargent ou ploy du dort 
Smportent tout/et fi font Bier Senue 

On fifi fargent/fee fintec font perdue 
Ainſi argent tient fon ficge fane dꝛoit 


¶ Autre balade 


Ource neſt il fi doulce noutriture 

À Que ceſt dargẽt grant foiſon amaſſer 

Qui dargent a ſans nombꝛe et fans 
Dmeſure 

Gfchante bien et ſi ſcet bien noter 

Et ſencline on de ſiloing quon fe voit 

Et ſil a toꝛt ſi dit on quil a dꝛoit 

Riche de ſens de pourete batu 

Ne priſent point fif neſt riche et dꝛu 

Nen plus quiffuft paint en vne parꝛoy 





Sonta bien cil qui plante de noiſure 

Qui dargent a grant foiſon a compter 
Tar ſil venoit de rapine ou duſure 

Si eſt il ayme qui a de quoy donner 

Argent eſt celluy qui le monde decoit 

Par argent — cif qui valoit 

Plus que tone ceufp qui ſont ne oncques fu 
Te marche fiſt iudas quimaf mouru 

TCe fiſt argent / eſi fol qui ce ne croit 


Pꝛince / fe noʒ papes que aimer on) doit 
Regnotent fonà tẽpe/ ie crop Bien quon verroit 
Æoue fases clers mectre er) cflat deu 

Et ſi Viendroït a droit port de ſalu 

La ſcience qui apinfe fevoit 


¶ Autre balade 


N foufoit eſtre au tẽpꝰ paſſe 
Alegliſe benignement 

A genouv en humilite 
Tout nud fe chief deuoteñt 
Deleʒ lautel moult cloſem̃t 
ais au iourduy ſicomme 
be ſte 

Vient on a laultier Bien ſouuent 

TChapperon et cHappel en teſte 





eff pou de fop et de bonte 

Et poüu tenu du facrenient 

Et mauluaiſement confidere 
Quon p croit inuiſiblement 

Du dieu qui tout peuſt et compꝛent 
Et de quop on doit faite feſte 


Cv 
Quant on laoure fa en prefent 


Sapperon et chappe£en teſte 


La Soit of grande nifcete 

Etes cueurs pou dentendement 
Quant deuant la diuinite 

Qui eſt a laultier enſement 

On eſt treſmal deuement 

Tar ain ſi que au chanteur de greſte 
On eſt denant dieu pꝛopꝛement 
TChapperon et chappel en teſte 


¶ Autre balade 


£ nefi hom au iourduy en Bie 
Tant (oit dignoꝛãce contrains 
Que ſil veult mectre fon eſtudie 
€ En Bien faire et eftre certaine 
\ EGSn fop que dieu lp ſouuerains 
Ne vueille aufantauctorifer 
Et de luy eſtre auſſi pꝛochains 
Sn la tauerne que au mon ſtier 


TCar vng bien fait quoy que homme dye 
Mepeuftenuere dieu eftre eftaine 
Soit en Sope ou er manandye 

En quefque licu querccfeine 

Soit fait par luy tant eft humains 
Quif ne veult kes bone obliet 

Ne deulv eſtre nyent plus loingtains 
En fa tauerne que au mouſtiet 


St qui du contraire Satie 

Sol eſt: car ly pouoit hauftains 
Atout par tout fa ſeigneurie 

Sine fe doit nul eſtre faine 

2e bien faire: car dieu compains 
Effauv one ſans defcompaigner 
Et ne fes ayme mye moine 

En fa tauerne que aumonſtiet 


Pꝛinces pꝛions dieu et fes ſanis 
Que ia ne puiſſons varier 
Ne meut plus auoir fe cueur banis 
En la tauerneque au monſtier 

¶ Autre balude 


La 


Dus ceufe qui font triſtes de mot) 
M dommage 
Œt qui ſemblant monſtrent de moy 
aymer 
Dient que iapꝛins trop fol vſaige 
Quant ne me vueil a ce amoderer 
Que des tauernes me Bouffiffe garder 
Dour mieulv valoir / et pour yſſit de debte 
Et ie keur dp /pour dieu laiſſez mop eſter 
Boire conuient qui fa mere nalaicte 


Car des que ieu mor premier age 

Amay ie mouft ce Bin a gouſter 
Siq̃ tous ceufo font fofset plains douffraige 
Qui de ce me Beufent deſtourner 

Bon Bin me fait rire et iouer 

Dour fe Bon Bin ap enhay fa fecte 

Et pour ce dp au Brap confiderer 

Boire conuient qui fa mere nalaicte 


Boyre font ceulx dont aueʒ vous courage 
ef que vouleʒ quon vous puiſt repꝛouuer 
Que le maire fopes de vo lignage 

Certes ceſt ſens qui pou eſt a louer 

Que tauernes vouleʒ touſiours hanter 
Si quen Jo taſſe il ne remaint crochete 

A Bay dys ie / faiffez er Fe parler 

Boire conuient qui ſa mere nalaicte 


¶ Autre balade. 


Fueillet 


Na mouff pate dee anglois 

4 Qui ont efle et ce pais 

— — a tous effais 
eſtruit monſtiers ef crucifix 

Rauies femmee/ceft du pie 

Mais efcot nous font pie affes 

Qui cp auaf font coufez 

Ne ſcay qui me tiendꝛa pour (ot 

Mais ie ſuis font eſpouenteʒ 

Si toſt quon parle deſcot 





Le peuple dangloys eſt recres 
Mais eſcos ſont regnãs touſdis 
Dat tauernes / par cabares 

Les trouue on chaſcun iour aſſis 
Quant on a tous meiz ef ris 

Et quant on eft Bien faoufes 
Aucuns dient / oꝛ efcoutez 

ya il plus de vin en) pot 
Comptons / la eſt maint cueur yres 
Di toſt com parle deſcot 


Auant que eſcos puiſſent eſtre fais 
Vient a fa foys maine grans eſtriz 
Gſcot eſt vng fi pefant fais 

Que pluſieurs ſe poꝛtent enuis 
Gſcot fait couart fe hardis 

Œfcot neſt mie charite 

Gſcot eſt villain appꝛouue 

Tar deſueſtir fait maint ſurcot 
Sont maint deſduit eſt deſeure 
Si toſt quon patle defcot 


¶ Comment lamant yſſant du iardin de plaiſance en 
tra en) fa foꝛeſt cupdant auoir plus deiope / et il entra 
en triſteſſe en pluſieurs facons. 


¶ Lacteut 





“ff quatre cene cinquante neuf 
En autif que fon Boit fa fleur 
Dat fee boys plꝰblanche qung oeuf 


Œtautre deftrançge coufeur 
Se vois penfant a na douleur 
Enuiron fe cinquiefme tout 
Dieu fcet en quel piteux feiouc 


Denfant a mes plus chiers fecrets 
En fa chambre paincte dennuys 
Doubs fe pauiffon dee regrets 

Du mon cueur couche iours ef nuitʒ 
Ain ſi languiſſant que ie fuie 

Et fefon que ie fans petit 

Vng liure ferap fe 1e puis 

Bien ou niaf a mor) appetté 


Dour refuciffer mce efpezifs 
Endoꝛniis au dur fic de duetf 
Nimer me fauft a mes perifs 

Le quoncques hommie ne Bit doeil 
Œutrer en fa matiere vueil 

Eten efcrirap fe regiſtre 

Qui fera fait ſelon mon Bueif 
Dieu men doint en Bonne fin iſtre 


ouf feufet ſans nufconfort dame 


Je vuei faire ce petit liute 

En fhonneur de ma gente dame 
qui coꝛps et penfee liure 

Dour elle puie mourir on Biure 
Teſt mon pfue affouup defir 
Œtfe Bien que ie dop pourfuiure 
Dour faire a mon cueut for pfaifir 


Dieu luy doint ce queffe ouldꝛoit 
Et a mop qui iamais neuʒ Bier 
Me face delle ſi bon dꝛoit 

Que ie peuſſe congnoiſtre bien 
Quen fa ſeruant nay perdu tien 
Autrenient grant toꝛt me feroit 
Tar fur ma fop ie ſuis plus fier 
Que perfonne ne penſeroit 


Ne pfusne moine que for ſeſpꝛeuue 
Qui eff en fa fournaife efpuine 
on poutre cueur en feu fe treuue 
Dar fa Écaufte qui fa ſurpꝛins 

Et ſi iay fi hault enttepꝛins 

Que ner puiſſe a bon chief venit 
Mon oeil en doit eſtre repꝛins 

Luy feuf men fiſt aſſouuenir 


Li ii 


ot oeif ſi neuſſeʒ regarde 

Si fouuent en Bng fieu du monde 
on cueur fuſt fain et Bien garde 
Et tout maf auccques fuy fabonde 
Ne neſt remede par fa ronde 

Quife fifi de fon mefchief vuide 
Tar il fup procede et redonde 
Zung accident que nufne cupde 


Amefchant ociftu nes pas fage 
Que mieufo tes feneftres fermes 
Zans monſtrer a ceufp fe paſſaige 
Que mon cueur font au lict enfermes 
Daffez font defia trop fonge ternies 
Tertes ce fut a top fofie 

Di ten faufdra ploꝛer les larmes 

Be mortelle mefancofie 


&n termes obſcurs ef couuers 
En tant queme compecte et toucÿe 
Je Sueifeferire et mectreen vers 
Tela que Veuft oncqnes bouche 
Et fif eſt aueugle ne foufche 
Sourt ou autre qui point nentende 
on efput ainſi que fe couche 
Humblement pardon fup demande 


dar a mon cas a trop dequop 
Je me doie pfaindre a couuert 
Et que mon dueil porte a requoy 
Soubʒ ma robbe de gris ou vert 
Denfant qung iour a loeil ouuert 
Aduenir verray mon deſir 

Dont me trouueray reconuert 
Sans plus au lict de dueil geſir 


Qui ne mentend a ſourde oꝛeille 
Je ne puis plus par eſcript mectre 
Zachoſe meſt ſi nompareille 
Que nen fcap parler cler pat lectre 
Pitie ma voulu entremectre 

Ben faire vne trouble complainte 
Et ma fait iurer et pꝛomectre 
Quen ferope ſecrete plainte 


Secretement me fault douloir 
Affin que neſvng ne congnoiſſe 
La verite de mon vouloir 

fe dou procede mon angoiffe 


fueillet 


GSt eſt ce qui au cueur me pꝛeſſe 
Ce que iay congneu et hante 
Duque ma douleur ſi foꝛt coiffe 
Que iamais ie naye ſante 


Moitie Bif/moitie treſpaſſe 
Comme tout afourdp du ſens 
Lautreiour en vng pꝛe paſſe 
Auquel Bis des oyſeaulx cinq cens 
Et de beaulv arbres floꝛiſſans 
Qui tant paroient la pꝛaierie 
Que cupde eſtre congnoiſſans 
Que fuſt vng pays de farie 


Lors dieu ſcet comme fort deſpit 
Soubʒ vng vert aufne me boutay 

Sou haictant fa mort ſans reſpit 
Laquelle gueres ne doubtay 
Œtencetrauaif macoutay 

Puis du bras dꝛoit / puis du bꝛas gauche 
Ainſi lee oyſeaulx eſcoutay 

Soubʒ vne bꝛanche deparuanche 


Ain ſi traicte ne moins ne plus 
Sur ceſte mote meſtandy 
Quictant de mop Le ſurplus 
Œttousfes biens que iactandy 
Plus a gueriſon ne tandy 
Qua ma dofante mort / affin 
Que mouruffe/fant Sous en dp 
Dour auoir des riaufp a fa fin 


Lots me frouuap fi tranaillant 
Quen ceſte penfee moꝛtelle 
ommencap/fonget en veillant 
de quineft choſe naturelle 

Aline eftfait dhomme fans ceruelfe 
Qui na plus vꝛay entendement 
Nemply de doufeur / dieu fcet quelle 
Bu tout fortune rudement 


EL nauoye poinf de repos 

e dormir ne me ſouuenoit 
Tar ie trembloye a tous popos 
Dane ſcauoir dont ce me venoit 
La forte fieure metenoit 
Dncques en tel eſtat ne fus 
Œndurer fa me conuenoit 
Dour neant en enffe fait reffus 


Du ſens fué fi treſeſperdu 

Que fur ma fopie ne fcauope 

De iauope fongie ou veu 

Te que auy yeulx appatceu anope 
Si me fembfa que n vne voye 

Du nauoit herbe ne verdure 

Tout ſeul cheminant me trouuoye 
Gn paine deſplaiſant et dure 


Ceſte Sope ef en boys hoꝛrible 
Trop deſplaiſant a regarder 

St croy quoncques homme ſemſible 
Ny entra qui ſen ſceuſt garder 

Bien me cuyday contregarder 

Sy entrer/mais malgre mes dens 
Aler my conuint ſans tarder 

Seul eſgare iuſques dedans 


Gn entrant en ce boys infame 
Tomme par dꝛoicte deftinee 

A moy ſapparut vne femme 

La plus laide quoncques fut nee 
aie a peu pꝛes fut finee 

De fa regarder ſeulement 
Jamais ne vis ſi foꝛcenee 

Non fiſt pas homme nullement 


Teſte ſemme neſtoit pas belle 

Ne de corffage ne de Bi 

Ains fut plus faide que mezelle 
Mequefa mot ce meſt aduie 
Labit dont Beflue fa Brie 

ut noit ef painct de blanches larmes 
Ain ſi vint vers moy Sie a Vie 


Marchant plue fier qung homme darmes 


Oncques nature ne foꝛma 
Somme de fi layde maniere 
Sung mauluais fa propre foꝛme a 
Du dune grant Bieiffe forciete 
But fon chief portoit vne Biere 
Et en fa main poꝛtoit vng dart 
Auquel pendoit vne baniere 
TComme en lance dung ſouldart 


£a baniere bien remiray 

Et dedans y vis lectres eſcriptes 
Sont fa ſubſtance deſcriray 

Se plus ne moine que fes ifites 


CCv 
Mais ſe furent les plus deſpites 
Paroles quoncques feux et) liure 
Jamaio nen Vie de ſi mauldites 
Dieu de tel dangier nous deliute 


¶ La deuiſe de la baniere 


— 


Gpuis que le monde fut fait 
Jay tue plus de gens fur fetre 
Quif ner a point eſte de fait 
Par moꝛtalite ne pat guerre 


Quant ieuzʒ feu fe terrible efcripé 
Apeu que de paour ne mouru 
Hop requerant a ieſuchꝛiſt 
Que de luy feuſſe ſecouru 

Au trauers le boys mencouru 
Mais auant que feiſſe depart 
La faulſe ma du dart feru 

Si cruellement quil ypert 


Hellas die ie qui eftes Soue 
Ne de quef part fuſtes Senue 
Qui faictes querte a tous 
Lee humains qui font ſoubʒ fa nue 
Dictes moy Voſtre conuenue 
Et de quoy vous ſerueʒ ycy 
Tar ie nay point femme congneue 
Qui fait mourir les gens ainſi 

€ Melancolie 
Lon mapp elle mefancofie 
Haineuſe de tous les humains 
Qui ap pat ma darde tollue 
La Bic a maintee et amaine 
Vieulv faire a lauctoꝛite creafute 
ent miffe f ont moꝛs pat mes mains 
GEnnemye ſuis de nature 


Ceſt ycy fa foꝛeſt dennuy 

Du ie me ſeiourne et tiens 

Du nul per ſonne na enuy 

Foꝛs moy ainfinpanufsriene 
Lee deſers et boys font fous miens 
Et quant nuf entre er ceſte terre 
Juſques a fa mort feretiens 

Se lieſſe ne le vient querre 


Lieſſe eſt ma rude ennemye 
kiii 


Je ne crains autre ſoubz fee cieulx 
Et pource que ne laimeʒ mye 

ZTu dins en mes boys fe maiſi dieux 
Dꝛ penſe deſtre ſoulcieux 

Et Le plu defpfaifant du monde 
Puis que fu es dedans fes cieufo 
Du tout mal et meſchief habonde 


Ce timbꝛe qui eſt ſur mon chief 
En armoiſie eſt demonftrant 

Que ie viens des plus foꝛs a chief 
Ou quilʒ me Viennent rencontrant 
Ze ma darde me y Bois oultrant 
Le premier que treuue a leſcart 
Onvoit en ce boys en fentrant 
es mote/dontif na plus fe quart 


Gn noʒ boys font hommes ef fenmes 


Faiſant ſi grant dueil que merueille 
Œt y ap mie fe chief des dames 

Qui iadis fut freſche et vermeille 
Mais maintenant tant la trauaille 
Que ſa face eſt deſcoulouree 

Et ne repoſe plus/ ains veille 

Par mes deſirs toute eſploꝛee 


Leans y verras fur vng marbre 
Auecques cent mille douleurs 
Et eſt a genoulʒ deſſoubz la vie 
Que ne poꝛte fueilles ne flours 
Ilłecques eſt tant plain de plours 
Comme ceffe deuſt rendꝛe ſame 
Et fe complaint de fes malours 
A fpmage de nofire dame 

Σacteur 
Le chrief des dames dieux hellas 
Qui eft elle/ dictes fe moy 
Puis que fa fenes en voʒ las 
Vous fe me direz fur ma fop 
GEſſe fille de duc ou rop 
QueVous appeffes en ce point 
Je cupde fermement et croy 
Que de bac lignage neſt pas 

¶ helancolie 
Nature ouuriere ſubtille 
La faicte tant bonne et ſi belle 
Quil neſt nulle femme ne fille 
De trop ſi parfaicte comme elle 
GEt pource quon fa congnoiſt telle 


Ffueilket 


Entre les hommes et les femmes 
Il me ſemble que for lappelle 
Le patron et fe chief des dames 
Σacteur 
Tenes Joue femme fi parfaicte 
Pꝛiſonniere en ce Bope faufuage 
Qui na nuffe chofe forfaicte 
Avous np aBofire heritage 
Ne fup faictes plus teffe oultrage 
Rendez fa a dame fieffe 
Œtcertes vous feres que faige 
Duie queffe eft tant dame princeffe 
Œ'Hefancofie 
Lyeſſe ne La peult auoit 
Si toſt de mes maine quete puiffe 
Pour pꝛiere ne pour auoir 
Elle na garde que hors yſſe 
Ne que fa douleur fe gueriſſe 
Dont fon gentil cueur eſt eſtraint 
Ains fauftquer mes deſirs languiſſe 
Foꝛce et mon dart luy contraint 
¶ Lacteur 
Œefte contraint ne vault rien 
Et neſtes pas femme de bien 
Tout mal Sous er) peult aduenir 
Et telle dame retenir 
Et de fa toꝛmenter ainſi 
Comme vous mauies dit cp 
Dans ceffer famente et foufpire 
EtBa fon dueif de mal en pire 
Œtcrop que le iour ef fa nuit 
Dfaindre ef gemir ceft fon deſduit 


Las dictes mop par amitie 

Se iamais en euſtes pitie 

Et ſe vous aues tel vouloir 
De touſiours fa laiſſer doufoir 
Par voʒ eſpines et deſers 

Du ſain ne voit ne bien ne ioye 
tou giſt de mal la montioye 
De lyeſſe ſcauoit fa pꝛiſe 

Trop en pourriez eſtre repꝛiſe 


¶ Melancolie 
Jamais demon boys ne ſauldꝛa 
Du ma puiſſance ne fauldꝛa 
GEt ma clere darde iolye 
Dont luy ap ſa ioye tolye 
Ceſt vne grant vaillance a moy 


De fauoir miſe en tel eſmoy 
Et dc fa faire foufcieufe 
Denfiue ct melancolieuſe 


Elle qui eftfe chrefdea dames 
Œtqui Sault pfuc que toutes fentes 
Tertes te fuis Bien confofee 

Se fa faire ainfidefofee 

Et meſt vng grant Bien et plaiſir 

De fa voir en mon boys gefit 

Se iope toute ſeparee 

a foꝛeſt en eſt plus paree 


Dune chaine lay atachee 

Si que ne peult eſtre laſchee 

Teſte chaine a mouft grant renom 
Por tout ie ten diray le nom 
Nommee eſt amer ſouuenir 
Teſte chaine ſcait Bien tenir 

Les pꝛiſonniers que ie enferme 
Je ne tint de ſi court vng homme 


Que ceſte «Haine fait en fonime 
fe ne tint de ficourt vng Homme 
A paine er qeuft on eſchaper 
Dour fecourre ne pout frapper 

Le cueur et leſtomach tant preffe 
Be ceufp quelfe tient en fa pꝛeſſe 
Que iamais apꝛee ne font bien 
Aeneprennent pfaifir a rien 


SElle a tue beaucoup de gene 

Be rope/de ropnes/de regens 

De barons et de cheualiers 

vVoire frop pfus de cent milliers 
Je fcap bien que feffe choſe monte 
ais 1cp nen ren dꝛay compte 

La chaine me pfaift a merueiffe 
Puis quen ce point tire et traueille 


Et effongne de chiere fre 

Qui au tour de larbꝛe fe fie 

Plus chiere fur ma fop fa tiens 
Que ne foistoue mes autres Gien 
Larbꝛe qui defisent cefte chaine 
Neſt point nomme fauffe ne cheſne 
Ne na pas non darbꝛe vallable 
Ains eſt meſchant et miſerable 


ES: 
Tous ceufo qui font Ben le meſdifent 
Mais ne men chault fils en meſdiſent 
Au regard de mop ie fcap bien 
Que larbꝛe ma fait mouft de bien 
St quen toute ma grant fozeft 
Ma point figrant arbre quif eſt 
Ne qui foif de telle valeur 
Teſt arbꝛe eft appelle maf heur 


Foꝛtune ceans fe pfanta 

Puis de luy tous ceulvx cpenta 

Se rainſeaulx qui en font venus 
Tous mes arbꝛes gros et menus 
En ſcauoir anter en leur croiffance 
Ainſi que ien ay congnoiſſance 
Ont prie er) ceft ar bꝛe leur force 
Œtneuft cp racine nefcorce 


Ne nuffe Do fe meffaifant 

Dene fuft ceſt arbꝛe pfaifant 

Et (cap fi fe neuftefte luy 

AQuifne fuft point de boys de ca mp 
Ne iamais nufneuft defpfaifance 
Oꝛ fe Seufy fcauoir fa naiſſance 
De farBre dont ie fe parofe 
Œntense etnote maparofe 


Zꝛoictement au patfont denfec 
Voire pfue bas que fucifer 
Pechie qui Bient diceffup lieu 
Œontre fa Joufente de dieu 
Dedans enfer fe grain gernia 
Qui larbꝛe de malheur forma 
Fortune a celluy grain feme 
Paie peche fi fa plus germe 


Et fe fifi croiſtre tout ainſi 
Quon fe voit aceſte heure icy 
Et qui ſa racine querroit 
En enfer on la trouueroit 
De larbꝛe plus auant difope 
aie hoꝛs demon propos irope 

ΣLacteur 
A mauldicte mefancofie 
Ennemye de tout fe monde 
Fault il quainſi foit defmoffpe 
Elle ou Bien et honneur habonde 
Et que ta darde fa confonde 

FE iiii 


Certes grandement me defpfaift 
Que la meilleure de la ronde 


Meure ainſi en ta foꝛeſt 


A queffe perte/a quel meſchief 

Lac fauftifque fa pſus parfaicte 
Qui iamais porta cueuurechief 
Doit en fe point par top dcffaicte 
Nulle choſe ne ta forfaicte 

Et fa deftiene en tel malaiſe 

Que fa mort defire et ſoulhaicte 
Chaſcun iour des fois pfuc de ſeiʒe 


fortune ef top grant forf auez 
Se fatormenterer ce point 
Puis quen effe Sous ne ſcaueʒ 
Choſe quine foit Bien a point 
Oꝛ requiers a dieu quifme doint 
Brace que dicp foit deliure 
ar en tel deſert ne peult point 
Œffe ne autre guetes viure 

¶ Melancolie 
fe men chault qui que meure ou viue 
Je fcap Bien queffe y demourra 
Soloꝛeuſe /maifgre et penfine 
Et que en £a fin elfe p moutra 
Derfonne ne Le fecourra 
Foꝛtune a fa greuer ſamoꝛt 
Et luy fera ou ne pourra 
Don mefchiefiufques a fa moꝛt 


Vaten malheureux mefchant Somme 
Œntre ma forefts viſte ment 

Sauoir fe fauft partie ou fomme 

Be mon fait etgouuernement 

Vng coup de dart tantfeufement 
Dour monfirer que tu es a moy 

ZTe Sueifdonner premierement 

Gt puis depaytirap de top 


Dar ma foꝛe ſt hoꝛrible ef dure 
ras Beoir kes infoꝛtunes 

Et le mal que chaſcun endure 
Be puis Le temps quifs furent nez 
Je fee ap treftouc affignez 

Et feru de ce meſme dart 

Ainſi ſe ſont a moy donneʒ 

Et viuent ſoubʒ mon eſtandart 


et 
Te iamais ne naſquit perſonne 
Mant fuſt il de grande pꝛoueſſete 
Aquimafou mefchiefnotdonne 
Ne qui nait en mon Pope efle 
Luna p efttrop plus tempeſte 
Que neft fautre ce fcap ie bien 
SEt au plus de malheurete 
Que celluy qui ne fiſt oncques rien 


Quant me bie feru de fa darde 

Loꝛs dieu fcef comment ennuyeux 

op tenant foufioute fur ma gatde 
forant groffes lermes des peufy 
edans fe defert perilleux 

Sntray plain de defefperance 

Faꝛouche et mefancofieuv 

Plus deſplaiſant que autre de france 


Loꝛs fa maufdicte fer affa 

Quant dedane fe defert me Bit 

Gn enfer ce ccop deuaffa 

Aumoine plus ne me pourfuiuif 
Son affet riens ne me feruit 

Car fa darde mauoit naute 

don cueur qui en grant languenr Bit 
Dour quop iamais nuf Bien naurap 


Œfpinee poignans come voulges 
Trouuay loꝛs pat pfufieure endroie 
Dont fes poinctes ſembloient rouges 
Comme fangrefpandu de frois 

Lore Bi dee gene mois plus de troie 
Entre les atronceset murtriʒ 

Les vngs couchezʒ/les autres droit; 
Zous deffigureʒ et fletriʒ 


Chaſcun ne ſcauoit pas pourquoy 
Je racõptay telle merueille 
Sencompter plus cler men tiens quoy 
Entendement le me conſeille 

Ne me chault ſon ſen eſmerueille 

Gn ce point decfairer nie fault 

a fantafie non pareifle 

De ſens au beſoiug ne me fault 


Jamaie ne dis pire paps 

Srant malheur dedans me mena 
On ny voit que gens eſbaiz 

Et ou plus debatement na 


Zeldeuant moy ſe pourmena 

Dans ſonner mot grant dueil faiſant 
Que iadis nature eſtrena 

Se beaulte plus quautre ne plaiſant 


Ceſt vng deſert ou na nuf Bien 
Lee arbꝛes p font tout debout 
Seſracineʒ ce fcap Bien 

Et de verdure nudz du tout 
Defles et ſecʒ de bout en Bout 

Et fiont aufreffors porfe 
Ffruit/qui eftoit de trefbon gouſt 
Ainſi que fon ma rapporte 


ais fortune fa merueïiffeufe 
Par fes grans effore et orages 
Œtpunition periffeufe 

A fait amoꝛtir feure facifages 


St Salfent moine que arbres faufuages 


En eufp na plus nuffe Saffeur 
Jamais ne porterôt fruitages 
Tant face attrempee chaleur 


Quant fe fieu ſi t erꝛible Biz 

Et plain de moꝛs comme par cens 
Loꝛs me deuint palle fe Si 

Comme a vng homme hoꝛs du ſens 
Ou qui eſt perclus dec cinq ſens 

Le cueur et fe coꝛps me trambloit 
De fa paour encore men ſens 
Denfant loꝛreur quil reſembloit 


Illec noy que cris ef pfainte 
Dans ceffer feiour et fa nupé 
Lung dit de fortune ne plains 
Lautre/fe viure trop me nuyt 
Le fofeifa painep refuit 

Et ny pleut que pfupe de lermes 
Tonnoirre de regretz y bꝛuit 
De gens malades et infermes 


Daller deuant moy ne ſcauoye 
Affin que dillec fuſſe hoꝛs 

ais tant plus auant cheminoye 
Et plus trouuoye de gene mors 
Par my les buiſſons grans et foꝛs 
Bentes dames / doulces puceffes 
Sꝛoit illec tant meſgres de coꝛps 
Quon Seoit fes os dec foꝛcelles 


C 
Aucunes les maire deſtoꝛdoient 
Dar deſeſpoir / et qui pic eſt 
21 peu de que rage ne moꝛdoient 
Lee arbꝛes de ceſte foreft 
Leute cheuenfo rompent fans arzeſt 
Plus defirent mourir que Biure 
Chaſcune a fon defir tout preft 
Seſtre de ce monde defiure 


Tant y en a de doforeufes 

Que ceft vne choſe innombꝛable 
La na que fruit de malheureuſes 
Qui eſt noiſe mouft piteable 

Et certes trop eſpouentable 

Dent de leurs foufpire for cour oit 
Sont me fentp fitrefendabfe 
Qua paine mon cueur ne mouroit 


£a recongneu mouft de malades 
Par Le fort de piteux point 

Qui iadie furent beaulx ef ſades 
Voire trop plus que nen viz point 
Malb et meſchief touſiours fes point 
Jamais ne Bis tel deſconfoꝛt 

A dieu requierent quil leurs doint 
Dour tous ſouhaiz pꝛouchaine moꝛt 


Qui vouldꝛoit eſcrire la plaincte 

Que font en ce lieu homme et femme 
On en feroit vne complaincte 

Qui dureroit dicy a romme 

Se leurs mauls ſcay partie en fomme 
Sont ie porte fi treſgrant dueif 

Que en pee fe repos et fomme 
Plłeuront fermes decueur et dueil 


Tant cheuauchay pat my fe boys 
Que ie Sins en Pne vallee 

Du tantoft op vne voix 
TComme de perfonne affoffee 

Si ap ma Bope tant affee 

Que ie me trouuay feufaufieu 
Du ie Bis fa plus defofee 

Que iamaie nuf Betra par dien 


Loic membꝛonchay en vng buyſſon 
Par ſa piteuſe contenance 

Et treſamere marriſſon 

Mettre en ma pouure ſouuenane 


Affin qua pres pat oꝛdonnance 
Je meiffe en efcript en ce liure 
Le courrouv ef fa defpfaifance 
Du ie Bis fa dofante Biute 


Etpourimienfo congnoiſtre fon dueil 
Je me mis tout Bis a Bis defle 
Affin que iapareuffe doeil 
doufeur pire que moꝛtelle 
Œtfors fa gracieufe et belle 
Commenca toute plaine dire 
Da complainte fa plus crueffe 
Que iamais perfonne oꝛra dire 


Elle a aenoufp deſſoubz vng arbꝛe 
Deuant limage noſtre dame 

Liee defa cheſne a larbꝛe 

Que melancolie tant ame 

Let la Vis tant comme a rendꝛe lame 
Douttant de deſplaiſir fa fommne 
Impoꝛtable a toute autre femme 
Dopre ce cuiday ie a tout honme 


Sn lermoyant piteuſement 
Bettant des ſouſpirs oultre nombꝛe 
TCommenca trop yreuſement 

Dire le meſchief qui lencombꝛe 

St moy tout feufretirant er) lonibꝛe 
Dung grant halier mec tables pris 
Eſquelles ie mie tout fe nombre 
Pont fon gentifcueur fut efprie 


¶ La compfainte du chief 
des dames aduocate de 
de toutes fes ſoyalles da 
mes du monde 


D Gope dénup maf gracieux 
Du na riens defofatienp 


fueillet 


Loings de vergiers cioyeux plaĩts 
Triumphante royne des cieulx 
SEt a vous adꝛeſſe mes plaints 


Eeſquelz ne furent ſotz de puis 
Que ie me doloſe et mc plaints 
Zee maufp que plus porter ne puis 


Duie de ferures haue et parfont 
Nope mon cuent etfe confont 
En fa noire abiſme de ducif 


Alec fa ioye ef for bien font 

Œtlec deffopautp qui cp font 

Pꝛes que iamais neBoie doeif 
Cuidant que point foif ne mon dueif 
ais fi faittant de corpe et dame 


Damenepuis confort auoit 
Dour puiere nepoutauoir 
Sinon pat Boue/ien fuie certaine 
Ne dp ne ne puis rauoit 
Dourquop ie fais affauoir 

Le mafqui na fauff et montaine 
Affin que puiffe Gauftaine 

Me fecoure par amitie 

Œtque fa vertu frefmontaine 
Regarde mon coꝛps en pitie 


Las mop pouretfe iouuencelle 

Qui me tiens feruante et ancefte 

Au faint trofne deparadie 

Je me compfains doufce puceffe 

Se fa doufeur que mon cueurceffe 

Jequeiamaieanu£ne di; 

Bee deufy liures faulx ct mauldis 

Qui fontefcripts contre mon bien 

pins de mefchane et Sifains dit 
leu fe fcet/et Sous auffi Bien 


Lung a nom rommant de farofe 
Du fout fa Bafeur eft encfofe 
Qui fur toue rommans a contprie 
aie quant a mp ie mp oppofe 
TCar lung des chapitres propofe 
Contre mp/qui eft mal pꝛis 

21 top facteur qui lentrepꝛis 

Tes ditʒ font a mon preiudice 
Sont certes tu feras repris 

Et punp Bien toft par iuftice 


Lautre /fune treſnoble dame 

Je fait tant de maf fur mon ame 
Quau vꝛap dire ie nen puis plus 
TConttre noſtre honneur et bon fame 
Qui ef fa choſe qui mieulx iame 
La fut iadis matheolus 

Si quite de moy le ſurplus 

Ne ie nen ay vengeance aucune 
Et qui pis eſt ie me conclus 

£a plus poure deſoubz fa lune 


Comment oſe lhomme entreprendre 
Be blaſmer a tort ou reprendre 

£a femmedontifeft Senu 

Leon ft en deuſt la forme prendre 
Donperquif doit amer et deffendre 
Don adnerfaire eſt deuenu 
Ætdonneut fe fait poutre et nu 

Si meſbahis comme nature 

Ne fa terre a tant fouBftenu - 

Du nourrp telle creature 


Las honneurs penfez dont (eur dictes 
Me de quef ſouche defcendiftes 

Dur fa terre ne feuffie; pae 

Se voz efcriptures maufdictes 

Si les danies dont Sous mefoictes 
Neuſſent / eſte noteʒ ce pas 

Se leurs mamelles mains repas 
Aueʒ receu fee bꝛas ouuers 

De leurs mains blanches par compas 
Feuſtes bercieʒ et bien couuers 


Same Sous ſcaueʒ mon affaire 
Et les choſes que iay affaire 

Pour trouuer remede en ce cy 

Je ne puis honneur reffaire 

Sans leurs mauldiz liures deffaire 
Et leurs eſcriptz/ il eſt ainſi 

Hettz moy hoꝛs de ce ſoulſy 

Je languis et ne ſcay que fais 

Si ie nap fa voſtre mercp 

Diteuo feront mes poures fais 


¶ Lacteur 
Tant ſe taiſt la tente et belle 


Qui par deſplaiſance moꝛtelle 
Dfenra dec fermes grant foiſon 
Bien crop que fa Bierge pucelle 


Dpt fa compfainte cruelle 

Et evauffa fon oꝛaiſon 

Loꝛs penfap que fongue faifon 
Auoit porte for afpze dueil 
Lermoiant fort de eut et doeil 
ar en defcfarant fa raiſon 


Ainfique pas ne fe faignoit 
De decfaret fon grant dommaige 


dE Si 
St qui plus fort fe complaignoit 
Seuant fe gracieuv ymage 
* Bi venir par le riuage 
e long fe grant chemin du val 
Vng enfant auſſi comme page 
Quimenoiten deſtre vng cheual 


Ikpaſſa viz a viʒ de moy 
Tombien que pas il ne me Bit 
ar ieſtoye ſoubz vng grant moy 
Qui foie dembuſche me ſeruit 
Ne (cap pas qui fa le tranſmit 
aie fefon quil monſtroit fa face 
Et fon maintien et [on Habit 
Gotraict eftoit de noble pface 


Das nauoit cHenauly eftrife 

Se couche er fieu defbonnefte 
Sung vellours noir fut habille 
Coinctement comme honme de feſte 
Vng chappel auoit ſur ſa teſte 
TCouuert dung riche cramoiſi 

Œt menoit a deſtre vne beſte 

Tout ſeullet / autre ny choiſy 


Vne hacquenee tenoit 

En fa main blanche bien emblant 
Laquelle viſtement menoit 

ar grant haſte auoit par ſemblant 
Quant fut fa dame aſſeniblant 

Je luy Vis pie aterre mettre 

La teſte blonde de fuffant 

Puis fup prefenta vne lettre 


£a dame fa lettre defferme 

Et fa Peut iffec fur fa place 

ais en fifant ie Biz fa ferme 
Luy coufer au fong de fa face 
Duic apres de fa bonne grace 

Et de courage treſhumain 

Le ieune enfant baiſe et embꝛaſſe 
Loꝛs deuiſerent main a main 


Quant lenfant eut fait fon meſſage 
Œt dit [on cac en general 

La danre gracieufe et fage 

Luy a dit/montone a cheuaf 

Jay fouffert ceans trop de mal 

Et de grief par mainte faifon 


Dar quop beau fit efpecial 
Ailleurs prons querit raifon 


Lenfant ne fup refpondit riens 
aie monta/puis picqua deuant 
Loꝛs fa dame ou a mouft de Biens 
Comme ie fus apperceuant 

Dane contraindre ne pluye ne Sent 
Le fuiuifetne fefaignoit 

De ferir fa beſte fouuent 

Dung baſton noir queffe tenoit 


Quant ieuʒ la departie veue 
Qui me fut aſſeʒ enuieuſe 

Et que kes euʒ perduʒ de veue 
Dedans fa foꝛeſt perilleuſe 
De mon embuſche peu ioyeuſe 
Sailly dehoꝛs en grant chemin 
Du ieuʒ paine ſi merueilleuſe 
Que la cuidap trouuer ma fin 


Comme poure meſchant deſert 

Qui eſt tout duit a ſouffrir mal 
Cheminoye par fe deſert 

Seſſus les couftes dung grant val 

La trouuay deux gens a cheual 

Dont lung fut homme / et lautre femme 
SEt cheuauchoient par eſgal 

Vers moy par ce pays infame 


Quant me ſenty pꝛes de ces deux 
Mon cueur qui ſe mouroit de crainte 
Tout a coup raſſeure deulx 

Et neuʒ plus de freeur eſtainte 

a doufeur fut illec reſtrainte 
Plus pour ceſte fois nen receuʒ 

St loꝛs dune chiere contrainte 

Lee recueiff; Le inieufy que ſceuʒ 


La dame qui £a mule auoit 

Dit bien que ieſtoye furprie 
ZToute ma voulente ſcauoit 

Et ce que iauoie entrepꝛis 

De mon fait auoit tant apꝛis 
Quelle ſcauoit mes maulx paffes 
St puis me nomma Le pourpꝛis 
Ou len voit tant de treſpaſſeʒ 


Ceſte dame par for dꝛoit nom 


fueiflet 


Œfloit nommee fapience 

En france na clerc de renom 

Qui naïf a effe grant fience 

GSlleſt fontaine de fcience 

Que fee Bone quicrent pre et loing 
Qui peuff auoir fon afiance 

Don fait en Vauft mieulx a Befoing 


Lomme qui Sint auec la belle 
ut efpoir nomme ce me ſemble 
oufeut auoit frefche ef nouueffe 
En luy Bien et confort aſſemble 
efancofieuv ce me ſenble 
Jamaie ne fut defconfoite 

Luy et atrefpfaifante ch ba 
Ont maint dofent defconforte 


Ie vint fur vng courſier griſon 
Jamais homme ne verra tel 

Rouv bayart de quoy nous liſon 
Quif fut en maint eſtour moꝛtel 

Na point eſte ſi bon ne bel 
Anufcompaingne fe fauft 

le fcap Bien quif eſt immoꝛtel 
Parquoy plus quautre dargent vault 


Oꝛca/ie me taiz du cheual 
Sur quoy ie viʒ eſpoir venir 
Et vueil parler du principal 
Ainſi quif men peuft ſouuenit 
ro a faduenir 

e mop fapience patfa 
Qui me fift fcauant deuenir 
Dec ennemie que fon Soit pat fa 

¶ Sapience 

Bifant ainfipour me repꝛendꝛe 
Bu chemin quefime veoit prendre 
O mafbeuteuy defconfoite 
Qui fa pat ce boys apporte 
Juſques cp fans receuoir mort 
Certes ic meſbaiz treffort 
Que tu nyas perdu fe ſens 
Comme font affanse et paſſans 
Qui par chaſcun iour p paffent 


Aumoins fr iamais if en pffent 
TFlamaie ne font quifs ne ſen fentent 
Tant quatoufioure ilz fe repentené 
Et mauldiffent lheure et le iour 
Qui p firent oncques feiour 


TCe deſert ne fiſt onc nature 

Ik ny peut viure creatute 

Zaer peſt fi contraire 

St tant infect que ceſt pitie 
Aucuns par defefpoir ſi pendent 
Lee autres par deſpit ſeſtendent 
Et mauldiſſent leurs deſtinees 


Sepuis que dieu fornta fe monde 
Zoutima£etmefchiefp habonde 
Ceſt vne abiſme de doufeur 

Du Lee treſbeaulx perdent couleur 
St pource que fu ne fcaispae 

pes tu feu fane mop venu 

Tant quif ten eſt mal aduenu 

St bien y perf a ton Bifage 

TCar tu ſemble mieulx fof que fage 


Nature qui fi doulv faict a 

Qui tant tendꝛement taffaicta 
De fa mammelle noutriffant 
Sn taieuneffe floziffant 
Œfimaintenant defemparee 
Hoꝛs de fon coꝛps eft ſeparee 
Zes peufp font retraits en fa fefte 
Plus ne tc chault defBat on fefte 


Œtfenufauecquee fop deuife 
De quelque iopeufe entrepꝛiſe 
Zu ny Seulo prendre nul efbat 
Tant it ton cueur en grant debat 
¶ Eacteur 
Ha doulce dame derectable 
Benoiſte ſoit voſtre Benue 
Amon ſecours treſpꝛouffitable 
Opez ma ponte conuenue 
Bꝛiefue douleur meſt aduenue 
Pour loyaulment ſeruir amours 
Duie que vous eſtes ca Benue 
Jeſpere auoir par Joue fecoure 


Dieu qui fiſt La terre et fes cieulx 
Vous doint accroiſſement de Bier) 
Helas mon confort precieup 
ZToutes mes doufeure fcaues bien 
Sil vous pfaift dictee mop combien 
Sure plus ce malheureux Pope 
St pourquoy ceſt quon np oit rien 
Que crys et plaintes chaſcun moys 


cc viii 
¶ Sapience E dun 


Amoure neſt que plaiſante folye 
Ou iamais nul en fa ſeruant 
Aa que dueil et mefancofie 
Tant foit if fuffifant feruant 
Si le ſerf na en defferuant 

Le louper tel que deu luy eſt 
Aille autre maiſtre reſeruant 
Si y cuide trouuer acqueſt 


Ceſt icy la foꝛeſt dennup 

Du arbꝛe neſvng fruict ne poꝛte 
Et ny peut viure en paiv nulluy 
Zant eſt layt et de faulſe forte 
out ain ſi quelle je compote 
efancofie er eft ka dame 
Œtueftcreature fi forte 

Qui contre elle droit y reclame 


Elle fe tient icy bien pꝛes 

En Bag chaſtel moult oꝛgueilleux 
SEt le voit on tantoſt apꝛes 

Quon ſault des pas perilleux 
Ta nom melancolienx 

Dar fon dꝛoit nom ainſi quon dif 
Gt fiet fur Fngvocÿ merueilleux 
Sn pape defert et mauldit 


Æntout ce chaſteau court vng fleuue 

Dar fa puiſſance de fce charmes 

Qui toufe fa confree abꝛeuue 

St neſt que de pfupe ef de larmes 

De gene malades etenfermes 

Quiparmp ce defert fanguiffent 

Aufquefs on tient firudee fermes 

Que pleure toufioure de leurs peufp yſſent 


Oncqnes du chaſtel bien nyſſy 

Le s moꝛs quon voit par ceſte vente 
Sont moze pat ceſte dame icy 

Qui eſt meurtriere et deceuante 

Gt qui pie eft/cffe fe Sante . 

Que Bent ne court en ce pays 

Foꝛs celluy qui des ſouſpirs vente 
Se ceufo quelle fait eſbahiʒ 


Tant de gene de haulte maiſon 


Dont mors en ce deſert par elle 
mm 6 


En leur fine ffeut de ſaiſon 
Dfaine de freſche beaulte nouuelle 
Sans y auoir dꝛoit ne querelle 

St tu las Bien fceu par fa dame 
Qui fifi fa compfainte moꝛtelle 
Tomme ſelle deuſt rendꝛe ſame 


Jadis pꝛins en gouuernement 

La conduyte de fa ieuneſſe 

St te cuidope donfcement 

Auecquee honneur et Baufteffe 
aie depuis faufte de fageffe 

Te fift de moy tant cffongner 

Quon peut congnoifire a ta fimpfeffe 
Quetuenas a beſongner 


Dar fon ouftrage et fofie 

Dour mieufp Baloir tu veulx auoir 
Dont te Brent fa mefancofie 

Qui te fait Le cueur entamer 

Fete Pop Bien fortune blaſmer 

Et mauldire fa defhinee 

Quant tu me peus dꝛoit recfamer 
Du fa penfec eft obſtinee 


Et quant il eſt neceſſite 

A top de penſer autre choſe 
Je fcap que fa fragifite 
Setunetiene ta bouche cfofe 
Quoy que fon dpe ne propofe 
Œftareprendrefereboure 

De ce que fefcoutant fuppofe 
Tant ec feru du dart damours 


Ætauv fieus ouifeft beſoing 
Bauoit maintien et contenance 

Je te vueil feuf mettre en vng coing 
GEn trop ennuyeuſe oꝛdonnance 
Loteifte Sient en fouuenance 

Be faite rondef ou balade 

Bout ceufo qui voyent fa ſubſtance 
Éongnoiffent dont fu ee malade 


Tu fai; a top meſmes enfendte 
Que tu es fubtif et fecret 
Œtquenufne ſcauroit ranttendre 
Quif peuft fcauoir de fon decret 
ais ie te dp que top difcref 

Zu p feras prine pour efppe 


fueiffet L 


Du cotttmefafouetfe a Bret 
at dangier fe paffage efpye 


Haficieufes eſchauguettes 

Dont commifee pour tefpier 

Et affin que mienfo fu ten guettes 
Le capitaine p eſt dangier 

Que ie tiens caulte leur archier 
Tar quant tu tires vng traict doeil 
if congnoiſt bien au deſcochier 

Si tu as point damoureux vueil 


Lors fa beſongne eſt er) bon point 
Quant ce maiſtre la ſcait ton fait 
TCar quant fu ne ten doubte point 
Te que tu as en vng an fait 

En demp heure le deffait 

Dar fee paroles quil rapoꝛte 

Auv ampe/par cemeffait 
Denquierent comment on fe poꝛte 


Je te prie deporfe top 

St ordonne a ton fof cueur freues 
Laiſſe Le Jiute auecques moy 
ar ie ſens Bien que tu fe greues 
Zu luy fais (ee annees bꝛefues 


ieufp te vaulſiſt nauoir point dyeulx 


Que les leuer ou tu les ſieues 
Bont ſuis troublee fe maiſt dieux 


Dar fe naturel artifice 

Apres vng pou que tu fuʒ ne 
Dour faite fort ton ediffice 
Œonfeif confort tonf donne 
Mais tu astout habandonne 
Dour feruir amours en fes faits 
Et ne feras poinf querdonne 
SDu feruice que fu luy fais 


Je tap tant de foie oup dire 

Que tu neuʒ onc en amoute bien 

Mais aſſeʒ de douleurs ef dpre 

yas / tout ce ſcay ie bien 

St pource que ie ſcay combien 

On tp a Soufu mal penſer 

Je te conſeille et le retien 

Qua plus aymer ne dope penſer 
Lamant 

Dame / mais quifne vous deſplaiſe 





Pourquoy me dictes Boué cecp 
Tertes ie ne fuis pag bien aife 
Que Sousmereprenes ainſi 
Faictee moy fe cueut eſclarcy 
Be ceſte choſe ou ie vueil tendre 
Œt Joue morres decfaret cp 
Le queie cuide et ſcay entendre 

€ Sapience 
Je congnoic et Boy toutes choſes 
Foꝛs celles qui font aduenir 
Œt entend; Bien que tu pꝛopoſes 
Be franc amouteup dcuenit 
Ne Vop tu pas puet Benit 
Du fee oyſeaulx nont dapmercure 
Laiſſe fe printempe reuenir 
Repofe top fur ceſte cure 

¶ Lamant 

Sans vous ie ne puis faite tiens 
Tar ce neſt poſſible de dire 
Les motz dont ken gaigne les biens 
Du kottroyer ou leſcondire 
En ma dame pitie ſadire 
Et a dautres vertus en lieu 
Mais ceſte loy eſt a dire 
Bꝛef La luy vueille mettre dieu 


Las / pour me guerir ma deſtreſſe 
Ne me vueillez conſeil donner 

Que ie pꝛengne vne autre maiſtreſſe 
Dour ceſte cp habandonner 

Cefa ne deuez oꝛdonner 

A moy na autre creature 

Vng ne peut a deux fopfonner 

Se trop il ne foꝛce nature 


O ſapience dame et ſage 
Je nay mye ſens ne coꝛſage 
Be pffir hoꝛe de ce paſſage 
Sans voſtre aide 


Je Joue requier fopes ma guide 
Afin que de ce vil boys vVyde 
Du par noftre dame ie cuide 
Que ie p moutrap 


Quant plue fong terme p demoutray 
Pas ne fcap comment mp fourrap 
Sen ſaillir ie nen pourrap 

Jour de ma vie 


CC. x 
Lyeſſe meſt ou tout rauye 
Ereature me Boy ſeruie 
Se paine que nay deſſeruye 
En grant mefaife 


Paſſez font des mope plus de feise 
Que nap point vng feuf iour daife 
Auf efBat se Sop qui me pfaife 
Æoufioute es) paine 


Parmy ce deſert me pourmaine 
Doufcp maſſault / deſpit mattaine 
GEt neſt vng iour er la ſepmaine 
Que ioyeux ſoye 


Ne mie chauldsoit ſitreſpaſſoye 
Tous ieuy ou ie me ſoulaſſoye 
Puis amours en mon tempe paſſoye 
ZTournant er dueil 


Plus Sop grant feſte plus me dueil 
sn place nappatcop point doeil 
Vng feuf praifir tef que le vueil 
Oꝛ neſt meſ vng 


Qui my trouuaſt remede aucun 
Foꝛs Joue qui en ſcauez plus dung 
Œtconfeifdonnes en commun 

Du bon Sous ſemble 


Tout mal auecques moy LB 
Tertes pfus mort que Bifrefembfe 
Si Joue requiere parfone enſemble 
De mon affaire 


GSt menſeignez que iay à faire 
Pour ma maladie deffaire 
De mon coꝛps en ſante refaire 
Qui pꝛes Bauft mort 


Aumoine il nattend que fa mort 
Et (ina de nulluy fupport 
Amours qui fes plus fagee moꝛt 
Dar fa puiffance 


Jadis menuoya congnoiſſance 
Auecques ſon obeiſſance 

Et par fout pouoir et licence 
De regarder 


mit ii 


dCeffe que vouldꝛoye garder 
Si ne men fous confregarder 
Que ie nallaſſe ſans tarder 
1 Bne pface 


Due Bei; mainte belle face 
Adonc dieu me donna fa grace 
Que vne de quop iopeup me face 
ffecquee gpfoit 


Auecquee autres deuifoit 

En la chambꝛe riens ne nupfoif 
Sa beaulte leans refupfoit 
Comme leſioille 


Qui eſt des autres fa plus belle 
Je ne ſcay que redire en elle 
Sinon quel eff femme moꝛtelle 
Et que pitie 


Ne ma tranſmis ſans amptie 

Zoꝛs mon cueur conclud vng traictie 
Quauant que iour fuſt anuytie 
Fuſt mal ou bien 


Pꝛes ou foingie ſeroye fret) 
Et que fa feruirope bien 

Sans iamais luy reffuſer rien 
A ceſte foie 


En diuers benſemens eſtroitz 
Maſſiz fa au plus pꝛes de trois 
Se quoy lune aiuſi que ie crois 
Gſtoit celle 


Qui Le Son de mercy me cefe 
Aſſiſe fut fur Bne fefle 

Au plus pres dune aufre pucelYe 
St moy de coſte 


Sieſſans La queue de ſa cotte 
Comme fe iouyſſe a fa cotte 
Et loꝛs regarday pat decofte 
Ce faufp dangier 


Bout fee amanes font en dangier 
Que le maul foup puiffe mangier 
Pourroit riene furnous chafengier 
Œn efcoufant 


fueittet 


aie de luy ne fuspoinf doubtant 
Loing de noue eſtoit efcoufant 
Dur Bng fict loꝛs en faccoutant 
Be chief en chief 


Ma tefte fouBs vng cueuurechief 
Sꝛoit a kaureille de fon chief 

Le deſennuy et le meſchief 

Que ie poꝛtoye 


St comment me deſconfoꝛtoye 
St quen riens ne me depoꝛtoye 
St moult grant paine ie pꝛenoye 
De me guerir 


Diſant / vous me Bopes perir 
Nut Bienne fcap plus ou querit 
Pour ma gueriſon acquerit 

Se vous naueʒ 


Pitie de mop/fae vous ſcaueʒ 
Et clerement apparceueʒ 
Quamer ef fecourir deueʒ 
Mamour /celluy 


Qui eſt plus a vous qua nulluy 
Et pourtant doncques donneʒ luy 
La grace quil nait plus dennuy 
Pour bien aymer 


Oſteʒ moy fout mor mal amer 
St me Sueiffes voſtre clamer 
Et ie croy que deca la mer 
Aufnefera 


Qui de ioye me paffera 

Loꝛs ma douleur me laiſſera 
Autrement ne me ceſſera 

Je vous aſſeure 


Sien ceſt eſtat plus demeure 

if fauſdꝛa que dennuy meure 
En ces termes vne groſſe heure 
Parlay ainſi 


St celle entrouyt cecy 

De fa ſienne grace et merey 
Vng pou meſtongna mon foufcp 
Dar promeffe 


Diſant ie fuie voſtre maiſtreſſe 
La ſource de voſtre fpeffe 

Voſtre cueur tiens ef manie er feffe 
Je le fene bien 


Ne Sous eſbahiſſeʒ de tiers 

Dour Sous neſt point faiffp Le bien 
Œequieft Soffre retiens mien 

€t par efchange 


on cueut au voſtre loyal change 
Dere vous ne ferap plus eſtrange 
Dour Vous tousfes autres eſtrange 
ais que vous Pope 


Vous tenir fa fopaffe voye 

Puis quaueʒ le cueur que iauoye 
Aloꝛs mouſt ioyeux me trouuoye 
£a deuiſaſmes 


Se pluſieurs choſes ef parlaſmes 
Gn amours Bien auant entraſmes 
Veʒ fa comment nous accointaſmes 
Ain ſi le crop 


Loꝛs luy mie ne verge an doy 
Et la me pꝛomiſt fur fa fop 

Qua iamais pour lamour de moy 
La garderoit 


GEt ſouuent la regarderoit 
Je pour riens ne fa perdꝛoit 
Aumoins qui ne luy oſteroit 
Hoꝛs de fa ioincte 


Du ie fauope miſe et ioincte 
Gt depuis la treſdelle et coincte 
Malla querir vneautre porte 
DSe dyamant 


Enchaſſee en oꝛ gentement 
Laquelle garde chierement 
Et garderay certainement 
Comme mon coꝛpe 
¶ Sapience 
Zous ceufp qui Viuent et qui ſont moꝛs 
Auſſi folz comme top ne furent 
Me te vient point en remoꝛe 
Quie tant de gens de bien moururent 


CC. xi 
Par amoure doté encoꝛes durent 
Lee noiſes en maintes contrees 
Et dureront / car ceulv endurent 
Aufquefs on a rigueur monſtrees 


Seuant que feuffes amoureux 
Tu eſtopes gras ct en Bon point 
Maintenant tu es langoureux 

Et de nuyt ne repoſe point 

Je ne ſcay quelmouſche te point 
Be top fourrer en ſi grant pꝛeſſe 
Reſtreſſir te fault le pourpoint 
Dur top na point couleur ne graiſſe 


Jamais ne feuffe ca venu 

Dedans refle manldicte terre 

Sil ne te fuſt meſaduenu 

Damours qui tient ton cueur er ſerre 
Je te chaille demplus enquerre 
Netourne hoꝛs de ce paſſage 

£a paiy eſt meilleur que Fa guerre 
Oꝛ me crop ou tu nes pas fage 


Tu ee pat amours efgate 

En cefte mefchante foreft 

De toute ioye fepare 

Gt pour recen dir moꝛt fout pꝛeſt 
Helas puis que tu ſcais que ceſt 
Daymer femme et luy Bien vouloir 
Si tu ny treuue autre acqueſt 

Ne ten viens plus vers moy douloir 


Quen dictes vous eſpoir Beau maiſtre 

Quia de nous deus toꝛt ou dꝛoit 

“if ſcait Bien quamours fe fait paiſtre 

St que nul bien ne fup Boufdroit 

GEn ceſte foꝛeſt vint tout droit 

Quant ſa dame luy reſpondit 

Quamercp point ne Fe pꝛendꝛoit 

&tquif demouroit eſcondit 

¶ SEſpoir 

Quie quit eſt damours entrepꝛio 

Œtque fa dame le veult Bien 

Dour en acquerir fox ef prie 

Seruezʒ fa fans eſpargner rier) 

Quant on fett pour auoir du bien 

On ne fa pas du premier coup 

Amours ne depart poiné fe fier) 

A fes ſerniteurs fra coup ê 
m m ui 


Denufcoftene peut auoit 

Auf Bier fi£ne fa defferup 

Et fil fa ie vous fais ſcauoir 

Que toſt en fera deſſeruy 

Mais quant on a fong temps ſeruy 

Sa dame fane queffe guerdonne 

2 celle haine ie vous pfeup 

Quon fa laiſſe et quon labandonne 
Sapience 

Zouſiours ſeruir on ne peut pas 

En endurant grant froit et chault 

Sans auoir vng ioyeux repas 

AfBeure que repaiſtre fault 

Mais a pfuficure femmes ne chault 

Be ceufp qui les ſeruent fe mieulx 

Autant a celluy qui pou vault 

Comme Bng qui vault plus de cent tieulx 

Sſpoir 

Je ſuis aſſeur que ma maiſtreſſe 

Auant quil ſoit Bien pou de iours 

Luy allegera ſa deſtreſſe 

Tel; ſont les miracfes damours 

Qui ne ſcait les ſauuages tours 

Quif fauft faire pour auoir dame 

“fa befattendte fecoure 

Du pape ou ne demeure ame 


Que quierf auoir lhomme en ce monde 
Plus grant trefor que Belfe dame 
aie que pitie en elle habonde 

Et que fonfopal amant ame 

Ie neſt relique ne fin baſme 

Drne argent deſſus fa terre 

Que de fi grant Boufoit reclame 

Que celle quif defire acquerre 


De beaulte eft vne ouftre paffe 
Se doufceur ceſt fa non pareiffe 
Se fene toutes fee autres paffe 
Be maintierifneft fa pateiffe 
A faire tout Bien ſappareille 
A pfaite a chaſcun prent pfaifir 
ais tel fa prie a for aureiffe 
Qui na pas deffe fon defir 

€ Sapience 
Vous dictes ceque Sous vouldꝛes 
Œfpoir/maie par mon facrement 
Se me cropez Bone (up touldꝛes 
Son fofet meſchant penfement 


fiuciffet 
Ik tanguiſt malheureuſement 
Et abbꝛege fa Bie toute 
Je np Sop nul amendement 
Alcftentre efperance et doubte 


Quant on a bouloir de Bien faire 
A fon feruiteur fanguiffané 

It eſt beſoing haſter faffaire 
Auant quil foit de vie yſſant 

Pou Sault vng mez appetiſſant 
Apꝛes quon ne peut plus mangiet 
Tlfnefine bonne nourriſſant 
Attendre ne fauft tel dangier 


Jfa treſtonguement feruie 
elfe qui ne luy fift onc bien 
Et ſi a ſamour deſſeruie 
Et fa grace/ce ſcay ie bien 
ais a elfe nen chault de rien 
TCe luy eſt tout vng viue ou meure 
SElle congnoiſt quil eſt tout ſien 
SEn quelque pape quil demeure 
€£amant 
Quant veis quefpoir combatoit 
TContre ſapience mon fait 
Je penfap Bien quif debatoit 
Que par elfe feuffe reffait 
Diſant / vous le Serres deffait 
Difna voſtre ſage confeif 
ÆBuquef fa requeſte vous fait 
Dour fe getter Gore de traueil 


Lore maſſiz au miflieu deulx deux 

Dour mieufp feure queſtions entendre 

Affin que iapparceuffe deulx 

Remede pour mor cas deffendté 

Adoncefpoit fane plus attendre 

Quint mes affaires decficquer 

Gt fapience ſans meſpꝛendꝛe 

dCommenca toſt a repficquer 
CEfpoir 

Se ma maiſtreſſe a bien congnen 

Quif eſt fien du tout deuenu 

e feroit trop mefaduenrs 


Dipour pifie 


Me donnoif for amytie 
Elle voit quil eff deſhaytie 
Tant qua pou pꝛes eſt litie 
Au lict de moꝛt 


Et neſpere iamais confoꝛt 
Auoir / ſelle nen eſt daccoꝛd 
Dilen meurt on luy fera tort 
Je ne crop pas 


Quelle defiraft fon treſpas 
Elle regarde pat compas 
Sil fera point vng triſte pas 
Dour autre aymer 


Si toſt ne luy veulvx entamer 
Son courage doubtant lamer 
Des meſdiſans qui pour blaſmer 
Autrup ſe rient 


Dont lee dolentea depuis crient 
21 fortune loꝛs pour Bray paient 
Quon les tire tant fort fapment 
Be leur bon lotʒ 


Quant a tollu fe dite loʒ 
Ainſi fa dame /a cepropos 
£up retient ſa ioye a propos 
Et diffimufe 


Comme faduocaf qui confeiffe 
Les gene treſdien de fon carcufe 
Ain ſi pour mieufp ſaillir recuffe 
Duie a loiſir 


Quant tempe et lieu vouldꝛa choiſit 
21 fon vueil fera for pfaifir 

Be ce dont ifa plus defir 

Les fagee font 


Ain ſi pour fa doubte quifs ont 
Que les lignages dont if; font 
Ne ſachent de quef pie if; vont 
Auſſi queſtranges 


Ne deſcroiſſent fes grans louenges 
Et quifs ne dient trop ledanges 
Selles qui font furfaterreanges 
Œnuere toue hommes 


Dans elles ne vallent trois pommes 
Dar leurs ouurages viuans ſommes 


En elles ſont des biens grans ſommes 


Innumerables 


CC. vii 
Au meſdiſans intollerables 
Auð malades font ſecourables 
St font ſeruices honnoꝛables 
Goe lieux ou hantent 


Quant iſz iouent / rient ou chantent 


Leurs gẽtilz maintien leurs cueurs temptent 


Ales aymer / loꝛs fe contentent 
Sn louant dieu 


Qui damours entendent fe ieu 
Qui eſt plus chauft que neſt fe feu 
Ainſi fon dofant a fait veu 

De ſeruir bien 


elfe qui ne luy fiſt onc bien 
St dit que touſiours fera fier. 
Sans iamais luy reſeruer rien 
TCar il eſt prie 

€ Sapience 
De fa beaulte qui fa ſurpꝛis 
Teſt a luytrop hault entrepꝛis 
Et monſtre quil eſt mal apꝛis 
Be bien vouloir 


À celle qui fe fait boufoic 

Et quelup peut cefa valoir 
Be fapmer ne luy doit chaloir 
Duie quef eft teffe 


Que vers luy ſe monſtre cruelfe 
Quiere vne autre meilleur quelle 
Tar en ceſte Sie moꝛtelle 

Pour tous treſoꝛs 


It ne fault que laiſe du coꝛps 
Quant lame eft vuydee dehoꝛs 
Quantifeftdemoure:deffore 
Gt Bien founent 


Amoure a ceffe du conuent 

Auſſi bien que fout pfupe ou Sent 
efaaduient communement 
TCeſt Sne chofe 


Qui de beau fembfant eft encfofe 
Dar dehoꝛs bel comme vne rofe 
aie dedans fereboure repofe 
Et mainteffois 


mins iiii 


Aduient quefce amans courtoie 
Enſſeut leurs ieunes ane et mope 
Sane acqueſter delles troie pois 
Souuent aduient 


St puis quant en vieilleſſe vient 
De fon temps perdu fup ſouuient 
Dont mefancofieuv deuient 

Œt vouldꝛoit eſtre 


Par adnanture encoꝛes neſtre 

It Soit vng autre plus grant maiſtre 
Que fup qui menoit bꝛebis paiſtre 
DOu temps eſtoit 


Pource que faBie queſtoit 
Lautte a foꝛt aymer ſarreſtoit 
Bu futur temps ne ſenqueſtoit 
En conrt ou feſte 


Sefbatoit leuee fa teſte 

Zouſionrs veſtu de robbe honneſte 
Pourſuiuant lamoureuſe queſte 
Le temps ainfi 


oufoit en ceſte facon cp 

St nauoit vng tout feuf foucp 
Si non a chaffer a mercp 

St bonne grace 


De fa blanche et treſdoulce face 
Arter ne pcuft en vne pface 

Riene ne mangeue qui bien fup face 
TCinq cene propoe 


£up toffent dormir g repos 
Œntre fee ſages et fes fofs 
If ne dira iamais troie mots 
Qui fentrefembfent 


Auant quif foit Bieif feg maine tremblent 
Dee cheueufp aux cignee reffembfent 
Œn fee iambes goutes ſaſſemblent 

Dar diuers faufp 


Quif a faiffp pat dinere faufo 
Loꝛs vieilleſſe et ſes dure affaufo 
£c couche auecques fes vaſſaulx 
Au lict de plainte 


fueiffet 


Las dit de fa goute me pfains 

Plus ne peuft courir par ces pfaine 
Gt qui pfuue eftneft gueres pfaints 
DSe ſes amys 


Pour ce que ſon iuge ait obmis 
En amours ou il ſoit ſoubʒmis 
Tant quif a fon penſer deſmis 
Dautre bien faire 


Quant a moy ie ne men puis taire 

Ie pert fon temps a fe defaire 

Auv pꝛeudhoms doit prendre epemplaire 
Je fup confeifte 


Puis que fa dame neſt pareilfe 
A fon Boufoir qui defpareiffe 
Son cueur et que plus ne traueiffe 
En tef feruice 
¶ Lamant 
Las ſans trouuer er fon ferf vice 
Se tous pois eft habandonne 
Niens / voulentiers fer ſeruice 
Tar cueur et coꝛps luy ay donne 
Sſpoir ma touſiours oꝛdonne 
Que ie fa ſerue ſoir et main 
St que ien ſeray guerdonne 
Se mercy demeure en ſa main 
¶ Sapience 
Je te diray que tu feras 
Puis que ton Bueifet ta penſee 
Sont a cefa feuf parferas 
Ta folfe amour encommencee 
Dour pitie me fuie auancee 
Be Venir cp pour te retraite 
Mais ta Soufente Sop lancee 
A faire ce qui teſt contraite 


Donne top garde du file 

fe Sa pas batre le buiſſon 

Dont vng autre bec affife 

Qui y Bient happe fe moiſſon 
La femme reſemble poiſſon 

Huy coutt amont/demain fa bas 
Qui de ſon deuant fait lecon 

Ne te ioue a ſi fais eſſas 


Pꝛens garde auv amans iadis 
Qui par femmes furent trompeʒ 


Ariſtote lup et fes dits 

Et fanfon en furent hapeʒ 

Mille en ont eſte attrapeʒ 

Plus ſages que tu ne fus oncques 

SEt nen font pas vifʒ eſchappeʒ 

Tant fuſſent if; ſubtiſz adoncques 
¶ Lamant 

It fauſt que ieuneſſe fe paſſe 

Et puis quant la vieilleſſe vient 

Dapiner ſoꝛs famoureuy fc paſſe 

Au moine fi ſouuent nen ſouuient 

Ploꝛer fes pechies luy conuient 

Penſant aux maulvx dont if a tant 

Que treffoꝛt maladif deuient 

Ne riens plus que fa mort nattent 


Mais a mop qui en ieune aage fins 
A eſt beſoing que fort trauaille 
Pour attrapper ce que ie ſuis 
SDamours qui ſouuent me reſueille 
A ſi hault bien fault que ſeul vueille 
Rien / malheur ne deſire auoir 
Gſpoir ainſi le me conſeille 
Doubles cieuſx na plue riche auoit 


Quant iauray cinquante ans ou plus 
Il fera temps que ie ſeiourne 
Quittant damours tout le ſurplus 
Et qua ſeruir dieu loꝛs matourne 
Mais maintenant qui me deſtourne 
De fa bataille ou ie chemine 
Poſſible neſt que men deſtourne 
Sans que combate en ceſte mine 

¶ SEſpoir 
Ceſt Bien dit il neſt autre Bie 
Ne plus beau paffetempe fur terre 
Que dauoir maifireffeaffouuie 
Quinen a pointer doit conquetre 
Sapience veult trop enquetre 
Dee mafbeutretes aduenir 
Laiffe fa Ba ta iope querre 
Ie ne ten peuft mal aduenie 


Vng homme ne peuft fanemop Biure 
Je refioupe fentendement 

€ Bofee impꝛenables fais fupute 
Femmes font mon commaudement 
Fortune et mop trefooufcement 
Tenons fee coꝛpe humains en Pie 


CC. viii 
Aufnepenft durer nuffement 
De de nouc hanter na enuie 


Nas tu pas fouuent oup dire 
Qui rſpoir na decoſte luy 
Languiſt plain de deſpit et dire 
Puis meurt dedans ce bops dennuy 
De deſpit ne hante nuffp 
Qui ne face mourit fans faulte 
Paie mop fout ce que te conduy 
2 fa pfaifance baſſe et Saufte 

€ Sapieuce 
Je vop Bien donc quefporr et top 
Pourſuiueʒ famouteufe quefte 
St que ne feresriens pourmop 
Pour pꝛiere ne pour requeſte 
Dieu Joue en doint faire conqueſte 
Meilleur que ie ny eſpere 
Mais ie croy quen fin de lenqueſte 
Des maulðo p trouuerres cent pere 


Puis que tu es tant adhurte 
Amectre a fin ceſte entrepꝛiſe 

Se maint eſtre fera hurte 

Seuant que fa beſte foit pꝛinſe 

Jay toute la ſcience apꝛinſe 
Samours ſans en) faillir dung point 
Mais plus la congnois moins la pꝛiſe 
De tu me crois ne tp metz point 


Il me fault aller autre part 
Sſpoir et vous y demourres 
Mon confeif entre vous fe pert 
Gr ce ſeul penſement mourres 
Faictes tout le mieuſx que poutres 
A dieu/penfez a voſtre affaire 
Tel remede en Bo; faits donres 
Quif Joue ſemblera bon a faite 
€ £amant 
En cee termes fa faige dame 
Deſpoir et de mop departp 
Seul fans compaignie dame 
Den affa dung autre party 
£a me faiffa bien maf partp 
Bedane faBifine de defie 
De iope et de dueil myparty 
Pꝛes et loing de mon gent plaiſir 


Left abifme moult me dura 


Deuant que er) peuffe ſaillit 
Efpoir beaucoup pendura 
Auſſi fis ie mop fans faiffir 
Trembler/treſſuer / treſſaiſlir 
Œiffe penſees meffaiſantes 

dc vindꝛent illecques affaiffir 
Loꝛs perdy mes ioyes plaiſantes 


Sſpoir et moy tant cheminaſmes 
Parmy labiſme tenebꝛeuſe 

Quen vne fondꝛiere arriuaſmes 
Ob ſcure et pꝛeſque toute Bmbreufe 
La court vne riuiere creuſe 

Dar le miffien de fa Baffee 

A 6oive plus maf fauoureufe 

Que feaue de la mer ſalee 


La tiuiere auoit nom reffue 
Ainſi fe me Le diſt congnoiſſance 
Sedans fe que abeuure fus 

A ma trefgrande defpfaifance 
Duftre mon Bueifet fuffifance 
Ge conuint du beuurage Boire 
Tant que perdp force et puiffance 
Entendement / ſens et memoire 


Be la fontaine de beaulte 
Venoit celle male riuiere 

Et couroit par deffopauffe 

Au trauers de ceſte fondꝛiere 
Laquelle auoit nom meurtriete 
Plus bel nom elle nauoit pas 
Tar pfufieure venus de bauiere 
Dont moꝛs en trauerſant ce pas 


Affec Bis geſir lamoureux 
De ceffe quon) dit ſans mercy 
Denfif eftoit et langoureux 
Et dedane leaue tout tranſſi 
Narciſus y congneuz auſſi 
Gt auſſi des amaus de france 
Illec les vy en grant foncp 
Ainſi comme en deſeſperance 


De beuz de leaue malgte moy 
Plus de trente pintes dune tire 
Bont fu; malade et plain deſmoy 
Languiſſant er) piteux martire 
De defpit fuffe mont et dire 


Tant eftoie defconforte 
Seſpoir fe treſgracieux fire 
Ne meuſt Bng petit fupporte 


Mais illec me diſt / ne te chaille 

Vne autre fois plus douſx beuurage 
Beuuras / donc ne te chaule 

Teſt icy deſert trop ſauuage 
Confoꝛte top/reprene courage 

Ne te deffaie pas par defpit 

Je tap mis hoꝛs de maint paſſage 
Du tu fuſſes moꝛt fans reſpit 


Encoꝛes viendꝛa la iournee 
Que tu auras par aduanture 
Foꝛs que fa chance foit tournee 
Ehonneur quitonfioure aux Bone dure 
Gn fa groſſe fortune dure 

On congnoifi la fageperfonne 
Quantparientement endure 
Ce que dieu fur ferre (up donrie 


Le monde icp neft point eftabfe 
Tel poſſede au iourduy grans Biens 
Que foꝛtune ſeſponentable 
Demain ne luy en lairra riene 
Srant mab te fait que tu ne tiens 
La choſe qui deuſt eſtre tienne 
Aumoins quen bonne fin nen Sierre 
En ceſte vie terrienne 

¶ £amant 
Sſpoir fe doulx ef piteux 
Me vit penfif et deſpiteux 
£a mort malgre moy me ſuyuoit 
St mon poure cueur fa ſuyoit 
Qui plie aymoit fa fin de luy 
Quauoir iamais bien de nuffp 


Iſlkec maloingna ma deſtreſſe 

St me miſt en ioyeuſe adteffe 

La me pꝛomiſt de belles choſes 
Que foꝛtune retient encloſes 
Seſſoubz fa ckef de fes eſcrains 
Dont par deſpit deromps mes crins 
Que ic nen ap tout ou partie 

Ains que mon ame ſoit partie 


Hoꝛs de mon coꝛpe qui trop endure 
De paine et deſplaiſance dure 


Beaucop de chofee me promift 
Duoncqueemes fa main ne mifé 
Meta naura tant de puiffance 
Quifs ne facent obeiſſance 

Paie fa promeffe a tout fe moine 
Me fift plus ioyeulx foire ct maine 
Etdeuine plus hauft emplume 
Que ie nauoie acouſtume 


Quant eſpoir euſt fa raiſon dicte 
Dane que fup fiſſe contredicte 
Je paffap ouftre fa riniere 
Qurtrauerfe par fa fondꝛiere 
Æantoft Sins emmy Bnefande 
Du marroffaine ne lauande 

Ny creutoncques ce meſt aduis 


Au moins fa terre que fa vis 
Sſtoit de tous coſteʒ couuerte 
Seſpines ſans fa fueiffe verte 
Oꝛties poignans et ioncʒ dꝛois 
Ærouuap la par tous les endꝛois 
Se tous maufp p auoit meſltee 
£a terre p eſtoit defineffee * 
Ainſi que pour tout vray ste ſemble 
Be lermes et de ſang enſemble 


Le ſoleil de iour np reluyt 

Nemplus qualheure de mynuyt 
Oncques ne fuz er) pire lieu 

On ny voit ne feſte ne ieu 

Be grans ſouſpirs les vens y courent 
En languiſſant les gens y mourent 
On Boit iffec de chief er chief 

Zu bope dennup tout fe meſchief 


Teſte fande ainfi comipaffee 
Sſt nommee triſte penfee 

La fus toꝛmente durement 

Et picque treſa merement 

Bec eſpines et des oꝛties 

Qui font fut £a lande ſoꝛties 
Denfant a ma die dofente 
Cheminoye parmp fa fente 
aïe plus epploictope ma Bope 
St plus de deſplaiſir auope 


Quant ieuʒ chemine konguement 
Tantoſt mon rude entendement 


CC. viiii 
Me diſt que ceſtoit vne terre 
Du len fait a toutes gens guerre 
Veu quen cefieu il ne croiſſoit 
Qui fiſt a nature Bon droit 
Loꝛs eſpoit me pria pour diers 
Allons noue en hoꝛs de ce liens 
’ ¶ Sſpoir 
Se tu vas plus auant par cy 
En ces eſpines top et moy 
DZemourtons mo1e dung grief ſoucy 
Qui nous tue et mect en efmop 
NHous ſommes au doufo mois de may 
Allons dehoꝛs de ceſte lande 
Dune croiſt ſteurette ne may 
Ne riens que ioyeux cueur demande 
Lamant 

Laeienedemandepae mieufp 
Te lieu me deſplaiſt a merueiffe, 
Zout mp ſemble fort ennuyeup 
Mon cueur fans ceſſer p trauaifte 
Douleur y eſt qui rte reſueille 
Dans ceſſer fe iour et fa nuyt 
Je ſens bien quicp doy fa veille 
Le ſeiourner trop mp ennupé 

ŒEfpoir 
Trop feiourner en cefte terre 
fait les gene pfire Gore du fene 
On np peuft que meſchief acquerre 
St des mafadiee troie cens 
Mon ferment a cequeie fene 
Tuauragencoree du bien  . 
aie que tu fopee congnoiffane 
Et que tu te gouuernes bien 

¶ Lamant 

En ce point que noue deuiſion 
Illec de mon piteus affaire 
Œt que fa fande rauifion 
Qui neftoit que pour gene deffaire 
Loꝛs quene ſauion pfue que faire 
Œtquefpoit faiffer me Boufoit 
Sedans fa lande ſolitaire 
Du mon gentif cueur fe douloit 


Veiſmes Senit par vng ſentier 
Vne treſgente damoifeffe 

Et Benoit a noſtre quartier 

Se pie / a paine dieu ſcet puelle 
Loꝛs efperap bonne nouuelle 
Penſant auoir prouchain fecoure 


Dre fa trefaracieufe et belle 
Qui cheminoit vers nous fe couts 


Efpoir et moy nous apꝛeſtaſmes 
Dour fa treſbelle contre attendꝛe 
ais queree plus ne ſeiournaſines 
Quarriua fatrefaente et tendꝛe 


Atoue deux noue Bint les bꝛaz tendre 


Puis nous diff fa defconuenue 
Et noue fitimaintenantentendre 
Dour quop elfe eſtoit fa Venue 


ZTout fe coꝛps deffe ſuy ſua 

De fatrefarant paine ſoufferte 
Son chemin fort continua 
Dour efchener fa dure perte 
Qui me Benoit cfere ef apperfe 
at ſe neuſt eſte fa Benue 
Jeſtoye perſonne deferte 

a moꝛt eſtoit deſia Venue 


Apꝛes fa ſalutacion 

Que ie kuy fis a fon venir 
Toute me diſt ma paſſion 
Paſſee et a aduenir 

Du il me conuiendꝛa Benit 
Se dieu ne me donne [a grace 
Be pluffoꝛt heureux deuenir 
Que ie ne ſuis en toute pface 


De mon mab ne Seufo plus toucher 
Malgre moy porter fe me fauft 
Soit au fener ou at coucher 

De doufre fefte ne me chauft 

Ris autant comme pleut me Baufé 
En fanquiffant garant piece Bifs 

La moꝛt ne craine ne fon affaufé 
TCar oncques bien ne me Bi; 

Dour retourner a mon pꝛopos 

£a belle me print pat fa main 
Difant/ie fe donray repos 

Ains quif ſoit fe iour de demain 
Larceften vng douſx pape humain 
Pꝛeſentement guider te vueil 

Du tu ne verras ſoir ne main 
Niens quine ſoit fout a ton vueil 


Œfpoir et moy et top prone 
Et ſauldꝛons hoꝛs de ceſte lande 


Fueiltet 


Ne plus de mal ne ſentirons 

Si vous Bones tenir ma baude 

Œt faite ce que ie commande 

Boys dennuy ne triſte penſee 

Ne ſont point pays que demande 

Jay autre ouurage commencee 
€ Subtilite 

Nommee fubtifite ſuis 

Dar mon dꝛoit nom ſans doubte nulle 

Toutes entrepꝛinſes conduis 

Ainſi comme ie es carculle 

Aucuneffoie ie diffimufe 

Dout fermieufv quantif eft beſoing 

It neſt point fi fage conſule 

A quine faceprendre foing 


Zout ef en ma ſubgection 
Ce qui eſt Siuant furfaterre 
Ou ie metʒ mon affection 
Doit en lieu de paiv ou de guerre 
Ainfique Buerffe fais conquerre 
Tertes riens ne meſt impoſſible 
Les plus fors enfermes deſerre 
Tant ſuis en ſcience ſenſible 

¶ Eamant 
D vertueuſe iouuencelle 
Chiefdoeuure deſcendu dec cieulx 
Subtilite ſage pucelle 
Benoiſt ſoit ton coꝛps pꝛecieux 
Œureufo conſeil delicieux 
SDame anðx defpourucus ſecourable 
Par moien ſolacieux 
Bueris mon grant mal incurable 


Dilneuft eſte ton arriuee 

En ceſte lande fuſſe moꝛt 

Tar cinq cens more a leſtriuee 
Se quop le monde picque ef moꝛt 
Auoient machine ma moꝛt 

Et foꝛtune mon ennemie 

Qui a me deſtruire ſamoꝛt 

Ne fimonfiroit point foxe mamie 


Mais quant premier ie Bie Beni 
on cueut de mal eſuanouy 
Commenca touf fair deuenie 
Et plue que iamais ſeſiouyr 
Loretout mon mefchief ſenfouyt 
Heureuſe trouue ta Benue 


Oncques de fef bien neiop 
Belle tu fope La Bien venue 


Dr ie fe requiers qui fe pfaife 

Sous deufer pourquop ceft 

Que gens feuffrent fant de ntafaife 

Le tour cfa nupt fans arreft 

DSedans fa mauldicte foreft 

Tant que perdent repos @ foiines 

Et auffi dp noue a qui ceft 

La terrible fande ou noue formes 
¶ Subtifite 

Lee demandes que tu me fais 

Ne touchent mye petie faits 

Teſte queſtion eft terrible 

Et a ſouldꝛe pꝛeſque impoſſible 

Atous fes clercs qui font ſur terre 


cHais puis que mas voulu requerre 
Que ten feiffe Le Srap ſcauoir 

Je cuyde bien Le ſens auoir 

Et ſi parfait entendement 

Bete dire pꝛeſentement 

Dourquop ceffe foreft mauldicte 
Œt fa fandcrudeg defpite 

Du tu es poure creature 

Ce ſont ennemis de nature 


Teſte foꝛeſt eſt toute ronde 

Et cloſt encerne tout le monde 

Et la lande ou nuf ne repoſe 
Sedans fa foꝛeſt eſt enckoſe 

La foꝛeſt fa fande enſemble 

Font vng grant cerne ce me ſemble 
Qui toute fa terre enuironne 


Ne iamais nenafquitperfonne 
Et fuſt de royal maieſte 

Qui nait en fa foꝛeſt eſte 
Oncques nul ne fceut treſpaſſer 
Be ceſte vie ſans paſſer 

Par les embuches et deſtroys 
Se ce munrier e triſte boys 


Je te diray g pourquoy ceſt 

Si toſt que la perſonne naiſt 
Soit en palais ou chambꝛe cloſe 
De quelque toꝛmeẽt eſt encloſe 
Car nature qui neſt pas dure 


Ceov 
Tant ſoit peu de paine endure 
Doit er iambe / en coꝛps / en chief 
Ne fa porte pas ſans meſchief 


Seſplaiſance ne neſtpas loing 
Qui des malades abeſoing 

Am ſi en dort celle ou celluy 
Poꝛte dedans ce boys dennuy 
Ne luy chault ſil eſt pape ou roy 
Suc ou pꝛince de grant atroy 
La dedans laiſſe vne piece 
Juſques nature le depiece 


Aucuneffoys par nuyt pery 

Peut eſtre de ce mal guery 

GEt loꝛs quil eſt hoꝛs ç entier 

Et quikpeut marcher fe ſentier 

De fa foꝛeſt cupde ſaillir 

Pour afer courre ou ſaillir 

Vne ville ou vne fortereffe 

Sung pꝛince ou dune grant maiſtreſſe 


TCuydant acquerir fo; g pꝛis 
Illec fera peut eſtre pꝛis 

Œt aniene par trahiſon 

Sedans le buiſſon de bꝛiſon 

La dedane neſt pas a for aiſe 
Tar il ne boit riens qui fup plaife 
Quii eſt dedans telle cloſture 

Ja pas ſouefue nourriture 


Douleur y eſt qui lee gens ſert 
De fa pitence de deſert 
Pafcun (cet aſſeʒ quil neſt mye 
Belle pꝛiſon ne laide ampe 


Oꝛ tay ie dit deux grans raiſons 
Pourquop pꝛince longue ſaiſons 
GEſt en fa foꝛeſt perilleuſe 
Poꝛtant paine treſmerueilleuſe 


Par malheur datmes vng grant pꝛince 
Pert fon pape c fa prouince 
Du par faulte de grant conduicte 
Lors quant eſt nud de cela 
Defpfaifance fe loge fa 
Sedans la foreft bien auant 
Te menant a pluye au vent 
Et la meurt ſil neſt dauanture 
oni 


55 


Tar fitrefnoble eft fa cloſture 

Que nuf ne fcet trouuer liſſue 
Aumoins que fe fronc ne luy fue 
Buief/toutes bꝛiefues infortunes 
Qui font a autree gens communes 
Lomme a dames ou damoiſelles 
Defues marieee ou puceffes 

A Sommes noBfes et innobles 
Marchans faboureure de vinobles 
Dꝛeſtres / aduocatz / eſcolliers 
Bouuiers poignans beuß es coliers 
Se fes cas des poures meſchans 
Qui gardent les beſtes aux champs 


Racompfer ne te puis par tout 
Tar meſhuy ner orve; fe Bout 
ais pour Venir au premier point 
Teſte fozefi de Bout na point 
Nemplus qua Bne ronde choſe 
Toute fa foreften eft encloſe 

Par aucuns fieup effeft pfaifante 
Œt par endꝛois trefmeffaifante 
Des Le commencement du monde 


Lefle foꝛeſt er ce pointronde 

Fut cree/ne fcap de qui 

ar adam qui vng temps Sefqui 
St que fon dit Le premier Somme 
Quant euſt fait fe more de fa pomme 
Defpfaifance fane autre atreft 

Le rendit en cefte foreft 

Sedans fut et eue auffi bien 

Dans y auoir Sngiour de Bien 


Nous autres Senifmes de (up 
Et de fa femme eue auffi 

Et pourtant que fe monde eſt ne 
Dar fup qui fut fiforcene 

Delon diuine prouidence 

Poꝛter nous en fauft penifence 
Puis que ceſt fe mal fait du pere 
if fauft que fenfant fe compere 
Pour caufequif nous engendꝛa 
Tout mal et mefchief nous viendꝛa 
Sen fceure paip ia ne ferons 
Tant quen ce monde durerone 
Ceſt touſiours a recommencer 


21 Bien faire te fauft penſer 


fueillet 

Affn que congnoiſſes ton fait 
Ce monde ne fut oncques fait 
Dour Bngperpetuef feiour 
Se lung ya bon temps ce iour 
Foꝛtune qui a fa grant main 
Le fera malheureux demain 
Pour maladie ou accident 
Ze quefque meſchief euident 


TCar tout ce boys ainſi que treuue 

MNeſt que ſeulement vne eſpꝛeuue 

Pour eſſaier fee corps humains 

Œt dieu nous a mis entre maine 

De (on bon vouloir charitable 

Nemede feur et veritable 

Dour noue y gouuerner fi bien 

Que ne deuons perdꝛe le bien 

Se fa treſſaincte gloire haufte 

Amours/fice neſt noſtre faulte 
Lamant 

Belle Sous mauezʒ aſſeʒ dit 

De ce boys et de ſa nature 

Teſt vng lieu non feur ef mauldit 

Du ne Bit er) paix creature 

Trop me defpfaiftquen fa cfofture 

Je trefpaffe efte/puere 

Derdant repos ef nouriture 

Ton ſiours en penfement diuere 


Œfpoiret moy vous requerons 

Quil Bouc plaiſe nous mectre hoꝛs 

Par tout fe paſſage querons 

Parmy fes buſſons grans et foꝛs 

Paie tant ne ſcauons faire effoꝛs 

Que puiffone fiffue trouuet 

En fa querant pres fommes more 

Par efpoir fe Sous puie prouuer 
¶ Subtifite 

Suiueʒ mop fagement et Bien 

Et ne faictes nuffe fofie 

Ne rien qui foit contraire a bien 

Et loꝛs malgre mefancofie 

En vne contree iolie 

Plaine de douſceur et de ioye 

ÆDunufne fe melancolie 

La ou aift dhonneur fa monfiope 


Vous quiderap fane nuffe faulte 
ais ne meffoignez Bng feufpas 


out confeif de caufé ou de caulte 
Qui pout vꝛay ne vous ayme pas 
Veneʒ apꝛes moy par compas 
Et vous entreteneʒ enſemble 
De ce pape ſcay les treſpas 
Et les embuſches ce me ſemble 
¶ Efpoir. 
TCertes dame nous vous ſuiurons 
Œnquefque lieu que vous ailleʒ 
Auec vous mourrons et viurons 
Vuis que telʒ conſoꝛs nous bailleʒ 
Pꝛeneʒ demblee ou aſſailleʒ 
Faictes de nous a voſtre guiſe 
Je nay point paour que vous failleʒ 
Chief vous faiſons de lentrepꝛiſe 
¶ Lamant 
Loꝛs fa dame fe miſt deuant 
St nous apres courant grant erre 
aie plus toſt que ne court fe Bent 
MNe que chiet vng cop de fonnoitre 
Tout auſſi toſt ſans plus enquerte 
Entraſmes dedans vne pfaine 
£a plus belle qui ſoit fut terre 
Foute de iopeufete pfaine 


Quant et) (a pfaine deſcendis 
If me futaduieque iauope 
Sailly denfer en paradie 

Tout aife et iopeux me frouuope 
on maintien iffecne ſcauoye 
ar cueur qui eſt nourry de dueil 
Ne va iamais querir fa voye 

Du font plaiſance et belacueil 


La Bis mariolaines et fie 
Obefins / cipꝛes et roſiers 

Baſme fin / muglias iolis 
Rommarins fleuris etBiofiere 
Peruanche / lauande / eſglantiers 
Menues penſees / ienetes 

Et des autres fleurs cent milliers 
Plus belles que les ſept pſanetes 


Serins / alouectes mignotes 
Roffignoufp et chardonnerieulx 
Œaiftes/tourtereffee/fignotes 

Et dautres opfeaufo dieu fcet quieufo 
VLerfz / ſengliers/ lieures / eſcurieux 
Vis illec retirer en lombꝛe 


éco 
Faulcone / ſacres / voller pat tieufo 
uv herons qui font la ſans nombꝛe 


Bon fait ſentir les doulces fleuts 
Dont la belle plaine eſt couuerte 
La voit on deſtranges couleurs 
Fleurectes par my lerbe verte 
La terre neſt point deſcouuerte 
Be verdure er nul endꝛoit 
MNature pat puiſſance couuerte 
A fait ceſte plaine a fon droit 


£anetetentiféquatmonpe 

La na iamais debat ne noife 

Se ſplaiſance en eft foꝛbanie 

Teſt vne plaine treſcourtoyſe 

Du maint oyſillon ſe degoiſe 
Brant mal me fait que np demeure 
Je requiers a disu que y voiſe 

Vne fope auant que ie meure 


TCeſte plaine eſt mercy nommee 
Par ſon dꝛoit nom ce meſt aduis 
Dung chaſtel de grant renommee 
Triumphant et de bel deuis 
Sedans ceſte contree la ie Bis 
Sine me voulo contregarder 
Que ie nalaſſe vis a vis 

La beaulte du lieu regarder 


21 faide de fuBtifite 

Et deſpoit vins deuant fa porte 
Loꝛs regardap fa foꝛmete 
Toute ainſi comme fe conipoꝛte 
Mais ceſtoit vVne place foꝛte 

Et auecques ce la plus belle 
Que pour ce iour fa terre porte 
Soubzʒ fe ciel ner a point de telle 


Vne foffe parfond autour 

Large ef pauee de marbre noir 
Auſſi cler au fons quefeiour 
Tout plain deaue roſe pour voir 
La Sie troys cignes remouuoir 
Et vne nef mouft bien tendue 
Be dꝛaps qui valent plus dauoir 
Que paris ne ſeroit Vendue 


Les cignes ainfique me ſemble 
nn ii 


Ont chaſcun au cof vng cofier 
Dor/et font acoupfes enfembfe 
Lomme fonttrope beuß au cofier 
La fee Bis couples et ſies 

Sung laz de fope gracieux 

Puis trefgententent trauailles 
Tirant fa nef/a qui mieulx mieulvx 


Œnfanef auoit vne dame 
£a plue belle qui oncquee fufnee 
Seule fans compaignie dame 
Di Bien Beflue et atournee 

Je ne difope fa haulteſſe 
Dont fa dame eſt auironnee 
Tant eft paree de richeſſe 


Nemplus quon toucheroit aux cieufe 
De nombꝛer il ſeroit poſſible 

Le riche treſoꝛ pꝛecieux 

Qui eſt dedans la nef viſible 

Et fifne meuſt eſte tangible 

Jeuſſe cuyde que ce fuſt fort 

Tar fa grant clarte terrible 
MHeſbaiſſoit trop qui en ſoꝛt 


Je crop que fou63 le firmament 
fa point nef ft eſpeciale 

Se valeur: cat maint dy ament 
Et mainte perle oꝛientale 
Eſmeraulde pontificale 
Marguerite/ruby compaſſe 
ZTout Le tref de fa nef royalle 
ZTout ainfi queffe fe compaſſe 


La nef neftpoint de Bope fermee 
Ains eft faicte de blanche puoire 
Et les cordes dont ef ſerree 
Pour certain font de fope noire 
La Boiffe ce deuez vous croire 
fi oung dꝛap Bioffet ef tanne 
Anquel neBie foꝛme dhiſtoire 
Qung mot eſcript bien oꝛdonne 


Le mot qui er fa voille eſtoit 
Ne fceu pas fire feurement 
Jour le vent qui fort tempeftoit 
Le riche drap certainement 
Aiffeure mis mon entendement 
Combien que la noble deuife 


Aueiftet 


fut affifepompenfement 
Eten grant triumphe iffec mife 


Illec fuʒ mienfo que ne foufope 

La perdp courrouv et mefchief 
Deregarder/neme foufope 

La dame quifut er fa nef 

Niens nauoit deffue fon gent chief 
Qung Bonnet de fope tanne 

Et vng defe cueuurechief 

Vela comment eſtoit atourne 


Sur fon col plus blanc que neſt croye 
Vng bet collier eſtoit aſſis 

Lequel peſoit ie ne ſcauoye 

Et y muſay des iours ſix 

Tant eſt de richeſſe maſſix 

La Bis pierrerie fans nombre 

Je fus de fieffe tranſſis 

Kegarder £a Beffe ct fon Bmbze 


Loꝛs mappella fubtiffifte 
Diſant / amy ne teſbais 
Zu ce en lieu de faufuete 
Gt nes pae mort ne trais 
Denul ne feras enuaie 
En ce chaſtel ou bien habonde 
Teſt icp damoure fe pais 
Œttoute fa iope du monde 

€ Subtifite 
£eane a mouft iopeuy arrop 
pren np fceut chofeamere 
La voit on cupido fe cop 
SEt venus fa trefdoufce mere 
Receuoir gene a haulte chere 
La verras damours fa montiope 
Vne ſalle fa plus chere 
Que iamais Somme viuant voye 


Affin que congnoiſſeʒ fe fait 
de chaftef eftamoure nomme 
Et fut ainfivichement fait 
ten ce point deaue ferme 
Ses que Le monde fut forme 
ar adam auec fa dame 

J fut ne piece enferme 
ZBeuantquif demouraftame 


Regarde fe donion puiſſant 


Le riche chaſteau merueilleux 
Zont fa grant fueur eftpffant 
Que tu Vois refupre pat lieux 
chire fop au mur pꝛecieux 

Qui eft de criſtal entaille 

Se iaſpe le plus pꝛecieux 

Que ne fut oncques point taille 


Regarde fondemens et tours 
Gn ceſte muraille mabꝛuine 
Qui ne pꝛiſe riens fes efcoure 
De Bombarde ou de coufeurine 
Jamais ne peuft cheoir en rupne 
op ce frefpuiffant bouleuert 
Qui eſt tout fait de gache fine 
Se caſſidoine et marbꝛe Sert 


op fee triumphantes banietes 
Qui font deſſus ces tours aſſiſes 
Du ſont par eſtranges manieres 
Les armes du roy damours miſes 
Lie au loing fee belles deuiſes 

Qui ces grans eſcus enuironnent 
La tu vetras fe Bien te aduiſes 
Œomment tel; armes fe blaſonnent 


TCeſte nef qui eſt deuant top 
Œfipcp pour paffet fes gens 

Qui Veulent afer veoir fe rop 
Œtfes Barone couttope et gentʒ 
£a nentrent Bifainsnefergene 
Ne riens fif neftfopaf ef fage 
Tar Bonneurquien eſt regens 
Seffend aux meſchans fe paſſage 


£a nef eſt nommee plaiſir 

Et fut de paradis terreſtre 

Par Bng quon appelfe deſir 

Amenee ou fu fa Bois efire 

Honneur en eftpatron et maiſtre 

Lee trois cignes fup oBeiffent 
ŒtBoicp fa fongueut et fon efîre 
Dont voit ceulx qui entrent ou yſſent 


Ceſte dame quen la nef Bois 
Vient dune Bien loingtaine terre 
Et emmy le malheureux boys 
En tribulacion ef querre 
Semoura longuement en ſerte 


CEx Bii 
Mais maintenant er) eſt venue 
Car la ropne lenuoye querre 
Pour ſcauoir ſa deſconuenue 


Regarde Bien fa grant beaulte 
erueiffeufe qui fenfumine 

GEn quop doufceut et fovauffe 
Juſtement tiennent leur termine 
Lieue tes yeulx et determine 

A ton aduie fitu veis oncquee 
Dfue parfaicte portant fermine 
En nuffe contree quefconques 


"AE fault que dicp te de ſmarches 
SEt que tu approches fa nef 

A ceſte foye que micufy remarches 
Da grant beaute de chief en chief 
Zu nauras ne mal ne —— 
Puis que fu es ſoubʒ ma baniete 
Se ce chaſtel porte fa cfef 

Jen fuis fa maiſtreſſe portiere 


Auf mal ne fe fera perfonne 
Puis que fu ee auecques mop 
Pourtant doncques nemaBandonne 
Pour nuf qui facoincte detop 
Æupido fe ſouuerain rop 
Et [a belle mere Benus 
Veullent que tous ceufo querecop 
Soient au chaſtel Bien venus 
¶ Lamant 

Combien que digne ne ſuis pas 
Bapproucher de teffe haulteſſe 
Je macoꝛde paffer re pag 
Obeir fauft a fa maifireffe 

Si pꝛye a dieu que fa pꝛinceſſe 
Qui eſt dedans / mal ne me vueille 
Tar ie ſens bien ma petiteſſe 
Venue de trop baſſe fueille 


Au regard de fa haulte ſouche 

Dont iadie ceſte ffeur pffit 

Digne ne fuie pas que iappꝛouche 
Œn riene de cefle dame icy 

ais quop/puis quifBouse pfaift ainſi 
Je vueil Bien faire voſtre gre 

Tar ie ſuis mis hoꝛs de ſouſſi 

Par voue / et mis en hault degre 


nn iü 


Dame /dieu vons doint voſtre vueil 
De tous voʒ deſirs et ſouhaiʒ 
Et Joue gatd de deſplaiſant dueil 
St vous face heureuſe en voʒ faiʒ 
Encoꝛes priere a dieu fai 
Quant trefpafferes de ce monde 
Quen fa gloire ou font Les parfais 
Soiez receue pure et munde 

¶ LEechief dec dames. 
ous fopes fe tre ſbien venu 
Dictes moy fe dieu Bone ſecueure 
Bequop if Joue eſt ſouuenu 
Be mop Benir Beoir a ceſte heure 
Scaueʒ vous Bien ou ie demeure 
Ne qui fe fuis ne dou ie vien 
Darfez a mop ie vous affeure 
Quon ne vous fera que tout bien 

¶ Lamant 

Dame / ie vous vis lautre iour 
Emmy fe boys deſplaiſant 
Dieu ſcet en quel piteux ſeiout 
Trop meſchant chiere faiſant 
Duftre paſſay moine penfant 
Se Voſtre meſchief ennuyeux 
Ne puis ne vous vy qua pre ſent 
Du vous me ſembleʒz Beaucoup mieulx 

¶ Eechief des dames. 
Emmy fe defpfaifant boys 
Me viſtes auſſi fie ie Bouc 
£a demouray maint ans et moys 
Querant de fa foꝛeſtʒ fes boutʒ 
Par les eſpines et houx 
Et autres herbes perilleuſes 
Du mes ieunes iours paſſay tous 
Poꝛtant paines trop merueilleuſes 

Lamant 

Gn fa forefts dennup deſerte 
Vuidee de iope cf de confort 
Be fa paine y aueʒ foufferte 
Bien fargement et a grant toꝛt 
Foꝛtune en a efle daccord 
Mais maintenant malgre ſes faiz 
Arriuee eſteʒ au doit port 
Du demeurent fieffe et paix 

¶ Le chiefdes dames 
£pefle et paiv leans demeurent 
Ætpourtant p fuisie Benue 
£ec gene de dueil iamais np meurent 
Comme if5 ont en mes fais tenue 


Fueillet 
Siplaiſant uya ſoubz la nue 
zephitus y eſt e t floꝛa 
Eeſt du pays lentretenue 
Onc attroppos np demoura 


Seſoꝛmais riens re meſt plus 
Ne autre ſouhait ne Bueif faire 
Sinon que puiſſe le ſutplns 

De mor aage en ce lieu parfaire 
Ceſt vng mouft gracieup repaite 
Æt$ne pface Bien affife 

Du ceufp fe deuroient refraite 
Qui defirent paiv et franchife 


A mon aiſe voulſiſſe viure 
Sans courrous le petit des iours 
Que dame nature nie liure 
Selon tuflice raifon cours 
aie cene miffe faufuaiges tours 
e ſont venus puis ma naiffance 
Quimont fant fait viure a rebours 
Queieneprenea rien pla ifance 
Lamant 

Penſez que du temps treſpaſſe 
Du Vous trouuaſtes tant dennuis 
Lee autres ne font point paſſe 
Hans en auoir fropioure ef nuits 
Sn efperance viueʒ / puis 
Que dieu vous a cp amenee 
Gs lieu ou font plus de deſduis 
Que ne vit iamais dem enee 

¶ Ee chiefdes dames 
“Ale pꝛye a dieu quil Sous conuoye 
Sans ennup iuſques a fa pface 
St Sous doinf afer ceſte Bope 
Que perfonne maf ne vous face 
Jay 6on beſoing de voſtre grace 
Et que me fopes ſecourable 
Quant ie viendꝛay deuant £a face 
Se venus fa dame honoꝛable 

¶ Lamant 

Gn ces entrefaictes fa nef 
Du nauoit hng feuf marinier 
A laide du Bent et du tref 
ommenca fe port effoigner 
Lors Bis fee cignes beſoignet 
Tirans afeure cofs fe vaiſſeau 
Dour fe haure icp gaigner 
Qui fut fentree du chateau 


Lee trois blans cignes tant tirent 
Dar mp fa foffé plaine deaue rofe 
Que dedans fa chaine atriuerent 
£a nef ou fut fa dame encfofe 
Incontinent ſans autre choſe 

Le roy manda haſtiuement 

Que ſa poꝛte qui eſtoit cloſe 

Luy fuſt ouuerte doulcement 


Se deſſus le bout du riuage 

Au chaſtel vis entrer fa Belle 

£a Sindrent gene de grant courage 
Et mainte dame et dantoifeffe 

En grant eſtat au deuantdeffe 
Loꝛs auffi toft fut enimenee 

En fa ſalle freſche et nouueffe 

De drap dot toute enuivonnee 


£a fut nobfement recueiffie 

De dames et de damoiſelles 
Œtdetous coſteʒ accuctiffie 

Se iouueuceaub et iouuencelles 
Illec racompta pour nouuelles 
Tomment en ennuy fuʒ longs termes 
Pont fee trefbeaufp et les treſbelles 
Plouꝛerent tantoſt maintes fermes 


De puis dame ſubtilite 

- Mapefla/fore nous deux patfafmes 
De la dame de fa Beaufte 

Laquelle Gauftement fouafmes 
Brant piece enfemBfe deuifafmes 
Durfe bourge attendant fa nef 
Paie tant illecqus feiournafnics 
Que uous en choiſiſmes fe tref 


La nefgueres ne feioutna 

Si toſt que fa dame en fut hoꝛs 
Dane belap vers nous retourna 
Toute feufe par fes effors 

Bee troie cignes qu a feure coꝛps 
£amenerent droit a fa foge 

Du Bonnet fe maifire dce pore 
Pour garder nupt et iour fe foge 


Ditoftque fa neffut Senue 
Honneur faiffit de fa maiſon 
Et Bint a mop fa tefte nue 
Siſant / amy ceft Bien raiſon 


C¶x viüi 

Quen la nef entret te faiſon 
Le roy ma maintenant mande 
Que ſeruy las mainte ſaiſon 
Dane eſtte de luy amande 

onneur 
Cupido et venus ma dame 
Deuffentque tu papes ycy 
ŒEtqueauectop namayne ame 
Quefpoit et Ba dame pcp 
Et puis quif fauft quif foit ainſi 
Ze cefte nef te fais prefent 
Et de ces troie cignes auffi 
Qui de fa fe merront pꝛeſent 


TCes trois rignes blancs comme naige 
Ont fa couleur dhumilite 

Et nya celluy qui ne naige 

Quant il me pfaift vers La cite 

Auſſi quant eſt neceſſite 

Deuers moy fes faiz reuenit 

Auſſi de mon auctoꝛite 

La nef font aller et venit 


716 Sont et diennent iour et nuyt 
Comme mariniers difigene 

Et nont ne repos ne deduit 

Qua paſſer amoureuſes gene 

Et pource quilʒ font beauvx et gens 
Œt de feur meftier Bien aprie 

Et de grant puiffance nagens 

Le roy pour paffer fes a prie 


€e Beau foffe neft pas eftraict 
ais de tous coftes Bien farge 
Quarbalefiene chaffe traict 
Quant fatbafefirier a defcharge 
Et au fin muffien de fa naige 

Eſt aſſis le cHaftef damoure 

Du quel ſeur regard a £a garde 
Et garde fes murs ef les toute 


Affin que larrons meſdiſans 
Du gens mauluaiſe deceuable 
Ne ſoyent au chaſtel nuyſans 
Seur regard qui tant eſt louable 
P fait fe guet ſeur et feabte 
Et ne bouge matin ne foir 
Dour Sent ne pfupe efpouentaBfe 
De deſſus famoureñy manoir 
nn iii 


Ita dung long les propres peulv 
t Soit iffec tout a fentour 

Lors quant font ennentis moꝛtelʒ 
Appꝛoucher fe mur ou fa four 
Doient en buiſſon ou deſtour 

A fa trompe fes effarouche 
Zantquif fe metteʒ au retour 
Ain ſi du chaſtel nuk napꝛouche 


Entre en ceſte nef ſeurement 

Et maine ces deux quant et top 

Tar ilʒ font gens dentendement 

Et loyaulv ſeruiteurs au roy 

Tu as aſſez parle a moy 

Vaten / dieu te vueille conduite 

Au chaſtel ne verras ce crop 

Perſonne quite vueille nuyte 
€ Lamant 

Loꝛs eſpoir et ſubtilite 

Et mop entraſmes ou veſſeau 

Adonc en grant iopeufete 

Duns congie dhonneur bien et beau 

Zoſt arriuaſines au chaſteau 

Lors on alla dire a Genus 

Vng vſire ſeruiteur nouueau 

Et deuv autres font fa Genus. 


Quant dame Senue entendit 
Que ieftoie arriue au port 

Loꝛs commanda ct deffendit 
Avefus qui gardoit Le fort 
Quifneme fouffzift faire tort 
Œtquonmonnriftfanenfue porfe 
Par ou fe rop cupido fort 

Loꝛs que fa de hoꝛs fe depoꝛle 


Le poꝛtier ne contrediſt pas 
Au mandement de la deeſſe 
Ains incontinent Sint bon pas 
Seclorꝛe luis de La foꝛtete ſſe 
Lois ſubtilite ma maiſtreſſe 
Me diſt voyeʒ ce bouleuert 
Et conſideres la richeſſe 
Dont ifeftouureet couuert 

€ Subtifite 
Regardez fa grant porte doꝛ 
£a harce et toutes fes guerites 
Œtpenfer en vous le treſoꝛ 
Que vallent Bien es deſſuſdictes 


Fueillet 


Oncques tel bouleuert ne veiſtes 
ar fa barriere ef pont leuis 
Sont rubiz cé pertes eflites 
Joinctes enſemcle par deuie 


Eſſe pariopeufe rencontre 
Dour entree de bonne Bifte 
Du fant de richeffe fe monfire 
Sn ouurage fort et noBiffe 
Ses ane a quifeft div mille 
Poire plus ainfi que ie treuue 
at iap Beu au long fe ſulle 
De fa chartre qui le repꝛeuue 


Ce chaſtel eſt anours nomme 

Et eſt en manoir lieu renomimne 
Efive en fa plus plaiſante demeure 
Ou iamais perfonne demeure 


Et qui demander me vouldꝛoit 
Pour quoy ceſt chaſtel oꝛendꝛoit 
Gſt fait de ſi riche matiere 

Je reſpons en ceſte maniere 
Quamoure eſt fa plus noble choſe 
Quant loyaulte dedans reſpoſe 
Qui ſoit entre fes eſſemens 


€arfeftes et efbatemens 
Auecques notabfe pfaifance 
Pꝛennent en amoute feurnaiffance 
St toute humaine creature 

Vient damoure et de fa natute 


Œt pource que fonepcelfence 
Sſt de telle magnificence 

En trop riche feu sie peult eſtre 
Sedans la cloſture terreſtre 


Teſt chaſtel neftpoint excille 

Ne par violence pille 

St ie Sous dirap pourquoy ceſt 
Loyaulte qui capitaine eſt 

Si toſt quil ſcet er ceſte terre 
Mauluaiſes gens il leur fait guerre 
Tant aſpꝛe quif fee fait mourtt 

Du hoꝛs de ce pays courit 


Et ſil Sientquiffes puiſſe pꝛendꝛe 
Tantoſt les fait atdoir ou pendꝛe 


Du les aduouet pꝛiſonniers 

Liez comme deux pautonnirs 
Leſquelʒ amena lautre iour 

Et ſont leans en celle tour 
Enferreʒ de pieds et de mains 

Et font Bien batuʒ foire et mains 
Æu geolier qui deulx a fa garde 
Œtqui fee autres pꝛiſons garde 


Les deup pꝛiſonniers font haiz 
Se toutes gens de ce pais 

Icy nefipaip ne amitte 

Ne perfonne qui ait pitie 

Se feur pꝛiſe ne de Leur fait 
ar ifs ont trop de meſchief fait 


Zuv fetuantes de fa dceffe 

Qui eff de ce chaſtel pꝛinceſſe 

Au trop damours et a fa mere 

Di fontfeur compfainte amere 

Siſans que fe font traiſtres hommes 

Et quilʒ ont fai des maulv grans ſommes 
Au roy damoure et la deeffe 


Bꝛief / les dames a toute ouftrance 
Soppoſent a leut deliurance 

Dꝛ eſt fa cauſe ainſi partie 

Que contre eulx deux fe font partie 
St en cac doppofition 

Ont faicte pꝛepoſition 

St ditz les cas dont ſont attains 
Et ſont les pꝛoces et les pfaints 
Ainſi que la renommee court 

Ja baillez par deuers (a court 


Lung eſt appelle iehan demenun 
Qui eſt moult hay du commun 
Œt de fa grant cheualerie 
Samouro et de fa feigneurie 


Matheolus comme if me ſemble 
Et luy fontenfermezenfenible 

Et ſont les deux iugemens faiz 
Selon leurs crimes et leurs faiʒ 
Leans venons donner arreſt 


Affin que tu ſachez que ceſt 


Ifſec fera iuſtice aſſiſe 
En fa chaire ou on tient la ſiʒe 


CCeiv 
Dung coſte verite ſera 
Qui le arreſtʒ pꝛononcera 
Rien ne dira que vꝛaye choſe 
Ne du fepte ne de Fa gloſe 
ag peu apres au deffoubz delle 
Beta taifon fa Bonne et belle 
Qui lira tous fesinfiructione 
Œt toutes fes confeſſions 


Au deſſoubz deufo amour feræ 
Lequel en face on Serra 

En Bng fiege dor tout maſſis 
Sera fe genlil roy affie 

En fes maine tiendꝛa fe me ſemble 
Vng ſeptre et Pne darde enſemble 


Aumoins iamaie ie ne fe Brie 

Quil ne fes tint/et meftaduie 
Que fon feptre tent en mai deptre 
Et fa darde en fa main ſeneſtre 


Ce feptre icy ſelon nobfeffe 

GEſt le baſton de gentilleſſe 

Et ce qui eſt au bout ffeurp 
Semonſtre quifa feigneurp 
Œn ce monde tous fes humains 
Si tient natureentre mains 


Cart cefle ffeur qui eft au bout 

Su feptre nous enfeigne rout 

En tant que cefte ffeur eft blanche 

Plus que fa neige fur fa bꝛanche 

Nous eff demonfirenature 

Zont eff faictefa creature 

SEt pource que cefe ffeur fauft 

Be ce beau feptre qui tant Sauft 

Aou deuons fcauoir ef congnoiftre 
Quamours nous engendte ct fait croiſtte 


£a darde qua fa feneftre tient 

— monſtre conme il entretient 
ec ſeruans en fa faufue garde 

Par fa puiffance de fa darde 

ŒEtquitient en fubiection 

Les gens de toute region 


Car ſi toſt quil fect ennemi 
Qui ont cueur ef courage mis 
A non fup faire obeiſſance 


56 


Loꝛe monfîre Bien fa grant puiffance 
A (a darde chere et iolie 
Enſeigne aux dames feut fofie 
De grant hait Lee court fevir 
Bi fort quiffes conuient petit 
St mourir er ardant defir 
Aumoins fifne fait leur pfaifie 
Car Beau coup de fon dart efttef 
Que tout cequiftoucheeftinortef 

¶Eamant 
Combien que ne Bis onc le roy 
Si ay ie leu de fa conduite 
St kes plus grans poins de ſa loy 
Et comment fa meſgnye eſt duicte 
Puis que fa iuſtice eſt in ſtruicte 
Des crimes que ces deux ont faiʒ 
Je tiens feux Pie pour deftruicte 
Et teurs finres are et deffais 
¶ Subrñite 
Œntrons leans tout ſagement 
Gt montons en fa haulte faffe 
Itllec verrons beau iugement 
Diffut oncques en court royalle 
Et par ordre mouft prouffitable 
Sernot fee arreſtz prononcez 
Sn audience generafe 
Et tous leurs meffaie anoncez 

¶ Lamant 

Lors montefe riche degꝛe 
GSt dc fa haulte ſalle votice 
Laquelle eſtoit belle amon gre 
Et de mouft fubtifcdiffice 
Ittec Beis feoir dame iuſtice 
En ſon ſiege au ſecond eſtage 
Œt ne ſembloit pas apꝛentiſſe 
De fcauoir parfer beau langage 


Aus pieds de iuſtice fa fage 

Fut aſſis feprudent greffier 

Qui fe nomme fecrt courage 
Lequel faifoit Bien fe meſtier 

En fes maine tenoit vng papier 
Du font regifires tous fee faiʒ 

Dee le premier iufques an derrenier 
Que fee deux inolfaisteite ont faiz 


But Bng banc qui Sault grant frefoz 
ut aſſis cupido fe rop 
Deftu du plus riche dꝛap doꝛ 


Ffue illet 


Que iamais homme dit / ce crop 
Au deſſus de tout ſon conroy 
Gſtoit poſe ſur vng coiſſin 

Et ſembloit Bien a fon arroy 
Sſtre homme de ſubtil engin 


Au plus pꝛes de luy fa deeſſe 
fut ali en vne chaire 

Œt fembfoit Bien eſtre princeffe 

21 fa contenance et mamete 
Nopnes et dames de banniere 
Futent empꝛes en grant parage 
Dont fa moindꝛe a coꝛſage et crere 
Dauoir moult amoureux conrage 


En vng Banc au deffue des femmes 
ncontreBng piffier du manoir 
Fut aflife fe chiefdes dames 

Qui vers ennuy remanoir 

Veſiue eſtoit de Befouy noir 

Et ſembloit Gien a fa couleur 
Quelle auoit fonguement pour Soir 
Poꝛte mefchief et garant douleut 


Aſſiſe fut feufe en vng coing 

Tous fec ſeigneuts de fa ſalle 

£a peuffent Bien cHoifir de loing 
En fieu de triumphe royale 

Ba face auoit mouft mefgre et pale 
Et peufo fup fortoient fermes 
Pont faffemblee generafe 

Dfoura Vopant fes piteufs termes 


Apꝛes fut affife par oꝛdꝛe 
Same ieuneſſe fa elfe 
En fa quefle na que remoꝛdꝛe 


Quant pour fa freſche Beaufte nouuelle 


Seullette eftoit fur Bne fefle 
Veſtue dung dꝛap cramoiſy 
Et ny auoit nul empꝛes elle 
Foꝛs leal cueur que icy choiſt 


Entendement et ſouuenir 
TCourtoiſe et ſage memoire 
Den vng baſteau Benir 
Zenant chaſcun ſon eſcriptoire 
ee quafre/ce deuez vous croite 
Sont fee fecretaires damours 
Et eſcriuent en fauditoire 











Letttes ef proces fous les iours 


Quant fa noble affiete fut faicte 
SEt quon fait rage tout autour 
Juſtice fa dame parfaicte 
TCommanda quon ouurift fa four 
Œt Le geofiet fane feiour 

Admena les deux maffaicteure 
Qui furent pꝛouueʒ ſautre iour 
Faulvx Sommes et villains facteurs 


Le geolier ne demoura gueres 
Que deuant treſtout lecommun 
Admena par rude maniere 
Matheolus ct iehan de meun 
En fa ſalle pꝛeſent chaſcun 
Furent illec fies enfembfe 

Mais ifnp auoit neſ vng 
Qui en enſt pitie ce me ſeinble 


QuantiG furent en laudience 
Juſtice difta fon huiſſier 
Quuimpofaft a tous fifence 
Dane ne chanter faultne crier 
Dur paine deſtre pꝛiſon nier 
Incontinent pour tous defaiz 
Zaduocat du ſiege pꝛemier 
SDiſt ſon cac pꝛeſent clercs et fais 


Seuant laſſeniblee royalle 
Et pꝛeſent fes deux puſonniers 
Noble vouloir en plame ſalle 
Diſt / meſſeigneurs les confciffiere 
Et Sous barons et cheualirs 
Soubʒ ſa voſtre coꝛrection 
Quneſteʒ de ceans les pilliers 
Je ſuis iey par election 

€ MNoble Soufoir 
Dour fe proces du chief des dames 
Et eſt niom non noble Soufoir 
Et maine fa cauſe dec femmes 
Que fon voit en ce fieu doufoir 
Qui efperent dc mieulx Baloir 
Je vueil foubfienir leurs querelles 
En monſtrant quif men doit chaloit 
Dourceque ie ſuis et vins delles 


Jef vray que par leur malice 


Ccer 
St deſſlopalle intencion 
Ont fait ouftragc et malefice 
Gn ceſte terre et region 
Œt veeʒ cp leur confeſſion 
Betous kes cas dont fout affains 
Quifs ont congueu fane queſtion 
Pꝛeſent tefmoinge Diapo et certaine 


Pourquoy ientens que hommes ef femmes 


Venuzʒ en ceſte noble place 

St meſmement Le chiefdes dames 
Que chaſcun peuft Bien veoir er face 
Nequierent que fon fes defface 

ar toute fa court ne fe roy 

Selon droit ne peut donner grace 

A gens qui ont fait tef defrop 


Zef; malfaiz font irreparabtee 
ar par tont fe paps de france 
Leurs ſinres treſdeſhonnoꝛables 
Ont eſte fai ſans demourance 
ZBont fes dames a toute ouftrance 
Dont fi troublces oꝛendꝛoit 

Quif viuent en defefperance 

Gt meurent fon ne leur fait droif 


Defonquerenomimee couté 
ont tant des dames meſdit 
Quon fes doit pendre hault et couté 
Dour leur monſtrer quifs ont meſdit 
Gt de dieu ſoit ſhomme mauldit 
Qui deſpite a digne foꝛme 
Defemmedontifdefcendit 

Et ou fa nature fe forme 


Lhomme qui fes dames argue 

On luy deueroit franche fc chief 
atrifneft farrgue tant agne 

Que de Fes fouer vint a chief 

Qui leur fera mal ne meſchief 
GEntrepꝛendꝛe querelle forte 

Tout Bien gift ſoubz leur cueuurechief 
Auy bons et bonnes men rappoꝛte 


Quien vouſdꝛoit fe contrayre dire 
On en deuroit faire inflice 

Et les coniurer ct mauldire 
Comme fol mal diſant et nice 


Pire qun oute ou Pne lice 
Indigne que fette fe porte 
Duide dhonneur / plain de malice 
Aux bons et bonnes mer) raporte 


£a loyaulte ſen eſt allee 
Conte fuitiue le grant pas 

Be france ceſt miſe er galee 

cp neprent pſus vng tepas 
Auſſi verite ny eſt pas 

Piece a quon luy clouyt la poꝛte 
Trahiſon luy deffend le pas 

Au bons et bonnes mer rapoꝛte 


Quant a mop ie ne men puis taire 
Les loyaulx au iourduy nont rien 
Nendus font en lieu ſolitaire 

Et les deſloyauſx ont fe bien 
Jen ſuis aſſeur et le ſcay bien 
Tecy a dure longue piece 

ESt durera ne ſcay combien 


Top deſtoyal matheolus 

Indigne quon te nomnie plus 

Ne que dedane fa terre couches 
Cueur Siffain fa pire des Bouches 
Des dantes diz en ton efcript 

Que pires font que lantechꝛiſt 
Eten ce manldit propos enfres 
Que files mere deniennent cendres 


Terres ef champs et tout chemin 
Feuſſent papier et parchemin 

Et que tous arbres deuinffent plunes 
Dour faire roinmans et Volumes 
Œtque ſe les cueurs de chaſcun 
Fuſſent aſſemblez tous en Sug 

Si ne pourcoit on conceuoir 

Gſcrite ne ra menteuoir 

Tous fee maufp ne fous fee diffames 
Que fon peuft trouuer en femmes 


Tout cecp ne peus denper 

dar Soicp ton liure manfdit 
Qui au premict ef au dernier 

Ge monfire pis que ie nay dit 
Et quant tu men auras deſdit 
Preſens treſtous ces gene de bien 


fueitlet 


Je vouldꝛoye quon me pendit 
Si ne fes te prononce bien 


Ceſt aſſez si fa chofe 
Que deuons prifet ef requerre 
Ou fe Bien dec hommes repofe 
St tout honneur tient et fetre 
Ce neſt mie petite guerre 

A top ſeul dauoir entrepris 

Be greuer la riens deſſns fetre 
Qui eff de plus grant los ef prie 


St reciter grant mal me fait 

Tes viſlaine mots entre mes difs 
Mais pour racompter ton meffait 
Aux dames de quop fu meſdis 

Je parfeainficominetudte 

Oꝛ Sault fa moꝛt / mais pat fon ame 
Nequien ne de pꝛofundis 

Ne dira iamais nulle dame 


Jamais de toy neuſt riens eſte 
De femme franche et naturelle 
Ne teuſt tendꝛement affaicte 

De fa nourriſſante mamelle 
Pour toy perdit nom de pucelle 
Neuf moys en fon coꝛpe fe coucha 
Puis en ſouffrit paine moꝛtelle 
Quant de top neſchant acoucha 


Dour fop porta doufeur amere 
Auant quelfe teuft lacouche 
Pepuie vers top fe monfira metre 
£afche paiffart mal embouche 
ent fois ta longuement coucfe 
St couuert de fa Blanche main 
Du fon pere neuft point touche 
ar Homme neft pas tant humain 


Quant autegard de iehan demeun 
Qui fifi le rommant de fa rofe 

Sage clerc fefon Bruit contnury 

Bit dec femmes trop Bille chofe 

Œn (on finre dit et propofe 

Quifs font trop mefchantes en perſonne 
aie quant a mop ie my oppofe 
Iement comme vng deffopaf Somme 





Pꝛudentee femines par ſaint denys 
Bꝛacieuſes et ſecoutables 

Doit on frop plus que de fenix 

Qui font belles et Bormorabfes 
Toutes fee maintiennent deteftabtee 
Hans en excepter vne ſeule 

Mais cent mille en voy de notables 
Qui tiennent quif ment par [a gueulle 


Chaſcun fcait quif ne dit pae Pier 
ar ifneftqun fenis au monde 
Dar quopie dix quifne Bauft rien 
Ætque fon fiure trefmaf fonde 
arie vierge pure ef munde 

fut fur terre et dautres cent miffe 
Qui prient que dieu fe confonde 
St quifment comme fol inntife 


Niens ne nous epcepte fa rofe 
Zoutee fee defpufe et diffame 
Das nentend pourquop telle choſe 
Sſcript en fiure de (a femme 

ffauft dire que feur Bon fame 

tleur bon fos ne congneut oncques 
St quil ait Befcu comnteinfame 
Dans Seoir naprendre Bien quefconquiee 


Sifauoit efte fage autant 

Que clerc qui fut onc ſoubʒ les cieuſx 
Si eſt il fin fol redoubtant 

Be blaſiner ce que dieu fiſt mieulx 
Dur tetre na riens pꝛecicux 

Que fa femme et ſhomme enſemble 
St fe paillart dif mots ytie uſx 
Soufftir ne luy fault ce me ſemble 


Di fnie de ceſte oppinion 

Que celluy qui treffort fee blaſme 
Vault pis qun Boufier dauignon 
Du qu menttricr/par noſtre dame 
On deutoif en feu et en flame 
Biuſter rommans gros ct menuz 
Qui defprifent fa digne femme 
Pont tous fee Sommes font venuʒ 


Dnant a mop te crop teffement 
Que Gomme qui femme defpzife 
Neſt point ne naturellement 


CC. vxxi 
Ne baptiſe en ſaincte egliſe 
Duis que fon Beau doufo per ne pꝛiſe 
Et que pour meſchant fe repute 
Preſt a faire pire entreprife 
Que fes ſoꝛciers de fa va upute 


Jehan de meun veulx tu donner blaſme 
A ſebille qui fut aromme 

Tenue pour fi fage dame 

Get; tu ceſte cp en fa fomnmte 

Elle propBetifa fur lhomme 

Qui pour nous en fa crois fuſt moꝛt 
Quant toue fes faifs compte et affomme 
Zu as Bien) deffetup fa moꝛt 


Sarra quifut dabꝛaham femme 
Sſtoit elle Bife perfonne 

Œt de rebeca fa noble dame 

Ne finope et phile fa Bonnie 

Loꝛs quauy efpouy fait le preface 
Ton fiure a ceufo blaſme donne 
Je prie a dieu quon te defface 


Suſanne de execHief fiffe 

Que pꝛeſtres vouſdꝛent deceuoir 
Fut elfe pas ſage et fubtife 

Je croie que bien le dope ſcauoit 
Heſter/ iudich auſſi pour Soir 
Menaloppe et royne ragonde 
Œnfieu ne puis apparceuoir 
Quif feiſſent nul mal en cemonde, 


Eberche fes efcripts et les Bibles 

Ou font leurs vies regiſtrees 

Et fa verrtas fifs font hoꝛribles 

Ne meſchantes au dop monſtrees 
Les as tu telles rencontrees 

Loꝛs que cheminoys (ur ferre 

Certes non/dont toutes oultrees 
De dueif viennent Bengeance quetre 


Tu ae pariure ſaint denys 
at ceulx cp et moult dautres dameo 
Qui fe monſtrent pfus qu fenix 
Sont fainctes de coꝛps et dame 
Oꝛ regardez quefs Bifaine blaſmes 
if veult mettre fne par fonfiure 
A cinq cene miffe Bonnes femmes 
co f 


Qui font mortes et quon Soit viure 


A ce point que {u dis ou feuſtes 

ete preuue rtopaufment 

Que toutes nont pae eftepufee 
Ains ont Sefcu fopaufment 

Auſſi dis tu/ferez ou eſtes 

Dont toutes generalement 

Ont pfoure dee peufo de feure feftes 


En cepoint quif noue dif feront 
Nous le deuone foubftenir 
Teſt articfe ne paffetont 
Zeftempene Serroneia venit 
ares merueiffes aduenit 

It nen eff point fait mencior 
Dour fes dames Bueif maintenir 
Queffes nonf point emencion 


Bu furpfue qui fee efcrieftes 
TChaſcun fcait que ceft mal parfe 

St que ces mots font deſhonneſtes 
Aquiconques ſen foit mefle 

Ce mot nous a trop raualle 

Noſtre honneur que celluy de femmes 
Dar quoy tout Bien diſſimule 

Je Le preuue ennemp des dames 


floue voyons au iourdhuy fut terre 
Dee pꝛeudefemmes largement 
Ætqui fen Boufdroit bien enquerre 
£ontrouueroif certainement 

Que pluſieurs Siuent chaſtement 
Œt en mainte religion 

SElles paffent tempe ſainctement 
Gn Sonneut et deuocion 


Ce chief des dames que Bees cy 
Patron du ſexe femenin 

Requiert que ſans grace et mercy 
On ke face mourir / affin 

Que tout fe genre maſculin 

Vne autre foie edempfe p prengne 
Et tout a ctiminelle fin 

Que qui fe contraire enfreprengne 


Ain ſi pour concfufion bꝛefue 
La deeſſe de toutes ces femmes 


fueitfet 


Afin que plus on nefes griefue 

Ne quon efcrpuetefs diffames 

Veult queces fofsinfames 
Doientmie a moꝛt et deffais 

Œtque on bꝛuſte er cent mifle ffames 
Lee maulditz liures quifs ont fais 


€£artant 


Quant faduocat noBle Soufoir 
Qui menoit fa caufe des femmes. 
Guſt acheue de fop doufoit 

Eoyal cueur diff au chief des dames 
Puis que ces fauſx acteurs infames 
Doue ont er ce point laidengee 
Bꝛant charge ſeroit ſur noʒ ames 
e par dꝛoit nen effie; vengee 


It teur vient dung meſchant courage 
Œt pert quifs font faufv et traiſtres 
Se Joue auoit fait tef ouftrage 
Lomme voyons par no; regiſtres 
Bes eglifes et ſaintz chapitres 
Bopuent eſtre exempteʒ 

Œt pꝛiueʒ de tous nobles tiſtres 

De iope et dhonneut exilleʒ 


Selon queftreuueparenquefte 
St certaine infoꝛmacion 
Jamais ne leur feiſtes moleſte 
Snnup ne tribulacion 

Mais aſſeʒ griefue paſſion 

Aueʒ ſouffert a leur naiſſance 
Dour eufo et leur ſaluacion 

Et pourfes getter hoꝛs denfance 


Jap fee concfufions ouyes 

St (cap ou noble vouloir tend 

aie oncquee mais de mes oupes 

Aloup riene qui me pfaifift tant 

ar qui bien fa matiere entend 

Leurs fiures ef dictesinfaines 

Dont fout aufremaf furmontant 

Puis quifs touchent honneur des dames 


St en penſant a mes ennuys 


Dont iay plus quautre groſſe ſomme 


Eeſquelz ie porte iours et nuytʒ 


TComme homme fortuneplue que Borne 


Tant que ien pers repos ef fomme 
Liſope les liures et dits 

Que iay trouue ie ne ſcay comme 
De ces deux pꝛiſonniers maulditz 


Je ne diray pas fout ennuyt 
Auſſi ne feray ie demain 

Autre fois trop parler ennuyt 
Puis que iuſtice y tient fa maih 
Plus ne demourront ſoir ne main 
En vie qui men vouldꝛa croire 
Leur meffait eff trop inhumain 
Chaſcun le Soit en fauditoire 


Dane nef Brie dame blaſmer 

Le chief des dames que voicy 

fa point fon per deca fa met 

Ne defa / ie fe cuide ainſi 

St cee deux mauuaie Hommes cp 
Eont diffamee tellement 

St toutes fes femmes auſſi 
Quelle languiſt moꝛtellement 


Sẽeſt celle a qui le loʒ donne 

Des acomplies fur fa terre 

Amon are fi belle ne Bonne 

Aa en france ne er angfeterre 

Ne qui vouldꝛoit aufre part querte 
Femme plus digne de louenge 

En Bain if (en pourroit enquerre 
Tant cherchaſt en paye eftrange 


Be Éauft fouet iap raiſon 
Comme chief doeuure pꝛecieux 
Bien parfant quant if ef ſaiſon 
Doit auecques ieunes et vieulx 
Hault vouloir maintien gracieux 
ZBoufy regard matiere plaiſante 
Sont auec effe fe maiſt dieux 
Bang efire a nuffup meffaifante 


Au roy damours ef a fa mete 

St a fes officiere ropaufp 

fait fa complainte mouft amere 

De ces deup Hommes deffopaufp 
Lee dꝛoitz et Fois imperiaufo 

Nous monfitent qua mort on fes fiute 
€tquentre Sous hommes loyaulx 


LE.vvii 
Se dopuent plus vng feufiour viure 


Top faufp paiffart matheolus 
Chaſcun fcait que tu es infame 
at fu eu; deu femmes ou pfue 
SEſpouſees comme vng bigame 
ZTout fe monde ten donna blaſme 
Et par iufiice en fuʒ repꝛis 
Depuie pout te vengier de femme 
Le mafbeureuy fiute entreprie 


Le fiuve fefon quon ma bit 

A nom fe tefiament dee femmes 
Que pleuſt a dieu quon te pendift 
Et ceufp qui dient tefs diffames 

£a loy repute pout infamee 
Pommes et les evcommunie 

Qui mefdiront du chef des femmes 
Et de fa noble compaignie 


Le ne font point abuſions 

Ne cauteffes ou ie me fonde 
TChaſcun Soit mes conufione 
Eſtre fes plus Brapee du monde 
PDarquop ie tendx que fon confonde 
Les gens qui font entre nos maine 
TCar plus de maufy en cufv habonde 
Quen tout fe ſurplus des humaine 


e fera mouft grant preiubice 

21 fa ſeigneurie damoure 

Qui nen fera telle iuſtice 

Que le cas requiert et leurs tours 
Et fauldꝛa que ſon croye ee coute 
Que feux les faulx liures meſdiſans 
Soient are pluſtoſt que fe cours 
TCar trop noue ont nuy puis div ane 


SEt que toutes gene qui meſdiſent 
Ses dames et des damoiſelles 

Ne qui les griefuent ou feur nupfent 
Soient banniz et leurs ſequelles 
Affin que les bonnes et belles 
Puiſſent en leur franchiſe Biure 

St que patoles ſi cruelles 

Ne ſoient eſcriptes ou liure 


¶ Naiſon 
£opal cueut iay bien eſcoute 
oo ii 


os haultes inferfocnfoires 

Penſeʒz que nous auions compte 
Leure meffaitz que voyons notoires 
Mais il fault parler des hyſtoires 
Que iehan de meun miſt en fa marge 
TCar il dit raiſons peremptoires 
TContre le cas dont on fe charge 


fit ie ne fcap fifmenfonge 

Du fif fe fait pour fevcufer 

Que fon fiure neftpas Bng fonge 
Dour fes gene opfeuv amufer 
Et quon ne fe doit accufer 

Que iamais ait meſdit de femme 
Ains Beuft par deffauftes vſer 
Que ce fait Le iafouv infame 


Et dit ainfique fe ialoux 

ont fa chair ſoit liuree aux foupe 
Qui fe fait ſeigneur de fa fennne 
Quif ne redoit pas eſtre dame 
aie fappeffe et (a compaigne 
Comme fa fop fee accompaigne 
Et il redoit fon compainge eſtre 
£ane [op faire ſeigneur et maiſite 


Quant telz toꝛmens luy appateiffe 
Œtne fa tient comme pareille 
Ains fa fait viure en tel mefaife 
Œuidez Sous quif se luy defpfaife 
Œtquefamour entre eulx ne faiffe 
Puis tant fa griefue et frauaiffe 
dar de fa femmeneft amez 

Qui fi Seuft eſtre cfamez 


Œtconuient amours loꝛs mourir 
Quant amane veulent feianenrie 
Amours ne peut durer ne Biure 
Defneftau cueur franche et deliure 
Dource reuoit enfement 

De tous ceulx quipremierement 
Par amours apmer fe foufoient 
Quant efpoufer fentreBoufoient 


Tel meſchief p peut aduenit 
Que lamour ne fe ſceut tenir 
Ehomme qui par amours aymoit 
Sergent a celle fe clamoit 

Qui fa maiſtreſſe ſouloit eftte 


Ffueillet 

Oꝛ ſe clame ſeigneur et maiſtre 
Peffe qui (a dame eſtoitckamee 
Quant effe fut par amoure apmee 


Apiner/fas en queffe maniere 
Œn teffe/que fi fans pꝛiere 

Luy commandaft/ampe faiffez 
Et ceſte choſe me Baiffez 
Zantoftfup Baiffaft fane faillir 
Du faiffift/et comniandaft ſaillit 
Doire fouf ce queffe dift 

Faiſoit pourueu quiffe veiſt 


ar fouf auoit mie fon deſir 

A faire fon vueil et plaiſir 

aie quant furent entreefpoufes 
Sicomme racompter Sous opez 
Loꝛs fut tournee fa quereffe 

Car lup qui fuf feruiteur deffe 
Da commander queffe fe ferue 
Ainſi com ſelle fuft [a ferfue 


Œt fa tient coutt/ctfup commande 
Que de fee faits compte {up rende 
Ceffe qui fa dame appeffa 

Œnupe meurt qui apꝛins ne la 

Loꝛs fe tient celle a mafBaiffie 
Quant fe Soit ainſi affaiffie 

Quant fur fon cof fon maifire garde 
BDonfoncques mais ne fe print garde 


Malement eft changie le vers 
Où luy vient le ien ſi diuers 

Si felon et ſi eſtrangeʒ 

Quant cil luy a fee dez changez 
Que anufieu ne peut iouer 
Comment fen pouf effe fouer 
SefnoBeift cif fe courrouce 
Œtfa faidenge fox feffe grouffe 


Adonc ceſt fe grant yte mie 

St tout ce par fpre ennempe 
Pource compainge fup ancien) 
Seruiteur feruant ſans ſien 
Daififement fans vilennye 
Sentrefaifoient compaignpe 
Aisne donnaffent leurs franchifes 
Dour fox darabe ne de frife 





Car qui tout for eh Boufdtoif prendre 
Trop ne pourroif francBife Bendre 
Neſtoit loꝛs nufpeferinage 

Nul nyſſoit hoꝛs de ſon riuage 

Pour chercher eſtrange contree 
Oncques nauoit la mer paſſee 


Ja ſon qui pꝛemier la paffa 
Quant fee nauires compaſſa 
Pour fa topfon aller querre 

Bien cuyda eſtre pꝛins par guerre 
Neptunus quant le voit nager 
En cuyda tout vif enrager 

Si fiſt danes et fes filles 
Dourfes merueilleuſes ſemilles 


Tous cuiderent eſtre trahiz 

Tant furent forment eſbahiz 

Des nef; qui par fa mer alloient 
TComme les mariniers Soufoient 
Mais fe premier dont ie Vous compte 
Ne feauoit point que nager monte 
Treſtous fe trouuoient en feut terre 
Quau gre feur ſembloit Bon acquetre 


Niches efloient egaufment 

Et ſentreaymoient fopaufment 
Lung ne demandoit tiens a fautre 
Quant Bint fancer fur autre 
Œtcounoitife et auarice 

Ænupe et tout fe autre vice 

eufp firent faiffir pourete 

Senfer ou tant auoit efte 

Que nuf; deffeviene ne fcauoit 
Noncques poure homme eftenauoit 


Sn ce chapitre cp endroit 

Jehan demeun que Bees prefent 
Nous monfire que ce neftpae dꝛoit 
Que nuf up aiffe maf faifant 
Paie que fe ialoux meffaifant 
Siſt a fa femme tef; parofes 

Los quifeftoit trefdefpfaifant 

Et que de Bfafmer fift eſcolles 


£e mefchant iafous malheureux 
Deuant quif euft efpoufe femme 
RefemBfoit au francamoureug 
Qui ſert et honnoꝛe fa dame 


CC. vxiii 
Œt maintenant ifne voit ame 
Qui pare ou deuife a ſoupper 
Que fon ennemp ne fe blaſme 
Œuidant quon fe vueille tromper 


Saltel ialoux dieu fe maufdpe 
Fauflt il que quant on fe marpe 
Que tef;motza fa femmedpe 
Ne quen ceff eſtat fa carie 

Et par fe filʒ faincte marie 
Lomme qui mefdit er) ce point 
Contre doit et raifon Patrie 

Et cuide quer dieu ne croit pointé 


Quant fa femme Soit Belle ef coincte 
Bien attintee et attournee 

it dit tantoft quef eft accointe 

Se quefqun qui fa Befiournee 

Et a fa penfee tournée 

ZBene (op fier en nulluy 

Me croira nufle iournee 

Quen ce point foit gente pour luy 


Quant quelque beau filʒ gracieux 
Seuiſe Bng petit deuant effe 

Le faulx ialoux maufgracieup 
fe chante pas foie ce quif cefe 

A fe pourmaine ou fappeffe 
Affin que fautre fe recuffe 

St que fa trefplaifant et belle 

fe parte pluena nufne nuffe 


Di pour Benir a mon propos 
Quant cee deux perfonnes icp 
Sont autrement Bien ne repos 
Auec eulx fe couche foufcp 
Buetre moitelfe p gift auffi 
oꝛs ffomme qui eft fe pfue foꝛt 
Darfe a fa belle tout ainfi 

Que ſelle euft defferup fa mort 


Di comme feffe fuſt fa pire 
Qui iamais euſt efletrouuee 
En neſvng royaulme ou empire 
Œt lappelle fauffe prouuce 
Trop de foire vous ap ie eſpꝛouuee 
Loꝛs maufdift effe et fon fignage 
St qui fa choſe eut controuuee 
Dont fut onc fait le mariage 
00 ff 
57 


Le mariage poinfnefoue 

Te fait fa grimace et le groing 
Comme fif Boufoit gaigner foue 
Loꝛs dit/des femmes cefttont ſoing 
Briſſe les dense et ferre fe poing 
Ætiure dpre quif fa fera 

Regarder dce hommes defoing 
Ou certes quif fa deffera 


Œt de fait tantoft deffendꝛa 
Quelle ne parfe pfue a Gomme 
Duque fa teſte lni fendꝛa 

Sn deuv pieces comme vne pomme 
Du que bien fa batra en ſomme 
Touſiours eſt venant on allant 
Loꝛs ne repoſe vng ſeul bon fomme 
Tant eſt enfle de mal talent 


Œncoree ne ſuffiſt il pas 

fa tels eſpyes par voye 

Que fapourenproit Bngpae 
Que fup ou fon guet ne fa Bope 
Et pfuffort/[e dieu me pouruope 
Σeft gardce tant efiroit 

Que lunh ou fautre fa conuope 
Bien fouuentinfques au retrait 


Contre amoure ne foit mye dit 
Nene defpfaife a fa iuſtice 

Ce malheureux iafouv mauldit 
Fait a ſa femme tel ſeruice 

Be fee faits plus auant vous deiſſe 
Naie fa matiere ne vauft rien 

Ne neſt pas choſe de quop feiſſe 
Long pꝛoces deuant gene de bien 


Ain ſi pour concluſion faire 

Se noue voulons de droit Bfer 
On deuroit Fe iafoup deffaire 
&t hoꝛs de tout honneur rufec 
Œt fauftiebat) de meun evcufer 
&atifna point dit ne efcript 
Riene de quop fup faifle epcufet 
Je men raportea fon efcript 


Quant fif{ Le rommant de la roſe 
Du fart damoure ef toute encfofe 
de fut pour honneur de fampe 
Ainſi fair doncquee se fa mpe 


Fueillet 


Dour meſdire de nulle dame 
ar a fa fienne donneroit 6fafme 
De faufo courage fup Biendzoit 


De cfamer fampe au endroit 


Veu quif layme tant ct tient chiere 
A feroit comme fa bouchiere 
Qui nourrift vne belle Barbe 
Puis fa fait mourir a fa hache 
Ain ſi quant fa blaſmeroit 

Ne quen riens fa diffameroit 

Ala bouchiere deceuante 
Neſembleroit de ce me Sante 


fa nourrie fa maifireffe 

En fouenge et en Baufteffe 

Œt fa pfue pfaifamment tenue 
Que femme qui foit ſoubʒ fanue 
Et meſt adnie quon fa parcfofe 
TJffa nomma fa cBiererofe 
Œtmaintenant apres cecp 

Sil la Soufoit occire ainſi 


Du deſrober de ſon bon loʒ 
Seboute ſeroit et foꝛckoʒ 

Be loyaulte et pꝛeudhommye 
Ne de cecy neſchapperoit mye 
Qui que ſoubſtenſiſt fa querelle 
Sans punyſſion coꝛpoꝛelle 
TFfprouuera certainement 
Œtfe monfirera pfainement 


Qui vonldꝛoit regarder fon liure 
Queiamaie ne voult pourfupure 
fe pourchaſſer mafne diffame 
Adamenea nuffe autre femme 
Dource regarder fauft comment 
FCfiR en metres for) rommant 
Et fi fauft que on fevamine 
Auant que plue on termine 


Et ſe iuſtice Beuft croire 

Aine quon departe fandifoite 
Seuant nous treſtous iurera 
Be ce quon lintertroguera 
Sonner ne deuons fa fentence 
Deuant que voyons fa ſnbſtance 
Su ſiure et de linuencion 

ESt quelle fut lintencion 








Se celle qui fa diſtille 

St en ceſt eſtat compiffe 

Pourtant fe vopons fes efcripts 
Quif a compiffez ef defcripts 
Neſvng de noue ne peutentendze 
21 quef Bout ou fin fe Beuft tendre 
Dcauoitnepourrione fon courage 
Na quel pꝛopos fift ceft ouurage 


Le langaige Sopone frop bien 
Mais de fon Sueifne fcauone rien 
ar comme fa fop dit en ſomme 
Lintencion rend inge lhomme 

ZLef dit fouuent ou efcript choſe 
Que fon cueut fe reboure fuppofe 


Au regard de matheolus 

Sa Sie ne doit durer pfue 

€cft Sng meſchant qui rien ne vault 
De parfer pout luy ne me chault 

GEn fon fiure na fondement 

Rimene boy entendement 

TChaſcun de cefte court fret bien 

Que dec femmes ne dit nuf bien 


Ainſi que fopaf cueur a dié 
Ce malheuteux Pomme mauldit 
Ta eſte veprouue bigame 
St tel tout fe monde fe clame 
Ainſi ie conclus et me ſemble 
Que le rop et nous tous enſemble 
Œt pareiffement fe commu 
Seuons epcufer iehan de meun 

€ £amant 
Quant raiſon euſt narre le cas 
St faicte fa collation 
Je Bis feigneure et aduocas 
Œufp mectre en congregation 
Juſtice leur oppinion 
Pemanda for de ranc en ranc 
€t puie a fa concfufior 
Den Bintraffeoit fur fe banc 

¶ Juſtice 
Loꝛs difi/feigneure ie Sous annonce 
Que (efon ma prerogatiue 
Ff fauft que fans defap prononce 
Quiconquesfe contraire eftriue 
ja (entence diffinitiue 
Je ne puie recufer a droit 


CC. vpiiii 
Larreft fanepfue grant narratiue 


Vous vueil pꝛononcer oꝛendꝛoit 


£a haulte ét noble excellence | 


Damours et fa dame venus 
Didonnent quon face fifence 
Juſques les pfets foient tenue 
Tous fee ſubgetz grans et menuz 
Be ceans ſont tous dung accoꝛd 
Et font a ceſte fin vVenus 

Que matheolus pꝛengne mort 


Mais le toy qui eſt tant gentil 

Je Seuft pas conſentir quil meure 
cHais veult quon fe chaſſe en exil 
Et que ceans plus ne dem eure 

Et pour tant il fault ſans demeure 
Le mener au grant 6 ope dennup 
En Bne prifon forte et feure 

Ou iamais nenupfe a nuffp 


Amoure qui eſt doufp et traittaBle 
Ne Beuft confentir £a mort dame 
Aine eff piteuv et charitaBle 

Si eſt venus fa noble dame 
Œombier que lhonneur et ſon fame 
Et leur royalle mageſte 

Dont deſpꝛiſeʒ pat Pomme infame 
Bigame pfair) de fauffete 


Je fe deſclaire eſtre trouue 
auto acteur/ennemp des dames 
Bigame menteur appꝛouue 
Facteur du teſtament des femmes 
Le villain boucquin tant infame 
Dera bꝛuſte pꝛeſentement 

Dour monſtrer que tef; villains blaſmes 
Dont contre dꝛoit totalement 


St bueil quil ſoit tantoſt mene 
Sn ennuy par tous mes ſergens 
Et que fa ſoit empꝛiſonne 

Sn chartrefoing de toutes gens 
Lee ſeruans gracieuv et gene 
Zu rop fe condamnent a mort 
Tous les gouuerneure et regens 
De ce chaſtel en font daccoꝛd 


Au regard de iehan clopinel 
o o iii 


Qui fifi le rommant de fa rofe 
Le rop Seuft que de fon chafief 
Soit Banp fans faire autre choſe 
St poutfant if fauft quif difpofe 
Se fen affer en autreterre 

ar fa court ainfique fuppofe 
Entreprent de fup mener guerre 


St pour faire concfufior 

De donner fin a mon arreft 

Meſſeigneurs (ont doppinion 

Que matheolus fans arreſt 

Doit toſt meue en fa foꝛeſt 

Au chaſtel de mefancofie 

Gn vne pꝛiſon qui fa eft 

Du ken met ceufo quamoute onBfie 
Lamant 

ZApree que larreſt fut donne 

GEn faudience generale 

Matheolus fut emmene 

Dar deuv fergene hoꝛs de Fa fafe 

Loꝛs venus fa dame royale 

Pꝛint pat la main le chief des dames 

TComme fa plus efpeciafe 

St la plus noble de ſes femmes 


St la mena en Bnepree 

£a plus belle deſſoubz fee cieulx 
Laqueffe eſtoit fi Bien ouuree 

Se toutes ffeure par fous fce fieuy 
Que nature ne fiſt oncques mieulx 
La trauerfoit dune fontaine 

Vng rupſſel plus cler «iopeufo 
Que neſt keſtoille éremontaine 


zephitus fe Sent delectable 
Ventoit illec de toutes pare 
Floꝛa ſa compaigne notable 
Faiſoit Pa cloſture des pare 
Atropos / ſaturne ne mars 

Ny font mourir foibles ne fore 


Amours qui congnoififeure faulx are 


£es a bany et mys dehoꝛs 


Affec eftoit Le cPief des dames 
£erop/(amoureufe deeffe 
Auec Bng grant tas dautres femmes 


Ffueillet 


Dont fa moindre eſt bien grant maiſtreſſe 


Soubzʒ fe ciel na tant de nobleſſe 


Queie Bis leans pour ce iour 
TChaſcun y Biuoit en leeſſe 
Sur terre na plus beau ſeiour 


La trouuay ce que demandoye 

St cela quap fonguement quie 
£e plus hault Bien ou mattendope 
€tque iay plus toufioure requie 
A cefle foie ie fap conquise 

Teſtoit mon pfue ame defir 

St mon foubait fe plus exqnis 
Ou iamais ie pꝛendꝛay pfaific 


Je fie la fout ce que vouloie 
Dans trouuer nufempefchemtent 
Suery fus de ce que Soufope 

Su tout auant mor partement 
Subtilite treffeurement 

De fift mon) fait £a fienne grace 
St me monſtra totalement 

Lee plus Gaufo ſecretz de la pface 


Loꝛs me diſt que ceſte pꝛaierie 
Ou tant de plaiſance auoit 
Neſtoit pas vng lieu de farie 
GSt que bien effe fe ſcauoit 
ais quapeller on fe deuoit 
£a gente pree de mercp 

Du venus fee gene receuoit 
Aaure; de lamoureux foucp 


Je fa creux de ceſte merueiffe 

St men print bien a mor aduie 

2 tant fut iour et ie meſueille 

at de dormir fu; affouuie 
Depuis enfour mop rien ne vis 
Au moine choſe qui fort metouche 
En ce penfement fuʒ rauie 

St remis penfif fur ma couche 


Loꝛs fur ma couche matreſte 
TComme homme de ſens deſpourueu 
En penſant on iauoye eſte 

Du ſauoye ſonge ou veu 

Tantoſt a par moy ie congneu 

Que treſtout neſtoit que menconge 
Non obſtant ainſi que iay ſceu 

Jen ap fait defcrire Fe fonge. 


¶ Commient vne dec dames qui eff au iar⸗ 
din de plaiſance fleur de rethoꝛique enuoye 
vne epiſtre a ſon ſingulier amp grãt oꝛateur. 


C. xxv 





Eu de tẽps a quen tes 
eſcrips feufe a p moy 
meditant homme efo s 
quent de vertus nor) 
moins enrichi que de 
pfaifante maniere de 
patfer aoꝛne ſoubdai⸗ 
nement me ſuis trouuee en treſgrande admi⸗ 
tation. t cynie fa couſtume eſt dentre noꝰ fé 
mes chercher quelq̃ recꝛeatine pour touſiourꝰ 
euiter oyſeuſe quo) dit maratre des vertus 
feiſmes vne aſſez ioyeuſe aſſemblee / ou pour 
drꝛeſſer menuz pꝛopos lune de no? pl? eximiee 
commenca en telles patoffce. Bon dieu/ com 
bien differe le fol du ſage. Si ne cuydes vers 
Sous ces termes ſans cauſe eſtre mie er ads 
uant / a ma voulente dentendꝛe faraifor caf 
cune de vous Brief fe paine. Puis certain tẽps 
auons receu de noſtre loyal ſecretaite reſpon 
ce faicte er) ditz nouueaulx pour ſes dames de 
ſyonnois fur certaines faintes c charges pat 
quefque poignãt eſcriuain impoſees aux def 
auantage de leur honneur et toutes autres / 





auquel par luy tant ſatiffeit que cõme fa per⸗ 
dꝛix deuant laultour ſeſt rendu mat et pour 
vaincu: comme tout pꝛeſt deſtre fie au char en 
ſigne de triumphe. St touteffois tãt a pareſ⸗ 
ſe eſtonne ç ſopy noz entendemens que de pre 
mier leſcriuant aucune de nous ne ſaduance 
ce qui fait grammẽt a repꝛendꝛe: attendu que 
es cueurs des dames ſemble choſe digne de 
note et aigre repꝛehenſion trouuer tache din⸗ 
gratitude/car delles font inceſſamment no⸗ 
oles eſleuez eſperiz attendans quefque fruict 
de loz. Me voiſe donc er oublience ſourdece 
quenuers nous a deſſeruy / mais pẽſons le rez 
compenſer aucunement deſcrips nouueauſvx 
quop que non aux ſiens comparableꝰ/toutes 
ne pouon toutes choſes. Si voy ie quaux fers 
ples ne font fes pꝛeſens egalement fais. St 
fe donnon foy aux hiſtoires où ſapho peult 
en ellegie neuſt attaint de pleume heroicque 
chaſcune iouxte fon pouoir excerce liberalite 
A cee parolles affes en prudence fondees tou⸗ 
tes fleſchimes noz entendemens tellement 
qune feufe ne fut veue defaillante faire pros 


fueñtet 


meffe quefque choſete a fop efcrire. St de ma 
part comme nouueffement fut en mes maine 
eſcheu Bne epifire affes curienſe oꝛdie en lan⸗ 
gaige ptafic penfap fa tifire en Sete francois 
Ainfiquif te peult appatoit/tant pour fa fers 
tilite du langaige que doufces epcfamatione 
dont toutes pars elle regoꝛge. ar certes a fa 
verite oncques ke malheureux pheton ne fut 
ſi chauldemẽt ploure par fee yeulx de ſes ten 
dres ſeurs queſt vng poure enfãt expꝛime es 
eſcrips de fa doulce mere / dont fa matiere ver 
ractelfe. ¶ Jehanne au tempeque Bonne 
foꝛtune de fes doufo vens luy ſouſpira telle⸗ 
ment fut hauft cffeuce quelle peut veoir ſon 
cer eſpoux ſeant au thꝛoſne de millan. Cel⸗ 
fup touteffois par choꝛt eſtaint £a delaiſſa 
pꝛeſques en fa fleur garnie de deuv Beauty 
ieunes fifs/maie pour regret trop en bas age 
Lefquefs fouBs coufeut damitie Pudouic fop 
difant feur oncfe Boufut promptement gou⸗ 
uerner / mais tãt et) celluy coömme renommee 
ſlabore ſe peut amour etat qua fainfne 
dõna fe Benin dont fut aſſez de legier fuffoc4. 
Quefque temps apres enfupuant Lope des 
francois doustefme Souft fa duche reconquez 
tir /auquef fut querre ampabfe quen fa fa 
uent a main armee ce deuandit oncke chaſſa. 
St comme pour le grief fes des Batailles ne 
puiffant a reſiſter defaiffa for) fien de millan 
fane quil euſt temps affes propice pour fautte 
nepueu emmencr/pat quop affes fegieremtent 
cheut fenfant en fa main des francois, Si 
futauecquee difigerce ee patties deca trauf; 
porte. Dont de La pꝛiſe occafion fa mere tranf 
met ceſte pꝛeſente epiftre / au recit de faqueffe 
apaine fera veu celluy qui de pifie a fermes 
ne contourne / cõſidere quen peu de lemps eft 
de ce que dieu ſuy voult des ſubtiles oeuures 
de nature impartir miſerablement deſſaiſie. 
Laquelle choſe deuant les yeulx de noſtte ef; 
perit pꝛeſentee nufeft qui auec toute vꝛbanite 
naccoꝛde dautãt que par lectres ſeffoꝛce inge⸗ 
nieuſement fes cueurs eſmouuoir eſtre bien 
digne de lecture. Et meſmement de ceulx er) 
qui ſourt toute grace defoquence. Ce qui a 
meu ma Soufente cefle prefente tranffaci z 
on a top plus toſt que anufautre ennoyer. A 
ce que pour fa ſubtilite de ton engin examine 
les parties plus ſecretes de la deuãt dicte epiſ 


tre, St pour a facilite de tes benignes meurs 
qui de conuerſer entre les nymphes et muſes 
cs couſtumier ſuppoꝛtes fee dure traitz de mna 
rude pleume que ne ſuis vſitee de fr fubtif 
piceau pourtraire: cõme ſapho / criſtine / othee 
@ fes autres eſcriuantes ce plaiſans ars dhu 
manite. pce doncques fifte plaift/ct cons 
uertis ou interprete en fa pattiepfue charita 
ble mes peu fertilles eſcriptures / conſiderant 
touteffois que ſoubʒ fa dure eſcoꝛce giſt quel⸗ 
que doufceur femenine:mon de moy / mais de 
ceffe principafe auctrive. £aqueffe affection 
de mere meuf naturellement poetrifer. de q̃ 
pat fop octrope affes legieremẽt poutea fous 
fe ciel de for emendacion comme de nouuel et) 
liberte venue prendre efperit de hardieſſe en⸗ 
tre les dameꝰ de noſtre ſiecke conuerſer difant 
a dieu que pour le merite des labeurs de ton 
eſperit te pꝛeſerue a fa memoire des iours ad⸗ 
uenir autaut que fa fuBtifite dufive/ou fa cfe 


ce formede helene a paris. 


¶ Rethoꝛique compoſee par ladicte dame 

ANR ie reuiene au treſenoꝛmes faits 
GA Dôt foꝛtũe a toꝰmes plaiſirs deffaits 
Etquipat droit inſtrument a precie 

7. cffaine en leaue de fa fleur de foufcie 

Quay ie meffait a Bouc celeſtes coꝛps 
quãt de mes peufp voy mes deux enfãs moꝛs 
Lung par poiſon lautre ciuilement 
TComparee ne me ſuis nullement 
En ſens diſcret beau parler ou facunde 
Comme lathone en foꝛce feconde 
A Soue palas pour quop deuſt pourſuiuit 
Phebues mes fifs et fa mort enfupuit 
Raiſon veult bien que doꝛgueil a fait targe 
Pointe dennuy ſentir gueres ne targe 
aie doufp penſer qui de tiens na meſpꝛis 
Dape a grant tort de foffence fe prie 
Toute fa nuyt a part moy crie ç pains 
D fefce dieup eftoientoepitieplaine | 
De faitroient if; poute)faffe ef chetiue 
Dainte dennup/foucieufe et penfifue 
Si longuement / ſans auoit defferup 
Tranſi le cueur de franchiſe aſſeruy 
Trouua pas Bien contre fon triſte dueil 
Pꝛogue ſecouꝛs digne de lermes doeil 
Quant theſeus par faintiſe emmena 











Sa Here feur quon dit philomena 

Don mabk kuy fift veputer a Bien cher 

Puis qua fes dens ifocuora fa cher 

Ju tendre itie qui fut fon pꝛopꝛe enfant 
Dont au recit prefque Le cueut me fend 
ais a doufeur qui patt defirange fance 
Liens neft fi doulx que Le fer de Bengeance 
Si ne quiers ie tee mopens fufciter 

Pour mon grief mal guerir et repiter 

Foꝛs ſeulement pfusne vueil requerir 
eftquen viuant me ceſſe le mourir 

ar deſplaiſir qui ſouuent merefueiffe 
Ca par defdaing mie fa puce er loꝛeille 
Bontmieufo me feuſt eſtre beſte inutiſe 
Du tranffoꝛmee en quefque arbꝛe immobile 
Mirre on encens pat gouſtes diſtiller 

Que de ſoucy tant me voir mutiler 
Aumoine de dueif ne fiffe aucune effoꝛs 
Aue de penfec et de fouffrance Gore 

Zefs paroffee de ma Bouche fouuent 
Saiffent en fair ef perretrent fe Sent 

Si Bop ie daine/Piches cerfs ayreux 

Dar ces foꝛeſtz eſtre Bien plus eureux 

Tar en keurs foꝛs courroux ne ſe demaine 
Oꝛes poſe quel nait point de demaine 

Gt les opfeaufo par qui bꝛuient les champe 
Be fon ioyeux et melodieux chans 
Quant fut iour onf a gorge defpfopee 
Seſire fair toute force employee 

Triſte penſer ia ne herbergeront 

Ge petis ficts ou ſe recueilleront 

Tiſſus de Bert plaiſant frois et menu 
Quia mon ſouhait ia ne fuſt tant congnu 
Dar boys et prez / en chemin np en Boye 
De ceffe qui ceſte epiſtre tenuoye 

Enfieu de voir danſes ct chans diuers 
Trouue fe temps rigoutens et peruers 
Tar de malheur ſuis plus ferue et aſtrainte 
Quoncqueẽé ne fut abſtinẽce contrainte 
Diuant au fiecfe ou fe trouble confus 

ct au deuant fa pointe de refue 

Je fuie dennup medufe tant infecte 

Que de mes peufy rende toufe autre defaicte 
Plus que chimere ou hideux barbarin 

Se engorgaif ne peuple tartarin 

Voire et en fieu defire riche a pfante 
Timbre ſur les armes de pourete 

Fait de metaulx et coufeut tellement 

Que deplaifir oncques ne fiſt mouuement 


C. vx vi 
Et bꝛief de pres ou miſere redonde 
Suis Le fenis dont if neft qui au monde 
En lieu dauoir iufques en arragon 
Bruit des dames efîre fe paragon 
Sentir lee dieu et fortune amiable 
Maintenant ſuis cfegie pitopable 
Remplie de crie et eyclamations 
Detfces a iour de famentacions 
Plus auſteres quoncques ne fiftouide 
Plaignant les maulx dune poure heroide 
Dar tout ſtilla dabyſmes engoꝛgee 
Tiengne fa ronde en fa naſſe plongee 
Dar tout foit Seu lachꝛimeuſe pimplee 
Nenie au pres de trifteffe quimplee 
De moꝛne ducif en leurs caucerecfue 
Bany foufas et de tous poine forcfus 
St que fur par iamais fueiffe on ne Pope 
Qui par gapete de courage verdoye 
Œeffent danferfannes et fatirine 
Dar boys et pres/ceffent les dieux marine 
Dlue eſmouuoir le donfo chant dce feraines 
Duftre paffane toutes fes Bois humaines 
€ontreampBion fes rebebes et lucz 
Doit coꝛrompue fa herpe de phebus 
Et par deſdaing en efpineufe cure 
Doit debꝛiſe fa ffeute de mercure 
fapece/driades et) bas clinez le chief 
Pour teſmoigner noſtre hideux meſchief 
Tant que cite / ville fenticr et Bope 
Mon triſte ſoꝛt chanter eſcoute et voye 
Befpourueu de ioye loꝛies ef rinccaufo 
ſaillez nimphes a grãs tourbes efmôceaufp 
Tondes leg cains de voſtre cheueleuſe 
Teſmoings de ma fortune ruyneuſe 
Laſche eolus en terre ct mer toꝛmente 
Senragez Sens tant que tout acrauente 
le ſuis fa roche ou pfeur et pfainte ſourt 
Aſſiſe en terre ou mal empire court 
Dife au trauere des efpines denuie 
Dour abꝛegier fe ſurplus de ma vie 
Nee en ſaturne ou guerre na reſpit 
Planete fier maliuol et deſpit 
Et crop quau point de mon naiſtre les dieux 
Furent tous fung contre lautre enuieux 
Tant qua cc iour triſte choan froye 
Firent les cris dont tout hõme ſeffroye 
Hymeneus a mes nopces ploꝛa 
Si fiſt iuno tendiement ſouſpira 
Et pour monſtrer queſiois mal conſtellee 


fueiftet 


Fut aperceue comete BarBefee 

Enhault au cief (ur fe palais ropal 

Qui fut a mop figne trefoeffopal 

Digne dp prendre Bng merueilleux epemple 
St peu deuant quon noue menaft au temple 
Loꝛs quon ne Bint enrichir et coiffer 

Bien euffies Beu fee deeffes denfer 

Poꝛter couleur de iope reueftue 

Zoꝛches auflirendoient ffamme tortue 
Signifians aduanturee trefmafee 

Œntre fes mons des furies infernafes 
Titan monfira fon Sifage ennuyeux 
Partout ce iour fut le tempe pluuieux 

et quop quau foir fuff par tout cfer côe embꝛe 
Hurtay mon cief contre (huis de fa chambre 
Du ie deuope efpandte fe frefoz 

Que les filles tiennent pfue cer quefoz 
Soꝛeſnauant pour mieufy Beoit le fige 
Dfuto coꝛna en) fon oꝛde bucine 

Tant que fe flv lethes et flegeton 
Retentitent du tref doloꝛeux for 

TCelluy neftpas des hommes fe pfue fage 
Quine fremift au deuant du prefage 

eu que pompeeet cathon fes difcrets 

Dee anciens p mirent feure decretz 

aie quop faffe poure ieune puceffe 

Ne peut ordit ouurage de cauteffe 

Pꝛeſte auffi toft au iourdup que demain 
Don luy commande a francet fa main 

Auſſi doncques faufte de contredire 

Doubte datmer pluſieurs contre moy dire 
Craintiue dhonneur en faie et en dits 

Mont trebuſchee au parfond caribdie 
@enee fuie derreut fa deceuable 

En labirinth certes ineppicabfe 

En la chambꝛe ennuyeuſe de ſoing 
TComme eſt ap laiſſe au grant beſoing 


St toutes pars que mes deux yeulx cõtorne 


Perte de ſens ſon cueuurechief matoꝛne 
Sa main vſe contre moy de menaſſe 
Sont gueres neſt aſſuree ma face 

Si rude neſt quant ma douleur ſcaira 
Quauſſitoſt dueil en ſon cueur entrera 
Et fuſt il fort a ploper com gros arbre 
Æroit et durcy pfus que nef le bis marbre 
Quene plora dauſſi piteufe eftoffe 
PBiogence fe fage phifofophe 

Dour chofe quif viſt au monde aduenit 
Se de mes maufp ifeuften ſouuenit 


Cueur naure ou maleur ſeſuertue 
Comme a moy de dueil ma reueſtue 
Celluy pour qui tant me conuient gemir 


Gſt trop plus doufo que deſire dormir 


Ne oꝛ/argent/bucine ou tritoꝛicque 

Doiv de lamie ne chancon de muſique 

Ne tous fes Sere du ſage ariſteus 

Dur fa herpe du plaiſant oꝛpheus 

Et qui plus fait que pitie en moy entre 
Neuf moys ke tins ee ſecretz de mon ventre 
Las qui pourroit fouffrir douleur amere 
“yat denfant plus que fa piteuſe mere 

Je pꝛoduiroye fa dolente reſpha 

Qui au temps des iuifʒ dauid eſchauffa 
Se iamais cueur dauſtere enuye tane 
Bemiſt fonfpir de triſteſſe empane 

Dour eſmouuoir oeif de piteuſe mere 

It eſt bien temps que ma doufeuramere 
EChargee dennuy/dures plaintes et cris 
Plus quoncques mes ne furent feu;nefcipe 
Mande Sere top plus que femme du monde 
Meuzʒ de pitie et doufeur treſpꝛofunde 

Ah craint feigneut et fur tous redoubte 
A moy femme quiiamaie ne gouſte 

Les fiere affauf» de querre futieufe 
Entens pour dieu ma plainte doforenfe 
Fortune a Bien moy voulu herbergier 

Au profond puise demon triſte dangier 
ais fe rapoꝛt quap de tes doufcee meuts 
A fait promeffe a mes aigres doufeure 
Bauoit toiiſiours ſoubʒ crainfiue efperance 
op ef pitie pour fa begnine enfance 
Oncques ne fifi fon tendre et floꝛẽt aage 
A nuf viuant fant foit petit ouftrage 

Las qui feroit cueur a fant defpiter 

Qui voult denfant mere deſheriter 
Enfant dieie trop de cueur Bfcere 

Gn qui foꝛtune a malheur infete 

Go pꝛemiere ane de fa foible ieuneſſe 
Dour qui mepfaine et de crier ne ceſſe 
Diteuv enfant lamazabathany 

Qui de pechie nae ieuneſſe tarny 

Poꝛter te fault fa paire du mal fait 
Dour af qui a ton doulx frere deffait 

Sit eſt moꝛtel / ſi eſt ſa poure mere 

ais ie te pꝛie pourtant ef conſidere 
Comment fon doufo frere ainfneie perdp 
Et au vouloir de dieu condefcendp 
Bleſſee men Sp au ſecret demon cueut 


Bunefitres aſpꝛe ef fiere douleur 
Quamour ste fit prefque dolente femme 
TCoꝛps in ſtinſſant et deſheritee dame 

Se les nymphes ſuſſent voulu rauir 

Dour Le ſien coꝛps garder a leur ſeruir 
Comme iadis a fu clere fontaine 

Hilas ſuinant ſa cruche toute plaine 

Tant ne fuſſe reputee malheureuſe 

Ne eſtimee perte ſi dommageuſe 

Duie que fes dieux ont pꝛomis et Boufu 
Que lautre me foit fierement toffu 

Dour approuchet fa francopfe contree 
Aumoins up foit chaſte vie monſtree 

En ladꝛeſſant en vertus heroicques 
Comme ſcaueʒ faite bons catholiques 

Si veult raiſon que de ioye defpoutuers 

fe ſoit pat dꝛoit de nouueau dueif poutueu 
TCar mal ſus mal par merueilleuſe entente 
En mal query ſi renouuelle fa fente 
Inceſſamment lae / amp ie recoꝛde 

En mon las cueur dueil de miſericoꝛde 
Qui par nature de moymeſmes partit 

Et de mon ſang et de ma chair fe veſtit 
Dee maine/fee peufo et fe traict de Bifaige 
Œaufes en mop maint dangereuy coutaige 
Banye met) Bop pat grant crudefite 

Dane ce quayons en tiens demerite 

Mais feufementie fe pꝛye dune chofe 
Œeftque pitie ſoit en fon cueur encfofe 
Autant parfont comme for en fa mine 

Due celle ef que dure perte domine 
ZTendent affin que ne nre foit tolu 

if pour qui rap courtoifement voulu 
chains tours ef nuys en frefooufoureuy 
terres 


Plõger mes peufp au rupffeau de mes larmes 


Lomme fa mer quide voye continue 
Fnceffamnient ie pourmene et reffue 
Auffimop las fans point pmaginer 
Le dueif que peuft mes pfatfire affiner 
Dung treſſouldain et peftifere fort 
Nage touſdis fans confiderer port 
Amour entce ouftre commun vſage 
Efface tout fecfer fainct du viſaige 
Et caufe es fencrepugnance et eftrif 
Zeffement quon ſemble mieulx moꝛt queBif 
Se ieuſſe prie hardiment requerir 
Que me vinſſes cueur et coꝛps ſecourir 
Par fe peril de tes cruelles armes 


C¶vv vii 
fon ſans cauſe deſperſerois mes larmes 
Querre pour moy ia que ſache ne vueil 
Dont tu piuſſe choir en paire ou dueil 
Au deſtriment de ton vertu eux corps 
Aeque pourimop defparte tes tre ſoꝛs 
Dour furuenira mon trefpiteuy apde 
Quop que dec Biens de fortune fope Supde 
Ja ne vouldꝛoye eſtre vng autre iaſon 
Dour conquerir fa doꝛee toiſon 
Tout cueur humain tient a choſe anientee 
Lee fiers thoꝛeaux ef cruelle medee 
Conſideray que nay pas deſſeruy 
Qua tef dangier me face aſſeruy 
Du fe par pꝛeſt deuers top reclamaſſe 
ot ou dargent quelque epceffiue maſſe 
Sans ce quen riens fuffe a moy tenu 
etes a droit fiffies le deſcongnu 
Dour fe refue dinciuile requefte 
Jamais ne fut homme veu deſhonneſte 
Lomme de boys nef roche aymantee 
Matraict a ſoy pour eſtre acrauantee 
ais qui de fer fa vouldꝛoit cheuillee 
En Buef ſeroit en fa mer periffee 
Dareiffement iefpere que mes dits 
Aus detiqueur fane aucune contredits 
Ja ne pourront par quefque ouftrecupdance 
Faire [ue top ſeule petite offence 
Armee ne fuie de fer ne de parofe 
Fragife en faits et de penfee mole 
Di fainfreftque te ſoit incongnu 
Le nom de tiftre exille ef tout nud 
Quop quefeBent/terre/mer/de mop face 
Bꝛuit importun ef que ma triſte face 
Seſcouure a plain clerement deuanttoug 
Le mafqui eſt dedans mon cueur enclous 
Plaiſe a tee yeulx ceſte epiſtre ligere 
Ouuerte fire ainfiqne meſſagere 
Se celle qui eſt tombee en fa maity 
Ze moꝛne dueil aduerſaite inhumain 
Si que de toy ia ne ſoit deſcongneue 
Mon triſte ſoꝛt et ma deſconuenue 
Plus triſte fut a hecuba fe ſoꝛt 
Veu des troyens la ruineuſe moꝛt 
Que ſe pluto par ſa mauldicte enuye 
Leuſt en enfer de ieuneſſe rauye 
Vopre a ſonger fa perſecution 
Bu mafbeureus quiſappelle vcion 
Doir proferpine en fes cruelz atours 

pp 


Be ficius/perfeus tous fes Bauftoure 
Ættantaluc de foif incotingibfe 
Tuydant tiret le bꝛeuuage paifiôfe 
Au crp tetrible a tous exoꝛbitant 
Las trahy enupe a cup quiactant 
Qui pleure « crpe ce que fa mort actaint 
Dar droit plaint bien ce que par for eſtaint 
ar perfonnier a tel heute quif femble 
GSſtre iopeus en fon poute cueur tremble 
Qui prent en quete € foꝛtune pfaific 
Peult Bien larmes confire a fon loyſir 
Sil eff ainfique de moꝛt dure pfainte 
Quant ot fe fon des cloches ef eſtaincte 
Tant quoblieʒ font fes farisee c pe 
Dec ducserope/fifsne fonéparefcipe 
Braues en tumbe aupfaifante cronicque 
Bien atournee de fleurs de rethoricque 
SEt que le temps rauiſſeur et tapy 
Teſſe naura que tolit nait aſſopy 
O vous mufes filles de Bon affaire 
“Je Sous fuppfp qung dictie veilles faite 
Du foit au long recite pat expꝛes 
Lefes dennuy qui tient mon cueur opres 
La ſoit elio fur toutes cvauffee 
Pour rendꝛe Bois a fa choſe paſſee 
En doulo ebꝛieu/caldee/ latin grec 
Au reciter non ſterille ne ſec 
Tant que du pleur raiſonne pernaſus 
Au lieu meſme ou vola pegaſus 
Puis dappolo par digne oꝛdonnauce 
Luyſe epitaphe en terme deloquence 

¶ SGpitaphe. 
¶y giſt lenfant que nature eſtoffa 
GEn qui les dieux mirent par doulvx accoꝛs 
Clarte dengin / alegeance de coꝛps 
Tant que la moꝛt a fa fin leſtouffa 


Bien peu pꝛouffite art de ſage minerue 
21 ſoible eugin qui deſplaiſir enerue 


Nefface pas ce que nature a painct 
Qui dꝛeſſe honneurg les veues eſtainct 


eff charite par fa doulce fiqueur 
Amour denfant penetteiufquau cueur 


¶ La reſpon ſe que feift fe ſingu 
fier oꝛateur par epiſtre a ſadicte 
dame. 


Fueillet 


€ meſcrips plus homme efoquené 
fẽme digne de riche plume à du ſoef 
baſme de fectres diftiffe p Sumanité 
portes en bouche et main fa pafme. 
Ce que foibfe oeifde pfaine veue appatcoit er 
moy deffaiffant pour fa mer dimperfection ou 
nage mon tude efperit / trop me fetoit grande 
honte eftre dit pierre pꝛecieuſe qui ne prenene 
fueille ne fainctscat certes on fe fofeif de tes ar 


monieus eſcripts eſtend fon gracieux Bifaige 


fa face des miens eſt tarnie. Mon dauftre forte 
Ou diſſemblable 4 fipar ſubtil artifice fuſt de 
zeinſis table envichie confre Biffe miſe pour eu 
ure ce quipourroif a pſaiſãs ris maine ioyeux 
eſperitz mouuoir. Vꝛ dit platon q̃ lame eſt au 
coꝛps a ce ioincte quelle adminiſtre Sert? @ ſciẽ 
ce / eſͤlles de tes ongles tendꝛes as pour 
iopeufe quefteiufques a paruenir a chief dem 
pꝛiſe tellemẽt quefpoir pfuade fa fin a tes illu⸗ 
ſtres faitz impoſer couronne immoꝛtelle ce que 
a nous clerement deſcouure fa ponpe de fran 
coys Langaige digne de grande Reuerence 
effufe a fa tranffacion de cefte plainctiue epifz 
tofe de iehanne de mifan ducheſſe radis et fiffe 
de ciciffe ſus fa perte de fes enfans naguerce 
deteg moindres oeuures a mop daſſez doulx 
eſperit trãſmiſe / laquelle non moins doeif ioy 
eux nous a pleu en greteceuoir que peuent oꝛ 
et autres done des e ſtranges hõnies iadis a 
main treſauaricieuſe les roys des parthois ac 
cepter pour lartificielle forme de titre parler 
en icelle obſeruee ſuiuant la maniere daragne 
q̃lle fe verite giſt ſoubz le voille dec fables fou 
loit en ſes toilles garder / tellement q̃ ie ne puis 
au bꝛay dire fi fa ſciẽce te decoit ou fede top eſt 
adomee: dat en fingufieres parofes fermes p 
Vng moien diuin fentéce de philoſophie Fe pris 
defqueffeseftquen termes devtime ne fe penéé 
iuflement pufer. Ceſſe doncentre ces grãs loʒ 
au chois de bon ſcauoir eſcrire fa tourbe deSda 
mes ſans nõbꝛe italie treſtudieuſe: car en doul 
ce oꝛoiſon ſolue excedes tes euures le mõſtrent 
migarole et la mantuane en vers de graue ma 
geſte Pꝛoba treſexcellante Poete pꝛudente 
fille dadelphus quatãt fait prefqua louer er) 
tes pꝛonunciacions fa puiſſante demoſte nes. 
Et fe cler gecton nos regarde au luyſant mi⸗ 
roer du mondea conſiderer les erreurs / par leſ 
quefs (nbzicâ fortune eut fe treſbuchet prepare 


ſoubz fee pieds de ceſte ducheſſe pour mener 
parroeincerfaine fa clere renommec effaindre 
au gouffre de confufion/cfpoir defiger admon 
neſte nuffe fame tât defpourueue de Bon iuge 
ment raiſonnable qui de trop pfꝰ quardét Bou 
loir ne permectre humilite fes douſxxõmande 
mens eſcrire ou pointe doꝛgueil aſſigee / ficre 
oultrecuydance graua. En quoy ſachezclere 
eſcriuãte q̃ de ton pur engin celeſte auoir cõtre 
lopment de telle matiere eſpꝛouue non moyen 
nement ſeꝛont tes doulces vertus iffufireec/c8 
mc ainſi ſoit que nature nous a tellemẽt inſti 
tues que fefperit ne peuft gouffer Biande en ce 
monde plus focfue à congnoiſſance dhyſtoire 
nouucffe/phaferce en terme plaifäsg purgee 
dinruſticite / tellemẽt à pat lapꝰ detépefaBeue 
de ceſte vie mbrage p top a fa fin defueflu/ce 
quauinf au diuin omere les mondaineé côcer 
teront en quef lieu difcretnature fit iadis telle 
fame naiſtre / chaſcune delles contédent fe fai 
ve de fanacion quant de fec deficafes mainç a 
foingcurieuvtraiterôt tes fiureS extraiz de mi 
nerue/entre fes oeuures femenines aufant à 
dcuant tous tropens fes armes dectozreffant 
Bopent faifanStarge controfce Bôntes pꝛomps 
au ſexe indiferamment taches de non fcauoir 
empraindre côfidere fe peu de ceffes qui fes tref 
humaines nourriffoiéte dignorance fee peufo 
Bandes côme iextime fe fans nombre ce 4 pre 
nier ſemble efſtrãge aux goꝛrieres du temps qͥ 
court ymages de vie ſeulement cõme des oeu 
utes pigmalion pierres nues au vif enfaiffes 
gnon ſans cauſe mõſtres dictes rachaptes de 
nuffe vertus qui de honteux Bice captiues cõ 
ſumẽt fe tẽps pꝛecieuv Dore begninsars eſchã 
Bree doyſiue pareſce Sfane laage. En fifence 
comnte brutes que nature faignit fa face en) ter 
re auventre dônet faneur/au nõbꝛe dcfâlfes 
nextime fes deux autres courtoyſes dames er) 
à prudence enta fon greffe dõt tes lectres font 
mécion/aufqueffce vueil Bien ſupplier dautat 
comme Bon Soufoir monte que toufioure eft 
perfeuerät fant eff de grande agilite pbeaulx 
efcipe en hault Bofer ſoubʒ fee plumes de re 
nommee fans doubte que fes iaueffotz de fan 
gne fegiere inferdicte puiffe par âfque haſart 
pꝛãdꝛe fus leurs nobles premier faits armes 


LE Low viii 
beftoffe litterale E. fer ma Bouche anope fait 
gues autant quargus eut doeifs er chief fi ne 
pourrope ie a leurs merites de grace condigne 
fuffire. Ouſtreplue de ceffe refponfe pat moy 
naguerec a lhonneur des gracieufee fponnot 
fes a mon pouoir mife er aduant / ne me pui 
affes merueiffer dont peut ta liberalite prendre 
occafion effeuer mec tres decolorece vertus / ſe 
daucunes fu poffede/defquefles eff £a petifeffe 
amop nullenient incongneue / ioinct que moin 
dre gloire nen font faire fes choſes ignoteS que 
les entẽdues expꝛimer / par quoy deſoꝛmais fe 
pfaira arreſter fe coure de Bien dire iu ſques fe 
don de ton hault fes pourſuiue de mop fe meri 
te qui pꝛeſẽt ne lay defferup fois ſeulemẽt / bien 
oufap ie affermer que iamaiꝰ au iardin des da 
mes ne voulu de cueur vleere ne feufe cfpine 
planter / ne entre fe faufuages roncee de poi 
gnantes detraction foufioure a moy perfuade 
fe mes efcripe deuant leurs peuf» trouuerent 
tant foit peu de grace delles en fop le recõgnoi 
fire nia pfumc ap taincte de miel a toute louen 
ge dictes Dore efpoir dauoir recôpance q peuft 
amoidur fe merite/côcfufiô puiꝰ à ſouhait mef 
fagereffe pareffeux po‘ fatiffaire a noz deſits a 
taporter de fee nouueffes ap pꝛins Boufoir de 
parfournir quefque affes nouueffe entreprin 
fe defcrite £a propriete dune pãthere a focifpfai 
ſante / maiꝰ de nature deceptiue faifant adreſſe 
pꝛincipale aux fentes des dame” doꝛleãs pour 
feutre eſperitz eſgayer pourfuuâie damour na 
turelle fe doulx air ou tendie ieuneſſe fans tri⸗ 
ſteſſe nous allaicta g q̃ du labeur de ma pfume 
ne tarde liberalite / laqueſle peuſt eſire recene 
ainſi à de cueur dehaitte coꝛiãde de non prepa 
tee/car cõbien que le rude fon de mon terreſire 
caractere ſemble auv liſans reprefentet inſtru 
ment de melancolie / neãtmoins la matiere eſt 
telle 4 peut odeur aromatique inſtiller inſqueꝰ 
au parfond des eſtangs dhumaine pẽſee / dont 
au gouſt du tien iugemẽt ap remis toufe fa cen 
ſure. Pꝛiant a dieu que pour fa fleur de ton elo 
quence pofie arroufee en fa meſme ſource au 
tant tacroiſſe de merite en ciefæ parofe des hõ⸗ 
mes que poutroit donneur acquerir Poꝛtant 
pacience auꝛeilles encõtze ſert de malebouche. 


pp ii 


¶ A. V. herault des amoureuſes 
entrepꝛinſes a. J. M. facundiſſi⸗ 
meet frefaffaBfe dame honneut 
ſaluberrime. 


IReuoiant la cachineuſe lecture de ma 

pꝛeſent epiſtre incapable par la rudite 
du maternel langagegcpeu fructueux 

Xſens dicelle deſtre paucun moien bien 
extimee. Dar lõgs iours me ſuis a mor treſde 
ſireux vouſoir epcufe de rendꝛe teſpõſe a ceû 
voſtre vertueux courage ſeſt tant auãce de me 
adieſſer Touteſuoieꝰ non ignoꝛãt ingratitude 
cfireatontes gene d6mageabfe / pour lantido 
te defBonteur que tay par voſtre lectre recen / 
entrepꝛinſe a eſte p moy mife [us/ de extoler ec 
cofauder kirrefragrable doufceur de voſtre nou 
uelle trãſtacion aux infuffes barbares moins 
que Bien entendue. aie eſbahy du trefbauft 
fliffe et profunde ſubſtance deffe et des incõpꝛe 
henſibles meurs et nobles vertus dont Bous 
eſtes incõparablemẽt aoꝛnee / en perfcrutant p 
lee regiõs de ma tendꝛe memoire inuencion de 
nouueau ſoʒ apꝛes la reuolcion bibliotecaire 
des rommaines hiſtoires cfictions poeticques 
paruenu ſur la fodiacion de pegaſus et ſourſe 
caſtaliayne oultrepaſſant le mons de peꝛnaſe 
ſans ſeiourner ce foꝛeſtz eliconicques / foꝛs au 
pfaifant fon de fa mercuriale harpe à fidoufce 
mẽt touchoit apofo fuperateur de larmonieux 
chant des muſes / perambulant intellectuale⸗ 
ment pat les tenebꝛeuſes menſions oꝛchialles 
et pꝛofundiſſimes regoꝛgemens des eaues ma 
ritimes ſoubz fa licẽce de neptune fan oublier 
fee occuſtes retraictes des nymphes audacieu 
ſement peruolant p fee aers a lexẽeple dedalus 
et contemplant par continuelle meditacion 
le troſne imperial de iupiter / maiſon royalle 
de phebus / les temples et palais des dieux / et 
triũphant conſiſtoire dec deeffes/ Ma peu mon 
faafengin côceuoir/ediffier ne conſtruire fouz 
enge cõdigne a voſtre epaltacion. Car pꝛeme 
ditees fes cauſe pour leſquelles depuis fe pꝛin 
cipe de mogoꝛgonicque ont pluſieurs pꝛudẽtes 







fueillet 


et illuſtres femmes eſte deifiees / Vous treuue 
apres fa dame du chaſteau a fa porte cloſe / fa 
plus prudéte/fa pfus fage/pf? efoquente/pfus 
moderee / pfus aſſeuree / la mieulx difant/côpo 
ſant et eſcriuant à fut oncques. Parquoy bien 
aduiſe 4 choſe trop oultrageuſe ſeroit de Bou z 
Loir plus q̃ ie ne puis enfreprédre « fpecifier fes 
chofes p moy incongneues/troubfe en fene de 
fa ſublimite des haulx termes / hyſtoites cpoe 
ſies dont voſtre epiſtre eff decoree / et de fa cõſo 
nance oꝛpbeicque diccffe/a faqueffe fe font fes 
aureiffes mpdaicques préptemét erigeesdoub 
tant vous eftre fufpecionneuy dadufacion me 
tais de dite QEneftaucune des anciennes efcri 
uantes 4 vous nayez eu fepceffence de fi elegã 
ment dicter et côpofer antecedee. St p inueſti 
gacion ſoigneuſe en contẽptant mon ardãt de 
firme euertueray ſeulemẽt de facit labeur trou 
uer a ma rude plume / pat fequef puiſſe au dos 
du blanc papier enrichi de voſtre meliflue epi⸗ 
ſtolatiue doulceur Sous rẽdꝛe ſalut non tef ql 
appartiẽt / mais a moy poſſible ſans autre reſ 
ponſe y ſubtiliſer. St oultre obmis le triſte te 
gret de ceulx auſquelʒ foꝛtune eſt moine q̃ fa⸗ 
uoraBfe/BouSaduertir des inoyes aduerſitez à 
a fa diſtribucion des amoureux dõs de venus 
me font plinduſtrie de fol deſir ſuruenues / dõt 
ieſpere pluſamplemẽt vous informer. Aſſeure 
que foingfain malheur meſt a aduenir ſe cõſo 
facionne meſt par Bo? fur ce adminiſtree/ laql⸗ 
Le ie impfore a ceſte fin. Pꝛiant pour refofucio 
fe dominateur des plutonicques vmbꝛes / Bo?" 
pꝛeſeruer entre fes ouftrageufes entrep:isfes 
des infernafes futies / g loʒ ĩmoꝛtel dsner aup 
ſumptueuſes oeuures qui entre les humains 
vous gloꝛifient. 


LExvis 
¶ Commient au iardin de plaiſance malebouche 
chaſſe fe cheualier dudit iardin de plaiſance dont fa 
dame en meurt de courroux. 


fa bante chalebouche | 

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— Se KA 4 
D teinpe que phebus a fe cours 
Be monſtrer fa haulte puiffance 
St que zephirus fait ſecours 





Que par ſouſhait tant pourpencer 
Sen euſt ſceu dune emperiere 


Atoute ioyeuſe naiſſance 
Denue me donna congnoiſſance 
Be chercher au dop et a loeil 
La pfue Belle dame de france 
Dont ieuʒ vng gracieux recueil 


Teſtoit la fleur des excellentes 
Et la pꝛinceſſe des notables 
Lacouſtrement des triumphantes 
Le gibier aux cuenre delectables 
La prope des loʒ pꝛouffitables 
De Éaufp vouloirs fe roc exquis 
La grace dec donc ſuppoꝛtables 
Et le bꝛuit des humains requis 


Se beaulte fans comparaiſon 
Dfusque cueur ne ſcauroit penſet 
Dame nature par raiſon 

Len auoit vouſu diſpencer 

Et des daleurs tant difpercet 
Fuſt en facon ou en manicre 


Elle eftoit dꝛoicte et aduenante 
Œt de taille bien preparee 

En fee faits a tous reuenante 
Et en habis mouft Gien paree 
Sur toutes autres comparee 
ASne dceffe en Bafeur 

Et au furpfue equiparee 
Avne ropne par honneur 


En Bien en honneur fans plus 
Autrement dieu me doint fa moꝛt 
Feux de fa grace fe furpfue 

Qui eft hoꝛs de vila in remoꝛt 

Par vng deſir qui cueurs amoꝛt 
Ze ſeruit dames en amouts 
Dane eſtre en corpe ner) ame oꝛt 
Ainſi memaintine plufieure iours 


Elle eſtoit tant Bien acompfpe 

Que fappareiffe neftoit nee 

ZÆeBafeur et dhonneur remplye 
pp ti 


Au monde pfus que fofuiree 
Oncques ne fut ropne atournee 
En biens de fi grantinffisence 
Ne de ſi grant fo; contournee 
Dar fimerueiffeufe epceffence 


Amour quime fit cefle grace 
@entretint vng petit de temps 
Puis male bouche vint en pface 
Qui en fit dung deulx maulcontans 
Parquoy diſcencions / comptens 
Soutdirent tantoſt en apres 

Et deuant pfufieute affiftens 

Den appꝛoucherent affes pres 


HafeBoucÿe maf compofee 
Betractant chaſcun iour ef nuyt 
Mauldit en cueur € er penſee 

Pource quaufo amans touſiours nuyt 
Fit leuer vng eſclandꝛeux brut 

De treſmale ſignifiance 

Dont noſtre plaiſir fut reduit 

Gn trop loingtaine deffiance 


Les gens par ſon mauluais rappoꝛt 
Souſpeconnerent quefque choſe 
Qui nous miſt en piteux depoꝛt 

A grant toꝛt fans raiſon ne caufe 
Faire nous faiffut quefque panfe 
Sur nous entretien gracieux 

dar quant vng Bien en mal ſexpoſe 
TCeſt vng cas trop malicieux 


alice cauteleuſe et fine 

Par enuie pꝛemeditee 

Tous bone renoms en fin affine 
Comment queffe foit meditee 
ar quant fa Pure eſt deſpitee 
Tant foit ieune ou verte fouenge 
Tantoſt effe eftdecrepitec 

Fuſſe en fa perfonne dune ange 


a ie ſuis defiBere 

e men aler deuere ma dame 

Et treſhumblement fup dire 
Comment enuie nous diffame 

dar deuant queffe euft quefque blaſme 
De ie puie pout mes durs remoꝛs 

Je pipe a dieu g noſtre dame 


Fueillet 


Quil me doint mourir de cent mots 


Ja dieu ne pfaife que ie fope 

Telluy par qui donfeut fa fuiue 

fe qua fa hanter ie meffope 

Tant que deſhonneur fen enſuiue 

3€ Bauft trop mieufo queiaconfuiue 
Quefque dueif qui par moꝛt me dompte 
Que feufementie fapoutfniue 

Vng iour pour viure deuv a honte 


21 honte hellas / iaymeroye mieulx 
Eſtre bany du doulv plaiſir 
Et de tous les biens gracieux 
Quon pourroit au monde choiſir 
Et qui plus eflme deſſaiſir 
Se paise / de ioye ef de concorde 
Du men aler ce iour geſir 
Au gibet ſans miſericoꝛde 

¶ Lacteur 
Le poure triſte douloꝛeux 
En tel eſtat deſconfoꝛte 
Tomme vng treffopaf amouteux 
Vers ſa dame ſeſt tranſpoꝛte 
Et luy a fe cas racompte 
Piteuſement en motz expres 
Tout ain ſi que ie lay note 
De mot a mot icy apꝛes 

€ Lamant parfant a la dame. 

Ga treſhonnoꝛee maiſtreſſe 
Je viens deuers vous humblement 
Pour aleger la grant deſtreſſe 
Qui me tient rigoreuſement 
Tar malebouche haultement 
Auecques fa mauldicte enuie 
Sentremet merueilleuſement 
Se nous faire perdꝛe fa vie 


Se Vous ef moy tient ces paroles 
Publicquement deuant chaſcun 
Autant par cueur comme par roles 
Pour nous pourchaſſer mal quelqun 
Sil ſcet de nous meffait aucun 
Penſezʒ que pas if ne fe cefe 
Puis if dif par cas importun 
Que certee Sous neftes pucelfe 

€ £a dame 
Duceffe/quop= if ment fe traiſtre 
Dar fa mauldicte gorge infaicée 





Je le fuis et Benfo encore eſtre 
Ja dieu ne me doint eſtre faicte 
Dour eſtre en ce casimpatfaicte 
Tant que dhonneur fope partie 
Œtque iaye en faifon parfaicte 
Selon dieu et raifon partie 
€£amant 
Bien le [cap ct lentens affes 
Point nen fault autrement iurer 
ais fes bꝛouetz quifs ont bꝛaſſeʒ 
Font Bien autrement murmurer 
Diſant / pour Sous enamourer 
Quamy aucz a lauantage 
Œt vous veult on faire enmurer 
Pour finer voʒ iours deuant aage 
£a dame 
on 6ef amp np penfes poiné 
Laiſſeʒ parer fes mefdifane 
Dengez nous ferons par cepoint 
Auant que foit iamaie div ane 
Enſemble des contredifane 


Quop que tandis no; cueure fer deullent 


Paie on ne ſcauroit les Page 
Barder de maf parer fifs veullent 
¶ Lamant 
Parler daufttup en bonne forte 
Efipermie a toute perfonne 
aie qui en maf parfet fafforte 
Œtde maf dire fe faconne 
Pour gens de bien cefa maffonne 
Et ne fe doit on point fouffrir 
Don a puiffance que confonne 
Dour a punicion foffuir 
¶ £a dame 
Les oyſeaulx a peu de harangue 
Ont effes pour Vofer par fer 
Semblablement fes gene ont langues 
Dour a feut appetit parler 
Qui dit maf/maf ie laiſſe aller 
Qui dit bien / de luy Bien contempte 
£aiffone fes maulx Bas deuafer 
Et ee haulvx Biens prenons exemple 
¶ Eamant 
Voire / mais quant vng mal eftoit 
A paine eſt if Bien qui p puiffe 
Œ)etfre apres aucun contredit 
Pour fa grant playe qui er) pffe 
TCar on dit en terme propice 


LE vy y 
Qur coup de langue trop pie fait 
Que div coupe de fance a fa fice 
Ne font /deuft on eſtre deffait 


AQuif ſoit ain ſi pꝛouuer fe Seufy 
are ce monde ſommes mpe 
Zout par honneur. Et fur baueulvx 
Teſt tant de parler entremis 

Que dhonneur ie ſoye deſmis 

Soit pour Bien ou mauluais effets 
Son mop ſeul mais tous mes amys 
Poꝛteront partie du fes 


Dar ainfi donc tout bien penfe 
Œonfiderant quete Sous apme 

En tefcas quif eftpropenfe 

Sil aduenoit quon miſt en terme 
En ſaiſon ou deuant Le terme 
Choſe qui bleſſaſt voſtre honneur 
Vng voſtre deſplaiſir evtreme 

en donroit trois de grant malheur 


Pourtant affin que bien en viẽgne 
A Sofîre honneur ef epcetfence 
Seuant que fortune furuiengne 
if Sauft mieufp retourner la chance 
Et que iendure fa meſchance 
Que deuv pourroiẽt endurer 
at auffi Gien en telle eſſence 
Je ne puis bonnement durer 

€ La dame 
on amp queffe que Joue dicteg 
Helas penfes aautre cHofe 
Tar trop dciope minterdictes 
Me difant ces motz / et pour caufe 
Se fait tefle douleur fe caufe 
GEn mon cueut pat impacience 
Si de ceffa ne faictes paufe 
Que ie mourrap de defpfaifance 

€ £amant 
Dour defpfaifance ne courroup 
Joye / ſoulas nebienepromie 
Bꝛas eſtraincts ou cheueufp deſroux 
on vouloir nen fera deſmis 
Jayme trop mieufp eftre ſubmis 
ZTout fin feufen dure cadence 
Que voſtre honneut fuftapree nie 
Par mes effects en decadence 


pp iiii 


Je (cap Bien que mal men prendra 
Quant pour plaiſir et Soufente 
aie auffi grantiope en viendꝛa 
Pac que iape dangier donpte 
Dfante bourde fuppedite 
Œnuiecttousfes maufp comptens 
Et male Bouche deboute 
Vela fa fin a quop ie tens 

¶ La dame 
Comment me vouleʒ vous laiſſer 
Sans reconfoꝛt ainſi ſeulette 
St du tout ma ioye abaiſſer 
Dour auoit douleur trop aperte 
Se de vous ie ſoubſtiens fa perte 
Dar male bouche où par enuie 
De plourer ferap tant epperte 
Que froisiourenepenfe eflre en Bie 

€£amant 

champye prenez bon confoꝛt 
Et ne Sous chaiffe plus de mop 
ar pour quop famouteuv effoꝛt 
Da mys en doufoureup eſmoy 
Je die a dieu au moys de moy 
Etaus opfeaufp du boys ramage 
ar deplue affer ſoubz fe map 
PBeformais ien quite fufage 

€ £a dame 
on ainp ne me faiffe;pas 
Se ne Soufez que mort hideuſe 
fe viengne plus toſt que le pas 
Faire ma fin trop douloureuſe 
Tar deſpkaiſance langoureuſe 
che pourſuiura par tel facon 
Que ianais de dame amoureuſe 
Ne difton fidure chancon 

€ £armant 
Ga chiere dame vous ſcaueʒ 
Quif fauft que cecp ie parface 
Œtpacience auoir deuez 
Affin que mieulx non dueil ie face 
Quanton voit deux maufp face a face 
Venir par quefque cas infect 
4€ Sauft trop mieufp que lung fe face 
Que fes deuv forfiffent effecé 

€£a dame 
Helas Joue me tues fe cueur 
Dfue nenpuie/fant fuie defofee 
Zout bien me Bient a contrecueur 


Fuͤeillet 


écefapie quau piebs ma foulee 
Jamais ne ferap confofee 
Demon mafqui fout aufreepcede 
Que de mont ne fope er) roffee 
ncontinent fans nufremede 
¶ Eamant 
Nemede nya quel quil ſoit 
Quifne me faille oſter dicy 
dar ſi malebouche aparcoit 
Que iaye a vous parle ainſi 
Tantoſt fans compte et ſans mercy 
Gn tiendra fon faulx parlement 
Be toutfe monde fur cecy 
a maïiftreffe. Adieu Bous commant 
¶ La dame 
A dieu ma trefparfuicte iope 
A dieu vous dre. Et Bouc promets 
Puis quatant vous mette; en Bope 
Que ne me reuerreʒ iamais 
ar deſmaintenant ie me metz 
Puis que iay le temps et leſpace 
Aplourer pour tons entremetʒ 
Tant quiffautdra que ie treſpaſſe 
¶ Lamant 
Heſas ma dame non fereʒ 
Quefqueiour vous viendꝛay reuoir 
Œtreconfortee ferez 
Se ie Souepuisencorc voir 
Mais il me conuient pour pouruoit 
Au bꝛuit qui court communement 
De men aller faire deuoir 
Ma maiſtreſſe / a dieu vVous commant 
¶ La dame 
A dieu Fe confort de mes yeuſx 
A dieu leſpoir de ma plaiſance 
A dieu puisque ſes enuieux 
Vous font pourchacer mon abſence 
Duc dieu et fur ma conſcience 
Auant que fa fepmaine paffe 
Jen aurap de fa defpfaifance 
Tant quif faufdra que ie tre ſpaſſe 
Lamant 
Helas ſuppoꝛteʒ voſtre dueil 
Et men laiſſeʒ du tout fa charge 
Tar ieſpere de cueut et doeil 
En prendre fi griefue defcharge 
Quifneftau monde Bonnie ſi fage 
Qui me fceuft faire affegement 


St pource fur ce dur paſſage 

a maifireffe A dien vous commant 
¶ £a dame 

A dicu fe parfait des parfaiz 

Lonneur de Sie Gienbeureufe 

Le feiour de pondereup fait; 

Le feiour doꝛdꝛe chenaleureuſe 

En lieu dauoit pfarfance heure uſe 

Je ſoulas qui tout Bien conipaffe 

Plaindꝛe Voie na Bieamoureufe 

Tant quif fauldꝛa que ie trefpafle 


Σacteur 


ATX SJ) lermes/en pleurs / et en cris 
Et en grant defofation 

ent foie plus quecp ie nefcrie 
Firent feur feparation 

TFfp eut mainte fiction 

En feure geſtes et au ſurplus 





1 € Lvvyi 
Mais ie nap operatior) 
Que defcrire les dits ſans plue 


Ee poure amant defconfote 

Det afa mouft piteufentent 
Puis fa dame dautre coſte 

En fa chambre ſemblablement 
alfa pfaindre ain fi triſtement 
Qu cueur qui a fa moꝛt fe paſme 
Voiie ſi tre ſorꝛiblement 

Quen trois iours effe rendit fame 


Teſtoit pitie que de fa Beoit 
ÆBouloufer/crier et complaindꝛe 
Refoutner/Birer/efmouuoir 
Doufpirer/fermoper/ct pfaindre 

Des bꝛas croifer/ fes maine eftraindie 
Le Sifage palle ct noircp 

St pour fa mont pfuftofi attaindze 
Se pꝛiſt a lappeller ain fi 


¶ Coniment la dame fe complaignãt douloureuſement en requerant la mort 
et depꝛiant / ſoubdainement fa vint frapper de fa dardꝛe moꝛtelle dont piteuſe 


ment elle mourut 


7. Cort deteftabfe et acteufe 

4 Que ne Biens tu mevecuter 

7 Deu que ma doufeut eft ficreufe 
Que ie ne fa puis difcuter 

fle par raifon p difpufer 

Dont ie pers mantere ef faconde 
Parquoy ie me puis reputet 

£a plus douloureuſe du monde 





Ze monde meſt trop a deſdaing 
Ættout plaiſir me fuyt et chace 





Arien qui ſoit ne pꝛetens gaing 

P uie que mon amp me dechace 
@ifeen fepufture ou en chaſſe 

Seray de bꝛief/ au ſurplus 

Court terme plus que fong pourchaſſe 
ar auſſi Bien ie nen puis pſus 


Je nen puis pfus le cueur me fault 
chon amy / dieu Sous commant 
Lamy ou np a nul deffault 

Sur tous le treſſopal amant 


A dieu ceffup qui lopaument 

Ze cueur ef courage iamoye 

St celluy pour quitendrentené 
Ses peufy maintenant ie lermope 


A dieu mon bien / a dien ma iope 
A dieu mon plaiſant ſouuenir 

A dieu de tous biens la montioye 
TCar iamais ne puis reuenir 
Lefporr de mon bien aduenir 
Lattente damour charitabfe 
Par vous me conuient paruenir 
A ſoubſt enir moꝛt deteſtable 


Deteftaôle mort amoꝛtie 

Qui dun gricfremot fes moꝛs / moꝛe 
Dour mordre fes moꝛtelʒ fortpe 

Se treſmoꝛtiferans amoꝛs 

Viens moy mettre auecques fes moꝛs 
Puis que mon amy tant mamoꝛte 
Me meſpargne tee dure remoꝛs 
Œarie Sauly defia pie que morte 


Moꝛte fuis tant mortifice 

Que moy mefine pyendrap moꝛt / ce 
Ne mie vient a mot defiee 

Faire mourir de dure amorce 

ar defefpoir nia fr Bien moꝛce 
Dour famour de mon bel amy 

Et au Bifteffement remorce 
Quil ma fendu fe cueur parmy 


Parmy fe cueur ie ſuis nauree 
Sans efpoir de iamais guerir 
Bueriſon helas / recouuree 

Ne fera par moy / car mourir 

le Beufo pour celluy que nourrir 
Longtempe ma voulu er lieſſe 

Et loꝛs quif me deu ſt ſecourit 

Par dangier contient quil me laiſſe 


Laiſſee faffe/fas ie ſuis celle 
Sans autie quen duetf if laiſſa 
Embraſee de leſtincelle 


Ccrori 
Helas mon amy fſingulier 
Helas pour vous ſuis mal en point 
Helas mon bien particulier 
Helas voſtte amour trop me point 
Helao iay vng dut contrepoint 
Helas lamoꝛt me Bient ferir 
Helas plaiſir au cueur nay point 
Helas pour vous me fault mourir 


Mourir me fault ſans nul remede 
Mourir pour vous / ie ſuis contente 
Mourir me conuient toute roide 
Mourir ie Benfv ſans plus dactente 
Mourir veulx damoureuſe entente 
Mourir ientens ſans plus attendꝛe 
Mourir ne fauft ſoubʒ triſte tente 
Mourir veulx ieune freſche et tendre 


Tendꝛe a fa mort pas ne me gꝛiefue 
Tendꝛe a moutic ne plaift affez 
Tendiꝛe a fa mort iope mefliene 
Zendꝛe a mourir me duyſt / penceʒ 
Tendꝛe a (a mort dec treſpaſſez 
Tendꝛe a mourir affes me plaiſt 
Tendꝛe a fa mort pour biens pafles 
Tendꝛe a mourir ne me dcfpfaift 


Plaiſir meft de fa mort ſouffrit 
Plaiſir meft de mort endurer 
Plaiſir meſt a cefa moffrir 
Plaiſir meſt de ne plus durer 
Plaiſir meſt a mort maſſeurer 
Plaiſir meſt deſtre toſt paſſee 
Plaiſir meſt de moꝛt pꝛocurer 
Puis que mon ap ma faiffce 


Laiffee ma/mon ſoulas cf ma iope 
£aiffee ma / par dangier ct enuie 
Laiffce ma/cefup qui tant iaymoye 
Laiffee ma/de trifteffe aſſounie 
Laiffee ma / de defpfaifir rauie 


Laiſſee ma / tant pat mons quepar plains 


Laiſſee ma/affin que ie deſuie 


Celluy pour qui tant triſtement nie pfaine 
Bu feu damours quifmaduanca 


De puie deu on trois ane erpca 
Que miſe manoit er fce fac 

ais pute quifmabandonne. Oꝛ ca 
Jay beau dire et crier helas 


Dfaindte me puis et touſionrs lamenter 
Plaindꝛe me pui plie quautre qui ſoit nee 
Plaindꝛe me pris ct trop me gueſmenter 
Plaindꝛe me puie pat dure deftinee 
Plaindꝛe me puise comme predefünce 


Dfaindre me puie de ces durs entreittefs 
Dfaindre me puie deſtre tant fortunee 
Sauoit perdu mon amp pour iamais 


Dour iamais fuie fa dofente amoureuſe 
Dour iamaic fuis lamoureuſe dofente 
Dour iamais ſuis dofente ef maleureuſe 
Dour iamais ſuis famouteufe fente 
Dour iamais ſuis fa fente redolente 
Dour iamais fuie redofente (ane iope 
Dour iamais fuie ſans iope trop refente 
Puis quap perdu ce que plus ne meſioye 


Sſpoir nap plus de iamais iope auoir 

€ {pot nap plus de receuoit lieſſe 

Efpoir nap plus demon bel amp Soir 
Œfpoir nap plus deſtre auec fup fane ceffe 
L{poir nap plus que de viure en trifteffe 
Sſpoir nap plue que de languir touſiours 
Gſpoir nayplus deſtre dicte maiſtreſſe 
Puis que dangier ma oſte mes amours 


Amouteamouts/Las ie vous habandonne 
Amours amours foꝛce eſt que ie Sous laiſſe 
Amonrs helas Bouc laiſſer ie moꝛdonne 
Amoure helas voſtre train ie delaiſſe 
Amours helas fa mort me tientien keſſe 
Amours helas de vous foys departie 
Amours helas ie criray ſans ceſſe 

Tant que mon ame ſoit de mor) coꝛps partie 


Partir me fauft/car fane Sons nepuie Jarre 
Partir me fauft toute defconfortee 

Dartit me fault pour ma doufenr pourfuiure 
Dartir me fauft pour eſtre aux Pere poitee 
Partir me fanft fans eſtre dcpoitee 

Dartir me fault par vouloir coꝛdial 

Partir me fauft trefmafreconfortee 

Puis qnay perdu mor amp tant loyal 


Popal amy ie nauray iamais plie 
Koyal amy / iamais plus ie nauray 
Koyal amy eff de ne Soir foꝛclus 

Koyal amy defounaie ne verray 

Koyal amp las iabandonneray 

£opaf amy trop foꝛt au cueur me touche 
Royal amy Biura/et ie moutray 

Dar faufv dangier / enuie / et malebouche 


Fueillet 
Ha malebouche deſpiteuſe et aduerſe 
Ha malebouche aduerfe et deteſtable 
Ha mafebouche dangereuſe ct diuerſe 
Ha malebouche mauldicte abhominable 
Ha malebouche interdicte daninable 
Ha malebouche de douleur aſſouuie 
Ha malebouche tu mes par trop nuyſable 
Et auec top loꝛde paiffarde enuie 


Daiflarde enuie des amane ennemye 
Daiffarde enuiede amans reboutee 
Paillarde enuie ou de feurete na mye 
Daiffarde enuie de chaſcun deboutee 
Paillarde enuie des loyaulx redonbtee 
Paillarde ennie pꝛeſte a tous maulx forger 
Paillarde enuie de moy eſtre doubtee 

Las tu dore bien / et ce mauldit dangier 


Mauldit dangier inuenteur dc tous maulv 
Mauldit danger remplſy diniquite 

Mauldit danger pfain de paine et trauaulx 
Manldit danger comble de cruaulte 
Mauldit danger pfain dinfumanite 
Maudit danger quionrques ne fie bien 
Mauldit dangier de chaſcun defpite 

Tu mas oſte mon pfaifir et mor) bien 


on Bien ma iope mon efpoir mon fourfae 
on bien / mamour / mon defir/ma ptaifance 
Mon bien total tu mas chiffte / helas 

chon Bien te pere par ta male meſchance 
Mon Bien ſen Bu ct ie demeure en chance 
on Bienne puis ianais par top ſaiſir 

on bien ie faiffe par ton oultrecuidance 
Dont il me fanft mourir en deſplaiſir 


En deſplaiſir pfue quautre femme nee 
En deſplaiſir et doleance amere 

En deſplaiſir ſuis dame foꝛtunee 

En defpfaifir ſuis de triſteſſe mere 

GEn deſplaiſir ſuis doulente commere 
GEn deſplaiſir plue noire que meute 
En defplaifir par moꝛtelle chimere 
Piteuſement ie mourrap a cefic heure 


Aceſte heute meconuient rendre lame 
Siſant a dieu a tout loyal amant 
up ſuppliant que Brief de cefle dame 
Pꝛeigne pitie Seu qhonnoꝛabſement 


Son done amy ayma fr koyaulment 

Que quant enuye leur fit vng congie pꝛendꝛe 

Pat defpfaifir ſen courca tellement 

Que toft apꝛes luy conuint fame rendre 
ΣLacteur 

La noble dame fuir ce point treſpaſſa 

Bequop cefut Bag merueiffeus dommage 

at iamais fan en Sie ne paffa 

Auec fiv mope Fe quatorsiefme aage 

St fieftoit humble / pꝛudente / ſage 

Treſaduenante / benigne / belle et bonne 

Gtauec ce de fi treſhault lignage 

Queffe attemptoit quefque pou fa couronne 


Teſtoit fa dame du monde mieulx poutuene 
Be bien / dhonneur et de valeur exquiſe 
$auftc/droicte/appetante a fa veue 

Mon pas des grans tant feufement requife 
ais de tous autres eſtoit cherchee ct quife 
Et nen deuff on que fe regard auoir 

Puie maintes gens affoient a fegfife 

Dour a leur gre fa contempler et veoir 


Teſtoit honneur de foute honneſtete 

SEt le feiout de pfaifance mondaine 

Earbꝛe fleury du fruict damenite 

La recouurance de foꝛtune ſoubdaine 

£a ſuffiſance de voulente humaine 

Leſploit dhonneut / de tous biens louuerture 
Dour eh amours faire guerre inhumaine 
Teſtoit leſcu des oeuures de nature 


Da grant beaulte par tout eſtoit famee 
Sa Jafeur tant couroit de toutes pars 
Quer fon abſence damours eſtoit aymee 
SEt extimee tant quen paſtis et pars 
Bergiers faiffoicnt ſeurs aigneletz eſpars 
Et ca ou fa chaſcun deulx fer alloit 
Dour afeur gre comme fimpfes poupare 
Deoir ceffc dame de quop chaſcim parfoit 


Teſtoit fa fleur des beauſtes ſouueraines 
Le paragot des viſages plaifane 

Æeftoit fa Verne des ſecondes ferainee 
Lamour des no6fce/fe (uppott dee payſane 
Eheur des Sopane/fa doufceur dce Baifane 
Le repetfoire au iopeufes ſornettes 

St oultre plus pourtoncfes bienſfaiſans 
Æeftoit Fe moulle des petites trongnettes 


CC. vxxii 
Tant eſtoit belle/parfaicte et acomptie 
Qua lextimer neſt langue ſuffiſante 
De bien / dhonneur et de Bafenr remplye 
Quia tout le monde elle eſtoit aduenante 
Be fait / de dit a a chaſcun reuenante 
Dane fe deffaire en maniere ou faconde 
Et eſtoit dicte par gloire permanente 
Par excellence la deeſſe du monde 


Tant fut fon fo; parmy fe populaire 
Entretenu pat decozacior) 

Que vng cueur fopaf portant fe foꝛmulaire 
De bꝛuyt evquie et dcvaltacior) 

fut tant furprie par lexhoꝛtacion 

Ace grane Bafenre ( beauftes du coꝛps delle 
Quif entreprit famoureufe action 

Dour en brief tempe eſtre de fa coꝛdelle 


Oꝛ eſtoit if fuffifant a merueilles 

Niche dhonneur et de biens acomply 
Quant de fa dame eut fa pufce aux auteifles 
Et de famour fut ſon efpzit emply 

Loꝛs if fentit le ſauoureux repſy 

Bu franc vouloir qui a ce lincita 

Et print deffoze fa facon) et Fe ply 

Qui a fapmer touſiours fepccrcita 


Œeftoit des Bone faffronte veſtibuke 
Ses gracieux fe bienceureux recueil 
Ses vaillans gene lembꝛaſe turtibule 
Le feu requis de pondereux acueil 

Le treſparfait pour aſſouuir quelque oeil 
Laboliſſeur de crime deffopal 

Le deſrogueur detriſteſſe et de dueil 

Et Le ſeiour de fout le ſang royal 


Ceſtoit le mouffe aux nobles gentifs hõmes 
La taiffe aux grans / et fe patron des pꝛeux 
Le dꝛoit exemple de toutes beſles founee 

La ſource au bien / des frãcs hõneurs fe creux 
Le bon auv bons / le terrible auv acteux 
Bee champions fe trop mienky acoultre 
Toutes lſes foie quif fe trounoit entreuſx 

Gt eſtoit dit en tous ſes faits Pouftre 


Tant foꝛt ayma que pour concluſion 
Dame venus fup ſoubſtint le menton 
Dane eſtre attaint daucune abuſion 
Bee anoureuv poꝛtoit fe vꝛay dicton 
9495 


Fueillet 


Mais toſt apꝛes comme au vꝛay me dit on 
Foꝛtune vint ainſi qua fa trauerſe 

Dour retourner fa toe de lecton 

St le tumber de hault a fa renuerſe 


Renuerfe fut par raiſon qui fut telle 

ar dangier Bint auecquee fee ſouldats 
Ænupe auffi par mafice et cauteffe 

Puis mafe Bouche mie fus fes eſtandars 
Œt propinerent pour fup nupre tant dare 
Au point duquel if eftoit en fieure 

Que toff apres par ſaiettes et dare 

Don poutre cueur fut iufquau ſang naure 


auffecret fit toute ceſte entreprife 
Soubzʒ faffiance dune fangue fegiere 
Qui tellement auoit loeuure compꝛiſe 
Quil miftauant fa caterue armigere 
Quant feuft efte pour faffauft de fougiere 
Du pour feuer Fe fiege deuantnantes 
Auoir neuft fceu bende pfue refrigere 

Ae a fabatre armes plus confonantes 


Le noBfe ouftre fut fi fort eſtocque 

Dar coupe de Bec et de fegiere langue 

Que de courronp fut coiffe et tocque 
Soub; Bne erreur currurifle albigengue 
Puis pfanteBourde Bint faite fa Garengue 
Acompaigne dung tas de chemifare 

Qui fup firent pie que fa caque fangue 
ar ia auoient tous en coche mie ars 


Le bꝛuyt conruf parcee gene euofez 

Qui neftoit pas ne trop bon ne trop Beau 
Diſans que deufp furent efcfatz voleʒ 

Faiſant fe fauft par deffue fefcabeau 

Œieufp euft Safu quon euft parfe touf Beau 

Que fe haſter de Bouder et mentir 

TCar kung et fautre en acqnift Bnatuimbeau 

Pout tout guerdon comme amoureux martir 


Loppꝛeſſion fut en lung vipereuſe 

Qui impunye ne ſen alla pourtant 

Soit de famant ou de khumble amoureuſe 
Dont quefque peuple nen fut pas frop côtené 
2nufne patfe qui mon patopenentend 
aie quimentend contemple les paſſeʒ 

SEt comme moy if fer taira a tant 

En priant dieu pour tous les treſpaſſeʒ 


Œnupefut de ce meffait coulpable 

Œtinaf bouche par force criminelle 

Quop que famour fufftouteffoie capable 
Sauoir honneur et gfoire fofenneffe 

Si en fut ſoꝛs l'erreur fa crimineffe 

Sont pfufieure gens qui par iffec paſſoient 
onfiderant foffence trop crueffe 

Sen difoient pas tout ce quif en penfoient 


Œn fa ieuneffe/en fa force et Biquieur 
Quetanénature a ſouſhait compaffa 

Soit pat amour/pat force/ou pat rigueur 
£a bonne dame du monde trefpaffa 

Quien Bafeur toutes autree paffa 

Et ne fit onc choſe digne a reprendre 

Qui pfue pa/oncques maf ne penfa 

Pꝛions a dieu ques rieufo fa Bueiffe prendre 


Quant morte fut fous fes nobles du fang 
Bout procedoit fa tige decoꝛee 
Dindrentiflec/Boire et de ranc en ranc 

Fut de pfufienre mouft triſtement plouree 
Tar de fa veoir ainſi deſcoulouree 
Sembloit a tous cas hidenx et eſtrange 
Veu que deuant eſtoit tant honnoꝛee 

Pour ſa beaulte q̃ plus neuſt ſceu eſtre ange 


Son parente familier et notable 


Lacompaigna par pitie fingufiere 


Autre p auoit qui fup fut mal traictable 
Dar Bne hayne ſombie et particufiere 
Sefon fa mode et facon couflumiere 

La affifterent et durant cefte office 
Tindꝛent Bon geſte et ſemblable maniere 
Juſques a tant quon euſt fait le ſeruice 


ZToꝛches /lumieres / gros ç riches ffambeaute 
Cierges aſſez / chandelles allumees 

Petis enfans fur Bance et eſcabeaulx 
Veſtus de dueil / ſemblablement fumees 

Au pꝛes du coꝛps teffes quacouflumees 

Dn a dp mettre quant ce Vient a cefa 

Œt euft on bien fes fermes efcumees 

Au peufp de ceulx qui paffoient par fa 


Le coupe eſtoit dung fin dꝛap doꝛ couuert 
Se tous coſteʒ pendant vng pand enterre 
Son doufo Bifage vng petit deſcouuert 
Dont affinoient gene a le Beoir grant erre 


£a mort neſtoit de boſſe / de catarre 

Ne dautte maf qui ſang humain effoꝛce 
Mais miſe eſtoit tant ſeulement er ſerre 
De mort ſoubdaine par amour et par foꝛce 


Dar force Boire/on peut Bien parfoꝛcer 
Course de nature par quefque dꝛoguerie 
Œt fe fort fang tellement efforcer 

Que fon congnoift éantoft fa bꝛouillerie 
Dar medicine et par barbouillerie 
Dung qui pꝛo quo/ou dung faufv recipe 
On paruient Bien a fi grant ſeigneurie 
Que 6on en ef fe gratis accipe 


Semblablement pat amour mourut effe 
ar quant damour fut attainte et efprife 
Amour fup fift Bnepfape mortefle 
Telle quon Boit que de moꝛt effe eff prife 
aie male Bouche bꝛaſſa ceſte entreprife 
Auecenupe pat fauffe defraifor 

Luy imputant cas de trop grant reprife 
Difainement fans caufe et fane taifon 


À cefle obſecque meffee furent chantees 
Sernice dit oꝛaiſon ef priere 

Maintes doufeure de pluſieurs gorgettees 
Regrets et plaine de frop rude maniere 
Loꝛs fut le coꝛps triflement en fa Biere 
Comme if effiert a noble creature 
Deuant fautel mis vng petit arriere 
ar La eftoit faicte fa fepufture 


TCouuerte fut comme if appatfenoit 

De drape de fope fefs que oꝛreʒ cp apres 
A chaſcun coing vng ange qui tenoit 
Quelque rofeau portant Bng dit expꝛes 
Chaſcun qui peut tant de coſte quaupꝛes 
pappofa fon dofent cprographe 

Duie p mift on vng tableau de cppree 
Comble et replet dune griefue epptape 


Plus ampfemtent Joue fera decfaire 
Quant ce viendꝛa au point ct lieu requis 


CC. vxxxiiii 
Dour quoy pꝛeſent du ſurplus me tairay 
Pour amener le noble amant exquis 
Qui de ſa dame ſeſt tellement enquis 
Aoupr dire qui nouueaulp cas reuefe 
Que Brief g court de fon grant Bien acquis 
On luy en diſt ne froide nonuelle 


Nouuelle ſceut fe vertueux oultre 

De fa maiſtreſſe et dame triumphante 
Comme fa moit/fas auoit aconftre 

Son pfaifant coꝛps et perfonne evceffente 
L£oe fon oꝛgane et Boiv eflincefente 
Derdit Jigueur et fut tant embafme 

De grief coutrouy et doufeur receffente 
Que coup fur coup tumba deuv foie pafme 


De racompter fa doufeut neſt poſſible 
Me fa gompe qui pource fe furpzift 
Luy reuenu comme par impoſſible 
&n fon 6on fene et raiſonnable efpzit 
Befefperance en tef facon fe prit 
Chagrin / ſoulcy / dueil et ſeuerite 
Que ke chemin ſans autre defap prit 
Dour mieufy fcauoir du cas fa verite 


Le 6on ſeigneur de dueifpatiBufe 

€ Geuaufy Batant au propre fien fer Siné 
£a ou eftoit fe coꝛps fatiBufe 

Dune fans plus qui feufe en valoit vingt 
Quant if fut fa ſcaueʒ Sous quif deuint 
Moꝛne / deffait de tout grief dueil confit 
Je fapperceuz tant que Brief me conumt 
Labandonner comme Gomme defconfit 


£a taifon fut pource que Bers les dueifs 
Quon auoit fait dune feufe partie 
Tant extimee / et de Beoir la es deux 
Je neuſſe ſceu / loꝛs ie fiz departie 

St men allay en tout ou en partie 
MHettre cecy ſoubʒ propos directeur 
Pꝛes de la vigne en cler fruict mp partie 
Le furplue fit vng treſnoble Drateur 


¶ Comment ſe cheualier eſt oultre de courroux pour 
lamour de fa dame qui eſt allee de Sie a treſpas. — 


qq ii 


Ffueillet 


E— DNA 


le 


¶ £e cheualier ouftre 

Snſant / ſongeant a demp trouble 
À fe frop iopeuw ne pen dehait 
| Dique par pluꝰ de troie fois double 

“D Lung penfement fur fautre donbfe 
Malgre tef fois eff quon en ait 
Du pat doufeur ou par ſouſhait 
Du par pfus de mif autres pointʒ 
domine fee diuere cueurs font poings 






Seſſoubʒ Bng pauiffon de fope 
Œntre deuv dꝛaps ffairanse fa rofe 
Lung de ces ioure Beiffant gifope 
Et faignant de dormir Bifope 
Sur maintetrefdiuerfe choſe 
Que fa cfarte du iour recfofe 
Neme pouoif toffir des peufo 
Pour men faire eftre pie ne mieufo 


£a terreauoit feiont couueré 

Si nauoient mes peufp puiffance 
Be choifir ronge/Bfanc ne Bert 
aie fe cueur de tous fes ouuert 
Veoit par cfere congnoiffance 
ZBont fut ou iope ou defpfaifance 
Qui fe Beniffent courir feure 

4€ Beoit fouf et a toute heure 


Le iour deuant de for mafbeur 
Seſtoit compfaint Bng autre a mop 
Qui par femBfant de fa coufeur 
Doutoit dennup et de douleur 

Aſſeʒ pour en mourir a pop 

Et ſy mouuoit par vng ennop 
Que fefe fortune adꝛeſſoit 

La ou fa paiv fe nourriſſoit 


Veſcu auoit neuf ane ou plus 
Fopeuv fe plus qui fut fut terre 
Œt de ſon fempe tout fe furpfue 
Dattendoit et efloit concfus 

Dour Bng paffe Bien cent acquerre 
aie fortune qui maine guerre 
Douuent a ce que fen deuife 

Gn difpofa dune autre guyſe 


Lar comme ainfi fauft que moꝛlelle 
Doit toute humaine creature 

Da dame dont Bne autre telle 

Na pae fur ferre ne fi Befle 

Dour toute beaute de nature 
Sſtoit de pfaifant nourriture 
Denue a doufoureufe pffue 

Que moit cruelfe auoit tyſſue 


—ItTTTDOODCCOCOCCCIIIID 





Dour firer de deux corps fa Bie 
Dar mettre a fin piteufe fume 
Mort auoit fune partraupe 
Dont faire faufre par enupe 
Triſte fa pſus deſſoubz fa lune 
Gn quop tout for de pampelune 
Ne du monde pour abbꝛegier 
Ne fuffifoit pour lallegier 


Sn pou de mes plaine de ſubſtance 
Sentans pure douleur nayfue 

St pꝛopꝛement ſurhabondance 
Sinſoubſtenable deſplaiſance 

En cueur qui na ne fons ne ryue 
Da bie ainfi sue et chetiue 

che deuifoit treftout au fong 
Deichant fur terre comme Sngiong 


Dont par pifie qui me paint tendre 
De fipercane et piteuy termes 
Ne mop ne le voulʒ plus entendre 
Ne ly ne fe pouoit defendre 

Se mouiffer fes regret en fermes 


Mais comme deu dung maf enfermes 


Chaſcun fupoit pfourant a part 
£ung ca et fautre vVne autre part 


Ainſi faiffap ce compfaignant 
Faiſant detrifies chieres maintes 
£equefpfue leſtoye effoignant 
Plus affoit fes maine eftraignant 
Œn renforcement de compfamtes 
Bont lee pointures etattaiutes 
Pꝛindꝛent en mon cueur tef feiouc 
Que ie neuʒ Bien de tout ce iout 


aise defpfaifant plus que nuf ame 
ZBunginien fitrefparfait amp 

A qui foꝛtune eut fait tef Bfafme 
Quautant luy feruoit rendze lame 
Que viure en viuant a demp 

Dar tant de fois diſoye / hay mp 
Quoncneme voult fouffrir ce dueil 
Que ie doꝛmiſſe goute doeif 


Si eſtoit ia mpnupt paſſee 

Et pꝛeſque vne heure dauantage 
Quoncques fa dame treſpaſſee 
Qe pouoit faire fa paſſee 


Dar tout foꝛs quen 


CC. xxxv 
Sehoꝛs demon veillant courage 
Œtpuis de mor amp la rage 
De cuyſoit tant quainfi geſir 
Defloit plus force que pfaifir 


Plus meffozcap den efire hoꝛs 

Be ceſte eſſoyne tant nupfabfe 
Œtmettre en amoureux ascoig 

Le cueur auecfe greue coꝛps 
Commie pour fe pſus conuenable 
Quepfus trouuap non pꝛouffitable 
La grant fabeur que ie y mettoye 
Et maine deffect ic p acqueftope 


ais en fa fin quant efcreuee 
Deftoit par fop ma doufeur tonte 
Œtquenature a leſtriuee 

De doufoit defire tant greuee 
Dar faufte de non Dormir goute 
Aloꝛs apres ſi longue efconte 

le pꝛins vng peu a fommeiffer 
Sꝛoit entre dormir et Beiffer 


Si neſtoient mes peufy a paine 
Be toue poine Bien fermez encore 
Quant vne aduifion foubdaine 
La plue de grant miftere pfaine 
Que ie Beis oncques iuſques oꝛe 
che Sint lentendement deſcloꝛre 
St ſuſciter mon eſperit 

Dans que fe coꝛps bougaſt du lict 


Lore de ma Bifion fenfree 
Seſtoit de veoir vng territoire 
Dont ſi grant beaulte de contree 
Ne fut iamais enregiſtree 
En liute nufne er hiſtoire 
Et fi eſtoit de roche noire 
Ferme a — deſtroit 
ng ſeul endꝛoit 


Place auoit leans gracieuſe 

Duftre creance a recoꝛder 

Flairant / fertil / ſpacieuſe 

Et la trop plus ſolacieuſe 

Ou coꝛps humain peut aboꝛder 

Et pour tout enſemble accorder 

Tout p eftoit de beaufte part 

Que dieu mift oncques nuffe part J 
qq 


60 


fuciflet 


Repaite np auoit quelqun 

Ne habitacion ciuife 

St ny pouoit entrer nefBng 

Sois parle creup dung tochier bꝛun 
Bung deffenfaBfe contre mife 
ZBont if eft vꝛay comme euangile 
Que ne de force ne demblee 
Jamais ne pouoit efêre emblee 


Sꝛoit au miffieu fe pfue propice 

Affis auoit dung moyen grant 

Vng temple fait par artifice 

Qui furpaffoit en ediffice 

Le pouoir de tout homme ouurant 
Et fine fuie pas remembrant 
Quonc homme oſaſt pour commencer 
Empꝛendꝛe vng tel ne moy penſer 


Tar comme er nobleſſe vng lyon 
Surpaſſe vng ver et lange Bng homme 
Ainſi par plus dung million 

Ce temple auoit a ylion 

Comparaiſon comme oꝛ a pomme 

fe oncques fa triumphant romme 

fe paruint a fi hault eur 

Que den pouoit baſtir vng mur 


Si ne conuient plus en efcrire 

De (a beaulte quant au prefent 
ais force eft Bien quaiffeure ie fpre 
£a ou ie Bop miflere a dire 

Et des merueiffes plus de cent 
Dont ſe foꝛtune fiaffent 

Que ie le puiſſe bien parfaire 

Len oꝛra cp beau compte faire 


Du front de ce pas eſtrecie 

Com ie pouope apparceuoir 
Auoit vng pauiffon dꝛecie 

De fit) oz richement Brocie 

Bleu dung cofte/et dautre soir 
aise qui eftoit dedans pour Boir 
Je ne pouope aprendie a loꝛs 
Qui nen Sp riene que fe dehoꝛs 


ais par femBfant comme nature 
Souuent en fop eptime et pꝛiſe 

Eeans fe fogoit creature 

Quefque Sommeattendant aduanfure 


St a donne a haulte emprife 
La garde de ce digne fieu 
Dar doit a Beu de quelque dieu 


St certes quant le mie fentente 
A bien regarder Bas et Hauft 
Je Sp au fommet de fa tente 
Baoſſe efcripture doꝛ patente 
Lyſable a tous comme iffe fauft 
Dont pour eſtre noh en deffauft 
Sung ſeul mot que mon oeil lyſoit 
Vecy ce que leſcript diſoit 

¶ Hyſtoire 
hour eſtre au nombre des loyaulx 
Amoute par fes pouoire ropaufv 
a mie en cefte roche Brune 
Dour meffaper contre fortune 
Se iay cueur dendurer fes maufp 
Jamais hoꝛs dicp ne faufo 
Si non quant fes cas fortunaup 
Requierert que ie fes impune 
Dour efire. cr. 


Gt combien que petit ie Sauf 

Si ay te fouffert des aſſaulx 

Plus que coꝛps dhomme fou; fa fune 
Bont feufementfattente dune 

ja donne force et vouloirs haulx 
Dour eſtre. cc. 


Di mapparceuz encore apres 
Bioit au deuant de ce paffage 
Bung piffier qui eftoit la pres 

St contenoif par mots eppres 
Tiftre dung autre grant fangage 
Qune doꝛ refupfant pmage 
Monſtroit dung dop bien agenfp 
Et auv lyſans diſant ainſi 


Vecy leſtroit de foꝛtune treſdute 
Auquef amours promet a tous ef iure 
Qui fe pourroit gaigner/iopeuv fafaire 
Quenuf Siuant ne feur pourra fortraire 
Si non fa moit ou peruerfe aduantute 
Le dieu damours frere a dame nature 
Remaint faffue er plaifant enuerfure 
Donc qui vouldꝛa fon vopage icp faire 
Vecy (poire. ac. 


ZBoufeut/foucp/{dangier a definefure 


p ſuruient maint donc qui pfus en endure 
Mecte toufioure pfus paine a plus parfaire 


ar en fa fin fortune faduerfaite 


Seuffre au vaillans venir a feur droicture 


Decp feftroit. ec 


Apant toufionre fur ceſte emprainte 
£ung de mes peufp et fautre nor 
Tant ſuis affe feane par fainte 
Quen fa parfin iap toute attainte 
Lembuſche de ce pauiffon 

Zont en guife dung champion 
ep qun cheualiet faiffoit 

Pꝛeſt a combatre [if faiffoit 


Arme eſtoit de toutes armee 

£efpee cainte hache au poing 

St par nom de fier homme darmes 

Dur fup poitoit fa cocte darmes 

Dour en Baloir mieufo au Befoing 

ais par ſemblant doufeur et foing 

£auoient trop pfue decoupee 

Que coup de dague ne defpee 
Hiſtoire 

¶ Sur luy nauoit piece neſvne 

Qui ne fuſt ſolde de trempure 

Et auoit pꝛopꝛe nom chaſcune 

Poꝛtant ſignifiance aucune 

Chaſcune ſelon fa nature 

Dont damour meſmes fa main pure 

Jadis auoit eſte foꝛgeur 

Pour en armer ſon ſeruiteur 


GSmpꝛes luy ſi auoit ſans pfus 
Vng gracieup ieune eſcuier 

Non point arme mais au ſurplus 
IJꝰ poꝛtoit tout couuert deſſus 
Vng petit coffinet legier 

Mais pour fe compte er) abꝛeger 
Quef choſe if p pouoit auoir 

Ne conuient pag icp fcauoir 


Loꝛs pat mefure ef a compas 
Triſtement a Sifiereouuerte 
Sen affoit contremont ce pas 

Et {on efcuier pas a pas 

Becofie (up fur (Herbe Berte 
ais poinf ue me fut deſcouuerte 


! CC. vxxvvi 
Lempꝛiſe qui eſtoit ſur mains 
Pont penſees menuahirent maine 


aie pour re que fen voit a foeif 
Donueut iuge on autrup penfeeg 
eft pour luy ceque dire Bueif 
Qui apperceu; fur pied fon vueil 
Par les voyes quif a dreffees 
ar par empꝛiſes pourpenfees 
Je Sp quif fe boutoit au temple 
Dour Fa ploꝛer fa doufeur ampfe 


Ce temple eftoit vng lieu facre 
Fait pour refuge aux doufoureus 
Jadis fonde et confacre 

Dour aoꝛer mieufp en fecre 

Le puiffant dieu des amoureux 
Dont fur vng autef glorieux 

Œt en fiege refpfendiffant 

Deoit lymage refupfant 


Seuant fes piedz de ceff autel 
Auoit pompeufe fepufture 

Faitte a effoit « pouoir tef 

Quif na fur terre Vng cueur moꝛtel 
Qui er prifaft fa couuerture 

St crop que noble creature 

GBiſoit deſſoubz ceft appareif 

Du roy ou ropne ou feut parerf 


Vng Sefoure noir de toutes pare 
Borde de perles et dorfroifeg 

Œftoit deffue fa tombe efpare 

Et cupde et point ne men depare 
Qui trainott mieufp de quatre toifes 
Commune fe fa ffeur des francoifes 
Voire du monde fenfe dame 

Deuroit gefir ſoubz ceffe fame 


Sedans fa croip qui eftoif perfe 

Dung figure velours couchee 

A moꝛt en forme moult diuerſe 

Di Bien du long qua fa trauetfe 

Broſſe efcripture doꝛ bꝛochee 

En quop eſtoit aſſeʒ touchee 

Au mort fa cauſe et vertu mainte 

Qui commencoit par tef complainte 
Hiſtoire 

¶ Pourt ſcauoit en liſant ces vers 

qq iiii 


Qui gift en ceſte fepufture 

Je fuie Bag corpe viande aux Bers 
Rue par PA afenuere 
ontrebrap honneur et dꝛoicture 
ar fans tiftre de forfaiture 

Jay eu fe cueur fendu parmp 
Auant quauoit veſcu demy 


Nature qui mauoit nourrie 
Auant mes ioure ma defaiffee 
Œten fleur de iouuent cherie 
Amour ma occifeet perse 
Diteufentent par foy fauffee 

Qui mauoit fort affiancee 
Defongiempe faire Biure eureufe 
St ma pꝛins ieune dofozenfe 


aie ne defpfaife a Siuant ame 
De damourfiftre mattribue 

ar iap ayme de coꝛps et dame 
Juſquee mort ma ſamour toffne 
St finen cuyde auoir value 
Moins enucre dieu ne en honneur 
Se dieu eſt iuſte pardonneur 


Honneur de raiſon impartie 

Me fiſt choiſir des mon enfance 
GEvxcellente noble partie 

A qui dieu auoit impartie 

Mer de biens et ſurhabondance 
Dont quant honneur fiſt loctroiance 
Bamner coꝛps de ſi noble ſoꝛte 

Ce meſt honneur deſtre ainſi morte 


Seſir ſans villain penſement 

Ma fe cueur are noir comme meure 
Dont tont lentier rappaiſement 
TCeſtoit qua mon definement 

Je leuſſe Veu aumoins vne heure 
Dia BVoulu dieu que ien meute 
Sans blaſme auoir au demourant 
Car dieu meſmes amoit mourant 


Donc luy qui eſt moꝛt en doulout 
Vꝛay amouteup le benoiſt fire 
che ſoit pitenx au dernier iour 
Car parfevces dardant amont 
Je ſuis moꝛte en amour martire 
Donc fe iay encourn ſon ire 


Fneillet 


Dar plus aymer que ie ne doy 
Luy plaiſe auoir mercy de moy 
Lacteur 
¶ Apꝛes au tour de ce tombeau 
Auooit encoꝛes quatre ymages 
Poꝛtant chaſcune a vng roleau 
Vng ardant cierge riche et beau 
Treſſumptueusx en fes ouurages 
Et comme fe par douſx langages 
La Souffift Sault feuer chaſcune 
Voicy leurs mot; vne apres vne 
€ £a premiere 
¶ Fer ſoubz ceſte froide flame 
Repofe digne de memoire 
La plus Saiffaut et noble dame 
Qui puis mifane ait rendu lame 
Gn ceſte Vie tranfifoire 
Sont fa vertu haulte et notoire 
A defferuie er pluſieurs ſieux 
Quen accroiſſance de ſa gloite 
Son nom ſoit mie hault en hiſtoire 
Et quon leſlieue iuſquaux cieulx 
La ſeconde 
¶ Quant tout le bel parfer domere 
Be tulle enſemble auec virgile 
Ætdetout homme ne de mere 
Seroit ſans mixtion amere 
En Bne ſeule ane ſubtile 
Et tout fe hauſt fene de ſibile 
Di faufdroit on Bien a eflire 
Si pꝛopꝛes motzʒ ne fi Beau ſtile 
Tomme il affiert par raiſons miffe 
Pour en ſon epitaphe eſcrire 
£a tierce 
¶ Ee nom de femme eft honnoꝛe 
En fee vertus et oeuures belles 
Et ce temple bien eure 
La ou le coꝛps giſt enterre 
Dont tout fe monde quiert nouuelles 
Si nen defpfaife a nulles celles 
Qui ſont au liure de bocace 
Mais dautant comme fes eſtoilles 
£upfent plus cler que fee chandelles 
Dautant {on nom autruy efface 
£a quarte 
MPoble de meute / noble en lignie 
La plus dont on ſe peuſt enquerre 
Sevcellent royal pꝛogenie 
nmaifon de gloire infinie 


Nee /nourrie ef morfeen ferte 
Sonc qui vouldꝛoit fe nom requerre 
Qui peut ou fcet fifa deuine 
aie feuft de france ou dangfeterre 
£Bonnent du monde eft mie en terre 
Pardon fup doint famour diuine 

€ £acteur 
ŒQue Joue dirap ie dung miftere 
Ne dung ſi merueilleux merueille 
Comme if affiert a la matiere 
Sung ſi pꝛecieux cimetiere 
Ou keſtre iamais ne traueiſte 
Je nay ne ſens / ne yeulx / noꝛeiſle 
Que tout ney fut fi plain apree 
Qne ien fus aueugfe auque pres 


Sonc file compte eff delictenx 
Dour fire ainfi que tempe fe paffe 
Quant iap efcript fe pêne cointeux 
It fauft venir au cas piteux 

Qui eſt des piteuy loultre paſſe 
Et eſt celluy en qui iamaſſe 

Plus de foucp pour dire voir 
Tomment ien ferap mon deuoir 


Le cheualier dont iap compte 
Arme de tout harnois de guerre 
Sameres armee furmonte 
Gt par angoiffee fidompte 
AQuifneft cueur quinen fuft er ferre 
Loꝛs du viſage contre terre 
Defaiffa cheoir deuant amour 
Et forma telle fa amour 
iftoire 
¶ O deceueur ffateur damnable 
Bꝛaſſeur denuenimant poiſon 
Faulo pꝛometteur / amy faiklable 
Traiſtre riant boꝛdeur ſuyable 
Trouueut de toute languoiſon 
De dieu ouyt onc oꝛaiſon 
Sung cueur remply de dofeance 
Je luy requier de top Bengeance 


D faulv abuſeur de ieuneſſe 
Meurtrier du noble ſang humain 
Robeur dhonneur et de leeſſe 

ain en parfer/Bain en pꝛomeſſe 
Changie pout touruer voſtre mair) 
ZDoufv au iourdhuy / deſpit demain 


CC. xxxbvii 
Quau puis du fin parfond denfer 
Sois tu damneofurifer 


Befefpere fur top ie clame 

Xefuant comme ame damnee 

ar nap ceruelne Boine en lame 
Qui ne deffice/fende et paſnie 

Dar cuyſant douleur forfenee 

Sont ſoit folle ou deſoꝛdonnee 

Je nay ſoncy comme on ſa pꝛenge 
aie que dieu de ton coꝛps meBenge 


Mauldicte auec capn foit theure 
Quant terre te porte et ſouſtient 

Et quant dieu tant ſeuffre et demeure 
Que terre ou enfer ne deuoute 

Ton coꝛps ain ſi quif appartient 

ar dautant que le ciel contient 
Juſquen enfer le puys dabiſme 

Sa rien qui ſoit ſi pfain de crime 


Traiſtre qui dieu damout te nommes 
Denfe et aduife quitu foies 

Mec tn pas trafiffeur des hommes 
Le meurtrier qui fee coꝛps affommes 
SDont au cueut tu promets les iopes 
Tu fes enuere mop toutefuopes 
Ditrefcruef et fi hoꝛrible 

Qu famende en eft impoſſible 


Helas tu ac en vng moment 
ecurtrp deffait par ton enute 
Œequetuas tant chierement 
Ffate/nourrp fongneufement 
L£ongtempe pat doufceut aſſouuie 
Ceſt ma dofente et poure vie 
Quimeurt et fine en dꝛoicte rage 
Dar fauffete deton courage 


Faulv ypocrite tu ſceʒ bien 
TComment a ta flaſtant requeſte 
Mon coꝛps / mon cueur ef tout Fe mien 
Se donna tout a eſtre tien 

Dur leſpoir de meiffeur conqueſte 
Puis en traBifon defHonnefte 

Tu viens meurtrir comme oubliant 
Le coꝛps que tu requis riaut 


Et ne ta pas ſuffy dempꝛendꝛe 


Sur mop qui Bien nenʒ oncques poiné 
Mais ee venu rober et prendre 
Creuer vng autre cucur et fendre 
Bont le mien fe tenoit en point 

Dont top fa moꝛt tout heure g point 
Doit mauldit fout foꝛtuue auffi 
Quant dieu fa fouffert eſtre ainfi 


Aumoine puiequen fi grant malheur 
ourir me faiffoit malheureux 

Que tu euffes en ta valeuꝛ 

Souffert fans grief et fane doufeur 
Lautre part de dcuv amourenx 

Jen mouruſſe pue heureux 

St me feroit doufeur moine forte 
Mourir feuf que fa fcauoir morte 


chais puie que occifion fi griefue 

As faicte de fa meilleur patt 

Vien donc:pertue/occp et creue 

£a part quirefte en heure bꝛiefue 
Qui meure dofant pat fe depart 

Œar apres fe moꝛtel efpart 

Qua pꝛins vng ſi hault cueur par top 
Indigne fuie de viure mop 


Soncques fe Biffennie dire 
Ze peut ſemondꝛe a meurtre faire 
Se prouocquet fon cueur a ire 
ap doncques ce queie defire 
SEt me Biens tuer et deffaire 
Et en maccoꝛdant ceſt affaire 
Je te pardonne tout mon grief 
Paie que ie meure et fine bꝛief 

€ Lacteur 
¶ Aloꝛs ce dolent ſouſpiroit 
De fiprofunde et triſte Sopne 
Quen touf fembfant if fe tiroit 
Seuers fa mort et foufpiroit 
Bon ame auec Bngpeu dafaine 
aie dieu qui de nature humaine 
Touſiours ſe monſtre Brap bergier 
Le faufua par fon eſcuier 


Lequel quant fe perif de moꝛt 
Sſtoit dehoꝛs et paffe tout 

Poſe quif p euſt deſconfoꝛt 
Souleurs et crie a tel effoꝛt 
Quenu£np ſceuſt trouuer fe bout 


fFueillet 


Tont ainſi comme vng pot qui boult 
Dar trop feu vetſe fa liqueur 
Tout ainfi fup boulloit fe cueur 


St conuenoit par fru Bndance 
Damertume trop entaffee 

Que fa infouffrabfe habondance 
De doufeur et de defpfaifance 
Parmy fee peufy feuft enchaffee 
Du ſelle ne prenoit paffee 

Darmy fes yeuſx pout eſtre hoꝛs 
Le cueur creuer dedane fe coꝛps 


Loꝛs rendoit larmes vne mer 
Œtterniffoit en pfours fa face 
SEt puis par vng regret amet 
Nepꝛiſt arriere a reckamer 

Ay my ap dieu ap mp helaſſe 
Aaurap ie iamais tant de grace 
Que ie puiffe mourir pfourant 
Pluſtoſt que viure ainſi mourant 


Quant fefcuier parceut (a plainte 
Ditrefaigre et defmefuree 
Gt auoit en partie crainte 
Selon fa villennie mainte 
Que fortune nen fuſt iree 
Loꝛs a fa bouche prestiree 
Et luy a dit fane plus cee mots 
Dour Le blaſmer de for meffoz 

¶ Eeſcuier 
¶ Ha ſire que de grans oultrages 
Dofire laugue au iourduy deſtouche 
Je quel meſſoz de folʒ langaiges 
Hanfdiffone foffes/motsBoffages 
Vous font ſailliz de voſtte Bouche 
Vous ne fcauez combien il touche 
Adieu nea fortune auffi 
Be villenner amour ainſi 


Amour neſt pas choſe a mauldire 
Sieu meſmes amours honnoꝛa 
St nous mon ſtra par for) martire 
Que moꝛt et vif ſans fe deſpire 
Subget damour ifdemouræ 

St par ce point vraye amour a 
Ceſte excellence encor on trouue 
Dauoir des vertus fa couronne 





SDoncques damour pat fer ainfi 
Jay paour que dieu ne vons confonde 
Si en aureʒ affaire auffi 
Quant quil ſoit long temps dicy 
Ou ſoy fauldꝛa ſur quoy me fonde 
Samour de dieu damour du monde 
Le preigne vng cueur ainſi quif veult 
Nya nul qni paffer fer peuft 

acteur 
¶ A voiv plus qua demp honteux 
Seſtre repꝛins de ſa folie 
It ouurit vng regard piteux 
Et pꝛioit pſus quaſſeʒ doubteux 


Que loffenſe en feuſt abolie ¶ Le cheualier 


Bifaut. Helas mefancofie 
St dueif qui ne pouoit creuer 
Mont fait fa Bouche ainfr refuer 


Dauie/de ſens ne de memoire 

le ne dis oncdamont ouftrage 
aie fa doufeur er moy notoire 
Comme dung ame er vurgatoire 
Ma fait crier a haulte rage 
Boncquant Bne ame qu enrage 
rie et blaſpheme et dien lexcuſe 
Bien fault quamour du meſmes vſe 


Amour neſt pas iay efperance 
Comme les hommes ſi moꝛtel 

Qua chaſcuyn coup if puift Sengeance 
Sung fommequi par defpfaifance 
Biroit vng mot ou tef ou quel 
@efcBief feroit ſil eſtoit tel 

Bonte de hault ſeigneur peut plus 
Quoffence dung ſeruant cp iue 


Si me rappelle ef me reuocque 
Be tout meſdit / de toute offenſe 
Qui dauanture ſe pꝛouocque 
St fon doulx nom arriere inuocque 
Pour confoꝛt grace et aſſiſtence 
ais comme Bngquiiamaiene penſe 
Buerctir de mes piteuſes ſarmes 
le tp vois rendꝛe icy mes arnies 
¶ Lacteur 
Aloꝛs if deboucka luy meſmes 
Don harnois et fe miſt illecques 
En fondant larmes ſi extremes 
Quit neſt cueur dhommes ne de femmes 


CC. vxxvx viii 
Bi dur qui nen ploꝛaſt auecques 
Duie offroit loꝛs copirant pꝛeſques 
Harnois / eſcu/ hache et baniere 
Parlant a luy en tel maniere 

¶ Ee cheualier 

¶ Amour apꝛes liniure mainte 
Dicte cy reſuant douleur moꝛtelle 
Gncontre ta haulteſſe ſaincte 
Que tout ſe monde honnoꝛe en crainte 
Bonc du meffait ie me rappelfe 
Je viens icp cn ta chappelle 
ZZa doufce mercp requerit 
Dour grace et pardon requerit 


Hauft puiffant dieu dee cueurs humains 
Treſhumblement te regracie 

Se tous tes biens dont iay eu maine 
Pꝛomis / ſiurez entre mes mains 

Œt en loue fa courtoiſie 

Œt de bon cueur teremetcie 

Be mon beur puie que ainfi vient 

Que dung mallouer fe conuient 


ais affin que fe monde facbe 
Partout ou on en patfera 

Quef honneur /quel prouffit/quef grace 
Je trouuap oncques en ta face 
Durquop maint cueut murmura 

Dire quant nete defpfaira 

Quie rer) die ce que te dop 

Je monfirerap icp dequop 


Jadie menuopae ce harnas 
Moble en vertu et en tremputre 
Œtinerequie foubfie nas 

Be maintenir icp ton pag 

Contre toute mafaduanture 
Bout quant foꝛtune ef fa pointure 
Mauroient efprouue a droit 

oi cueur auroit cequif vouſdꝛoit 


Dꝛ fap garde a farequefte 

Tant quil npa mes quefprouuer 

Et ſuis au bout de cefte quefte 

Dane fruit/fans gaing et fans conquefte 
Poure fans iamaie refeuer 

at perdu ef ce quetrouuer 

Jamais nepourraconquerant 

Ne moy ne autre cueur querant 


Donc quant fe Bien que cherchoye 
Je voy que ie ne puie rauoir 
Tom dofent homme que ien ſoye 
aie eſt en pardurable ioye 
Dfaife a dieu que ien die voir 
Pour monſtrer par leal deuoir 
Que iamais nauray dautre amye 
es armes rend; en plaine vie 


TCar ne fuie digne ne ne vueil 
Se poꝛter iamais telles armes 
Mais eſt mon dꝛoit de viure en dueil 
Se poꝛter dueif/de baiſſer loeil 
Et de noyer mon cueur en ſarmes 
Et entre ſes doſentes armes 
Crier mercy du tout a dieu 
Difant a dien amours a dieu 

¶ Lacteur 
¶ Puis en gectant deuers es cieulx 
Son regard en triſte apparence 
Le digne autef Bopant mes peufp 
Baiſoit pour cuider faire mieulx 
En toute Bonnent efreuerence 
Et fee harnois dont fa pefance 
Gſtoit Bag riche ct cher chatel 
Demoura fa deuant fautef 


Pont farmet quant ie met) aduife 
Senommoit parfaicte efperance 
Et fes denx gardes par deuifes 
Se nomnoient nobfe entreprife 
Œt fee auantbꝛas affenrance 
Œncontre get defpee ou fance 
Sont fortune a maint abatu 
Leſcu auoit a nom vertu 


Puis fe deſſus de fa cuiraſſe 
Auoit a nom treſhault Boufoie 
Œt Le deſſoubz efpoir de grace 
Les ganteletz fierte / audace 
rene et cuiſſos force et valoir 
£ce forferee a mon fcanoir 
Poꝛtoient nom de fermete 
Contre lenuoy dauerfite 


Sa cotte darmes riche et chiere 
Ot nom ſouuenance excellente 
Sa hache loyaulte entiere 

Et puis me ſemble fa banniere 


fueillet 


Sappelloit riche et haulte attente 
Œtau dernier a mon entente 
Leſpee auoit a nom courage 
Dour contre dangier faire rage 


aie pour Sng parement au temple 

SEt pour donner foufioure memoire 

Bec ceflup qui pat doufeur ample 

Efloit vꝛay miroir et exemple 

Bee ſoꝛtuneʒ le pfue notoire 

Amour pour croifire pfue fa gfoire 

Le fift tout mectre en vng ſpectable 

Au plus pres de fon tabernacle 
Latteur 

¶ Mais comme Bng loingtain pelerin 

Qui ne penſe a reuoir iamais 

Vng ſaint dela le cours marin 

Mais offre vng cierge ou vng florin 

Au departit pour tous fes mes 

Ain ſi offroit ie Sous pꝛomes 

Teſtuy dofent dun vouloir net 

Dar grant chierte ſon coffinet 


Donc quel treſoꝛ ne quelle choſe 
Quif p pouoit auoir dedans 

Je vueil bien que chaſcun p gfofe 
ais autrement ie ne feppofe 
fe fuffiftqueie lentens 
Mais if peut eſtre quenfre gens 
Aucune a part metrouuerope 
Je le dirope ou non ferope 


Loꝛs toufe fon offrande faicte 
Don a dieu dit / le conge pris 

Et ne reſtoit pout fa patfaicte 
Rien que choiſir fieu de retraicte 
Ou fa / ou hoꝛs de cepourpris 

Je crop que ſuy damour efpzie 
Enuis ſaccoꝛdant au depatt 
chieuſx famoitfeane quautre paté 


Diner bongea de longue efpace 
Je np ne fefcuier auffs 

ais fentrefirent mainte embꝛaſſe 
Dar ſouuenir de doufeut faffe 
Quant feur mal les poingnoit ain ſi 
Si ouys en fa fin cecy 


Que ke dokent diſoit ces termes 


Moictie a ſec moictie a lermes 


ŒA£ecbeualier Hyſtoire 
Oꝛ fuis ie helas Le feuf du monde 
Sur tous les autres fifs des Hommes 
TCelluy er qui croiſt et ſuronde 
Plus de moꝛtelle aigreur parfonde 
Œtde doufeur plus larges ſommes 
Dont cp aſſis la ou nous ſommes 
Je vouſdꝛoye non eſtre ne 
Pour eſtre non ſi foꝛtune 

¶ LEeſcuier 
Les diuers hommes ont diuerſes 
Soulteurs/ eunuys deſconfoꝛtabſes 
St crop bien quentre fes peruerſes 
Dos foꝛtunes vous font aduerſes 
St a grant paine ſuppoꝛtable 
Mais plus ont hommes cueurs notables 
Que mieulv leur duyt et affiert bien 
De ſcauoir porter mal € bien 

¶ Ee cheualier 

Quop que me duiſe ne affiere 
Ne quel te fope de valeur 
Puis que fa mort diuerſe ct fiere 
De defrobe maiope entiere 
Et deſtine tout a malheur 
Teſt pou de fait que de mon cueur 
Qui a perdu fa foubftenance 
Pour fup charger teffe oxdonnance 

¶ Leſcuier 
Je ne vous charge de riens faire 
Foꝛs fe meilleur pour voſtre mieuſx 
Tar plaindꝛe et meſmes ſe deffaire 
Pour vng moꝛt quon ne peult reffaire 
Ne rauoir iamais en nuſʒ lieux 
Qui en deuroit tirer fes yeuſx 
Et faire dieu de tort citer 
Di nepeuftif reffufater 

¶ Le cheuafñer 
Helas / vous ſemble il donc duiſable 
Me chofea hault cueut aduenant 
Que pfape ſi ingariſſable 
Doit en mon cueur fi toſt paſſable 
Sans en efire pfue fouuenant 
Certes ie dp des maintenant 
St mie deuftiffame couſter 
Mon cueut ne ſen pourroit offer 

¶ Eeſcuier 
Je nentens pas qua ſi legier 
Voſtre ennuy fe pourroit paffer 
Mais pour ſoymeſmes afegiec 


CCvvvi 
HE (e fait meilleur abꝛ egier ti 
Æungmaufuais pas que p repofer 
On doit ſes oeuures compaffet 
Dane faire en dueil trop long ſeiour 
TE conuient viure plue dungiour 
¶ £ecSeuafier 
Ha ſire que vous parles bien 
A homme qui fe fent a aiſe 
Quant pour perte dung fi hault fier 
Doufez compas mectre et lier 
Sedans mor) cueur dont if fappaife 
Beau doufo amp ne Sous defpfaife 
Ce confeif cp eſt bon et fage 
Mais il neftgaites en vᷣſage 
¶ Leſcuier 
TL eſt duſage et de couſtume 
Que vng cueur qui pour honneur ſeffoꝛce 
Peult vaincre fa dure aniertume 
Sicomme on caſſe fur lenclume 
Fer ou acier par droicte force 
Et pure quant bon Boufoir renforce 
Lung cop fur fautre et Gurte et chaſſe 
ff neſt douleur que len ne caffe 
Le cheualier 
Le dueil en chaſcun famendꝛiſt 
Selon la vertu du dolant 
Dꝛont aucuus tel efperit 
Tant pfue viuent que pfue floꝛiſt 
Leur angoiffe/et feSont dofant 
ZinfiquiBa en reufant 
Et ne peult autrement afer 
TE fauft oyr fe gene parler 
¶ Leſcuier 
Je neBous vueil parfer ne dire 
Cho ſe que bonne oyr ne face 
Jay mefmes part en voſtre pre 
Que ie ner ceſſe de niaufdire 
Moꝛt ef fortune en toute pſace 
Mais de veoir voſtre dolant face 
De celle triſteſſe abatue 
Teſt Bne pitie qui me tue 
¶ Ee cheuafier 
Solante face et treſpiteuſe 
Bien a parle qui ainfi dit 
Et ſelle nefloit marmiteuſe 
Daſle / ſeche et peu deficteufe 
Bien deurope eſtre Bng coꝛps mauldit 
Tar fans faire grãmant defoit 
Tina viſaige vng ſoubʒ le ciel 
tt i 


6: 


Dont Le cueur boyue fant de fief 
¶ Leſcuier. 

Je ſcay de vray que voſtre cucur 
Bopt de lamer plus quoncques ame 
SEt que maint ennuy et rancueur 
Vous meuuent a plainte et a pleur 
Tent fope fe iour fa dofente ame 

e ne vous donne fort ne Bfafme 

p faire aucune pfainte griefue 
ais trop y penſer nuy ſt et griefue 

Le cheualier. 


ommentpourroit fopaufte dhomme 


Qui auroit tant perdu que 1ap 
Et euftif fout fe fers de romme 
Soꝛmir en paie iamais vng ſomme 
Et non penſer en tel eſmay 
Me plaiſe a dieu que ceſt eſſay 
De face en mop iamais nuffe heure 
Ce meſt plus que iope que ien pleure 
¶ £efcuper 
Se par penſer qui vous deuie 
Ne pour crier / ploꝛer ne pſaindꝛe 
Vous fa peuſſieʒ ranoir en vie 
Je vous ſouffriſſe voſtre enuie 
Par plours ef pat ſou ſpirs eſtain dꝛe 
Mais fa ne poueʒ vous attaindꝛe 
Autant luy ſert fe pfour damy 
Qung rire de ſon ennemy 
¶ Le cheualier 
Quant raiſon honneur et dꝛoictute 
Chaſcune a ce ſaccoꝛderoit 
Ce qui ſeroit foꝛt dauanture 
Touteffoys en ce cas nature 
Jamais ſaccoꝛder np pourroit 
Je vous requiers parleʒ a dꝛoit 
Et ne maleʒ ces mot; querant 
dar ilz ne poꝛtent nul garant 
¶ Leſcuier 
Se popſe moy que garantiſe 
es motz ne poꝛtent plus evpetfe 
Sit en pouoit eſtre a ma guiſe 
Doufeur mainte en vous fe ratiſe 
Qui bien toſt ſeroit peu apperte 
Mais vous vous er pres en perte 
ZTant longuement quil vous plaira 
Le mal vous en demoutera 
¶ Le cheualer 
Je ne ſcay ſe ie pers ou gaigne 
Ae enquef point que ien demeure 


Je nap aire efpoir de grant gaigne 

Jamaisſ nuf iour finon dengaigne 

Teſtuy fait en moy fa demeure 

ay tant perdu en vne heure 

Queceneftpae grant perte empres 

Se moy ſe ie me pers apꝛes 
Σefcuier 

Soy perdre a fon vꝛay effient 

Meſt pas fi perte que repꝛouche 

Dieu eft benigne etpafcient 


Mais fe fop meſmes effient 


Leffup maufdit if de fa Bouche 
Entendez Bien que ie vous tonche 
Soy tuer pour amour mondaine 
Ceſt gloire / mais elle eſt mal ſaine 

¶ £e cheualier | 
Je nentens gloire en ceſt endꝛoit 
Nene fa quiers de viuant ame 
Se ten pꝛens moꝛt / ceſt a Bon dꝛoit 
Et au fort quant a ce viendꝛoit 
En dieu eſt le plaifir de lame 
Mais pour parler damour de dame 
Jay bien puiſſance den mourir 
ais non pouoir de mer guerir 

¶ Eeſcuier 
Le pouoir en chaſcun fault ſuyure 
Selon que le vouloir y oeuure 
Se vous nauez vouloir de viure 
Et deſtre vng peu mieulx a deliure 
Le pouoir np fait gaires doeuute 
Bardeʒ vous Bien:car aurequeuute 
Vient oh ſouuent trop tard confus 


Quant on le quiert apꝛes reſus 


¶ LEe cheualier 

Je ne refuſe choſe nee 

aie forcier pouoir et nature 

Ce meftanec ma deftinee 

Pꝛeſte a mourir etencfinee 

Vng effap qui me defnature 

Je vous dp demon aduanture 

Et de mon cas ce que ien ſcay 

Combien que non pas tout le ſcay 
¶ Eeſcuier. 

Quant a leſſay kon voit trop bien 

Quilt eſt de trefamete forte 

Nonob ſtant par fon pꝛopꝛe bien 

“JE fait bon querir vng moyen 

Zoy meſmes qui fe reconfoꝛte 

Enñcoꝛ aueʒ vous viue forte 





Jeuneſſe et Beaufée dauantaige 
Sil fenpertriene/ceftauant aage 
¶ Le cheualier 
Vous parlez bien en homme fair 
Ou que petitement fe deult 
Et qui du iour au lendemain 
Soit / ou du pied ou de fa main 
De peuft querir fi toſt quif veult 
Ha faire ainfi afet ne peuft 
De mop ne de mon dofant cueur 
on mal ne Bient de creuecueut 
¶ Leſcuier 
Le mal congnois ie affeset ſens 
Sont i Vient ne dont il pꝛocede 
Mais ceſt grant faulte entre cinq cens 
Sung homme encoꝛes de grant ſens 
Souffrir que dueil fon cueur excede 
Oꝛ ca il fauft que len ſurce de 
Ce dueil aumoins que len ſcaura 
St pꝛendꝛe ioye qui pourra 
¶ Ee cheualier 
Se ioye au cueur ne de dehoꝛs 
Je nen poutrope prendte goufe 
Tous mes iopeuv pfaifire font moꝛs 
Œtnap riens que mordãs remois 
Quime trefperfent fame toute 
ZBontquefque riens quen mop fe boute 
Deiope p enfroit de ce mois 
Len me deuſt pendre miffe fope 
Σefcuier 
Sa dea/puie que fa gtant honneut 
Déufquau prouffit Soue Boules tendre 
Dar noſtre dameifneft donneur 
2e bons ioure qui Joue fceuft bon eur 
oiger/feSous nefe Boufez prendre 
Je vous confeiffe de non pendre 
Œieufo Bauft fonffrir div ane (ee deux 
Que ioieux pendꝛe au out de deux 
¶ £e cheuañer 
AfBonneut Soir de hault courage 
Et a fop de vꝛay gentif Homme 
Je prap fe furpfus de mor) aage 
Œtneromprap ne fol ne fage 
Jamais fop dungfopaf pꝛeudhomme 
Due ſuis Befle ou ie fuie Somme 
ap fonneur a perdre ef garder 
Qu ie nap viens a regarder 


| ¶ Leſcuier 


CCpyobkiiii 
Voſtre honneur ne fe peuft deſcroiſire 
Dar non garder ces cas extremes 
aie Sous par non Soufoir congnoiftre 
En quop voſtre eur vous poutroit croifire 
Vous vous deſhonnoꝛeʒ vous meſmes 
Que malgre bieu de tant de femmes 
Quant en ſi grant mefcBief en ſommes 
TE nen meurt nuſſes pour fes hommes 
¶ Le cheualiet 
TP neſt meſchief qui ſaconpere 
Au mien chetif et matheureux 
Treſpas de mere / moꝛt de pere 
Perte de biens / riens ne ſappere 
Zu grief dung doulant amoureux 
Encoꝛ a vng fi douloureux 
Qui a perdu ef vꝛay diroit 
TCe qung monde entier deſiroit 
¶ Leſcuier 
Quelque hault Bien qui fut en elle 
Puis que vne fopé fa mort fa pꝛiſe 
It en fauft foufffer fa chandelle 
Et en choiſit vne autre belle 
En qui amour vous tiendꝛa prife 
Honneur vous ſeuffre et feBous pꝛiſe 
Et raiſon ſi accoꝛde auſſi 
Que vous le poueʒ faire ainſi 
Le cheualier 
Dꝛ fa non per deſſoubʒ les cieulvx 
Lhonneur du fiecfe et morte et Fine 
Deuft donc raiſon que pour mon mieufy 
Zzantoft aptes fermier Box pente 
Je me gariffe et me reuiue 
Ætque mon cueur deuers vous pꝛiue 
Pour vne autte que ie verroye 
Ha faufy traiſtre que ie ferope 
Lefcuier 
Se voſtre fopaufte ſi ferme 
Deuftdonnet quelque ioye au moꝛt 
Et quapꝛes ſicomme on afferme 
Peuſſieʒ a er auoit en termes 
Vng grant merci; pour fout confozé 
Dar noffre dame dc monfort 
Jen puferope afore faffaire 
ais maintenant ner) fcap que faire 
¶ Ee cheualiet 
Saucune fopaufte ie garde 
Bien fcap quau mort point ne prouffite 
aie fe cueur fur qui on regarde 
Et qui doit eſtre dhonneur garde 
te 


Satdant fopaufte fe delite 
De ie ſuis de ma dame quict e 
amour poutfant neftpae quicfee 
Je fopaufte deBifitee 

¶ Leſcuier 
Loyaulte ne vueilpoint repꝛendꝛe 
Quant elle eſt de ſens mypartie 
Paie loyaulte a bien comprendre 
Pꝛopꝛement ne fe veult entendꝛe 
Foꝛs quentre partie ef partie 
Dont auffitoftquedefpattie 
Befunepartafautedieu 
En fautre na plus point de lien 

| - €£echeuañer 

Qui que Fa defpartie ait faicte 
Ne par qui ſune part deffaiffe 
Zouteffope de ma part forfaicte 
Ne fera loyaulte parfaicte 
Juſques fanie du coupe me faiffe 
at honneur ce confeif me baille 
Et fa grant pitie de fa mot 
My fait toufioucs auoir remoꝛt 

¶ Eeſcuier 
Auoir remoꝛt de ce quon aime 
GEſt choſe honneſte et naturelle 
Œfpeciaf de haulte danse 
Qui eſt venue a rendre fame 
dar pitie neſt au monde tefle 
Mais en chofe qui eſt moꝛtelle 
Jfaufte eft dp mectre cueur eſtable 
Dour p trouuer amour durable 

¶ Le cheualier 
Suralete nay pas cupdee 
En elle ne en creature 
Mais iay Bien ſa vie efpetee 
De longue et competant duree 
Delon commun coure de nature 
Œtque damout fa noutriture 
Ne noue faufdroit de fa leeſſe 
Juſquen noffre aage de vieilleſſe 

Σefcuier 

Oꝛ Sous a efpoit deceu 
Et en eſt voſtre amour trompee 
Et le bien quaueʒ recen 
Eſt tout en vng moment cheu 
Sont voſtre ioye eſt actrapee 
Si en auez enuelopee 
Lame et le coꝛps de deſconfoꝛt 


Dar ſi eſtre affie trop foꝛt 


Fueillet 


¶ Le cheualier 
O treſmalheureuſe affiance 
Bien en dꝛoit mop fole ef mauldicte 
Quant ie mis onc tant confiance 
En mortel coꝛps dont laliance 
Me maine aBie defconfite 
Et ne puis iamais eſtre quicte 
Bu fatdeau que iempoꝛte / helaſſe 
De mort ne me fait ceſte grace 
* ¶ Eeſcuier 
Seſirer moꝛt pour ſa deſcharge 
Teſt vng dꝛoit acqueſt de folie 
Il vault mieulx porter longue chatge 
Vng iour eſtroit vng autre farge 
Que mourir par melancolie 
Je vous requier que Fer oublie 
Treſtout ce dueil: car plueBoue dure 
Zant plus Joue nuyſt maladuanture 
¶ Ee cheualicr 
Maladuanture ne foꝛtune 
Nont riens a pꝛendꝛe plus ſur moy 
Jen mietz au pie ct lautte lune 
Et feur fap fa fiqure a chaſcune 
Si me griefuent ne grantne pop 
Je nap Saiffant fe gros dung doy 
Qui ſoit ſubiect a leurs effoꝛs 
Sinon le miſerable coꝛps 
¶ Leſcuier 
Qui a telʒ gaiges en leurs ſeruages 
Ne fes doit mectre ainſi au pis 
ar apꝛes telʒ menus oultrages 
Aa giſent les parfaits dommages 
Et de tous maufy fes plus deſpis 
Dont luy qui treuue les reſpis 
Seſtre en fon coꝛps non fortune 
Luy feuf eft de bonne heure ne 
¶ Le cheualier 
Sa bonne heure naſquis ou non 
Ne ſcay qui loiſt que ien reſponde 
Mais en mon cas ne voy / ſinon 
Quil maffiert bien dauoir a nom 
Le chief des foꝛtuneʒ du monde 
Quor ne pourroit a vne fonde 
chieulx affommerBopant tout ame 
TComme ie ſuis de coꝛps et dame 
Σefcuier 
AE eſt des autres fortunes 
DaneSous/cent mille pour Sous ioindꝛe 
2 fidure et mafe heute neʒ } 


Que ſans eftre en enfer damneʒ 
Malheur ne fes pourroit plus poindꝛe 
aie vous pour Bng feufet defioindte 
Que dieu a fait deBoz plaiſances 
pfles hoꝛs ſens et congnoiffances 
¶ Ee cheualier 
Je pers voyrement ſens et aduis 
Pour cauſe qui aſſes mexcuſe 
Ætquop que chaſcun meurt enuis 
Siĩmeſt ce ennup que tant ieBie 
Dour vſer des regrets dont ie Bfe 
La bie certes meficonfufe 
Œt feufe moꝛt pour a iamais 
e donne eſpoir de vꝛay paix 
¶ Eeſcuyer 
It ne fault gaire grant ſcience 
Pour parler motz deſeſpereʒ 
TCar felle et fiere con ſcience 
Sonnee a toute impaſcience 
Les treuue tous defmoderez 
Sont Vous pechieʒ et vous ettes 
Moult enuete dieu duſer des termes 
Mon propres a voʒ maulx et larmes 
¶ Ee cheualier 
Helas commient ſe peult entendꝛe 
Que ie me teuſſe de parler 
Qui ap cent niautp dont tout le mendꝛe 
Pourroit vng cueur de pierre fendre 
Œtencentquare fefquartefer 
Et mi dit on pourreueffer 
Le maî tout ainfiqui meſtrangle 
Dar aduanture que ie iangle 
dΣefcuier. 
offre honneur faufce neſt pas choſe 
Que moy ou autre vueillons dire 
Tar quen vous il ne ſoit recloſe 
Souleur ſans fin / ſans fons / ſans gloſe 
Nul neſt qui puiſſe contredire 
aie tout leſtrief et fe defdire 
Qua cefte caufe on prent fur vous 
Te neſt que den paffer courrouv 
Le cheuafier. 
Quant au courroup/cefi perte et paine 
Bemenpreffer queie foubfpe 
St quant ie fe Soufdrope/a pairre 
Si nay ie au coꝛps point vne voyne 
Qui ſeuffre que ie mentreoublye 
Pont qui me va ſeruant doublye 
Apres vng ſi amer beuurage 


Clvi 

Ceſt mal congneu autruy courage 

¶ Eeſcuier 
Pour voſtre couraige en aigrir 
Je ne voy nul qui ſen traueille 
aie pour vous reſſouldꝛe et guerit 
Et pꝛeſeruer de nor perir 
Moy et mon ſens tout y traueille 
Si vous requier et vous conſeille 
Quen vſant de vꝛaye amitie 
Apeʒ de vous meſmes pitie 

Σacteur . 

Ainſi et dung et dautre fes 
Apꝛes maine fi diuers debatre 
De font denfemble deſmelleʒ 
Et ne (cap vers queffe part aleʒ 
Chaſcun par vng ſemblant debatre 
Si furent bien troys moys ou quatre 
Tonioins en amoureux lyens 
Tous deuy ſans partit de fpene 


Sont neſtoit iour er fa ſepmaine 
Qui a ceſt eſcuier paſſaſt 

Que par raiſon notable et ſayne 
Troufioure apꝛes repꝛinſe alayne 
Son dolant ne reconfoꝛtafſt 

Et quen effect il neſſayaſt 

Dour chaſcun iour cent mille tours 
Dour luy faire oubfper ces pſours 


aie if neftoit ennoꝛt ne preffe 
Ne Beau patfer que langue trouue 
Qui peuft fi doufoureufe appteffe : 
@ectre en chemin de nuffe adꝛeſſe 
£a ouamandement fe preuue 


aie toufioure pfaincte et doufeur neufue 


£up ſurcroiſſoit et vint ſur main 
Cy au iourduy ef la demain 


Mais comme fer de fa natute 
Touſiours ſe tire fapinant 
Ainſi par vertu damour pure 
Le coꝛps giſant en ſepulture 
Trayoit fe cueur de ceſt amant 
Si le tenoit en ſon fermant 

Si treſſerre et foꝛt adioinct 
Qua paine nen bougoit il point 


La deſgoꝛgoit ſouſpirs et plaintes 
Par inceffabfe ſouuenance 
tr fit 


Puis en toꝛdant fes mains eſtrainctes 
Nefreſchiſſoit en larmes maintes 

Sa douloureuſe ſouuenance 

Et nauoit autre contenance 

Sinon deſtte a bꝛas eſtandus 
Couchie touſiours ou pꝛes ou ſus 


Finablement par tant de iours 
Faiſoit fa ſes piteux refais 

Que nature queꝛant ſecours 

Et cherche pat tant rendꝛe pfoure 
Luy fiſt refus den bailler mais 
Bontpout retourner en fa paix 
Que Fe corps fp auoit foꝛtraicte 
Prendre Boufoit ailleurs retraicte 


Mature en fa premiere appzeffe 
Auoit efte par pleure vaincue 
ais en fa fin comme maiſtreſſe 
Elle redeuint Baincquereffe 
De fa doufeur trop maintenue 
SEt rebouta fa fouruenue 

De pitie qui latendꝛiſſoit 

Par ce que trop la nourriſſoit 


Ainſi luy conuenoit laiſſer 

£a place long temps habitee 

Et foꝛcier for cueur et pꝛeſſer 
SDaucunement leſleeſſer 

Apꝛes tant de douleur gectee 
dar loꝛs congneut que pꝛouffitee 
Luy auoit peu la deſriglance 

De ſa trop foꝛt doleance 


Repꝛins ainſi vng peu maniere 

Sur le point propre du partir 

Semy penſant vng peu derriere 

St demy a mopenne chiere 

En finie les vis departit 

Et les trouuap ſans deſſoꝛtit 

Tous deux enfembfe au Bas dung vat 
Ou ilʒ montopent a cheual 


Paxs / pꝛouinces ef contrees 

Paſſerent mains en peu de ioure 

Et leur furent adminiſtrees 

Maintes donlceurs pfufieure veſpꝛees 
La ou ilʒ pꝛindꝛent leurs ſeiours 

Que mop qui me trouuay touſiours 


Ffueitket 


Bencofte eulx/et ne ſray conment 
Dp tout iuſquau deffinement 


Mais en la fin comme foꝛtune 
Adꝛeſſe ef guide ſes amys 
Et rend apres trauerſe aucune 
Quelque ffatant doulceur commune 
Pour vng regard quelle ya mis 
Ainſi les a en lieu tranſmis 
Auquel pour dire ef recorder 
Auoit affe; a regarder 
Œ£acteur. Hyſtoire. 
Maiſon de haulteſſe evceflente 
Eſtoit ce lieu queieBouenormsme 
fon pas pour faire chiere fente 
aie pour triſteſſe violente 
Chaſſer du cueut dung dofant homme 
Œt pour fup faire perdꝛe ſomme 
Qui auroit Bien gecte fes peufo 
Sur tous fes plus voyables lieux 


Dames grant nombꝛe ef damopyſelles 
Auoit leans a chops de ioye 

Et ſi auoit de Bien en elles 

Autant ou plus que deſtincelles 

En ardant flambe qui flamboye 
Dont vne qui ardoit montioye 

Et paffeffeur eſtoit de toutes 

Choiſy par entremy ces routes 


De qui pour le rappoꝛt en faire 

Si beau qua luy appartiendꝛoit 
Jen ſuis mouft redoubtant faffaire 
Tar mon ſens ne pourroit faire 

Le quart de cequif y fauldꝛoit 
Mais ie puie dite et Bien a dꝛoit 
Que belle eftoit de Beaufte pfaine 
Plus que de ffeure er map fa plaine 


MBeaufte/frefcheur/doufceur/figute. 
Pꝛins fouf ainfi côme on peuft prendre 
Auoit ouuree pcp nature 

A fitrefbabondant mefure 

Qua paine oeif Le pourroif comprendre 
Et pour en deux mots fout apprendre 
Te qui enfuteffecftBiendame 
Dont affouuir feufeBng ropaufrie 


Shonneurs et de chiertes menuee 


Leur fift on fouffifant tatiteffe 

Et rioit on a feure Venues 
Tomme ſun ange yſſant des nues 
peuſt pꝛint dauanture adreſſe 
Dont le plus a parler ie laiſſe 
Pour venir a vng point voue 
Qui ſiet Bien deſtre deſuoue 


Souuent de fois pꝛeſqua toute heure 
Vis que ce ieune bachelier 

Pꝛeſſoit ſans fainte et ſans demeure 
Sune aigre raiſon viue ef meure 
Loꝛeille au dofant cheualier 

Siſant que pour Bien ſeculier 
Difenqueroitiamais conqueſte 
Temps efloit de ſen meſtre en queſte 


Dont pluſieurs foie len vit merueilles 
Voire moy qui lapperceuoie 

Œat keſcuier faifant fes veilles 
Boutoit en lautre en fes aureilles 
Les mots a Baffe Boiv ef quope 

Ha / cueur defBerite de iope 

Se iamais Seuly eſtre enrichy 

Quier le treſoꝛ du monde icy 


Et puis bien aduiſe en ſoy 

Ses lieux ſecretʒ et non publiques 
Lup eſtraignoit on poulce ou dop. 
Siſant / voy tu pointqueie voy 
Voler les regars angeliques 
Zonttoue fee cueurs melancoliques 
Qui ſont deſſoubʒ le firmament 
Doiuent prendre eſioyſſement 
equel pour mieufp couurir ſon dueil 
Soy faignant autre quil neſtoit 
Foꝛſant auſſi ſon triſte vueil 
Tldeuifoit dung riant oeil 

Et chaſcune qui larreſtoit 

ais entredeufp fee yeulx pꝛeſtoit 

21 ceffe en vng ſoubdain furfauft 
Dont {on preffeur fp fiſt aſſault 


St croy en fout mor vꝛay ſemblant 
Que fongtempe fur celle il poſa 

Et ſaloit hoꝛs de pꝛeſſe emblant 
Pour eſtre en fop mieulx raſſemblant 
Siuers penſees quil compoſa 


€ tit 
taie quelle choſe ilpꝛopoſa 5 
Feuſt de laymer ou not apmer 
Je fcap moine quen vng luyton de mer 
Œ£acteur ¶ Hiſloire 
aïe par deliberee emprife 
Vng iour apart feretraprent 
Duen faiſant mainte reprife 
Chaſcun en fa raiſon bien prife 
£un faute en paroffe enuaprent 
SEt debatans fe contredirent 
Chaſcun Sueiffant garder fon droit 
Sont leure argus fonécp endroit 
¶ LEeſcuier 
Que fera if deſoꝛmais 
Treſchier feigneur de voſtre Pie 
Neſt il de cp au grant iamais 
Rien qui vous puiſt eſioyr mais 
Îe donner damour quefque enuie 
Le vꝛay et droit fecret du cueur 
Comme on parle a fon confeffeus 
Le cheualier 
Voſtre demande eft foꝛt obſcure 
Etmal a ſouldꝛe en peu de ſens 
TCar ie ne fcap mor aduanture 
Ne choſe nulle ainfi future 
Je ne congnois ne ie ne ſens 
Vous ſcauez bien en quel aſſens 
Mon cueut ſe peut abandonner 
Pꝛeneʒ ce qui ſen peut donner 
Lefcuier 
Je ne puis prendre ne conduire 
Rien tant (out peu de voz penfez 
De Sous mefmes par droit deduite 
Je Boule; maiſtrier ef duite 
Le frain de voʒ douleuts paffees 
St que par vertuʒ ramaffecs 
@ette; paine a vouloir reuiure 
Homme eureuy franc et deliure 
¶ LEe cheualier 
Quant a Bon eut ne a franchiſe 
Que iamais iour ie fes racquiere 
Je vous ture er ma fop promife 
Je np ap defperance affife 
Qui ne foit foible et Bien fegiere 
Auſſi yl fault il bien maniere 
Pour reſtablir nom deureux 
En coꝛps ſi poute et doloꝛeux 
¶ Leſcuier 
£amaniere de ce ropame 
rt iiil 


Plus pꝛouffitant ie Bone recore 
Vous auez perdu voſtre dame 
ff fauft prier a dieu pour fame 
Et non plus segretter fe corps 
Car pfeurs / ne criz ne deſconfoꝛs 
Ne Sous p peuent feruir riens 
ais nupre affez en trop de biens 
¶ £e cheuañer 
Comment pourroit Bng cueut loyal 
Qui a fa fop a dieu offerte 
Paſſer ainſi Bng aigre maf 
Et viure par eſpecial 
Sans regreter ſa haulte perte 
Dieu me donne de ma defferte 
TCe quifup pfaift ie fattendrap 
Mais iamais iout ne fe ferap 
¶ Eeſcnier 
Je ne ſcay pas que Joue ferez 
fa quop fe cueur Sous eftencfiry 
De celle fop vous er tendres 
Tant et fi grant que Sous vouldꝛeʒ 
ais vous en vendꝛeʒ a declin 
Et trouuer eʒ en fa parfin 
Que ſages et lealles femmes 
Vous en tendꝛont a fol vous meſines 
¶ Ee cheualiet 
Du fol ou fageif fauft tel eſtre 
Comme fortune vng homme eſtre 
* ne ſuis pas de mon cueur maiſtre 
ieu ma fait de telle heure naiſtte 
Que mon cueur meſmes me maiſtrie 
Sont ſe £a doufeur aſſegrie 
Neſt pas ſi toſt apꝛes leffoꝛt 
Qui men dit blaſme ceſt a toꝛt 
Le ſcuier 
I keny chiet de blaſme autrement 
Hors ce que Sous vous en donnez 
Vous pouez Biute eureuſement 
Et anoir dee Biens largement 
De Souenefce habandonneʒ 
Mais Jo; regrets defoxdonnez 
Vous font aider damoïriadie 
Quif na qun faint en paradise 
¶ Ee cheualiert 
En paradis a ſains et ſainctes 
Ce ſcay ie bien maint et maint vne 
Auſſi ſut terre en a il maintes 
Quon ſert mieufp et hõnoꝛe en craintes 
Que faincte en paradise ne[Bne 


Auciftet 


ais fe dieu par grare et foꝛlune 
@euffent fouffert fa mienue au monde 
le nen queiffe point de feconde 
¶ Eeſcuier 
Sur loꝛdonnance ainſi diuine 
ar chiet point dauoir murmure 
ieu Beuft quen terme chaſcun fine 

Œttourneariens et arupne 
Jeune / vieil / toute creature 
Quelle doncques bonne aduanture 
Vous fait tant plaindre mo ꝛte amie 
Qui pforant ne vous apme mie 

¶ £e cheualier 
Helas ie pſeure et pſains fa face 
Qua Bien dure heure iap tant veue 
Quant dieu apres facquife grace 
Dans auoit fait qua blaſmer face 
£a de mes peufs prinfe ef toffue 
Et a fa terre deſpoutueue 
Sonneur et de pꝛoſperite 
Si bien que mop deſherite 

eſcuier 

Qui pert icy cfarecueuure 
fa pas tout caufe de fe plaindꝛe 
Tfconuient que mon cucur Sous euure 
Te quen fup fe nourrift et cueuure 
at plus ne mer ponrropefaindtre 
It fauft famour paffe efiaindre 
Et fe garnir dune amour neufue 
ar belle et haulte fa Bouc treuue 

¶ £e cheuafier 
21 Baufte amour ne qni foit belle 
Mal digne fuis dp aborder 
Auſſi de faire amour nouuefle 
Qui en ap pfaine fa ceruelle 
@afpeuft fung a fautre accoder | 
amour me dop Bien recorder 
Quef hõme ceft Befaffe mop 
Aequeffe attente ifa en fop 

C£efcuier 
Ne tecoꝛdeʒ iamaic du blaſme 
Je faulte quamour vous ait faicte 
Mais en lonneur de noſtre dame 
Regardez mop fur ceſte dame 
Qui eſt fi gente et fi Gien faicte 
Sil en eſt vne pfue parfaite 
Seſſoubʒ fe ciel ien Bueif mourie 
Dans iamais mercp requeürt 


¶ Ee cheualier 


Helas ic lay fant auifee 
Et tant iugie pfaifant fon eftre 
Que nature qui Fa Bifee 
St adꝛoit ſonhait deuifee 
Ny pourroit pfue de beaulte mettre 
Mais que pourtant ſoſaſt ſubmettre 
Mon cueur au ſien ne que voulſiſſe 
Ne cuidez pas que ie fe feiſſe 
¶ Leſcuier 
Si ne Joue tient qua mal vouloir 
Se tout Honneur vous vous deffaictes 
Mais ſe vous craingneʒ non valoir 
Dour lamer et fup bien vouloit 
Je vous aſſeure que ſi faicteʒ 
TChaſſeʒ chaſſeʒ ces entrefaictes 
Et les bouteʒ de hoꝛs treſtoutes 
Cy na meſtier de nulles doubtes 
¶ LEe cheualier 

ne fus pas en laccoꝛdance 

aymer encoree ſi auant 
Que doubte ou Bngpeu deſperance 
Me peut porter gricf ou auance 
Dont ie me fuis appatccuant 
Tlfautt defiberer deuant 
Œtauoîr cueut de fop boutet 
Auant tiens craindre ne douter 

Σefcuier 
Je ne ſcay quef defiberer 
Ffauft/ne duife a Bofîre cueur 
Vous poue; bien conſiderer 
Qun cop fa pourroit deſirer 
Dour eſtre fon vꝛay feruiteur 
St Sousaue; comme vng ſeigneur 
Le chois du monde empꝛes voʒ leʒ 
Vous fapmerez fe Sous vouleʒ 
¶ Le cheualiet 
Ha que voycy raiſon notable 
Tauſe my cauſe tout eſt mien 
Zout meſt conquis ou conqueſtable 
Tout empoꝛte ou empoꝛtable 
Le monde eſt fait ſeulpour mon bien 
Dar dieu compains tu patles blen 
Et qui auroit faureiffe fourde 
Dour non compꝛ endꝛe ceſte bourde 
Σefcuier 

Deientens bourde où mocquerie 
En ceftendroit nulle enuers Jous 
Je fe ie penfea ffatcrie 
Lame de mop en ſoit petie 


€£ofitt 

St rauie er enfer deſſoubʒ 
Mais ioſe dire deuant tous 
Quen vous a beau temps pour ſeruit 
St en effe Beau deffetuic 

¶ Le cheualier 
Helas iap trop poꝛte ſeruice 
Pour en tirer fi poure ftuict 
Seruir Bien et ſeruir er Bice 
ef tout compte pour Bng office 
Qui en feruant bien fuie deſtrnict 
Si ne dop pfus vouloit fe Bruit 
Den feruir nuffe ſoubʒ fee cienfo 
Pour non pouoit defferuir mieulx 

Gé efcuier 


De Sofîre cueur ſaccoꝛde a ceſte 


Œtquif fi vueille habandonner 
Je Vous afferme grace prefte 
Amour /cHicrte/iope ct conquefte 
Tant quamour en feuffre a donner 
Œtne vous pourriez adonner 
Si toſt pour Siure en fon fier) 
Quamour ne Bone pouruope bien 
¶ Le cheualier 
Tant congnops damour les patofes 
Quia fol tiens qui toſi ſi accoꝛde 
es motzʒ ſont pꝛopꝛement ydoſes 
Dour Sommes folʒ et fermes foles 
Qui croient tout ce quf recoꝛde 
Paie quif p ait miſericoꝛde 
Ne regard a fon feruiteur 
Dar fa mont Éteuifeftimentene 
Σefcuier 
Sa fire voſtre grace faufue 
Amour neſt pas detefatour 
TCe neſt pas non fa beſte fanue 
Quitrompe fung et fantre ſauſue 
ais Srap a chaſcun a fon tour 
Si Soit parmp et alentour 
Plus ler que nul humain regard 
Œtpape Bien ou toftou tard 
¶ Ee cheualiet 
Oꝛ mauldit ſoit dc tous fesanges 
Gt de tonte fa layryelle 
Qui meſhuy crorra ces ſoſanges 
ee Éeaufw rappoꝛs/ces baufyp louanges 
Ne quifefficue de telle effe 
Samour ef fi feaf/fcrues fe 
Œt Sous tenez a fa bonte 


aie mop ie p ap affes eſte 


¶ Leſcuier 
Vous ne ſcaueʒ que dung malheur 
Que fortune vons a bꝛaſſe 
Mais fur amont nauez confeur 
Ze fup changer Bofire doufeut 
Touchant fe cozpe du trefpaffe 
ar toufioure boue a poutchaffe 
race et maint honneur fans remort 
Donc ſe faufte a/ceftpar fa mort 
¶ Ze cheualier 
Doncques quant amour neſt pas ferme 
De pouoir acomplir fes veulx 
Et que mot par fortune enferme 
Luy toffe pouoir et fe ras 
Donc fuie ie fa ou eſtre veulx 
St tien plus feur de viure ſeulx 
tout fes maufp que ien ap dune 
Que plus fen mettre er fa fortune 
ŒLefcuier 
Helas quefperte et quefoommage 
Se Sofîre cueur tient ceft adreffe 
Tout fepert en vous force et aage 
Honneur / bon loz / Vertu/ courage 
St renom entre gentille ſſe 
Œtne voy rien qui vous radꝛeſſe 
Jamais /ne qui vous ſieue en hault 
De fe Soufoir daymer Sous fauft 
¶ Ee cheualier 
Sa lung endꝛoit me conuient boite 
Souffrette et perdꝛe ſaiſon bonne 
Aa feaufte me fera gloite 
Au fautrefe;/aumome notoire 
SEt me donra dhonneur couronne 
Tar plus eſt vVertu qui Bien ſonne 
De non lauoir voulu changer 
Que pour autre viure en dangier 
¶ Leſcuier 
Vous Ba ſi pꝛes lhonneur du monde 
Ne vanite de gloire humaine 
Qne pour fo; qui fur Fous redonde 
Apmez mieufp voſtre cueur quiffonde 
Que fuprbangiet fop premeraine 
Œncoxe qui eff cafe et Gaine 
omnie dur corpe par mort conquie 
Dont nuf Bienne peut eflreacqui; 
¶ £e cheuafñier 
Pefac et quant mort dauanture 
aura pape de pape egafe 
Que porterap ie en fepuftute 


Fueillet 

Dee biens de fortune ou nature 
Foꝛs renommee bonne ou male 
Aumoins pat fop gatder fopafe 
Jauray gaignee gloire affouuie 
Selon dcfferte de ma Bre 

¶ Lefcuier 
Dr ie vous prie au nom de dieu 
Croieʒ confeif fifeft poſſible 
Œt Bouc rendez en ceſtuy fieu 
Qui Sous peut rendre ieune ef Biets 
Treſoꝛ de richeſſe infalible 
Niens ne Sous fera inuincible 
Seuers amour grant ne petié 
De Joue p prenez appetit 

¶ Le cheualier 
Quelque appetit ne plaiſant ſigne 
Que iamais puiſſe en amour pꝛendꝛe 
Touſiours fe bout de fa racine 
Qui premier a conquis fa mine 
p demourra iuſquau cueur fendre 
Œtnen deuroit nul mer reprendre 
Ne donner nom de nicete 
Ains fo; de plufgrant feaufte 

¶ Lefcuier 
Vous parfes tout ainfi au vif 
Comme Le cueur fe Bous de ſgoꝛge 
Je Bouc accorde voſtre eſtrif 
Beau five /et vueil dung cueur naif 
Que Sous laymeʒ de pat ſaint geoꝛge 
aie quifen vꝛengne Bngautre en forgte 
Qui vous ſoit pfaifance et lumiere 
Juſquau recouurer fa premiere 

¶ Ee cheuañer 
Long parlement qui na retraicte 
Nend fouuent pus fes gene en termes 
Cheuabier qui parfemente et traicte 
Recoit Boufentiere quefqueattraicte 
Qui fe fait amoffir aus armes 
aie ie demeure en propos fermes 
Affin quenufne ſi abuſe 
Gt ſi naccoꝛde ne reffuſe 

¶ Eeſcuier 
Ha/ il fault accoꝛd et yſſue 
Finablement en ceſte choſe 
Telle oeuure ſi neſt pas tiſſue 
Dour en partir fans eſtre ſceue 
La fin que voſtre entente p gfofe 
Don cques fe voſtre cueur propofe 
Daymer ou damour eſcondire 


Je vous requier vueilleʒ le dire 
¶ Le cheualier 

Se vous alleʒ Bien entendu 

ec cas / mes dits/et mes deffenſes 

Reſponce aſſeʒ vous ay rendu 

Et ne me ſuis condefcendu 

Atiltre ou ie congnoiſſe offenſes 

Jay en treſhumbles reuerences 

Voſtre rappoꝛt / mais ie y difcorde 

Honneur de bouche ne kaccoꝛde 


¶ Leſcuier 
Honneur eſt en raiſon fondee 
Et eſt lune a kautre amiable 
€Bafcune eſt de ſens habondee 
Et de vertu impꝛofondee 
TCe queſt raiſon eſt honnoꝛable 
Si croy et tiens a veritable 
Quonneur de raiſon aduertie 
Vous iugera de ma partie 


¶ Le cheualier 
Jay vng honneur / vng coꝛps / vne ame 
Ses trois fes deuv ſauuer vouldꝛoie 
Le coꝛps ſen aille apꝛes ma dame 
Jen ſuis content / mais tout infame 
De perdꝛe mon honneur ſeroie 
Sonc ſachent tous que ne pourroie 
Pour nulle part mauantagiet 
Mon peu dhonneur mettre en dangier 


Σefcuier 
Sieu Joue garde de deſhonneur 
Se mal / dinfamie et greuance 
Mais pont Vous tirer a bon eur 
Je feray tant quautruy honneur 
Vous donra du voſtre aſſeurance 
€at np aura hoſtel cry france 
Du fe nenquicre en voſtre nom 
Se honneur Sous feuffre aymer ou non 
Le cheualier 
Je ſuis de honneur ſerf homme et fige 
ZTant que Bie me durera 
Et enuers luy mon cueut ſoblige 
Se non emprende encoꝛ fe diʒ ie 
Choſe qui ne moꝛdonnera 
Sont auſſi toſt quil Soue plaira 
Mauertiſſieʒ de fon deuis 
Et lors ie diray mon aduis 


Cyxrbliiii 
¶ Lacteur 
Ainſi fut pꝛins lappoinctement 
Seuers ces deux qui eſtriuoyent 
Et ceſſa tout leur parlement 
Juſquau ſcauoir le iugement 
Defonneur fur quifeure yeulv auoient 
Mais fes dames quine fcauoient 
Defeur debat Bng mot qui touche 
Lee ont ſurpꝛis los en fa bouche 


Zouteffois apꝛes feure recoꝛs 
Penſant de Beoit fe contenu 
Se feuts querelles et diſcoꝛs 
Bu cheualier ie Bic le coꝛps 
Contre Le cueur qui detenu 
Lauoit en dueil ef ſoubſtenu 
En lamour dune fopaufment 
Combatre rigoreuſement 


Zeſcuyer fer affa fa voye 

Et le cheuafier demoura 

Suquel ia fe vouloir fcauoie 

Pour quop comme homme que ſcauoie 
Se veoir qui le mal damour a 

Pource que tant ſen amoura 

Be celle quel auoit complainte 
Jatendis la fin de ſa plainte 


Quant ſeul ſe vit ymaginant 
Ætpenfant a fa deſſuſdicte 

Qui affoit fue et fouB; tenant 

Et contre toucfa fouBftenant 
Sſtre dhonneur Fa ffeur efficte 
Amour pour fraieut effrocfite 

Et regrete qui trop au cueut foufce 
Leflandivent fur vne couche 


Les Bras croifestoufea fenuere 

Sou ſpirant pat tres dur amoꝛt 

Lec peufv de pleure trop mafouuers 
Tant que coꝛps preft de mettre aux vers 
Et liure fans remede a mort 

Du quatropoe fane caufe amoꝛt 

Pour eſtre en pierre figure 

Je fut onc tant deffigure 


Le cueur Boufoit du coꝛps partir 
Et ſaillir ſans plus retouꝛner 
Paie le coꝛps de ſen mypartir 


fueillet 
Bien nen dient / doncques ſur cch 


Ne nul autre en deſpartir 
£e coꝛps Ba dire au cueur ainſi 


Bon Boufoir lenfiſt deſtourner 
ar de tel meſtier ſatourner 
¶ Comment le cueut du cheualiet oultre fe debat contre 
ſon coꝛps apꝛes ſa doleance de la moꝛt de ſa dame 


£ouftre ; nrafadie 
— 


Cuenr nud de force et de ſens 
tr Trop inutile ie te fene 

7 tdefpourueu de bon courage 
KZ Quant fifachement te confens 
Deftreau nombre des cueurs abſens 
Dont les ames ont paineet rage 





Quel pꝛouffit quef Stifite 

Aurois tu par fuBtifite 

Plus ne ſerois en fon e ffence 

es en oꝛdure ef vilite 

Plus bas remie que humilite 
Zont loꝛs tu pere fa congnoiffance 


Si nature ta reueſtu 

De moy /que ne Vaulvx vng feſtu 
Poure chetifet malheureux 

Je te demande qui es tu 

Zu es mien et de moy ve ſtu 
Suffiſe toy / tu es eureux 


Venus te fiſt tout eſture 





Dour auoir de mop fa vVeſture 
Ltmop pour top fu fe ſceʒ bien 
Tu es fa mienne creature 

St mop fa tienne par nature 
ontente top dauoir ce bien 


Difon difoif que mafadie 

A ta cotte tant eftourdte 

Queen ſuis en piteux charrop 
fon pouttant quop que fon en die 
Di doto na fa toiffe ourdie 

Zu es pourueu comme fe rop 


Tu as fens ctenfendement 

Qui tous les iours euidamment 
Æn leur dꝛoicte imparfection 
Mouuent les membꝛes rondement 
Qui apres eulvx ſecondement 

Te baillent ta reffection 


Zu as eſte palacieux 
Autant que Somme deſſoubʒ les cieulx 
Tout ſoit if puiſſant et granthõme 


Sonc fu ferope mafgracienp 
Laiffer Le Pieu ſolacieux 
Plus ner a fe pape de romme 


Que defiree fu pſus auoir 
Suffift if pae de ceft auoir 
Que tu poſſedes en ce lieu 

Ha cueur ie fe fais aſſauoir 
Puis que tu ae fens et fcauoir 
Tu es pourueu/lour foit dieu 


Et ſe accident feftefbatu 

St quil mait vng pou combatu 
Me cuidant faulſement fortraire 
Tout compte et tout rabatu 

If ne ma pas ſi foꝛt Batu 
Quailleurs fu te doyues retraire 


Helas cueur amp ſinguliet 

Te ſens tu point irr egulier 

De vouloir delaiſſer ton clauſtre 

Qui teſt ſeul et particulier 

Et veulv deuenir ſeculier 

St moy kaiſſer pour prendre vng autre 


Ha poure ſenſualite 

Qui a pieſent as alicte 

Ee coꝛps dont le cueur veult partie 
Laiſſant fa tempoꝛalite 

Bi fa ſpiritualite 

Ze feuffre Bne foie departir 


Que deuiendꝛay ie poure coꝛps 

Si tu ne me es miſericoꝛs 

Cueur qui me tiens etque ie retiens 
Je te pꝛie faiſons noʒ accoꝛdʒ 

St que pour dieu ſoyes recoꝛs 
Que ſuis ſe pꝛincipal des tiens 


Helas cueur remply de nobleſſe 
Zon ardeur dauoir noue deuy bleſſe 
Et nous ioue dung mauuaie tour 
Quant pour ſi petite foibleſſe 
Zu me denyes vng pou dhumbleſſe 
Et me Beufy laiſſer ſans retour 

Le coꝛps parfe a maladie 
O griefue feparacion 
Qui naura reparacion 
Tant que fe feu Bruffe fa terre 


CC. vl v 
Faiz autre pꝛeparacion 
Laiffe ton operacion 
TCar ton fait trop grandement erre 


Bien fcap quene fcaurope refaire 
TCe que tu fcaurope Bien deffaire 
Et pource /laiſſe nous eſter 

A top nappartient tef affaire 
Retive top/faiffe noue faire 

Que puiſſons les cieulx acqueſter 


Quarante ans a/comme if me ſemble 
Que nature nous miſt enfembte 

Du nous auons treſbien eſte 

Et ſi lung de lautre ne fe emble 

Et quattropos ne ſi aſſemble 

Tu tabuſes pour ceſt eſte 


chieulx noue fuſt a nous deux parties 
Qui iamais ne feufmes parties 

St auons vnyment veſcu 

Quant nous veniſmes en ces parties 
Sſtre incontinent departies 

Que noue tappir ſoubʒ ton eſcu 


Penſe fu point que fu tabuſes 

St daBue trop fofement vſes 

Dopant que mort forde fattrappe 

Veult aup grans cfetce perde fes mufes 
Et mes Bicfles ef mes muſes 

Cacher a iamaie fou65 fa trappe 


Œncoree denfo ie ne dpriene 
Dofequaucune foient terriens 
TCar ie crop quifsen font contene 
Paie de mop qui nay nul; mopens 
Dour acquetir nauoir ne biens 
Zu as toꝛt / car il neſt pas temps 


St entant que touche ce point 
De mourir ie ne lentendʒ point 
Aincois detarigueuriappeffe | 
Tar combien que fope mal empoint 
Mon ſens de ceſt appel me point 
Et de ton picq et de ta pelle 

€ Icy parle le corpe à fa mort 
Et fitop monfîre pfutonique 
Dar ton parler fiet et inique 
Doufopefur mes dits repficquer 

i 


Beftorcie fe deffendʒ replicque 
Œartonentendement ſapplicqu 
Du nufne fe peut appficquer 


Tombien que fope dameropafe 
Pꝛude / veritable et lopale 
Comme telle a droit ie tenomme 
Si eſt ton office tant ſale 

Que beſte bꝛute ta vaſſale 

Ne tayme point femme ne homme 


SEt pourtant ne mimpugne pas 
Que ie ſoys ſeul quant a ce pas 
Qui telles paroles entame 

TCar oncques ſage ne fuſt pas 

Qui neuſt doubte de ſon treſpas 
Pource au monde neſt nul qui tame 


St ſaucun voulois innuer 
Pour ta rigueur diminuer 
Quil deſire eſtre de tee ferfs 

ete dis quau continuer 
if vouſdꝛoit diſcontinuer 
Sil ſcauoit bien de quoy tu fere 


Mais non pourtant gens imbeciles 
Dar infoꝛtune font factfee 

Detop recfainer pat defpit 
ZTouteffſois pas ne fee exilles 
aie par mopens et pat concifeg 
16 ont fouuenteffois refpit 


Boece dif quant aux ieunes ane 
Du ieunes gens font tone plaiſans 
Tune Biens:que tu ee enreufe 

Et auv Bieufo chanus defpfaifans 
Encoꝛes font fee faitz nuyſans 
Œtte dit male et malheureuſe 


Si tu ag de puiffance ou dart 
Que par accident ton fonfdaré 
Tu me puiffe forefaire offence 
Tourne fa bꝛide a ton efdart 
Et tendz ailleurs fafcber ton dart 
Se me toucher te fais deffence 

¶ £ccowe 
Aloꝛs ceffane tous mes efbas 
Parfant au cueur et a mot bas 
Tout ainfiqueie fuie recois 


Sueilfeé 


Nous feiſmes ſi petis rabas 
Quoncques nuf noupt nos def6as 
Œartroiseffionsen vng core 


St combien que treffraueifte 
Je feuffe/neantmoine veille 
St mis mon chief fur loꝛiller 
Tant que mon cueur fut reſueille 
Qui me fiſt tout efmerueiffe 
Se leſcouter et oꝛiller 

¶ Le cueur au corpe 
D coꝛps pfain dimperfection 
Comble de toute infcctiorp 
Nemply de vile Banite 
Selaiſſe ton affection 
Et pꝛens en dieu refection 
Plus neſt de ton humanite 


Penſe tu que pour tes argus 
Qui ſont fiers poignans et agus 
Quen top ie vueille remanoit 
Empꝛunte tous fee yeuſx dargus 
Pꝛeuoy le temps fpmon magus 
TCar il me fault changer manoir 


Plus ne puis en toy repoſer 
Pourtant te fault il diſpoſer 
Sans aucune oppoſicion 

Tu ne ty ſcaurois oppoſer 
Puis que fa moꝛt fi veult poſer 
Payer fault limpoſicion 


Ja tu as eu de ſes vaſſaulx 
Siuers et merueilleux aſſaulx 
Bonttu es grandement baiſſe 
Œt fee deniere de tes Bourfaufp 
Ont fait de fi eftranges ſaulvx 
Quetu ee du tout rabaiſſe 


Oultre plus fu nas fangnecBait 
Dont ie te doyue tenir chiet 
Mais as fee os ioincte a fa peau 
Et qui pis/tu ne peusmafchet 
Œt pource tu ae Beau pꝛeſcher 
Rien ne tp peut valoir fappeau 


Jadis te veiz gros ef reffaif 
Et me ſemblois Somme de fait 
Quant au monde fu en chair ne 


Mais maintenant tu ee dcffait 
Doure/mafbeureup et infait 
Maladie ta tout deſcharne 


Deufp tu donc quen toy ie demeure 
Quant iapparcois que mon demeure 
Œftpar ta faulte deuely 

Brief/ tu es meur comme la meure 
Pource te laiſſe de Bonne beure 
Auant que ſoys enſeuely 


Si tu me voulois imputer 

Que atop ie me dope reputer 
Comme fa tienne creature 

SEt pour mor chief top deputer 
Cela ſe peut Bien difputer 

Mais ceſt tant quifpfaift a nature 


TCar quant nature fe depart 
Œt ferre fee engine a part 
Sont elfe met chaſcun en eſtre 
ff fauft paffer par cefte part 
Feuſſe lyon / loup / ou fpepard 
Du ſaillir parmy fa feneſtre 


Silaage y fuſt fauorꝛiſee 

Et la nobleſſe auctoꝛiſee 

Et richeſſe y euſt grant credit 
JE fe feroit mainte riſee 

Tar moꝛt ſeroit tempoꝛiſee 
Et chaſcun mourroit a fon dif 


Mais il neſt fi grant ne fi fort 
Que quant fa moit fait for effort 
Œtfuftifnobfe/riche et ieune 
Qui ne faiffe paſſer ce fort 

Danse auoir aucun reconfoꝛt 
Qui fceuftemanciper ceieune 


Quant nature feeutcompofe 
Et dieu te eut fefperit pofe 
Qui de mal viure te remoꝛt 
Incontinent fut diſpoſe 

Que toy coꝛps ſeroys depoſe 
ZToutefſois quif pfairoit a moꝛt 


St la taifon mort qui defupe 
Lee genene fut iamaie fane Bie 
Ac Vie ne fut onc fans elle 


CES 
Darquop ceft vne fole enuye 
Be dire vie eſtre rauye 
De fa mort qui ne peut ſans elle 


Pourtant ſi tu Benfo repugner 
ZTon mab tu le doys impugner 
Ala vie/car delle pꝛocede 

Te que tu pourrois oppugner 
Arguer / debatre et pugner 
Pour la cauſe quelle pꝛecede 


Atoꝛt fe pourroys inferer 
Seul a qui moꝛt deuſt differer 
Pour ieuneſſe ſi tu es ſage 
Tar ce don eſt a conferer 

A dieu quine peut preferer 


Don fif5 de paffer ce paffage 


Pour fa caufe ie taduertie 
Aide ce ne te diuertis 
Penſant auoir ce pꝛiuilege 
SDuquel ton ſens tu peruertis 
Œtlefperit tu ſubuertis 

Zu es larron ct facrifege 


Quif foit vꝛay/la faincte eſcripture 
Remonſtre atoute creature 

Se rendꝛe au grant pere ancien 
Les ames fiennes par toiture. 
Et ca bas fee coꝛps de nature 

Et a chaſcun ce qui eft fier 


Etfitu as entendement 

Barde de dieu le mandement 
ar ceſt peche de fe paſſer 

Et deſloꝛs par amendement 
Ob ſerue ſon commandement 
Dour Bien viure ct bien treſpaſſer 


Ne fais faufrup propre ne tien 
Mc fame de dieu ne retien 

Elle ef fienne ef non pas tienne 
ar fi par effe ie fe tien 

Et effe feuffre mon maintien 

Si fault il quantre fa maintienne 


Voy la tranſlacion antique 
Du troiſieſme liure dethique 
Et tu verras ta deſraiſon 


Doure coupe mafbeureuv.etBique 
Beacoup pie que parafifique 
Soubzmettre te fauft a raifon 


aïe dp mop fa feficite 
Pourquoyp tu es tant incite 
Deftre touſiours homme moꝛtel 
SEntendz ce que tay recite 

Tu ten yras en la cite 

Du tu ſeras fait immoꝛtel 


Si tu penfope eftre permis 
Deftre celfup feufa part mie 
Qui ne dopuciamaie mourir 
Tu tabuferope beauſvx ampe 
Cat dieu nen peut eſtre defmpe 
Aine mourut pour noue fecoutir 


Boncques fifa paffefe port 

Luy qui auoit puiffance et port 

Au monde fa ou fu demeures 

D coxpe/entend; a mor raport 
Niens np Sauftrefpit ne tranſpoꝛt 
Œarif fault quen ce monde meures 


Puis apꝛes tu ſeras couuert 
Dundg Bef habillement tout verd 
Sedans le Ventre de ta mere 
ZTant que paradis ſoit ouuert 
Du chaſcun fera recouueté 
Quinaura merp paine amere 


£a nauras aucun fentement 
aie pour fe fol conſentement 
Quen viuant fn fis a peche 

Si tu np poutruope Biftemené 
Lefperit que ae pꝛeſentement 
Sen trouuera Bien empefche 


Et pource penfe aux diuere toute 
Œartu ne feras pas toufioure 
GEt regfe petit a petit 

Par le confeif de fes maioure 
Pendant que tu ae grane feioure 
ZTon ardant et fauft appetit 


Trop qui fu iadis dent ef mivée 
D op Le nofite du pfafmifte 
Gt garde peche furcepas 


fueittet 


Quen top deformaie ne perſiſte 
Mais faisque Vertus p reſiſte 
Et ie te prp netoubfpepas 


Denfe a ton merueilleux deſroy 
Voy bocace qui dit dung roy 
Quonnommoit Sardanapalue 
Oꝛdonne autrement ton arrop 
Que nailles a pied fane charroy 
Sedans fes infernaulx palus 


Alb ert met fur le tiers de lame 
Vng beau dir pour Vertus quifame 
TCommencant. Æurpeefinobie 
Boncde tes yeulv gette maiut larme 
Auant que ſoys deſſoubʒ lame 
Veſtu de tes derniers habis 


Pleure poure coꝛps et gemis 

St regarde ce que iay mis 

Du treſoꝛ de fa conſcience 

et; hoꝛe tes pecheʒ endoꝛmis 
Quifnen ſoit pas vng ſeul obmis 
SDu ſurplus pꝛens en pacience 


Mourir te fauft/ceft verite 

Ne foꝛce ne ſeuerite 

Je ſcaurtoient pꝛeſeruer ce fait 
TCar iadis en fu herite 
Quant ſame par auctoꝛite 
Darfiſt ce que nature eut fait 


Conſidere donc les apres 
£efquefs pourras auoir apꝛes 
Quauras perdu ton eſperit 
SEt puis regarde a top de pꝛes 
St note bien mec dits expꝛes 
ar ce que moꝛt laiſſe perit 


Bonne a lame fa medicine 
Zu medicin qui medicine 

Lee coꝛps qui foné en cepropog 
St nettoye fi Bien ta pifcine 
Quif np demeure Bneracine 
Dar quop tu perdee fe repos 


Coꝛps de nerfs ſi corde corde 
Quites a tout mal accoꝛde 
Recoꝛs Bien ce que terecoxde 





Quant moꝛt faura deſacoꝛde 
Et de tous point; demy corde 
En mettant [ur ce pas diſcoꝛde 
ZTon fait fera Gien recoꝛde 
ile grant iuge p met fa corde 


Sarde fa gehennicque ardure 
Ee feu denferquitoufioure dure 
Et fai; ton cas moꝛtel ciuif 
Tant que fe pere defardure 

Le diabfe pfain de toute oxdure 
Ne te attoucfe a fa mont fi vit 


St pource que as trefmaf veſcu 
TZTu te mettras deſſoubz leſcu 
Be penitet ſans en ſaiclir 
Loꝛs ſera lennemy vaincu 
Qui pour floꝛin ne pour eſcu 
Ne toſeroit plus aſſaillir 

Σecorpe 
Apres que ienʒ mon cueur oup 
Soubdainement mefuanoup 
Tant fuz de ſes dits eſperduz 
St depuis ne me reſiouy 


CC. vt vii 
Combien que iaye de luy iouy 
TCar ie cuidoys eſtre perds 


Duis penfant aux merueilleux ditz 


Quil ramenoit du temps iadis 
Et a ce quen pouoys deuoir 
Pour euiter les lieux maulditz 
Œtauoir place en paradis 
Meffoꝛcay dc faire deuoir 


Œt fa pꝛeſent mon cueur teſte 
Et pource teſmoings atteſte 
Requerant dieu de mettre a fin 
Œountre fe dpabfe protefie 
Lequel du tout ie detefte 

Et a ma Vie et a na fin 


Loꝛs pour euiter fee deſbaux 

Se ces dpabfes qui font fi baux 
Quant if; ont leur fait obtenu 
TCryans / hullans comme clabaux 
Laiffap fa ſecte des tybauſvx 
Comme vberreʒ ou contents 


¶ Comment fe chenafier ouftre damours 
treſpaſſe de dueil de fa dame. 


Pr 


; 


(ur Lait il 


< ; IIIIIID 





— 
# 


fueillet 


S poure amãt er amours maleurceux 
Le plus dolent de tous les douloureux 
Byfant au lict malade griefment 

Zranſſy de dueif et dannoy rigoureux 


Bain affes/trifte de cueur c de coꝛps lãgoꝛeux 


Sain touteffois aſſeʒz dentendement 


TConſiderant que fa moꝛt par enuye 
Betous coſteʒ me pourſuyt et conuye 
Sn conſpirant ia mon enterrement 
Quil ennupe defia a ma Vie 

Et luy tarde que ie meute et deupe 
Dour auoir fin de fon derrenter toꝛment 


enfant auffique choſe pfue certaine 
Neſt que mourir/dont lheure fr pꝛouchaine 
Ceſt quant a mop que dire ne ſcauroye 
Duc icp apres ina dame fouueraine 

Qui dieu pardoint ne me feroif que paine 
Bedemourer ct riens np feruirope 


Dour oBuier donc aux aduantureux 
as forcfus qui font treſdangereux 
Tandis que nion ſens fr appficque 
St quap fe parfer Bigoureup 

Be ma fin difpofer ie Beufo 
comme bon fopaf catboficque 


En me Soufant fout preparer 

A mourir et defemparet 

Ce monde ou ie nap pas grant terme 
Ne pfue regref dep demonter 

ar a fe Bien confiderer 

Niens ne meft eflabfene ferme 


Mains toꝛmens foifon p ap 

Pont fhomine fi eft en vay 

Tous fee ioure div fois et vne heure 
Vng iour eftapme fautre ap 

Puy iopeuv demain eſbahy 

Nen vng eflat point ne demeure 


Au regard des haulx biens damouts 
£onnefes a pas fane doufoure 

Dieu le fcait Bien/cHier en Bauft fonce 
Mais quant a mop iap fait mon coute 
Les iopes font tournezenpfoute 
Jamais plus nen Pueif/iep renonce 


Noncques puis quif pfeufl a dieu prendre 
TCelle par qui cuidope attendre 

on fouper au fempe aduenir 

Ne ſceuz mangier / na riens goufl prendre 
Si non apfeurer ef me tendꝛe 

A fa moꝛt ou me fault venit 


Autre aymer queffe ne fcaurope 

Et quant vouldꝛoye ie ne pourrope 
at fa mort point naBaiffe/aine monte 
Las ou effe eftoit fe Bruptauope 

St de tel honneur receuope 

Qui ades de moy ne tient compte 


Mes iours fi font tournez en nuytʒ 
ee plaiſirs fournies en ennupe 
Et iap yuer en lieu defte 

Et fine (cap plus fa ou ien fuie 
Dinon queie chaffe et pourfupe 
Le malheur qui meft appzefte 


D mort malheureuſe ef maufdicte 
Bien afpre te monſtre ef defpite 
Bauoir oſte tout mon refuge 

Le chois des dames et leſlite 

Mais tu nen demourras pas quicte 
Par deſſus toy a autre iuge 


Je ne dy ſi ſeule euſt foꝛfait 

Enuers top ou commis meffait 

aie iamais ne ſe trouuera 

Car tout en elle eſtoit parfait 
Parquoy congnoiſtras que as mal fait 
Du iuſtice me faillera 


Tu mas a toꝛt deſherite 

Et mon vbꝛay heritage oſte 

Que iauoye acquiſe ſans blaſme 
fe depuis neuzʒ ioye ne fante 
Ains ſuis moꝛt ia deſurente 

Si que vueil pouruoir a mon ame 


Mais par ou ie dois commencet 
Se comment me fault aduancer 
€onceuoir ne puie nuffement 
St ſi meſt force dauancer 

Sans auoir loyſir de y penſer 
Qui meſt grant e[babiffement 





TFfneftpoint de doufceur teffe 
De cuideie ne de pateiffe 

Que dainfife trouuer pres prine 
Se fa moit terrible et crueffe 

He dieu queffe dure nouueffe 

A gens quinefont point apꝛins 


Las du viuant de feu ma dame 
Bout dieu fiffup plaiſt ait for ame 
Se mourir point ue me doubtope 

Ne nen craingnope homme ne femme 
Auſſi fortune/fa mort/ne ame 

Tant ſoubz efle affeure efloie 


St ne crop point feffe fuft en Bie 
Que fa mont pat haine ou enuie 
De euſt peu greuer ne d eceuoir 
Auſſi fa du premier rauie 

Affin dapꝛes tollit ma vie 
Quaucunement ne pouoit auoir 


Selle ie pꝛenoye ma ſubſtance 

Mon bien / mon eſtre ct mor) eſſence 
Sous deuv neſtoit qun cõmun coꝛps 
Et vng cueur tout dung aliance 
Sont lung ne euſt point dindigence 
Qui neuſt ſepare lautre hoꝛs 


Ainſi par clere remonſtrance 

La moꝛt nauoit point de puiſſance 
Durmop/aumoine du Biuant delle 
aie de ce quet) ap fa prefence 
Derdue:finee «fl ma pfaifance 

Et ma Die deuenue moꝛtelle 


Si meurs et tranſſis en Siuant 

En foubaittant fa moit fouuent 
Gtfine puise moutir ne viure 
Alaffer derrierene deuant 

Ains languis tant pfue Bois auant 
Dans efire afege ne deliute 


Be tous coſtes fuie affaiffp 

Et de doufeur fiacueilfp 

Que ie pere tout mon fentement 
Ne nap reconfort de nuffp 
Diuon que defîre enſeuely 

Gt de Soir bꝛef mon definement 


CC. vxl viii 
A cefa me fauftifSenic 
£a terre plus me ſoubſtenit 
Ne peult / bꝛef de mes ioure neſt tien 
left temps de ma Bie finie 
Je men Soie fane plus reuenir 
Dieu Bueiffe que Faine foit bien 


Helas qui meuſt dit que mourrope 
Vng ana ou queie Biurope 

Au poure eſtat ou fuie fortp 

Et que celle plus ne Serrope 

Dar qui en ce temps pꝛoſperoie 
Je leuſſe Bien toſt defmentp 


MNe iamais ie neuſſe cuyde 
Que fortune euſt tourne fe de 
Di acoup comme effe a fait 

Je fa mort ainfi procede 

ar point ne feur eftoit mande 
Dfer aiufi de voye de fait 


Ainſi quant iap par fout penfe 
ieufo vauldꝛa que foie trefpafle 
AQuau monde a regret toufioure Biure 
Et efire toufioure oppreffe 

Aumoins ce iont iaurap paffe 

Tous maulp cet en fcrap defiure 


Ce neſt riens auſſi de ce monde 
Aeifnefipas ſage qui ſi fonde 
Dour p acquerir Bien parfait 

ar trifteffe trop p Habonde 

St puis en moinsdung Bofdaronde 
£a moit Sient quitrefiout deffait 


SElle eſt de ſi mauluais affaire 
Quelle pꝛent plaiſir a deffaire 
Bens qui font en paip et accoꝛd 
fe me fcauvoit fouffrir Gien faire 
Quant a moy ie ne men puis taire 
ar effe me tient trop grant toꝛt 


Ne ie ne fuie pas bien confant 

Toꝛt ou dꝛoit de mourrir pourtant 

Ainſi ieune et Gore de faifon 

Ains meure enuie fort regretan£ 

£a dcfuncte que amois tant 

Queen pers prefque fene et raiſon fi 
iiii 


Aueiftet 


£as au meilleu de ma ieuneſſe Pꝛeneʒ les/et nous et allons 
Du iefperoie trouuer ladꝛeſſe Qui quainſi va que le fauft faire 
Se mon Bien et aduancement St plus icy ne feiournons 


La moꝛt de ſa fureur peruerſe 
a tollu ma dame et maiſtreſſe 
Et puis me prent confequemnient 


ar autre chofe ap a faire 

¶ Le ferniteur parfe a fon maiſtre 
Cher fire pour mienfo Boue compfaire 
Jay du tout fait vo voulente 
Œt pour mieufp fa chofe parfaire 
ous ap fe cureamene 


Oꝛ conuient ifque ie fendnre 
Combien que fa chofe foit dure 
21 paffer et a fouBftenie 

St pour ce que par aduanfure 


¶ Comment ledit oultre fe confeffe et 


Be ma fin fera bꝛiefue lheure 
Faictes cp fe prefiteBenir 
Σe feruiteur vefue damours 
Mon feigneur gp Sois fout courant 
St puis quefaue; commande 
It ſeta fait tout maintenant 
2 dieu foie; recommande 
Dar autre femond ne mande 
Ne fera foꝛs par ma perſonne 
Sn fon lieu fera demande 
Puis quainfieftque ie fordonne 
Hõnneur fanteetBôneBie  (ifpfeancure 
Vous doint ceffup qui fout forma 
Menez acourant ie Bone prie 
Vng peu en cefle maiſon fa 
Sacheʒ qui mafadeif pa 
Qui Joue prie par graut amour 
Que Bous tranfpoites iuſques ſa 
Dans plus faire icy ſeiout 
Affaire if a Bng peu de Joue 
Left tant mate et (imafade 
Qua paine viendꝛes au fecoure 
Auance; vous / ſa coufeur fade 
@e fait haſter fane prendre garde 
21 Sous np a Voſtre Loifir 
faire chancons / ditz / ne balade 
le crop quifna iamais deſir 
Σecure 
ot) amp fans pfue riens en dire 
Se ce faite fuie defia preft 
Ales deuant ie Sous vois fupure 
Dans plus faireicp darreft 
¶ £e feruiteur 
onfeigneur mais Boirp quif eft 
Bailleʒ mop fa croiv/feaue Benifle 
at certes ie Sop Bien que ceft 
21 fa moit certee ſen Sa viſte 
Σecure 


Gif ſen Sa 


fait ſon teſtament 








ur (ea > 
—— 
AN À ca monſeigneur le cure 
TS roots Sous fi Sous dirap 
‘ 5 Ma confeſſion en bꝛiefʒ termes 
AIkeſt Bray que toſt ie mourray 
St amours plus ne ſeruitay 
Dar quop luy ap rendu fes armes 
¶ Ma confeffion 
Ainſi doncques ie me confeſſe 
Be tous les pecheʒ quen ieuneſſe 
Ay fais et commis contre dieu 
Œt de fa deffuncte ma maiſtreſſe 
Doif par ignorance ou funpfefe 
A Soue comnie tenant fon feu 
¶ Du peche doiguef 
St pꝛemier du peche doꝛgueil 
Be ce que ſonuent dung fier oeil 
Jay regarde pompeuſement 
a dame pout qui meurs de dueil 


En petit prifant fon actteif 
1 quop iap faiffp grandement 


Se ce que iap quie epceffence 

Et mop mefmes en Baie plaiſance 
Tant pout fee grans bien de nature 
Que fortune/grace et fcience 

Dans en bailler fa pꝛeheminance 
Ala ſienne bonne creature 


Se ce que par pꝛeſumption 

St folle ymaginacion 

Me ſuis voulu plus pꝛiſer quelle 
St quen toute operation 

ap mes amys par ambicion 
Pluſtoſt exaulſes que ceulx delle 


Jay eſte fort voulencieux 
Diguifleus ef pꝛeſumpcieux 
Dane croite ce que me difoit 

Ne efîre humble et vertueux 
ais iay touſiours repute mieuſvx 
ee oeuures que cenfo quel faiſoit 


St eſt bien vray qun iour de feſte 
Glle me ſoubzʒriſt et fifi feſte 
Affin de la mener dancer 

ais ie par oꝛgueil comme beſte 
Nen remuay ne pied ne tefte 
Ains tout droit men affap muffer 


Sine fcap dont ce Benoit 

Dinon que lennemy tenoit 

Loꝛs mon courage if fauft dire 

Car de fa grace me donnoit 

Vng Bien ou aufte naduenoit 

Bontie Sous ctp mercp Bean fire 
¶ Du peche denute 

¶ Du peche denuieme confeffe 

Sece que quant ie laiſſe 

Au oir a autre qua ma dame 

Habit nouueaulv ou richeſſe 

Jen ay eu enuie et triſteſſe 

SEt men a deſpleu ſur mon ame 


De telʒ Biens mondains enuyeux 
Ay efte/car fes Bañoit mieulx 
Dane nuffe pourtant defprifer 
Que celle qui ena iufques ee peufo 


CC. vlivx 
aie fe dien plaiſt elle eſt auv cieufo 
Ou effe en a iuſques au Brifer 


St pour fe cas particufier 

Drap eftquen lombꝛe dung pillier 
Ain ſi que ientray en fegfife 

Vis ia pieca vng dꝛoit miſlier 
2e femmes rire ef confeiffier 
Qui fauorent bien a leur guife 


Di Pie en me agenouiffant 
Lune delles fort garrullant 
Et parlant de la treſpaſſee 
De quop ie fus fort merueillant 
SEt men allay bas oꝛeillant 
Au pꝛes dune lampe caſſee 


Illecques parloient des ferrures 
Ses eſtas de larges ſaintures 
Et de goꝛgias empeſeʒ 

Dee chapperons et des veſtures 
St dieu fcet quefs iudicatures 
Je y auoit ef quets mot; pefez 


De fee teciter me depoꝛte 

Mais funé deffes £a pfue fote 

Si alla iurer fes Gone dieux 
Quelle auroit Brief plus belle cotte 
Que nauoit fa deffuncte moꝛte 
Dont larmes me yſſent des péufo 


Et bꝛief ien euʒ figrantenuie 

Que ien intetpꝛetay fa Bie 

A af ou poinénp et anoit 

Gt fi fis tant quelle neut mie 

Acheue / quen Heure « demie 

Tout chaſcun leur fecret fcauoit 
€ Du peche dauarice 

Item du peche dauarice 

De ce quay couuoife office 

St efire pourueu en amours 

Dane fe Bafoir pat mon feruice 

Neſtre digne du factifice 

Dee auf Biene qui p font touſiours 


Be ceque iap fort ſouhaitte 
Bien en amoure ef counoite 
Combien que alles g trop er euffe 
Se ce auſſi que ieuʒ en voukente 


Seſtre colloque ef monte 
En plus fault lieu que ie ne deuſſe 


Et eſt vꝛay que par couuoitiſe 
St afſin dauoir grace acquiſe 
Vers el ou auois a beſongner 
SDonnay iadie heure et chemiſe 
A chagrin pour gaigner franchiſe 
Œt garder dangier de grongner 


Gt pour fa verite Joue dire 

It eſtoit force decondupre 

Zoꝛs mon cas par cefte voye la 
at fe dangier meuft Soufu nupre 
Je neuffe fceu par ou men fupre 
Ains me faiffoit paſſer pat fa 


Oncques ne fus en fef deſtroit 

Cat fe chemin eftoit eſtroit 

St danger couchoit fur fa Pie 

De fa chambꝛe ou loꝛs fort fouffroit 
Puis faulx fembfant dormant foufffoit 
Si montay en hault a deuis 


aie en ouurant lhuys fi cria 
Ain ſi dangiet fi fefcria 

St dieu ſcet fe bꝛuyt et tempeſte 
Qui fut:et comment il huya 

Si men fup cahu caha 

Par les degres iuſques au fin feſte 


£up leue pꝛint vne chandelle 

Et ny euſt banc ne eſcabelle 

Du ne me quiſt o la kanterne 

Mais dieu ſcet ſe ie lauoye belle 
Qui eſtois a cheuauchons ſans celle 
Sur le feſte dune lucarne 


Quant danger euſt eſcarmouche 
Et quil fut au lict reſcouche 
Whagrin en hault acoup monta 
DBifant:feues il eſt couche 

Ain ſi de Fa me deſhuche 

Et moult le don me pꝛouffita 


Non pas que me vueille excuſet 
SDu peche / mais mer accuſer 
at Bien ſcay quil eſt deffendu 
Œnamoure de ne point vſer 


fueilket 


Dedon/fur paire dabuſer 

Dour quop doncques ap offenbu 
¶ Du peche deite 

¶ Item auſſi du peche deire 

Je me confeffe/et pour Bray dire 

21 fa deffuncte trefpaflee 

Jay par courrouy fait du martire 

Elle pforer en fiers derire 

St ſans caufe fouuent coutfee 


Jay eſte deſpit et ireux 

Fier/penſif / merencolieux 

Sans ſouffrir queuſſe eſte repꝛins 
Delle/las qui me penfoit mieulx 
Quil ne mappartient en tous lieux 
En quoy iay grandement meſprins 


Sn moy nay point eu pacience 
Mais acoup ap requis Vengeance 
Ses auſſi toſt que me diſoit 

Vne choſe a ma deſplaiſance 

Æt Brief par inobedience 

Jap deffait ce quelle faiſoit 


Ire ma treffoꝛt gouuerne 
Etaduint vng iour deſraine 

Que auoie les fieures trauerſaines 
DSe nuyt comme tout foꝛcene 

en allay au lieu aſſigne 

Dour reſueiller fes mariolaines 


Si tronuay pitie chamberiere 

Qui de fa grace lhuis derriere 

Ge ouurit pour entrer au vergier 
Qui me fiſt treſbonne chiere 

aie leans Sie Snefumiere 
ZBonteus Bien grant paour de dangier 


Affecques dedans fusenfermte 
ais ie cuidap effreinfame 
Dar vng Biel maftin qui vllet 
Si attendy a pied ferme 
Longtempe/ efapree men fume 
De ce quon me laiſſoit ſeullet 


Souuent eſtandoye mes oꝛeilles 
Au iardin pour ouyr nouuelles 
ais perfonne a moy ne ſuruint 
Ainſi ka comptap fee eſtoilles 


GEn difant des oꝛaiſons belles 
Dieu fe ſcet iuſques Fe iour vint 


La nuyt deuant ie me couche 

Comme Vng homme mal emmanche 
Dans Bvng grant carteau darmeries 
Du deſſus pat deſpit crache 

Et les vnes mis et trenche 

En plus de cent mille parties 


Sn quop iay failly grandement 
Car * queuſſe du torment 
Illecques o vng pou de ſoucy 
Si ne deuoys ie pas vrayement 
Ainſi me courcer laidement 
Et pour ce ie Bous crie mercy 
¶ Zupeche de fa chair 

€ quant au pecBe de fa chait 
Pen plue quau feu ne Sueif toucher 
Soit pat dofeances et clamours 
ar fe cas eft ſi hault et chier 
Que nul lyer ne defpefcher 
Nen peut foꝛs ſeulement amouts 

¶ Du peche de pareſſe 
Item du peche de pareſſe 
2 ce que quant ma feue pꝛinceſſe 
Mourut / ne fue a fon enterrement 
Combien que pour ox ne richeſſe 
Ne leuſſe peu voir en langoiſſe 
Ains fuſſe mort loꝛs de ce pag 


Jay eſte pige et pareffeuv 

En cropiffant trop ee linceulx 
Sans mes efperits defpfoper 

A gaigner daffauft vng doufs ieulx 
Sie faire des birlais iopeulx 

Du ie me deuope empfoper 


Helas vrayement ie ouBfiope 
Quau preau dune grant fauffore 
TCouuerte fout autour detreiffes 
Jadis cefle que tant apmope 
Me demanda fe fup querrope 
Bee pruneffee et dee grofeiffes 


aie par pareſſe ef negligence 
Ne luy en fiʒ point de finance 
Aenemen daignayp trauerſer 
Qui eſtoit caufe a fouffifance 


Celle euſt Soufu fenit Sengeance 
Be me faire Bien abaiſſer 

€ Bu peche de gfoutonnie 
Jap au peche de gfoutonnie 
Peche er ce quer compaignie 
De gene ou dune fefle belle 
Japy mange er mefancofie 
Dans auoit ma dame affirie 
Et que iay beu a autre queffe 


¶ Ses commandemens de la loy/ et 
des articles de fa foy⸗ 


¶ Ses commandemens de la loy 
St des articles de la foy 

Qui font en amours oꝛdonnes 
St tant quif; auront de par moy 
Aucune ineffaits que pag ne crop 
Je pꝛie quilʒ me foient patdonnes 


Touteſuois il eſt Seite 
Que nay par mon iniquite 
Ayme touſiours et bien amouts 
Mais ſouuenteffois ap eſte 
Que pour ma grande aduerfite 
Je fap mauldicte en aucuns iours 

€ Du peche deingratitude 
¶ Du peche de ingratitude 
De ce que uap fa muftitude 
Dee Bienne reguerdonne ma dame 
ont ie pp que pat eflude 
£a puinfe/que en Beatitude 
Plaiſe faire repofer fame 

¶ DSes cinq fene denature 
€ Item des cinq ſens de nature 
Qui meftoient donnez de dꝛoittnre 
Dour fa ſeruir et honnoꝛer 
Jen ap peche oufiremefute 
Dont ie me confeffe a ceſte heure 
Dour mer nectopet ef curer 

¶ DSes yeulx 
¶ Et pꝛemierement de mes yeulx 
Be ce quilʒ ont en diuers lieux 
BGecte leur fagette et Bifiere 
St (oubriz dung riz trop iopeux 
Œnuere aucunes et pluſieurs 
Du neftoient tenus de guiere 

¶ Des oꝛeiſles 
Dareiffement des oꝛeilles 


Qui ont plue toſt ouy fes merueilles 
SDung cas de quelque ieune femme 
Ætinieufo retenues fes nouuelſes 
Quif;nont fait les doctrines belles 
De fa feue deffuncte madame 
¶ Du neʒ 
¶ Auſſi de mon nez qui a flore 
Dfue fouuent vng bouquet dore 
Qun autre fangfe ou ifnauoif rien 
Et que ie ne fap pag cute 
Quant iay baiſe et adore 
Monſeigneur vous mentendezʒ bien 
¶ DSes mains 
¶ Des maine qui ont fait touchemens 
Indeuz / et diuers pincemens 
Tant en dancant que ſoubz fa table 
Dignee et faufs atouchemens 
Frappemens et eſbatemens 
Pour eſtre a tous aggreable 
¶ Des piedʒ 
¶ Deẽs pied; qui ont es feſtes trote 
Touru / ſailly /trippe et dauce 
Pour auoir pſuſieurs mondaines 
St pluſtoſt que au ſermon eſte 
Auſſi de ce quiſʒ ont poꝛte 
Sonllers atrop grandes pouſaines 
¶ Des oeuures de miſericoꝛde 
¶ Des oeuures de miſericoꝛde 
Je me confeſſe / et bien accoꝛde 
Que ie ne ſes ap point gardees 
Tar ie nay pas nourty concoꝛde 
Appaiſe debat ou diſcoꝛde 
Ne ſoufflees les femmes fardees 


Je nay point eſte charitable 
Aupx poures et deufp piteable 

Ne ſes pelerins herbergeʒ 

Qui auoient fe Bont treſgreuable 
Auſſi nay eſte fecourabfe 

Auv poures amans deffoges 


Je nap pas aſſez recueillie 
Veſtue / nectoyee et cueillie 
Ma feue dame la treſpaſſee 
Et ioyeuſement acueillie 
Ne icelle pas enſeuelie 
Quant elle a eſte treſpaſſee 


Si que de treſtous ces peces 


fFueillet 


Et dautres deſquelz entacheʒ 
Seroye / dont nen ap ſouuenance 
en requiers eſtre deſpechez 
Pour ne me eſtre plus repꝛocheʒ 
Pardon abſoubz et penitence 
£ecure 
Sa (ire quant iap bien oup 
Tout voſtre cas / ſuis eſbahy 
Que auez tout hault deſir perdu 
Sſteʒ vous ſi eſuanouy 
Que pour vvng plaiſir eſblouy 
Le cueur ſoit ia a mort rendu 
¶ Ee mafade 
Helas /qui feroit Bonne chiere 
Quant lon a perdu la lumiere 
De ce monde / plaiſir et aife 
Jfnpa pas cauſe ne matiere 
@aisifne Sous touche de guiere 
St en parfes Bien a voſtre aife 
Lecure 
Touchier / ſi fait bien afprement 
St croieʒ de voſtre toꝛment 
Suis ennupye et men deſplaiſt 
Pleuſt a dieu quif fuſt autrement 
Mais tout fault pour ſon ſauluement 
Pꝛendꝛe en gre /puie quainſi luy plaiſt 
¶ Ee malade 
Ie me plaiſt treſbien démourir 
Ne ie nay regret de guerir 
Dour en ce monde plus mefBiure 
Car ie ne ſcaurois que acquerir 
Zoꝛment ef touſiouts langourir 
Si me tarde quen fope defiure 
Recure 
He Vauldꝛoit il pas mienfp 
Aider aux viuans que leut nuyre 
St vng petit cy demourer 
Que fee laiſſer pour fee deſtruire 
Las ceufp qui deuffent pour vous rire 
Vous Lee feres touſiours pfourer 
¶ £c mafade 
Lee miens pourtant ner pfeureroné 
Silz font Bone dec Biene trouueront 
Be cefa a eulx men rapporte 
Ne pour mop pie ne mieulx nautoné 
Foꝛs que meſplus ne me Serront 
Car ie tiens ma perfonnemoute 
Le cure 
Voſtre cueur eſt trop endurcy 


St de defconfort fi noitcy 


Qui Joue fait troubler ka pꝛudence 


Mais tout congneu et eſclarcy 
Vous failleʒ / ie fe Sous die cp 
Pour en acquitter ma conſcience 
Σe malade 
Je Soue ap dit ce qui me griefue 
Be penſet que iamais reſieue 
Zu lict/le perdeʒ tout comptant 
Si non que la moꝛt men relieue 
Et pource faictes me la bꝛiefue 
Tar trop ennuye a qui attent 
Le cure 
Et fe dieu g auſſi foꝛtune 
Vous ont pꝛiue des biens daucune 
Vous en fault il ainſi courroucer 
Que en moureʒ par pre cé par rancune 
Jp aifaumonde que Bne 
Du Joue Sous puiſſeʒ radꝛecer 
Σe mafade 
Radrecer fag/ie ne fcaurope 
Ains mille foie auant moutrope 
De tant de fois pouoie mourir 
Tar trop enuys ie le ferope 
Ne point telle ne trouueroye 
Je lauroye beau aller querir 
¶ Le cure 
Si feriez par aduanture 
fadnient plus grant aduanture 
Sont en vient bien a ſes attaintes 
Rien ne fait qui ne fe aduanture 
Et eſt bien beſoing que nature 
nait fait dautres Bonnes maintes 
¶ Ee malade 
Que ie vueille ame deſpꝛiſer 
Œn celle plus que autre pꝛiſer 
out eſt bon / ia dieu fi ne pfaife 
ais de changer de fop bꝛiſer 
Je me feropetrop mefprifer 
Ne iamais ie ne ferope aife 
¶ Le cure 
Aiſe ne fault querir 
chais chaſcun fe doit fecourie 
21 fa Sie effongner ſil eft fage 
Pour prier et requeric 
Œtme ſemble que ainfimourie 
Pꝛocede dung fafche courage 
¶ £e mafade 
Je ne (cap quelle intencion 


CC. li 
Ne quelle Bonne affection 
le aurap icy plus demourer 
Tar oncques np ent que affliction 
Toꝛment et tribulacion 
Tant quon en ſcaura endurer 
¶ Ee cure 
Mon amp de ce que feuſtes neʒ 
Du que Joue et autres veneʒ 
Au monde du BentreBo mere 
Se pleurs et larmes Bone menez 
ont fes Biene qui p font donnez 
Me Soue en efBaBiffes quere 
¶ Le malade 
GEncoꝛes la ne pꝛens ie pag garde 
Mais ie conſidere et tegarde 
Que quant du mieufo quon peut fer fait 
Et cuide fer) auoir garde 
eff loꝛs que dangier fe bꝛocarde 
Jen amoure np a bien parfait 
Lecure 
Pat ma fop feneftoit dangier 
Zen viendꝛoit tous fes iours mangier 
Lee prunes deffue fes pꝛuniers 
left confierge du Bergier 
ais quant dune fon peut ronger 
Vng morceau en Bauft div milliers 
¶ Ee mafade 
Plus uey vueit ronger ne mangier 
Ains ne taſche que a foufagier 
@a vie du fait dont ef eft fa ffe 
SEt moy auffi deſcharget 
Si que penſer et abbꝛeger 
TCar lheure touſiours fr fe paſſe 
Lecure 
Zoute voſtre confeſſion 
Si ne gyſt que en fa paſſion 
De la deffuncte dont ie penfe 
Que voſtre grant compaffior 
Bi vous vouldꝛa remiſſion 
GEt partie de fa penitence 
¶ Le malade 
Vous Pope; mon cas tel quil eſt 
Jap fort peche dont me deſplaiſt 
Et ſi en bas ma coufpe treforde 
Se lamender poſſible neſt 
Mais a dieu fout men ſubmetʒ 
Œtrequier fa mifericorde 


¶ Ee cure 
téi 


64 


a/cropes vous pas ſeurement 
Que dieu au tour du iugement 
Diendra fone et mauuais ingér 
Aueʒ vous auffinuffement 
Mautalent ne machin ement 
Contre aucuns dont Boules venger 
¶ £e malade 
Se fa creancefane faintife 
le crop tout ce que croit legliſe 
tmp vueil du tout confermer 
Ne nap fut nulluy hayne affife 
Foꝛs fur fa mort/dont ie maduife 
Que ie nay pas caufe dapmer 
Σecure 
Conment retenes vous derricte 
Cecy pour faire Bonne chiere 
Et fifcaue;que auant quon Bopfe 
En paradis ou er fumiere 
Fault que fame foit nette ct cfere 
Comme for qui Bient de fa foꝛnaiſe 
¶ Le malade 
Tic ne ſcay quelle / clere ou nette 
Ne pourtant croyez que remette 
Du pardonne de vꝛaye ſcience 
21 a mort mauldicte et treſinfaicte 
Si grande offenfe queffe ma faicte 
Tar fetoit contre ma confcience 
Le cure 
Quop dea/de dire que fa mort 
Doug a offence et fait tort 
Sauoir voſtre dame abofpe 
Vous abuſez en cela fort 
SElle neſpargne foible ne fort 
Oſteʒ Joue de ceſte folie 
¶ Ee malade 
Glle prent ceufo quelle veult pꝛendꝛe 
GEt les autres fi ſaiſſe attendꝛe 
Tant quelle voye quilʒ ſoient more 
Mais me contraigne de luy rendre 
Pardon pour meffaire et meſpꝛendꝛe 
Zant que fame me bat au coꝛps 
e cure 
Apꝛes doncques ne fera cepae 
ar des que pres a treſpas 
Trop tard fera de cp amoufdte 
Si que penſez p par compas 
ar fine paſſez parce pae 
Pꝛeſtre na qui vous puiſſe abſouldꝛe 
e malade 


Fueilfet 
Non ſire? pourquoy ne pourta 
Et fe dieu pfaift fer gardera 
Le cas eſt il ſi merueilleux 
De pꝛeſtres affes on) finera 
De vngne fait kautre le fera 
Vous eſtes trop fort ſcropuleux 
Le cure 
Hap / de ce que ka moꝛt fait 
Len ne peut pꝛetendꝛe meffait 
Ne elle effire ou prendre en partie 
ar dieu fi lenuoye et) effect 
Ain ſi fa ſoubſtendꝛoit en fon fait 
Et prendroif fa garantie 
¶ Le mafade 
Dieu eſt droicturier et fera 
Et crop de vꝛay quant if ſcanxa 
Que ce neſt qune aBufereffe 
Be fon meffait la punyra 
Ne iamais finefaduoura 
TCar de maufp fait trop a largeſſe 
Le cure 
En grande eſtes oppreffion 
£as/penfes a fa paffior) 
De dieu et comment a a crois 
Dar pitie ef compaſſion à 
ZBonna a tone remiſſion 
Œt pardonneres comme crois 
¶ Le malade 
Vous en aueʒ beau ſermonner 
Pꝛeſcher / parler / et demener 
Difa me faictes aduenir 
Gt Brief ſans plus y retourner 
Jamais ne entends luy pardonner 
Diengne ce quen pourra venir 
Le cure 
Que faictes Boue/fae regardez 
on amp fe vous ne amendez 
Et euſſiez fait des Biens cent miffe 
Voſtre ame a toufioute mais perde 
St deſia en enfer marchandes 
Teſt propre fefte deuangile 
; ¶ Le mafade 
Voire qui Boue ey Boufdtoif croire 
Beau fire ap aiffeure à faire 
Pefpefches mop fe Bone vouleʒ 
Du dictee ce que entendez faite 
Je Bouc ap compte mon affaire 
Bi Joue prie que Joue me abfoufes 
¶ Ee cure 


Ab ſouldꝛe / las ie nepourrope 
ais if me ſemble que quant ie proie 
Au monfher pour querir ſeſtolle 
Et en Vvoſtre coffamettrope 
Sur ma Pie ic Joue gucrirope 
Se kennemy qui Joue affofe 

¶ Ee malade 
Leſtolle / ceſt bien dit Vꝛayement 
ap auſſi Bon entendement 
Que Joue aueʒ a faduanture 
Denfes et fupez hatdiement 
Vous eftes mauuaie garnement 
Boutez fap hoꝛs /ie ner ap cure 

£écure 


- Adieu qui Sous tiengne en fa garde 


Las entendez a ce malade 
Doustous fce gens Saftinement 
ar fidieu ne le regarde 
left Bien taille quop quif tarde 
Se fier bien piteufcment 

¶ Ee malade 
Le pꝛeſtre ma tout amarmouſe 
De fieuceg ſoit if cfpoufe 
St cil quimen a endoffe 
L£ongtempe ma jp amuſe 
Mais ie ne puis efîre abuſe 
Car au foꝛt me ſuis confeſſe 


Au demourant fauft aduiſer 

Si que pour fame diſpoſer 
Œtmettre en voye de ſauluement 
Ay entencion de poſer 

on cas ſi brief et compofer 
on oꝛdonnãce et teftament 


¶ Lomme fe mafade pare a fon cferc 


Sus mon derc/ifte fauft penſet 
Appoꝛte mop encre ef papier 
Etefcrp cp mon oꝛdonnance 
Œtpenfetofidetauancer 
Dans aucunement deffapet 
Le que dirap a ma pfaifance 
Σe feruiteur 
Sire / le voycy ia tout preft 
Sans empeſchement np arreft 
Oꝛ nommezʒ ce que ieſcriray 
Et dictes tout au long que ceſt 


CC. lü 


Je leſcriray ainſi quil eft 


Et que direz ſans nul delay 
¶ Le malade ¶Teẽ foꝛfaitʒ 


Pꝛemierement vueil vꝛay confeʒ 
Repentant/et de tous mec meffaitz 
Mourir er) fa fop Bien a point 

St oꝛdonne que tous forfaits 
Quen ma Bieap commie et fais 
Soient amendezet mie a point: 


¶ DSes vaines penfcee et des debtes 


Que mes faultes ſoient ſuppliees 
Æt vaines penſees oubliees 

En quop iay trop ſongneuſement 
Lee heures du tempe oubliees 
Que auſſi me deBtee foient payees 
ZBontifapperta deuement 


¶ De fa recommandacion de lame 


Apꝛes quant du coꝛps yſtra lame 
Aion createur / noſtre dame 
Œta tous ſaintz de patadis 

Je fa recommande et recfame 
Et auſſi ceffe de na daine 

£a deffuucte qui fut iadis 


€ Zefa decfaracion des Biens 
faicte au prouffit de fa treſpaſſee 


Quant eſt de ozdonner de mes Biens 
Je nay gueres etcommeriens 
Sont ien ap tant moins de ſoulcy 
St fine ſont pas treſtous miens 
ais fa plus part diceufp ie tienne 
ZDe celle pour quiie meute cp 


¶ es Sfufenicts/c cõment le ma 
fade declaire fneft4 Vſufructuaire 


St pource que nen puis pas vſer 
Comme euſſe rer) peus diuiſet 
Sea ma (eufe Boufente 

Mais eſt a effe den difpofer 

Car a la Berite expoſer 


fueillet 


Je nen ſuis que vſuftuctuaire 


€ De fa diſpoſicion des biens et coms 
ment le malade veult qͤſz ſoient ren 
due auy heritiers de fa treſpaſſee. 


Ainſi ie ne les puie donner 

Siſtribuer ne aumoſner 

Veu que delle fes ap tenuʒ 

Pour men ayder ef gouuerner 

Par quoy ie les vueil retourner 

A fa figne dont font venuʒ 

Teſtaſſauoir au feritiere 

Be fa deffuncte quip ont fetiere 

Be leur chief fane contredictoire 

Vingt vng quart et autres rualiets 

Brief nen reſte que deux entiere 

Sur quop eſt aſſiz mon douaire 
Au douaite 

Lequek a lieu en fa matiere 

Car puis queffe eſt moꝛte premiere 

Et que apres elle ap ſurueſcu 

Jay acquis ma part douariere 

Di pleuſt a dieu que en fa riuiere 

Treſtout feuft et effe Befcu 

Œ'Aupartage 

fe et mop neuffions riens partp 

Cat ce neſtoit qui) coxpe party 

De nous deup en vng feufement 

Vng cueur/SnaBoufoir/Bng partp 

Quiiamais ne fut departp 

De mort neuſt fait fe partement 


Helas quel dur departement 
Quef a dieu/quef embꝛaſſement 
Quek triſte / quel douloureux partage 
Quefpiteus recompenſement 
Be mourir fi ſoubdainement 
En fa ieuneſſe et tendre aage 

¶ De fa communaulte 
GEt combien que par fa licence 
Be deux vdiuans fur loꝛdonnance 
Samours et en communaulte 
De vng des deu fait difference 
La moit faififfe fe vif en ce 
A tous fes biens pat fa mopfie 


ŒAccacquefs;propree ef cons 
queſtz indeuʒ 


Que ain ſi en kreſtous fes acqueſtz 
Pꝛopꝛes meubles ef conqueſtʒ 
Qui furent a fa treſpaſſee 

le p ap fa moyptie de refais 

Dans paper ia debte ne fais 

Dit ne me pfaiftou if nragree 


€ Commẽt fe malade laiſſe lee 
immeubles acqueſtz anv 6e 
riticre de fa trefpaffee pour 
prier dieu pour elle 


Joufefuopes Bien confidetans 
Lee feruices fructiferans 

Que ma fait et Biens delle 

Je faiffe tout a ſes parens 
Heritiers en vie demourans 
Dour prier dieu pour lame delle 


¶ De la charge dequop fe mafade 
fait oBfiger fes ſiens. 


Sauf que pour compenfe bailleront 

De ce telle ſomme quifs vouldꝛont 

A mes ayans caufeet par termes 

Qui par ceauffitenus feront 

Œufy/feure Boite et ceufo quien vendꝛont 
Poꝛter fe nom defle et fes armes 


Et ouftre pour elle pꝛieront 
Et vng obit chanter feront 

2 tefiour queffe eſt trefpaffee 
Si honnoꝛable quifs pourroné 
Auſſi Le dueif en porteront 
Juſques lannee ſi foit paffee 


St ou cas quilʒ ignoꝛeroient 

Du vng petit differeroient 

Dacomplir Mon intencion 

De mes biens riens ne vdueil quilʒ ayent 
aie declaire ou quifs ſoient 

Indignes par pꝛiuacion 


¶ DSee biens mondains et tempoꝛelʒ 
Quant des biens tempoꝛelʒ 


Mondains et meubles incorporefs 
Qui du rap pattimpne viennent 





Tomme touchemens manueſʒ 
MBaifiete et dautre biens pateifs 


Qui en vouldꝛont de ceulx fa en prennent 


Jam ais plus ne men meſſleray 
ais du (ouf fa charge en fairap 
A ceufp qui en auront appetit 
Œtouftre/aucune fais feur ferap 
Affin anmoine quant mot ferap 
De mop leur fouuiengneBng petié 
Dec fai; 
Je faiffe auyx poures amour eux 
Qui ſont courceʒ et douloureux 
En cueur fans monſtrer ſemblant 
Fait e rondeaulx auantureux 
Rire et ploꝛer / et tout pour euſx 
Puis entrer en fieure tremblant 


Aup autres plus griefment malad es 
Qui en faiſant leurs embaſſades 
Ont eſte chaſſeʒ par danger 

Laiſſe enuoyer virlaiz et baladee 

St faire bꝛuſter et eſcardes 

Pour par deſpit eulx en Banger 


Je laiſſe aux amoureux ardane 

Se nuyt eſtre aux huys actandane 
Que on mect en fauf fes mariolaines 
Illecques de froit clacquer fes dane 
Due Burter fane centrer dedans 
Œfcoutans feuet fee auoynes 


Item / ie faiffe auv ſouffreteux 
Poures amans et diſeteux 

AQuif noſent dire leurs complainctes 
Condupyre leur cas par flacteux 

Et leur vendꝛe fa deuree deux 
Sans ia venir a leurs actainctes 


Item / ie laiſſe aux prifonniere 
Enfermes de deſſous fes chatniere 
Se malebouche et faufo danger 
Tenir enſemble leurs timers 

Et ruer bagues et deniers 

Pour entrer iuſques au verger 


Any poures indigens 
Qui noſent pourle bꝛuit des gene 


CC. lise 
Aler ou ilʒ vouldꝛoient Bien efre 
£eurefaiffe porter habis gentz 
Œt gecter regars aſſigens 
Pour Beoit Leur dame a fa feneftre 


Item / a cec iofie gafane verboys 
Je laiſſe abatre bled et boys 
TCourir / ſaulter / ey haynes 
Fringuer et dancer hauſt et bas 
Tire top arriere ie mer voix 

Et faire cent mille fredaines 


Item / a ceo gentiſʒ galans 

Je laiſſe auoir fes cucure Baifane 
En la noble amoureuſe queſte 

Rire des vngs douſx yeulv fretiſlans 
Et eſtre touſiours affaiffans 

Pour auoir du bien par conqueſte 


Item / laiſſe a ces amouteux 

Jeunes faourouches et paoureux 
Qu craignent fee monches qui volent 
Leurs gardes des premiere courreux 
Et regarder par derriere eulx 

Se ces carreau point fee affofené 


Je faiffe aup amouteuv tranfis 
Jecter foeif toufioure aux chaſſis 
Dour veoir pat fes trous et loꝛenges 
effe ou feur cueur ſi eſt aſſis 

Puis ſelle leur rit eſtre tranſis 

Gt rire a tout pareulx aux anges 


Item / laiſſe aux de ſconfoꝛtes 

Qui par faulx rappoꝛs deſpoinctes 
Ont eſte fans cauſe et raiſon 
Pleuteʒ larmes de tous coſtes 

Et tourneʒ menſonges en derites 
Pour exaulſer leur oꝛaiſon 


Quant eſt de ces amans penſiß 

Qui cuydent que pour eſtre aflie 

Le bien leur viengne / ou quen four prpe 
Je leur laiſſe le vent raſſis 

Pour doubte quif; ſoient pouſſis 

Et actandꝛe paſſer fa pluye 


Item / a ces nobles vaſſeaulx 
Je laiſſe en fair faite les ſaulx 
ét ii 


St au Bonnet vng bouquet gap 
Saufter/dancet ef faiterage 
Marcher fung pas court / faufre farge 
Et cryer apꝛes / hoppegay 


A cee varletʒ danceref; 

Que fen appeffe dimencheretz 
Je feur faiffe aux nopces ſeruir 
Femmes goffes de coſteretʒ 
Leur dire que vous laureʒ 
arifs ſen ſcauent Bien cheuir 


Aceulx quon a veu replanis 

De haufo biens damours et garnie 
Sans en rendꝛe graces ou mercis 
Niens ne laiſſe comme banis 

Ains eſt taiſon quen ſoient pugnis 
Œtpriuee pour leurs demeris 


Item / laiſſe a ces veſtus cours 
A chaſcune pꝛiere damours 
Pꝛomectre et en bailler de belles 
Faire fes toure et demy tours 
Puis expoſer feure clamours 
Go girons de ces damoiſelles 


Je laiſſe a ces doulvx gloꝛieux 


Qui cuident que pour feure fonge cheueulx 


Que dames octropent feur puiere 
Leur fafaire du blanc des peut» 
En kes effeuantiufques auv cieulx 
Et puis ſen mocquent par derriere 


up amans qui ont eſte chaſſez 

Dar faulvx ſemblant / et menacez 

Je leut laiſſe en queues Ou en muys 
E fire entre chien et loup muſſes 
Puis acoup a bꝛas renuerſes 
Pꝛendꝛe vng baiſier entre deux huys 


“ff pa danger deſtre arrable 

@ouft grant iffec/ ou accable 

at fen ne fer ſcauroit rauoir 

Et fe maf quon pouꝛroit auoit 
Combien qung feuf Baifer emble 

Bi Jauft micufo que cent mupe de ble 


Je faiffedup Viuans damourectes 
NQui marchent deſſus eſpinectes 


fuciftet 


faire dec chaſteaulv en eſpaigne 
Puis afer toucher les clicquectes 
Be lhuys de leuts dames auenectes 
Œt baiſer feufement fenfeigne 


À ceufo qui ont fee feu en teſte 
Zaiſſe de nupt demener £a tefte 
$arpes/tabourine/meneftriere 
faietrapnece/cfap et tempefte 
Afin quon octrope feut requefle 
Et pfanter map et efgfantiers 


Be ceufp qui portent par deuife 
Dour feur dame entre £a chemife 
Vng cueur/ et puise fa botte faufue. 
Je nen faiz recepte ne mife 

Tar vente fort gaferne ou Bife 


Touſiours ont Bon tempe/ dieu feur faufue 


Aces amoureuv a couuerf 

Qui fe Seftent de noir pourBerf 
Affin de feur vueil parfaire 

Laiffe Baiffer fa cotte Bert 

Puis aſſaillir vng huys ouvert 
Car telʒ gens fe ſcauent Bien faire 


Je faiffe auv amans defcfouez 
AQuine font paffe; nefouez 
ais deffraier de leurs banieres 
Poꝛtet fee fofiers noue; 

Œufp courfer a feur tranchouez 
Et eſcrire fur fes faffieres 


De ceufp qui ceignent coxdefieres 
Quiportent coꝛdons et liſietes 

Qui marchent fur tan et fur gface 
Qui couchent entre deux goufüeres 
Je me recommandeaup pꝛieres 
Tar ilz font en eſtat de grace 


A ces amoureu» ppocrites 

Qui portent fa chiere dhermites 

Et ne bougent des monſtiers 
£aiffe faire a patt leur pourſuites 
Et gecter leur complaintes eſcriptes 
Æn baillant leaue des benoiſtiers 


Quant eſt de ces deuocieux 
Qui baiſent ymages et lieux 





Eh faifant ſemblant de manger 

Les crucifix / et deſtre ec cieul⸗ 
TCombien que leur eſueil ſoit ailleurs 
Je les recomande a danger 


Vng tempe fut que ſcauoye fe train 
Tontendte de loing fe latin 

Et ſcauoye bien que cela monte 
Bꝛief me ſuis trouue au butin 
Sans faire ne four ne moulin 
Partir et de tout rendꝛe compte 


Ze ceufy qui ont fa puce en loꝛeille 
Que faufs danger fi foit trauaiffe 
Qui nont Bienne gouftrefpire 

Je pꝛye amours quif Lee confeiffe 
Et a dieu que enuopet fer vueille 
£a jante quifeureftpropice 


Souuent apꝛes tef; mots paſſeʒ 
Sont les Biens damours encHaffez 
Qui font ſembler fa durte Bonne 
Mais quant a moy ien ſuis laſſeʒ 
Plus nen vueil / ien ap eu aſſeʒ 

De ap faiffp/ dieu me pardonne 


¶ Comment fe mafade fe 
plainte dit quifne viuta 
gaires. 


Las / en parlant foꝛt ſe decline 

a Boip dautte part ſe vſe et fine 
Et mon mal touſiours fe profongue 
Daleger / point nen voy de ſigne 
HDuftre/a Bien iuger mon oꝛine 

Je ne le ferap pas trop fongue 


Ainſi tandis quap fentement 
Vueil parfaire mon teftament 
a Bu/ca ha/ vaille que vaille 
Delon mon poure entendement 
Qui tire a fon dernier toꝛment 
Parquoy ap grant paour que faiffe 


¶ Des evecutione/et com⸗ 
ment le malade fait ſon exe⸗ 
cutereſſe fa dame ſeule c pour 
fetout. 


| tirs 
Je fais mon executeteſſe 
Seufema feue dame et maiſtreſſe 
Pour acomplir mon teſtament 
Dont lame repoſe en lieſſe 
EtSeufo quelle en) face et dꝛeſſe 
Zout a fon commandement 


Jen fcap Bien quant effe ſcaura 

Que ceft pour mop/ elle fera 

Be Bon cueur/en quop ie me reconfoꝛte 
Et a ce Befoingpointne fauldꝛa 
Aincope feffepeuft piendra 

Je ſuis feur/ fuppofe queffe foit moꝛte 


¶ De la puiſſante des ſub⸗ 


roguez. 


St au cas quelle ny pourroit eſtre 
Vueit que en fon lien puiſſe eſtre 
Vng ou deuv autres a ſa pfaifance 
Et fans commiffion ne fectre 

Sen puiffent ſoubz elle entremectre 
Et beſoigner a ſon abſence 


¶ Comment ledit malade 
Beuft quon ne face riens 
ſans ſa dame 


Et ſil aduenoit dauanture 
Que ſi toſt par fortune oBfcure 
Neuſt ſur ce reſponce delle 

Je vueil que la choſe demeure 
En ceſt eſtat ſans pꝛocedure 
Juſques a ce quon ait nouuelle 


¶ Comment il veult que 
fes heritiers de fa dame 
en fon aBfence foient ſub⸗ 
roguez ef mis en feutre cõ 
ſciences de fepecution. 


Pourueu quant huit iours paſſeront 

£ce h eritiers delle pourront 

Bien executer mon oꝛdonnance 

TComme ſubrogueʒ quifs ſeront 

Paie aucun compte nen rendꝛont 

Ains vueil quen ſoient en leur conſcience 
tt iiii 


¶ Commẽt il encharge defaire 
deuoir / et de payer fa religieuſe 
ſa garde. 


En elle auope tant de fiance 

Que auv ſiens ie laiſſe ma conſcience 
or coꝛps mon ame et tout en garde 
Di feur pꝛye quen aient fouuent garde 
Ain ſi quay patfaicte fiance 

Gt quitz contẽtent bien ma gatde 


¶ Au partement de 
leſperit. 


Quant mon eſperit partira 
Su coꝛps /ie oꝛdonne quil yxa 
Suoit fur lautel ma dicte dame 
Du fa en foufpirantcrira 

Par troys fope/et fa mercira 
En luy refpondant mor ane 


¶ Comment il veult ce quon 
Len voiſe crier par fa Biffe 


Œeiour/et meſmes de ceſt heure 
Puis que ia en la fin veure 

le veulx quon me voiſe crier 
Et publier ma ſepulture 

Affin que chaſcun y acueure 

Et vueille dieu pour moy prier 


¶ Comment il deffend quon ne 
le crye point noble 


ais pat Fe cry deffens en ſomme 

Aus mon nom noble on ne nomme 
atpetit pꝛouffit en en ſuyt 

Tõbien que huy chaſcun ſoit noble hõme 
Mais ne men chauft plus dune pomme 
Ains vueil quon crye cõme il ſenſuit 


Pour lame du poure amant feal 
En fon viuant treſcoꝛdial 
Secret et bien fame iadis 

Qui eſt treſpaſſe franc et loyal 
Dictes tous dung vꝛay enfrereaf 
Vng pater et vng depꝛofundis 


Fucillet 
Et ennuyt a lentertrement 
Bu deffunct / et au partement 
Du coꝛpe venes y ſans demeure 
Toue ſes parens entierement 
ous en requerent chierenient 
Et aux vigiles a vne heure 


Du plus toſt ou tatd fetrefpaffe 
Selon ce que on verra leſpaſſe 
Du temps que leſpꝛit rendꝛay 
Combien que ma vie ſoit ſi baſſe 
Que ne crop point que ce paſſe 
ais plus toſt fitrefpafferap 
Be fa femonce 
Apꝛes an corps len ſemondꝛa 
Dur fe mopen quon y ten dꝛa 
Dans faire huy a corne a trompe 
Ne grant boubant quen len deffendꝛa 
Larie vueil Biengne qui voutdꝛa 
Le moins quon pourra de pompe 
luminaire. 
Des toꝛches et du luminaire 
Je ordonne que onen face faire 
Autant / et en tef quantite 
Que eut fa deffuncte debonnaire 
Œt ſoit fies fapotBicaire 
Du fe fien meſmes a eſte 
Ses cierges 
Oultre y aura fiv cierges vieulv 
Au conuop du coꝛps fous couuers 
Be ſoulcieʒ / de fleurs dencolye 
A loppoſite au trauers 
Biv autres noire treſtous diuers 
Empannes de mefancofpe 
€ Des torches 
Les toꝛches feront noiree et perſes 
Daubeffine et menuee penfees 
En figne des aſpꝛes renuerſes 
Entoꝛtillees en belles herſes 
Et dures fortunes diuerfee 
Que fa moꝛt ſi ma pourchaſſees 


¶ Comment le mafade en 
deſpit de la moꝛt veult quon 
face en ſon enterremẽt tout 
autrement quon a acouſtu 
mie de faire, 


Gt pouxce quelle pꝛent plai fie 

De ce Monde offer et ſaiſyr ; 
Lenfp quinefupontmeffait en riens 
Queffe plus hault de fon defic 

Ne giſt que faire defpfafir 

Et rendꝛe le mal pour le bien 


Et auſſi tout ſon eſbatement 

Et deſioyr du tourment 

Et de veoir doeil pleurer et bꝛaire 
Je oꝛdonne en mon enterreient 
Queffe fe gouuerne autrement 
Que fe a acouſtume de faire 


¶ Ar ceufo quiferontau conuop 
du coꝛps 


Premier Bueif que ceulx qui feront 
Au conuop du coꝛps fiauront 
Seſſus fa teſte ou fur feur manche 
Lequel des deux mieufo if; vouldꝛont 
A lallet / et quant reuiendzont 
Thaſcun vngchappeu de paruance 

¶ Zes dueilʒ 
eufp qui pour mop feront fe du eil 
Autont feutre manteaufo de vermeil 
ais feure chapperons feront iaulnes 
Renuerfesiufques fur loeil 
Bung drap tout vng et tout pareif 
Dont au manteau y aura quatre aufnes 


¶ De ceuts qui meneront les 
duels et qui poꝛteront fe coꝛpe 


Apꝛes ceulx qui ſes dueiſzmeneront 
Lerour de vert ſe veſtiront 

Et auecques chappeaulx a coꝛnete 
2e beau veloux noir que 1f5 mettront 
Dultre veulx que ceulp quiposteront 
Le coupe foient veſtus de Brunette 


¶ Comment le malade Beuft quon 
ſeme de lherbe en lieu de paillegquon 
tende de rouge et de Bert 


En lieu de paille on gettera 

Se lherbe vert ct ſemera 
SZeuant noſtre huys / et en legliſe 
Pareillement fer) y te ndꝛa 


CCliüi 
DSe rouge ef de vert qui en aura 
Car ainſi loꝛdonne et deuiſe 
Des armes 
Se mes armes Bien blaſonner 
Et demon vmbꝛe faconner 
Et fault que de douleur ef de dueil 
Dieu vueille a celle pardonner 
Qui me voult des ſiennes donn er 
Quant men ſouuient ay lerme a loeil 


¶ Comment il veultquon nette 
en ſes armes lamoitie de celles 
de ſa dame 


Auſſi dea ie oꝛdonne que ee miennes 


£on mette fa moitie des ſiennes 
Pour eſtte enſenible mpparties 
Bontfen en fera vnes plaines 
Kes autres apres moifienneg 
He fune et de l'autre departies 
Σa facon des armes 
£efcu fera denoir baſty 
Dur vng champ Bleu tout amoꝛty 
Sedans fequelentre deux.m. m. 
y aura Sng cueur myparty 
De dueil et de douleur myſoꝛty 
Et le champ tout batu en kermes 


¶ Comment fe malade ordonne 
que len ne le boute pas en terre ſi toſt 
quil ſera treſpaſſe / mais quon at 
tende deux feutre ou trois apres 


Duftre vueil que apꝛes mon treſpas 
GEn terre on ne me boute pas 

Si acoup mais que fenattende 
Deux ou trois heures de compas 
Pour veoir ſe ie reuendꝛay pas 

Du ſil y aura voine qui tende 


¶ Cõment if voult quil ſoit ouuert 


q̃ on gette hoꝛs de fon corps fe mot 
ceau ou fa mort aura touche 


Le fait/ mon corps on ouurera 
Et dedans par tout fon querra 
Le morceau ou fa mort maufdicte 
Don more et quette faitauta 
Puis du corps en gettera | 
tt / 


65 


ueilfet 


dar apres moy ne vueil que habite 


Tout fe demoutranf æaftetoié 
Et pfus toſt pourrir fe feroit 
Tant eftcontraire a ma nature 
Auf ny auroit Bet qui mangeroit 
Je fuis feur fifp dcimourroit 

Et par ainſi ie nen ap cuve 


¶ Comment il veult eſtre enſeuely 
au ꝓpꝛe dꝛap ou ſa dame eſt treſpaſſee 


De auoir vng dꝛap fin et ioly 
Playe menu et bien poly 

Pour faire ma derreniere cocte 
Bien deffendu / bien affaiffp 

fc vueil/mais enſeuely 

Zu dꝛap ou fa deffuncte eſt moꝛte 


Tfme ſemble que er vauldꝛay mieulo 
ar fe dien pfaift efle eſt aux cieufp 
ommetefpere fermement 
Du fa nous trouuerons iopeufp 
Dans. effre en dangier denupeup 
Quine habitent nullement 

¶ Du ſuaire 
Du droit miffieu du ſuaire 
le ordonne quon facc pourtraire 
La face de fa trefpaffee 
En tefle moitie blanche cf noire 
Le plus au Bifquon pourra faire 
Et queffe p foit Bien compaffee 


¶ Comment il Seuft quon fup face fa 
fa croi dune coꝛnette de veloux que 
dame up donna 


Seſſus vne eſtre mis et faicte 
Vne grant crop de foie violette 
Que celle que iay nomme naguiere 
Me donna pour Pre coꝛnette 

Et atant quon pꝛeigne et mette 
En ceſt eſtat dedans fa biere 


¶ DSeẽs cierges qui arderont deuant le 
coꝛps et des enfans qui vueilleront 


La deuant quatre cierges ardront 
Puis fiv petis enfans viendront 


Dour toute nuyt vueiller au coꝛpe 
Qui leurs ſeptpſeaulmes divont 
Et elles dictes chanteront 
A ſoubʒ voix vigiles de moꝛs 

¶ Des coꝛdeliers et de meneſtriers 
Oultre p aura fiv cordeliers 
Qui auſſi diront feure pfauftiere 
Au tour du coupe deux adenx ſoubʒ 
es aup pieds dec chandelfiere 
Si Suerfquifp ait des meneſtriers 
Qui coꝛnetont dueil angoiſſoux 

¶ Au cercueif et du poiffe 
Le cercueil ſera tendu 
PBung poifle de Sert perdu 
Duute dermeries cf fleurettes 
Sur fequef fera eſtandu 
Vng moꝛt couche et eſpandu 
Gn giroufflees et amourettes 

¶ Res fofennites de lenterraige 
Be loꝛdꝛe de ſenterrement 
Ses ob ſeques / du conuoyement 
Et des per ſonnes receuoir 
Jen ay charge par ceſt teſtament 
Mes executeurs au muement 
Leur pꝛiant que en facent deuoir 

¶ Au ſeruice et des grandes meſſes 
Pour le ſeruice on chantera 
Trois grans meſſes et celebꝛera 
Bu faintefperit/noftre dame 
Et de requiem quon) dira 
ais enſemble ce cera 
Dour moy et pour ma dicfe dame 


¶ De loffrende et ou miftere que fe 
malade veult quon p face 


A loffiende len portera 
Dnganneau do: quon trouuera 
Illec muſſe dedans mon coffre 
Qui en deuv pare pattp fera 
Bont fune fur£e Sir fera 

Et fautre fur £e pain quon offre 


Telſe qui fera cefte office 

De Beſtira de cottc Serte 
Paie en Baifant fe decaindra 
Et en figne de fa moꝛt et perte 
Puis comme pafnree ct deferte 
En fa terre fe gettera 





| ¶ Zes baſſes meſſes et des Bigifes 
Dee baſſes meſſes iuſques a trente 
TCe iour oꝛdonne que len chante 
St vigiles piteuſement 
Doubs Vngchant dune voiv plourante 
En dueil et en douleur finiſſante 
TComne il ſert au cas proprement 
€ Des poures qui Siennét au corps 

A ceepoures venans au coꝛps 
Qui ne font que noifes et diſcoꝛs 
Sedans legliſe et teffe tempeſte 
Que on nopt que leurs crie et rappoꝛs 
Pour dieu quon fes mette dehoꝛe 
Tar il nie rompent ia fa tefte 

¶ De la donnee et ſonnerie 
Je ne dy pas quon ne leur donne 
Apꝛes le ſeruice laumoſne 
Quant fe vendꝛa a fa donnee 
Ains expꝛeſſement ie loꝛdonne 
St que en oultre pour mop en ſonne 
Juſques a vne heure ſonnee 


¶ Se ka fepufture et comment il veult 
eſtte enterre en) fa foffe de fa dame 


Au regard de ma fepufture 

Toute mot entente ef ina cure 
Sſt que ma petfonne repofe 

En fa foffe ou fa creature 

Qui ma fait des Biens fans mefure 
Si gift et ou elle eſt encfofe 


¶ De lhonneur quifBeuft quon face a 
fa dame a fa foffe et comment il veult 
eſtre ioignant delle 


Illecques oꝛdoune eſtre enterre 
Bras a bꝛas / ſarre a ſarre 
Tout empꝛes elle ius et ſus 
Affin deſtre enfemble acarre 
Dans quif y ait riens ſepare 
Mais ie vueil que ſoit au deſſue 


Trop honnoꝛee ne pourrdit eſtre 

Et ne ſcauroie tant ſon bꝛuit croiſtre 
Quil valoit et que finie tenu 

St puis quon pꝛent daucun ſon eſtre 
Aumoins ne peut on que congnoifire 
Le lieu dont le Bieneft Senu 


4e 7 Cds 
¶ Du drap quoy met au 
deuant du cercueil 


Et pource que des mon viuant 
Jap beu noiſe mouuoir ſouuant 
Par les marigliers et le cure 
Du dꝛap que ler met au deuant 
Du cercueil des cp ef auant 
Vueil que en deux pate ſoit deffire 
Commient il Seuft quefune partie 
du drap ſoit baillee au quatre enfãs 
du ſaint eſperit 
Eulvx deuv enſemble vne partie: 
Auront / mais kautre deſpartie 
Sera auv quatre garſonnetz 
Du ſaint eſperit et lotie 
Qui a fa dure defpartie 
Du poille tendront fes armteʒ 
¶ 2°: lenterrement et de fa fofennite 
qui£ Seuft quon p face 
Quant en terre on me boutera 
Et quon chantera fibera 
Dour iamais plus rie me veoit 
Je oꝛdonne ſoꝛs quif p aura 
Vng tabourin qui illec iouera 
Le ireſpiteux ioyeux eſpoir 
€ Pesaumofnee qui fe feront 
apiee lenterrenent 
A tone fes poures qui Beritont 
Sur fa foffe et qui mauldiront 
TCe iour bien deteſtablement 
La moꝛt trois fois tant quif; pourront 
es executeurs bailleront 
Vng grant blanc ou plus largement 
€ Au diſner ct dec obſeques et cõmẽt 
il veult quif foit fait aucunement 
Quant du difner apparerffer 
Je ne men pourroie pag meffcr 
Tar ie auray charge dautre office 
Mais au cpmetiere labiller 
Fera len pour moins traueiller 
Les gene qui vouldꝛont au ſeruice 
¶ Du crient à crera apꝛes lenterremẽt 
Apꝛes tout fait et acheue 
Le cfeut loꝛs ſera leue 
Qui la ſonnette tintera 
Gn criant vng cry effeue 
Moittie ſur moittie eſpaue 
Le que apꝛes cp eſcript ſera 


fueiftet 
¶ Ee cry 
Vaillane gene qui auez eſte cy 
Au coꝛps de ce amant occy 
Qui a ſes iours finis et paſſeʒ 
Douir dueil / deſplaiſance et ſouſſi 
Pries dieu quif fait en mercy 
Et tous les autres frefpafles 
Ze fa tumbe 
Le cry fait chaſcun ſen ira 
Be nous plus parle ne ſera 
Qui eſt moꝛt eſt moꝛt / ceſt loꝛdinaite 
Ne aperſonne nen fonuenta 
Dar quoy vne tumbe on fera 
Affin que encoꝛes en ſoit memoire 
€ De fa pourtraicture qui fera faicte 
fur fa tumbe 
Iſtec feront en pourtraifute 
SElle et moy chaſcun par figure 
Faicte a part et (cfon fon corps 
Dont Le tumbier pꝛendꝛa meute 
Puis fepitaphe cn efcriptute 
Ain fi fera efcripte aux boꝛs 
¶ Lepitaphe 
¶yp giſent deux corps entaſſez 
Jadis en amonre enlaſſez 
Et ain ſi enſenible touſiours 
De los et de renom affez 
Qui font fans canferrefpaffez 
Piteuſement anant leurs iours 
€ Res choſes qui feront fur la tumbe 
et des eſcriptures 
Sur fa tumbe aura ramffeaufo 
Ze mariofaine ct de opfeaufv 
Pourtraictz en painture bien belle 
Enſemble deuv petis rolleauſx 
Tontenans certaine eſtaux 
Dont la teneur fi fera telle 
¶ Le premier eſcripteau 
Treſdoulo dieu vueille nous aider 
Et de cueur ef de pitie regarder 
Louurage que tes mains ont faié 
Dardon te Boufons demandez 
De tu veulv ta rigueur regarder 
Denous a touſioure mes eff faif 
¶ £e deuxieſme eſcripteau 
Loue quũ par deſſus lautre paſſez 
Ainſi que eſtes fuſmes / penſes 
SEt viendꝛeʒ en vng point pareil 
Ikfault tout mourit / ceſt aſſez 


Dies dieu pour fee frefpaffes 

ar autant Bons eh pend a foeif 
¶ DDe ſa fondacion 

le oꝛdonne pour fondation 

Sſtre faicte pꝛoceſſion 

GEt vne baſſe meſſe dicte 

Tous les iouts ſans infraction 

GEt que ſur noſtre manſion 

Len gette apres de leaue benoiſte 


Duftre/au piedz de la tumbe aura 
Vng rommarin quon pfantera 
Gt tout autour belle paruanche 
Affin que qui pour nous pꝛiera 
Du Bng depꝛofundis dira 
En ait pour loyer vne branche 

¶ Comment if commence araffee 
Helas ie ne puis pfue patler 
MBoire/mançger ne auaffec 
Je memeure Bien faparcop 
Gt que nap mes gueꝛes a affer 
ariaie communence a raſſer 
Las pour dieu entendes a inop 


DBine (cap point ſi riens oublie 
Di ma conſcience charge ou fie 
Gt pource quon me aduertiffe 
Tar ma Bois eff fort affoiblie 
Dautre part ma veue fe deffie 
Be plus en plus fe apetiffe 
¶ .Comment 1f veult quon fe lieue du 
lict pour faire fon oꝛaiſon 
It mennuye deffre en cefic couche 
Zeueʒ mop/ma fin fi ma pꝛouche 
Mettez mop en mp fa maiſon 
ar ie Bucif de cueur et dc Bouche 
Faire a genonfp mor oꝛauiſon 
Σotaifon 
Vꝛay dieu damours treſgracieux 
Duiffant/parfait et cuueux 
De ceufp qui en top fe conferment 
Soulv any bous / aſpꝛe au furieux 
Sur ſes plus foꝛs victoueux 
Qui Beilfent quant les autres doꝛment 


Je tay defia vng temps ferup 
Sans auoir blaſme deſſeruy 

Et ſe mieulx que iay pen touſiours 
ais oncques Brain aſſeruy 


Ne fuſt eſtable ne ſeruy 
Lomme ap eſte durant mes iours 


Au premier mas donne eſpoir 
Quia fait grandement fon deuoir 
£a fienne mercp de conduire 

Don cas et de me bien pauruoir 
Œnuere Sne/ou plus hault auoit 
Neuſſe Soufu ne mieufp effire 


Elle eftoit iopeufe/pfaifante 
Sage / ſcauant et excellente 
Sh parfection de beaulte 
Begnine / gracieuſe et gente 
Bonne / vertueuſe et pꝛudente 
Dans quelque ſuperfluyte 


Bouche dhomme ne pourroit dire 
Les biens deffe/ne pleume eſcrire 
Les vertus quelle contenoit 
Quant men ſouuient ie creue dire 
ar iauopye trouue vng tef mire 
Qui a malade conuenoit 


Et combien que nous ſoubʒ ta targe 
Feuſſions et en ta ſaulue garde 
Pour quop on me deuſt ſecoutir 
Touteffois fa moꝛt de fa darde 

A la deffuncte non mafade 

Frappee et la fait mourir 


Voire ſi inhumainement 

Que ſeroit pitie du toꝛment 

Relatet tant eſt inhumain 

Bien luy print que np fus vꝛayement 
ar pout tout perdre entierement: 
Jeuſſe fait vng coup de ma main 


En contenant ta gant puiffance 
Comme gent defobciffante 

El monſtre Gien quelle peu pꝛiſe 
Ta court et grant magnificence 
Quant ainſi et er) ta prefence 

Elle vſe de telle entrepꝛiſe 


Pour laquelle moꝛt aduenue 
Meſt pꝛins fieure continue 
Qui au derrenier mempoꝛtera 
Car de plus en pſus continue 


CC.Vii 
Ain ſi la moꝛt deuenue 
Seub des tiens pour vng meurtrira 


Si te requier finablement 
Raiſon / iuſtice/ et iugement 
Auecques reparacion 
Bu cas ain ſi fait oꝛdement 
Zef que apres mon partement 
En foit toufionre fait mencion 
¶ Comment ifprotefic damours 
on ne luy fait iuſtice de fa mort 
Et au cas que diſſimuler 
Doufdue; fa choſe on pꝛotholer 
Œn faueur diccffe mort Bife 
Zoufp ferme fauldꝛoit aualler 
Paie ten pꝛoteſte dappeffer 
En et deſia au faint con ſille 
¶ Cõment le mafade veult quor luy 
voiſe querir fon derrenier ſacremẽt 
Veeʒ fa mon oraiſon faicte 
Qui mieulv en ſcaura ſi p mecte 
Je men vois / dieu Boue comment 
La mort ma gecte fa faiette 
Si que Seufy toft que fentremecte 
Querir mon derrenier facrement 
¶ Comment il remercie nafuredefæ 
nourritute queffe a faicte a for) coꝛpe 
Heſlas doufce dame nature 
Vous voieʒ qua fa fin fabeute 
Si vous niercie et pꝛens congie 
Be voſtre doufce nourriture 
Œt core; quou Boife on demeure 
Derap toufioure voſtre oblige 
¶ Coment il deſcharge fa dame 
de fa moꝛt / g deffend a tous fce 
mẽbꝛes de ne luy riẽs demãder 
Gtfemes membres vouloient dire 
Qua ma vie aueʒ voulu nuyre 
Et eſtes cauſe de ma mort 
Er tant qua mon dernier martire 
Me kaiſſez et Joue et) fault fuyre 
Seroit mal fait et auroient toꝛt 
¶ Comment if patdõne fa moꝛt a treſ⸗ 
tons / foꝛes que a fa mot dõt il requiert 
inſtrument. 
Je vous en decoufpe amplement 
En pardonnant entierement 
A chaſcun fe mal fait en fop 
Foꝛs a fa mont tant ſeulement 


fucitfet 
Sont ie vueil auoir infirument 
Que iempoꝛteray auant moy 
€ Comment il veult que ſinſtrument 
ſoit mie auecques luy er fa foſſe 
Sedans ma foſſe boute fera 
Pour monſtrer aumoins quant nyera 
Moy en auoir fait doleance 
Sur fe champ quelle mentira 
Et auffi dieu qui fe Serra 
Œn fera plue grande vengeance 


¶ Comment ifcommencearefz 
uer et ſe coutrouſſe aux gens qui 
parfent trop hault 

2 ces gens qui crient fa bas 

Sictes leur quifs parfent pfue bas 

Du quilʒ facent plus grant noife 

Ifʒ ſcauent que ie me combas 

2 fa moꝛt / entre leurs debas 

Bien petit mon maf ſileur poiſe 


Oꝛ ne me puis plue trauailler 
Le cueur eſt las de batailler 
Las que iaye confeſſion 

Mon eſprit ſen veult voller 
Quereʒ vng pꝛeſtre ou coꝛdelier 
Qui me lixa fa paſſion 


¶ Comment if deffend quon ne luy 
amaine point fe cure qui fa confeſſe 


Aduanceʒ vous toſt ie mourray 
Mais ie Bouc aduertiray 
Affin que Bien Bouc en ſouuiengne 
Ne mamencz point ce cure 
Qui ma fant eſmeu et ire 
Œariene vueil pfue quifp viengne 
Œ'£ommeif prie dieu quif fe Bueiffe 
pꝛendꝛe et offer de ce monde 
on maf de pfue enpfue fempire 
Ne iamaie ne fera de pire 
He doufo dieu Sueille;mop aider 
Oſteʒ mop de ce grief martire 
Autre choſe ie ne defire 
Que bꝛef mourir pour ſaduancet 
¶ Comment il fe deſconſoꝛte 
Hee dutrera mes plus fe monde 
Las /me tarde quen biſme fonde 
Se nay de mon mal lalegence 


ar ma douleur eſt ſipꝛofunde 
Quau iour dhuy na pierre en fonde 
Qui ſceuſt aller ou elle commente 

¶ Lorient il tire a la moꝛt 
Quant eftamon humanite 
Œffc tire a extremite 
De fa moit tant quil eſt poſſible 
&tque fa fenfuafite 
De pert par infumanife 
Bu toꝛment que feuffre impoſſible 


¶ Comment fon luy tient fa chan 
deffe en) fa mai 

Nay ie pas Bien Ce Bent en main 

De me repofer fois et main 

Helas oſteʒ moy de ce ſieu 

Ca ceſte chandelle en ma main 

Las / ſe ie vis iuſques a demain 

Dueif quon me porte a loſtel dieu 


Au ec les poutes Bueif mourit 
St tendꝛe a dieu mon eſperit 
En leſtat quif fe ma donne 
Pour fup aider et fecourie 
St affin que lame acquerie 
Puiſt fe pardon quip eſt donne 

¶ Du toꝛment quif ſeuffre en mouräf 
Helas mes cheueulxme heriſſent 
Daultre part / mes yeulx meſblouyſſent 
£a bouche cloſt le neʒ me ſerte 
ee dens cliquent et ſeſcreſſiſſent 
Bꝛef/tous mes membꝛes deſglutiſſent 
Et ne demandent que la tetre 


¶ Comment il requiert a dieu qnifBoi 
ſe auec ſa dame. 


He mafbeureup deffoꝛtune 

Sn mak fuʒ pieca deſtine 

aie if ne choiſiſt pas qui empꝛnte 
Aumoine puie que fuie condamne 
on dieu fais quif foi oꝛdonne 
Que ie Bopfe auec fa deffuncte 


Œomment fenchaïge quon 
entende a luy 


Sur mes gardeeme fanft fenis 
Tar ie fens ia defoing venit 


La mort pour me prendre daſſaul⸗ 
Entendez a me ſubuenit 
Zout mon tueur ia tremble ef treſſault 


TComme il crie par maniere de defefpoir 


Pour quoy des te que ie fusne 
Ne moutus des ſoꝛs et fine 
Queſtoit if beſoing que ierttraffe 
Gr ce monde defoꝛtnne 

Dour y eſtre ainfi dur mene 

Las ainſi fuſt / car mieulx lamaſſe 


¶ Comme il patle a dien 


Mais eſt il donc deliberay 
Quen arriere ner) auant yray 
Languiray ie mes en eſmoy 
Nay ie pas aſſez endure 
on dieu mas ty deſampare 
Ne te ſouuient il pfus de moy 


¶ Comment if vient au ſanglotz 


Au deparkie mon cueur ſempire 
Ces os ne font que croiſtre et bꝛuyre 
Et ſemble quon y foꝛge clos 

ches nerfz ſe deffont tire a tire. 
Zoute ma chair ſi ſe deſſire 

Pour gecter les derreniers ſanglos 


¶ Comment il requiert quon kuy ban 
de fee yeulx affin quil ne voye fa rot. 


Ha aidez moy beau fire dieun 
Apaſſer cepae merueiſteux 

ZTemps en eſt/la moꝛt ſi me point 
Je la ſens Benir de tous lieux 
Pour dieu quon me bande les peulx 
Affin que ie ne la voye point 


¶ Comment il apmemienfo quon le 
face tout vif ouurir q̃ de veoir ka moꝛt 


Je ne la pouttois endurer 


x CC. vxt viii 
Ains vueil quon me face ouurer 
Auant que de voir fa pꝛeſence 
at afa verite deckairer 
Slle me feroit deſeſperer 
St mourir hoꝛs de ma creance 


¶ Cõment it crye a dicu metcy et a fes 
amys et leur dit a dieu 


dames anpe qui eftes cp 
Beaucoup de paine et de ſoucy 
Vous ap donne dort me deſplaiſt 
Je men vois plus ne ferap cp 

A die u ie Bonus crie mercy 
Pardõnez moy ſe il bous plaiſt 


¶ Comment il baiſe fa croip et veult 
quen mourant fon luy ramentoiue le 
nom de ſa dame 


Ta ceſte croi quon fa mapꝛouche 
Sarreʒ fa tout ioingnant ma Bouche 
on dieu ape pitie de mon ame 
Touurez mop/que on me recouche 
Œtquon meramemtoiue et touche 
Dane ceffer Le nom de madame 


¶ Comment il meurt et dit ſon in manus 


A mourir bꝛef ſuis condamne 


cp eſt mon iour aſſigne 
Las ieſus / credo in deum 
Partir fault / il eſt oꝛdonne 
In manus tuas domine 
TCommendo ſpiritum meum 


¶ Comment il rend lame 


A ce coup leſperit rendꝛay 

Ne point plus auant paſſeray 
ar icy dois finer mon ferme 
Je men Soie plus iene Biurap 
A dieu/iamaie ne Joue verray 
Je vous recommande mon ame 


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¶ Lepitaphe Dee vaillans gens le patron effevemple 
¶ Pour confémerfes naufy du môdeamer  Befopauftefe trefor large et ample 
Diteufement par vng grief dueif dames De bien / dhonneur / damour ç dequicte 
Cy giſt le coꝛps de lamant nompareil Nature auoit er) ſuy fon droit quicte 
Quion doit ſur tous tant en terre quen mer Paie griefue moꝛt qui toute choſe amoꝛte 
Plaindiꝛe / ploꝛer /louer et eftimer £a moꝛt au cueur ſans lauoir merite 
TCar oncques doeil ner fut Seu fe pareil Tant et fi fort quit eſt pour verite 


Ceſtoit des preux lexcellent appareif Nõme Loultre damouts pour amour moꝛte 


£a kable 


¶ £a table des chofes confenues 
en ceſte prefente oeuure intitufee 
Le Jardin de pfaifance et fleur de 
rethoꝛicque. 


CEtpremierement, 


Art de rethoꝛicque / de ſes cou, 
€ leurs / figures cefpeces.f. 1. 

La dokeance de megere. F. xvV. 
Le donnet qui fut baille au feu 
roy charte huitie ſme de ce nom 
au fueillet. vou. 
¶ Le chaſtel de iopeufe deſtinee. vob. 
¶ Cõmẽt en ce chaſtel de iopeufe deſtinee fa 
mant fe complaint a fortune fueillet xxvi. 
¶ Cõoment facteur cecôfoite Le plaintif amon 
reu fuciffet vo bu, 
¶ Cõment facteur racompte fee dofeñces du 
pfaintif amoureux fueiffet . voip. 
¶ Cõment doufp regard qui gardoit fa porte 
de fa pface et foꝛtereſſe fe mift au deuant de fa 
mant et fon cépaignon en lẽs fafuant iopeufe 
ment fueillet vor. 
¶ Cõment doufp regard apꝛes àf les ent fef 
toiez les maine en vne chãbꝛe vers dame eſpe 
rance et loyaulte fueillet vxvi. 
¶ Commẽt Sault vouloir et bon aduis Bien 
nẽt armes a fa poꝛte du chafteau. f  povir. 
€ £Siment foufpecon fes miurie ef ouftrage 
defangaige: f. VLiiii. 
¶ Cõment ſouſpecon fee aſſault en armee & 
ilz fe deffendent contre elle et ſa compaigne 
fneillet. prop D. 
€ £ôment apice que lamãt et facteur fe font 
combatus a foufpecor) fe Bont/gpuic defcen 
dent de leurs cheuaufv et entrent eg tentee et 
pauillons ou if5 font feflopes et recueillis des 
dames fueiffet. vov Br. 
¶ Lommet famät clacteur font aſſis a table 
eſdis pauiffons ou 16 fouppent auecques (ce 
dames /et pour fes plus vefiopr Bient Srie mo 
tifque et dance. Et apꝛes viẽt vng meffagier 
nomme ſecret penfer qui feur apporte des lec⸗ 
tres de pat efperance cfopaufte.f.  voviv. 
ŒEommétif; ſen Bont a vng chaſteau enui 
ronne deſpines çderonces/c fa trouuët dan 7 


— 


gier ef autres Qui ſe combatent contre euſx 
fueirfet. vf, 
¶ Cõment aße qͤſz ont chaſſe dãgier ilz trou 
uent dedans le chaſteau vng amoureux et) 
pꝛiſon enferme et enferre bien eſtroictement 
au fueillet. vſi. 
¶ Tomment ilz defferrent lamant / gapꝛes ql 
eſt defferre leur racompte la maniere de ſa pꝛi 
{on fueillet. of, 
¶ Comment lamant ſans partie fe cõplaint 
a fortune çfee autres leſcoutent mucez derrie 
te vng buiſſon fueillet. vlü. 
¶ Comment danger / enuie / diuiſion et leurs 
adherens font armee de vieilles armeures / 
de vieulx iacquee / baſtons / et autres Bieufy 
inſtrumeẽs de guerre pour faire Bne aſſemblee 
contre lamant et fes compaignone/et facteur 
ſes regarde fuerffet. vliiii. 


¶ Comment enuie machine ct pourfuit fa 


mort des amoureux qui font tenꝰ pꝛiſonniers 
au fueiffet. v vi. 
¶ Comment hault vouloir contredit et com 
bat contre enuie et ſes gens. f. v viii. 
¶ Coniment lee paillars vicieux ſen fuyent 
de paour du dieu damoure. f. f. 
¶ Commient dangier / meſdit / et ſes comparz 
gnons / lamant / hault vouloir/ et leurs adhe⸗ 
rens ſe combatent et guerroyent lung lautre 
au fueillet. fic. 
¶ Commient les amans eſtans au iardin de 
plaiſance a feur plaiſãce ſung des amoureux 
ſe complaint de ſon cueur qui ſe debat a ſon 
oeil fueilet 1/. 
¶ Commẽt vng poure amoureux qui eſtoit 
en fa compaignie des dames eſtans au iardin 
de plaiſance ſenhardit de depꝛier lune des da 
mes. Œt les reſponſes de ladicte dame faictes 
a icelluy amant fueillet. C. xxvi. 
€ Comment deux amoureus lung eſtrange 
de fa dame / et lautre eſcondit ſe complaignẽt 
enfemble an iardin depfaifance.f.  dvvv. 
¶ Comment vng amoureux fait vng diaſo⸗ 
gue a fa dame au iardin de plaiſãce. Et puis 
elle fait fa concfufion.f. dovvir. 
¶ £a famentacion ef compfainte de iehan de 
cafais quineftoit plus au iardin de pfaifance 
au fuerffet. € vvv$r. 
¶ Comment le parlement damours fut tenss 
8 
66 


£a 
au iardin de plaiſance cõtre fa Belle dame ſãs 
mercp fueillet. Œvvvir. 
¶ Comment ou iardin de pfaifance eſt baille 
ſentence en fa court damours côtre fa belle da 
me fans metcy fueillet. of. 
¶ La refacion faicte au iardin de plaiſãce du 
debat de famant et de fa dame qui eff fans «8 
cluſion fuerffet. € of viü. 
Œ£eracomptement fait au iardin de plaiſan 
cede deuv amãs fortune; damoure.f. Clui. 
¶ £a compainte du prifonnier damoure faic 
teau iardin de plaiſance. f. Clvi. 
¶ La ſamẽtacion faicte au iardin de pſaiſan⸗ 
ce du poure ſeruiteur ſas guerdon.f. Clvii. 
¶ Conmẽt au iardin de plaiſance eſt fait de 
Bat de omniemaricie de lhomme non marie 
au fueiffet. € fvS. 
Le fiure des dames baille a icelles au iar⸗ 
din de pfaifance pour fes inſtruire et doctriner 
en queffe maniere effec ſe doyuent tenir et cõ 
tenir fueillet. fo Sir. 
¶ Comment au iardin de pfaifance deux da 
mes/fune nommée fa notre ç fautre fa tannce 
fedebatentdefeureamoute, f. € fovur. 
¶ Éomment au iardin de pfaifance Bag dec 
amans defcript fa comparaifon de biẽs et des 
maufp qui font en amours. f. Clyvix. 
€ Comme dieu le pere/ le fifs/c Le faintefprié 
deuant que creer le monde eſtoyent gardans 
amour entre eulx / laquelle eſt indeficiente / et 
par amour cereerent femonde.f.  dCfoppi: 
€ Cõment au iardin de plaiſãce famonreuy 
eſt au purgatoire damours et pꝛiue de ioye 
an fueillet. Clſvvxvii⸗ 
¶ La requeſte faicte pat ledit pꝛiue de iope au 
ſouuerain dicu damours cupido.f. Clxxviii. 
¶ Comment Le dieu damours pour reſioyr 


amans et amantes qui ſont au iardin de plai 


ſance oꝛdonne faireBne chaſſe appellee fa pi⸗ 
pee du dieu damours. f. Clvxv Bu. 
¶ Commẽt au iardin de plaiſance faduocat 
des dames ſe treuue qui obtient arreſt pour 

elles contre ceuſx qui dient mal delles / et ne 

ſauluent leur hõneur femenin par faulx par 
fer qui treuue faulſes paroles. f. vai. 
¶ Comment vng amant pffant du iardin de 
pfaifance entra er fa foꝛe ſt euydant auoir pf? 
deiope/et if entra en trifteffe en plufienre fa⸗ 
cons fueiffet fuciffet. , dE. 


tabfe 

¶ Cõment vne des dames qui eft au iardin 
de pfaifance fleur de rethoꝛicque enuoye vne 
epiſtre a ſon ſingulier et parfait amy grant 

oꝛateur fueiffet. CCvxvov. 
¶ Comment lorateur fait reſponſe a ladicte 
dame fur fon epiſtre.f. LE vob. 
¶ Éommet au iardin depfaifance malebou 
che cHaffe fe cheualier du iaꝛdin dont fa dame 
en meurt de courroup. f. dE prip. 
€ Comment fa dame fe compfaignant dois 
foureufesèt en requerant ef depzrant fa moꝛt 
ſoubdainement fut frappeede fa datde mot 
teffe/d6t pitenfemit effentourut.f. ŒŒ voyt 
GT ment fe cheualier eft ouftre de coutroup 
pour famour de fa dame qᷣ eff affee de Sie atref 
pas fuerffet. € voor. 
I Comment fe cueur dudit cheualier ouftre 
fe debat contre fon coꝛps apꝛes fa dofeance de 
la moꝛt defadame. f. € € wfur. 
¶ Comment fe cHeualier ouftre rend fame et 
defonepitapBc. f. LE vibre 


¶ Balades / dictiez / chãcons/ co⸗ 
medies et rondeaulx contenuʒz 
en ceſtuy contre Le iardin de plai 
fance fais et compofe; parfes 
amans eſtãs audit iatdin. Les 
Vngs pour lhõneur des dames 
et ſes autres au deſhonneut. 
Enſemble fes reſponſes deſdit 
tes dames aux amans. 


€ Etpremierèment fee balades 
quicômencènt par la lectre. A. 






Spꝛe refuse contre douſce pꝛiere. 
Mau fueillet. ſvx vi. 
Amours amours treſpꝛcieuſe pꝛiere 
au fueiſſet, Cie 
dieu ma pere/ma cteateurgardp.fs Ci. 
Amours a quite fuie tont fier. f. Cbv. 
A dieu mon cucut le maiſtre cueur damonre 


au fuerffet . &$, 
Amys loyaulx des Écaufp fe uiiroer an 
fueillet. € Si. 


A dieu ma dame fouueraine.f. Œyvii 
21 dieu Boue dp ma treſbelle maïfireffeau 
fueiffet vis 
Aucunes gene fe Sont efmeruciffant au 
fueiftet. Cvii. 





La table 


Ainſi que en may fait fa doulce roufee au 

fueilfef, € vciy, 

Ainſi que vng ferf qui ſouuent eſt chaſſe au 
flet € 


fueillet. 
Amant çdame agentie.f. di. 
Aucune mectent par vſage.f. ¶ Miiii. 
Œrondeaufy. 
Deus que fe cueut ne me patf au 
fueiffet, oi. 
Zinfiquefatutfre fepfaintau 
fueilfet, lo vii. 
A Bien inger mon poure affaire. f. fo Sir. 
ASoue faneautremeBienerendxc.f Po bris 
A ma dofente departie.f. Poor. 
Accueilly na fa ele au gent atour au 
fueillet. ſvxxi. 
Amps apmes ſecretement.f. ſvxx vii. 
A quoy paſſeray ie mon dueil.f. lxxix 
Adieu mes treſbelles amours.f. foviv. 
A dieu namour/a dieu maiope.f, frvp. 
Au plus fort de ma mafadie.f. ſxxvi. 
Acquicteʒ voſtre confcience. f. opt. 
A dien des bonnes a meilleur.f. fowvit 
Aquanecoupsiefe fouffrerope.f.  fopvrr. 
Ayme qui bo uldꝛa. f. foporiit. 


Ace mur / hau ou eftesVoue ſourde. flxxxv. 
A dieu mon cueur feruez la belle.f. lxxx Bit. 
2 ce coup neftmon cueur pue mpen au 
fueillet. oop viii. 
Adieu non amp touſdis enfoucp au 
fueillet. tvxxv viii 
Aceſte derreniereBenue.f. ſxxxiv. 
Au poure damours / qui eſt ſi foꝛt pꝛis au 


fueillet. fvvvy. 
A qui diray ie ma douleur. f. vci. 
A dieu iuſques ie Vous reuoye. f. oct, 
A dieu toute ioyeuſete. f. vxciiii. 
A iope puiſſieʒ Sous auoir. f. xciiii⸗ 
Acheual tout homme acheual.f. vcv. 
A dien ma treſbelle maiſtreſſe. f. vxcv. 
Amours et danger font daccord. f. vcvi. 
Amoureux oeil pfaifant archer.f. vcvi. 


21 grant dueil que mon cueur raporte au 

fuciftet. vxcviii. 
21 fa mort ſuis pour vous machere dame an 
fueillet. xcix. 


A bꝛief parle ie ſuis rauy. f. C. 
Ainſi qua loeil SoueponezBeoir. f. di 
Auant fa main fonrnirpecune. f. dit, 
A mon gre iayme fa plu Belle, f. dit. 
Au plus offrant madame eftmife.f. € »S. 
Aſſouuy fuie/mais fan ceffer defireau 
fueilleti co$r. 
Ainoure/ceft le cry de fanupt.f. Cvvi— 
Atous ceulx et chaſcune aparfop au 
fueillet. € or. 
Aquoy tientif2 fe cuentmeBofe.f. div. 
Au Befoing eſt lamy congueu.f. c. vix 
2 quop tient if:dont vient cela.f c. vxx 
Adeuv Belles mon cueur ie donne au 
fueiffer, € vvr. 
Au gre damours fe veult bꝛancher.f. € vit. 


¶ Balades cf rondeaulx com⸗ 
mencans pat La fectte B. 


¶ Balade. 






Elle en qui toute ioye et doulceur au 





fueillet. d vviif, 
¶ Rondeauſx. 
Œuues a moy par defa, f. ſviiii. 


Banny de ioye et pleur de defronforc 
DNS au fueillet. ſvxiiii⸗ 
Bon iom / bon an / bonne fepmaine 

fueillet. lxx v. 
Bonnes gens iay perdu ma dame au 


fuciffet. fppvit, 
Beuuons et faifons Bonne chiere au 

fueillet. lxxvxvii. 
Bien venez ma treſre doubtee. f. vxciii. 
Belle tant vous deſire a Beoir.f. vcvii. 
Banny damoure.f. Cvxvv. 


¶ Balades et rondeaulx com⸗ 
mencans par C. 


¶ Balades. 


Eſt noble choſe que damour au 
7 fuciffet. pis 
haſcun fe loue demariage au 
fueiffec, Ciiii. 


a 
Tueur defofe Bannp de tout foufae au ; 
fucifret. Œ Si. 
Tueut amourenv denoBle dame efprie au 
fueiffet. € opir. 
ueur treſvaillant autant quif ef poſſible 
fuciffet. TE drv$. 


Σomedie iopeufe. 
Œfercque die turque Beufy tu que ie dye / au 
ſueillet foi. 


ŒRondeautys. 

Hantons treſtous gaudeamus / au 

fueillet fit. 

eme ſemblent choſes perdues /au 

E  fueiffet. forts 

Cette qui foutes autres paffe.f Po viii 
ertee mon oeif richement Bifa Bel au 
fueiffet lviv⸗ 
Tueur douloureux qui ne faiʒ que pfoter /au 
fueillet lxviiii 
Tombien quon ait grant defpfaifir au 
fueillet tvxx vi 
Charge de dueif plus que mon fes /au 
fueiffet Foo viii. 
Pantone et faifons Bonne chiere Jau 
fueiffet fpvs 
Ceſt a iamais quete ne fuie.f ſvxxvi. 
Le fut grant malheur qui maduint / au 
fueillet op Bi 
Eſperant dauoir quefque Bien. f ſvxxxv 
¶õme moy vous aureʒ voʒ gages.f lxxxv 
Teſt p Vous que tant foꝛt ſouſpire. f lxxx Bi 


Certes ma doulce dame chere.f vci 
A defconfoitee.f Lciii. 
ŒefteSenue ſoit teffe.f oc$ 
Teſt aſſeʒ pour moutir de dueif.f os 
Ce quon faif a catimini.f wcÿi 


Changer ne vueil tefmoing So cueur beau 
fire. fueiffet wcBir. 
ôme opfeau qui va Bofetant.f €: 


Œeoeiftrop eſtes Bofentaire. f 08 
updant eſtre apme de fa Beffe.f co Buir. 
Comme fes foupe dicp en fa.f c.viv. 


Teſt grant malheur et fortune mauldicte / au 
fueillet cv 

ef mon gre que point ma la plus Beffe / au 
fueiftes c. xx· 


pe 


fabfe 

Teſte fiftecte a qui fe fetin point.f c. vx. 
delle belle petite bouche. f c.vxi. 
Teſt grant fait que de iafoufie. f c.ppii 
TCueur ennupeup enuieu. f c.vxii 


© ef par vous que tant fort ſouſpire / au 


fueillet ble vxiiii 

Ceulv qui deuſſent par ſons mutzʒ / 

fueillet c.xvxiiii 
¶ Balades et rondeaufp 
commencanepat 2, 


¶ Baklades⸗ 
Ame płaiſant qui cõfoꝛteʒ fee cueurs 
fueillet foi 
Dame fane per qui pieca comparay 
fueiffet B 
De fortune me dois plaindre et fouer /au 


ueiffet fo 
[ass petit peu/de npent Soufente.f Co Bi. 
Dame de qui foute ma iope vient / au 
pue Co viii. 
ce ane pa paſſez deux et bemp.f Co Suis 
Bunedaguc forte et aque.f c. iii 
Du treſoꝛ damours chaſtellaine.f c. vi 


Doulce choſe eſt de lopaument aymer au 


fueillet c. vi 
Du tout me metz en voſtre obeiſſance /au 
fueillet «Pis 
Joufce benigne pour pfaifance mõdaine / au 
fueitfet c. vii 
Dou veneʒ vous? dou / voyre? de fa court / au 
fueillet €. viii. 
De tout se quefon peult dire / au 

fueillet cc. 


Dame pfaifant ou maint toute bonte / au 


bus cc. 
ame par qui maint paine endure / au 
fueillet cc. 


¶ Nondeautv. 


€ fa montaigne ouie. foufopeau 


fueiffet vo 
DE Bu bon du cueur fane autre apmer 


LP fueiftet fov 
Dieu gard fa dame ſans reprife. f fpv. 
De cueutiopeuv graccrequerât.f  foviv. 


£a (aôfe 


Bepuie que me deiftes op. f foppir. 
Dictes fe moy mon feuf defir.f ſxXxviii 
Sung autre aymer mon cueur ſeſbahiroit au 
fueillet ſvxxviiii. 
Seſplaiſir chaſcun iour maſſault au 
ueillet cvxxx vi 
e ma dame ne dy nul Bien. f foov Bi 
Demaiopeneftplusnouueffe.f.  fovo Biri 
Be mourir vueil faire entrepꝛiſe / au 


fueillet lxxvxivx 
De mon fait ie ne ſcay que dire.f pc 
Beporte top dame fortune.f vxciiii 


Deuv hommes apment vne femme / au 


Eu c.i. 
e fa blaſmer ie auroye grant toꝛt / au 
fueillet c. v 
Soubtant reffus qui par trop fait a craindre 
fueillet co vi 
De Sous ſeruir de coꝛps et dame / au 
fueillet c. x viii 
Dereffuse plaine eſt vne que tant iapme/au 
fueillet c. vviii. 
De mefioupr et faire bonne chere /au 
fueiffet c. xviii 
Zequefque Bon petit mofpoutrire/au 


fueffet c. vix 


Sonnez moy encoꝛes cela.f c. xxi 
Depoꝛte top beauſire / car ie iure au 
fueillet c. xxii 
¶ Balades et rondeaulx com⸗ 
mencans pat G. 
¶ Balades. 
N reuenant du boys lautrier/ au 
fueillet foi. 
e En reagak / en arcenic rochier / au 
fueillet. c. ix 
En pꝛiſon ſuis en vne tour fi forte / au 
fueillet ce. 
Eſire trop franc /ef ſoy fier / au 
fueiffet cc.i 
En fa foꝛeſt de ennuyeuſe triſteſſe / au 
fueillet cc.i. 
ŒRondeauvp et chancons· 
Nce monde de pꝛeſent.f foi 
En defpit des enuieux.f ſvii 


Gſt il mercy de quop fon peuſt 


finer fueifYet LOG: 
En ce que me poues deſplaire. f Copii 
Efguiffon ferpentin dangier.f lxxiii 
Sſclaue puiſt il deuenir.f lxxiü 
SEn quelque place que ie fope.f xxv 
En Brap eſpoir de paruenir a Bien / au 
fuellet ſxxv 
En vng de ſert on nufnabite .f — 
SEn fa foꝛeſt de longue actente.f fovvip 
Er actendant garifon ou fa mort.f pc. 
En peu dheure font nie au bas /au 
fueilfet pile 


En frequentant les baſſes marchee / au 


fueillet vxciii. 
En la foꝛeſt defonque actente.f vc viii 
Enfans enfans veeʒ cp voʒ peres / au 
fueillet C. 
Sn contemplant de La plus belle dame / au 
fueillet 
En pꝛiſon aux chãps dehoꝛs lhups.f c. viii 
GEn actendant de Sous ſecours / au 

fueillet c. xiiii 
En deſpit de vous malebouche / au 

fueillet c. viiii 
Œt Bien bien il men ſouuiendꝛa.f «05 


ŒvcepteBouse chief doeuure de natute / au 
fueillet c. DB 
En trauail ſuis ſans eſpoir de confoꝛt / au 


fueillet c. x vii 
Œfperance meſt venu veoir.f c. vxx 
Elfe mapme ie fe [cap Bien.f c. xxi 
En mapque fes champs font tous vers /an 
fueillet c. vxxii 
Entre vous tous parfais amoureux / au 
fuciffet c.vxxii 
Gn poure loyaulte. f c. vxxv 
¶ Balades et rondeaulvx com⸗ 
mencans par 
¶ Balade. 
Neres humains qui apꝛes no? Viueʒ 
fueillet € Si 
Yondeaufs. 
ne affinee remplye de fineffe/au 
fueiffet ſxxiii. 
Frãc cueur gẽtil ſur toutes gracieuſe 
— fueillet (bviiii 


LL 


£a 
Fleur de beaulte belle ef bonne / au 
fueillet fop Bi 
Jaufo enuieup de dieu fopes Soue mauldie 
fueillet ſxxviii 
Faulx enuieux meſdiſans par enuye / au 


fueillet ſvxVviiii 
Faignant auoir mainte douſeur eſcripte / au 
fuciffet fpov Bi 
Faulte dargent dieu te mauldie au 

fueillet ſxxvx viii 
Faictes mop ſcauoir de fa Beffe/ au 

fueillet. vc$ 
Franc corpe gentif trop meft dur et amer 
ſueillet vcvi. 
Franc cueur gracieux.f vc viü 


Joie ſeulement lattente que ie meure / au 
fueillet c. xv. 


¶ Balades et rondeaulx 
commencans par B. 


€ Bañade. 


Bente de coꝛps qui mon cueur att 
fueiffet c. v. 


¶ Rondeaulv. 


Ardeʒ lhonneur ſoigneuſement / au 


g  fuciffet ſvxx vii 
Hentif archer qui me guerroyes au 


fueillet ciii 
Hentifs galans ſoyons touſiours ioyeulx/ au 
fueillet xciiii. 


Brace actendant ou la moꝛt pour tous mes 


au fueillet vcvi. 
Biſant enuere fur vne couche / au 
fueiffet coBiii 


¶ Balades et rondeaufp coms 
mencans par h. 


¶ Balades. 


Ac/que dif y capitain.f foi 
De doufp regard pourquop pfantas 
famour. fuciffet fo8 
Helas mee peufv/mon cueur aueʒ 


fabfe 
traßy fuciffet, NA 
Helas ie ſuis au pape de ſeruage / au 


fueillet c. x 
¶ Nondeaulv. 
Ahay / eſtes vous rencherie / au 
fueillet fout 
Helas ma dame queſt ce fa / au 
fueillet. lvxix 
Ha ma maiſtreſſe et ma plus quautre amye 
fueillet ſvxxi 
Ha fauf danger eſtes vous la.f ſxvii 
fueillet fopip 
Helas fortune pourquop eftce/ au 
Helas mot amp fur mon ame.f fopoi 
Ha cueur perdu et defofe.f foov Br 
Pay ie pas eſte Bien partp. f fopo vii 
Hetas mon cueur / helas mon ocif /au 
fucifret Pop vii 
Ha noftre dame pꝛeſque me paſme / au 
fueillet fovvp. 
Ha mort helas fueiffet fovov. 
De fortune pourquop fi foꝛtunee / au 
fuciffet vciii. 


Hau compaignons reueillons nous / au 


eillet vxcvi 
Homme ſopez touſiours faige. f c.xo v 
¶ Balades et rondeaulx com⸗ 
mencans pat 3J. 
¶ Balades. 
£ fauft que ie vous dpe.f foi 


>T 
a eme douBte quifne diengne cher 
As tempe fueiffet fois 
Jugez amane et ope ma doufout / au 
fueiffet lx v 
Je doy treſbien ma dame comparer / au 
fueillet 
Jay demoure entre fee ſarrazins. f 
Je ris ſouuent en grant deſtreſſe. f c. 
Je defire fouuent Fa moit.f 
Je vous choiſy noBfefopafeamout.f  ç. Bit 
if neft danger que de Bifain.f 
Je es ma Vie et defire ma mout.f ce 
Jay fonguement amours ferup.f 











£a 
Je ſuis baigne du Bent daduerſite / au 
fueillet 
Jamais ne fu ſi treſnaure ne point / au 
fueillet c. vviiii. 
Ie eſt certain qung iour de la ſepmaine au 
fueillet cc.i. 
Je ne puis plus ainſi que ie foufope/au 


c.vii. 


fueillet — 
Jay eſte de la compaignie.f cc. i. 
Ie neſt hom au iouroup en Bic.f cc v 
Œrondeanty. 
€ fcap que pout moine dune plaque 
fueillet. ſWiii. 
Jamais bꝛebis nengraiſſeront au 

fueillet four. 
Jene puis eſtre efiope.f fût 
Je me metz en voſtre mercy.f fo Bi. 
Je nay quefque caufe de iope.f fre. 
Jay pꝛins amoure a ma deuife.f fovi 
Je Gop/a qui?a fa plus Beffe.f fois 
Jen ap fe dueil /etBous fa iope.f Poor. 
“le ne me congnois en femBfant. f foviis 
Je vous requiers doufce iebannete/au 
Fueillet fopiit 


Je fapme Bien ſans penſer nul diffame /au 
fueiflet 

Joye / ſoulas / Honneur / peſſe. f 
Je renonce a toute eſperance. f Pop vii 
Je viens a Vous pour enquerir.f vv viii 
Je nay qung ſeul deſir. f fovvs 
Je me repens de vous auoit aymee / au 
fueillet fovvit. 
Je fanguie en dute defireffe.f fopot 
Je ne puis Biure ainfi toufioure /au 


fueitlet fovpiis 
Jamais ſi bien ne me peuft aduenir /au 

fueillet lxxxv. 
Jatens laumoſne de doufceur. f  frvv$. 


Jay des ſemblans tant quéieBueif/ au 


fueillet fovvbi 
Jay tel defirqueie Bone Pope. f  fvvvBir 
Je fe Bop Bien ſelon les Sere.f Copy viii 


Je men Voie et mon cueurdemeute.au 
fueiffet foov Bis 
Je châge a vous fe cefiSoftre vouloir au 
fueillet lxxvx 
yeulx aueugles par force de defir.:f f lxxxx 


table 
Jamais tant que vous reuoye. au 


fueillet vcii 
Je nay deſir de viure en ioye. au 

fueillet ITA 
Jat ans le confoꝛt de fa Beffe. f xciii 
Je demande voz beaulx yeulx voir. au 
fueillet vc 
Je languis en telle deſtreſſe.f vc 
Je languis en piteux martire.f vc vii 


Joye me fuit cdoufeur me court ſure.f xcviii 
Je ne loſe dire / mais péfes ma dame.f vxcviii 
Je demeure ſeule eſgaree. f vcix 
Jeune / gente et treſbelle dame.f Cf 
Jehãne de fu ma treſbelle maiſtreſſe. au 


fueillt ci 
Jenin fanemy. fueiffet c. ix 
Gil neſt treſoꝛ que de lyeſſe. f co 
Jamais ne ferap amoureup.f c.viiii 
Jour cnupt mon las cueur ſouſpire. au 

fueillet c. viiii 
Ił reuiendꝛa ir patria.f c. x vi 
JL eſt venu in pꝛopꝛia.f co vi 


Infoꝛtune ſuis eſpoir dauoir mieufp.f co Bi 
Je fapmerap puie q̃ ie lay entreprie.f co vii 


Jen ap dueil qui trop me torméte. f c. vxx 
le ſuis voſtre amp ſil Sous plaiſt / au 
fueillet Po Bite 


Je congnoie bien mouſches en faict /au 


fueiffet c. 1 
Je ten prpefacinet.f c. xx 
Ja demp moꝛt en prifontropoBfcure.f c. xx 
Jamais femme ne choiſit mieufo.f  c.vv 
Je fe ſcay bien q vous eſtes la dame.f c. xx 
Je feroye voulentiers cefa.f AAA 


Inceſſamment mon pourecueurfamente/au 


fueffet c. vxxii 
¶ Balades et rondeaulx coms 
mencans par L. 
¶ Balades⸗ 
Arrie ban de moꝛtelle douleur au 
fueillet Po viii 
Las pourquoy dis ie de mes peulv 

fueillet ſvxix 
Las pourquoy direut mes peufo / au 
fueillet cix 


Le dieu damoure fait ou fpe eſcuſſon / au 
fueillet me c. ii 
LU 


£a 
Lac queiefeuffre grieflorment. f. dCi 
£emonde Sa en amendant.f co. 
Lasie me pfaine damoure et dema dame au 


fueiffet co. 
£autrier nous fufmes compaignone plu⸗ 

fieure au fueillet cvi. 
Lautrier men alois a fefBat. f. cxxv. 
£autrier par mefancofpe fueillet cc. 


¶ Nondeaulv. 


€ pfue dofent quoncques fut ne au 


fueiffet foi. 

Lhomme banny de fa pfaifance au 

fueiffet foit.. 
£aplusmignonnedemoncueur. f. tv vii. 
Le dire a dieu qui fe dira.f Co Bis. 
£e fouuenir de Boue metue. f Fo viii. 


£ungpfueque tous eſt mon fouuenir au 
fueiffec fo viii. 
Le pfue grant eur que iap furterre au 


fueillet lvxiv. 
Le cher don damours ie Sous pipe au 

fueiflet fo». 
Laeiene fcap que faire dope.f fooi. 


Lee Biens dont Sous eſtes fa dame au 
fueiffet fppir. 
Le grantregref et a dieu dite.f ſxxiii. 
Lhonme enrage hoꝛs du ſens foꝛcene au 
fueillet ſxvxiiii. 
Leiour quefuiequeneBoueBope.f  fopBi 
Langue poignante plus quefguitfon au 


fueiffet fop vii. 
Le ferme efpoir quap dobtenir.f ſxxiv. 
La mienne voulente feroit.f pop. 


Lee doufeute que ie fens en fomme.au 


fueiffet fpppit 
La Beffe des belles fans perf fovvur 
Le defpourueuinfortune. f ſxxviiii 


Les peufo ouuers ie np voy gouſte. au 
fueillet ‘’fpvos. 
Leiourmeftnuptetiopemenupfi.f frpv$. 
£une bonte fautre requiert.f fovp Bi 
Æ£enoir me pfaift mieulx quautre forte au 
fueiffet fovp Br. 
Le feruiteur fauft querdonne.f  foop Bi. 
Las demourrapie ainfitoufioure.f lxxv Sir. 


fable 
£a plus belle effite de femme et de flene aus 


fuellet ſvxxv viii 
Le cueur trouble / le ſens petdu.  fovvip. 
£a treſamoureuſe efperance.f vcii. 
Le malheureux habandonne. f wait. 
£a doufeur queie recop.f vciii. 


Languir me fault en griefs doufeure. au 


fueifret. vcv. 
Las iayme mieulx mes iouts bꝛiefuement 

finet fueillet. vcvi. 
Le chois damours des belles levemplaire ais 
fueillet. vcvi. 
Laiſſons paſſer amour morteffe .f vc vi 
Le mendiant tranſſi me cfame.f vcvii. 


£epfus dofent que iamais on verra. f vcvii 


£amoureuv poure guerdonne. ci. 
Les deffopaufo ont fa faifon.f c. viiii 
Leviffe de toute eſperancce.f c. v v 
Loing de plaiſir et pꝛes de deſplaiſance 

au fueiffet. c.w Sir. 
£a teneur de cent miffeefcue.f c.xviiii 
Le trou du cuf dune nourrice.f c. POLE 


¶ Enſuit de la kacire. 4 
¶ Balades. 


A doulce amout / ma ioye ſouuerai⸗ 
\ne ſueillet. fo. 
1 on doufo amp iap veu voſtre re⸗ 
Û ave fueiflet æ. 


Mon feuf pfaifir ma doufceiope.f fon. 
Dercp ou moꝛt ap fong tempe defire au 
fueiffet. ſlviiii 
Mon eſperit fe combat a nature. f fo8 
a dame pour vous direBerite.f c. iiii. 
Mon ſeul amp treſbien apme.f c. Bis, 
Ga doulce dame en qui iay ma fiance au 
fueillet c. vii 
chignon maintien / goꝛgiaſe beaulte au 
fueillet c. poils. 


¶ Di ctie et chancon et 
Nondeau. 


A bouche rit et ma penſee pleure au 
fueillet. foi. 
Non cueur fufpice.f fou. 


£a table 


op eſtant ieune et Sofage.f Pois 


Ma redouBtee plus quoncquee mais.au 


fueillet fo$i 
on feuf Bien ma gente pinceffe.f po. 
Œieufp apme fa mortquefanguir.f  fppi 
a Bouche rit et ma penfee pfeure.f  fopi 
on Bien/mon amp fpprit 
on Bien imparfait.f ſxxiiii 
Mon bien / mamour / ma ioye et mon deſir. au 
fueillet ſvxxiiii 


Ma plus quaſſez et tant Biupante.f vxviiii 
Ma parfaicte ioye/quelque part que ie ſoye. 

Fueillet pv vii 
Mon cueur fait nouuelle entrepꝛiſe.f. fop Bic 
Mon pere eſtoit fotenieuneaage.f  fovBur 


Mon cueur chanteiopeufement.f ſxxix 
Mes yeuly ſe font rrcommander.f ſovxix 
a treſexcellente maiſtreſſe.f lxxiv 
ce peufp ont a leur gre choifp.f fpviv 
Ma feufe amour tant defiree.f lxxvx 
Mon oeif eſt de tendꝛe trempeur.f ſvxxx 


Mon doufp eſpoit / mon treſtout et ma ioye 


ueiffet ſxxxi 
Mon cueut fen va en ambaſſade.f  fovpvit 
Mon cueur emble a ioye et dueil.f ſxxxv 
Maintenant comme ie penſoye.f ſxxxvii 
Mon cueur meſt icy Benu dire.f ſxxvxivx 
Mon mary ſemburelicoque.f vci 
Moy ſeul et ſouuerain defir.f vVci 
on cueur a Brie fleur choiſy.f vciiii 
Mon doufp eſpoir ie Boue fuppfp.f _ vcB 


ήieufp ne fi bien pour auoir tout pfaifir. ati 


fueillet vcviii 
Maintien ie Bueif commencer.f C.i 
Mercieʒ dieu auſſi foꝛtune.f c. x v 
Mon fouuenir me fait mourir.f co vii 


op qui fais chancons etrondeaufp.f. co vii 


aie que ce fuft fecretement.f c piv 
Maimeres Bone Bien.f c. vxxii 
Ma dame regardez en pitie.f CAT 
a dame quimauez point cc. ii 

¶ De la lectre. N 

¶ Balades 
Ature et amours gracy.c. xciv 
Aaturefoue haultement.f cc.is 


¶ Rondeaulv 

Oʒ ampe Sous Sous aBufez.au 

fueiftet fuit 

si fon pas que ie vueille penſer. au 

fueiffet fo: 
Mompareille dame en amoure.f pv 
Maurap ie iamais mieufp queiap.au 
Fueillet fopii 
Ne cuidezpfue queie Boue apme. au 
fueiffet. fovy 
Meie nedore/neie ne Beiffe.f fovvit 


Mouse Sous Sopone Bien malebouche. au 
fueillet ſvxxvxiiii 
Se Sous deſplaiſe ma maiſtreſſe.f oc$ 
Neſt ce grant fait tant plus me fait. au 
fuciffet vc Viii 
Noir ettannefontmescoufeure.f  c.o$Bii 
Se penfez plus au pfaifir de mes peufp.au 






fueillet c.ppii 
¶ Gnſuit de falectre. D 
¶ Balades 
MNeques heſter ne ſouffrit tant depai 
ne. fueiſlet lviiii 





9 


Oꝛ nous commence a Benir jh 
tempe.fueiffet c Dis 


On parfe des champs fabouret. c. ix 
On ne tient compte vꝛayement. cc.i 
On foufoit eſtre au tempe paffe.f cc. 5 
On a mouft parfe desangfoie.f cc. 3 
¶ Nondeaulx 
Nne laiſſeʒ iamais venit.f foi 
D queffe fieffe de cueur.f lo Bis 
On mappcffera coquiffart.au 
2 fueiffet. vo Bit 
Oꝛ eff mon cueur er aBifme de dueil. au 
f ueiffet _ pri 
Oꝛ fuie ie ou eſtre defirope.f pci 
Du foing ou pres quefque part que ie fope 
fueillet vcii 
Oncques homme femme neBit.f c. v 
¶ Enſuit de la lectre. D 
$ 


66 


£a table 


¶ Baladese 


——— 
s) Vie que femmes furent bonnes ga 











| D foifes.fueiffet ſwiiii 
Puis quen doufeur me fault vſer ma Sie /au 
fueillet c. vi 
Par long temps ay nage en londe.f cb 
Dfupe daurif ef roufee de map.f c. vi 
Dour tout plaiſit ap ie dueil angoiſſeux / au 

fueillet c. vi 
Plus nap Le Bit tel que ſouloye. f c.viii 
Dour blaſonner Bng cheual pꝛopꝛement / au 


fueillet c.xxiiii 
Plaintes / ſouſpire / confiz en grief ardure / au 
fueillet c. xcviii 
Puis que pitie eſt pour moy endoꝛmie / au 
fueillet cpci 
Poures / mauldis / triſtes maulx ef dofene. 
fueillet c. xciv 
Dour viure amoureuſement.f c. xcix 


Dar trop doꝛmir pert trois vertus ly homs. 
fueillet cc. ii 
Pource neſt il ſi doulce nourrilureef cc. v 


¶ Rondeauſx 







N Dur aduenir a mot affainte 


\ fueiffet foi 
D Dour pꝛiſon ne pout maladie. au 


fueillet vi 
Paracheue ton entrepꝛiſe.f Fo Sri 
Daffe rofe fur toute pute et fine f ſvix 


Dour entretenir mes amours.f Foy 
Pour vng trou puant plain doꝛdure / au 


Fueillet ſxviii 
Penſez p fe Le poues faire.f ſvoxv 
Pour tous mes ſouhaitz acomplir.f xxv 


Dour fce biens quen vous font compꝛis / au 
fueillet ro vi 
Dour dieu vueilleʒ mon fait entendꝛe an 
fueillet. ſxx Si 
Puis qui me fault dc vous partir.f lxxvi 
Pour mon treſoꝛ ie Boue tenope.f lxxvi 
Dar Le regard de voz beaulx peufy / au 
fuciffet ſvxx vii 
Puis quainfieftquifne Joue plaiſt. au 
fueillet ſxv Bis 
Dour quoy eſt ce que noſe dire.f ſxx viii 
Dour lamour dune qu eſt cp.f ſxx Bis 


Pour mectre a fin la grant doukeur.f ſxxvii 
Dour dieu deffendez a Bofireoeif.f  foppit 
Dar Bng regard qui de Boue Bint.f  foppit 
Plus que foue fuie infoꝛtune.f fpvpriit 
Puis quautrenient ne me peuf efire.au 
fueiffet ſxxxiiii 
Dour acomplir le vouloir de mon cueut / au 
fueillet fopviiit 
Plus quoncquee mes ie fuis au bas. au 
fueillet ſvxxvx vi 
Dour dieu faictes moy ceſt hõneur. f. lxxx vii 
Puis quamoure ma pꝛins a defplaifir/au 


fueiffet txxv Bit 
Dour acquerit hõneur ef prie.f fpvvv 
Duisquainfieftque choſy ap.f vxcii 
Plus ne ferap de Bert veſtu.f vcii 


Puis que ie vis le regard gracieux .f  wciiit 
Puis que delle nouuelles ap.f vciiii 
Puis quainſi eſt que ne puis paruenit.f vcv 
Dar vng ſouſpir feâf ie Sous enuoye. f.xc vii 
Placebo ſans difepi.f vc vii 
Dour changer fait ne pour fuyr les lieux / au 


fueillet vcvii 
Drenes en gre pour ceſte ſois.f ci 
Pour nous maintenir en fante.f cv 
Puis que pluene fuie apmedeÆ.f  coÿ 
Dour paruenir à ce que pꝛetendz.f co Bis 
Dour Joue querit entierement.f cobii 
Puis quiffanftquetefe Bouedie.f  c vip 


Pꝛeneʒ en greceprefent. f € vxxii 
Dour paffer tẽps vng iour Boufope. f. cxxiii 


¶ Gnſuit defafectre. D 
¶ Balades 


Di fes beſongnes veult bien faire 

fueillet c iii 

Que dictes Bone de mon appel / au 
4, fueiffet cviii 
Queſt ce que ioy?ce ſuis ie /qui?ton cueur.au 
fueillet cviii 


¶ Rondeaulvx 


Dinefecoitifeftoamne.f xvii 
Quant ſeray ie clame pour voſtre 
amp.fueiffet ſx vü 
Quãt ie vous op ſonuſpirer.f. fois 
Quant on vous met en defpfaifir. f lxix 





La tabte 


Que dur meſt Le departement.f fovi 
Quetez aiffeute pailfe ou eflrain.f  fopüi 
Quefqueiourquanttempeiffera.f lxxiiii 
Quant Sous tentes Bo; grane eſtas.f. lxx v 
Quant mon oeil plus ne Sous Berra/au 

fucifet fpo$i 
Quant les trois anges corneront. f  Fpo Bi 
Quiconques veult damours ioupr.f ſxx Bi 


Quant premierement tetine. f ſxx vi 
Quant ie regarde voſtre Jie.f Pop viii 
Quel defpfaifir quant departir.f fpop 
Quant ce mal helas me prendta.f ſxxx 


Quant iay au cueur aucun contraire/au 
fueillet ſvxxvxiii 
Quelque choſe quamours oꝛdonne.f. xxxvi 
Quen a a faire male bouche.f vxxx Vis 
Que gaigneres Joue a ma moꝛt.f. ſxxvxiv 
Qui veult de dame a moy changer.f. ſxxxix 
Quelque choſe que ie Bone dte.f oct 
Quant de voue feufie pete fa Beue.f wc 
Quiplue Seufta Sous oBeir.f xciiu 
Que Seuft on plus que daymer lexemplaire 
fueillet vcvii 
Queſſe que ioy? ho paix / eſt ce mon cueur / au 
fueilket vcvuii 
Quant mon vouloir ſacomplira.f vxcviii 
Quant il vous plaira mon cueur guarria/ au 


fueillet vcix 
Quant ie fus pꝛins au pauillon · f c ve 
Quen dictee vous feres vien. f cpvi 
Quant on te dira Bilfennie.f . cop 
TEnfuit de falectre.R 
¶ Balades 
Ire ne puis pour eſbat que ie Bope 
fueillet c. Br 
Nencontre ſoit de beſtes feu gectans 
fueillet cc 
¶ Nondeaulx 
Obin robin / ſeuffre que len te boute 
fueillet foi 
Rofe ſans per fur tontes ſeparee / au 
fuertfer foi 


Repofons nous entre nous amoutenv/an 
fuciffet fovi 


Refioupffes Sous amoureup.f fopüi 
Recoure dBonneut et de lyeſſe.f pv S 
Requiefcant fas in pace.f ſvxxx viii 


Rauyp damours defpourueu de Bon feus/au 


fueillet vci 
Rendez mop fe cueur qui fut mien.f c ppt 
¶ Enſuit de fa fectre. 5 
¶ Baladee 

J lancelot / paris La belle helaine 
fueillet (08. 
No Peruir Sous Bueif Bonnement fans 
faulx tour.f c iiii 


Se iayme et ſers fa BeffedeBonGait.f  c iv 
Sil neſt dargent ou deiopaufp garnp.f c vi 
Se tu veulx au iour duy Viute en paipſ au 


fueillet cvxv/ 
¶ Nondeaulvx 
Souuiengne vous de voſtre amy/ au 
fueillet fois 
Dautrequemop Soufezamer.au . 
fueiffet Si 
Se nay fecoute de Bouémabame.f foi 
De ma dame ic perdope.f foi 


De Soue neſtes pour mop guerdon nee/au 


fueillet fois 
Si toſt que de Boue me fouuient.f foie 
Douffrir me fauft et toufioure endurer 

fueiffeé fov 
Dune foie me dictes oup .f fopi 


Se mieulxne Vient damours peu me conten 
te.fuciffet fopii 
Sit eſt plaiſir que te Vous puis faire / au 


fueillet ſvxxiiii 
Se ie garde bien voſtre honneur. au 

fueillet fov$ 
De Joue faiffes fa porteouuette.f foi 
Derapietoufioureattendane.f lvv Biis 
De par vous nap affegement.f oo viii 
Sit aduient quemondueifmetue.f.  fpvvi 


Difne Soue pfaift plaindre mes plains /au 

fueiffet fopvi 
Si eſtongne fuicdemesamoure.f. fovvit 
Se ie pere celle que mon cueur apme fant/au 
fueillet lxxxiii 


£a table 


Se ka Beffe ne pꝛent Pa cute.f fovpiit 
Deiefaisdueafienenpuiomes. f  foppiit 
Saint Bafentin puis que iap fait de Vous 


fueiffet fvov$ 
Sen amoure a Bng patadie frov8 
De Sous neBoufeseftre Bonne.f lxvxx Bis 
Sinon feufementBofire grace fovviv 


Se me pare ſans mes maufp Sous dire 


fueiffet fovvi 
Dire Sous Boue rompes fa teſte / au 
fueiffet vci 
Dane ce que iaye en riens meffait/au 
fueillet xcii 
Semblant iopeuy pfain de triſteur / au 

eillet vcii 
De iegarde Bien voſtre honneur.f vcvi 


Dans trop decfairer fe cas.f c. 
Salut a vous dames defponnois.f  c Bus 


De vous nauezautre vouloir.f cviiii 
Den vous ne tient ma fouuenance/au 
fuciffet c viiii 
De Soue penfezque ie Sous apme/au 
fueiffet cviiii 
Sur toutes ſuis infoꝛtunee. f co$ 
ot oeif rapporteur de nouuelles / au 
fueillet co 


De Boue ſcauiez a doufeut demon cueur 


Fneillet co Brit 
De Joue maünezaucunement.f coip 
Sidofent ie me treuue a part. f c. vxx 
De. L.Æ.neffe pas bien raifon.f c ppt 

i ie ſuis querce en ce village.f copi 


Se dueil que porte en cueur et face / au 


fucittee cxxv 
¶ Enſuit de lalectre. F 
¶ Balades 
Ous mes cinq ſens / yeulx / aureille 
et bouche. c Viii 
Tant grate chieure que maf giſt 
fueillet c viii 


Toy qui veulx damer faire lentrepꝛiſe / au 


fueillet. cviii 
Zreſ voulentiers de cueur te ſaluroye 
fueillet c vxxiii 


Tous ceufo qui font friftes de mon dommage 
fueillet cc v 


fueillet 


¶ RNondeaulo cf motetz 


Dutes fee foie que ic vous voy/ au 
à fueittet foitif 

Terriblement ſuis fortunee / au 

fueillet fov 
Tel fait ſemblant defire iopeuv / au 
fueillet fopir 
Tout a part moy affin quon rie me ñoge 


voit 
Tout au pluſtoſt que ie pourrap /au 
fueillet lxxivx 
Trop plus en vous quen autre femme / au 
fueiffet ſvxxvxi 
Tant me deſplaiſt a dieu vous dire/au 
fueillet ſvx 
Tard aura mon cueur fa pfaifance / au 
fueillet ſvxxviii 
Tant eſt mignonne ma penſee.f ſvxviii 
Toute ioye meſlongnera.f loop Bit 
ZTout Bien de vous me peult venir. f. lxxx viii 
Tu te bꝛuſtes a fa chandelle.f lvxxxx 
Frefdoufo roſſignol gracieux. f vciini 
Tant me deſpkaiſt mon haſtif partement / au 


fueillet vc vii 
ouf pꝛeſtement quen la Biffe ſeray/ au 
fueillet œcip 


Zant que lopalle me feres.f c vxiiũi 
Tant font les peufo demon cueur endoꝛmis 
fueillet coût 
Tant ap dennup ef fant de defconfort.f.c x Bi 
Toꝰ regrets foꝛs qunie fes paſſe. f cxvii 
ef eſt ke temps if ſen fauft côtenter.f. co viii 
Trop en a qui deux er) a.f cvviii 
Tous ceulx qui mont donne Fe Bont. f.c x viii 
Tout dꝛoit / de coſte / ey lenuers. f cxiv 
Toutes les nuitʒ que faneBousie me couche 


fFueillet cvC 
Zriſte penſer aduerſaire du coꝛps.f. c xxv 
€ ESEnſuit de fa lectre. 
¶ Balades 
Ne meſchinete feruant.f ſviiii 


Voꝰ qui parleʒ damours en general 


fueillet ocix 
Vng aſne vy lautreiour complai⸗ 
gnant .fuciffet c iii 


Vne haquenee a tout le doꝛe fraine.fc uit 


La tabfe 


Vne dame excellente beaulte / au 

fueillet CAT 
Dne belle ente floꝛee.f c. xcix 
Vng iour allant meſbanoyer aux champs 
fueillet cc.ii 


¶Rondeauſv 


> Dfire rigueur trop infoꝛtune / au 
fueillet Fo vi 
Drap dieu damours / helas hemyl au 
fueillet ſxXxi 
ou non Bueiffe celle que iay ſeruie 
ſxvii 





fueillet 

Voſtre oeil qui eſt ſi foꝛt a deſtre / au 
fueilſſet ſxxii 
Die de court qui tant eſt douloureuſe/ au 


fueiffet lxxiii 
Voſtre oeil me guerroye.f ſxxiii 
Vne ſans plus a mon deſir ſxxiiii 
Viengne comment pourra Benir / au 

fueillet ſxxv 
Voſtre Bruit et voſtre grant fame / au 

fueiffet ſoxv 
Vueillent ou non les enuieuv.f ſvxx Bi 
Do regard et doulce maniere.f foviv 


Vous fcdués bien comment if Sa lvxxiv 
Veu quen ce point ſuis dcfofe.f ſvxxx 
Vng coꝛps / vng cueur qui na quefame/au 


fuertfet ſvxvxv 
Viure er deſplaiſir.f fpoviv 
Voſtre trefooufp regard pfaifant /an 

fuciffet cit 
Vne treſgente damoifeffe.f vciii 
Vous foies le bien retourne.f vciii 


Vous fopes fa treſbien venne.f vciii 
Vueille ou non vueille celle que iay ſeruie 
fueillet 

Vng enfant eſt ne qui encoꝛes vit / au 
fueillet C. 
Vng friſque mignon exvperlucat / au 
fueillet 

Vous ſemble if pour aduancer.f C. 
Dire foie fault tous mourir.f co viii 
Vous me teneʒ par Dos fauſx yeulvx / au 
fueillet c. xxivx 
Do; yeulx / voz manieres / Sos pas. at 


fueillet cvxxi 
Vng plaiſir eſt bien chier Vendu.f c. vvi 
Viuent les goꝛgias de court.f c vxxii 
Vng iour a part madnantnre c. xxiii 
Voſtre flacon fermant a vis. cvvxiiii 


QE» ſiniſt £a table de ce pꝛeſent liure 
intitule Le iardin de plaiſance et fleur 
de rethoꝛicque / compoſe et Impꝛime 
nouueſſementa patie St le trouuera 
ona Vendre au palais au pꝛemier pif 
fier deuant fa chappelle ou fen chante 
fa meſſe dc meſſeigneurs fes prefidens 
Ou au carrefour faint ſeuerin a lyma 





ge faint iefan feuangefifte. 


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OUVRAGES PUBLIÉS 


PAR LA SOCIÉTÉ DES ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 


(En vente à la librairie Firmin-Didot et Ci°, $6, rue Jacob, à Paris.) 


Bulletin de la Société des Anciens Textes Français (années 
1875 à 1909). N'est vendu qu'aux membres de la Société 
au prix de 3 fr. par année, en papier de Hollande, et de 
6 fr. en papier Whatman. 

Chansons françaises du XVe siècle, publiées d’après le manu- 
scrit de la Bibliothèque nationale de Paris, par Gaston Paris, 
et accompagnées de la musique transcrite en notation 
moderne par Auguste GEVAERT (1875). Epuisé. 

Les plusanciens Monuments de la langue française(1xe, xe siècles), 
publiés par Gaston Paris. Album de neuf planches exé- 
cutées par la photogravure (1875)............. 30 fr. 

Brun de la Montaigne, roman d'aventure publié pour la pre- 
mière fois, d’après le manuscrit unique de Paris, par Paul 
NERO TS) EL ie te MR RON R Srfr. 

Miracles de Nostre Dame par personnages, publiés d’après le 
manuscrit de la Bibliothèque nationale par Gaston Paris 
et Ulysse ROBERT ; texte complett. I à VII (1876, 1877, 
1878, 1879, 1880, 1881, 1883), le vol. ....... 10 fr. 

Le t. VIII, dû à M. François BONNARDOT, comprend le 
vocabulaire, la table des noms et celle des citations 
TES CRC) oies 

Guillaume de Palerne, publié d’après le manuscrit dela biblio- 
thèque de l’Arsenal à Paris, par Henri MICHELANT (1876). 
Épuisé sur papier ordinaire. 

L'ouvrage sur papier Whatman............. 20: fr. 

Deux Rédactions du Roman des Sept Sages de Rome, publiées par 
Gaston Paris (1876)....... Épuisé sur papier ordinaire. 

L'ouvrage sur papier Whatman............. 16 fr. 

Aiol, chanson de geste, publiée d’après le manuscrit unique 
de Paris, par Jacques NorMAND et Gaston RAYNAUD (1877). 
Épuisé sur papier ordinaire. 

L'ouvrage sur papier Whatman............. 24 fr. 

Le Débat des Hérauts de France et d'Angleterre, suivi de The 
Debate between the Heralds of England and France, by John 
Coke, édition commencée par L. PANNIER et achevée par 
On MEYER (8772). ete pictin eo 0448 10 fr. 

Œuvres complètes d'Eustache Deschamps, publiées d’après le 
manuscrit de la Bibliothèque nationale, par le marquis DE 
QuEUXx DE SAINT-HILAIRE, t. I à VI, etpar Gaston Ray- 
NAUD, t. VII à XI (1878, 1880, 1882, 1884, 1887, 18809, 
1891, 1893, 1894, 1901, 1903), ouvrage terminé, le vol. 

12 fr. 

Le saint Voyage de Jherusalem du seigneur d’Anglure, pubté 

par François BONNARDOT et Auguste LONGNON (1878). 
10 fr. 

Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468), publiée avec 
notes et pièces diverses par Siméon Luce, t. I et II (1879, 
MASON VOIE EE TL EM ete eee acid rude 12. fr. 

Elie de Saint-Gille, chanson de geste, publiée avec introduc- 


tion, glossaire et index, par Gaston RAYNAUD, accompa- 
gnée de la rédaction norvégienne traduite par Eugène 
KOELBING (1879). 8 fr. 
Daurel et Belon, chanson de geste provençale, publiée pour la 
première fois d’après le manuscrit unique appartenant à 
M. Firmin-Didot, par Paul MEYER (1880)........ 8 fr. 
La Vie de saint Gilles, par Guillaume de BERNEVILLE, poème 
du xrre siècle, publié d’après le manuscrit unique de Flo- 
rence, par Gaston Paris et Alphonse Bos (1881). 10 fr. 
L’Amant rendu cordelier à l’observance d'amour, poème attri- 
bué à MARTIAL D'AUVERGNE, publié d’après les mss. et les 
anciennes éditions, par À. DE MONTAIGLON (1881). 10 fr. 
Raoul de Cambraï, chanson de geste publiée par Paul MEYER 
et Auguste LONGNON (1882). ....:.. 1... 15 fr. 
Le Dit de la Panthère d’ Amours, par NicoLE DE MARGIVAL, 
poème du xtme siècle, publié par Henry A. Topp (1883). 

6 fr. 

Les Œuvres poëtiques de Philippe de Remi, sire de Beauma- 
noir, publiées par H. SUCHIER, t. I et II(1884-85). 25 fr. 
Le premier volume ne se vend pas séparément; le second 
volume seul 15 fr. 

La Mort Aymeri de Narbonne, chanson de geste publiée par 
JR COURAYEÏDUNPARC (TOB A) PME PERRIER 10 fr. 
Trois Versions rimées de l'Évangile de Nicodème, publiées par 
GMPARTS LEHAMNBOS (885) RPM AE RENNES 8 fr. 
Fragments d'une Vie de saint Thomas de Cantorbéry, publiés 
pour la première fois d’après les feuillets appartenant à la 
collection Goethals Vercruysse, avec fac-similé en hélio- 
gravure de l’original, par Paul MEYER (1885).... ro fr. 
Œuvres poétiques de Christine de Pisan, publiées par Maurice 
Roy, t. I, Il et III (1886, 1891, 1896), le vol... 10 fr. 
Merlin, roman en prose du xime siècle, publié d'après le ms. 
appartenant à M. A. Huth, par G. Paris et J. ULRICH, 
US D RE) AS neo sUMFE UE MAUR LE 20 fr. 
Aymeri de Narbonne, chanson de geste publiée par Louis 
DEMATSON IE MINE INT SSP) EEE EEE 20 fr. 
Le Mystère de saint Bernard de Menthon, publié d’après le ms. 
unique appartenant à M. le comte de Menthon, par A. 
LECOYDE LA MARCHE (T888) MEANS 8 fr. 
Les quatre Ages de l’homme, traité moral de Philippe DE 
NAVARRE, publié par Marcel DE FRÉVILLE (1888)... 7 fr. 
Le Couronnement de Louis, chanson de geste publiée par E. 
PANGIOIS (88) Eee Épuisé sur papier ordinaire. 
L'ouvrage sur papier Whatman.............. 30 fr. 

Les Contes moralisés de Nicole Bozon, publiés par Miss L. 
Toulmin Smirx et M. Paul MEYER (1889)...... 15 fr. 
Rondeaux et autres Poésies du XVe siècle, publiés d’après le 
manuscrit de la Bibliothèque nationale, par Gaston RayNAUD 
(r889) eee BRIE DES — 8 fr. 


ao 1e) 81e 0 mn model se à Le sea fe ten/aio as à 


OP ON OI CO 


536 OUVRAGES 


Le Roman de Thèbes, édition critique d’après tous les manu- 
scrits connus, par Léopold Consraxs, t. I et II — 
30 fr. 

Ces deux volumes ne se vendent pas séparément. 

Le Chansonnier français de Saint-Germaïn-des-Prés (Bibl. nat. 
fr. 20050), reproduction phototypique avec transcription, 
par Paul MEYER et Gaston RaynauD, t. I (1892). 40 fr. 

Le Roman de la Rose ou de Guillaume de Dole, PE d’après 
le manuscrit du Vatican, par G. SERVOIS (1893)... 10 fr. 

L'Escoufle, roman d’aventure, publié pour la première fois 
d’après le manuscrit unique de l’Arsenal, par H. MicxE- 
ANT ELIPAIMEYER (T8094).0-.:02 5 RER 15 fr. 

Guillaume de la Barre, roman d'aventures, par ARNAUT 
VipaL de Castelnaudari, publié par Paul MEYER (1895). 


10 fr. 
Meliador, par Jean Froissarr, publié par A. LoNGxoN, t. I, 
II et III (1895-1899), le vol.................. 10 fr. 


La Prise de Cordres et de Sebille, chanson de geste, publiée, 
d’après le ms. unique de la Bibliothèque nationale, par 
Ovide DENSUSIANU (1896). ...............:.. 10 fr. 

Œuvres poétiques de Guillaume Alexis, prieur de Bucy, publiées 
par Arthur PIAGET et Émile Prcor, t. I, Il et III (1896, 
16001008) eo 10 fr. 

L'Art de Chevalerie, traduction du De re militari de Végèce, 
par Jean DE MEUN, publié, avec une étude sur cette tra- 
duction et sur Li Abrejance de l'Ordre de Chevalerie de Jean 
Priorar, par Ulysse ROBERT (1897)........... 10 fr. 

Li Abrejance de l'Ordre de Chevalerie, mise en vers de la 
traduction de Végèce, par JEAN DE MEUN, par Jean 
PRIORAT, de Besançon, publiée avec un glossaire par 
Ulysse ROBERT (1897)...................e.. 10 fr. 

La Chirurgie de Maître Henri de Mondeville, traduction con- 
temporaine de l’auteur, publiée d’après le ms. unique de 
la Bibliothèque nationale, par le Docteur A. Bos, t. I et II 
(HODTAFTBUD) EC br ete esters eee DEP UeE 20 fr. 

Les Narbonnais, chanson de geste publiée pour la première 
fois par Hermann SUCHIER, t. I et II (1898)..... 20 fr. 

Orson de Beauvais, chanson de geste du xxre siècle, publiée 
d’après le manuscrit unique de Cheltenham, par Gaston 
PARIS (SO) 666 MMOMT: 

L’Apocalypse en français au XIIIe siècle (Bibl. nat., fr. 405), 
publiée par L. DELISLE et Paul Meyer. Reproduction 


phototypique (1900)....:: ............:.... 40 fr. 
— Texte et introduction (1901)............. nt 

Les Chansons de Gace Brulé, publiées par G. HuEr (1902). 
10 fr. 


Le Roman de Tristan, par THoMas, poème du xre siècle, 
publié par Joseph BÉDIER, t. I et II (1902-1905), le vol. 
12 fr. 

Recueil général des Sotties, publié par Ém. Picor, t. I et II 
COPIE DAIMER EN TOUTE 10 fr. 
Robert le Diable, roman d’aventures, publié par E. LôsETH 
(CLOS MR MR 10 fr. 


MACON 


PUBLIÉS 


Le Roman de Tristan, par .BÉROUL et un anonyme, poème 
du xre siècle, publié par Ernest MURET (1903) . 10 fr. 


Maistre Pierre Pathelin hystorié, reproduction en fac-similé de 
l'édition imprimée vers 1500, par Marion de Malaunoy, … 


veuve de Pierre Le Caron (1904)............... 6 fr. 
Le Roman de Troie, par BENOIT DE SAINTE-MAURE, publié 
d’après tous les manuscrits connus par L. ConsTans, t. I, 
Il, II et IV (1904, 1906, 1907, 1908), le vol.. 15 fr. 
Les Vers de la Mort, par HÉLINANT, moine de Froidmont, 
publiés d’après tous les manuscrits connus, par Fr. WuLFF 
et Em. WALBERG (1905).........: 2eme 6 fr. 
Les Cent Ballades, poème du xive siècle, publié, avec deux 
reproductions phototypiques, par Gaston RAYNAUD (1905): 


10: fr.19 


Le Moniage Guillaume, chanson de geste du xue siècle, 
publiée par W. CLoETTA, t. I (1906)........... 15 fr. 
Florence de Rome, chanson d’aventure du premier quart du 


xue siècle, publiée par A. WALLENSKÔLD, t. I et IL (1907, 


1909), le v. 12 
Les deux Poèmes de La Folie Tristan, publiés par Joseph BÉDIER 
(1907) se mere. ANSE SRE s fr. 
Les œuvres de Guillaume de Machaut, publiées par E. HæPrF- 
NER, te L(TD08) achete Het se bee 12 fr. 
Les Œuvres de Simund de Freine, publiées par John E. MaTzxe 
(1909), 25522052 CCR LOMME 10 fr. 
Le Jardin de Plaisance ou Fleur de rethorique, reproduction en 
fac-similé de l'édition publiée par Antoine Vérard vers 
15011910)... #22 cree UC TELE EEE 40 fr. 


Le Mistére du Viel Testament, publiés avec introduction, notes 
et glossaire, par le baron James DE RoTHscæiLp, t. IVI 
(1878-1891), ouvrage terminé, le vol.......... 10 fr. 

(Ouvrage imprimé aux frais du baron James de Rothschild 
et offert aux membres de la Société.) 


Tous ces ouvrages sont in-8, excepté Les plus anciens monu- 
ments de la langue française et la reproduction de l’Apocalypse 


qui sont grandin-folio, et le Jardin de Plaisance qui est petit u 


in-folio. 

Il a été fait de chaque ouvrage un tirage à petit nombre 
sur papier Whatman. Le prix des exemplaires sur ce papier 
est double de celui des exemplaires en papier ordinaire. 

Les membres de la Société ont droit à une remise de 25 p. 
100 sur tous les prix indiqués ci-dessus. 


La Société des Anciens Textes Français a obtenu pour ses 
publications le prix Archon-Despérouse, à l’Académie fran- 
çaise, en 1882, et le prix La Grange, à l’Académie des In- 
scriptions et Belles-Lettres, en 1883, 1895, 1901 et 1908. 


,; PROTAT FRÈRES, 


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